by Metalfreak | Août 1, 2023 | Live Reports
Photos + report : Mitch

NOTE : ceci est le retour d’impressions d’un festivalier, spectateur assidu (septième édition), et non pas d’un chroniqueur accrédité, en mode reporter !
Septième Hellfest, donc, après les éditions 2014, 2016, 2017, 2018, 2019 et le deuxième week-end de 2022 !
Comme traditionnellement, on fait la route depuis Lyon un jour avant, on prend possession de la piaule chez l’habitant en milieu d’après-midi, puis on vient récupérer les bracelets, faire des emplettes à l’Extreme Market, et se mettre dans l’ambiance, vingt-quatre heures avant le début des « vraies » hostilités ; compatir à l’exode des campeurs, du parking jusqu’au camping, qui équipés de remorques ingénieuses, qui à l’arrache et dépassés par le volume de leurs bagages, qui, encore, hyper organisés, avec brioches Pitch et petites boîtes de maïs naïves et contrastant avec leur look de metalleux !
Ce tour de chauffe s’accompagne toujours d’une impatience et d’une excitation palpables. Pourtant, cette année, un léger malaise, à la limite de la culpabilité, vient tempérer l’angélisme de cette arrivée au pays du Metal. Car du « bad buzz » tourne autour du Hellfest. Les traditionnelles railleries de « machine à fric » et de Disneyland du Metal. Une interview très maladroite de Ben Barbaud, qui se lave les mains des accusations de complaisance envers les violences faites aux femmes et certains groupes aux intolérances raciales… Le déplacement en plein air de la Sainte Valley (scène stoner doom post et assimilés), au profit d’un bâtiment de merchandising Hellfest… Nous en reparlerons à la fin…

Jeudi 15 juin 2023 :
L’avantage d’une première journée de festival ne commençant qu’à 16h, c’est qu’on trouve enfin le temps de faire un petit tour dans le village historique de Clisson, de pique-niquer au pied de son château et de franchir ses jolis ponts sur la Sèvre Nantaise et la Moine.
Un peu avant 15h, il est temps de s’approcher de la Cathédrale et de patienter l’heure réglementaire pour la franchir, rafraichis par endroit par des brumisateurs géants bienvenus (apparemment le délai s’est allongé au fur et à mesure, de nombreux spectateurs ratant les groupes d’ouverture).
Juste le temps de se rouler dans l’herbe verte, fraîche et grasse (on sait que cela ne va pas durer pour elle !), avant de filer à la nouvelle Valley écouter Hypno5e. Les Montpelliérains ont la lourde tâche d’ouvrir cette scène avec leur metal cinématique, un peu Prog, un peu Post, en tout cas très barré et avant-gardiste. Ils tissent une toile sonore envoûtante devant ce nouveau parterre installé en largeur, à la fosse pavée de plaques de caoutchouc, qui laisse au spectateur un accès rapide à des toilettes, à une grande buvette, à des stands de nourriture, à des conteneurs ombragés pour grignoter sur des mange debout, le tout sous la surveillance de la Roue de Charon, venue du Burning Man, constituée de squelettes animés (et éclairés de stroboscopes la nuit venue, créant une sorte de mouvement d’animation au passage de chaque squelette devant le flash). La Valley perd, certes, son côté obscur, intime, enfumé ; mais sa disposition dos au soleil permet aux lights de fonctionner à toute heure, on peut y déambuler un peu plus « par hasard » qu’avant et y faire des découvertes, l’accès à la barrière pour les acharnés est également facilité. Toutefois, il semble que seules les places en fosse soient réellement valables, le reste de l’espace étant encombré par les deux régies très proches de la scène, et par les éléments décoratifs cités plus haut. On se retrouve donc vite empêché d’avancer assez loin, côté jardin, quand on arrive en retard à un concert à forte affluence (mais comme sur chaque scène, finalement… l’anticipation est vraiment une vertu pour le festivalier). Il se dit que cet aménagement n’était qu’une première étape temporaire pour cette scène…

On bascule ensuite sur la Warzone, scène « jumelle » de la Valley (elles sont séparées d’une zone de restauration qui les surplombe en leur centre), spécialisée dans le hardcore – punk, pour soutenir les confrères lyonnais de Kamizol-K, vainqueurs du tremplin les ayant propulsés ici ! Un rêve éveillé pour les six amis, qui ne se dégonflent pas et livrent une grosse énergie et une prestation impeccablement carrée, enflammant ainsi le pit instantanément. Leur Hardcore-Thrash est plus efficace qu’original, servi par le son énorme concocté par Thibaut « Convulsound » Bernard, et malgré les screams stridents de Marie/Chucky, qui m’ont personnellement toujours rebuté, la sauce prend et l’hyper-activité des six membres permet un gros moment d’échange et de partage. Tout musicien amateur les envie en cet instant, évidemment ! Chapeau à KZK.
Sur la Mainstage, Coheed And Cambria me rappelle que j’ai eu ma période Prog et écouté ce groupe assidument, voici quelques années. Claudio Sanchez (et sa tignasse !) délivre des vocaux aigus maîtrisés, et attire toute l’attention, avec ses guitares double manche ou Explorer peu passe-partout, pour un Metal Prog mélodique et assez vintage.

Une grosse surprise s’ensuit, avec le Metalcore de I Prevail, énorme son, musiciens impliqués, deux chanteurs, la pelouse s’enflamme et les gars du Michigan marquent les esprits.
C’est peu dire que la pression retombe avec Generation Sex, mélange de Generation X et des Sex Pistols… Une prestation indigne d’une représentation professionnelle, où quelle soit, Hellfest ou pub local… Billy Idol, qui a l’air de partager le même chirurgien esthétique que Mickey Rourke, chante faux, sans conviction, les guitaristes n’en mettent pas une dedans, les temps morts s’enchaînent, voilà un des pires concerts auxquels j’ai assistés pour ma part. Même les reprises punkisées de « My Way » et « Anarchy In The UK » tombent à plat. On part donc jeter une oreille à Nightfall, histoire de saluer l’Altar, pas spécialement ma came, mais au moins ça joue pro et dark !
19h40, In Flames joue plus tôt qu’en 2017, où il avait défendu le pop et controversé « Battles », mais axe cette fois sa setlist sur plus de classiques, s’assurant un beau succès avec les « Cloud Connected », « Darker Times » (rare) ou « Take This Life ». Les musiciens passent (on reconnaît l’ex-Megadeth Chris Broderick à la gratte !), mais Anders Friden et Björn Gelotte mènent toujours leur barque efficacement.
Boycott d’Hollywood Vampires, rapide voyage sous l’Altar pour assister au début de Candlemass : les Suédois envoûtent instantanément et semblent dans un très grand soir de Doom Metal grandiloquent ! On serait bien resté un peu plus, mais le planning original idéal doit toujours s’adapter aux contingences matérielles ! Et quand on voyage à plusieurs, il faut savoir s’intéresser aux préférences des autres, pour qu’ils vous accompagnent à leur tour dans les vôtres, et il se trouve que mon pote avait noté Architects tout en haut de sa liste de groupes à voir ! Architects se montre à sa place, à ce niveau de l’affiche, un show digne d’une MainStage, un gros son et des compos efficaces, quoiqu’un peu sur le même moule (on sent arriver à l’avance les breakdowns, reprises, refrains mélodiques et parties screamées) : difficile, toutefois, de résister à un « Deep Fake », le public apprécie ce Metalcore aux touches électroniques.

Impossible de ne pas assister à un bout des Lyonnais de Celeste, on s’esquive donc d’Architects pour rejoindre le magma sonore en fusion de ces stakhanovistes de la scène. Ayant eu la chance de remonter sur l’affiche de 16h30 à 21h50, ils bénéficient d’un début de pénombre plus conforme à leur light show et leur lampes frontales rouges intrigantes. D’après les retours, le début du concert était centré sur l’excellent dernier album « Assassine(s) » ; le Post Black très personnel de Celeste fonctionne, et inspire un spectateur facétieux : « moi qui croyais que Céleste, c’était la femme de Babar ! » 
Convaincus, au bout de cinq minutes à peine, que le show de Kiss n’est pas pour nous (trop « entertainment », trop « fake » ), nous allons nous placer à la Valley bien en avance, pour commencer à nous recueillir et attendre la Grand Messe d’Amenra (deux salles, deux ambiances !). Les Belges, concentrés, finissent leur balances. La tension monte dans la fosse : qui vient si près au contact d’Amenra comprend et apprécie forcément cette musique difficile, torturée, une sorte de musique du désespoir, alternance de longues parties acoustiques minimalistes et introspectives, et de décharges d’énergie brute. Et le festival est à peine commencé depuis quelques heures, que je vis le genre de grands moments qui vous font dire « c’est bon, on peut rentrer à la maison ! » ! Pour mon cinquième concert d’Amenra, la communion est totale, je passe une heure un sourire béat aux lèvres, transpercé par le son incroyablement dense du groupe. Les projections en noir et blanc accompagnent les ambiances, les musiciens secouent leur corps d’avant en arrière sans répit. Colin Van Eeckhout, de dos la plupart du temps, est impliqué émotionnellement comme rarement, illustrant ses cris déchirants de gestes évoquant la lacération de son abdomen, abandonnant son élégante tunique pour finir torse nu, les muscles bandés, l’arcade en sang (un coup de micro ?). Et malgré la noirceur de la prestation, on ressort lavé, purifié, exorcisé, vidé de ses idées noires et léger comme une plume. Malheureusement, l’osmose n’était apparemment pas si optimale plus loin dans le public, un certain nombre de malotrus ne respectant pas le côté contemplatif de la prestation, parlant et criant impoliment pendant les moments de recueillement… Notez que la captation d’Arte Concert est remarquable, je vous invite à la regarder : au lieu de simplement reprendre ce qui était projeté sur les écrans géants latéraux pendant le show, elle propose une réalisation véritablement artistique, avec un traitement noir et blanc brumeux du plus bel effet.
Rien ne peut succéder à ce moment d’émotion, pas même quelques minutes de Katatonia picorées en passant devant l’Altar sur le chemin de la sortie. Ce Hellfest commence bien !

Vendredi 16 juin 2023 :
Le programme de ce vendredi est le moins enthousiasmant des quatre jours, me concernant. Après avoir constaté qu’un festivalier en kilt ne devrait pas s’asseoir en tailleur quand il ne porte pas de slip (coucou, paquet ! ), direction le stand de merchandising dès notre arrivée, stratégie qui s’avère payante avec « seulement » une heure d’attente, soit beaucoup moins que dans les retours glânés ici et là. C’était pourtant le but de la construction de ce beau bâtiment « Sanctuary », qui multiplie les guichets, présente les produits dans des conditions optimisées, et enlève la pression de la foule derrière le client en train de faire son choix. Les retours / échanges sont également facilités, avec un accès rapide pour qui se sera trompé de taille.
Ces moments permettent d’entendre, sans les voir, un Nostromo hyper violent sous l’Altar, et un Akiavel qui fait le taff avec un son énorme sous la Temple. Au FuriosFest 2021 (Saint Flour, Cantal), j’avais trouvé que la communication chuchotée et intimiste d’Auré faisait retomber la pression entre les titres ; ici, portée par l’adrénaline, elle harangue la foule plus dignement, et le quatuor sudiste semble prendre un gros pied devant ce qui doit être le plus large public de sa jeune carrière (même si ses membres sont loin d’être des débutants dans le milieu).
15h50, je suis à la barrière pour les chicagoans de Bongripper, groupe de Doom instrumental que j’adore sur disque et qu’il me tarde de découvrir « en vrai ». Leur set consistera en deux morceaux seulement, mais d’une vingtaine de minutes chacun ! Tout d’abord « Hail », tiré de « Satan Worshipping Doom » (2010), puis mon chouchou « Slow », pioché dans un album lui aussi à deux titres, « Terminal ». Le son est massif au possible, Bongripper pose des enclumes par paquet de dix, avec un rythme pachydermique prenant le temps de laisser se poser les ambiances, de longues montées en arpèges se concluant par de nouveaux murs de saturation. Musicalement, rien à dire, on retrouve le « gras » et les transes des albums. Visuellement, le groupe est probablement plus adapté à un club intimiste, présentant un gros déficit de charisme collectif et individuel : musiciens les yeux rivés sur leur manche, tenues de scène « civiles » avec le gros portefeuille qui déforme la poche, seul le bassiste se lâche un peu, avec son t-shirt du groupe de post japonais Envy.

Pause pipi, j’aime bien les pauses pipi du Hellfest, je m’y fais tout le temps ce que j’appelle des « potes de pisse », des gars qui lâchent de grosses conneries en même temps qu’ils partagent l’urinoir collectif avec leurs congénères ! Cette fois, un blondinet arrive avec un cochon en peluche en laisse, collier à clous et état poussiéreux déplorable, à force de le traîner par terre ! « Tu te mets là, tu es sage, hein ! Mec, tu vois ces flaques, c’est lui qui a pissé partout ! Quelle idée que de l’amener, je me fais arrêter sans cesse par des gens pour faire des photos, moi qui croyais me balader peinard avec mon porc ! ». Retour mort de rire auprès de ma femme et mon pote, « Ah ! tu t’es encore fait un pote de pisse ?! » !
Petit saut sur les MainStages pour voir un bout de Skid Row, groupe perdu de vue depuis l’époque où ils tournaient avec Metallica. Si les membres historiques ont bien changé physiquement depuis (Rachel Bolan, « The Snake » Sabo et Scotti Hill), le tout nouveau et jeune chanteur Erik Grönwall fait presque oublier Sebastian « Baz » Bach, pour un concert Hard Rock Glam US fort adapté à un après-midi de festival. « Youth gone wiiiiiild ! ».
Retour à la Valley, pour les cultes Weedeater (bouffeurs de beuh !). Le bassiste chanteur Dave « Dixie » Collins attire toute l’attention à lui : sorte de clochard édenté, une jambe de pantalon relevée, basse défoncée, ampli défoncé, sangle de basse se terminant par une ficelle, il grimace, louche, crache, harangue et fait des doigts au public, se gratte le cul longuement, biberonne amoureusement sa bouteille de Jack ! Mais musicalement, ça ne rigole pas, son jeu de basse très libre donne un groove imparable à l’ensemble, un gros son bien gras et généreux, pour cinquante minutes de Doom-Stoner parfaitement adapté à la chaleur écrasante de cette fin d’après-midi !

Les membres d’Alter Bridge sont des habitués du Hellfest, il ne se passe quasiment pas une année sans en croiser à Clisson, que ce soit Alter Bridge au complet, Tremonti en solo, Myles Kennedy en solo ou en accompagnement de Slash… Cette « routine » explique-t-elle leur décontraction à la limite de la détente ? Toujours est-il qu’ils ne donnent pas leur concert le plus intense et impliqué, malgré l’efficacité de leurs chansons Rock-Metal Alternatif US, et malgré l’extrême qualité de leur jeu et chant. Mes informateurs me disent que leur concert au Transbordeur de Lyon dix jours plus tard s’est avéré à l’opposé de ce semi dilettantisme, plus de deux heures de live intense dans une folle ambiance, ceci après un Mammoth WVH également irréprochable !
The Dillinger Escape Plan n’est plus, mais son chanteur Greg Puciato est déjà de retour en solo, à la Valley, pour un set décousu mais « artistique », de rock alternatif plutôt avant-gardiste, le genre de moments de découverte que l’on apprécie sur cette scène ; à noter, les reprises de « Them Bones » d’Alice In Chains, et de « One Of Us Is The Killer » de son groupe précédent TDEP. Après ses participations intenses au super-groupe Killer Be Killed, Greg Puciato prouve sa polyvalence et sa pugnacité.
Bref détour sous la Temple pour quelques minutes du Black Metal de 1349 : après une grosse perplexité au Hellfest 2014, devant une telle sauvagerie / bouillie sonore, heureux de voir que cela n’a pas trop changé en 2023 ! Les codes doivent nous manquer pour comprendre ce groupe, avec Frost de Satyricon à la batterie et avec une telle réputation, nous devons certainement passer à côté de quelque chose !
Démarre alors la soirée la plus longue sur les MainStages… Les Anglais de Def Leppard proposent un show pro et agréable, les guitaristes Phil Collen et Vivian Campbell sont loin d’être des manchots ! Mais un léger malaise me prend imperceptiblement, voir ces sexagénaires lookés comme s’ils avaient toujours vingt ans, l’aspect excessivement FM / gentil / commercial de titres comme « Let’s Get Rocked » que l’on raillait déjà gentiment en 1992, le son synthétique de la batterie du courageux Rick Allen, son solo inutile et absurde à base de « poum poum tchak, poum poum tchak » joué de plus en plus vite… Je respecte la carrière mais je ne vibre clairement pas.
Puis arrive la controverse Machine Gun Kelly, artiste US de Rap-Rock / Pop-Punk, sans aucune légitimité en France aussi haut sur l’affiche. Si le spectacle proposé est digne d’un show à l’américaine et d’une position de headliner (en particulier cet imposant escalier pyramidal), le malaise est encore bien présent. Pour une fois qu’une musicienne apparaît sur cette scène, elle est forcément bombasse et à moitié à poil (la guitariste, pourtant très compétente) ; le concert est pro et spectaculaire, mais « fake » et sans âme, avec un un MGK en mode ego-trip et le cul entre plusieurs chaises stylistiques. Et que dire de la fin de concert abrupte, qui laisse le public devant un clip de rap de MGK… Le concert était loin d’être un fiasco, mais il ne serait pas étonnant que Machine Gun Kelly ait simplement été imposé par les tourneurs de Mötley Crüe (MGK a joué le rôle de Tommy Lee dans le biopic « The Dirt », ce dernier a d’ailleurs fait une apparition à la batterie sur un titre du concert de ce soir).
Et Mötley Crüe, qui prend la suite à 23h15 (avec le virtuose John 5 à la guitare) ? Pareil, fake, looks décalés pour des messieurs de cet âge, forts soupçons de bandes enregistrées, et l’impression que #metoo n’est pas arrivé jusqu’à Los Angeles, avec ces deux danseuses presque nues et enchaînées, qui se trémoussent lascivement entre deux chœurs trop parfaitement chantés pour être honnêtes.
Ça suffit pour aujourd’hui, tant pis pour Sum 41 qui clôture (la soirée et sa carrière), on rentre et on va prendre des forces pour un gros samedi. Et des forces, certains en auront besoin, tel ce sexagénaire clissonnais à trois grammes, tentant de rejoindre son domicile sur son vélo : lamentable dans le chemin escarpé montant de la route au parking Est, poussant son vélo du mauvais côté, « Je suis à l’envers ! Putain, je suis à l’envers ! Je suis droitier ! » , hasardeux quand il remonte sur son vélo en s’élançant, zigzagant, dans le noir !

Samedi 17 juin 2023 :
La journée des cas de conscience et des choix cornéliens, mais LA grosse journée de ce Hellfest !
Pourquoi Evergrey n’a-t-il jamais rencontré le niveau de succès de ses compatriotes Soilwork et In Flames, par exemple ? Il a pourtant bien des atouts, un Dark Prog Metal passionnant et qualitatif, un chanteur-guitariste (Tom Englund) à la voix en or, une discographie roborative (je les ai découverts en 2001 avec l’album « In Search Of Truth » et son tube « The Masterplan »), de bons lives… Trop de changements de personnel, peut-être…? Toujours est-il qu’Evergrey ne contrarie pas sa réputation et donne un excellent concert, en ce tout début d’après-midi.
Mais mon temps fort du jour, c’est Crowbar ! Depuis que j’ai été transpercé par les « croum croum » de ses guitares ici même en 2018, j’écoute ses albums en boucle et avec passion, peu de choses me faisant plus de bien que le son de guitare énorme et les mélodies introspectives des barbus du bayou. Pas de chichis, short cargo, Vans à damiers, une seule guitare à un micro et un potard de volume, Kirk Windstein est en forme, il se moque du ventilateur qui rabattra sa longue barbe dans sa figure sur le premier morceau, du plein soleil et de sa vieille vue qui l’empêchent de voir l’affichage de sa pédale d’accordeur, il crache par terre, vient défier son guitariste et son bassiste lors de riffs harmonisés, sa voix est toujours en papier de verre et le son de sa guitare incroyable. La setlist est efficace et équilibrée, allant du classique « All I Had (I Gave) » au récent, avec le brutal « Chemical Godz », en passant par un « Planets Collide » acclamé et mémorable. Alors, clairement, Crowbar n’est pas le meilleur groupe de la terre, Windstein pas le meilleur chanteur non plus, mais ce Sludge aussi pachydermique que mélodieux est vraiment une marque de fabrique, jouissive pour qui sait l’apprécier.
Ce n’est pas le Japonais de la Valley qui dira le contraire ! Abonné à la barrière, ce jeune Nippon au bandeau aux couleurs de son pays aura vécu sa meilleure vie à Clisson, chapeau à lui d’être venu (seul) de si loin pour vibrer aux sons de ses groupes occidentaux préférés !

Pendant ce temps-là, en MainStage, les progueux Polonais de Riverside se rappellent également à ma mémoire (il va quand même falloir que je ressorte tous mes albums du début des années 2000), l’équipe de Mariusz Duda a survécu au décès de son guitariste Piotr Grudzinski en 2016 et assure une prestation solide autant que mélodique sur la MainStage 1.
Le début de journée a été chargé, il est temps de se restaurer et se faire servir une bonne bière par l’équipe du bar de la MainStage, tout en chemises à galons et casquettes de capitaine de bateau de pacotille, façon Merrill Stubbing dans « La croisière s’amuse » !
Mine de rien, Maynard James Keenan devient un habitué de Clisson, que ce soit avec A Perfect Circle, Tool, ou ce jour Puscifer. La programmation d’un tel OVNI à 17h sur une MainStage est assez osée. Mais la sauce prend, et les costards-cravate-lunettes noires-maquillage donnent une aura décalée à ce collectif (très) indé et (très) expérimental.
Je pensais passer en coup de vent devant The Obsessed, juste pour le CV de Scott « Wino » Weinrich et de ses amis, pensant tomber sur un succédané de vieux Doom à la Trouble, Pentagram, St Vitus. Et j’ai finalement passé cinquante minutes de plaisir, happé par ce qui ressemblait plus à un Classic Rock fiévreux qu’à du 30 BPM ! Excellente surprise que cette prestation, de la bouteille, de la classe, des instrumentaux gibsoniens enflammés et une sacrée intensité. Merci la Valley, une fois de plus !
Le Prog est encore à l’honneur en MainStage, avec Porcupine Tree, encore un groupe que j’ai suivi passionnément, avant de basculer « du côté obscur » de la musique. Comme il l’avait fait en solo en 2018 ici même, Steven Wilson ne surjoue pas le côté metal, pour flatter les oreilles d’un parterre à majorité métallique. Il assume la part mélodique et progressive de sa formation, réactivée récemment, avec de longues pièces telles que « Blackest Eyes », « Anesthetize », le dramatique « Open Car », l’imparable « The Sound Of Muzak », pour finir par l’acoustique « Trains » (sans casser de corde à sa guitare sèche, chose qui lui arrivait fréquemment sur ce titre lors de la tournée « In Abstentia ») ! Aux claviers, Richard Barbieri tourne toujours plus de boutons qu’il ne presse de touches, Gavin Harrison impressionne à la batterie avec son groove et sa technique jazz imparable, et les « petits nouveaux » Randy McStine et Nate Navarro remplacent sans sourciller les virtuoses historiques John Wesley et Colin Edwin. Dommage qu’un dysfonctionnement des écrans géants ait privé le public d’images pendant la majeure partie du set !
Encore un bref aller-retour à la Valley, pour planer un peu sur les jams psychédéliques des Californiens de Earthless. Une très belle communion avec le public, que ces longues montées instrumentales typiquement seventies, portées par la guitare d’Isaiah Mitchell. Excellent moment !
Je n’en dirais pas tant du concert de Powerwolf « subi » pour garder une bonne place pour Maiden ! Les spécialistes avaient l’air content, mais je suis absolument hermétique à ce Power Metal grandiloquent, guerrier et viril, à ces refrains racoleurs et cette imagerie qui m’évoque le comble du kitsch : Puissanceloup, non ! 
Quoi de mieux que de faire les cons pour passer le temps ? Une jeune femme à l’air ahuri et alcoolisé nous demande « Je cherche mes potes, ils devraient être par là…? », « Ils ont des casquettes, des barbes et des t-shirts noirs ? Ils sont juste là-bas, on vient de les voir ! », « Ah, génial, merci, j’y vais tout de suite ! ». Ce n’est pas bien urbain, mais elle le méritait, au final !
Complètement inattentive et ne cessant de papoter bruyamment au lieu de suivre la musique, elle ne cessera de faire des selfies insupportables avec ses amis retrouvés… sur lesquels nous grefferons autant de photobombs débiles et de doigts discrètement glissés dans le cadre ! Le visionnage des photos après dessaoûlage a dû être épique, on nous déteste, quelque part en France ! 
Soudain, un attroupement, une dizaine de personnes accroupies qui cherchent dans l’herbe… La solidarité métalleuse… « Il a perdu son bouchon d’oreille, aidez-nous à le chercher ! », « Ah ben moi, j’ai perdu ma dignité, si vous la retrouvez… » 
Iron Maiden va surprendre le festivalier lambda en ne déroulant pas une setlist best-of, c’est tout à son honneur, et va centrer son show sur le classieux album « Somewhere In Time » (« Caught Somewhere In Time », « Stranger In a Strange Land », « Heaven Can Wait », le rarissime « Alexander The Great », « Wasted Years »), sur son dernier méfait « Senjutsu » (« The Writing On The Wall », « Days Of Future Past », « The Time Machine », « Death Of The Celts », « Hell On Earth » ), entrecoupés des standards « The Prisoner », « Can I Play With Madness », « Fear Of The Dark » (solos chantés par le public !), « Iron Maiden », « The Trooper ».
Les années passent, mais la qualité est toujours présente ! Bruce Dickinson est en pleine forme vocale et physique, il fait l’effort de présenter les titres en français, ils se bat en duel, au canon laser, avec la mascotte Eddie, il se déplace sans cesse. Adrian Smith a toujours autant de feeling et de classe en solo ; certains l’ont dit grognon (en l’occurrence sur un petit cafouillage collectif pendant « Alexander The Great »), mais de la pelouse, il n’en paraît rien. Dave Murray est toujours synonyme de « fluidité », il parsème ses solos d’impros maîtrisées (coucou, Kirk Hammett !). Jannick Gers danse la gigue, la main droite de Steve Harris galope sur sa basse, et le vétéran Nicko McBrain (71 ans) simplifie un peu ses parties, mais assure toujours derrière cet orchestre de luxe ! Difficile de deviner quels groupes de la nouvelle génération pourront reprendre le flambeau de tête d’affiche à l’avenir (Gojira ? Architects ? Parkway Drive ? Ghost ? Avenged Sevenfold ?), en tout cas ils ont du boulot avant d’égaler le répertoire, la popularité et la carrière d’un Iron Maiden !
Mon pote veut rester en MainStage pour Within Temptation, que je respecte mais n’apprécie pas trop ; la tentative d’approcher les Mongols de The Hu à la Temple est vaine, il y a au moins autant de monde agglutiné dehors que dans la tente, c’est n’importe quoi, on ne peut plus avancer d’un pas ! Il est donc temps de s’extraire et d’un petit aller-retour à la Valley, pour un nouveau moment fort du festival !
Car avec Clutch, on se croirait à Jazz à Vienne ! Ça groove, ça bluese, ça soule, ça swingue, impossible de résister à la musicalité et à la positivité de la bande ! Le chanteur Neil Fallon dégage un charisme qui dépasse les limites du site, allègrement ! Seul devant la scène, sobre en jean et chemise noire, il tient le public au bout de son micro et rayonne avec sa voix multifacettes, pleine de profondeur, d’âme et d’expressivité. Il passera même à l’harmonica et à la guitare slide en fin de set. A la basse, Brad Davis de Fu Manchu remplace momentanément Dan Maines (urgence familiale) avec succès. En 2019, Clutch avait animé la pelouse des MainStages en plein après-midi ; cette fois, de nuit et sur une scène plus intimiste, il propose un moment magique et hors du temps ! On adore !
En 2018, Carpenter Brut avait créé la surprise, en transformant la Temple en boîte de nuit géante, prouvant qu’une musique électronique jouée avec grosse guitare et batterie pouvait ambiancer les plus retors des métalleux !
Cette année, le groupe du poitevin Frank Hueso n’a pas le droit à l’erreur, propulsé en MainStage 1 à un horaire intimidant (0h30 – 2h00). Et Carpenter Brut a assuré ! Enorme son, gros show visuel, des invités (Yann Ligner de Klone sur la reprise « Maniac », Greg Puciato sur « Imaginary Fire », Persha présente sur « Lipstick Masquerade »), le palier est franchi avec brio et le groupe renvoie la confiance placée en lui, en tirant toute l’énergie possible de ses morceaux Dark-Synthwave inspirés des films d’horreur des années 80.
En quittant le site après cette journée mémorable, impossible de ne pas jeter une oreille aux jusqu’au-boutistes de Meshuggah. L’accès à l’Altar est impossible, il faut feinter, contourner le bordel et entrer par le côté de la Temple. Et là, le choc, musiciens alignés devant la scène, immobiles et intimidants, lights stroboscopiques de fou furieux, son monstrueux, riffs glaciaux et mathématiques, Meshuggah démonte littéralement la tête de l’assistance, on se demande même comment autant de gens peuvent se passionner pour une musique si violente et difficile d’accès ! Un show millimétré, robotique et franchement impressionnant !
Un dernier épisode marrant marque la route du retour. « Gendarmerie Nationale, contrôle d’alcoolémie, veuillez souffler longuement, Madame ». Et ma femme, tout sourire, « Bonsoiiiiir ! Merci, je suis trop contente de souffler pour la première fois ! Quitte à se faire ch… à ne pas boire ! Merci beaucoup, allez, bonne soirée ! », laissant les fonctionnaires surpris et amusés ! 

Dimanche 18 juin 2023 :
Sale temps pour un festivalier, je n’ose imaginer l’état du camping avec la pluie froide et drue qui tombe en ce matin… Le froid, la chaleur, on peut s’en accommoder, mais la pluie sur un fest en plein air, c’est insupportable !
La journée sera donc courte, nous n’arrivons qu’à 16h, ratant Halestorm et prenant position juste à temps pour les énervés hardcoreux de Hatebreed. Pas de surprise, à part le bandana de Jamey Jasta troqué contre une casquette : déferlement de vocaux dégueulés, riffs plombés, groove vindicatif, c’est primaire et bas du front, mais tellement jouissif ! « Destroy everything ! Destroy everything ! Destroy everything ! Obliterate that makes us weak ! »
Un concours de ventrigliss s’improvise sur la pelouse devant la grande roue, un jeune ventru se chauffe et se désappe avant se jeter dans la boue après une course d’élan pathétique ! Ovation générale, tout le monde mort de rire, on se croirait au concours de plats de la croisière 70 000 Tons Of Metal ! La pluie n’aura pas plombé le moral de tout le monde !
La tension monte sur la pelouse, on sent que quelque chose se prépare… Electric Callboy, le groupe allemand que tout le monde aime détester, est en approche… Si Helmut Fritz jouait du Metalcore, cela donnerait Electric Callboy ! Le genre de moments régressifs et potaches contre lesquels on a du mal à lutter ; les perruques mullet, vestes de survêtement années 80, boucles électroniques et refrains putassiers sont de sortie. Chacun a quelque chose à reprocher à Electric Callboy, mais cinquante minutes durant, la totalité de la pelouse des deux MainStages est embarquée, ça saute, ça chante, des mini circle-pits se forment jusque en-deça des bars centraux. Il faut avouer que la qualité d’interprétation est au rendez-vous, ça envoie du riff sévère, ça bouge dans tous les sens sur scène, et les mélodies aussi accrocheuses que régressives font mouche parmi la foule. Il fallait y être !
Incubus annule son passage en dernière minute pour maladie ? Qu’à cela ne tienne, Ben Barbaud annule sa traditionnelle conférence de presse (ce qui l’arrange peut-être bien, finalement…) et ramène les Espagnols de Crisix, présents sur le site, et pas perturbés outre mesure d’être bombardés sur une MainStage (qu’ils ont déjà foulée par le passé). Une heure de Thrash-Crossover déjanté et fédérateur, rien pour s’élever intellectuellement, mais ça fonctionne et le public s’éclate !
Quant à Tenacious D… De nombreux festivaliers les ont classés dans leur top 3 des meilleurs concerts… probablement des adorateurs du film, qui y ont retrouvé là l’univers qui les amuse. De mon côté, je n’ai pas compris la place du groupe à ce moment de l’affiche, de l’humour acoustique, Jack Black qui grimace, cabotine, des temps morts interminables, juste avant la force de frappe de Pantera et de Slipknot et la clôture du fest… une drôle d’idée et un sacré temps mort dans une fin de journée pourtant bien carton.
Pantera, justement, qui est plutôt un hommage à Pantera que Pantera lui-même, les regrettés Dimebag et Vinnie Paul étant remplacés par Zakk Wylde (Black Label Society, Ozzy Osbourne) et Charlie Benante (Anthrax). La formation introduit son arrivée par la projection de vidéos d’époque en mode Jackass, montrant les excès et pétages de plomb inénarrables des jeunes années du combo ; ce n’était déjà pas bien intelligent, et les discours de Phil Anselmo avec gros plans sur ses yeux bouffis de dévoreur de vie (et du reste) sont bien raccords avec ces souvenirs de redneckerie primaire. Par contre, quand le groupe se met à jouer, alors là, ça ne rigole plus ! Pantera était attendu au tournant et avait toutes les raisons de se planter, mais comme ils ont bossé et se sont préparés sérieusement, c’est une claque auditive que se prennent les 40 000 personnes présentes ! Si Anselmo est statique et ne salit pas ses pieds nus en dehors du tapis sur lequel il repose, sa voix de jeunesse est revenue, et il assure une performance vocale étonnante, bien au-dessus de celle délivrée l’année précédente avec Down ! Sans singer Dimebag à la nuance près, Zakk Wylde prend possession à merveille du répertoire du guitar-hero, et bénéficie d’un son à décorner un troupeau de mammouths ! Benante a LE son de Vinnie Paul, et Rex Brown, lui, est très mobile et double au millimètre les difficiles rythmiques de guitare. Et la setlist, bordel ! Centrée sur les albums « Vulgar Display Of Power » et « Far Beyond Driven », elle déroule tube sur tube : « A New Level », « Mouth For War », « Strength Beyond Strength » avec un breakdown d’une lourdeur incroyable, « Becoming », « I’m Broken », « Fucking Hostile », « Walk », n’en jetez plus, chaque titre est un moment fort. Difficile de jauger le degré « d’honnêteté » de la reformation, ni la proportion d’appât du gain et de besoin d’hommage aux frères Abbott ; en tout cas, le résultat est excellent, alors que l’entreprise était casse-gueule et les fans prêts à mordre.
Après que le spectateur nu emporté par sa passion de Pantera se soit rhabillé (beaux tatouages abstraits et petit zizi, mais bon, il faisait froid !), un petit bout de Slipknot, histoire de voir ce que ça donne, avant de s’éclipser avant l’embouteillage post feu d’artifice. Je connais mal le groupe, mais le spectacle a l’air à la hauteur de la place sur l’affiche, gros son (même si on peine à distinguer qui fait quoi dans ce bordel organisé, avec tant de musiciens), percussions en avant, ça bouge dans tous les sens avec les masques dérangeants et les combinaisons typiques, la fatigue et la semi-frustration de ce dimanche humide nous poussent vers la sortie, après un fest long et déjà bien amorti !
Conclusion et polémiques :
Et à peine le smartphone rallumé dans la voiture, fin de l’état de grâce et retour des polémiques : les places 2024 seront en vente dès le 27 juin 2023 (avec AC/DC à l’affiche ?) ! Donc on laisse une paye sur le site, jouant le jeu en consommant sans trop compter, et en récompense, il faut se remettre dans la bagarre des achats de places internet et sortir 329€ x 2, une semaine plus tard ? Au final, seuls 50% des places seront mises en vente immédiatement, et l’argument de favoriser ceux qui n’ont pas eu de places en 2023 (et ont donc censément plus de trésorerie disponible) sera donné : idée initiale, ou adaptation maladroite, devant les seaux de m… récoltés sur les réseaux sociaux ?
Puis, quelques jours plus tard, on découvre l’information selon laquelle le président Ben Barbaud est condamné en justice pour avoir confondu fonds personnels et fonds du Hellfest, et va être rétrogradé directeur (alors que dans n’importe quelle entreprise commerciale, cela aurait justifié un licenciement sec).
Est-ce la raison pour laquelle il ne s’est pas trop mouillé, lors de la fameuse interview polémique, où il s’est lavé les mains de pas mal de sujets ? La contribution carbone importante du Hellfest, gourmand en fioul ? Que les industriels nous proposent autre chose… La programmation de musiciens accusés ou condamnés pour violences conjugales, ou pour sensibilités racistes ? Je suis producteur de spectacles et ne suis pas là pour juger, je n’en ai vu aucun maltraiter une femme… C’est maladroit, très maladroit.
Le Hellfest ne peut être reconnu responsable de tous les maux de la société, il n’est effectivement qu’un programmateur de spectacle. Mais sa position de leader et de symbole ne lui impose-t-elle pas plus de responsabilité sur ces sujets ? De telles communications se préparent, Ben Barbaud n’est plus le petit activiste associatif innocent de ses débuts. Et qu’est-ce qui l’empêche de prendre position, devancer les problèmes, et adopter un discours proactif ? Il va s’empêcher de programmer quelques groupes « douteux » ? Et alors ? Des dizaines d’autres se pressent au portillon, pour lui permettre de proposer une affiche de qualité !
Sur les accusations de « machine à fric » et de « Disneyland du metal », je resterai plus mesuré. Le camping « VIP » est cher ? Oui, mais le camping traditionnel reste gratuit dans le billet ; et si cette offre correspond à des étrangers qui viennent en avion les mains dans les poches, ou à des spectateurs n’ayant pas trouvé de logement chez l’habitant (où les prix montent en flèche d’année en année) et souhaitant rester dans l’ambiance du site avec un minimum de confort ? Il est toujours possible de loger gratuitement, de boire de l’eau au robinet et d’amener son sandwich.
Le merchandising prend une place croissante ? Rien ne nous oblige à en acheter, personnellement j’ai très bien vécu plusieurs éditions sans y dépenser un centime.
Les festivaliers ne sont plus des passionnés mais des touristes ? Des touristes capables d’investir le prix de la place et des à-côté, et une semaine de leur vie, dans des conditions fatigantes, pour de la musique qu’ils n’aiment pas, je demande à voir. Faut-il imposer un questionnaire à l’entrée, pour trier les « trve » des imposteurs ? Personnellement, je vois de moins en moins de « déguisés » et de rigolos, depuis deux ou trois ans. Et la « surpopulation » constatée dès le matin tend à montrer que les festivaliers sont désormais plus assidus aux concerts, alors que cela ne se remplissait avant qu’en fin de journée, certains glandant au camping, d’autres n’arrivant en soirée, que pour les têtes d’affiche.
Et le Hellfest serait-il rentable à programmer uniquement les pépites inconnues des scènes annexes, s’il n’engrangeait pas la masse des contributions des spectateurs des MainStages ? La baisse des scènes Altar et Temple tient peut-être plus à une perte de vitesse des styles qu’elles représentent, qu’à la seule gentrification du public.
Alors oui, le public évolue, il vieillit (comme le metal…), monte en CSP, mais il se féminise aussi, ce qui est une bonne chose. Le fest dure un jour de plus, les cachets des gros artistes explosent, le prix des billets augmente donc (mais j’ai quand même vu plus de quarante concerts pour 329€…), et le pouvoir d’achat des spectateurs potentiels avec. Mais, à la vue des récentes tournées de Metallica et de Kiss, par exemple, est-ce un problème général de l’industrie de la musique, ou un symptôme réservé au Hellfest ?
Le Hellfest, ce festival capable de proposer, chaque année, le top des groupes de chaque style, dans les conditions visuelles et sonores de grande qualité, dans un respect du timing à la seconde. Qui tient compte des remarques de l’année précédente pour améliorer les conditions d’accueil de l’année suivante (plusieurs agrandissements du site sans changer la jauge en spectateurs, par exemple). Où on peut manger et boire varié non-stop, de 10h30 à 2h du matin. Ceci dans une décoration soignée, bien dans le thème : assister à Amenra ou 1349 sur fond de containers enflammés, ce n’est pas vraiment ma définition du monde mercantilo-enfantin de Disneyland Paris !
by Metalfreak | Mai 13, 2023 | Live Reports
Photos : Metalfreak
Report : Quantum

Cette année, nous ne l’annoncerons probablement pas officiellement, mais nous n’irons pas au Hellfest. Pour des raisons logistiques et d’autres plus personnelles, Soil Chronicles n’ira pas au Hellfest cette année. Et franchement, cela a pour moi une saveur aigre, parce que même si je n’étais pas disponible pour y aller, je ressens une forme assumée de frustration à l’idée de ne pas voir notre webzine représenté dans ce sésame ultime de la musique metal française et européenne, sinon mondiale. Le Hellfest, c’est un peu comme le bonbon qu’on donne aux enfants quand ils ont été courageux et travailleurs toute la journée. On le vit comme un privilège, sinon une récompense de mois d’efforts, d’investissements et de prises de tête. Et puis, on ne va pas se mentir, à l’échelle d’un webzine comme nous, bénévole et empiétant grandement sur notre temps libre, on le vit doublement comme un privilège et une récompense. Alors, c’est avec une forme de déception que j’écris ce live report qui sonne, pourtant, comme une légère forme de réconfort. Je me suis, en effet, rendu au Hellfest Warm-up Tour 2023 qui a fait escale à la salle l’Ilyade à Seyssinet-Pariset, non loin de Grenoble, et surtout de chez moi (cinq minutes en voiture). J’étais secondé, pour ce concert prometteur, par mon patron en personne, Monsieur Chris Metalfreak, et Antirouille qui était bénévole pour aider à la buvette avec Madame, qui nous aura donc honoré de sa présence quand même !

Alors, le principe est simple, pour ceux qui l’ignoreraient : le but est de ramener le Hellfest chez l’habitant. Ne vous y trompez-pas ! Vous n’aurez pas le Hellfest complet ni les grosses têtes d’affiche, mais plutôt des groupes français mis à l’honneur par l’association qui gère le festival, et c’est sur une forme de grosse tournée que l’affiche se présente devant nous, et les groupes présents ce soir sont dans l’ordre As a New Revolt, Moonreich, ACOD, Betraying the Martyrs et Pogo Car Cash Control. Les trois premiers groupes étant en dehors de la tournée et sponsorisés par Metallian Productions, qui organise conjointement la soirée, et les deux derniers cités sont les éléments clés de la tournée. Une affiche éclectique, un brin étrange sur le papier, tant les genres sont disparates, mais c’est plus une logique de sponsor qu’une logique purement musicale, donc la surprise n’est pas entière pour moi. J’avais néanmoins quelques doutes sur les deux groupes de la tournée que je n’avais jamais réellement écouté, mais qui ne me semblaient pas spécialement étoffés pour être têtes d’affiche. Force m’est de constater que je me suis royalement planté. Mais nous y reviendrons !

Et le tout premier groupe à passer sur le grill est donc As a New Revolt et immense surprise pour moi : ils sont de Fontaine ! Donc de chez moi, mais vraiment chez moi ! Je dois admettre que j’ai rigolé tout seul quand le chanteur annonce « on est de Fontaine, 38600 ! » de manière exagérée, car c’est toujours ma phrase quand je vais chercher les croquettes de mon chat et de mes rats chez Botanic… Bref, on s’en fout. Première petite subtilité : le groupe est un duo de musiciens, un batteur et un chanteur qui sample également sur un ordinateur les parties en arrière-plan, qui concernent la musique électronique et industrielle, quelques lignes de guitares avec parcimonie venant compléter le tout. La musique sonne très rapcore avec des éléments industriels évidents. L’énergie qui est dégagée sur scène est extrêmement bluffante ! Moi qui ne suis pas très friand au départ de ce genre de musique, je me suis franchement étonné à prendre un énorme plaisir devant la prestation pleine de pêche du duo, le chanteur n’hésitant pas à faire tomber la chemise pour être encore plus échaudé par sa prestation scénique au-dessus du lot.

Le charisme est en effet au premier plan et je loue, voire suis jaloux totalement, de son jeu de scène plein d’aisance, comme si ce dernier était habité par on-ne-sait quelle aura. En tout cas, sans aller jusqu’à comprendre les paroles, tant le flow est diffus et d’une rapidité à toute épreuve, j’ai surtout beaucoup adoré la musique en elle-même, qui fait la part belle à d’intenses rythmiques, le style industriel allant très bien avec le côté rap. J’ai également beaucoup aimé, et cela peut sembler être un détail, l’humour du mec quand il nous a parlé, allant jusqu’à dire qu’il accordait sa guitare… Alors qu’il n’en avait pas, ou tout simplement à nous demander si on aimait le metal, pour nous répondre ensuite « eh ben, il n’y en a pas ! » Ce genre de décontraction, j’aime. J’ai bien rigolé de ce côté auto-dérisoire très prononcé. Seul bémol, mais où As a New Revolt n’est strictement pour rien : l’accumulation de matériel de musique sur la scène, pourtant immense, rendant impossible les mouvements plus intenses encore pour le groupe fontainois, réduisant leur périmètre d’action à un truc minuscule. Franchement, c’est honteux ! J’aurais été le chanteur, je me serais sûrement énervé d’avoir ainsi un terrain de jeu aussi restreint… En plus, c’était affreusement moche, cet effet empilage d’amplificateurs. En tout cas, je dois reconnaître que la prestation d’As a New Revolt m’a laissé bien pantois ! D’un côté, j’étais fier d’avoir un groupe aussi talentueux dans ma ville, mais ensuite parce que le groupe a vraiment assuré et a montré une prestation scénique largement à la hauteur des attentes que l’on pouvait avoir. J’aurais même bien vu le duo plus haut d’une prochaine affiche. Je vais donc suivre la formation issue de la scène punk hardcore et hip-hop de très près ! Bluffante découverte.

Viendra ensuite un groupe que j’attendais de voir depuis un moment. Vous savez peut-être que j’ai repris avec honneur le partenariat avec Les Acteurs de l’Ombre Productions, et parmi les groupes ultra excellents de son roster, Moonreich est celui qui m’a toujours le plus plu en studio. Que ne fut donc pas ma surprise d’apprendre, il y a quelques temps en arrière, que la formation gérée en one-man band par Weddir et Siegfreid est officiellement booké par Metallian Productions ! Enorme tremplin pour la formation francilienne, qui se présente donc devant nous pour ce qui me semblait être un show plein de promesses. Paradoxalement, ce fut mon concert le plus décevant. Les attentes étaient sûrement trop grandes, et je me suis attardé sur des détails qui, finalement, n’en valaient probablement pas la peine. A commencer par la tenue vestimentaire des protagonistes. J’avais vu des photos passées où Moonreich employait toute la panoplie inhérente au black metal, puisqu’il s’agit de ce registre musical que le groupe nous présentait ce soir. Mais en fin de compte, on se retrouve avec un frontman en jean, chemise et basket, sans aucun apparat qu’une apparente sobriété émotionnelle.

Les autres musiciens ne sont pas raccords non plus, avec un batteur arborant un look plus coreux… Je chipote probablement beaucoup, mais je suis en effet très attaché à un minimum de logique dans la scène, et quand je vois ce qui se faisait avant et maintenant, je suis dans l’incompréhension. Sur la musique en elle-même en revanche, il n’y a rien à redire ! J’adore ce black metal un brin déstructuré, frôlant par moment un côté progressif avec des ruptures rythmiques efficaces, des passages mid-tempo qui plantent le fameux décor malsain et oppressant que les albums studio ont toujours retranscrit avec brio, faisant de Moonreich un vrai concentré de noirceur. La sobriété lumineuse et la mine renfrognée des musiciens, ou dirons nous concentrée pour être soft, ont contribué à faire de ce concert une réussite quand même. L’autre ombre au tableau est que l’on n’entendait pas bien le chant. J’ai plusieurs fois tendu l’oreille, comme un basset idiot, vers les enceintes de façades, pour percevoir que la technique vocale restait bien fidèle à ce qui faisait la subtilité moderne de Moonreich : une technique qui oscille entre le high scream et le sludge, mélange vocal que je trouve extrêmement puissant dans le black metal actuel. Et c’est franchement dommage que le chant n’ait pas été bien sonorisé, à moins que la voix était fatiguée, c’est possible. Et j’aurais aussi préféré un peu plus d’acclamation au public, même si je sais que le black metal reste un style très « fier », pour lequel il ne faut pas montrer beaucoup d’émotions, surtout sur scène. Mais un peu plus de déclamations pour nous auraient été bienvenue. En fait, je pense que j’ai été un peu déçu parce que c’était indéniablement LE groupe que j’attendais le plus ce soir, adorant la musique sur CD. Mais bon, le constat sera quand même positif, ou au pire moyennement positif. Je retenterai l’expérience une prochaine fois pour être sûr. Merci quand même les gars, c’était sobre mais tout de même efficace !

Autre groupe que j’attendais de voir pour la première fois avec l’impatience d’un morpion chez un urologue : ACOD. Je connaissais, bien entendu, en album, étant donné que j’ai fait au moins une chronique pour eux, mais je n’avais encore jamais vu la formation marseillaise, elle aussi sponsorisée par Metallian Productions et… elle aussi fraîchement signée chez les Acteurs de l’Ombre Productions. Cela ne s’invente pas ! Et après, vous allez encore me faire croire que vous croyez au hasard ?… Bref. Quoiqu’il en soit, autant j’ai été frustré fortement par l’absence de costumes du groupe précédent, autant celui des musiciens d’ACOD m’a emballé. C’est con, mais des perfecto avec des morceaux de côte de maille, le tout avec des atouts différents selon les musiciens, cela fait tout de suite plus « pro ». Et en plus, la prestation scénique a été largement à la hauteur de ce que j’attendais de la formation studio trio, mais bien accompagnée en live. Sur ce concert, un truc m’a frappé : la vibe autour du groupe.

Non seulement ces derniers ont présenté une musique assez difficile à cerner, mais en plus… Elle plaît énormément. Une sorte de mélange entre du black metal, du thrash et du death metal, le tout étant extrêmement mélodique et intense, parfois même un peu atmosphérique. Et malgré ce marasme total en matière d’identité musicale, la prestation est tellement fluide et logique, qu’on a le sentiment que le groupe se sert de son jeu de scène comme liant pour une musique qui ne manque pas de variations. Du coup, j’ai franchement été bluffé. J’ai beaucoup fixé le jeu de scène du chanteur, qui est extrêmement charismatique, et qui nous entraîne dans son maelström d’émotions et de violence, ce dernier vivant intensément ce qu’il chante. Je crois que je me suis pris une énorme claque de frontman dans la gueule, moi qui cherche toujours à m’inspirer des chanteurs pour mes propres jeux de scène, je crois que Fred m’a largement inspiré mais aussi choqué par toute sa présence intense et sans fatigue aucune. Et le pire est que le groupe n’use pas non plus tant que cela d’apparat pour fédérer le public, à peine le chanteur (excellentissime) utilise un réhausseur de temps en temps, mais au final sans plus. Pas même des mouvements exagérés sur la scène, les musiciens se montrant finalement comme restreints sur des périmètres courts. Eh bien malgré cela, le groupe dégage une telle énergie et une telle présence que j’en suis resté totalement baba. Je me suis dit que finalement, il ne fallait pas grand-chose pour plaire. Et ACOD est totalement pro ! D’ailleurs, je me suis tellement régalé que je me suis demandé si ces derniers ne méritaient pas d’être en haut de l’affiche de la soirée. Sans déconner, ils auraient été une tête d’affiche parfaite ce soir ! Exceptionnelle prestation, de loin la meilleure du soir pour moi.

Passons désormais aux choses sérieuses. Les deux groupes qui font la tournée du Hellfest Warm-up entrent en scène, et les premiers à arriver sont Betraying the Martyrs. Alors, en fosse, j’ai entendu beaucoup de commentaires les concernant, que le groupe était vieillissant, qu’il avait eu son temps, etc. Bon. Honnêtement, je ne connais pas assez le groupe francilien pour juger quoique ce soit, le style musical n’étant pas mon style de prédilection – metalcore -, je pars comme au tennis : avec des balles neuves. Première surprise donc pour moi : la présence d’un clavier. Deuxième surprise quand les musiciens arrivent sur scène : ce n’est pas le chanteur du groupe Rui Martins mais celui d’Atlantis Chronicles que je connais un peu plus, Julien Harp, qui est sur scène avec Betraying the Martyrs. Nous ne connaîtrons pas la raison de ce remplacement, mais qu’importe ! Parce que, scéniquement parlant, ce dernier dégage, là encore, un incroyable charisme, et je n’ai pas arrêté de scruter son jeu de scène aussi. Alors, musicalement parlant, je pense que le groupe francilien a totalement balayé les doutes le concernant, tant le public a été réceptif et surtout, tant la prestation a été dantesque. Entre les mouvements inhérents au metalcore, le claviériste qui va nous gratifier d’acrobaties multiples avec son clavier, les musiciens qui nous feront des slams avec le public, wall of death et compagnie, et les fabuleux breakdowns typiques du genre qui font transpirer une forme de révolte plus que de violence, sur fond de post-hardcore reluisant, le groupe n’a absolument rien à souffrir de ces critiques débiles. Honnêtement, c’est de loin la formation la plus folle que j’ai vue en concert depuis Mushroomhead l’été dernier au Plane’r’Fest. La communion avec le public est totale, et je dois admettre que, malgré mes réticences, et il faut bien l’avouer, ma méconnaissance de la scène -core, je me suis pris au jeu.

En fait, la scénographie et la communion voulue avec le public est sont tellement importantes qu’on ne peut pas passer à côté sans se montrer fasciné. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti : de la fascination. Le set était ultra carré, le jeu de scène semblait par moment improvisé alors qu’en réalité, je sais qu’il est travaillé et retravaillé de telle manière à nous faire croire qu’il est improvisé, comme le moment où le chanteur et le claviériste / chanteur vont se retrouver à slammer avec nous dans la fosse. En tout cas, je pense que la formation a fait taire quelques sceptiques ce soir. Peut-être que Betraying the Martyrs a perdu de sa superbe avec les années, que la vibe est passée, mais il n’en demeure pas moins qu’objectivement parlant, avec mon regard lointain, la formation a été extrêmement professionnelle et solide ce soir. Je ne sais pas si j’irai exprès voir un de leurs concerts, mais en tout cas, retenter l’expérience sur une affiche plurale comme ce soir, ce serait sans réticence aucune ! Et je m’en tire avec en prime quelques hématomes dans le dos et la compression de mes parties génitales contre la scène, les risques du métier. Mais quand on est devant Betraying the Martyrs, les risques sont décuplés apparemment.

Le clou de la soirée arrive, enfin, avec Pogo Car Cash Control, et l’occasion pour moi de vous exposer la raison principale de ma venue ce soir. J’étais plein de doutes concernant la formation francilienne (encore), parce que j’ai toujours pensé, chevilles au corps, que leur notoriété était principalement due au reportage qu’il y avait eu lors de leur passage au Hellfest 2022 où Lola, la bassiste, était suivie durant le festival et érigée en modèle de féminisme dans le metal. Cette dernière militerait, et c’est tout à son honneur bien sûr, pour qu’il y ait plus de femmes dans le metal. Soit. Mais sans vouloir lui faire offense, je ne vois pas très bien où se situe son combat, étant donné que des femmes dans le metal, il y en a quand-même beaucoup, et des très talentueuses ! Il y a même de plus en plus de groupes entièrement féminins, ce que j’adore. Mais delà à en faire un combat et un reportage entier… Enfin, en tout cas, j’ai toujours cru que la vibe autour du groupe Pogo Car Cash Control et la notoriété grandissante qui en découle était en partie due à ce reportage. En album studio, je n’ai pas trouvé cela exceptionnel d’ailleurs. Donc, comme j’aime bien la contradiction et j’aime me faire ma propre idée, ce concert où la formation est en plus la tête d’affiche était l’occasion rêvée de confirmer ou infirmer mes doutes. Pour un infirmier c’est un comble… Bon, c’était pour le jeu de mot, désolé.

Donc ! La formation arrive sur scène pleine de couleurs en costume, avec des looks que je me refuse à décrire en entier, mais qui m’ont tout de suite fait sourire. Ce côté décalé, j’aime beaucoup, et je trouve que le groupe a l’intelligence de ne pas en faire trop. Juste ce qu’il faut pour être à la fois ridicule volontairement et sérieux. La balance idéale en somme. Et quand les premiers riffs démarrent, je sens tout de suite que la musique va nous décoiffer le ciboulot ! Ma surprise a été à la hauteur de mes réticences, je me suis pris une rafale de riffs aussi basiques dans un registre qui oscille effectivement entre le punk rock mais aussi selon moi avec quelques relents de thrash metal, sentiment d’ailleurs partagé avec deux personnes du public. La puissance du punk ou du rock n’y sont pour rien dans l’énergie redoutable et la violence qui résonnent dans le pit, avec un nombre incroyable de bousculades, de slams, mais aussi de circle pits. En fait, on n’est pas tellement sur une ambiance metal, mais pas tellement sur une ambiance punk non plus. C’est un étrange mélange des deux. En tout cas, le groupe dégage une énergie folle aussi, les musiciens allant aussi slammer dans le public. La fameuse Lola arborait le même costume qu’au Hellfest et son jeu de scène dégageait effectivement une belle forme d’énergie, voire d’agressivité, qui m’a laissé plutôt satisfait.

La grande force de Pogo Car Cash Control a été donc de faire un très bon groupe tête d’affiche, tout en gardant une certaine « sobriété » dans la scénographie. Ce qui démontre que la musique en elle-même suffit à vous retourner la cervelle, excellent point donc. Pour le reste, j’ai adoré la prestation, j’ai bel et bien revu ma copie en pensant que oui, la formation peut faire une très bonne tête d’affiche. Mais je reste assez indécis sur l’ordre de la soirée. Peut-être à revoir dans un autre contexte parce que je ne suis pas certain qu’on revoit Pogo Car Cash Control tête d’affiche quelque part dans un gros festival ou des évènements majeurs. D’ailleurs, on ne voit pas beaucoup d’autres annonces… Affaire à suivre.


L’heure des remerciements a sonné car je suis rentré chez moi pleinement satisfait de cette soirée sous l’égide du Hellfest, mais à la maison ! Merci donc à l’organisation Metallian Productions pour nous avoir proposé cette belle affiche. Merci au Hellfest Warm-up pour les animations (concours d’air guitar, tatouage flash du logo du Hellfest) et également pour nous offrir des Perrier aux fruits. Celle-là, on ne me l’avait jamais faite encore ! Merci à mon patron, ami et camarade de photographie Chris Metalfreak, pour avoir vaillamment arrosé la soirée de ses belle photos en compagnie de Madame Metalfreak. Merci à Monsieur et Madame Antirouille pour avoir vaillamment tenu la buvette, et sieur Antirouille pour m’avoir rejoint pour profiter pleinement d’ACOD (ses parties génitales s’en rappellent encore…). Merci à tous les amis et amies que j’ai croisés ! Et merci au public d’avoir répondu présent, même si encore une fois, la salle n’était pas pleine… Il va falloir se demander sérieusement comment faire à l’avenir.
by Metalfreak | Août 26, 2022 | Live Reports
Photos : Metalfreak, Lyslia Huxley
Report : M.L.A.M.

Mon Hellfest en demi-teinte, avec pas mal de poisse en bonus.
Compliqué de faire un vrai report sur les 3 jours, quand « Ouigo » t’a bien pourri la vie !
C’est l’histoire d’un mec (si si) qui a voulu faire simple pour aller de son domicile à Clisson sans passer par la case Paname et qui au final a failli ne pas participer au Hellfest tout bonnement.
Pour la petite histoire, je devais donc partir le jeudi 16 juin pour être présent dès le 17 au matin sur le site du festival. Mais bon, ce fut mission impossible… Surtout quand tu reçois un SMS t’indiquant la veille que ton train est annulé pour un motif bidon : indisponibilité matériel. Cela aurait pu être un problème de signalisation ou un accident, mais non.
Comme vous devez vous en douter, ce fut impossible pour moi de partir le 17 : tous les trains, bus, BlaBlaCar, etc. étant complets ce jour-là.
Je trouve finalement un train le samedi 18 pour arriver à Clisson dans la soirée mais suite à des déboires matériels, j’ai mis plus de 7h pour être sur place. Mon premier véritable concert fut donc Agressor sur la scène Altar en ayant pu jeter au passage un œil sur la prestation de Skàld en attendant le gang d’Alex.
Beau succès pour Skàld sous une tente bien garnie.
Concernant Agressor, ce fut plutôt sympa avec pas mal de titres tirés des trois premiers opus. Mais après une journée si compliquée, ce ne fut pas si simple d’être à fond dedans.
Une bonne nuit de repos plus tard, j’ai enfin pu commencer ma journée Hellfestive vers 12h15 avec la prestation de Kontrust qui jouait sur la Mainstage 1 juste avant Sortilege. Kontrust, un groupe autrichien qui pratique un crossover allant dans différentes directions musicales mais qui reste sympa sur scène avec un duo au chant qui assurait plutôt pas mal : un groupe que je reverrais avec plaisir en salle pour mieux en apprécier toutes les subtilités.

Autre groupe à suivre de près, les Japonais de Maximum the Hormome, totalement déjantés. Groupe qui peut se rapprocher musicalement d’un RATM avec une grosse énergie punkisante derrière. D’ailleurs, la batteuse du combo possède une énergie phénoménale. Avec des groupes tels que celui-ci ou encore Nemophila, le Japon possède un beau panel de groupes.
Beau succès aussi pour les Français de Regarde les hommes tomber et d’Alcest, même si je ne suis pas vraiment fan de ces deux groupes, la Temple faisait le plein et l’ambiance fut excellente durant les deux prestations.

Je vous propose mon compte-rendu pour les prestations que j’ai vues dans la journée :
SORTILEGE
• Amazone
• D’ailleurs
• Le cyclope de l’étang
• Progéniture destructrice
• Marchand d’hommes
• Messager
• Délire d’un fou
• Chasse le dragon
• Sortilège
Qui m’aurait dit qu’un jour je verrai Sortilège sur l’une des Mainstages du plus gros festival Français ? C’est donc chose faite, les Parisiens allaient donc nous offrir une magnifique prestation emmenée par un Zouille au sommet de sa forme.
9 titres plutôt pêchus dont le fantastique « Amazone » en ouverture et la magnifique ballade « Délire d’un fou », reprise en chœur par le public du Hellfest. Deux mois après le concert parisien, le groupe a prouvé par A + B que le potentiel de la nouvelle formation est plutôt énorme : là aussi, la paire Olivier / Bruno se complète plutôt bien. Et si l’on va par là, Bruno Ramos est aussi bon, voire meilleur, que le guitariste soliste d’origine.
Le groupe a donc confirmé la très bonne impression que j’avais eue lors du concert parisien en avril dernier. Qu’on se le dise, Sortilège est définitivement de retour sur le trône et a repris son titre de meilleur groupe français.

DORO
• I Rule the Ruins
• Burning the Witches
• Fight for Rock
• East Meets West
• Hellbound
• Raise Your Fist in the Air
• Revenge
• All We Are
• All for Metal
L’avantage avec Doro, c’est qu’on est sûr d’avoir une excellente prestation, et la joie qu’affiche notre metal Queen préférée est toujours la même après bientôt 40 ans de carrière. Doro est toujours aussi reconnaissante envers son public. La blonde nous a proposé comme d’habitude des classiques de Warlock et 3 titres issus de sa carrière solo. Un beau carton pour la miss qui nous proposera une version de « Raise Your First In the Air » chantée pour une grande partie en français mais aussi un « All We Are » qui débuta avec l’intro de « For Whom the Bell Tolls » de qui vous savez.
Du changement par contre au niveau du line-up , c’est donc Bill Hudson qui était à la guitare et un bassiste dont je ne connais pas l’identité. Blll Hudson fait donc partie des mercenaires du metal qu’on retrouve dans plein de groupes : I Am Morbid, Dirkschneider…

MICHAEL SCHENKER GROUP
• Into the Arena
• Cry for the Nations
• Doctor Doctor
• Looking for Love
• Red Sky
• Sail the Darkness
• Lights Out
• Armed and Ready
• A King Has Gone
• Rock Bottom
Un gig plutôt sympa de la bande à l’ange blond allemand qui reste, malgré le temps qui passe, toujours aussi impressionnant dans la maîtrise de son instrument. Un peu dommage que le chanteur, Ronnie Romero, n’ait pas la classe d’un Doogie White ou d’un Robin McAuley car, en matant par exemple une vidéo live de « Doctor Doctor » avec Doogie, c’est quand même le niveau au-dessus.
DYING FETUS
• Subjected to a Beating
• In the Trenches
• Grotesque Impalement
• From Womb to Waste
• One Shot, One Kill
• Your Treachery Will Die With You
• Wrong One to Fuck With
• Kill Your Mother, Rape Your Dog
Même si le groupe s’est fait désirer en commençant avec 15 minutes de retard sur l’horaire, preuve qu’il n’a pas fait dans la finesse avec un set qui n’avait qu’un seul mot d’ordre : la brutalité. Dans le pit c’était l’enfer [ndlr – normal on est au Hellfest] et ça bougeait bien méchamment. Un groupe, qu’on soit en 2003 ou en 2022, qui reste une véritable machine de guerre sur scène, John et Sean se partageant les voix comme c’est leur habitude depuis un certains nombre d’années. Un très bon set !

MISERY INDEX
L’annulation des black metalleux 1349 a fait que Misery Index s’est retrouvé sur la Temple juste après Dying Fetus – pratique me direz-vous, pas besoin d’aller bien loin pour se prendre deux déflagrations sonores à la suite.
Et oui, Misery Index pratique un death grind qui reste toutefois un poil moins intense que le groupe d’avant mais cela n’a pas empêché le public présent de se lancer dans des Circle Pits assez violents.
Deux prestations assez similaires et qui avaient l’avantage d’intéresser le même public avec toutefois moins de monde pour Misery Index.

JUDAS PRIEST
One Shot at Glory
Lightning Strike
You’ve Got Another Thing Comin’
Freewheel Burning
Turbo Lover
Hell Patrol
The Sentinel
The Green Manalishi (With the Two Prong Crown)
Diamonds & Rust
Painkiller
Encore:
The Hellion
Electric Eye
Hell Bent for Leather
Breaking the Law
Living After Midnight
Que dire de la prestation de Judas Priest ? c’est un peu dommage que le groupe ne propose pas une date supplémentaire en France mais plutôt en salle – je sais bien que le groupe joue à Vienne en juillet mais bon, un Zenith aurait pu être sympa, surtout pour la tournée du 50ème anniversaire – quand on voit le taux de remplissage du Zenith parisien, on peut se poser des questions concernant le concert de Vienne, surtout au prix des places…
Un show globalement plutôt bon dans son ensemble et qui nous proposera une set list « best off » avec comme seul morceau récent un titre de l’album « Firepower« : « Lightning Strikes ». Le reste, ce n’est que du classique Priestien et, pour le coup, le temps s’était arrêté en 1990 avec l’album « Painkiller« .
Ricky Faulkner s’est quant à lui bien remis de ses problèmes cardiaques et Andy Sneap assume bien son rôle de deuxième guitariste, même si pour moi l’âme de Judas, la paire Downing / Tipton n’est plus là et j’ai plus eu l’impression d’avoir vu un tribute à Judas que le vrai Judas Priest… malgré la présence du metal god !
Un gros show complet avec décors, images sur écran géant, le metallian au-dessus de la scène qui aurait bien mérité 15 minutes de plus… mais bon, on est en festival et 75 minutes c’est déjà pas mal.
Sinon la section rythmique fonctionne toujours aussi bien avec un Ian Hill qui reste fidèle au poste qu’il occupe depuis le début et, enfin, le bucheron Scott Travis toujours aussi bon dans son rôle de cogneur.
Le seul point qui me fait un peu tiquer reste, comme bien souvent, la prestation de Rob qui, malgré toute la passion, qu’il exprime sur scène, a quand même beaucoup de mal par moment avec sa voix– sur « Freewheel Burning » par exemple, son chant fut assez pénible. Peut-être devrait-il voir pour monter moins haut ou alors se faire aider, un peu comme le fait David Coverdale actuellement.
Pour conclure j’ai préféré le show de Paris pour la tournée « Firepower » où Rob avait bien assuré ce jour-là, mais on reste quand même sur une prestation d’ensemble qui fait plaisir.
Désolé pour les sets de Coroner et Running Wild mais comme j’ai pris la décision de partir tôt le lendemain matin afin d’éviter les galères avec « Ouigo », je me suis éclipsé juste avant le set des Suisses. Mais d’après mon ami Dom, le son était moyen et il n’y avait quasi pas d’ambiance.

Concernant le site en lui-même, il mériterait d’être un poil plus grand. Il est parfois compliqué de circuler et d’accéder aux Mainstages, surtout le samedi soir.
La bouffe, que ça soit coté VIP ou autres, tout comme les boissons, restent assez excessives question prix.
J’espère que les 400 personnes qui ont été évacuées à cause de la chaleur se sont bien remises car oui, il a fait super chaud à Clisson le vendredi et le samedi.
Un Hellfest plutôt sympa mais qui fut un peu gâché par toutes les galères que j’ai pu rencontrer au début.
by Metalfreak | Août 26, 2022 | Live Reports
Photos : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak
Reports : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak / Morgan

Dimanche 26 juin :
(Metalfreak)
Pour ce dernier jour, la météo semble vouloir être plus clémente. Les organismes ont morflé ces trois derniers jours, aussi une grasse matinée s’imposait. Cassie est déjà partie assister à Nytt Land, pour ma part, je commencerai en beauté par Demilich, malgré une vraie envie de ne pas louper Carnation.
On a l’âge de ses articulations, après tout… On vieillit, et on a l’art de se trouver des excuses !
Nytt Land
(Cassie Di Carmilla) Dernier jour de festival, c’est avec le cœur lourd de devoir retourner à son quotidien que j’assiste à mon dernier concert. Direction la Russie à bord du Trans-e- (shamanique) sibérien pour rencontrer le duo Nytt Land.
Ces incantations de Neo-Folk nordique s’inspirent de la culture païenne scandinave et invitent l’imagination à voyager dans le temps, bien des civilisations avant la nôtre, grâce aux tenues de scène et au maquillage des membres de ce culte. L’allure de Natalya Pahalenko renvoit d’ailleurs à l’artwork de leur dernier et septième long-format (‘Ritual’, 2021, Napalm Records).
Nytt Land réveille les esprits anciens sur une musique tribale sacrée faisant résonner les échos du passé des percussions aux vibrations organiques du talharpa mais surtout à celles des chants diphoniques aigus et clairs de Natalya Pahalenko ainsi qu’au chant guttural grave de son partenaire Anatoly Pahalenko dans un sorte de grondement vocal permanent qui contribue à la pesanteur atmosphérique. Si leur musique transcende, ce n’est pas par sa technicité, quoique les performances vocales de la chanteuse restent admirables, mais par cette combinaisons d’instruments et de chant de gorge ancestraux hypnotiques.
Le public est envoûté par cette accalmie. Le set se termine. La dernière tempête de fureur peut avoir lieu sur le Festival de l’Enfer.

Demilich
(Metalfreak) Et comme dit plus haut, je commence ma journée par les death metalleux Finlandais à haute teneur technique. Un seul album au compteur, “Nespithe” en 1993 mais qui conserve un sacré statut culte parmi les fans de metal extrême ! Avec des titres qui comportent plus de mots que la moyenne, les gaillards ont tout explosé. Intenses et techniques, on se rend compte en 2022 que ces titres composés il y a presque 30 ans n’ont pas pris une ride ! La définition même d’avant-gardiste… ou d’intemporel !

(Metalfreak) Comme d’habitude, un tour par la Valley en sortant du pit photo pour se prendre quelques minutes de Year Of No Light, les français qui nous envoient un post metal teinté de black, de sludge et de touches psychédéliques.
Très intéressant et je compte bien les revoir, mais l’envie de retourner à l’Altar a été plus forte : Demilich, ça ne passe vraiment pas souvent par chez nous !

Angelus Apatrida
(Metalfreak) S’ils ne deviennent pas un des quatre groupes de thrash metal capables de figurer dans le prochain big four une fois que les anciens auront arrêté, ce sera à ne rien y comprendre.
Déjà, ils ont joué sur la même scène que Metallica le soir même : si ça ce n’est pas un signe.
Quelle bourrasque, quelle intensité, et le tout dans une très bonne humeur.
La marque des grands !

Ill Niño
(Lyslia Huxley) El niño est malade et c’est bien une tempête tropicale qui s’abat sur la MainStage en ce début d’après-midi. Pas encore trop de monde mais les amateurs sont bien présents.
Bien que le line-up ait récemment encore changé, les américains du New Jersey d’origines latinos restent fidèles à leur style, un bon heavy nu metal mélodique, fortement influencé par les rythmes tribaux ou le flamenco.
C’est le batteur Dave Chavarri qui a créé le groupe avec l’envie de se perfectionner dans ce style, suite à sa tournée avec Soulfly au début des années 2000. Ils avaient déjà l’envie mutuelle de redonner de la puissance aux rythmes ancestraux en les reprenant chacun à leur façon. Ils sont depuis restés très liés et ont souvent tourné ensemble. Ill Niño c’est d’ailleurs avant tout une grande famille, l’esprit latino est bien présent, anciens et nouveaux membres, fans et amis se retrouvent régulièrement pour des collaborations. Ils tiennent à garder leur identité, leur liberté créative aussi, souvent auto-produits, leurs paroles abordent les sujets qui les touchent, issus d’expériences personnelles ou des enjeux de la société, pas forcément explicites, ils préfèrent que chacun se les approprie individuellement.
Leur premier Album Revolution Revolución sort dès 2001, le prochain Illmortals avec la nouvelle formation est prévu à l’automne, quelques singles ont été dévoilés et leur prestation sur scène ne fait que confirmer l’engouement de leurs fans pour ce nouveau départ.
On retrouve donc maintenant Marcos Leal au chant, il s’est approprié les titres et a même su donner une autre dimensions aux plus anciens, il sait aussi bien faire passer les émotions avec son timbre clair que transmettre la violence manifeste lorsqu’il s’énerve et assure une prestance naturelle sur scène.
Marc Rizzo est toujours à la guitare, accompagné par Sal Dominguez, bien énergique il ne tient pas en place, il s’amuse avec sa guitare et en fait ce qu’il veut tout ça avec un gros sac sur le dos…! Daniel Couto les accompagne aux percussions et chœurs, et Lazaro Piña à la basse ne change pas, son jeu est toujours aussi percutant et son enthousiasme communicatif.
De mélodies en bon riffs bien lourds, leur set est puissant, performance réussie, hâte d’écouter l’album !

Midnight
(Metalfreak) Des déglingos, ni plus, ni moins !
Midnight nous a collé son black / speed metal aux forts relents Motörheadiens et Venomesques à vitesse grand V.
Avec un guitaristes qui risque fort de faire paniquer tous les contrôles antidoping tellement il a parcouru de kilomètres avec son instrument tout en multipliant les poses !
Ca jouait vite, ça éructait fort… Il n’y avait pas besoin de plus pour passer 40 minutes (s)explosives à souhait !!!
« Fous ta cagoule », comme disait l’autre…

(Lyslia Huxley) Midnight ou le one-man band d’Athenar depuis ses débuts à Cleveland en 2003 c’est du black rock’n’roll speed heavy trash metal bien violent… tout ça à lui tout seul, ça le définit bien !
Leur présence sur scène est spectaculaire, tous encagoulés, heureusement qu’on est le 2ème week-end parce qu’ils auraient eu du mal à tenir sous plus de 40°… ou dommage, on aurait pu les réanimer et on les aurait aperçus !
Athenar a choisi la basse, Commandor Vanik et Secret Steel ses fidèles complices sont respectivement à la guitare et à la batterie sur scène, tous synchros et avec le même état d’esprit.
La setlist est variée, seul un titre du dernier album Let There Be Witchery tout juste sorti sera joué, ils ont aussi tout intérêt à nous faire découvrir leur univers dans sa globalité, très sélectifs pour leurs apparitions, ils gardent un côté confidentiel plus qu’underground.
Beaucoup de monde sous la temple, quelques connaisseurs et des curieux forcément et le set commence direct, ambiance rock’n’roll extrême tendance punk avec « Black Roll’n’Roll », leur ambition est de faire sortir les démons en nous, c’est validé ! « Poison Trash », « Evil Like a Knife », le circle pit prend de l’ampleur et la fosse s’est attribué les chœurs, efficace. « Fucking Speed And Darkness », « Szex Witchery », « Satanic Royalty », tels les plus brutaux des bourreaux leur emprise totale, « Unholy and Rotten » finit maléfiquement bien ce set.
Une belle découverte pour moi et bien que ce soit à l’origine plus un projet solo, leur goût à tous pour la scène est flagrant, ça fait plaisir !
Vltimas
(Metalfreak) Vous reprendrez bien un peu de David Vincent ?
Je voulais m’écouter un moment Vltimas certes mais surtout celui qui nous a, un jour, sorti un “Altars of madness” qui tourne toujours régulièrement sur ma platine.

Le temps de s’écouter trois titres (“Something Wicked Marches In”, “Praevalidus” et “Total Destroy !”) histoire de se reprendre un petit coup de kif comme en 2019 et direction la Valley pour un pur plaisir auditif avec la prestation d’Ufomammut dont le combi doom, sludge et psychédélique fait toujours mouche.
Rythme pachydermique, lourdeur oppressante… que ça fait du bien !

Cult Of Fire
(Lyslia Huxley) Lorsque le rideau s’ouvre, c’est une ambiance toute autre sous cette même temple pour Cult of Fire. Forte odeur d’encens, fumée, chandeliers, décor très kitsch, tentures de Krishna, Vishnu ou inspirées par les anciens textes en sanscrit… Les origines des tchèques de Cult Of Fire se situent plus précisément dans les années 2010 entre Bollywood et la Transylvanie.
La cérémonie commence par un rituel bien préparé, musique religieuse avant une descente en riffs rapides vers les catacombes…le maître Vladimír Pavelka, Infernal Vlad, est au chant, entièrement voilé avec une couronne parée de crânes et portant d’imposantes cornes de buffles, chapelet de crânes à la main. Sa voix est imposante, bien dark.
Ses acolytes Coroner et Devilish, l’entourent. Eux aussi masqués et assis en tailleur, qui resteront ainsi sans bouger, chacun sur leur trône, dominés par d’imposants cobras. La scène est époustouflante. Et nous voilà plongés dans cet univers surréaliste sous les incantations de Vlad.
Leur epic black metal est lourd, ésotérique, la guitare parfois mélodique ressemblerait presque à un sitar avec des parties qui pourraient paraître joyeuses jusqu’à ce que la voix reprenne le dessus.
La mise en scène est par contre aussi recherchée que le jeu de scène inexistant, exceptés les rituels pratiqués par Vlad. Seul le batteur paraît bien vivant. Quelques adeptes sont bien là mais les curieux viennent et repartent ensuite…
Leur originalité visuelle est intéressante, la musique travaillée, un style à découvrir pour ceux qui aiment.

Memoriam
(Metalfreak) Je l’ai assez dit et répété : pour moi, Karl Willets est LA voix du death metal au milieu des John Tardy ou Martin Van Drunnen…
On a longtemps pleuré l’arrêt de Bolt Thrower… Qu’à cela ne tienne, Memoriam perpetue le bon vieux death metal aux ambiances guerrières de son groupe précédent !
Et chaque titre se veut être une arme de destruction massive… et le pire, c’est qu’il vocifère ses lyrics avec un sourire qui ne le quitte pratiquement jamais !

(Lyslia Huxley)
Memoriam s’est formé à Birmingham en 2016 à l’initiative de Karl Willets suite à l’arrêt de sa formation précédente, Bolt Thrower. Il souhaitait rejoué avec Andy Whale qui y avait également joué comme batteur. Les accompagnent dans ce projet Scott Fairfax à la guitare et Frank Healy à la basse.
C’est un combo réussi, leur 4ème album (déjà !) To The End est sorti en 2021, le style détonne peu, c’est du pur death metal, old school comme certains le nomme. Et Karl nous dira que le prochain est déjà prévu et doit sortir au mois de Novembre !
Tels des guerriers des temps modernes, leur hargne est intacte, la bataille continue. C’est leur univers fétiche dans le prolongement de Bolt Thrower ou Benediction et ça leur colle à la peau pour le plus grand plaisir des fans. Le son est pesant, menaçant, s’ensuivent des riffs ravageurs, ils sont là pour dévaster l’Altar !
« Undefeated », « Onwards into Battle », c’est clair. La voix de Karl est prenante. Comme éreinté par des années de guerre, il dirige ses troupes, clame sa colère, accélérant le rythme. « War Rages On », « Résistance », « The War is Won », grand déferlement de riffs plus agressifs et solos puissants… « To The End », « As Bridge Burns » et final incendiaire avec « Flatline », dans la continuité toujours, avec une technicité et un jeu de scène bien en accord.
Thou
(Metalfreak) On ne va pas se mentir, j’y suis allé par pure curiosité, et uniquement parce que je passais devant. Le temps de prendre deux-trois clichés et retourner m’en reprendre plein les oreilles sur Memoriam, fan ultime de Karl Willets oblige. Pas assez longtemps pour me faire une vraie idée mais le peu entendu m’a bien plu.

Archgoat
(Metalfreak) Clairement, il y en a, evil la guerre ! [NdMigou : pour ceux qui n’ont pas fait le Metalfreak en première langue, « evil » est ici synonyme de « ils veulent »….] [NdMetalfreak : Mais nos lecteurs l’auront compris, Mémé, ils l’auront compris]
Ben ils l’ont eue…
Quand les trois Finlandais d’Archgoat ont commencé leur set, ils ont prouvé qu’en matière de putridité et de violence, ils n’avaient de leçon à recevoir de personne !
Les fans de Guns ‘n’ Roses ont fui, les adorateurs d’outrance musicale sont restés ! Tant mieux !
Et en plus ils vont repasser sur Grenoble, le rendez-vous est pris !

Lionheart
(Lyslia Huxley) L’ambiance de la Warzone me manquait déjà, et après Terror c’est reparti à fond avec Lionheart, les chouchous de Ben Barbaud, de retour sur scène au Hellfest et avec le soleil ! C’est bondé.
Les californiens de Oakland sont là pour une prestation musclée, c’est du sérieux, adeptes d’un HxC bien agressif à tendance punk metalcore depuis 2004, ils reviennent encore plus forts après une brève séparation. On retrouve l’entraînant Rob Watson au chant, Walle Etzel et Nik Warner à la guitare, Richard Mathews , The Gorilla, à la basse et le très très speed Jay Scott à la batterie.
Le dernier album Valley of Death est sorti en 2019, un style toujours aussi affirmé, bien violent.
Le set est varié, » come on jump! jump ! » says Rob. Ils sont déchaînés et pour tenir ce rythme effréné, ils l’avouent, faut faire des pauses alors ils sont bavards, les intermèdes seront les bienvenus et en plus ils nous racontent leur vie, on les sent heureux d’être là, ces années de restrictions ont laissé des traces.
« So Welcome To The West Coast ! » avec Cali Stomp, la fosse enchaîne pogo général sur circle pits, « Vultures », « Love Don’t Live Here », si si !, « Burn » pour une des premières fois en live, « Keep Talkin' », « ast Breast » cover de Hatebreed, « Born Feet First » nous incitant à aider nos proches touchés par la dépression et à agir contre le suicide, « Trial By Fire » avec un monumental wall of death, ils nous font revivre les Beastie Boys avec « You Gotta Fight For Your Right » (to Party!), « LHHC » pour un circle pit de toute la fosse et (encore!) un terrible wall of death en final. On y resterait bien sur la West Coast!

Destruction
(Metalfreak) Des patrons, ni plus, ni moins !
Avec un line up qui a complètement changé depuis 2018 avec l’arrivée du batteur Randy Black (Duskmachine, Level 10, ex-Deception, ex-Annihilator, ex-Primal Fear, ex-Rebellion) et des guitaristes Damir Eskić (Gomorra) et Martin Furia (Bark, Furia, Metal Against Coronavirus, ex-Martyr, Marginal, ex-JesusMartyr, ex-Manso Jeremías, ex-The Killing) à la place du complice de toujours Michael “Mike” Sifringer, Destruction a prouvé que, à quatre, ils restaient une des formations maîtresses du thrash metal.
Une boucherie complètement folle qui aura débouché sur un désastre total tant l’intensité et la furie déployées ont été implacables.
Une valeur sûre, comme toujours !

Ignite
(Lyslia Huxley) Vœu exaucé, on reste en Californie, cette fois du côté de Orange County avec Ignite.
Le line-up a quelque peu changé depuis les débuts du groupe en 1993, seul Brett Rasmussen à la basse est toujours là. Il est maintenant accompagné de Craig Anderson à la batterie, Kevin Kilkenny et Nik Hill à la guitare et depuis 2021 de Eli Santana au chant.
On se dit pas facile pour Eli de remplacer l’emblématique Zoli Téglás mais il a visiblement réussi à convaincre les fans dès le 1er single sorti « Anti-Complicity Anthem », l’album Ignite est sorti au printemps. Ignite était déjà son groupe de hardcore préféré et en tant que fan assidu du groupe il s’était lié d’amitié avec Craig, on comprend mieux ses affinités à reprendre la suite.
Ils ont tous apporté leurs diverses influences et il y a un côté metal, plus mélodique et dark qui en ressort tout en gardant les bases du hardcore californien, ils se sont tous investis à fond et cette nouvelle formation a manifestement de l’avenir.
Eli est très expressif, il a bien prévu son ciré mais l’a vite tombé, à sauter partou,t et il s’amuse sur scène. Ils sont tous aussi énergiques et c’est une suite bien équilibré. On retiendra « Bleeding », « Anti-Complicity Anthem », ou « Embrace ». Reste à ce qu’ils trouvent leurs marques, on connaît leurs forts engagements pour de nombreuses causes mais mêler U2 à la guerre en Ukraine n’a pas été du plus convaincant.
Ca reste du joyeux hardcore par contre dans ce contexte le côté un peu trop mélodique aura aussi vite faire retomber l’ambiance.

Napalm Death
(Metalfreak) Sens-tu poindre une certaine tension qui devient de plus en plus palpable… ?
Sens-tu la déflagration arriver ?
Sais-tu que les dommages collatéraux ont été innombrables ?
50 minutes de poutrerie ultime…
Napalm Death a achevé les survivants de Benighted sans la moindre pitié, tel un rouleau compresseur inarrêtable…

Sabaton
(Lyslia Huxley) J’ai eu le plaisir d’assister à la conférence de presse de Sabaton, ça fait partie des obligations familiales 
Ils sont tous présents, Joakim Brodén, chanteur, Pär Sundström, bassiste, Hannes Van Dahl, batteur, Chris Rörland et Tommy Johansson, guitaristes.
Il y a des adeptes, d’autres moins fans, mais on ne peut qu’admirer leur goût commun pour l’histoire militaire et la précision avec laquelle ils la retranscrivent. En témoigne le dernier clip « Christmas Truce » qui a obtenu le prix du meilleur Music Video lors du Heart Of Europe International Film Festival.
Ils ont rigolé quand on leur a demandé s’ils pensaient devenir des habitués du festival à l’image du légendaire Lemmy, voire le remplacer, un petit clin d’œil à leur double participation en 2019 puisqu’ils ont remplacé au dernier moment les fameux Manowar. Ils sont en tout cas ravis de revenir, le Hellfest est un de leur festivals préférés, ils apprécient tout particulièrement l’ambiance, le public très chaleureux, la disponibilité des bénévoles et le fait que ce soit une association qui réinvestit les profits.
Cette précédente prestation les a d’ailleurs marquée, 1ère fois que Joakim a perdu la voix et ils ont quand même réussi à assurer le show, c’est vrai qu’on ressent une réelle complicité entre eux.
Pas d’infos sur un nouvel album, le dernier vient tout juste de sortir et ils préfèrent que ce projet soit plus abouti pour commencer à en parler.
A une question qui les interroge sur les thèmes dont ils traiteront, à savoir s’ils aborderont l’emprise de la pandémie sur le monde et son impact sur la santé mentale, comme parfois comparée à une guerre, ils répondent que leur thème de prédilection restera l’histoire et la guerre, plus particulièrement les 1ères et 2des guerres mondiales. Cela leur paraît compliqué et incertain de parler de thèmes plus personnels, ils trouvent surtout que c’est plus à chacun de garder ses émotions propres.
Concernant leur passion partagée pour cette époque, leur souci du détail est manifeste, parallèlement à l’écriture des textes c’est tout un travail de recherche qui les motive et c’est ce qui leur plaît. Leurs tournées rythment aussi les visites de musées et ils s’attachent à aller toujours plus loin en voulant connaître avec précision ce qui s’y est passé ou s’en est suivi.
Pour finir, beaucoup les ont connu suite à leur collaboration avec WOT mettant en avant la chanson « Primo Victoria » et leur dédicaçant des chars, et ils ont donc beaucoup de jeunes fans. A la question si une nouvelle collaboration et un ou plusieurs chars sont prévus, ils précisent qu’ils ont adoré faire cette collaboration, sont tous accros aux jeux vidéos. Voilà, pas de réponse négative cela restera confidentiel, à suivre…
Ce soir un set entier de Def Leppard au programme, bonus track de Poison, ils sont rigolos, plein d’humour, charmants !

(Morgan) Un concert SPECTACULAIRE ! Les stars suédoises ont assuré le coup comme jamais ! Après leurs deux prestations en 2019 au KnotFest et au Hellfest en substitution de Manowar, le groupe se destine peut-être à être le nouveau Mötherhead du festival ! En tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que leur entrée était spectaculaire, une vraie simulation de champs de batailles sur scène pour la chanson « Ghost Division » qui a marqué le début de ce concert mémorable avec ce tank monté sur scène pour supporter la batterie crachant des feux d’artifices par son canon ! Ils ont enchaîné sur une chanson de leur dernier album The War to End All Wars, « Stormtroopers » puis ils ont continué le concert par leurs chansons mythiques comme « The Red Baron », « Bismarck », « Great War, » « The Attack of The Dead Men », « Night Witches », « Primo Victoria » et pleins d’autres. Le public était dingue ! Mais le moment le plus fou ce fut pendant les chansons « Christmas Truce » où tout le monde chantait en chœur en se tenant ensemble ou en s’enlaçant sur cette belle chanson et « Swedish Pagans », pendant laquelle les OH OOH OH fusaient à toute vitesse sans jamais s’arrêter.
Les membres de Sabaton ont aussi tenu à prendre la parole par rapport à la dernière édition du Hellfest sur le ton de la rigolade.
C’était un des concerts les plus extraordinaires de ce Hellfest 2022 et ce de très loin, tout y était : bonne musique, superbes effets sonores et visuels et une ambiance incroyable !
Mercyful Fate
(Metalfreak)
Depuis qu’ils ont sorti un jour “Melissa” et surtout “Don’t Break the Oath”, je rêvais de les voir. Bien sûr, j’ai déjà assisté à un show de King Diamond, avec des titres de King Diamond, mais l’envie de prendre dans les yeux et les oreilles des “The Oath”, “Come To the Sabbath”, “Satan’s Fall”, “Evil”, “A Dangerous Meeting” ou “Black Funeral” était très forte. Et quand en plus ils jouent un savoureux “A Corpse Without Soul” du premier EP de 1982, ont ne peut qu’être comblé. J’aurais bien signé des deux mains pour des titres supplémentaires comme “Devil Eyes”, “Curse of the Pharaohs”, “Night of the Unborn” ou surtout “Nightmare” mais le show a été purement majestueux du début à la fin !
Satisfait !

Comeback Kid
(Lyslia Huxley) C’est de nouveau bondé à la Warzone pour accueillir Comeback Kid, CBK le groupe de hardcore punk canadien. Ils sont ravis d’être là, le Hellfest est pour eux le meilleur festival et nous on les remercie d’avoir accepté cette invitation de dernière minute !
D’une formation presque confidentielle à leurs débuts en 2002, c’était alors un projet initié parallèlement, on peut dire qu’ils ont bien évolué et leur renommée est maintenant internationale.
Ils viennent fêter la sortie de leur nouvel album Heavy Steps tout juste sorti chez Nuclear Blast.
On retrouve Andrew Neufeld au chant, Stuart Ross et Jeremy Hiebert à la guitare, Matt Keil à la basse et Jesse Labovitz à la batterie.
Pas de réel temps mort, c’est une setlist bien complète, 17 titres en 1 heure. Ils sont énervés, techniquement impressionnants, super son, maîtrise totale du style. Des riffs bien lourds, un rythme hyper rapide, double pédale à la batterie, un son de basse terrible, ils ont tout poussé à l’extrême.
Andrew va vite se retrouver dans la fosse et les circle pits ne se font pas attendre. Son seul regret sera de n’avoir toujours pas vu Metallica en concert mais la Warzone lui va bien et ça se voit.
La suite ce sont des pogos généralisés incessants, entrecoupés de circle pits géants, à vouloir en repousser les limites de la Warzone. La folie CBK est ravageuse, intense, tous aussi surexcités sur scène, leur énergie est communicative.
On retiendra parmi d’autres « Heavy Steps », « Do Yourself A Favor », « Crossed », « G.M. Vincent And I », « Absolute », « Surrender Control », « Somewhere Somehow », « Wasted Arrows », « Face The Fire », pour finir par « Wake The Dead », leur chanson fétiche qui les représente si bien. Aucun doute c’est réussi !

Metallica
(Metalfreak) Pas de droit de prendre de photos ? Mainstage totalement inaccessible depuis 19h ? Pas grave : on fait comme un grosse partie des personnes comme nous, on va se le mater sur écran géant au carré VIP. Avec l’ambiance du public en bruit de fond, c’était comme si on y était…
On est juste allés assister à la fin du show lorsque le rappel a commencé.
Alors Metallica, ça reste des bêtes de scènes, auxquelles on pardonne tout, les approximations, les pains, les erreurs…
Difficile de trouver des défauts malgré tout, tant le plaisir de les voir est grand.
En plus, j’avoue honteusement que ce fut la première fois que je les vois.
Le Hellfest finissait en beauté, avec ensuite un feu d’artifices à rendre beaucoup de monde jaloux !

Triptykon
(Lyslia Huxley) J’ai voulu voir Metallica, impossible de se frayer un passage parmi la foule et j’arrivais même pas à les apercevoir sur les écrans, pour le son pareil c’était moyen alors direction la Temple pour découvrir Triptykon le groupe de metal extrême suisse!
Gros changement d’ambiance, à peine arrivés sur scène, les suisses nous plongent dans leur univers sombre et austère.
Faible lumière bleue et beaucoup de fumée, on les devine.
Le groupe a été crée en 2008 par Thomas Gabriel Fischer (Aka Tom Warrior) suite à la séparation de Celtic Frost dont il était pourtant aussi à l’origine. Il avait envie de repartir sur d’autres projets. Le style est toujours axé thrash gothique plutôt avant-gardiste, il est maintenant accompagné de V. Satura à la guitare, Vanja Slajh à la basse et Norman Lonhard à la batterie.
Avec Thomas Gabriel, Satanic Slaughter et son éternel maquillage noir autour des yeux, on ne peut s’empêcher de se dire que c’est comme une version musicale du monde de Giger qui nous est transmise, captivante et dérangeante à la fois.
Un public très restreint d’initiés se retrouve sous la Temple, on se croirait bien loin du Hellfest, un peu comme dans un concert privé de la scène underground à Zurich.
Le set, tout aussi intimiste, reprend plusieurs morceaux de Celtic Frost comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized », ils ont voulu faire plaisir à leur fans et puis ça leur correspond bien aussi. On en ressort difficilement, émotionnellement parlant, sinon ça va… la sortie n’est pas encore saturée…
Une belle découverte.

by Metalfreak | Août 24, 2022 | Live Reports
Photos : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak
Reports : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak / Morgan

Samedi 25 juin :
(Metalfreak) Les intempéries de la veille auront complètement trempé fringues, chaussures et sacs. Et ce n’est pas l’humidité nocturne qui aura contribué à un semblant de séchage. Après avoir fait la queue pendant un bon moment dans un lavomatic pour enlever la flotte de nos affaires, on retourne sur site. Hélas, des groupes que je m’étais promis de ne pas louper comme Existance, Les Chants de Nihil et surtout Manigance sont passés à la trappe…
On rattrapera ça, promis !
Autarkh
(Metalfreak) Histoire de bien se réveiller, un peu de metal extrême pour débuter cette troisième journée. Avec quelques soupçons d’electro, le combo Batave nous assène sa musique un rien originale et bien fournie de brutalité !
Un rien trop complexe pour moi mais je suis bien rentré dans leur set. A réécouter sur album, histoire de se faire une vraie bonne idée.

Humanity’s Last Breath
(Metalfreak) Bien obligé de l’admettre : malgré une énergie indéniable, je n’ai absolument pas aimé. Le deathcore n’est juste pas ma came. J’y suis allé par curiosité vu que beaucoup de monde ne m’en avait dit que du bien mais je n’ai pas accroché, je suis reparti au bout de deux titres pour la Valley, où jouait My Own Private Alaska, qui s’est avéré être une bonne surprise !

Surprise dans tous les sens du terme. Il ne m’a pas fallu attendre longtemps pour me retrouver captivé par ce groupe qui joue assis (si si !) avec un pianiste, un chanteur et un batteur.
Aussi atypique que passionnant, une belle invitation au voyage.
A suivre !

Ayron Jones
(Metalfreak) La grande surprise de ce deuxième weekend !
Ayron Jones a époustouflé son petit monde de par sa classe et son bonheur non feint d’être simplement là !
A la croisée des Lenny Kravitz et de Jimi Hendrix, ils ont savamment distillé un mélange de grunge, de soul et tout simplement de bon rock !
Ceux-là, il ne fallait pas les manquer, j’aurais vraiment signé pour une heure de plus !

Fejd
(Cassie Di Carmilla) Le voilà le beau, le vrai, le grand, le tant attendu « Pouet metal » !
Fejd (signifiant « querelle » en suédois) est un groupe de Folk Metal originaire de Lilla Edet. Formé en 2001 par les frères Patrik Rimmerfors (chant, Bouzouki) et Niklas Rimmerfors (Moraharpa, chœurs) en parallèle de leur projet Thrash Pathos aux côté de Thomas Antonsson (basse) et Esko Salow (percussions), sur les ruines de groupe de power Nostradameus et de Lennart Specht (claviers). Ils seront rejoints quatre ans plus tard par Per-Owe Solvelius (guitares) pour accentuer l’aspect Metal de leur musique. Ils sortiront ensemble un EP et quatre albums.
Bien loin de se coller au coin du feu à l’orée d’une forêt mystique scandinave, nous retrouvons ces joyeux drilles sous la Temple pour écouter les fables et les légendes suédoises.
Venus des temps médiévaux, leurs instruments folks traditionnels dont un bouzouki et un moraharpa (petit cousin du nykelharpa) accompagnent à merveille les textes en suédois de ces mythes et autres contes de fée. Il manque cependant la présence de la vielle-à-roue (mon instrument de prédilection) et de la cornemuse puisque Patrik Rimmerfors ne peut pas être au Bouzouki, au chant et au moulin (il aura toutefois sorti la guimbarde pour quelques notes d’introduction à s’en casser les dents) ! A cette partie organique s’adjoint le côté électrique classiquement composé du trio guitare / basse / batterie. La guitare énergique sonne plutôt heavy avec quelques crissements d’harmonies mécaniques rappelant parfois les cordes de Tyr. La voix légèrement ébréchée du leader s’entrelace à l’instrumentation enfonçant le clou folk de ce concert. En fin de set, il cède le micro à son frère, jusqu’à lors derrière son micro secondaire, pour une dernière gigue avec ses compères.
Le set mélodique de Fejd est une bouffée d’air frais qui m’enjaille pour affronter cette journée chargée en festivités.

Nightmare
(Metalfreak) Evidemment que je n’allais pas les manquer.
Evidemment que ma fan-attitude allait se faire ressentir, mais en même temps, quand on fait un tel sans faute dans une carrière, on ne peut que s’incliner respectueusement.
Malgré quelques soucis de son au début, une belle gamelle du bassiste, un problème de micro et une Madie visiblement impressionnée devant un tel public sur les trois premiers titres, Nightmare a retourné le public et ce, malgré une pluie torrentielle dans la deuxième moitié du set !
Et vu l’ovation méritée qu’a reçu le groupe en général et Madie en particulier, il aurait pu tomber des météorites que le public ne serait pas parti tant que Nightmare jouait.
Comment ne peut-on pas les respecter après tout ça ?

Gary Clark Jr.
(Lyslia Huxley) C’est sur la Mainstage que se produit le très talentueux Gary Clark Jr.
Originaire de Austin au Texas, il a commencé à jouer de la guitare assez jeune et s’est vite fait remarquer. souvent comparé à Jimi Hendrix, sa dextérité et sa technicité sont juste incroyables.
En témoigne sa superbe performance à tout juste 17 ans à Austin et le maire qui décida que ce jour, le 3 Mai, serait le « Gary Clark Jr. Day »
Il a su revisité le blues à merveille, influencé par le jazz, la country ou même le hip-hop, c’est une prestation assez surprenante au Hellfest mais les amateurs sont là.
On va fait faire un rapide résumé vu que le gars restera plongé dans ses riffs et solos pendant tout le set. Ok il joue bien, même très bien, belle voix claire, vraiment un excellent zikos et il est aussi bien entouré mais c’est un peu comme s’ils étaient en studio et ne s’occupaient que de leur musique, un côté un peu arrogant en ressort dommage.
Impassibles vraiment et ils se sont tous passé le mot, Gary le dit lui-même la musique est sa religion, elle le calme, le fait planer, c’est toute sa vie, effectivement ambiance très tranquille sur scène.
Moi j’espérais voir Slash qui l’accompagne souvent et en plus il jouait avec les Guns ce même jour, un peu déçue forcément surtout que deux guitaristes de ce niveau en duo c’est rare et à lui tout seul il aurait aussi assuré le show.
Là c’est donc un peu comme si on était devant son ranch au fin fond du pays des collines au Texas, à le regarder jouer de loin, lui, seul dans son monde.
Un set décalé dans ce contexte certes, mais musicalement intéressant et plutôt apprécié.

Eluveitie
(Morgan) Chrigel Glanzmann, chanteur et multi-instrumentiste, est à l’origine du groupe en 2002 dans le canton de Zurich, avec l’envie de faire du metal celtique à tendance folk. Plutôt tourné vers le studio au début et l’envie d’y intégrer de multiples instruments, il souhaitait déjà apporter une nouvelle dimension plus acoustique au genre. L’intégration de plusieurs musiciens leur a permis de se produire en live et d’enchaîner les tournées. La formation a connu plusieurs changements depuis, mais a su s’assurer un large succès international, reconnu par plusieurs nominations et récompenses.
Leur démarche est à la fois musicale et culturelle, ils ont choisi des instruments traditionnels : harpe, violon, cornemuse, plusieurs sortes de flûtes, une vielle à roue dans leur langue fétiche qui est le gaulois, ancienne langue celtique. Ils s’inspirent des textes anciens et font revivre parfois cette langue dans leurs paroles. « Eluveitie » traduit leurs origines en gaulois.
C’est un pur plaisir de les voir se produire sur cette belle Mainstage 2 ! Ils sont 9 sur scène et tous les instruments sont sortis. On peut admirer leurs performances, ce sont tous des musiciens confirmés et passionnés qui nous entraînent avec eux..
Une setlist bien équilibrée, un peu de tout, mais surtout, une belle surprise : la chanson « Call of The Mountains » a été jouée, magnifiquement bien, mais surtout en français ! Un sorte d’hommage au festival clissonnais et aux nombreux francophones présents !
Le concert a bien été maîtrisé, un très bon moment pour tous les fans et je pense qu’ils en ont convaincu beaucoup d’autres après cette magnifique prestation. Cet après-midi-là, ils ne se sont pas arrêté à « L’Appel des Montagnes », ils ont aussi joué d’autres gros tubes comme « Inis Mona », « Ambiramus » et « A Rose For Epona ». Pour finir en beauté ce concert, ils ont fait la promotion de leur nouveau single « Aidus », qui est selon moi un de leurs meilleurs morceaux pour finir un show comme celui-là !

(Cassie Di Carmilla) Etant dans ma lancée « Pouet Pouet Metal », je m’aventure pour la première fois dans le pit-photo des Mainstages pour assister au set d’Eluveitie (accessoirement mon groupe folk de prédilection).
Chrigel Glanzmann est le seul membre de la formation originelle fondée en 2002. Ce multi-instrumentaliste-chanteur a su s’entourer au fil des années afin de composer le groupe actuel. « Eluveitie » est un terme gaulois signifiant « helvète » qui renvoie aux origines et à la source principale d’inspiration de cet octette suisse du canton alémanique de Zurich. Certaines de leurs chansons sont d’ailleurs écrites en gaulois, retranscrites à partir d’inscriptions datant d’environ 300 ans avant J.C. Après une première mouture puisant dans le froid du Black Metal (‘Ven’ en 2004), sa musique se réchauffe des instruments acoustiques et médiévaux (flûtes, mandoline, cornemuse, violon, vielle à roue, harpe ou encore bodhran) pour finalement brûler la discographie d’un EP et de huit longs-formats dont ‘Atergnatos’ est le dernier en date (2019, Nuclear Blast).
D’ordinaire, la musique folklorique a ce pouvoir de m’émerveiller et de me transporter dans des live-reports d’égarement lyrique. Cette fois, je ne parviens pas à trouver le chemin qui mène au camp des irréductibles gaulois. Je me contenterai alors, banalement, de décrire les évènements qui se sont produits sur la Mainstage 2.
J’étais présente à la release party d’ ‘Atergnatos’, j’ai donc l’impression d’arriver en terra cognita. Je suis pourtant déconcertée par le son qui, de leur Death Folk usuel devient Metalcore ici, accentuant ainsi l’aspect épique des musiques et des textes. La voix de Chrigel Glanzmann est un peu fatiguée mais elle est compensée par l’énergie du groupe qui occupe la scène, comme à l’accoutumé, dans un balais chorégraphié entre les huit artistes. C’est « l’instant Chrigel » sur « Inis Mona » que le public reprend de concert sur un « Tribu de Dana » tout en tournoyant dans un circle pit enjoué. Nous sommes gratifiés d’un « Appel des Montagnes, Ayo Ayo ! » qui, dans sa version originale n’est déjà pas le meilleur titre de la discographie des helvètes mais, dans sa version française est inqualifiable. On les remercie pour cet hommage mais, celui-ci prend les traits d’un troll.
Malgré ces quelques failles, je ne peux m’empêcher d’entonner avec eux l’intégralité des chansons du set, tous des tubes ! Il faut bien reconnaitre qu’hormis « The Call Of The Moutains » rien n’est à jeter. Le format court et percutant des titres favorise le carton plein.
Je me sens survoltée par la liesse de ce concert, avec l’espoir de ne pas perdre cet entrain en cour de journée.
Sorcerer
(Metalfreak) Quand j’ai vu qu’ils passaient au Hellfest, j’avais promis / juré / craché que je ne manquerai pas une seconde de leur set ! Je suis fan, c’est indéniable ! Et j’en ai longuement parlé dans mes chroniques, que ce soit celle de “The crowning of the fire king” ou de l’EP de reprises “Reverence”. J’aurais aussi utilisé tout un dictionnaire de superlatifs pour “Lamenting of the innocent” que mon M.L.A.M. a absolument voulu chroniquer.
Bref, Sorcerer, je voulais les voir.
Je les ai vus… le temps de “Persecution”, “The hammer of witches” et “Sirens”…
Ensuite, comme les autres jours, il a fallu quitter le pit photo de l’Altar et, chemin devenu traditionnel, passer devant la Valley.
Sauf qu’à la Valley passait un groupe dont je n’avais encore jusque là jamais entendu parler mais dont les sonorités m’ont de suite interpelé. Curiosité oblige, j’ai été écouter… un peu… et suis resté jusqu’à la fin.

Slift
(Metalfreak) Une autre des belles surprise de ce Hellfest : Slift !
Un voyage psychédélique complètement barré avec un dernier quart d’heure absolument époustouflant qui a fait poussé des « ah ben putain ! » à une grande partie d’un public sur le cul à la fin du set des toulousains ! Le dernier titre de plus d’un quart d’heure a été purement apocalyptique.
Encore deux ou trois autres groupes de cet acabit et je plantais ma tente au milieu de la Valley pour ne rien y louper… et surtout ne plus en repartir.
Du coup, je cherche désespérément les albums. Slift, si tu me lis, contacte moi, je te donne mon adresse pour m’envoyer le ou les albums que tu as sortis.

The Rumjacks
(Lyslia Huxley) Beaucoup de monde à la Warzone pour accueillir le groupe australien de punk rock celtique, ce n’est pas leur premier passage au Hellfest. On peut dire que le style compte de nombreux adeptes, ravis qu’il soit bien représenté sur cette édition.
Ils se sont formés à Sydney en 2008, tout à l’opposé des contrées Celtes mais leurs origines irlandaises les ont marqués, surnommés les Pogues australiens, ils ont déjà parcouru le monde et acquis une belle renommée.
La formation initiale est presque au complet avec Gabriel Whitbourne à la guitare, Johnny McKelvey à la basse, Adam Kenny aux banjo, mandoline et bouzouki, ils sont maintenant accompagnés de l’américain de Boston Mike Rivkees au chant et à la flûte irlandaise, également compositeur confirmé, et Pietro Della Sala à la batterie.
Leurs influences sont multiples, Johnny a joué de la contrebasse dans un groupe de rockabilly, Adam et Mike sont plus issus de la scène hardcore et du ska punk, pour arriver à un savoureux mix mêlant distorsion et instruments traditionnels, du folk celtique mélodique bien énergique et enjoué.
Les tournées leur manquaient, ils sont ravis d’être là et aussi de nous faire découvrir sur scène leur dernier album Hestia, telle la déesse du foyer et du feu sacré sorti en 2021, on reconnait là leur goût pour la narration qui identifie leurs textes. Et on peut dire qu’ils sont passés à un autre niveau, il est éminemment travaillé, ils ont pris le temps et en ressort un enthousiasme collectif perceptible, bien représentatif justement de cette nouvelle formation.
Le set reprend des chansons traditionnelles comme des compositions plus personnelles, en commençant par « Kirkintilloch », une belle intro à la flûte tel un conteur et ça leur va bien, une invitation à les accompagner, avec plaisir…
La Warzone se transforme en pub à la Saint Patrick, manquait plus qu’un bon Stout ! C’est bruyant aussi bien dans la fosse que sur scène , joyeux pogos, circle pits incessants, des titres comme « Bloodsoaked in Chorus », « A Fistful O’Roses », « My Time Again », » Sainted Millions », « Saints Preserve Us », « Hestia », une poignante interprétation, et enfin le plus universel et rassembleur « An Irish Pub Song » pour un final qui ne fera pas retomber l’excitation générale avec une chanson traditionnelle revisitée par leurs soins, « I’ll Tell Me Ma »!

Epica
(Morgan) Les néerlandais d’Epica ont pu continuer cette journée consacrée au metal plutôt symphonique, celte et power avec notamment Gloryhammer, Eluveitie et Nightwish !
Mark Jansen à la guitare rythmique est le membre fondateur du groupe (2002), vite rejoint par Coen Janssen toujours au synthétiseur ou au piano puis par Simone Simons, à la voix veloutée, mezzo—soprano. Ils sont maintenant accompagnés de Ariën Van Weesenbeek à la batterie, Isaac Delahaye à la guitare solo et Rob Van Der Loo à la basse.
Leur approche plutôt exclusive mêlant des chorales et orchestres symphoniques à des guitares saturées, pour des arrangements audacieux, leur permet de vite toucher un très large public. Ils enchaînent les tournées en passant même par le FuryFest dès 2005.
Les guitares ont gagné en puissance, le son en agressivité et la voix de Simone est plus mature, leur style s’est affirmé et on sent une réelle complicité entre eux.
Les textes sortent de leur imaginaire, des méandres de la vie ou de contrées enchanteresses avec un côté fantastique marqué, à l’image des deux serpents géants qui crachent du feu de chaque côté de la scène.
Leur set est un best of, des titres comme « Abyss of Time », « Countdown Singularity », « Victims of Contingency », « Unchain Utopia », « Cry Of The Moon », magnifique, « Sancta Terra », « Beyond The Matrix », « Consign For Oblivion ». Et on peut aisément dire que le nom du groupe est bien choisi, au fur et à mesure des chansons, on se voit transporté vers leur univers épique et majestueux.
Ce qui est sûr c’est que le public était conquis par cette alliance entre metal progressif, metal gothique et metal symphonique ! Epica n’avait rien à prouver avec ce Hellfest mais ils ont quand même réussi à montrer de quoi ils étaient capables aux très nombreux Hellbangers présents devant la Mainstage 1.

Fleshgod Apocalypse
(Cassie Di Carmilla) Il y a quinze ans, en Italie, Fleshgod Apocalypse voyait le jour sous l’impulsion de quatre musiciens passionnés. Durant sa carrière, il modifie sa composition en accueillant Tommaso Riccardi (chant et guitare rythmique) remplaçant Francesco Paoli qui reprend alors sa place de batteur. Ce dernier reviendra à la guitare et au chant lead en 2017. A ce jour, le sextet expose un EP et cinq albums dans les galléries musicales de Nuclear Blast.
Nous voilà plongés dans le XIVe siècle (Quattrocento) de la Renaissance italienne. C’est dans ce décor théâtral rococo que nous assistons à un opéra Symphonic/Technical Death Metal.
Avec toute l’élégance de l’aristocratie, les maestros du Metal Orchestral entrent en scène. Ça joue presto ! Le côté technique de ce Death transparait à travers les arpèges qui n’en finissent plus de déferler en accord avec la fureur des percussions. Malgré les partitions baroques, la mélodie est mise en valeur par le piano, sans doute l’un des instruments les plus émouvants et sombres qui puisse exister. Cette exaltation s’enrichit du chant lyrique soprano de Veronica « ValchiRea » Bordacchini contrebalancé par le growl fortissimo arrangé de Francesco Paoli.
Du grand spectacle !

Villagers Of Ioannina City
(Metalfreak) Encore un groupe de stoner psychédélique qui a attiré mon attention ! Là encore, les Grecs (de Ioannona, pour la forme) ont été une vraie belle surprise qui s’est vite avérée addictive. A force de découvrir des groupes de cette qualité, ma banquière me demande des comptes sur le pourquoi d’autant de dépenses au mois de juin ! Merci du cadeau…

Draconian
(Cassie Di Carmilla) Voici poindre le concert que j’attendais ardemment, non pas seulement par ce que Draconian est mon groupe de Doom de prédilection, mais par ce qu’il s’agit d’un set exceptionnel marquant le retour de Lisa Johansson, ancienne chanteuse ayant officié aux côtés du groupe de 2001 à 2011.
Ce quintette suédois, fondé en 1994, propose un Death/Doom aux guitares oppressantes et lourdes, soutenu par le growl d’Anders Jacobsson et agrémenté par des arrangements mélodiques de claviers. La voix aérienne d’Heike Langhans vient apporter de la légèreté sur des textes, tout en poésie, qui desservent une atmosphère romantique et mélancolique témoignant des influences gothiques du groupe. Depuis leur début en 1994 ils ont donné naissance à pas moins de cinq démos avant de se lancer dans 7 longs formats dont le dernier, en 2020, intitulé Under a Godless Veil (paru chez Napalm Records). Abordant généralement les thématiques autour du romantisme gothique, le groupe a trait cette fois au Gnotisme, le culte de la déesse Sophia. C’est elle que l’on voit sur les rolldrops en fond de scène, sous les traits de Natalia Drepina, celle qui a réalisé l’ensemble des clips et visuels de ce dernier opus.
Le set de Draconian reste dans des doctrines doomesque…du riff fougueux, une batterie pesante, un growl caverneux et les voix éthérées d’Heike et de Lisa Johansson qui s’élèvent telle une aura qui irradie le s ténèbres de cette instrumentalisation et de ces textes tourmentés : une solide formule démoniaque pour post-rock mélancolique et paysages sonores symphoniques. L’une vêtue d’une robe blanche et l’autre d’un pantalon en cuir noir, se font personnification, en dualité, de la déesse Sophia – Sophia Achamoth précisément – le Féminin Divin au cœur de la théologie gnostique, basée sur la connaissance intérieure. Au centre de multiple religions, on dissocie deux aspects de ce personnage, deux femmes. Sophia des Cieux, vierge et immaculée et Sophia déchue, prostituée, âme torturée de ce monde, ayant besoin d’élévation spirituelle.
Un concert en ombre et en lumière où je déplore toutefois la prestation scénique d’Anders Jacobsson qui ne me semblait pas être au meilleur de sa forme. Ce set restera pourtant gravé dans ma mémoire comme ZE concert de Draconian, celui que j’attendais depuis si longtemps (une fois n’est pas coutume, résultant du long désert musical dû au virus). « … Soul matter spirit desire, The Achamoth raped on the funeral pyre… » résonnent encore dans ma tête alors que je traverse le festival vers d’autres horizons musicaux.

Myrkur : Folkesange
(Cassie Di Carmilla) Myrkur (signifiant « obscurité » en islandais) est le projet de la multi-instrumentaliste danoise Amalie Bruun débuté à New York en 2014. Elle sortira un EP et trois albums avec ce projet sous une esthétique Folk Black Metal qui lui est propre et se détache des codes du genre. En tous cas, c’est ce dont elle essaye de se persuader, comme si c’était trop badass de faire du Black. C’est plutôt la musique d’une fleur fragile en mal du pays. Supercherie d’une esthétique musicale devenue fourre-tout qui n’est comparable en aucune mesure au Black scandinave qu’on connait outre quelques fulgurances criardes.
Myrkur revient sur la scène de la Temple, six ans après sa dernière venue en terre ligérienne. C’est un voyage au cœur même de la culture scandinave qui s’annonce grâce à des sonorités folks empruntées à des chants traditionnels et des compositions propres à cette autrice-compositrice. Elle ramène une partie végétalisée de ses souvenirs danois avec elle sur scène. Le décor est planté, la Nykur (« Nymphe » en islandais) se trouve au centre. C’est bucolique pour ne pas dire féérique.
La magie opère grâce à la voix éthérée d’Amalie Bruun et de ses douces mélopées pianotées. Certains chants m’évoquent ceux des jeunes bergères rappelant leurs troupeaux lorsqu’elles les guident dans les verts pâturages montagnards. Les instruments ancestraux tels que le nikelharpa font le lien avec le passé. Quelques percussions résonnent au rythme cardiaque d’une douce endormie qui rêve de contes païens. Les chœurs sont les fées fantomatiques de ses songes.
Ce set est une rêverie qui se veut pourtant reconnexion aux racines protectrices des paysages de l’enfance sur les traces de nos ancêtres. Ne jamais oublier de regarder derrière soit avant d’aller de l’avant…

Discharge
(Metalfreak) Le premier des trois groupes que je comptais bien ne pas louper à la Warzone ce jour-là, c’est bien Discharge !
Keupon jusqu’au bout de la crête, violent du début à la fin, ça a gueulé fort pendant une heure sur la scène, avec un Wattie derrière qui n’en a pas loupé une miette !
(Lyslia Huxley) C’est le début d’une fin de journée mémorable à la Warzone avec une programmation 100% punk britannique, les vrais. Ils en profitent pour se retrouver en backstage et profiter du live des uns et des autres, depuis le temps qu’ils traînent ensemble… Et nous on est ravis!
Les débuts de Discharge datent de 1977, célèbre année, et leur son est à l’époque déjà bien percutant, ultra saturé, rapide et agressif avec une touche de heavy metal, un style propre qui fait d’eux les pionniers du crust punk tendance grindcore. C’est une approche brutale et extrémiste du punk, popularisant le D-beat qui les caractérise, le rythme de batterie cher à Motörhead. Leurs paroles sont délibérément anarchistes et nihilistes, la Dame de fer portait bien son nom…Ils sont avec Crass à l’origine du mouvement anarcho-core.
Jeff, J.J. Janiak, au chant et David Caution, Proper, à la batterie ont rejoint depuis les membres fondateurs Terence Roberts, Tezz, maintenant à la guitare, Royston Wainwright, Rainy, à la basse et Anthony Roberts, Bones, à la guitare.
L’esprit du groupe est intact. Jeff est beaucoup plus jeune, il avait nommé son premier groupe Chaotic Discharge, un signe, il a intégré Discharge après quelques temps avec Broken Bones l’autre groupe de Tezz et Bones, une suite logique. Ils sortent ensemble End of Days en 2016 chez Nuclear Blast, dans la continuité, un son toujours aussi puissant. On peut dire que Jeff a su faire perdurer au chant l’acrimonie initiale et le rythme bien maintenu par le reste de la formation.
Ce sont des passionnés qui ont fait de leur culture un vrai mode de vie, en ressort une authenticité qui donne encore plus d’impact à leurs titres.
« The Blood Turns Red », »Fight Back, Hear Nothing », « See Nothing,Say Nothing », « The Nightmare Continues », « A Hell On Earth », « Cires of Help », « Protest and Survive », « New World Order », « Hatebomb », « Realities of War », « Decontrol », « War Is Hell », « The Possibility of Life’s Destruction »….
Et beaucoup d’autres c’est un long set intense et bien varié, des riffs terribles, des solos maîtrisés, hyper rapides forcément, pas de temps morts ni sur scène ni dans la fosse, this is Chaos !

Kadavar
(Metalfreak) Un groupe qui fait partie de mes chouchous : les sonorités seventies qu’ils déploient depuis leurs débuts ont tout pour plaire aux nostalgiques dont je fais partie.
Un batteur très expressif à la moustache généreuse, de quoi rendre jaloux n’importe quel gaulois, et deux autres musiciens qui gesticulaient partout pour une prestation très haut de gamme.
Juste énorme… J’aurais pu rester sur la Warzone entre Discharge et GBH mais ce groupe vaut le déplacement malgré une évidente fatigue.
Et surtout, ça me permettait d’arrêter de me coltiner, même de loin, les Guns ‘n’ Roses…

Guns ‘n’ Roses
(Metalfreak) Il parait qu’on est des rageux si on dit qu’on n’a pas aimé la prestation de Guns ‘n’ Roses…
Bien bien bien, alors si on est des rageux quand on est déçu d’un concert d’un groupe qu’on a idolâtré pendant des années pour obtenir “ça” trente ans plus tard, je veux bien en être un !
Maintenant, faudrait voir à ne pas pousser la fan-attitude trop loin, mais pour ce genre de personnes qui ont cet argument-là, le groupe aurait fait une reprise du “petit bonhomme en mousse” au ukulélé avec une plume dans le cul qu’ils auraient encore trouvé ça génial !
A une époque où on cherche à arrêter le gaspillage, demander un tel cachet pour un tel concert, on ne voit pas ce que ça peut être d’autre.
Décevant de la part d’un groupe qui a tout explosé à une époque…
Moonsorrow
(Cassie Di Carmilla) Oh, du Pagan Black Metal… Finlandais (perdu ! Et oui, si ce n’est pas norvégien, c’est donc son frère finlandais !)
C’est en 1995 avec les cousins Ville Seponpoika Sorvali (chant lead, basse) et Henri Urponpoika Sorva (guitare, claviers, chœurs) que débute l’histoire de Moonsorrow. Trois autres musiciens incorporent les rangs de Moonso’ et donnent alors vie à un EP et sept longs formats.
Moonsorrow fait partie de ces groupes qui n’ont plus à être présentés et qui n’ont plus à faire leurs preuves. J’abrègerai donc le récit de leurs exploits scéniques qui ferait redondance avec les autres articles de Pagan indigestes que je vous ai servis quelques lignes auparavant (et je te félicite d’en être arrivé jusque-là ô toi brave lecteur qu’aucune de mes successions d’adjectifs ne décourage !).
En somme, Moonsorrow vogue avec excellence sur la mouvance du Pagan Black Metal, avec des riffs incisifs et froids, du blast puissant et des échappées folk. Le tout accompagné d’un chant rauque et des chœurs à la sauce viking. La thématique est celle du paganisme et de la spiritualité des légendes finlandaises. C’est beau et épique ! (plus court, je ne peux pas !)
En revanche, je lance un appel à tous programmateurs qui liraient ces lignes en demandant de ne pas faire jouer Moonsorrow moins de deux heures ! En effet, les titres durant bien un quart d’heure sans perdre haleine, il est d’une cruauté bien pire que leurs récits guerriers de les faire se produire moins longtemps.

GBH
(Metalfreak) Enfin vu pour la première fois : groupe qui me fait secouer la nuque dès leurs premiers riffs depuis mes années collèges.
Pas déçu, belle claque prise entre celle de Discharge et de The Exploited.
GBH a enchaîné les titres cultes devant un public en feu vu le nombre de pogos, slams et autre circle pit qui se sont spontanément déclenchés.
(Lyslia Huxley) GBH… mon boy’s band préféré !!! Il fallait bien en avoir un, c’était à la mode.
Toujours dans la lignée « soirée UK82 », on reconnait les habitués dans la fosse.
GBH ou à l’origine Charged GBH, pour Grievous Bodily Harm soit coups et blessures aggravées dans le droit pénal britannique, tel Discharge ou The Exploited, sont des pionniers du mouvement punk hardcore. De Metallica à Rancid en passant par Slayer ils ont eu une forte influence sur les groupes qui les ont suivis.
Ils se sont formés en 1978 à Birmingham et leur style n’a pas changé, du punk hardcore avec un côté street punk, GBH fait du GBH, visuellement et musicalement.
Leur dernier album Momentum est sorti en 2017 sur le label Hellcat, dans la lignée des précédents. Leurs combos sont violents, directs, riffs acérés et le rythme toujours rapide. Leurs textes sont des critiques, ou constatations, de la société en mettant en avant le côté sordide, avec une touche d’humour, cynique… L’aspect contestataire est omniprésent.
Colin Abrahall au chant, Colin Blyth, Jock, à la guitare, Ross Lomas à la basse sont toujours là, Scott Preece à la batterie les a rejoint depuis quelques temps déjà.
« This is the sound of punk rock ! » nous dit Colin c’est clair leur envie de tout exploser est là, le set commence fort avec « Time Bomb », « Sick Boy » et puis parmi les incontournables, « I am The Hunted », « The Prayer of a Realist », « Boston Babies », une cover de Slaughter and the Dogs pour un peu de rock’n’roll, « Bellend Bop », « No Survivors », « Momentum », « Give me fire », « City Baby Killed by Rats », « City Baby’s Revenge », une micro touche de ska avec « Liquid Paradise » pour finir par une belle dédicace à Lemmy avec « Bomber » de Motörhead. Circle pits et gros pogos en continu, pas de répit, ambiance rock’n’roll, c’est agité comme il aurait aimé, aucun doute!

Conjurer
(Metalfreak) Je vais la faire courte, je n’ai pas réussi à rentrer dans leur set. Encore sous le charme de GBH et impatient de voir enfin pour la première fois The Exploited, je n’ai pas adhéré du tout à ce sludge / post metal…
Ca m’a permis de zapper la fin de Guns ‘n’ Roses, et je suis sorti de l’Altar pour m’écouter un peu de Blind Guardian. De loin, parce que de toutes façons, les Mainstages étaient totalement inaccessibles…

Converge : Blood Moon
(Cassie Di Carmilla) Au Roadburn Fest 2016, la formation élargie Converge + Chelsea Wolfe s’est présentée sous le patronyme de Blood Moon (qui a donné lieu à un premier album).
Un set exclusif s’offre à nous, dernier concert de la journée et qui, pour ceux qui ont de la route le lendemain, clôture le Hellfest 2022.
Chelsea Wolfe est une chanteuse-compositrice-interprète américaine avant-gardiste fusionnant les genres avec habilité pour obtenir une esthétique musicale qu’elle qualifie de Drone-Metal-Art-Folk, c’est-à-dire un mélange de Metal, d’Electro’ et de Folk enrobé de Gothic.
Converge, quant à lui, est un groupe bostonien œuvrant initialement dans un registre Punk / Hardcore depuis plus de vingt ans. Avec le sextet Blood Moon, on les retrouve plutôt dans une version Post-Hardcore grâce à la collaboration de Chelsea Wolfe qui a su apprendre à ses compatriotes à prendre le temps, ralentir leur tempo généralement plus cadencé. Ils avancent ensemble dans une atmosphère lourde et fiévreuse marquée par des explosions de rage passionnelle.
Jacob Bannon déclame ses tourments par des cris viscéraux en faisant chavirer son pied de micro sur des riffs planants très prog’ aux arrangements électrisés. Lorsqu’il ne hurle pas, cet écorché vif nous fait vibrer par un chant clair lascif auquel se mêle le gothique du timbre aérien de Chelsea Wolfe.
C’est avec intensité que Blood Moon dévoue sa technicité et le talent de ses artistes au service de l’émotion dans une musique bouleversante qui s’écoute avec l’âme. On ne ressort jamais indemne de ce genre d’expérience…

The Exploited
(Metalfreak) Lui, il pouvait se permettre de gueuler tout fort un « Alors ? C’est qui le patron ? » que toute la Warzone aurait gueulé Wattie à l’unisson !
The Exploited live, ce soir-là, c’était l’assurance de s’en prendre plein les yeux et les oreilles.
Et dans le public, ça a répondu présent : slams, circle pits, pogo et une scène blindée de fans en fin de set !
Oui, Wattie, c’est toi le patron !
(Lyslia Huxley) Les vétérans, éternels punks écossais, sont de retour, une référence pour maintenant des générations.
Actifs depuis 1979, les frères Buchan, Wattie, frontman et fondateur du groupe et Wullie à la batterie qui l’a rapidement rejoint puis rarement quitté, sont accompagnés depuis quelque temps déjà de Robby Davidson, Steedo, à la guitare et Robert Halkett, Irish Rob, à la basse. Ils forment la légende The Exploited et restent les plus représentatifs du mouvement. Du bon punk de base de leurs débuts ils ont évolué vers un rythme plus rapide à tendance hardcore depuis la sortie de Beat The Bastards en 1996, que l’on retrouve en live depuis. Ils sont impressionnants et pour les avoir vus plusieurs fois j’admire leurs performances, ils tiennent un rythme acharné avec une belle prestance sur scène, ils s’éclatent et c’est communicatif.
Pas d’album depuis le dernier Fuck The System sorti en 2003, autant dire que leurs titres sont tous archi connus.
Beaucoup, beaucoup de monde qui les attend à la Warzone dans une ambiance joyeuse et ce qui restera aussi de cette soirée ce sont les intermèdes avec les hits des années 80, A-Ha, Madonna et même Bob Marley, c’est fun, ça nous va bien. La suite sera un gros défoulement de la fosse en intégralité. Pas de grosse surprise Wattie est en forme et comme à leur habitude, ils appellent le public à monter sur scène pour une fin des plus chaotiques, et feront finalement même un titre de plus puisque personne ne voulait en descendre. Ca finira en chanson à boire mais ça c’est une autre histoire.
Le set est bien rodé, explicite.

« Let’s Start A War », « said Wattie that day »… « Fightback don’t give in », « they won’t admit they got it wrong… Dogs Of War, » « what does it mean » and « I don’t give a damn », « The Massacre », « why? UK 82 », « You play the game but it’s real », « don’t let the bastards get to you », « the future is chaos and chaos is you », « Chaos Is My Life », « Dead Cities », « Saturday night you watch TV », « No alternative is what they say », « Alternative », « the choice is mine… A noise annoys 24 hours a fucking day », « Noize Annoys… We’re Troops of Tomorrow », « Vibrators forever, Never Sell Out », and « punks we’re going to stay cause I Believe In Anarchy! », « Tales to unfold », « I don’t want a Holiday In The Sun », « the countdown has started to go », « Rival Leaders », « down to live another day 10-9-8-7-6-4-3-2-1 », « here we go », « Beat The Bastards », « beat them now », « I hate Cop Cars », « they fucking never listen to you any way so Fuck The System », « we can bring it down », « I watch you on my TV screen », « Porno Slut », « Army Life is killing me », « Fuck The USA », « Sex & Violence on stage », Punks not dead !!!