Photos : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak
Reports : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak / Morgan
Vendredi 24 juin :
(Metalfreak) Réveil difficile ce matin-là ! Non plus à cause de la chaleur… Va comprendre ! Je voulais pourtant voir Disconnected que j’ai adoré en album, Dead Heat et surtout Crisix, mais non, pas moyen de se lever. Pas si grave que ça, il y avait quand même de quoi faire dans la journée malgré une météo des plus capricieuses : partie la canicule, place à la fraîcheur, au vent, et surtout à la pluie !
Gaerea
(Cassie Di Carmilla) J’entame la journée par le set des portugais de Gaerea. Issus des rangs de Season Of Mist, le combo déjà produit un EP et deux albums depuis sa création en 2016. C’est la deuxième fois que je vois le groupe sur cette tournée et, comme lors du premier concert, je constate que le chanteur du quintet est absent et que c’est à nouveau le guitariste qui récupère brillamment le rôle de chanteur et, par conséquent, de frontman.
Ces encagoulés proposent une musique à la croisée des chemins entre Post-Black moderne mais aussi Hardcore, Sludge voire même Death Mélo, orchestré de mains de maîtres, permettant ainsi au groupe de réaliser des titres d’une durée plus qu’honorable sans jamais faillir. C’est un set énergique aux riffs mélodiques qui viennent apaiser les trémolos et les blasts incessants durant toute la prestation. Accompagnés de « samples » discrets de chœurs occultes, les bourreaux occupent l’espace physique et sonore avec brio. Le leader étreint le sigil de son pied de micro et s’agenouille sur scène, chantant avec ses tripes toute la souffrance de l’humanité. Ils nous gratifient en avant-première du single ‘Salve’ extrait de leur prochain album Mirage (à paraitre le 23 septembre prochain) dont la violence augure les meilleurs présages pour le groupe.
Sur fond de narcissisme, Gaerea dépeint la noirceur de l’âme humaine, piégée par la chair, dans sa solitude terrestre. Une catharsis musicale exécutée par un groupe récent à la maturité musicale incontestable.
Teethgrinder
(Metalfreak) Pour le deuxième concert de ma journée, ce n’est pas le meilleur souvenir du weekend. Pourtant, j’adore quand ça va vite, j’aime le grindcore, je ne déteste pas quand on y incorpore des éléments d’autres genre extrême (black, death, hardcore et même sludge), mais la formation Batave ne m’a pas plus convaincue que ça alors que c’est une boucherie sur album.
Peut être n’étais je pas encore bien réveillé, va savoir…
Je me suis donc dirigé vers la Valley où passait Stöner, composé entre autres de Nick Oliveri et Brant Bjork et là, de suite la magie opère. Bon, ce n’est surement pas à ces deux maîtres dans leur genre qu’on donnera des leçons de rock hypnotique et de… stoner, surement pas !
Quand on a fait les beaux jours de Queen Of The Stone Age, Kyuss, Fu Manchu, Mondo Generator ou Dwarves, on a un beau background derrière soi. Et la combinaison des deux, c’est juste énorme !
Subjugué, qu’on vous dit !
Dirty Shirt & Transylvanian Folklore Orchestra
(Metalfreak) La seule fois que je les ai vu, c’était sur la petite scène du Brin de Zinc (Chambéry). Déjà là, ils était sept, c’était compliqué de les faire tenir tous.
Là, avec le Transylvanian Folklore Orchestra, il aurait sacrément fallu compacter tout ce petit monde.
Niveau ambiance, de la folie furieuse : Dirty Shirt est passé maître dans la combinaison folklore et metal (voire hardcore) et nous a asséné un show où toutes les démesures ont été permises.
C’est bien simple, ça partait de partout !
Et le public a secoué dans tous les sens et ce, en non stop, allant jusqu’à offrir des slams personnalisés à des choristes.
Un des sets les plus déjantés du weekend !
Skeletal Remains
(Metalfreak) Un petit retour dans les tréfonds du death metal dans sa forme la plus old school avec les Américains de Skeletal Remains.
Un set bien méchant avec son chant caverneux, ses guitares sous accordées, et sa rythmique affolante. Old school, old skull, trois quarts d’heure d’un travail de sape qui a senti bon le sang, le pus et les os broyés.
C’est qu’on sait s’amuser, sous l’Altar !
Human Impact
(Metalfreak) Le désormais traditionnel tour par la Valley histoire d’aller écouter aux portes ce qu’il s’y passe et ce sont les « noiseux » non moins Américains de Human Impact ! C’est crasse, c’est poisseux, totalement torturé mais l’envie de retourner à l’Altar pour se reprendre un bon coup de Skeletal Remains derrière la nuque était plus forte ! Quant à Human Impact, à revoir dans d’autres conditions.
Nitzer Ebb
(Lyslia Huxley) En ce début d’après-midi, une ambiance atypique et dansante, genre after géant tranquille de l’après-midi, devant la mainstage pour les piliers de l’EBM, electro body music, Nitzer EBB. J’apprécie beaucoup la programmation de quelques groupes à tendance indus ce week-end qui rassemble un public un peu différent, des connaisseurs et des curieux, on se croirait presque en pleine période new-wave, c’est plutôt éparse mais ça laisse de la place pour bouger.
Le groupe a été formé au début des années 80 dans l’Essex pendant l’ère post-punk à timide tendance électro, on peut dire qu’ils sont su donner un nouveau élan à cette scène britannique en allant encore plus loin dans le concept avec des sons plus incisifs et des rythmes puissants. Les 3 amis David Gooday aux percussions comme Bon Harris aussi au clavier et Douglas Mc Carthy au clavier et chant se font vite remarquer et signent un premier album chez Mute Records, ce qui les amène à faire la première partie de Depeche Mode qui les sollicite pour la tournée Music For The Masses en 1987 ce qui les propulse sur la scène internationale.
Au fil des années ils continuent leurs diverses collaborations comme avec Die Krupps ou de nouveau avec Alan Wilder, ils sont restés très proche de DM, et leurs projets parallèles toujours tournés électro plus ou moins axés indus suivant leurs feelings. Ils se sont plusieurs fois reformés et ont été rejoints depuis par Simon Granger au clavier, l’esprit du groupe est intact même si le line-up change suivant les concerts, Douglas n’est pas présent ce jour.
Leur dernier album Industrial Complex est sorti en 2010, ils ont gardé le côté vintage des premiers synthés et modules et y intégrant une touche électronique un peu futuriste plus marquée. Ils aiment aussi remixé leurs plus anciens titres, l’idée première restant l’expérimentation musicale, toujours en recherche de nouveaux sons.
Une prestation forcément audacieuse au Hellfest, la setlist est éclectique et comprend beaucoup de classiques revisités, « Control I’m Here », « Hearts and Minds », « Blood Money », « Join The Chant », « Down on Your Knees » pour finir avec « Murderous », et « let your body learn » !
Pas prévus initialement, je les remercie d’avoir accepté l’invitation et de ne nous avoir fait partagé un moment à part.
Une scène dédiée à l’indus serait d’ailleurs fortement appréciée.
Dragonforce
(Morgan)Le groupe anglais d’ Extrême Power Metal tel qu’ils se définissent se retrouve pour un petit set de 40 minutes au Hellfest sur la Mainstage 2 pour la première fois et ce qu’on peut dire c’est que c’était vraiment bien !
Originaires de Londres , ils se sont formés en 1999, ce sont des adeptes de l’univers Fantasy et des jeux vidéos. Grand dragon, fond d’écran, lunettes et guitares fluos, ils nous invitent dans leur univers.
On retrouve sur scène les guitaristes surdoués Herman Li, aussi « streameur » sur « twitch », et Sam Totman présents depuis le début; Marc Hudson au chant, Gee Anzalone à la batterie et Alicia Vigil à la basse qui les rejoint pour les tournées.
Ils sont tous synchros, un set parfait et on peut qu’être admiratif devant une telle technicité et dextérité, trop facile enfin pour eux.
Ils ont fait toutes leurs chansons les plus connues comme « Through The Fire And Flames », aka : l’hymne du power metal, « Fury of The Storm » et « Cry Thunder » !
Moment insolite dans le concert, Herman Li a cassé sa guitare sur une chanson hyper extrême.. non en réalité c’était sur leur cover de « My Heart Will Go On » de Céline Dion où son manche de guitare s’est arraché du corps de sa guitare suite à un coup de genou malheureux, lui même n’en croyait pas ses yeux. Heureusement l’homme aux centaines de guitares et à qu’il ne manque presque que la fameuse guitare Hello Kitty de The Doo avait plusieurs guitares de disponibles !
En bref, tous les ingrédients pour un concert mémorable !
Benighted
(Metalfreak) C’est plus fort qu’eux !
Partout où ils passent, faut qu’il foutent le bordel !!! Benighted a une fois de plus mis l’assistance sens dessus dessous sous des riffs toujours aussi brutaux et un chant que Julien Truchan maîtrise chaque fois mieux que le concert précédent !
Où s’arrêteront ils ?
Quand tout aura été dévasté, what else ?
S’ils s’appellent « Benighted« , c’est surement parce que « Attila » ou « Apocalypse » étaient déjà pris !!!!
A.A. Williams
(Metalfreak) Encore une totale inconnue pour moi, mais la découverte est superbe : entre dark rock et post rock, le groupe nous a proposé une ambiance plus feutrée que ce que la Valley nous offre en général et on se retrouve entre fascination et délectation.
Un set à découvrir tranquillement posé dans un coin, à fermer les yeux pour se l’écouter religieusement !
Divin !
Killing Joke
(Metalfreak) C’était une évidence : après leur passage le 19 à la Valley, j’allais me refaire leur set sur la Mainstage ce 24.
Bon, on ne va pas se mentir, à quelques détails près, le show a été le même : Jaz Coleman a ses mimiques qu’il tient depuis des décennies, il n’allait pas les changer en cinq jours.
Niveau setlist, quasiment un copier coller à laquelle se sont rajoutés les titres “Primitive”, “Change” et “Total invasion” : cette fois-ci, le set commence par l’ultra connu “Love like blood”, effet Mainstage oblige, surement !
Pour le reste, un ordre modifié, et une météo plus pluvieuse que par rapport à la canicule de la semaine précédente.
Malgré tout, Killing Joke tient ses fans en haleine du début à la fin et, rien que pour ça, ça valait le coup de s’en reprendre une deuxième part.
Ihsahn
(Cassie Di Carmilla) Ihsahn, notamment connu comme membre du trio Emperor œuvre solo depuis 2005 avec ce projet parallèle d’Expérimental Prog’ Metal dont il a puisé sept albums et deux EP. Vegard Sverre Tveitan alias Ihsahn nous entraine dans un voyage introspectif dans sa Norvège natale avec des sonorités modernes. Il navigue entre le Pop-Rock et le Black Metal en y incorporant des aspects jazzy avec ingéniosité. Il module sa voix entre le chant clair et quelques élans de violence éraillée. Une complexité musicale au service d’un artiste en toute simplicité sur scène. Sans chichis, il dévoile avec sincérité toute la richesse de son travail comme si, par expérience, il n’avait rien à prouver à personne. Il se joue des codes de tous les genres musicaux pour aboutir à un set entre brutalité oppressante et douce mélancolie.
Celkilt
(Lyslia Huxley) Ils font partie des groupes invités sur le tard suite aux nombreuses annulations, c’est une première pour eux et cette fois la Warzone était même bien trop petite, tellement de monde qu’il est difficile de pourvoir s’approcher de la scène ou même réussir ensuite en sortir.
Le groupe de folk rock celtique s’est formé en 2010 à Roanne pourtant bien loin des terres Celtes, les émissions la France a un incroyable talent ou la Grande Battle et le pouvoir du kilt ( surtout! ), les ont propulsés sur le devant de la scène.
Plutôt ancré dans la culture celtique et des concerts ou festivals plus éclectiques, c’était une première pour eux de jouer devant le public du Hellfest, plus tourné vers le metal, et on peut confirmer que c’est un vrai succès.
Le clan bien identifiable par son tartan authentique, le tartan Celkilt ! est composé de Titou MacFire au chant, guitare et bouzouki, Loïc MacWind à la cornemuse et flûte irlandaise, Solène MacFive au violon et chœurs, Drik MacWater à la basse et accessoirement au banjo et Rems MacGround à la batterie et bodhrán.
Ces hyperactifs gonflés de super pouvoirs, puisque tous en kilt, sont bien là pour retourner la Warzone. Leur musique est festive et plus qu’énergique, ambiance aussi joyeuse et agitée sur scène que dans la fosse, ils sautent, tournent dans tous les sens en entraînant le public, circle pit sur circle pit, double circle pit, wall of death de la mort!
Une superbe découverte en live pour moi et alors Hey, What’s under your kilt ? Allez les voir et vous aurez la réponse
Gama Bomb
(Metalfreak) Difficile de se partager en deux lorsqu’on n’a pas le don d’ubiquité.
Qu’à cela ne tienne, cette plage horaire sera coupée en deux : Gama Bomb et Godflesh en même temps, heureusement que ça se situe à l’Altar pour le premier et à la Valley pour l’autre.
Comment peut-on louper Gama Bomb quand on est un thrasher invétéré mais comment zapper Godflesh quand on est un fan hardcore de Justin Broadrick ?
La réponse juste en haut : on scinde !
Et pourtant, le thrash metal bien old school et surtout de grande qualité des Anglais, en plus bourré d’humour, a fait très fort : « circle pits » et autres « pogos » se sont déclenchés au milieu des « slammers » : autant dire qu’il y avait autant de spectacle sur scène que dans la fosse !
Et le tout avec une intensité incroyable.
Un sacré bordel !
Godflesh
(Metalfreak) Après coup, c’est vraiment sans regrets que j’ai quitté l’Altar et Gama Bomb pour m’offrir une dose de metal industriel que Justin Broadrick, touche-à-tout de génie, et G.C. Green nous assène depuis si longtemps. A eux deux, ils ont retourné la Valley grâce à cette basse imposante et brutale magnifiés par la musique lancinante et d’une lourdeur impressionnante ! Hypnotique, répétitive et addictive, on ne saurait utiliser trop de superlatifs qui ne rendraient suffisamment justice au moment vécu !
Magistral !
Kreator
(Lyslia Huxley) Les très productifs allemands sont très attendus sur la Mainstage pour déverser leur thrash metal puissant.
Ambiance satanique d’outre-tombe sur scène pour un concert qui s’annonce explosif, flammes et confettis à gogo on fera vite abstraction de la fine pluie du jour.
Leur style a par moment un peu changé depuis leur formation en 1982 avec des périodes un peu plus indus ou gothiques pour revenir aux bases du thrash metal ce qui ressort bien sur les derniers albums Hate Über Alles, le 15ème ! tout juste sorti ou Gods Of Violence alliant du pur trash metal bien agressif à des passages heavy old-school plus mélodique, à la fois subtil et énergique. Frédéric Leclercq à la basse et Sami Yli-Sirniö à la guitare accompagne maintenant les membres fondateurs Mille Petrozza au chant, toujours aussi énervé et Ventor Reil à la batterie, techniquement épatant et passé maître dans l’usage de la double pédale. Ce sont de brillants artistes, leur habilité leur permet une totale maîtrise du style et leur donne un statut de leaders incontestés.
La hargne définit bien leur musique anéantissant tout passage qui pourrait se révéler attendrissant excepté l’envie partagée de communier avec leur public qui reprend leurs refrains tels des hymnes… Avec en prime un Joyeux Anniversaire Frédéric entonné allégrement par la foule.
Leur discographie est bien représentée dans ce set, le ton est donnée avec en intro « Violent Revolution » : acclamés par la fosse, ils ne décevront pas avec à suivre « Hate Uber Alles », « Satan Is Real », « Hordes Of Chaos », l’agressivité restera omniprésente, « 666- World Divided », « Enemy Of God », c’est clair, toujours aussi viscéral, « Strongest Of The Strong » pour la première fois en live , « Flag of Hate » pour finir par « Pleasure To Kill », aucune pitié, personne ne sera épargné…
Ministry
(Lyslia Huxley) L’indus est à l’honneur pour ce deuxième week-end et la pluie n’empêchera pas les nombreux amateurs de se retrouver de nouveau devant la Mainstage pour accueillir chaudement les premiers représentants du metal indus américain, Al Jourgensen et son groupe emblématique Ministry .
Des origines plus new wave et électro pop du groupe à leurs débuts en 1981, aux influences punk assumées, Al Jourgensen en a gardé le côté revendicatif et cynique avec l’envie de s’exprimer fermement que ce soit par la musique avec Ministry, des projets parallèles tel LARD avec Jello Biaffra, ou personnellement y compris par l’écriture. Le parrain légendaire de l’indus est aussi captivant que dérangeant, sans compromis.
Le groupe de Chicago s’est rapidement orienté vers un metal indus affirmé en rejoignant le label Wax Trax !, une carrière très productive malgré plusieurs pauses, le dernier album Moral Hygiène sur Nuclear Blast est le 15ème album studio, un bel aboutissement avec plusieurs prestigieuses collaborations, Jello Biaffra, Billy Morrison, David Ellefson.
Ca fait surtout aussi plaisir de le voir en forme, Al est un survivant, déclaré mort 3 fois …. sa vie mouvementée, et ses addictions l’ont fortement touché plus des coups durs qui laissent des traces et même s’il dit s’être assagit, le rythme de vie imposé par les tournées reste source d’excès.
C’est avec l’hymne ukrainien que le concert commence suivi de « Breathe », Al l’éternel rebel s’est toujours fait remarqué par ses engagements très marqués et ses opinions politiques courageuses.
Le chaos indus est donc de retour et la scène prend des airs de fin du monde pour une prestation radicale, les deux derniers albums sont à l’honneur comme des versions revisitées de leurs débuts, « Stigmata », une magnifique cover de « Supernaut » de Black Sabbath, « Burning Inside », « N.W.O. », « Just one fix », « Thieves », « So What », « Alert Level » pour finir par « Good Trouble », the world is a mess… get the party started ! …How concerned are you …. ?!
Earth
(Metalfreak) Je savais avant d’aller les voir que ça n’allait pas me transcender, mais ils ont un tel statut culte que je ne pouvait pas décemment ne pas y aller. Earth nous a écrasé sous ses tempos d’une lourdeur abyssale et ce rythme pachydermique. Entre doom et drone avec un côté psychédélique, Earth aura été le coup de rouleau compresseur dont la Valley, désormais gorgée d’eau, avait besoin !
Marduk
(Metalfreak) Vu le temps des plus… dégueulasses sur Clisson, autant rester à l’abri et voir une énième fois Marduk !
Pour ceux qui les ont déjà vus, ils savent que c’est de l’ultra brutal joué très fort avec une intensité des plus soutenues. Pour les autres, c’est l’occasion de se prendre une claque monstrueuse malgré quelques petits soucis techniques.
Les plus réfractaires, eux, auront préféré braver les intempéries !
Sauvage…
New Model Army
(Metalfreak) Blablabla coché en gras, en gros, en multi couleurs… On l’aura compris, ce groupe légendaire de rock indépendant / post punk était mon évidence de ce vendredi soir.
Pendant que Mme Metalfreak aura bravé les éléments pour ne pas louper Ministry puis Alice Cooper, je me prenais une grande dose de nostalgie de la part d’une formation qui aura bercé une grande partie de mon adolescence !
D’entrée, c’est “I love the World” qui déboule : il n’en fallait pas plus pour que je soit des plus séduits. Et c’est qu’ils ont enchaîné les bons titres avec “The charge”, “”Never arriving”, “Here comes the war” ou “Angry planet”… Autre représentant de la scène post punk Britannique avec Killing Joke présent ce jour, New Model Army a délivré un set parfait chaleureusement accueilli par des fans conquis d’avance.
Je me suis laissé transporter quasiment tout le set jusqu’à ce que ma compagne, frigorifiée, grelottant frénétiquement et claquant des dents me rejoigne : vu les douches glacées qu’elle a pris aux Mainstage pendant les sets de Ministry et Alice Cooper qu’elle ne voulait absolument pas louper Là, il n’y avait pas photo : direction l’hébergement pour la réchauffer et s’assurer qu’elle ne sera pas fiévreuse le lendemain.
C’est qu’il reste encore deux jours !
La fin du concert de New Model Army, ce sera pour une autre fois, il y a d’autres priorités dans un cas pareil !
Enslaved
(Cassie Di Carmilla) Oh, du Black Viking Norvégien, ça faisait longtemps !
J’ai plusieurs esthétiques musicales de prédilection et, j’avoue apprécier tout particulièrement le mélange du Prog’, du Black Metal et du Folk. Enslaved a su entrelacer tout cela dans une étreinte viking depuis le début des années 90. De cette union hétérogène sont nés quatre EP et 15 longs formats.
Sous les décors scandinaves des quatre écrans en fond de scène, les cinq guerriers revenus de leur dernière bataille au Hellfest 2018 reviennent sur la terre conquise de la Temple pour une nouvelle offrande païenne. Sur une musique résolument plus mélodique qu’à leurs débuts, il raconte les histoires de leurs vallées verdoyantes qui ont brulées et vu le sang de leurs ancêtres couler.
C’est donc dans un atmosphère musicale contemplative que le voyage se déroule, Nous avançons dans le set au pas d’une batterie percutante et des guitares froides et sombres, en passant par des ponts très progs. Tandis que dans les cieux s’élèvent les chants du trio vocal dont les voix alternent entre profondeur et légèreté. On retrouve le côté Pagan dans quelques sonorités Folk qui octroie un certaine grandiosité au décor musical. Enslaved tient de la beauté d’une nature qui renait après le chaos d’une bataille entre les dieux nordiques. Depuis leur dernier passage au Hellfest en 2018, c’est avec un plaisir non dissimulé que le public retrouve ces frères d’armes à la complicité expressive.
Néanmoins, ce n’est pas au meilleur de leur forme que je l’ai retrouvé sur cette scène.
Bad Religion
(Lyslia Huxley) Welcome Bad Religion!
42 ans d’existence et 17 albums pour ces membres de la communauté punk rock… à l’encontre d’un No Future ! Bad Religion est le groupe fédérateur du mouvement punk rock aux Etats-Unis.
Les californiens de Los Angeles y ont intégrer les skaters et les surfeurs, assez proches musicalement parlant des Beach Boys mais leurs paroles détonnent, politisées ou abordant plus rudement la société, les émotions. Leurs mélodies sont entraînantes, leurs textes, sibyllins, assez faciles à chanter, c’est leur façon propre de passer leurs messages, d’amener les gens à s’interroger sur le sens des paroles qu’ils fredonnent et des idées qu’elles véhiculent, cherchant avant tout à avoir une influence positive.
Ils ont gardé l’esprit punk provocateur en travaillant beaucoup sur l’esthétisme ce qui donne aussi une musique plus sophistiquée, du bon punk britannique habilement associé à des sonorités surf, fuzz, garage, définissant les racines du punk californien.
L’identité de Bad Religion ce sont Greg Graffin au chant et Bret Gurewitz à la guitare qui forment un duo de compositeurs très complices, accompagnés de Jay Bentley à la basse et depuis quelques années par Brian Beker à la guitare également et Jamie Miller à la batterie. Le tout intelligemment construit avec en parallèle un label, Epitath, dirigé par Greg et très lié à l’histoire du groupe, une belle réussite à la fois commerciale et culturelle, devenue une institution pour la scène rock underground.
La voix éraillée de Greg, à la fois mélodique et percussive, nous plonge dans les origines du punk rock, la setlist est un bon mix bien représentatif de leur discographie. Ils ont toujours la même énergie sur scène et motivation à faire bouger le public pour des joyeux pogos en continu. Des intro irrésistibles, des riffs travaillés, et toujours le même enthousiasme provocateur, les titres sont explicites, » New Dark Ages » comme « Recipe For Hate », « Fuck You », « Do Want You Want », « Man With A Mission, Punk Rock Song », « No Control », « Along The Way » avec un passage de ZZTOP « Gimme all your lovin' » en intro, « We’re Only Gonna Die », « Come And Join Us », « I Want To Conquer The World », le classique « American Jesus », « Fuck Armageddon… This Is Hell …! »
Decapitated
(Lyslia Huxley) Ambiance sombre et enfumée pour cette fin de soirée sous l’Altar mais la puissance de leur set ne calmera décidément pas les slammers.
Le groupe de death metal polonais est là pour nous imprégner de leur brutalité, tout simplement. Leur technicité est remarquable, entre agressivité extrême et mélodie. Vogg Kieltyka , membre fondateur du groupe en 1996, est toujours à la guitare comme également avec Machine Head depuis quelque temps, il est accompagné du très charismatique Rasta Piotrowski au chant, Hubert Wiecek à la basse et James Stewart à la batterie.
Soutenu par Nuclear Blast, Vogg a su faire revivre le groupe, tel un exutoire suite à ce tragique accident en tournée qui a coûté la vie à son frère Vitek initialement à la batterie et gravement atteint Covan Kowanek alors au chant.
Ils sont là pour promouvoir leur dernier album Cancer Culture tout juste sorti, un album explicite qui prend toute sa dimension et ils ont envie de le partager. Les textes ont été écrits par le journaliste et chanteur de Lux Occulta Jarek Szubrycht, pour une vision aiguisée et très juste de notre monde.
On sent la maturité, le travail individuel de chacun et l’esprit du groupe qui revit, c’est du pur death metal, imposant, direct et précis avec des solos prodigieux. Rasta est peu bavard, il s’amuse plus à headbanger avec ses impressionnantes bocks, mais on n’est pas là pour discuter. Ils expédient un set bien maîtrisé et explosif pour le plus grand bonheur de la fosse, l’humanité les remerciera.
Photos : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak
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Jeudi 23 juin :
Phil Campbell & The Bastard Sons
(Metalfreak) On y retourne : à peine remis des trois jours du weekend précédent et resté sur place dans l’intervalle pour visiter un peu le coin, c’est à Phil Campbell & The Bastard Sons que revient l’honneur d’ouvrir cette deuxième partie de ce Hellfest exceptionnel !
Et quoi de mieux, en plus de fêter une nouvelle et magnifique statue de Lemmy, que de proposer une setlist à 100% de reprise de Motörhead ?
C’est là que les “Iron Fist”, “Damage Case”, “Rock Out”, “Born to Raise Hell”, “Ace of Spades”, “Bomber”, “Going to Brazil”, “Killed by Death” et “Overkill” se sont succédés devant un parterre de fans tous acquis à la Campbell’s Family ! Et c’est que ça chantait sévère dans le pit !
Un fuckin’ hommage à un artiste qui reste immortel dans nos cœurs…
Vibrant !
Lili Refrain
(Metalfreak) L’application du Hellfest présentant Lili Refrain comme un son expérimental mêlant habilement dark folk, psychédélisme et ambiant, c’est avec une grande curiosité que je me suis dirigé vers la Temple !
Le premier morceau, je l’ai vu depuis la file d’attente des photographes et, d’entrée, je me suis retrouvé séduit par l’inventivité, l’atmosphère et le talent de cette artiste Italienne qui fait tout toute seule.
On pense parfois à Dead Can Dance, et surtout on se laisse fasciner par cette ambiance planante et ensorcelante.
Juste magnifique !
Crown
(Lyslia Huxley) Sous l’Altar, place à une formation qui a su se réinventer en perfectionnant et personnalisant leur style indus aux origines post-metal et doom.
Leur dernier album “The End Of All Things” sur Pelagic Records est sorti en 2021, c’est une belle surprise. Certains diront qu’ils se sont calmés mais c’est pour eux surtout une approche et une esthétique sonore qui leur correspond mieux. Ils ont fait ressortir le côté électronique, sombre et aérien bien en accord avec une voix plus mélodique. Ils aiment travailler leur son, l’expérimenter pour arriver à créer leur propre ambiance, noire, froide, un spleen post-apocalyptique qui nous aspire et d’où on ne revient pas. Stéphane Azam, le crooner de l’enfer, est le fondateur du groupe, ingénieur du son renommé, sa voix nous plonge au plus profond des abysses. Le duo à l’origine du groupe en 2011 est ensuite devenu plutôt un collectif avec des musiciens invités au fil des concerts et albums. David Husser a rejoint Stéphane en 2015 comme guitariste suite à sa participation comme producteur et mixeur de leur deuxième album « Natron« . Il a produit comme joué et tourné déjà dans Y-Front avec les plus grands et leur exigences à tous les deux s’accordent parfaitement pour un nouveau duo bien complice, tel les maîtres de l’expérimentation sonore. L’idée est de nous émouvoir, nous surprendre c’est réussi!
Un excellent set, mix de leurs différents albums. Leur prestation sur scène est prenante, ils nous entraînent tous avec eux pour un moment hors du temps. A suivre …!!!
Los Disidentes Del Sucio Motel
(Metalfreak) Les Los Disidentes Del Sucio Motel nous ont foutu un feu de Dieu pendant tout leur set.
Je voulais shooter les trois groupes qui passaient dans le même créneau (Thunder et Crown).
Mais non, je t’en foutrais : les LDDSM ont été bons, très bons… trop bons ! Tellement bons que je suis resté du premier au dernier titre (merde, « Kraken », mon favori, à la fin), zappant les deux autres groupes.
La prochaine fois, je vais les voir en dernier !!!
Non mais !!!
The Ruins Of Beverast
(Metalfreak) Passer de Lili Refrain à The Ruins Of Beverast en moins d’une heure, c’est aimer les mélanges de genres pour le moins singuliers. Heureusement, Les Disidentes étaient passés par là pour faire comme un palier de décompression.
Quel contraste entre l’ambiant et le black metal bien agressif des Allemands. Ils ont beau ralentir les tempos pour nous coller quelques passages plus doom, ça reste extrême. Et surtout extrêmement bon !
U.F.O.
(Metalfreak) Encore un groupe qui était coché en très gros sur ma liste d’envies !
Un set que j’ai hélas écourté parce que je voulais me prendre une dose de Tribulation, autre groupe coché très grassement, mais qui m’a quand même permis de me régaler le temps des “Mother Mary”, “Only You Can Rock Me”, “Love to Love”, “Too Hot to Handle” et l’impeccable “Rock Bottom” qui fait partie des hymnes de mon adolescence. J’ai du zapper “Lights Out” et l’incontournable “Doctor Doctor” et ait regretté que “When it’s time to rock” ne figurait pas sur la setlist.
Quoiqu’il en est, Phil Mogg, à 74 ans, donne encore des leçons de rock à n’importe quel musicien, le groupe a quant à lui livré un set des plus carrés et professionnels !
Quant à Vinnie Moore, égal à lui-même, a été juste époustouflant !
Et tout ça, ça n’a surpris personne.
Tribulation
(Metalfreak) J’en ai voulu à la programmation un court instant d’avoir mis Tribulation et UFO sur le même créneau horaire ! J’ai quand même pu apprécier les trois derniers titres (enfin, deux et un chouïa de l’antépénultième) qu’étaient “Funeral Pyre”, “Strange Gateways Beckon” et “Lacrimosa”.
Difficile de d’avoir un avis global de la prestation en si peu de temps mais vu les réactions du public, ça devait être mortel ! Pourquoi UFO en même temps ? Hein dis, pourquoi ?
Zeal & Ardor
(Cassie Di Carmilla) Lors d’un pari lancé sur 4CHAN, de combiner deux genres musicaux aux antipodes et du génie du multi-instrumentaliste suisse Manuel Gagneux né le projet Zeal & Ardor. Des tisons ardents du Negro-spiritual et de la fureur du Black Metal de cette musique avant-gardiste s’imposent trois albums dont le dernier, éponyme, est paru cette année.
Nous voici plongé dans les champs de coton de Virginie ou de Louisiane au XVIIème siècle. Si ce set se déroule à la Temple ce jour, c’est pour assister au rite animiste de ce vaudou musical à la croisée des chemins entre le monde des vivants et celui des morts. Manuel Gagneux se fait tantôt Papa Legba lumineux au chant clair Soul / Gospel émouvant tantôt Kafou lunaire à la voix rageusement écorchée. C’est un chant de révolte qui gronde au Hellfest !
C’est donc complètement habitée que la formation avance sur le rythme des chaînes et des percussions attisée par la colère des riffs tranchants du Black Metal, dans un décor instrumental progressif aux montées agressives et aux passages ambiants oppressifs. Les arrangements électroniques nous ramènent alors à notre modernité. Zeal & Ardor fait résonner sa rage de vivre jusqu’à la fin du concert.
Slope
(Lyslia Huxley) Les Allemands de Duisbourg sont à la Warzone, pour bien démarrer ce deuxième week-end et nous présenter en live leur premier album « Street Heat » sorti en 2021 sous le label BDHW Records après 2 EP prometteurs.
« Slope », soit une pente en anglais, ça monte ou ça descend… et ça définit bien leur musique, qui va vite, qui ralentit et ainsi de suite, et toujours en mouvement comme eux!
Avec leur hardcore punk fusion aux riffs funky, groovy ou même hip-hop et un côté grunge, Slope est l’un des coups de cœur de Ben Barbaud cette année. Ils sont super en forme et aussi impressionnés que enchantés par cette invitation à venir se produire au Hellfest.
Ils se sont formés en 2014 et forcément avec ces dernières années un peu particulières, ils apprécient encore plus de pouvoir enfin reprendre les tournées avec l’envie de grandir et se faire connaître.
Le groupe se caractérise par son aspect démocratique. Ils sont 5, aux nombreuses et différentes influences et arriver à un commun accord est pour eux indispensable, c’est aussi comme ça qu’ils arrivent à un son détonnant et à tous dégager une telle énergie. Fabio et Simon au chant sont des amis d’enfance, leur flow est rapide aux accents hip-hop, on pourrait les croire californiens ou plus à l’est en héritiers des Beasties Boys! Chin est à la guitare, wah-wah de mise, Flow est à la basse avec un bon son qui fait bien ressortir le côté funky, Paddy, très technique, à la batterie donne le rythme. Ils sont tous bien synchros et pas un moment de répit, les titres se suivent devant la fosse qui saute dans tous les sens. Avec “Goodbye Mr Dandy”, “Truth Machine”, “Purple Me”, “Trainsurfing, Movin’Losing”, “I’m Fine”, “High Level 9/5” pour finir par “Suffer The Ice”, un bel extrait de leur discographie pour nous faire découvrir l’étendue de leur discographie. Ambiance joyeuse et entraînante qui reflète leur enthousiasme que l’on retrouve aussi dans leurs paroles.
Communication réussie et des projets, forcément, ils en ont, alors on les reverra, c’est sûr !
Whitesnake
(Lyslia Huxley) David Coverdele, le britannique vétéran du hard rock à la voix blues et rocailleuse est le membre fondateur du groupe en 1977, ex Deep Purple entre autres, il a pendant quelque temps aussi partagé ses sets en duo avec Jimmy Page avant de reformer au début des années 2000 Whitesnake qui n’a depuis cessé de tourner.
Le 13ème album du groupe « Flesh & Blood » est sorti en 2019, sans compter les 4 qu’il a fait en solo, la musique et la scène font partie de sa vie, c’est ce qu’il aime avant tout et ça se voit. Rarement vu quelqu’un si attentionné et accessible avec une telle envie de faire plaisir à son public, la scène avancée demandée par Scorpions lui allait à merveille, il y a passé la plupart du temps.
La formation actuelle est internationale et comprend des américains,Tommy Aldridge qui le suit à la batterie depuis quelque temps déjà, Reb Beach et Joel Hoekstra à la guitare, Dino Jelusic, talentueux chanteur, musicien et compositeur croate, aux keytar et chœurs ou plutôt en support au chant, on appréciera. Mention spéciale pour la superbe et toute aussi brillante irlandaise Tanya O’Callaghan à la basse. Comme le précisera David, Tanya, sa perle comme il dit, est la première femme à faire partie de Whitesnake.
On peut remarquer son attachement à mettre en avant le groupe et chacun personnellement, il a tenu à tous les faire venir avec lui sur la scène avancée pour saluer le public, ils sont complices et ça se ressent bien.
C’est une prestation de qualité, des riffs mémorables, d’excellents solos de basse, guitare ou batterie que Tommy finira à mains nues, des titres emblématiques pour un set assurément validé.
Une intro cover des Who avec “My Generation”, intemporelle, des classiques “Love Ain’t No Stranger”, “Fool for your loving”, “Is This Love”, “Give Me All Your Love”, “Here I Go Again” et en final “Still Of The Night” avec Steve Vai qui les rejoint pour le dernier solo, resté en backstage après sa prestation juste avant, un moment riche en émotions puisqu’il avait aussi fait partie de Whitesnake. Whitesnake, ce sont avant tout de belles ballades et on retiendra love, much love !
Helloween
(Morgan) Le bon vieux groupe de Power Metal allemand et sa citrouille ont encore frappé après leur dernière fois au Hellfest en 2013 !
L’album « Helloween« , sorti en 2021 chez Nuclear Blast suite à la reformation du groupe a pu rassurer les fans quant à la qualité du son qui aurait pu se détériorer avec toutes ces années passées. Les allemands ont bien vieilli depuis la création du groupe, anciennement nommé Iron Fist en 1982 puis renommé Helloween en 1984 mais les jeux de guitares, de batteries et de basses ainsi que les voix restent encore totalement maîtrisés!
Anciens et nouveaux membres s’étaient retrouvés en 2016 pour une mémorable tournée de réunion de deux ans, Pumpkins United. Visiblement conquis par cette nouvelle formule ils sont depuis restés à 7 pour un nouveau départ. On retrouve bien aussi ce soir leur goût pour la mise en scène et ils ont envie de s’amuser avant tout, batterie placée sur une énorme citrouille, des animations sur l’écran géant pour se croire en pleine fête d’Halloween et ils jouent ensemble les uns avec les autres et rigolent.
On retrouve sur la mainstage qu’ils parcourent tous allègrement dans tous les sens les 2 chanteurs Michael Kiske et Andi Deris, trois guitaristes Michael Weikath, Kai Hansen, Sascha Gerstner, un bassiste Markus Grosskopf et un batteur Daniel Löble, lui sur la citrouille, tous très complices.
« Keeper Of The Seven Keys: Part 1 & 2 » restent les albums phares et du groupe et de la setlist avec « Eagle Fly Free », « Dr Stein », « Save Us », « A Tale Wasn’t Right », magnifique ballade pour une belle transition avec « Best Time » tout nouveau en live et pour finir ce concert en beauté, la formation allemande s’attaque encore aux classiques : « Future World », « How Many Tears » et évidemment pour finir en rappel « I Want Out » avec un lâcher de ballons géants sur une foule en délire!
En tout cas l’objectif a été atteint : les fans ont été conquis par ce set bien organisé, commençant par du speed metal et se dirigeant vers du metal plus mélodique, c’est tout Helloween. En bref, un super concert !
Hangman’s Chair
(Metalfreak) Encore une fois, c’est plus par curiosité que par intérêt que j’ai été voir ce groupe Parisien : j’avoue honteusement que je les connaissais surtout grâce aux chroniques de mes amis Arno et Quantum, et par les vidéos que j’ai pu partager via nos articles hebdomadaires regroupant vingt liens Youtube (les fameuses “vidéos du lundi” qui rencontrent de plus en plus de succès, pour notre plus grand plaisir).
Et là, je me suis retrouvé à écouter une musique totalement désespérée, très sombre (autant que les lumières le laissaient transparaître) et diablement addictive.
Après avoir pris quelques clichés (enfin, tenté de prendre quelques clichés, les lights ne permettant pas de faire trop de folies), je me suis collé assis dans un coin pour m’imprégner de cette atmosphère qui ne permettait aucune once d’optimisme !
La musique d’Hangman’s Chair est ainsi : on se pose, on ferme les yeux, on se tait… et on écoute !
Magique…
Septicflesh
(Lyslia Huxley) Vus un court moment en 2018, ils m’avaient marquée alors je reviens sous l’Altar les voir ce soir. Septicflesh, initialement Septic Flesh est un groupe de death metal symphonique grec originaire d’Athènes.
Ils n’ont cessé d’évoluer ou de prendre de nouvelles directions depuis la création du groupe en 1990, c’est ce qui leur plaît et l’une des raisons pour lesquelles on les retrouve avec un nouvel album « Modern Primitive » tout juste sorti cette année qui représente bien la dualité et les contrastes qui font leur identité. Très imprégnés par leur identité culturelle, leurs textes parlent surtout d’histoire, décrivant l’humanité avec une lucidité aiguisée, on y retrouve le cercle création, destruction, paradis, enfer.
Leur univers est sombre, très sombre, peuplé de créatures mythologiques comme revisitées par Giger, ils voient le groupe comme un grand atelier artistique où se mêlent leurs visions créatrices musicales ou visuelles.
Ce sont des travailleurs acharnés qui tout en gardant leurs racines bien brutales s’épanouissent dans la diversité en intégrant dans leur musique des orchestres symphoniques, des instruments traditionnels ou des chorales d’enfants et d’adultes. Ils ont su définir un style bien reconnaissable avec des mélodies et des riffs caractéristiques.
Leur volonté de continuer à jouer et à créer tel qu’ils l’entendent est intact, peut être à l’échelle des aléas rencontrés aussi bien sur toutes ces années que pour ce dernier album justement. Ils sont vraiment heureux d’être à Clisson ce soir et reconnaissants envers le public français qui les a soutenu depuis leurs tous débuts.
On retrouve sous le chapiteau Sotiris Vayenas, qui a choisi de se consacrer uniquement au chant en concert réservant sa guitare aux studios, les frères Antoniou, Spiros dit Seth à la basse et Christos, Chris, à la guitare avec Kerim dit Krimh Lechner à la batterie.
Très faibles lumières pour une ambiance bien dark, toute enfumée et la réflexion que l’on s’est faite c’est qu’il fait moins chaud que lors du 1er week end alors pas de ventilos, ça aidait bien pour les photos on y voyait plus clair! On fera avec…
Le set est un bon mix de leurs différents albums en commençant par « Hierophant », tel un cérémonial initiatique, « Pyramid God », « Portrait of a Headless Man », pour nous nous attirer insidieusement vers les plus bas-fonds de ce monde sordide, « The Vampire From Nazareth », « A Desert Throne », « Martyr », « Communion », « Anubis », bienvenue aux portes de l’enfer…et tout l’Altar s’y précipite avec Dark Art, une monumentale et finale interprétation.
La domination grecque est confirmée, le monde leur appartient… de nombreux projets à suivre … !
Solstafir
(Cassie Di Carmilla) Fondé en 1995, le quatuor islandais ayant arpentés les horizons autrefois accidentés du Black Metal emprunte depuis quelques temps les chemins plains du Post Metal au fils de leurs sept albums d’ excursions musicales. Solstafir se présente donc sur scène comme un volcan islandais tranquille qui, autrefois menaçant, ne fait plus que surgir des napes atmosphériques de fumées soufrées. Et de noirceur, il n’y a que celle des cendres déposées par quelques éruptions passagères de violence. La voix fragile mais rocailleuse d’Aðalbjörn Tryggvason vient s’échouer telle l’écume au grès des vagues de riffs.
Frisson venues des neiges éternelles Solstafir nous propose donc un voyage émotionnel sur les sentiers de la dépression sans doute causée par l’isolement insulaire. La chaleur est retombée sur le Hellfest mais un frisson venu des neiges éternelles s’insuffle en moi le temps du set.
Scorpions
(Metalfreak) Pas de clichés pour cause de restrictions, mais je me suis contenté d’écouter un peu, de loin. Klaus Meine n’a certes plus la voix de ses meilleures années mais continue de chanter comme un Dieu ! J’ai pu entendre quelques bribes de “Bad boys running wild” ou “Tease me, please me” au fur et à mesure de mes aller-retours au point-presse et en attendant la mise en place de Heilung sous la Temple.
J’ai eu le bonheur de ne pas percevoir un “Still loving you” trop entendu au point que l’overdose est largement franchie.
J’ai loupé l’hommage à Lemmy, et j’avoue que les ressentis de sa disparition son encore suffisamment vifs en ce qui me concerne que… Bref, on se comprend !
Toujours est-il que, vu que les Scorpions continuent de tourner, j’espère bien les voir lors d’un show complet, dans une bonne vieille salle.
Intemporel !
Quant à Heilung, mes deux consœurs et amies que sont Cassie Di Carmillaet Lyslia Huxleyen parlent suffisamment bien qu’il m’est difficile de rajouter quelque chose sans faire de redite.
Heilung
(Cassie Di Carmilla) Heilung (signifiant « guérison » en allemand) est un trio de membres provenant du Danemark, de Norvège et d’Allemagne. Ce concept expérimental unique célèbre le Pagan Neo-Folk depuis 2015. Ils décrivent leur musique comme une « histoire amplifiée venant du début du Moyen Âge du Nord de l’Europe ».
Cérémonieusement, Christopher Juul, Kai Uwe Faust et Maria Franz débutent le rituel sur scène. Nous voici immédiatement projeté dans la nuit des temps, au cœur d’une forêt pour assister à un rituel shamanique guerrier alternant ainsi les chants guerriers et les passages plus calmes où la voix lumineuse de Maria Franz apporte un rayonnement mystique à ce décorum. Kai Uwe Faust et les chants masculins, au bord du chant diphonique, se font plus viscéraux et inquiétants. Ils chantent en proto-norse (ou proto-germanique) la langue parlée par les peuples germaniques du nord de l’Europe entre l’an 0 et 500. On se laisse facilement porter par les scandements de la tribu mais, c’est surtout sur les percussions que repose le rituel. Primitivement, ils frappent sur tout ce qu’ils trouvent dans la nature (peaux, bois, cornes, ossements). Même les lances et les boucliers des vikings sonnent en rythme.
Tous les sens sont ébranlés pour transcender la réalité grâce aux costumes évoquant Cernunnos, les nappes de fumées couvrant la scène d’un brouillard mystique et les odeurs d’encens et de sauge qui persistent.
Le voyage spirituel s’achève à la fin d’un set d’agitation guerrière.
Pour ceux qui ont déjà vu ‘Lifa’, leur captation live sortie en 2017, la décoction HEILUNG est inchangée.
(Lyslia Huxley) Beaucoup de monde sous la Temple pour accueillir les Vikings nordiques de Heilung dans une ambiance brumeuse qui nous transportent au milieu des fjords.
Le goupe de Folk Metal a acquis une forte notoriété et cela assez rapidement, les membres permanents au chant et percussions que sont Kai Uwe Faust, Christopher Juul et Maria Franz ont crée le groupe en 2014. Assez précurseurs par le côté particulièrement bien travaillé de leurs mises en scènes et un son clair originel, leurs performances détonnent et ils se font vite remarquer, accompagnés de divers musiciens et chanteurs/chanteuses suivant les occasions, leur univers leur est propre et est devenu facilement reconnaissable.
Inspirés par les textes anciens et l’histoire, ils tiennent à respecter les moindres détails et concernant les éléments et accessoires, instruments, costumes ou décorations, ils sont tout aussi rigoureux, avec un long travail de recherche. Pêle-mêle, tambours en peau, os, cornes de cerfs, hochet en corne, hochet d’argile, ravanhatta à plumes, cloche rituelle, boucliers, lances …
Ils ont gardé leur intention première qui était d’expérimenter avec l’idée d’un projet multiculturel et de faire vivre une expérience unique à leur public. Ils cherchent à devenir une source d’inspiration tout en souhaitant que chacun garde son individualité, nous amener à un état de réflexion avancé via la relaxation afin de libérer nos âmes, se rapportant à la signification même de « Heilung » qui veut dire guérison en allemand. Leurs valeurs sont avant tout ancestrales, de conscience et de partage.
C’est le même état d’esprit qui les anime, très humbles, ils refusent de se prendre au sérieux et tiennent aussi à garder le côté fun du processus de création.
Ils présentent une cérémonie envoûtante, en symbiose avec la terre et les éléments naturels, leurs représentations sont à chaque fois uniques, dépendant surtout de l’endroit où ils se produisent.
Leur musique est dédiée aux gens, avec un côté romantique ou nostalgique selon l’interprétation de chacun qui marque beaucoup leur public.
La magie opère vite avec Opening Ceremony et la voix douce et mystique de Maria, In Maidjan introduit dans un rythme assez calme la voix plus forte de Faust , Alfadhirhaiti prolonge cet état de transe lentement amené, le rythme augmente ensuite avec Hakkerskaldyr, les guerriers se manifestent, Traust pour le retour à une harmonie générale et Hamrer Hippyer qui rassemble toute la Temple, qui foule le sol tel les premiers vikings.
Un nouvel album « Drif » est annoncé sur Season Of Mist mais pas de morceau en exclusivité ce soir, par contre il sortira dès le 19 Août et un single Anoana est déjà à l’écoute.
Belle fin de demi-journée, on reprend doucement…
Jerry Cantrell
(Metalfreak) Une pluie de météorites aurait pu s’abattre sur la Valley que j’aurais quand même assisté au set de Jerry Cantrell tellement j’adore ce chanteur depuis les années Alice In Chains !
Un set parfait, composé de titres d’Alice In Chains (“No excuses”, “Man in the box”, “It ain’t like that”, “Got me wrong”, “Would ?” et surtout les intemporels “Them bones”, “Down in the hole” et “Rooster”) et de la carrière solo du bonhomme.
Au total, on a eu droit à seize titres qui ont été autant de moments purement magiques.
75 trop courtes minutes : j’aurais signé des deux mains pour que le concert se poursuive jusqu’au lever du jour…
(Lyslia Huxley) Je voudrais préciser qu’il y a beaucoup de restrictions pour tous les grands groupes et encore plus en ce 2ème week-end, c’est un peu dommage surtout que lorsqu’ils étaient moins connus ça leur plaisait que l’on parle d’eux, enfin… faut se dire que ça nous permet d’en découvrir d’autres qui ne mériteraient que de gagner en notoriété…
Photos : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak
Reports : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak / Morgan
(Metalfreak) Comme pressenti, la nuit a été plus fraîche que la précédente, se coucher un poil plus tôt a été bénéfique. C’est avec une patate à l’image du fest – d’Enfer – que le marathon reprend !
Dimanche 19 :
(Metalfreak)
Une bonne nuit de sommeil, donc, n’a pas été de trop. Il fait plus frais ce matin, malgré une évidente difficulté à se lever. Pas de conclusion hâtive : non, je tourne au « sans-alcool » donc le problème de lever ne vient pas d’une migraine due à une absorption trop sévère de substances éthyliques.
Les organismes ont été sévèrement éprouvés ce début de weekend. Malgré tout, c’est pour les « presque » premiers groupes que je me retrouve sur le site.
Deliverance
(Metalfreak) Et c’est avec un mélange de post black metal et de sludge que je débute mon Marathon dominical : si le dimanche est le jour du Saigneur, c’est bien avec les tortionnaires Parisiens que commence cette folle journée, à l’image du groupe présent sur la Temple.
Encore une bonne pioche des Acteurs De L’Ombre, ils nous collent un set carré tout en ambiance torturée, et ce, juste avant l’heure de l’apéro pour bien nous tordre le bide !
Dyscarnate
(Metalfreak) Le délire des deux premiers jours recommence ! Cet éternel passage à l’Altar qui nous fait passer par la Temple après le tour dans le pit photo devient certes rengaine, mais encore une fois, la curiosité pousse à faire un tour devant Vile Creature, qui met fin prématurément au plaisir de voir Dyscarnate et son death metal bien méchant ! Je n’aurai pris qu’un seul morceau de violence, mais suffisant pour me rester en mémoire.
Vile Creature
(Metalfreak) Vous aviez des doutes sur votre santé mentale ?
Allez voir le show tout en finesse de Vile Creature et vous serez rassurés de voir à quel point vous êtes tout ce qu’il y a de plus sain en comparaison de la folie déployée sur scène…
Merci qui ?
Pénitence Onirique
(Cassie Di Carmilla) Pénitence Onirique est un groupe chartrain fondé en 2015 porteurs de deux albums sous le sceau des Acteurs De L’Ombre Productions. Le premier, intitulé ‘V.I.T.R.I.O.L’ renvoie à l’acronyme latin Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem qui signifie « Visite l’intérieur de la terre et, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée » intimant de plonger dans la matière, c’est-à-dire en soi-même. Quant à ‘Vestige’, le second, il s’appuie sur des contes et légendes (toujours sur des textes écrits en français) à la faveur d’un voyage introspectif dans les méandres de la psyché humaine.
Nous voici donc face à un prisme à six facettes taillé dans le métal noir.
Sur les masques chimériques du groupe, à mi-chemin entre Faune et Mahakala, on distingue un troisième œil également dit « œil intérieur » ou « œil de l’âme » soit la métaphore mystique et ésotérique désignant, au-delà des yeux physiques, un troisième regard, celui de la connaissance de soi.
L’atmosphère de ce Black Metal est aussi lourde que le poids des années. Le tempo est soutenu avec de gros blasts mais la rythmique non linéaire aménage des passages mélodiques invitant à la rêverie. La puissance de l’instru n’a d’égal que le coffre du chanteur Diviciacos (dénomination renvoyant à celle du seul druide gaulois Éduens dont le nom ait traversé les âges). Les guitares hypnotiques tantôt sombre ou lumineuses nous entrainent dans les divagations cathartiques, entre illusions morphéiques et souvenirs mélancoliques, d’un homme accablé par le poids d’une vie de rêves et de regrets. Cette personne est celle figurant sur la pochette de leur dernier opus, détournée en Rolldrop pour la scène. Pénitence Onirique impressionne tant par sa prestation millimétrée que par la profondeur de l’univers qu’il transcende.
J’achève donc cette première partie des noces de cristal du Hellfest par une crise existentielle.
Sortilège
(Metalfreak) Et de trois, en autant de mois !
Les légendes du heavy metal hexagonal m’auront scotché autant de fois de par leur show propre et carré.
Inutile de revenir dessus pour répéter ce que j’ai déjà dit suite à leur concert de Lyon, puis au Metallian Birthday Party.
Ils se sont mis au niveau de l’évènement et de la foule nombreuse venue les applaudir et, encore une fois, les refrains ont été repris unanimement, preuve de la côte de sympathie dont le groupe jouit depuis des lustres.
La marque des grands, définitivement !
Lacuna Coil
(Metalfreak) J’avoue avoir décroché de la formation Italienne depuis « Karmacode » et ce n’est pas ce que j’ai vu ce jour-là qui va me réconcilier avec elle. Alors oui, Cristina Scabbia est toujours aussi belle à écouter qu’à regarder, les musiciens sont toujours aussi percutants mais le passage du metal gothique des débuts au rock / metal alternatif actuel, surtout avec le deuxième chanteur, ça ne passe pas pour moi…
Au vu des réactions du public, le show a été convainquant, je serai même beau joueur en disant qu’il y a une vraie énergie communicative, mais ça m’a laissé froid. Désolé !
Càn Bardd
(Cassie Di Carmilla) Càn Bardd est le projet du multi-instrumentaliste Malo Civelli (connu dans Kaatarakt) épaulé du batteur Dylan Watson (notamment membre de Kaatarakt, Kassogtha et AM:PM). De ce combo genevois a germé trois albums sur les terres de Northern Silence Productions.
La musique de Càn Bardd décrit des paysages musicaux Epic/Atmospheric Folk/Black Metal aux longs passages instru folk électroniques où Dylan fait vrombir la terre avec sa double pédale tandis que son sourire légendaire irradie les cieux. Sur des titres sont plutôt longs, le temps d’attendre le crépuscule pour mieux voir soleil percer à l’horizon, les riffs planants se font envolées d’oiseaux au-dessus de ce décor helvète. Le chant écorc(h)é de Malo fait du majestueux chêne qu’est Càn Bardd le cercueil de ses tourments, dont la puissance tient face au vent instrumental qui l’enveloppe. Outre ce scream à fleur de peau, le chant clair polyphonique vient arroser le sol de larmes et alimente le lac de chagrin, miroir de l’âme.
Dès l’intro instrumentale belle à pleurer (comme toutes leurs introductions de concerts), la quiétude sylvestre vient apaiser les peines. Je ne peux m’empêcher de fermer les yeux en concert (pas évident pour prendre des photos !). C’est comme d’écouter son âme résonner avec celle de la nature, se délester des souffrances du passer comme un arbre laisse choir ses feuilles mortes avant l’hiver pour en fabriquer de nouvelles chaque printemps de sa vie. Un set d’une véritable errance musicale où la beauté de l’instru et des textes réverbe la beauté d’une nature mélancolique.
Je ne raconte pas souvent ma vie dans les reports mais, j’avoue ne pas être véritablement impartial sur ce concert. Je suis d’autant plus touchée en réalisant que j’ai eu la chance de permettre à Malo et Dylan de faire leur dernier concert avec Kaatarakt, que j’étais à l’Undertown à Meyrin (Suisse) pour le tout premier concert de Càn Bardd et que, je suis encore là aujourd’hui au Hellfest. C’est donc toujours avec admiration et émotion que je vois s’épanouir ces helvètes au fil des albums est des scènes.
Ainsi se clôture pour moi la première partie du Hellfest XV.
Mon absence en terre ligérienne sera brève avant la seconde partie…
Battle Beast
(Morgan) Le groupe de power metal finlandais Battle Beast se présente pour la première fois au Hellfest, à un endroit qui leur va bien : la Mainstage 2 ! Une première fois puissante, avec surtout l’envie de montrer aux festivaliers qui ne connaissent pas forcément le groupe de quoi ils sont capables et de promouvoir leur sixième album « Circus of Doom » tout juste sorti sur le label Nuclear Blast.
Plébiscités en Finlande avec des sorties régulièrement en tête des charts, Ils ont gagné en notoriété suite à leur victoire lors de la finale du Wacken Open Air en 2010.
La chanteuse Noora Louhino qui est les a rejoint en 2012 assure, parée de ses plus belles cornes, sa prestation est une vraie mise en scène qui donne une autre dimension à leur musique avec l’envie de faire sortir la bête intérieure en chacun de nous ! Sa voix nous transperce, chanteuse confirmée c’est sa première expérience dans le heavy metal, une belle réussite !
Le style Battle Beast est un mélange de metal, d’électro, de rock avec un côté pop plus quelques guitares heavy pour un mix singulier et créatif.
Le set est relativement court timing oblige, quatre morceaux sont extraits du dernier opus pour les premières fois en live en commençant par « Circus Of Doom« , « The circus is coming to townآ» scande Nora, le ton est donné et pour agrémenter le tout ils ont bien sûr jouer quelques titres phares comme « Straight To The Heart », « Eden ».
Grand final célébrant leur enthousiasme collectif avec « King for a Day », repris en chœur par leur public .
Une belle découverte pour beaucoup. A suivre absolument, un groupe incontournable pour les adeptes de power metal.
(Metalfreak) Encore l’archétype du groupe de power metal que j’arrive à écouter en album mais qui m’ennuie profondément en live. Malgré tous les efforts de la formation sur scène, je n’arrive pas à y voir autre chose que quelque chose de kitsch et de pompeux.
Encore une fois désolé, mais ce n’est pas ma came, j’ai préféré tourner les talons et me régaler sur Hour Of Penance qui passait à l’Altar à ce moment-là.
Et là, niveau death metal, c’est du lourd ! Brutal, technique, précis, aussi percutant qu’un direct de Khabib Nurmagomedov, les Italiens ont rivalisé de violence pour un set destructeur.
KO debout !
Regarde Les Hommes Tomber
(Metalfreak) Je voulais une confirmation de la claque prise au Metallian Birthday Party. Elle ne l’a été qu’à moitié.
Si la violence et la rage déployée ne sont pas à remettre en cause, leur show n’est pas à voir en plein jour mais bien dans la pénombre d’une salle sombre. Les lights en place ne suffisaient pas pour que l’atmosphère de Grenoble soit retranscrite au mieux !
Rien à reprocher au groupe qui a balancé une débauche d’énergie impeccable qui est sa marque, mais trop de clarté a nui à leur show.
Dommage ? Non, quand même pas à ce point ! Mais je reste scotché sur ce que j’avais vu fin mai.
(Lyslia Huxley) Un petit groupe devenu grand, très grand … Leur présence sur les deux week-ends l’atteste. Ils se produisent donc en solo ce dimanche sous la Temple pour revenir le dimanche suivant avec Hangman’s Chair avec toujours voire encore plus de monde !
« Ascension » le titre de leur dernier album sur Season of Mist résume bien leur parcours.
Formé en 2011 à Nantes par J.J.S, Jean Jerôme à la guitare, R.R, Rom à la batterie et A.B, Antoine, à la basse, leur premier concert est instrumental et c’est dès cette première date que Les Acteurs de l’Ombre Production les sollicite.
La voix d’U.W., Ulrich se retrouve sur leur premier album Regarde Les Hommes Tomber sorti début 2013, ils se sont ainsi fait rapidement connaître avec de nombreux concerts en France et Europe de part leur intégration au booking Kongfuzi avec une première date au Hellfest dès 2013 .
Le 2ème album « Exile » avec T.C, Thomas depuis au chant leur permet de s’affirmer, de mettre en avant une démarche plus collective en y intégrant des passages propres à chacun pour aller toujours plus vers l’extrême, des arrangements et des riffs particulièrement travaillées pour arriver à un mix détonant fait de noirceur et lumière, tels leurs textes très inspirés par la mythologies, la religion ou la violence de l’humanité à tendance autodestructrice, un univers propre au groupe qui devient vite reconnaissable. Ils prêchent une musique libre, leur démarche est également artistique en ne suivant aucune tendance mais leurs instincts.
Le dernier album paru en 2020 est cette fois sur Season Of Mist en vue d’une carrière plus internationale toute à leur honneur.
Leur jeu de scène ne laisse pas indifférent, ils déversent leur post black metal en nous plongeant dans une atmosphère bien dark. Leur prestation au Hellfest from Home s’est faite éclairée uniquement à la bougie, on les retrouve sous de faibles lumières cette fois, toujours sous un maquillage noir profond comme pour mieux se fondre dans la noirceur.
Leur set est principalement composé du dernier album en commençant en force par « A New Order », s’ensuit « A Sheep Among The Wolves » sur « Exile« , puis « The Renegade Son », « Stellar Cross » avec un final monumental avec « Au Bord Du Gouffre », l’air alors vraiment devenu soufre sous la Temple!
Doro
(Metalfreak) Toujours aussi divine à écouter qu’à regarder, Doro défie les années et les grandes scènes avec une aisance et un sourire non feint qui ne la quittent pas !
Définitivement, la Metal Queen ne lâchera pas son trône au Panthéon des chanteuses de heavy de sitôt !
Désolé pour les générations qui suivent mais elle en a encore pour des années à donner des leçons de metal, d’humilité et de gentillesse à tout le monde. Dorothy Pesch est ainsi, se donne corps et âme à la musique qu’on aime et ce, depuis 1982. 40 années d’une carrière qui ne peut que forcer le respect.
Et en plus, ce n’est que de l’amour, qu’elle nous donne…
… Et c’est bien pour ça qu’on l’aime !
J’ai quand même écourté ce divin moment de partage pour aller voir l’espace d’un titre le show bizarroïde qui se passait à la Valley avec les Twin Temple. Amy Winehouse et Fred Chichin revenus parmi nous ? Shirley et Dino après avoir vendu leur âme au Diable ?
Aucun de tout ceux-là, Alexandra et Zachary James de Twin Temple venus prêcher leur (bonne) parole lors de leur messe dominicale et Clissonnaise !
Aussi scotchant visuellement qu’intéressant musicalement, je pestais sur la programmation de les avoir mis en même temps que la Metal Queen.
Show à revoir impérativement… et intégralement !
(Lyslia Huxley) Bienvenue dans l’antre de la Valley, les maîtres de la cérémonie sont Alexandra James au chant et Zachary James à la guitare. Lumière rouge intense, les deux amants californiens sont là pour proclamer leur adoration à Satan et rebaptiser le public pour le vouer à leur culte.
La mise en scène est bien rodée, bible satanique à la main, bénitier ou plutôt débénitier… croix inversée, chandelier, jusqu’à la prise de serment sous les incantations répétées de Alexandra qui hurle en continu » Hail Satan! »
Leurs influences musicales sont le rock des 50’s/ 60’s et le Do-Wop, ils se revendiquent plus précisément du Satanic Doo-Wop. Accompagnés sur scène d’un saxophoniste et d’un clavier, les compositions sont travaillées et leur goût pour la musique nous rassure sur la qualité du spectacle.
Les titres sont tout aussi explicites, « Let’s Have a Satanic Orgy » pour commencer, suivi de « Lucifer My Love », « Sex Magick », « The Devil », « Satan’s a Woman », on la voit possédée pour finir par « I’m Wicked » avec un beau solo de saxo. Un show impressionnant avec un côté très provocateur mais le but a été visiblement atteint, les spectateurs devenus adeptes en clamant Satan, Satan, Satan ! portés par la belle voix envoûtante d’Alexandra.
Une prestation surprenante et inattendue mais plutôt agréable à écouter.
Jinjer
(Lyslia Huxley) Le groupe de groove metal progressif ukrainien est particulièrement attendu et est accueilli par une foule très dense brandissant des drapeaux bleu et jaune devant les MainStage. Ils ont finalement tout récemment obtenu une dérogation spéciale du Ministère de la culture pour parcourir l’Europe tels des ambassadeurs.
On comprend leur motivation, ils sont russophones et originaires de la région du Donetsk.
La formation initiale de 2009 a quelque peu changée avec un line up revu et comprend actuellement la très charismatique Tatiana Shmayluk au chant, Roman Ibramkhalilov à la guitare, Eugene Abdukhanov à la basse et Vladislav Ulasevish à la batterie. Tatiana est une chanteuse confirmée, avec une aptitude à changer de style extrêmement facilement, elle chante principalement en anglais, très inspirée plus jeune par Ella Fitzgerald, Janis Joplin puis Amy Winehouse.
Malgré leur éloignement géographique, ils viennent de l’est de l’Ukraine, ils ont tourné de par le monde, jouer était déjà pour eux une forme de salut, et leur popularité n’a cessé de s’accroître.
Avec une tendance metalcore à leurs début, le dernier album « Wallflowers » sorti en 2021 est plus heavy avec un côté expérimental de par leurs multiples influences qui vont du death metal au djent en passant par le jazz, le rap ou le reggae.
Leurs paroles sont très engagées et personnelles, elles se suffisent pour exprimer leurs états d’âmes. Le set commence d’ailleurs par « Call Me A Symbol » suivi par « On The Top ».
Acclamés par le public, Tatiana déclarera devant la foule très sobrement » Nous sommes très reconnaissants pour votre soutien » .
A suivre un bon mix de leurs différents albums et des titres attendus comme « Pisces » ou « Vortex », pour finir par « Colossus » sur un rythme toujours aussi effréné.
Une prestation musicalement remarquable et intense, au-delà de la symbolique.
Red Fang
(Metalfreak) J’ai volontairement zappé un Michael Schenker que je voulais pourtant ne pas louper en me disant que s’ils nous refaisaient un show du genre de celui auquel j’ai assisté au Sylak 2014, j’aurais fait le bon choix !
Bonne pioche !
Ça a été purement jouissif : ce compromis entre Monstermagnet et Motörhead est un pur régal pour tous ceux qui aiment simplement la bonne musique.
Les musiciens ont fait le métier devant le public de la Valley on ne peut plus conquis, au point que les slams ont été d’une intensité folle, mettant les agents de sécurité au front quasiment en non-stop.
Les vagues venaient les unes derrière les autres sans discontinuer. On ne peut que respecter le travail de ces gens qui n’ont à aucun moment perdu leur gentillesse et leur sourire.
Quant à Red Fang, carton plein, dans tous les sens du terme !
Borknagar
(Metalfreak) Un petit retour sous la tente de la Temple pour se prendre un peu de black metal dans sa version folk. Encore une fois, le genre ne me branche pas plus que ça mais je me dois d’avouer que l’énergie développée est telle que je me suis pris au jeu ! Borknagar passe tellement peu en nos contrées qu’il fallait ne pas louper l’évènement : j’avoue que le set des Norvégiens était fascinant, hypnotique, jouissif…
Le public est venu en masse, le groupe le lui a magnifiquement rendu.
Va falloir que je me remette à écouter les albums, pour me replonger dans ce moment magique !
Deez Nuts
(Lyslia Huxley) Les australiens de Deez Nuts sont là pour enflammer la Warzone.
Avec des fortes influences hip-hop c’est du hardcore punk bien énervé. On dit que si une chanson dure trop longtemps, ce n’est pas du hardcore, là c’en est bien! 16 chansons en 50 minutes, intermèdes et blagues incluses. Leur réputation de bons fêtards ne les empêche pas d’assurer sur scène, pas une minute de répit avec un attachement à livrer le meilleur d’eux mêmes tout simplement. JJ Peters à l’origine de la formation du groupe en 2007 a un flow terrible, il est entouré de Matt Rogers à la guitare, Alex Salinger à la batterie et Sean Kenny à la basse. Des airs travaillés, des riffs orientés punks aux coupures plus hardcore, c’est clair, précis et efficace. Leurs chansons racontent des extraits de vie et leurs excès, tous domaines confondus.
Ils sont là pour promouvoir leur dernier album enregistré à New York, « Binge & Purgatory » sorti en 2017 et sont tout aussi ravis de découvrir le Hellfest que nous de les accueillir.
Le rythme est effréné, gros pogo incessant et circle pit géant autour de la régie comme initié par un certain Franck Carter.
Peu habitué à faire des sets aussi longs, il demande même au public quels titres ils voudraient. Le tout dans une ambiance vraiment fun et on comprend bien leur goût pour leurs innombrables tournées, on les sent vraiment contents de reprendre les concerts live.
« Face This On My Own On » démarre le set, suivi de Shot after Shot, puis des titres comme « What’s good? » , « Like There’s No Tomorrow », on a encore plus le sourire avec « DTDFL4EVA », « Stay True » est repris en choeur, « Binge & Purgatory » se suivent, un slap de basse excellent annonce « Your Mother Should’ve Swallowed You » et pour finir « Band of Brothers » qui finit de retourner la Warzone!
Dying Fetus
(Metalfreak) Quelques soucis lors de la préparation a fait que le groupe, qui devait pourtant jouer plus tôt, a commancé avec un bon quart d’heure de retard. Qu’importe, le set a été d’une telle violence que le public a enchaîné les pogos, les circle pits et les slams de façon hallucinante !
Encore une belle dose d’ultra violence musicale par des maîtres du genre !
Misery Index
(Metalfreak) A peine remis de la baston de Dying Fetus que Misery Index achève les derniers survivants ! Véritable leçon de death / grind bien méchant qui a donné l’impression de se faire passer à tabac du début à la fin !
Quelle précision, quelle maîtrise, quel… tout !
Terrifiant et addictif !
While She Sleeps
(Lyslia Huxley) Après un premier passage express en 2017, les anglais de Sheffield reviennent à la Warzone pour le coucher de soleil. Il fait encore chaud et ça s’annonce explosif ! Laurence Talor, Loz, chanteur a rejoint en 2009 le groupe de copains à l’origine de la formation initiale de 2006 soit Sean Long et Mat Welsh à la guitare, Aaran McKenzie à la basse et Adam Savage, Sav, à la batterie, qui ont alors décidé de se consacrer à plein temps au groupe, leur ami Jordan Widdowson au chant ne souhaitant pas poursuivre l’aventure.
Cinq albums sont sortis depuis, ils ont la chance d’avoir leur propre studio ce qui leur a permis de sortir le dernier « Sleeps Society » en 2021 et de garder un esprit positif malgré l’absence de concerts. Cet album est également plus abouti, ils s’y sont entièrement consacrés et donnés à fond. Leur metalcore est toujours aussi puissant.
Ils sont également à l’initiative de la plateforme « Sleeps Society » via Patreon, une sorte communauté en ligne pour les fans. En tant que professionnels et toujours en mode punk rock « DIY », c’est surtout pour eux un moyen de s’impliquer activement dans l’industrie de la musique et valoriser leur travail face au monopole des grandes plateformes trop peu représentatives des musiques extrêmes, laissant de côté la scène plus underground.
Leurs paroles reflètent leur volonté d’avancer, de rester libres et le fait que ensemble nous sommes plus forts, les sujets se retrouvent encore plus d’actualité même si finalement ce sont des justes constatations d’un monde déjà en perdition et qui n’a pas juste pas changé…. Une pensée pour Crass, je kiffe Mat!
Ce sont des passionnés, ravis de reprendre les tournées, leur motivation à rassembler la foule ce soir est bien là et c’est réussi. Un déchaînement de riffs et mélodies sans réel temps mort. Le jeu de scène de Loz est très expressif, la musique le trancende, il la vit et tous sont aussi déchaînés.
Leur set reprend plusieurs extraits du dernier album avec « Sleeps Society » pour commencer, « You Are All You Need » et pour notre plus grand plaisir ils n’oublient pas les précédents avec « Anti-Social » forcément, « The Guilty Party », « You Are We », « Four Walls », « Eye To Eye », « Silence Speaks » et « Systematic » pour un final en apothéose. C’était un flux continu de slammers, quand Loz rejoint à son tour la foule, se fait porter à s’y perdre et a fini par plonger ça les a fait tous bien rire.
Un excellent set dynamité, aussi joyeux qu’émouvant. Pas de doute qu’ils reviendront !
Perturbator
(Metalfreak) Je l’entends encore d’ici, mon Phil (M.L.A.M.) : « Chris, tu viens voir Judas Priest avec moi ?« . « Oui, pas de problèmes, je prends deux-trois clichés de Perturbator et j’arrive« .
Sauf que :
– Je suis passé lors de la 4e salve de photographes
– J’ai eu le temps, avant de passer, de m’imprégner de l’ambiance hypnotico-fascinante de la musique du duo
– Impossible de m’en déscotcher jusqu’à la fin du set tellement j’ai pris un pied de ouf !!!
Une véritable invitation à un voyage au travers d’un univers qui mêle électro (beaucoup), trance (oui, quand même !), metal (avec parcimonie) et new wave !
Bref, en 2019, j’ai pris The Young Gods pleine face sous cette même tente (Valley) et ça aura été un de mes meilleurs souvenirs. En 2022, ça aura été certes Baroness ou Killing Joke, mais aussi Perturbator ! (et ça rime avec… « j’en veux encore »)
Walls Of Jericho
(Lyslia Huxley) Le son s’amplifie à la Warzone avec l’arrivée sur scène du groupe de Detroit, Candace Kucsulain la chanteuse surexcitée, est plus qu’acclamée à son entrée.
Des habitués du Hellfest et déjà présents à deux éditions du Furyfest, ils sont très attendus ce soir-là à la Warzone et ça commence à fond. On peut dire que c’est une performance musclée, de haut niveau menée par Candace.
Aucun doute, elle a toutes les capacités pour ! Miss Kucsulain a commencé à s’intéresser à la boxe avec l’envie de pouvoir se battre, se défendre surtout si besoin et elle a ensuite pris goût au lever de poids pour devenir encore plus forte et n’a depuis que chercher à repousser sans cesse ses limites. Très exigeante avec elle-même, son mode de vie est rythmé par ses entraînements intensifs, elle se sent bien comme ça et ça se voit, elle est en super forme pour bouger dans tous les sens, sauter, hurler, sans faire retomber un seul instant la puissance dégagée par le groupe.
Elle est accompagnée sur scène par Chris Rawson et Mike Hasty à la guitare, Aaron Ruby à la basse depuis leurs débuts en 1998 et Dustin Shoenhofer à la batterie qui les a rejoint quelques années plus tard.
Pas de nouvel album depuis « No One Can Save You From Yourself » sorti 2016 mais leur style est intemporel, un puissant mélange de punk hardcore et metalcore, et leurs titres sont devenus des références. Adeptes des festivals et tournées, leurs prestations live sont vraiment détonantes et c’est comme ça que leur musique prend toute sa dimension.
C’est bien ce qu’ils prouveront une fois de plus ce soir, de bordel généralisé et pogos en continu en wall of death en passant par plusieurs circle pits en même temps, la fosse se retrouve au cœur de la scène hxc de Detroit.
Pour moi, un des meilleurs concerts de cette double édition.
Killing Joke
(Metalfreak) Toujours aussi barge, Jaz Coleman nous a fait une démonstration sous la Valley de tout son talent sur un set d’une malheureusement trop courte heure ! On aurait resigné pour deux heures de plus…
Ca tombe bien, Killing Joke est repassé le vendredi suivant à 17:55 sur la Mainstage 1 !
J’y étais aussi…
Running Wild
(Metalfreak) Première fois que je les vois, pas déçu : Running Wild nous a servi tout un lot de “hits” que le groupe a su composer depuis bientôt quarante ans. Même si je n’en attendais pas grand chose, les classiques « Riding the storm », « Purgatory » ou « Branded and exiled » ont été autant de plaisirs auditifs alliés à un moment nostalgique.
Et le tout, avec une bonne humeur communicative après un magnifique feu d’artifice.
La totale !
Watain
(Metalfreak) Il m’a malgré tout fallu quitter la Mainstage pour voir un peu de Watain, qui m’avait particulièrement plu au Hellfest 2014.
Même décor, même ambiance et même bon moment passé sous la Temple.
De quoi entretenir ma fan-attitude ! Si Running Wild n’était pas passé en même temps, je me serais fait ce set en entier !
Sick Of It All
(Lyslia Huxley) Place à SOIA, la légende du New York HXC pour clôturer ce premier week-end, cette fois de retour à la Warzone, des habitués et ils sont bien chez eux là.
Fidèles à leurs racines et au CBGB des années 80 devenu alors le berceau du punk hardcore, ils tournent depuis plus de 35 ans et ce soir ce sont plusieurs générations de coreux qui se retrouvent rassemblées dans la fosse et il y a du monde, beaucoup de monde!
Originaires du Queens, les frères Koller, Lou au chant et Pete à la guitare ont commencé dans leur garage, la suite c’est tout une vie dédiée au hxc. Armand Majid à la batterie les rejoint dès leurs débuts, Craig Setari actuellement à la basse un peu plus tard. C’est dans la continuité qu’ils se sont construits une solide réputation, du bon hardcore punk Oi originel, sans compromis, leurs textes sont tranchants et la partie instrumentale explosive. Le fil conducteur reste l’unité, ce vieil idéal du hardcore!
Le public est en fusion, un final digne de cette fin de Hellfest XV-1 avec en fond un feu d’artifice inattendu. Tout devant à ce moment là je ne l’ai même pas entendu et bien surprise en en voyant une partie à la sortie du pit ! Tout ça pour confirmer que c’est fort, plus puissant qu’un feu d’artifice tiré pourtant pas loin. Pete toujours bien énervé est comme monter sur des ressorts, il enchaîne les riffs l’air de rien, il est impressionnant, Craig a un jeu et un son de basse à tomber, j’adore particulièrement l’overdrive et Armand est déchaîné, maîtrise totale de la technique pour un rythme terrifiant.
La même passion et la rage se retrouvent à l’identique chez Lou qui a une présence scénique magistrale.
Un set assez long qui ravira tout le monde, rythme effréné et ambiance dans la fosse en accord, gros défoulement non-stop. Une série d’hymnes repris en choeur en commençant par « Death Or Jail » qui annonce la suite c’est clair, direct, « Injustice System », « Us Vs. Them », « Take The Night Off », ok no problem… « My Life », « Sanctuary », merci <3, « Rat Pack », « Machete », « Bull’s Anthem », « Scratch The Surface » et « Step Down » … Respect !!!
(Metalfreak) Ereintés, harassés, des kilomètres parcourus, des décibels par millions… mais heureux ! Le premier weekend a été extrême à tous niveaux ! Les quelques jours de repos ne seront pas de trop. Jeudi, ça reprend !!!
Photos : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak
Reports : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak / Morgan Interview Loudblast : M.L.A.M.
(Metalfreak) Des ampoules presque plus grandes que le pied, des courbatures sur les deux jambes, une belle couleur vanille / fraise grâce aux coups de soleil… Le premier jour a laissé quelques traces sur les organismes. D’autant plus que le sommeil n’a pas été au rendez-vous à cause de la chaleur étouffante de la nuit ! Qu’importe, on profite, on kiffe… Le reste, on s’en fout !
Samedi 18 :
Artùs
(Metalfreak) “Tu connais Artùs ?”, qu’il me demande. « Ouais, un peu, son one-man-show me fait vachement rire… » Sauf qu’on ne parlait pas du même.
Là, je me suis retrouvé face à un hybride rock et folk, avec un côté tribal particulièrement séduisant.
Passé le cap du jeu de mot avec un humoriste français talentueux (non, il n’y a pas que Dedo qui est drôle), je n’ai pas mis longtemps à m’imprégner de l’atmosphère enjouée que les Gascons ont proposé avec une conviction remarquable. Plus proches de Magma que des groupes de folk metal que la Temple propose habituellement, le set est passé comme une lettre à la poste et ouvrait un deuxième jour de Hellfest de belle manière.
Et pourtant, je ne demandais qu’à en rire…
Brutal Sphincter
(Metalfreak) Avec un nom pareil, on n’allait pas se prendre du rock progressif ! Que nenni ma p’tite dame, un bon vieux gore/grind des familles, et de Belgique !
Musicalement, ça défouraille, les deux chanteurs rivalisent de growls, de sautillements divers et d’insanités à l’humour pipi/caca/prout pour ceux qui aiment, un bassiste qui gesticule de partout et un gratteux qui balance du riff de tueurs de partout !
Quelques minutes de pure brutalité avant de dégager vite fait à la Valley pour aller assister au set de Duel, un de mes groupes favoris de la journée.
Duel
(Metalfreak) Ces Texans, je les affectionne depuis un concert au Brin de Zinc pendant lequel ils ont mis un feu de Dieu ! Stoner psychédélique aux sonorités particulièrement heavy directement influencé des seventies, ils ont la particularité d’avoir fait un sans-faute artistique tout au long des quatre albums qu’ils ont sortis.
Et en live ? Majestueux, ni plus ni moins…
Un des groupes à surtout ne pas louper sur ce premier week-end !
Aktarum
(Metalfreak) Je ne connaissais pas ce groupe Belge de black / folk metal. C’est donc plus par curiosité que j’ai été les voir, sachant pertinemment que le genre proposé n’est à la base pas ma came.
Je vais devoir être beau joueur : ils m’ont séduit ! J’y ai trouvé une énergie que je n’arrive pas à trouver sur album, et ce, quasiment à chaque fois que j’ai assisté à un concert de groupes du même genre (Finntroll, Alestorm, Turisas, Ensiferum entre autres…).
Et vu l’accueil qu’ils ont eu, même les fans plus spécialistes du genre que moi semblaient y trouver leur compte.
Mais pour avoir à nouveau écouté des albums studio, je n’adhère toujours pas, malgré une belle prestation scénique.
Rectal Smegma
(Metalfreak) La grande rigolade, j’ai passé plus de temps à saluer quelques amis de la sécurité qu’à shooter Rectal Smegma. Pourtant, je voulais ne pas les rater.
Mais comme je l’ai relaté hier, le temps alloué aux photographes, à l’Altar, est d’un titre, qu’importe s’il dure trente secondes ou sept minutes. Ben là, il a duré tellement peu de temps que, quand on a eu l’habituelle petite tape sur l’épaule, on a tous – les autres photographes et moi-même – ri d’incrédulité dans le pit photo… On se disait même qu’heureusement que ce n’était pas une reprise de “You suffer” de Napalm Death ! Ah ben non, c’est sérieux, on prend donc la direction de la Temple, puis de la Valley où quelques-uns de mes amis photographes se sont rendus, par dépit pour The Picturebooks où on a attendu le temps de deux longs titres pour passer… et finalement rester.
Pourtant, les grindcoreux Hollandais partaient sur de brutales intentions… Mais passée une certaine température extérieure additionnée à la qualité du groupe jouant sur la Valley, quelques photographes dont moi-même sommes restés. Rectal Smegma ou mon record personnel du temps le plus court sur le même concert… The Picturebooks, un guitariste qui chante et un batteur qui multiplie les mimiques et nous font un bon compromis de (hard) rock et de blues. Inconnu pour moi mais visiblement plus que très bien accueilli par un public conquis, le duo Teuton a mis tout le monde d’accord et la Valley m’a une nouvelle fois offert une belle découverte, effaçant pour le coup la frustration d’un shoot à l’Altar tellement court qu’il aurait pu faire pâlir de jalousie plus d’un éjaculateur précoce…
Helheim
(Cassie Di Carmilla) Helheim, issus des Fjords norvégiens, est le gardien de deux EP et onze albums depuis son avènement en 1993. Ce nom est celui d’un des Neuf Mondes de la mythologie nordique. Cette froide, noire et brumeuse demeure des morts est située au même niveau que le Niflheim, au plus bas de l’Univers. «Hel» évoquerait l’idée de «cacher» et désigne à la fois le séjour des morts et la déesse qui y règne, Hel. Ceux qui y pénètrent ne repartent jamais une fois qu’ils ont franchi la rivière Gjöll.
En provenance des rivages Black Metal, nous voguons avec le quintette sur un Drakkar parcourant les eaux tumultueuses de la mythologie nordique et revenant vainqueur du combat avec le Jörmungand du cliché Viking. Bien loin de la légèreté du « Pouet Pouet », les scandinaves usent magistralement de passages mélodiques et instrumentaux Pagan / Folk. Relayant ainsi la violence guerrière d’une batterie impétueuse, des riffs de guitares épiques et d’un chant écorché véhément à la splendeur onirique des légendes grâce à chant polyphonique clair mystique.
Comme une aventure trépidante, l’œuvre d’Helheim s’apprécie au gré des nuances de tempo et des modulations de voix.
Il est difficile de poser le pied à terre après ce voyage. Les latitudes des titres étant si lointaines, la traversée fut brève.
Xentrix
(Metalfreak) Ils figuraient en gros et en ultra surlignés dans ma liste d’envies. J’y ai été, je les ai vus, et je suis resté. Xentrix fait partie de ces groupes de thrash metal dont les albums ont été écoutés jusqu’à en bouffer les bandes magnétiques des cassettes que j’achetais à l’époque.
Inutile de bouder son plaisir en assistant intégralement au set des anglais et se faire un putain de kif en headbanguant frénétiquement sur des “Bury the pain”, « Balance of power”, “Questions”, “The red mist descends”, “For whose advantage ?”, “Crimes” et “No compromise”.
Un seul défaut : c’était trop court. Revenez vite par chez nous pour un concert complet dans une vraie belle salle à l’ancienne !
Et en plus ils sortent un nouvel album (« Seven words« ) en novembre… L’est pas belle, la vie d’un thrasher ?
Me And That Man
(Cassie Di Carmilla) Me And That Man est né de l’impulsion créatrice du polonais Adam “Nergal” Darski de Behemoth et du musicien britanico-polonais John Porter (qui quittera le groupe en 2018) de se faire plaisir dans un registre mariant le Rock’N’Roll crasseux et la Dark Country sudiste des States, s’inspirant d’artiste tels que Nick Cave, Tom Waits, Leonard Cohen ou encore Johnny Cash. La formation sort un premier album en 2017 (‘Songs Of Love And Death’) suivi par deux volumes de ‘New Man, New Songs, Same Shit’ en 2020 et 2021.
Le principal recoupement entre Behemoth et Me And That Man est qu’ils souhaitent tous deux brûler des églises ! On retrouve notamment cette pulsion pyromane dans le titre ‘Burning Churches’ tiré de l’album ‘New Man, New Songs, Same Shit’ (Napalm Records, 2020) qui prend une tournure festive en live. Nergal offre joyeusement quelques majeurs tendus au drone du champion venu spécialement pour l’occasion.
L’œuvre de ces gars-là étant réputée pour être un étalage de guests issus du carnet de contacts de Nergal, j’avais peur d’être déçue par l’absence de ces multiples voix. Cependant, les performances enjouées de Nergal et de Matteo Bassoli (bassiste/voix secondaire) compensent aisément l’absence de ces parties vocales. Je dénote cependant un micro parfois trop poussé chez Bassoli prenant le dessus sur le reste des protagonistes.
Coiffé de Stetsons, le combo pénètre dans une Valley torride pour exploser le baromètre déjà caniculaire sous une tente bourrée malgré l’heure matinale. Le groupe enfièvre le public par une musique viscérale mêlant à un Rock torturé, au spleen profond du Blues et à l’alacrité de la Country.
L’atmosphère enveloppante des effets rétro imprègne la musique de sensualité. On s’imagine pousser la porte du premier rade trouvé en plein milieu du désert américain pour y découvrir, au fond d’une salle nimbée de la fumée âcre des cigarettes, une jeune femme portant un short taillé dans un vieux blue-jeans se trémoussant dans une lap-dance langoureuse sur les genoux d’un vieux motard libidineux tapant des rails de coke entre deux bières bon marché qu’on pourrait presque confondre avec de la pisse. Une bande son digne d’une Arlene « Butterfly » remuant pour Mike le cascadeur chez Guero’s ! (Boulevard De La Mort, Quentin Tarantino, 2007).
Frustration: (Lyslia Huxley) On les sent heureux d’être là et pour la première fois au Hellfest devant un public. Ils étaient pourtant bien là l’année dernière, mais c’était from home pour nous Frustration est un groupe parisien créé il y a vingt ans, qui pourrait se définir par un groupe de post-punk, mêlant électro, new-wave et une rythmique plus punk, un bon mix très accrocheur.
Ils sont fidèles à eux-mêmes, Fabrice Gilbert au chant, très expressif à sa manière, toujours accompagné par Mark Adolf à la batterie, Nicus Duteil à la guitare, Fred Campo au clavier et Pat D qui les a plus récemment rejoints à la basse.
Leurs influences sont multiples avec des affinités particulières avec Warum Joe, Nicus y jouant également. C’est peut-être l’une des raisons aussi pour lesquelles ils restent assez discrets et que leurs concerts sont finalement assez intimistes, ce n’est pas pour me déplaire mais leur musique mériterait d’être plus diffusée.
Ce jour-là, ils ont joué en début d’après-midi, toujours au moins 41° à l’ombre, encore pas trop de monde… seuls les motivés se sont aventurés à la Warzone. Super ambiance détendue et joyeuse, avec jets et bouteilles d’eau à volonté.
La setlist retrace leur vingt ans de carrière et sans doute les meilleures parutions du label Born Bad Records. Comme « Insane » pour bien commencer, « It’s gonna be the same », ou « No Trouble », excellents ! avec pour finir « Blind sublime » qui résume bien leur univers.
En espérant les voir plus souvent en tournée ou de retour par ici !
Loudblast : (Lyslia Huxley)Stéphane Buriez, toujours au chant et à la guitare, a su garder l’énergie des débuts du groupe créé il y a presque 30 ans, et arrive depuis 5 ans à une formation puissante et plutôt très complice, pour toujours du bon thrash metal. Hervé Coquerel à la batterie l’avait rapidement rejoint et ils sont donc depuis 2017 accompagnés par Frédéric Leclercq à la basse et Jérôme Point-Canovas à la guitare. Avec toutes les belles références qu’ils ont tous, le combo ne peut être qu’excellent.
Les Lillois ont joué sous la Temple devant une foule justement acquise. Superbe performance musicale, on sent qu’ils s’entendent vraiment bien et qu’ils prennent du plaisir à jouer.
Ils enchaînent les titres, des classiques, « Cross The Threshold », « Subject to Spirit » et des plus récents comme « Todestrieb » ou « Promethean Fire ».
En plus de la forte implication de Stéphane pour promouvoir la scène metal, à saluer, leur engagement pour Savage Lands, une organisation active pour la préservation de l’environnement, à l’image d’autres artistes.
On leur souhaite une longue continuation et on les encourage pour leurs prochaines tournées !
(Metalfreak) En prime, notre M.L.A.M. nous a interviewé Loudblast ici :
The Vintage Caravan
(Metalfreak) Le trio est revenu cinq ans après sur la même scène et c’est avec la même énergie qu’ils ont mis le feu sur la Valley. Définitivement, ils sont heureux d’être sur scène et ça se voit autant que ça s’entend. C’est toujours aussi survitaminé, ça envoie toujours autant d’ondes (positives) et les interactions avec le public sont toujours aussi sympathiques. The Vintage Caravan, c’est l’assurance de se prendre un catalogue de riffs psychédéliques sur une musique rock, stoner ou blues à haute teneur en décibels.
Un autre bond de 40 voire 50 années en arrière…
Kampfar
(Cassie Di Carmilla) Le poing levé ! Encore et toujours plus de Pagan Black Metal norvégien !
Après Helheim, voici venir Kampfar.
Le quatuor a mis au monde huit albums et trois EP ces trois dernières décennies. Ils reviennent la tête encore fraichement enneigée de leurs montagnes natales pour assiéger la Temple du Festival de l’Enfer.
Ces admirateurs de la nature et des traditions ancestrales prospèrent dans une atmosphère de metal noir atrabilaire en entonnant un florilège de titres devenus de véritables hymnes païens. Le martellement robuste de la batterie vient soutenir les rangées de cordes dans des montées abruptes. La cadences des titres est empressée. Le son lourd et les mélodies épiques limites prog’ viennent casser le pas guerrier de cet ost scandinave. Ca pique au vif sans tergiverser dès les premières mesures du set !
Les arrangements très présents et les passages aux sonorités parfois folk sont les haltes de cette compagnie où le tempo prend brièvement le temps de la contemplation avant que la voix abrasive et le ton vindicatif du maître d’armes Dolk (qui rappellent parfois les Pagan vocals de Primordial) s’empressent à nouveau de galvaniser ses troupes. Le set s’achève, je frissonne encore.
Washington Dead Cats (Lyslia Huxley) Il faisait toujours aussi chaud en ce milieu d’après-midi à la Warzone, beaucoup sont restés plus haut à l’ombre ou restent auprès des brumisateurs géants disposés sur les côtés. Les Washington Dead Cats sont venu promouvoir en partie leur dernier album Monkey Brain sorti au printemps. Mat Firehair toujours aussi inspiré, c’est donc le douzième album sur lequel on le retrouve au chant. Le reste de la formation a depuis ses débuts en 1984 entièrement changé, mais on sent une bonne entente. On retrouve The Duke à la guitare, Seaxeedyo à la batterie, You Rip à la basse, Kall Him G.G. au saxo et Juju à la trompette.
Ils restent une référence, du pur psychobilly aux influences punk, rockab, garage, rocksteady, surf rock jusqu’au swing, on peut dire que ce sont des pionniers du rock alternatif, influencés par les Cramps, ils en ont gardé le côté théâtral et second degré. Kall Him et Juju sont notamment arrivés tout droit sortis de la planète des singes, bon la chaleur leur a vite fait tomber les masques mais c’était du plus bel effet.
Très impliqués dans leurs actes et prises de positions anti-fascistes et libertaires, et cela depuis le début, c’était alors la belle période des Archives de la Zone Mondiale puis Bondage Records avec des tournées mémorables avec les Béruriers Noirs ou Nuclear Device. Leurs paroles ont par contre toujours été décalées, plutôt axées film horreur de série B, pour le côté bien gore et drôle. Leurs concerts sont tout aussi décalés, une botte de poireau a été balancée dans le public, certains pourraient y voir un rapport avec la cause vegan, ça serait peut-être plutôt un clin d’œil à leur ancienne habitude de lancer des légumes sur les spectateurs comme un autre groupe gothique des têtes de veaux.
Il y a eu une polémique sur un bénévole vu sur le côté de la scène avec des inscriptions antisémites, il n’a pas choisi le bon concert, polémique vite réglée, il n’est pas resté.
En tout cas tout le monde était à l’aise, Mat a dû, par contre, remettre des chaussures, ça lui chauffait les pieds. Jusqu’à finalement ne plus les supporter et finir en caleçon, léopard comme sa chemise.
Ils étaient tous vraiment en accord, ils jouent pour le fun et le public les a bien suivis.
Exciter
(Metalfreak) Voir Exciter en concert était un rêve de gosse !
Voir Exciter avec Dan Beehler était inespéré il y a encore quelques années.
C’est chose faite avec un putain de trip nostalgique au niveau de la setlist avec notamment « Violence & Force », « Stand Up and Fight », « Victims of Sacrifice », « Die in the Night », « Iron Dogs » ou « Heavy Metal Maniac »…
Bon ok, le batteur / chanteur n’a plus les montées dans les aigus qu’il avait il y a trente ans, ses cris suraigus à vous déchirer les vertèbres étant devenus des grognements stridents à la limite du supportable. Mais le côté nostalgique a repris le dessus et voir tout un public chanter à l’unisson des refrains qui sont autant de titres cultissimes, ça fait un bien fou.
Mon voyage en DeLorean du jour !
Taake
(Metalfreak) Si on devait définir en un mot ce qu’est l’essence même du black metal, bon nombre de fans mentionneraient Taake tant le groupe incarne tout ce que le genre engendre de malsain, de putride et d’occulte. Taake reste fondamentalement ce que d’aucuns appellent “true black metal” et on ne pouvait avoir décemment d’autres constats que celui-ci tant la bande à Hoest a une nouvelle fois mis tout le monde sur le cul avec un set tout ce qu’il y a de plus cru !
Difficile de ne pas se prendre au jeu.
Agnostic Front (Lyslia Huxley) Des habitués et fidèles supporters du Hellfest, présents dès la 1ère édition du Furyfest en 2002. Agnostic Front est considéré comme l’un des pionniers du New York HardCore, ils souhaitaient se démarquer avant tout de la scène purement punk où ils ne se reconnaissaient pas, ils ont par contre gardé leurs racines Oi avec un côté street punk. Le groupe a été formé par Vincent « Vinnie Stigma » Cappucio vite rejoint par Roger Miret au début des années 1980. Après une séparation en 1993, Vinnie et Roger ont reformé le groupe en 1998 et sont maintenant accompagnés de Mike Gallo à la basse, Pokey Mo à la batterie et Craig Silverman à la guitare.
Sous toujours 40° au moins, ils ont commencé par une belle intro avec « The God The Bad and The Ugly » de Ennio Morricone, le maître, toujours vénéré par les plus grands
Beaucoup de monde les attendait, et il y en a eu de plus en plus. Bien qu’aveuglés par le soleil et dégoulinants de sueur, ils se sont donnés à fond. Un bon choix pour la setlist, en commençant par « AF Stomp », ensuite entre autres « My Life My Way », « Old New York », « For My Family » et quelques surprises comme « Peace » avec Chris de Do or Die, une reprise de Iron Cross Crucified, et pour finir « Blitzkrieg Bop » des Ramones qui a été repris en chœur par toute la Warzone.
Des challengers encore bien occupés, c’était plutôt très animé, un public en adulation, bien en accord avec le set !
On peut vraiment admirer la prestation de Roger, hospitalisé pourtant il y a peu pour un cancer. Il avait dit à ce moment-là que le soutien de ses fans lui faisait du bien. On espère que ça a encore été le cas, que l’engouement du public lui donnera toutes les forces dont il peut avoir besoin et qu’ils reviendront bientôt !
Alestorm (Morgan) Ils avaient joué sous la Temple lors de leur dernière venue en 2017 et c’était bien trop petit. Cette fois, les écossais sont sur la Mainstage et c’est bondé.
Et quel concert ! Les meilleurs représentants du pirate metal, trully Scottish, comme on aurait pu s’y attendre et même en mieux ! Alestorm est à l’image du charismatique Christopher Bowes aux claviers et chant, présent depuis sa formation en 2004. Il est maintenant accompagné par Gareth Murdock à la basse, Peter Alcorn à la batterie, Elliot Vernon également aux claviers et Maté Bodor à la guitare. C’est une formation explosive.
On a pu admirer la superbe entrée en scène avec leur chanson « Keelhauled », un de leurs plus gros tubes, et des gros tubes ils n’en ont pas fait qu’un seul, « Hangover, » « Mexico », « Fuck you with an Anchor », « Drink », « The Sunk’n Norwegian », « Alestorm » : tous y sont passés. De plus, leur nouvel album Seventh Rum of a Seventh Rum, toujours chez Napalm Records, a aussi été joué, avec notamment « P.a.R.T.Y » et « Magellan’s Expedition ».
Sur scène, comme à leur habitude, un invité de marque dont beaucoup attendaient la présence était là : le gros canard gonflable géant !
Même si les fans espéraient qu’ils le lancent dans la foule, ils ont préféré le garder en vie.
Ce qui est malheureusement un peu dommage, c’est le fait qu’ils n’ont pas vraiment eu recours à l’écran géant – à part pour afficher leur logo-, mais au final la foule était plus concentrée sur les performances dingues des artistes du groupe, et c’est ça qu’on veut !
Au-dessus de la foule, c’était un vrai défilé. On peut remercier les challengers pour leurs admirables performances non-stop pendant presque 1h de concert.
Et pour un tel engouement, les grands moyens, c’était lance à incendie dirigée vers le public pour rafraîchir un peu l’atmosphère.
Très certainement un des concerts les plus appréciés de cette double édition.
Flotsam And Jetsam
(Metalfreak) La chaleur intense avait fait quelques dégâts sur les organismes et, au vu du nombre d’interventions des services de secours, héroïques ce week-end, j’étais loin d’être le seul.
Imaginez, boire plus de sept litres d’eau et ne jamais aller aux toilettes, c’est déjà un signe qu’on a pris une claque… Mais quand vous assistez à un concert de Flotsam And Jetsam sous une tente où il fait plus de 40° et que vous grelottez… de froid, il y a vraiment un problème !
Malgré tout, hors de question de louper le gang de Phoenix qui voit encore Michael Gilbert y balancer ses riffs de folie magnifiés par les vocaux toujours subtils et aigus d’Eric A.K., derniers membres originels de la formation.
C’est d’ailleurs accompagné de mon ami Coolstoner que, après avoir passé le premier titre à les photographier, je regarde le set en entier depuis le milieu de la tente. La Temple n’est pas blindée, on suppose que tous se sont agglutinés devant la Mainstage pour Alestorm ! On s’en fout, ça nous fait plus de place pour cette heure de thrash metal pur jus. Flotsam And Jetsam live, c’est l’assurance d’un set de qualité : ces mecs sont de véritables tueurs et la setlist n’est pas en reste, surtout qu’elle fait la part belle aux deux albums que je vénère le plus avec “Dreams of death”, “Hammerhead”, “She took an axe”, “Desecrator”, “I live you die” et “No place for disgrace” au milieu des plus récents “Iron maiden”, “The walls”, “Prisoner of time” et “Brace for impact”.
Un pur rêve, au point que je me demande si quelques-uns de mes frissons ne venaient pas du groupe et non de mon coup de chaud…
Suite à ce set, je décide de rester une petite heure au coin VIP pour reprendre quelques forces… tenant à aller assister aux sets de Sepultura, Deep Purple, Agressor et Airbourne.
Ensiferum
(Cassie Di Carmilla) Il est maintenant l’heure de croiser le fer avec les porteurs d’épée voisins, à savoir les finlandais d’Ensiferum. Riche de trois EP et de huit longs formats, le groupe a tenté de se renouveller tout au long de sa carrière empruntant parfois des routes accidentées. En 2020, le quintette sort ‘Thalassic’ et prend une direction plus « Pouet Pouet Power » que « Pouet Pouet Folk » avec l’arrivée de Pekka Montin aux claviers et au chant clair. Bien que je tire volontiers mon chapeau devant les performances vocales de ce dernier, je ne suis pas adepte du genre.
Je ne parviens pas à tenir jusqu’à la fin du set malgré l’énergie et la bonhomie de ses frères d’arme. Je boudais déjà Ensiferum après ‘Victory Songs’ et, en dépit de mon enthousiasme d’entendre des titres phares du groupe durant le set, je capitule. (Lyslia Huxley) Il est 20h30, on pourrait croire que la température a enfin baissé mais le chapiteau est plein et le manque d’air nous fait replonger dans une ambiance caniculaire.
« Rum, Women, Victory », tel un hymne…Ainsi commence le live de Ensiferum à la Temple.
Le groupe de Folk Metal Finlandais est bien là pour nous assurer une prestation digne des premiers vikings et nous absorber dans leur univers pagan. Formés en 1995, issus du milieu metal, ils ont choisi de s’orienter vers ce qui les attirait le plus en préférant un côté folk et death metal mélodique, influencé par des groupes comme Dark Tranquillity. On en arrive à du metal extrême mélodique plutôt envoûtant, une nouvelle approche du Folk metal plus travaillée.
On retrouve cet esprit guerrier et de conquête dans le nom même, Ensiferum, qui est le mot latin pour porte épée, choisi par Markus Toivonen à l’origine de la formation et pilier du groupe.
Plusieurs extraits du dernier album Thalassic ,sorti en 2020, ont suivi avec encore « Run From The Crushing Side » ou « For Sirens » et les incontournables « In My Sword I Trust », « Andromeda » ou « Lai Lai Hei » qui a terminé en circle pit géant pour finir dans la continuité avec « Iron ».
C’est passé trop vite ! On espère un nouvel album prochainement, qui annoncerait alors une nouvelle tournée.
Sepultura
(Metalfreak) La petite heure de repos a permis de récupérer un peu d’énergie, la sensation de froid est partie… faisant place à une migraine des plus plombées au point que les protections auditives n’empêchaient pas les douleurs. Alors assister au concert des légendes brésiliennes, sachant qu’elle ne détestent pas nous coller une bonne dose de brutalité dans leurs shows, c’est savoir d’avance que le Paracétamol sera obligatoire en rentrant.
Ca n’a pas loupé : des musiciens en mode tueurs, un chanteur au charisme aussi costaud que son physique est imposant, une setlist qui débute par des classiques (“Arise”, “Territory”) et termine par des classiques (“Refuse / Resist”, “Ratamahatta” et Roots bloody roots”).
Jouissif mais extrêmement douloureux, je rassemble ce qu’il me reste de force et prend le chemin du retour, zappant volontairement les groupes que je voulais voir.
Après tout, c’était l’assurance aussi d’un peu de repos avant le dimanche qui s’annonçait plus brûlant sur les scènes, mais fort heureusement moins intense niveau canicule…
(Lyslia Huxley) Même si la formation a bien changé depuis ses débuts en 1984, ils sont toujours aussi attendus. Ils auraient pu jouer sur la MainStage ou même à la Warzone mais ce soit c’est à l’Altar, laissant c’est vrai de nombreux fans déçus de ne pas pouvoir s’approcher. Il ne fallait surtout pas arriver trop tard et je m’en doutais un peu alors pas grave si on doit les attendre.
On ne peut pas parler de Sepultura sans citer les frères Max et Igor Cavalera à l’origine du groupe en 1984 à Belo Horizonte au Brésil, dans une ambiance de fin de dictature militaire avec une forte répression policière et une histoire familiale tragique qui les a amenée à s’exprimer par leur musique en accentuant le côté thrash metal de la scène heavy metal locale. Ils se sont fait rapidement connaître hors de leurs frontières via le label Roadrunner Records puis des tournées en Europe et Amérique du Nord.
Le son est puissant et le groupe devient l’un des plus influents de la fin des années 80 en évoluant vers le metalcore, adulé aussi bien par des fans de hxc, de metal ou de punk. Leurs textes sont fortement engagés, parfois censurés pour blasphème ou dénonciateurs des conditions dérangeantes des minorités brésiliennes comme d’autres aussi sordides, leurs prestations sont souvent jugées trop violentes mais ce n’est qu’à l’image de la triste réalité. L’album Roots marque un tournant en y intégrant des rythmes plus primitifs, une prouesse musicale et un style qui perdure.
Aujourd’hui seul le bassiste Paulo. Jr a connu la formation initiale, l’ont rejoint Andreas Kisser à la guitare, Derrick Green au chant et Eloy Casagrande à la batterie.
Tous Brésiliens, Derrick Green est le seul américain mais tout autant impliqué pour les causes qui leur tiennent tous à coeur. Ils ont réussi à perpétuer la singularité du groupe et son aura.
Après « Policia » et une intro Tribal, c’est un set qui reprend les principaux titres en commençant par « Arise » et « Territory » qui font trembler l’Altar, puis « Means to an End » et « Capital Enclavement » du dernier album « Quadra » sorti en 2020, pas de moments de répit avec encore d’autres extraits de « Chaos AD » avec « Refuse/Resist » ou « Propaganda » pour finir en apothéose avec « Ratamahatta » et « Roots Bloody Roots » !
On ne peut qu’espérer les voir revenir pour un plus long set et une scène plus accessible à tous.
Social Distortion (Lyslia Huxley) Les Californiens de Social Distortion ou SxDx nous font l’immense plaisir de venir jouer pour la première fois au Hellfest, sur une scène qui leur est spécialement réservée et ne pouvait être que la Warzone ! Mike Ness est le leader fondateur du groupe en 1978, au chant et à la guitare. Il est influencé aussi bien par la country de Bob Dylan ou Johnny Cash que par des groupes comme les Ramones, Les Clash ou Les Rolling Stones, avec un style de vie punk bien aguerri. La formation initiale prend fin au début des années 1980 en raison de ses addictions et de son attitude déconcertante pour beaucoup, plutôt autodestructrice qui lui vaudra plusieurs séjours en prison et cures de désintoxication.
Le groupe reprendra avec l’enregistrement de « Prison Bound » sur Restless Records en 1988, ils enchaînent ensuite les albums sur différents labels. Le décès tragique du guitariste Dennis Dannel, ami d’enfance de Mike et co-fondateur du groupe en 2000 les touche profondément, c’est autant d’émotions qui seront retransmises dans les titres suivants. Mike Ness est ce soir accompagné de Johnny Wickersham à la guitare, Brent Harding à la basse et David Hidalgo Jr à la batterie. Tous bien synchro pour une prestation remarquable.
Leur prestation live est intimiste, certains se demanderont pourquoi ils jouent à la Warzone… C’est l’esprit même du pur rock’n’roll du genre qui donne l’envie de se mettre à jouer, à en devenir accro!
Leur set est efficace et un judicieux choix parmi toute leur discographie, en commençant par « Road Zombie », « Bad Luck », « Sick Boys », « Machine Gun Blues », « Story Of My Life » par la suite et le partage de leur tout nouveau titre « Tonight » pour finir sur « Ring Of Fire », excellentisime version.
Bref un très bon moment passé en leur compagnie.
Envy
(Cassie Di Carmilla) Il y a trente ans de ça, cinq jeunes tokyoïtes un peu fous ont eu le rêve de faire de la musique pour parcourir le monde. Onze albums plus tard et un nombre incalculable de tournées après, revoilà Envy pour la seconde fois au Hellfest (la première en 2015). Envy est un ébranlement émotionnel qui vous remue les tripes. Une schizophrénie instrumentale pleine de contradictions intérieures où coexistent des influences Post-Rock voire Post-Hardcore et Screamo aux accents presque Punks. C’est le dualisme cartésien du corps et de l’esprit au service de la musique. La folie à l’état brut !
Un trouble dissociatif nous fait passer du rire aux larmes en un seul titre lorsque la personnalité des guitares aériennes aux arpèges lumineux d’espoir vire soudainement à l’alter aux tremolos nerveux et tranchants dans des épisodes psychotiques. Leurs détenteurs s’agitent brusquement par de grands gestes désordonnés au rythme des frappes chirurgicales de la batterie. Les samples noisy soulagent sur ces entrefaites comme un décontractant pour secousses de l’âme.
La scène retrouve alors son calme entre deux crises convulsives. Le chant clair émouvant fait poindre la larme à l’œil mais, avant qu’elle ne coule sur la joue, les accès de fureur chaotiques resurgissent en hurlements déchirants et mélancoliques du frontman Tetsuya Fukagawa. On se contient jusqu’au point de rupture. C’est l’explosion ! Ulcérés, on souffre avec lui sur des textes intégralement chantés en japonais qui abordent l’humanité moderne, ce qui était, ce qui est et ce que sera notre société.
L’intensité de cette musicothérapie n’a d’égale que son agressivité. Les agents de sécurité tentent de retenir Tetsuya Fukagawa en équilibre précaire au bord des crash-barrières, pendu au fil de son micro, prêt à se jeter dans la foule.
Sur un dernier soupir, le set expire. Un ultime frisson me remonte le long de l’échine.
Vreid 1184 Windir show
(Cassie Di Carmilla) Un dernier concert (et pas des moindres) entérine cette journée aux couleurs bleu-blanc-rouge. Je parle bien évidement de celles de l’étendard norvégien. Une fois n’est pas coutume, me revoici en terre viking pour assister à la dernière bataille de Vreid ou plutôt la colère (traduction de « Vreid » en norvégien) d’un dieu nordique que l’on croyait éteint depuis longtemps : Windir.
Vreid est né des ruines du groupe Windir après la disparition de leur frontman Valfar, mort d’hypothermie lors d’une tempête de neige dans les montagnes de Sogndal.
Issu de l’impulsion de trois anciens membres de Windir, Vreid prend vie. Storm, ancien guitariste de la formation initiale, vient compléter le quartette en 2010. Voici donc que l’armée de Windir, presqu’au complet, retourne à l’assaut de la Temple aussi violement qu’à la bataille de Norafjord, abordée dans l’album ‘1184’, sorti en 2004.
Ce serait réchauffé de vous proposer encore l’intégralité du champ lexical militaire déjà employé pour les groupes précédents. Loin de mon capillotractage habituel, je me limiterai en affirmant que Windir était et que Vreid est une sommité du genre Viking Black Metal. Ici également, on est loin des clichés commerciaux que l’appellation suggère.
C’est un puissant Black Metal épique et mélodique où les claviers et les blasts sont ubiquistes alors que les arrangements folks se font plus discrets. C’est Grandiose et émouvant ne serait-ce que de voir le pavillon du premier bataillon se hisser en guise de backdrop sous le regard d’un public nostalgique de la grande époque Windir. Les effets pyrotechniques lancent des boules de feu qui ressemblent à des notes de musique incandescentes sur la partition de la scène.
Dorénavant, je peux m’enorgueillir d’avoir Windir en live !
Airbourne
(Morgan) Pour cette première partie du Hellfest, les rockstars australiennes ont plus que bien assuré leur show ! Après cette journée caniculaire, c’est à eux qu’à été confié le rôle de ramener la pluie sur le festival, tels des messies fortement acclamés.
Ils sont là pour retourner la Mainstage avec leur puissant hard rock. Souvent très justement comparés à leurs compatriotes AC/DC on ne peut douter de leur capacité à rassembler les foules même à une heure du matin après une telle journée.
Les frères Joel, au chant et à la guitare et Ryan O’Keeffe à la batterie sont à l’origine du groupe en 2003, la même énergie les anime depuis le début et leurs comparses Justin Street à la basse et Jarrad Morice tout juste arrivé à la guitare rythmique sont tout aussi survoltés.
« Ready to Rock », « Back In The Game » pour démarrer en trombe et annoncer une suite de hits à déchaîner un public déjà bien électrique.
Cette fois-ci, Joel a renoncé à escalader la scène et les infrastructures sonores même s’il a quand même escaladé quelque chose : les épaules d’un membre de la sécurité, où il y a joué quelques des riffs puissants du groupe.
Au niveau de la setlist, s’ensuivent tous leurs plus gros tubes comme « Too Much, Too Young, Too Fast », le plus récent « Boneshaker » pour une des premières fois en live, « Breakin’ Outta Hell » et évidemment « Live it Up », « Raise The Flag ».
On notera l’hommage touchant à Lemmy fait par Joel, il en parle comme si celui-ci était son père et qu’il l’avait aidé à se construire. Lemmy était un grand fan du groupe, il les a particulièrement soutenus et souvent fait jouer avec Motörhead en tournées. Le titre qui lui est dédié « It’s All For Rock N Roll » est joué avec tout l’esprit du rock’n’roll qui lui était si cher.
Et pour finir « Runnin’ Wild » tel un hymne.
Vraiment motivés pour toujours faire vivre le rock à fond, ils reviendront pour le second week-end toujours sur la Mainstage pour une prestation toute aussi monumentale.
(Metalfreak) La nuit a apporté son lot d’orages salvateurs et un rafraîchissement de l’air a été plus que bénéfique, ne serait-ce que pour le sommeil. Demain, ça va tout déchirer !
Photos : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak
Reports : Lyslia Huxley / Cassie Di Carmilla / Metalfreak / Morgan Vidéo : Coolstoner
(Metalfreak) On y retourne, trois ans après la dernière édition, on se prend le premier jour du premier weekend avec une chaleur à acheter une maison en viager. Les organismes vont morfler, on le sait ! Le pic de chaleur est prévu pour le lendemain, et vu ce qu’on se prend déjà à dix heures du matin, ça promet pour la suite. Les bouteilles d’eau sont pleines, let’s go !
Vendredi 17 :
Heart Attack
(Metalfreak) Notre Philqui moshe comme un maniaque n’a pas tari d’éloges en parlant de « Negative sun » (>> ici <<), sorti pile poil une semaine avant, il me fallait m’en rendre compte par moi-même !
Et s’il faut reconnaître une qualité chez cet ancien, c’est qu’il n’est pas loin de ne pas avoir tort !
Déjà, ouvrir un Hellfest, c’est un sacré pari : Mainstage clairsemée, chaleur déjà intense… les mecs arrivent masqués pour entamer leur thrash metal empli de groove pour le moins efficace !
C’est qu’ils ne semblaient pas intimidés tant par la taille de la scène que par l’étendue du site et ont foutu le feu d’entrée.
Pari réussi, entame parfaite ! les Cannois peuvent garder la tête haute…
Mais pour des raisons évidentes de curiosité, je n’ai pas assisté au set en entier : je tenais à découvrir les régionaux de l’étape, Shade And Dust, qui ont remporté le tremplin The Voice Of Hell avec leur combinaison de death metal mélodique et de metalcore.
Même si j’ai trouvé leur set moins énergique que celui d’Heart Attack – en même temps, ils avaient placé la barre très haut –, j’ai trouvé que leur victoire au tremplin n’avait rien de volé.
A suivre
Mortis Mutilati
(Cassie Di Carmilla) Né entre Paris et Clermont-Ferrand sous la plume du multi-instrumentaliste Macabre (ancien membre de Azziard et Moonreich, notamment), le groupe de Black Metal sort une première démo en 2011 puis un premier album en 2012. Toutefois, ce ne sera qu’avec leur troisième album, en 2015, que le groupe prendra sa griffe actuelle grâce à la voix aérienne d’Asphodèle. Tel un corbeau fraichement remplumé, Mortis sortira deux autres albums dont le dernier, en 2020, qui s’intitule ‘The Fate Of Flight 800’.
Ce volatile à cinq têtes annonçant un trépas future (et vainqueur du tremplin The Voice Of Hell), arrive sur la scène Temple pour leur célébration mortuaire.
Le teint livide, les yeux vitreux et les haillons sont de rigueur pour un service funéraire aussi sale que leurs oripeaux. Le groupe officie alors dans un Black Metal froid au chant sépulcral torturé dont seules quelques envolées lyriques d’Asphodèle, douce mélancolie romantique, viennent percer les ombres de ce cimetière pour attirer les malheureux dans les bras de la succube.
Outre le côté taphophile voire nécrophile des textes, Mortis Mutilati est un ossuaire dont la richesse musicale des arrangements demande un temps de contemplation entre la lenteur dépressive et le Black Metal violent.
Necrowretch
(Cassie Di Carmilla) Ce quatuor valentinois fondé en 2008 est détenteur de trois EP et de quatre albums. Signé chez Season of Mist, ‘The Ones From Hell’ (2020) rencontre un véritable succès auprès des disciples du genre Black / Death Metal.
Ici, la messe se veut satanique. Loin des langueurs blasphématoires habituelles, Necrowretch sanctifie le Death Metal avec conviction d’une technicité et d’une efficacité incontestable. Il ne laisse aucun repos aux condamnés avec un rythme déstructuré et soutenu par la lourdeur des riffs oppressants empruntés au Black Metal. De cette part sombre, il va sonder au plus profond du malsain, avec brutalité, à la cadence d’un blast irréfréné. Vlad, leader du groupe ; vient chanter pouilles à la bien-pensance, glorifiant le Démon d’une voix agressive. Necrowretch est un groupe à la musique morbide et puissante à réveiller les morts !
(Metalfreak) Je ne compte plus le nombre de fois où je les ai vus, je sais par contre le pourcentage de claques que j’ai prises lors de leurs prestations live : 100% Vlad est habité, il n’y a pas photo. Dès l’instant où il monte sur scène, c’est pour dévorer le public, que ce soit dans une petite salle ou sur la scène de l’Altar ! Il vient en découdre à grands coups d’un death metal putride on ne peut plus malsain. Et les zicos qui l’entourent ? Des tueurs, ni plus, ni moins. Necrowretch faisait partie des groupes que je ne comptais pas louper !!!
Numen
(Cassie Di Carmilla) Numen, groupes comptant parmi les rangs du label français Les Acteurs de l’Ombre Productions a traversé sa frontière ibérique pour partager les mythes et légendes d’autrefois de sa région basque natale.
Fondé en 1997, le groupe sort un EP en 2000 suivi d’un premier album en 2001. Après un troisième album éponyme paru en 2007, le groupe ne reviendra qu’en 2019 après une longue traversée d’un désert de batteurs expérimentés du genre dans ses contrées. ‘Iluntasuna besarkatu nuen betiko’, sa dernière parution fait honneur à la langue originelle de ses créateurs.
Le sextuor nous replonge dans l’histoire païenne de son pays grâce à des parties Pagan voire Folk alliées à un Black Metal puissant. Cette alliance rend l’histoire épique et captivante. On apprécie toute l’émotion autour de cette mythologie dans la voix du chanteur Aritz Navarro. Les riffs sont sombres et la batterie violente. Quelques passages atmosphériques invitent à la divagation de l’âme.
Le temps du set, l’esprit s’évade et l’imagination recrée ses paysages sonores païens où la vie était aussi rude que la musique du groupe.
Ego Kill Talent
(Metalfreak) C’est plus par curiosité que par intérêt si j’ai été voir les Brésiliens d’Ego Kill Talent, histoire de voir pourquoi beaucoup de monde ne m’en disait que du bien.
Alors oui, c’est un putain de rock bien foutu, avec du refrain et du couplet qu’on a envie de chanter à nouveau à tue-tête après les avoir entendus une seule fois… mais j’avoue ne pas avoir été plus emballé que ça. Peut-être que le groupe qui passait à l’Altar m’intéressait autrement plus.
C’est après un titre pendant l’attente au pit photo et un deuxième pendant la prise de clichés que je suis parti direct vers l’Altar en me disant que si Enforced ne m’intéressait pas autant, je serais sans doute resté plus longtemps, encore une fois par curiosité.
(Metalfreak) Je dois bien l’admettre, le « Kill Grid » des Américains d’Enforced m’avait particulièrement plu, gratifiant l’album d’un plus que mérité 9/10 (>> là <<). Le thrash metal mâtiné de death du groupe de Richmond est aussi impitoyable sur scène que sur album, et quand on a eu entre les mains cette déflagration, on comprend de quoi je veux parler !
Quelle claque !
Mephorash
(Cassie Di Carmilla) Voici venue l’heure de la procession des quatre serviteurs orthodoxes de Mephorash. Cette organisation a vu le jour en Suède en 2010. En une décennie, quatre opus sortiront de l’ombre de Shadow Records (dont le dernier, en 2019 : ‘Shem Ha Mephorash’).
Inspiré de la Kabale, la tradition ésotérique du judaïsme, le groupe offre un Black Metal occulte bien exécuté. Même s’ils n’innovent pas dans le genre, la prestation reste remarquable.
Il s’agit d’une théurgie basée sur des riffs incisifs purement Black Metal, adjoints de lignes plus mélodiques. La musique oscille entre le martèlement martial de la procession et les lenteurs des invocations. Mashkelah M’Ralaa, l’orateur de cette liturgie, hurle ses adjurations avec ferveur et, parfois, les chantent d’une voix claire déchirante tandis que les chœurs appellent les fidèles à psalmodier avec eux.
La théâtralisation des arrangements et de la prestation des membres de ce culte captive un public hypnotisé par les flammes vacillantes sur les sigils en métal et par les mouvements rituels du chanteur. Pour ma part, j’en prends plein les oreilles, les yeux et les vêtements puisque je me retrouve baptisée par le sang nauséabond bénissant les premiers rangs de s(p)ectateurs.
Cadaver
(Metalfreak) S’il y a bien un groupe que je ne pensais pas voir un jour sur scène, c’est bien Cadaver.
Coup sur coup, en 1990 et 1992, ils nous ont balancé « Hallucinating Anxiety » et « … In Pains » et, encore aujourd’hui, ces deux baffes de death metal passent régulièrement sur ma platine. C’est que le père Anders « Neddo » Odden en a encore sous la semelle et cela s’entend.
Avec en prime un batteur multi-bras en la personne de Dirk Verbeuren (qui n’aura pas fait le déplacement pour rien puisqu’il aura joué lors des deux sets de Megadeth) et un contrebassiste qui aura divinement fait le métier, Cadaver nous a replongé dans les méandres de ce death metal typiquement nineties et quelque peu homogène, pour le plaisir des plus nostalgiques.
Seth
(Cassie Di Carmilla) S’il y a des monuments musicaux qui s’imposent dans le paysage français, Seth fait partie des pierres angulaires du Black Metal hexagonal depuis plus de vingt ans et, cette pierre, depuis les événements de 2019 et la sortie de leur sixième album (‘La morsure du Christ’, 2021, Season of Mist), est l’une de celles calcinées de Notre Dame de Paris.
Les bordelais, toujours en rébellion contre l’Eglise et l’austérité chrétienne, s’engagent dans une nouvelle messe noire dont ‘Les Blessures De L’Âme’ restent gravées sur l’autel de leur discographie, une génération plus tard, malgré des changements dans leurs ordres. Le dernier album du groupe ayant été conçu comme une suite logique du premier opus, la cohésion musicale possède de solides fondations.
Ces ambassadeurs du métal noir français officient dans un Black Metal so 90’s d’une technicité qui n’est plus à prouver. Le matraquage d’Alsvid fait trembler le sol et les riffs mortels d’Heimoth sont brûlants. Les ouailles entonnent volontiers les alexandrins et les élégies du charismatique Saint Vincent. Cet édifice de violence se voit allégé par les subtiles parties de claviers de Pierre Le Pape qui viennent sublimer cette construction. Et sous l’immondice apparaît alors la beauté du romantisme vampirique. La beauté d’une femme pieuse dont la robe de mousseline laisse place à celle d’hémoglobine. La Vestale fait tournoyer des éventails de feu avant que le culte ne s’éteigne sur le piédestal.
Frank Carter & The Rattlesnakes
(Metalfreak) J’en rigole encore !
Je tenais à les voir, les avoir au bout de mon appareil photo. Un concert de Frank Carter & The Rattlesnakes est l’occasion de se prendre un pur moment de rock ‘n’ roll !
Et ce fut le cas, dans tous les sens du terme.
A part parfois à la Warzone et surtout à la Valley, le temps alloué pour les photographes est d’un seul titre. C’est comme ça, nous autres accrédités aux pits, on le sait.
Lorsque c’est la tour de ma fournée, Frank Carter a la délicieuse idée d’aller au milieu de la foule profiter d’un slam bien sympathique et de chanter au milieu d’un circle pit réservé uniquement pour lui.
Bref, niveau photos, quand ne mesure que 171 centimètres, c’est compliqué…
Heureusement que ma consœur Lyslia Huxley a suivi le délire et, voyant ma difficulté à shooter l’artiste, a rattrapé le coup, et mon ami Coolstoner dans le public pour filmer ce moment ! Rien que pour ça, les deux sont engagés à vie dans Soil Chronicles.
(Lyslia Huxley) Jour 1, milieu d’après-midi genre au plus chaud de la journée, 41° à l’ombre ça fait beaucoup en plein soleil mais le devant de la Mainstage était déjà bondé. Ils avaient joué à la Warzone en 2017 pour un premier show mémorable que j’avais lamentablement loupé ! Vus ensuite au Stéréolux à Nantes en 2018 pour une superbe prestation. Il revient donc cette fois, 2 albums plus tard, sur la Mainstage du Hellfest. Fidèle à ses habitudes, Franck n’a pas mis longtemps à sauter dans la foule qui l’a porté pour finir par y plonger et faire le poirier. Très classe avec sa chemise, on reconnaît le style British jusqu’au bout des pieds avec ses jolis mocassins. Il a ensuite enchaîné en dirigeant un beau circle pit avec un espace safe pour les filles, il y tient à toujours promouvoir une présence féminine dans les pits. Le punk reste pour eux un état d’esprit et ça se ressent.
Cette envie de se mêler à la foule est partagée, c’est ensuite Dean Richardson, le guitariste, qui y est allé pour jouer un morceau.
Leur style est un mix admirablement structuré de leurs multiples influences et précédentes formations, le hardcore punk des Gallows ou plus rock de Pure Love et à voir ce serait pas surprenant que leur nom de scène soit un clin d’œil aux Bee Gees. Ce sont d’excellents musiciens qui s’éclatent sur scène, ils nous transmettent toute leur énergie, un réel plaisir.
De très bons titres extraits de toute leur discographie parmi lesquels « Sticky », « Juggernaut », « Devil inside me », « Crowbar », « Lullaby » ou la belle chanson « I hate you » avec une spéciale dédicace, on sent le vécu… Un choix très apprécié où il ne manquait juste cette fois que « Vampires », mais le timing était assez serré. Et message passé via Go get a tattoo, rdv chez Rose of Mercy, le studio que Franck a ouvert à Londres.
Necrophobic
(Metalfreak) Pour avoir l’intégralité de leurs albums, les voir enfin sur scène était comme une évidence, mais voilà, je n’ai vu Necrophobic que l’espace de deux titres.
A l’Altar, c’est comme à la Mainstage, tu ne peux shooter qu’un seul titre. Quelle que soit sa durée d’ailleurs, j’en parlerai pour la deuxième journée avec Rectal Smegma. A la Valley, c’est minimum deux.
Tu la vois venir, la subtilité ?
Je patiente donc tranquillement que ce soit mon tour pendant “Black Moon rising” et me retrouve dans le pit pour “Mark of the necrogram”.
Pendant ces deux morceaux, c’est une déflagration de titres black / thrash metal du plus bel effet ! Visuellement, c’est aussi sympathique, surtout quand on est photographe.
Le titre se termine, la sécurité nous fait comprendre d’une petite tape amicale sur l’épaule que le temps alloué est terminé et qu’il faut laisser la place aux suivants. Pas grave, je me dis que je vais faire le tour et refaire la queue.
Je t’en foutrais !
Pour sortir de l’Altar, faut passer par la Temple. Et en passant par la Temple, tu entends ce qui se passe à la Valley.
Et là, j’aime ce que j’entends !
Que dis-je, j’adore ! Black Mountain y distille son revival rock seventies bourré de psychédélique.
Bon, ok, j’y fais un tour, histoire de prendre deux-trois clichés avant de retourner à l’Altar !
Deuxième je t’en foutrais !
Déjà, comme dit plus haut, à la Valley, on a droit à deux titres (minimum). Et la fournée de photographes s’est juste arrêtée devant moi. J’ai donc dû attendre quelque peu ! Pas grave, la musique de Black Mountain est on ne peut plus envoûtante, un pur régal. La chaleur est tellement intense sous la Valley qu’on se croirait dans un sauna : la sueur dégouline frénétiquement le long des bras et dans le dos. Qu’importe !
Ce que j’entends est divin, je me sens transporté par la musique des Canadiens.
Et quand c’est à mon tour de passer, nous ne sommes que quelques photographes, les derniers…
Je suis resté jusqu’au bout… fasciné, hypnotisé… Et Necrophobic, ben je ne les ai pas revus !
Rotting Christ
(Cassie Di Carmilla) Originaire d’Athènes et porté par les frères Tolis, voici l’incontournable groupe grec Rotting Christ, fort de treize albums depuis le début des années 90.
La Temple fait plus que salle comble puisque la foule s’amasse en dehors de la tente. Les percussions tribales de Themis Tolis commencent à faire trembler le sol. Ce jeu martial effréné continue de faire le succès du groupe. Il en va de même pour les riffs saccadés ainsi que les déclamations emphatiques du frontman Sakis Tolis qui n’en reste pas moins un orfèvre de la litanie. Il n’y a aucune prise de risque chez Rotting Christ. On reste dans le champ lexical occulte et gentiment blasphématoire. C’est précis et percutant. Son Black Metal mêle les mélodies à la puissance bien que le groupe use et abuse depuis quelques années des chœurs et des arrangements grandiloquents. Il n’y a pourtant rien à jeter dans ce set ! Chaque titre est une pièce indissociable de l’œuvre grecque.
Lords Of Flesh
(Metalfreak) Grave ayant annulé, trois de ses membres sont venus et ont enchaîné les reprises de titres death metal avec quelques grogneurs du genre (Vlad, Stéphane Buriez, Anders Strokirk…) pour une petite heure de retour aux sources du death metal !
High On Fire
(Metalfreak) Encore une fois, le même circuit : Altar puis Valley via Temple et tu tombes sur les monstrueux High On Fire… et puis… tu restes à la Valley, encore une fois !
Le sludge / doom metal du trio d’Oakland fait mouche à chaque fois.
Du brut, du puissant, de l’implacable… et surtout du jouissif !
C’est la deuxième fois que je quitte un bon groupe de death metal pour aller me régaler sous la Valley malgré l’atmosphère étouffante due à la canicule sous cette tente. C’est dire si la programmation de la Valley a été qualitativement exceptionnelle cette année.
Le pire est que ce n’est pas la dernière fois que ça va arriver !
Dropkick Murphy’s (Lyslia Huxley) Toujours beaucoup de monde devant la Mainstage pour le groupe de punk celtique originaire de Boston. Ils commencent à être des habitués du Hellfest. C’est leur 4ème participation. Au départ plus connus pour leurs reprises de chansons traditionnelles irlandaises et leurs participations à la Fête de la Saint Patrick à Boston, ils ont enchaîné les tournées dans le monde entier et leur propre style a conquis le public. Ken Casey était cette fois seul au chant, Al Barr étant resté auprès de sa mère qui a actuellement besoin de son assistance. Certains diront que Ken n’était pas en forme, effectivement sa voix s’en est certainement ressentie.
Bonne setlist, des classiques, « The Boys are Back », » Johnny I Hardly Knew Ya », « Rose Tattoo » et tout le monde chante à en couvrir le principal interprète. Gros pogos en général avec des moments plus intenses, des pluies de confettis, des flammes, c’était chaud !
Pas d’animations sur l’écran géant juste leur logo, mais on ne peut que mieux apprécié les performances musicales de Tim Brennan à l’accordéon ou Jeff Da Rosa au banjo. Mention spéciale après un » God bless you guys » pour Barroom Hero dont une nouvelle version vient de sortir avec un groupe ukrainien, jouée sous un éclairage bleu et jaune. Une reprise convaincante de « TNT » d’AC/DC interprétée par le bassiste de la tournée Kevin Rheault et un nouveau titre acoustique de leur prochain album en avant première « Two 6’s Upside Down », single à l’écoute depuis le 6 Juillet en attendant la sortie de l’album le 30 Septembre… A suivre car leur prestation sur scène doit être reprise dans leur clip.
Pour finir « I’m Shipping Up to Boston » et à bientôt !
Primordial
(Cassie Di Carmilla) Primordial est un groupe irlandais œuvrant dans un Black Folklorique depuis sa première démo en 1993 et comptabilisant neuf albums à ce jour. Ceux qui me connaissent s’écrieront « Pouet Pouet » en lisant le terme folklorique. Le fruit ne tombe jamais bien loin de l’arbre même si ses branches écrivent « Hellfest ».
Ce quintette aborde l’héritage culturel de ses ancêtres celtes. On ressent dans sa musique la nostalgie de la grandeur des civilisations anciennes au destin tragique. La violence guerrière se galvanise au son des riffs des cordes Black Metal Epique à l’atmosphère lourde et mélancolique et, même lorsque le tempo accélère, on est bien loin de la légèreté du Pouet Festif. A contrario, les arrangements folks témoignent d’une fragilité émouvante qui exprime la profonde implication du groupe dans sa musique. Une ferveur portée par l’ardeur du chant d’Alan Averill Nemtheanga dans l’intégralité de ses registres et qui n’a d’égal que la présence scénique de ce frontman.
Bien que la critique de la société moderne transparaisse dans l’œuvre de Primordial, j’y perçois néanmoins une volonté de la voir changer car, après tout, comment envisager le future sans se retourner sur le passé ?
At The Gates
(Metalfreak) J’étais le premier dans la file des photographes. Cassie voulant absolument ne pas manquer Primordial, j’ai écouté de loin ce set, histoire aussi de reposer les organismes fortement éprouvés par la chaleur étouffante de la journée.
En discutant avec quelques amis, ils se sont demandés comment ça se faisait que je n’allais pas voir Baroness. “J’irai jeter une oreille après mon passage à la Temple”…
J’ai bien shooté At The Gates pendant “Spectre of Extinction”, titre qui ouvre le dernier album en date “The Nightmare of Being” et le set de la formation suédoise par la même occasion ; et c’est sur les premières notes de “Slaughter of The Soul” que je m’achemine vers la Valley.
Et là, comme une révélation : Baroness, j’avoue honteusement que je ne connaissais que de nom.
Plus maintenant !
Je peux te dire qu’après cette performance, j’ai passé quelques heures à l’Extreme Market pour aller acheter les albums. Baroness a livré une prestation magique, bourrée de feeling et d’émotions, avec pour point culminant un “Eula” à coller des frissons malgré la canicule, tant ce titre a été interprété avec un feeling hors normes avant de monter en puissance de façon magistrale.
J’y ai même vu une photographe se retrouver les larmes aux yeux devant ce titre d’une beauté quasi absolue, magnifié par les soli d’une guitariste aussi belle que talentueuse.
Sans doute le plus beau concert auquel j’ai assisté ce premier jour.
J’en suis resté scotché, au point de me dire que, pour ce jour, c’était inutile d’aller voir un autre groupe tant mon plaisir était à son paroxysme.
Et At The Gates, comme un syndrome Necrophobic, ben je ne les ai pas revus non plus !
Cro-Mags
(Metalfreak) Malgré Baroness, ayant retrouvé mes esprits, il me restait quand même quelques forces pour aller voir les légendaires Cro-Mags.
Un groupe que j’admire depuis l’adolescence tant son crossover / thrash metal / hardcore a fait se secouer des nuques par millions.
C’était aussi l’occasion d’aller à la Warzone pour la première fois de la journée, histoire aussi d’aller admirer la splendide nouvelle statue de Lemmy.
Et Cro-Mags, fidèle à sa légende, a retourné la Warzone !
A quoi fallait-il s’attendre d’autre ?
Bref, la palme du colérique à la trogne la plus renfrognée revient indubitablement à Cro-Mags et à son chanteur des plus charismatiques.
Ca fait longtemps qu’on ne dit plus « je vais à un concert de Cro-Mags » mais « Y a bagarre ! »
(Lyslia Huxley) A ce moment-là pas possible d’être ailleurs, vraiment pas ! L’histoire des Cro-mags est mouvementée : séparation, nouvelle formation, reformation… à l’image de l’emblématique bassiste et principal chanteur M. Harley Flanagan. Le groupe a été crée à New York, au début des années 80. Harley vient du Lower East Side, un quartier tristement renommé pour sa précarité, c’est la violence des rues qui l’a forgé. En étroite relation avec le milieu punk à tendance skinhead, il faisait déjà partie de la scène punk rock de l’époque à 10 ans en commençant comme batteur. Harley souhaitait exprimer sa rage et ses revendications par un style de musique encore plus violent et lui correspondant mieux, on peut dire qu’il est avec les Cro-Mags à l’origine du New York Hardcore, du crossover, mélange de trash, punk hardcore et metal. Ils se sont fait connaître par de nombreuses tournées avec des groupes comme Motörhead ou Megadeth, propageant leur courant musical et influençant ainsi de nombreux groupes.
Présents dès 2005 au Furyfest sous le nom de Harley’s War ce sont des habitués du Hellfest. Harley Flanagan aussi énervé qu’attachant était accompagné cette fois de Garry Sullivan à la batterie, Rocky George et Joe Affe à la guitare. La setlist représente bien leurs albums phares « The Age of Quarrel » et « Best Wishes », ou encore le dernier « In The Beginning » sorti en 2020.
Un jeu de scène survolté, c’est plus que de l’énergie là, des pouvoirs surnaturels certainement, en tout cas c’est du vrai hardcore comme on l’aime et wow <3 Du monde à la warzone ce soir-là pour les acclamer, c’était agité, ambiance au top !
Volbeat (Morgan) Cette première soirée au Hellfest était bien mouvementée grâce à Volbeat qui a mis une sacrée ambiance ! Pour la deuxième fois en tête d’affiche au Hellfest, à 01:00, seuls les survivants à cette chaude journée sont présents mais autant dire que c’est exclusivement leur public. Sont présents sur scène Mickaël Poulsen, chanteur et cofondateur de Volbeat, Jon Larsen à la batterie, Rob Caggiano à la guitare et Kaspar Boye Larsen avec eux depuis déjà quelques années à la basse.
Une super utilisation de l’écran est à souligner avec de nombreux effets appliqués en direct sur les musiciens qui donnaient un côté magique à leur prestation ! C’était vraiment un super concert, maîtrisé par les rockstars danoises qui ont joué beaucoup de chansons de tous leurs albums sans réelle préoccupation pour la setlist. Fidèles à leurs influences mêlant rock’n’roll, metal et rockabilly, ils savent aussi nous surprendre avec 2 special guests au piano et au saxophone pour quelques minutes à garder en mémoire.
On attendait tous leur quatre plus gros tubes : « Still Counting », « Lola Montez », « A Warrior Call » et « For Evigt », mais » A Warrior Call » et « For Evigt » n’ont pas été joués sur scène ce soir-là. Forcément un set un peu court au vu de leur discographie très appréciée dans sa globalité, soit 8 albums studio, tous disques d’or au Danemark , à revoir donc en exclusivité !
(Metalfreak) Et ce n’est que le premier jour, le lendemain promet d’être brûlant, que ce soit sur les scènes ou au niveau de la météo…