Je ne vais pas me répéter sempiternellement : je sais, je suis, concernant mes live reports et comme s'autodécrit notre Vince le Souriant, toujours en retard !
beaucoup de rouge Ca n'a pas loupé : il faut bien l'atmosphère qui va avec… A nous photographes de nous adapter ! Après tout, j'ai toujours aimé les défis…
Ce que j'aime surtout, c'est l'ensemble d'une telle affiche : je sais d'avance que je vais me prendre ma dose de décibels, de hurlements criards, d'ambiances morbides voire malsaines, de bousculades dues au pogos effrénés. Pas grave, ce soir, j'ai un garde du corps : Quantum, en grand amateur du genre, a tenu à m'accompagner. J't' dis pas les musiques de malades qu'on s'est collées dans la voiture sur le trajet, en devisant sur la tête d'affiche de la soirée, que j'avais eu le plaisir de voir lors d'une "Nuit des morts", un certain 31 octobre 2018. Putain, sept ans !
Quand SOU(f)FRE déboule sur scène, j'étais déjà conquis d'avance : il faut dire que le (post) black metal balancé par leur unique EP à ce jour ("Et le dernier fermera la porte") avait prouvé un bon compromis entre black metal très cru, ambiant et post metal, le tout d'une intensité ravageuse ! Concernant les lights, ça n'a pas loupé : ombres chinoises garanties !
Sur scène, c'est pareil, avec quelques années d'expérience en plus. Un tel déferlement de décibel n'a pas laissé indifférent : entre outrance musicale et cris déchirant, le set immersif de SOU(f)FRE s'est montré éprouvant, limite angoissant, mais à la limite du jouissif !
J'ai toujours tendance à dire qu'une telle somme de laideurs ne peut que confiner à la beauté absolue, le groupe de Souffelweyersheim (qui a inspiré le nom du groupe ?) qui voit couler la rivière Souffel (qui a inspi... oops) a d'entrée mis tout le monde d'accord en nous poussant dans nos derniers retranchements !
Après une telle déflagration, tu penses que le deuxième groupe va te laisser reprendre ton souffle ? J't'en foutrais ! AnIImA n'est pas venu faire le moment d'accalmie entre deux groupes de furieux… Ils ont même décidé d'en découdre avec un black / death metal des plus sauvages.
Là aussi, ça a tenu ses promesses : dévastateur de la première à la dernière note, les Poitevins n'ont pas lésiné sur les riffs violents souvent très thrash et les vocaux vénéneux.
Un seul EP éponyme de cinq titres en 2024 mais une belle setlist qui laisse augurer quelque chose de particulièrement sauvage. Le rendez-vous est pris !
Après la découverte (scénique) des deux premiers groupes, place aux Annéciens de Deathcode Society. Ca fait quelques fois que je les vois, dont une prestation remarquée au Hellfest 2017 et à cette nuit des morts citée plus haut.
Plus symphoniques, ces dignes descendants des Emperor ou plus près de chez nous Anorexia Nervosa perpétuent leur black metal avec des déguisements des plus macabres, ma préférence restant vers le corbeau et ce, depuis toujours.
Musicalement, ça envoie sévère aussi : Deathcode Society, avec le temps, prouve que le groupe reste perfectionniste tant musicalement que visuellement et l'ensemble est sans faille ! Une fois plus intense, le set a tout dévasté sur son passage !
On n'en attendait pas moins, on l'a eu ! Merci Messieurs
Je sais, j'ai du retard dans mes live reports ! Beaucoup de retard… Mais si je ne devais retenir que trois concerts que j'ai vus dans l'année 2025, il est évident que celui de la formation Nancéenne |-ii-| au Brin de Zinc y figurerait, et pas forcément à la troisième place !
Ce groupe, toujours emmené par Benjamin Racine (Guitares) et la divine Hélène Ruzic (Chant, Claviers) et deux autres musiciens (Maxime Keller et David l'Huiller ?) avait déjà été un énorme coup de cœur lors de son passage dans ce même endroit, le 1er septembre 2022.
Tu penses bien que je n'allais pas rater leur retour, d'autant que le dernier album "Apostles of the flesh", sorti à peine deux semaines plus tôt et magnifiquement décrit par un Quantum qui aurait du être présent aussi (quelques devoirs d'interview pour Hrothgar bien loin de Chambéry en ont décidé autrement), est une pure merveille ! Et puis, comment résister à l'occasion de revoir deux artistes pour lesquels on a beaucoup d'estime, tant humainement qu'artistiquement ?
Le set de 2022 m'avait grandement séduit, celui de 2025 m'aura fait perdre tout mon vocabulaire de superlatifs tant le show a été à la hauteur de l'attente… Tantôt écorchée, tantôt sensuelle, souvent touchante, tout le temps séduisante… La performance d'Hélène Ruzic est complète que ce soit au niveau de son chant qu'à sa prestation scénique. Elle a énormément évolué dans son langage corporel et le tout se marie parfaitement avec la musique. Il faut dire que les musiciens, très appliqués, de |-ii-| communient parfaitement avec leur chanteuse : tout y est millimétré, au diapason ! On sent une grande complicité entre les quatre membres du groupe.
La setlist de ce soir s'est évidemment articulée autour de sept titres (sur les douze) d'"Apostles of the flesh" ("Lotis", "The Birth of Venus", Sisyphus in red", "Digging for blood", "Under the skin", "Sisters of the coven" et "Where the Diamonds are hurled" avec deux autres du premier album "Extinction" sorti en 2021 ("My flesh", "Void") et chacun de ces titres formaient un tout, comme si |-ii-| cherchait à nous conter une histoire dont chaque titre serait un chapitre distinct, mais formant un tout !
Et puis vient un titre dont personne ne s'attendait, repris à la sauce |-ii-| : un riff et un refrain que tout le monde connait : il suffisait de voir les regards interrogatifs dans le public, on lisait dans leurs yeux "put*in, mais je connais ça !" sans être capable d'y coller un nom ou un titre. En effet, puisqu'il s'agissait du "My own summer (shove it)" de Deftones tiré de l'album "Around the fur" (1997) et également présent sur la B.O. du premier Matrix, et, totalement réappropriée par le groupe, il devient grandiose.
A la fin du show, on en redemandait, encore ! Personnellement, j'aurais bien signé pour une, voire deux heures de plus tellement je me suis retrouvé fasciné par l'univers de |-ii-| dont la musique est d'une telle richesse. Et attention : réussir aussi à faire passer le cap de la scène à un album aussi ambitieux que l'est "Apostles of the flesh" relève d'une énorme performance artistique ! Purée, prochain concert de |-ii-| qui passe dans un rayon raisonnable, je ne loupe pas le rendez-vous !
Ensuite, Benjamin Racine et Hélène Ruzic sont restés longuement au merch' pour échanger avec le public, prouvant que leur richesse n'est pas seulement artistique, mais aussi humaine…
Définitivement fan !
Setlist : My flesh / Lotis / The birth of Venus / Void / Sisyphus in red / Digging for blood / Under the skin / Sister of the coven / My own summer (reprise Deftones) / Where the Diamonds are hurled.
En ce dimanche soir, je me rends comme souvent, au Brin de Zinc en banlieue de Chambéry. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le Brin de Zinc est LA scène indépendante Savoyarde. Elle est reconnue pour sa programmation éclectique et son ambiance très conviviale. Le concert de ce soir s’inscrit dans une saison qui s’est révélée riche en découvertes musicales et en performances atypiques.
Et question performance atypique, avec Princesses Leya, on va être servis !
Lorsque j’arrive dans la salle, la salle est déjà quasi complète. Il faut que je me fraye un chemin pour arriver devant la scène. Il faut dire que, ces derniers temps, ça avait été plus calme au Brin de Zinc. Je sens d’entrée de jeu, que ça va être une soirée marquante. Ma comparse photographe, Bérénice, n’est pas encore arrivée et je commence à flipper un peu en pensant qu’il va falloir que je prenne des photos. Mais finalement, elle arrive peu de temps après. Je suis sauvé !
Les Princesses Leya montent sur scène et je capte direct que c’est à un show peu ordinaire que nous allons avoir droit. C’est rigolo leur délire. Ils partent dans l’univers, dans un vaisseau spatial.
Pour décrire ce qu’ils font, c’est un peu le côté Ultra Vomit musicalement mais c’est plus un spectacle qu’un concert car il y a pas mal de sketchs incorporés dans le set. D’ailleurs, en parlant de sketchs, le chanteur me dit quelque chose ! Mais oui, mais c’est bien-sûr ! C’est Dedo, celui qui passe au Jamel Comedy Club. Je n’avais pas fait le rapprochement. Ceci dit, je dois bien être le seul car le public semble bien les connaître et tout le monde est aux taquets.
La joyeuse bande de Princesses Leya joue sur les contrastes musicaux et les dialogues absurdes. C’est un vrai spectacle comique mais quand ils jouent, ils envoient du steak. Un petit bémol quand même, c’est qu’ils ont beau chanter en français, je ne comprends rien.
En tout cas, on se marre bien. Les échanges entre Dedo et Antoine Schoumsky sont pleins de références pop mais on a aussi des clins d’œil au monde des geeks et pas mal de critiques sociales. Les deux artistes jouent sur le contraste entre leurs personnalités et créent une dynamique bien rythmée.
Ils nous font un morceau nommé « Balls, Balls, Balls » qui pourrait faire penser au morceau d’Accept « Balls to the Wall » autant qu’au « Boys, Boys, Boys » de Sabrina, titre qui a défrayé la chronique dans les années 90. Ils ont même réussi à générer un Wall of Death à coups de « Tapez-vous sur la gueule ! », lancé par Dedo. Heureusement que personne ne l’a pris au mot !
Ainsi que je l’ai déjà dit, leur concept c’est un voyage spatio-temporel et, à un moment de leur voyage, ils tombent sur Satan. Satan leur parle et eux, ils l’appellent Philippe. C’est décalé à mort. La salle est hilare. Après, il faut aimer ce style d’humour.
Ils nous font « Baise tout seul ». Je vois une mère qui se jette sur son fils pour lui boucher les oreilles parce que là, les dialogues partent en live. Moi, je me marre parce que visiblement, le gamin n’a rien compris à ce qui se disait.
Perso, j’adore leur reprise de « Dirty Dancing » qui part, évidement, sur un délire aux petits oignons.
Princesses Leya, c’est une espèce d’O.V.N.I. dans le monde du Metal. Ils sont tellement à part que je ne vois pas comment les classer. Durant tout le show, j’avoue que je me demande un peu où j’ai mis les pieds, contrairement à Bérénice qui, elle, est emballée. Je m’attends à un rappel parce que 1h05, c’est quand même un peu light en termes de durée mais non, rien. La dernière note sortie des instruments, ils sortent de scène et c’est fini. Un peu brutal comme fin.
Heureusement, ils se rendent ensuite au stand merch’ et se plient au jeu des photos et dédicaces. Quant à moi, je reprends le chemin de la maison. Putain, ça caille !
Le Brin de Zinc qui nous organise une date proposant deux groupes aux sonorités death et thrash metal ? Et tu crois que je ne vais pas y aller ?
N’importe quoi ! En plus, deux groupes signés chez les excellents M&O Music, à savoir les Brésiliens de Kamala et les Suisses d’Atlas Ashes, desquels j’ai eu le plaisir de chroniquer les derniers albums, respectivement « Karma » et « New World » et ce, de façon très positive, c’tait pour moi le rendez-vous à ne pas manquer !
Et puis, bon, Kamala, on y a déjà eu droit en avril 2023, au même endroit, et la baffe a été tellement forte que j’en ai encore les joues qui piquent. Et comme l’a cité un certain Mathieu, un jour à une époque lointaine, « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends lui aussi l’autre« , autant y retourner histoire d’obéir à cette page de la Bible ! Bon, en plus, je me retrouve bien entouré, entre notre Cédric Le Magic, habitué des lieux (qui a relaté l’évènement >> ici <<), et mon vieil ami Chris Besse toujours aussi râleur (signe de bonne forme chez lui, private joke), l’ambiance sera bonne !
Mais avant, ce sont les Atlas Ashes qui ont entamé les hostilités : leur thrash / death metal bien groovy a mis le feu d’entrée.
Premier constat, le son sur scène est aussi puissant que sur l’EP. Les guitaristes s’en donnent à cœur joie et la section rythmique n’est pas en reste : mieux que ça, entre les titres proposés sur l’EP et la prestation du soir, on sent encore des progrès. Chloé Eigenmann éructe sa rage comme si sa vie en dépendait mais sait aussi se montrer touchante lors d’un titre plus intimiste qu’elle a commencé assise.
L’EP m’avait séduit, le show de ce soir a confirmé tout le bien que j’en pensais ! On nage dans les eaux, comme dit lors de la chronique, des Arch Enemy et In Flames mais le groupe, entre l’EP et ce concert, semble prendre ses marques et s’approprier de sa propre identité ! Atlas Ashes nous a délivré trois quart d’heures à haute intensité mêlant puissance et mélodies, un temps qui a paru extrêmement court lorsque le talent est présent sur scène.
Arrivé à la fin du set, on a eu droit à une deuxième fois un titre joué plus tôt mais qu’importe, l’authenticité, le talent et la générosité étaient bien là !
Je confirme mon « A suivre » qui a servi de conclusion à la chronique de l’EP
Pour le coup, j’ignore la setlist, Cédrics’en étant emparé avant moi (si si, preuve par l’image ci-dessous) !
Pour ma part, malgré la qualité de ce que je viens d’entendre, je piaffais d’impatience avant la montée sur scène du trio Brésilien Kamala !
Difficile de décrire ce set de Kamala tant le groupe devient une valeur sure d’un thrash metal façon Slayer ou Sepultura sans faire dans la redite tant par rapport à l’album « Karma » qu’en comparaison de la déflagration sonore ressentie lors de leur passage ici même il y a deux ans et demi.
La musique a gagné en agressivité, le chant est toujours aussi vindicatif, le thrash proposé est toujours aussi furieux, la batteure Isabela Moraes frappe toujours aussi fort qu’elle est magnifique, et quelques sonorités « world music » sont parfois palpables.
Et le public ne s’y trompe pas : ça headbangue, ça pogotte, ça hurle, ça « circle pitte »… Bref, ça vit de l’intérieur un show à haute intensité.
Bref, c’était déjà costaud en 2023, ça n’a pas ramolli avec le temps, loin de là !
Pendant le temps d’un concert, on a nagé en plein thrash metal old school avec tout ce que ça comporte en puissance et en énergie !
Et quand en prime, pour le rappel, ils nous délivrent un « Territory » des maîtres Sepultura, on sent qu’on a passé un grand moment…
Difficile de ne pas repartir en poussant des soupirs de satisfaction sur le chemin du retour après ça.
Merci Thomas et le Brin de Zinc !
Photos : Bérénice Fléchard Report : Cédric Le Magic
C’est, une fois de plus, au Brin de Zinc que je me rends ce soir pour voir un groupe qui fait vibrer chaque fois la salle sous ses assauts sonores. Mais qui donc est-ce, me direz-vous ? Mais The SoapGirls, of course ! Moi, même si ce doit être au moins la dixième fois que je les vois ici (il faut croire qu’elles aiment le BDZ, les bougresses !), je ne m’en lasse pas.
Alors les SoapGirls, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un duo Sud-Africain composé de deux sœurs (Noémie et Camille Debray) qui font dans le Punk Rock très très énervé. Et comme on travaille en famille, ce n’est autre que Sam, leur mère, qui les manage.
Et pour ceux qui connaissent, eh bien ils sont au RDV car dès 20h30, la salle s’est remplie. Qui veut sa dose de Punk Rock brut et sans filtre ?
Sauf que… les filles sont tombées en panne de camion la veille et qu’elles ne savaient même pas encore dans l’après-midi si elles seraient là à temps. La galère. Du coup, il est 22h quand elles arrivent pour un concert prévu à 21h. Elles font une balance en cinq minutes chrono et à 22h05, c’est parti !
Dès leur entrée, les SoapGirls imposent leur univers. Alors oui, il y a les tenues provocantes, le maquillage qui s’impose mais tout dans ces deux filles crie la volonté d’indépendance et elles ont une présence scénique explosive. C’est délirant !
Elles enchaînent sans coup férir des morceaux qui alternent riffs grungy, growls et harmonies vocales mélodieuses qui parfois tournent au Punk Pop. Il y a une telle férocité dans leur énergie que tout le monde est scotché.
Les SoapGirls nous assènent une bonne petite claque derrière les oreilles. Je n’ai pas de setlist pour me raccrocher au déroulement du set, mais j’ai reconnu des titres phares comme « Breathe », « Chains » ou « Original Sin ». Dans chaque chanson, il y a un message et les filles l’incarnent à la perfection. Ce n’est pas seulement de la musique, c’est un cri de liberté.
Entre les morceaux, elles échangent avec le public, le provoquent et se marrent. Il y a une véritable communion avec le public et il y a beaucoup d’ambiance ce soir. Alors qu’au début du set Camille nous avait dit que le Jack était devenu trop cher maintenant, elle partage maintenant une bouteille avec tous ceux qui en veulent. Rien de tel pour rallier tout le monde !
Je trouve que le show est quand même un poil plus sage que ceux des années précédentes. Là, pas de trucs gore et en plus, musicalement, elles ont fait beaucoup de progrès.
Camille est hyper souple, c’est une contorsionniste. Elle se plie en deux en arrière et fait l’araignée avec sa basse sur scène. Ca fait son petit effet. Plus tard dans la soirée, elle montera même les escaliers dans cette position !
Chose rare, le batteur est resté « habillé ». Et même les filles sont plus sages. Alors que d’habitude elles font toutes les deux tomber le soutif, là c’est Noémie qui s’y colle mais Camille ne la suit pas. Noémie demande au public de faire de même. Alors pour les mecs, c’est fastoche et ils enlèvent leurs T-Shirts mais pour les nanas ça coince un peu plus et seules deux d’entre elles osent passer le cap.
Quand le concert se termine, les SoapGirls se rendent au merch’ et tout le monde claque sa photo avec elles.
En résumé, les SoapGirls nous ont offert une soirée Punk, moderne et sans compromis. Elles sont vraiment pro. Ces filles n’ont pas dormi, pas mangé, elles sont arrivées à l’arrache et elles t’envoient 1h40 de show derrière ? En plus, à la fin du concert, elles ne savaient pas si leur camion allait être réparé pour partir en Allemagne le lendemain.
Moi je dis : « chapeau » !