Wreck-Defy – Dissecting the Leech

Wreck-Defy – Dissecting the Leech

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10

Actifs depuis 2016 et déjà le sixième album, les Canadiens de Wreck-Defy ne cessent de nous déverser un thrash metal de grande classe, avec une rage et une précision qui les démarque de bon nombre de groupes du même genre.

C’est donc moins d’un an après l’explosif “Hybridized” que le quintet de Thunder Bay (Ontario) revient déverser son fiel et ses riffs vénéneux dans les oreilles des thrashers qui n’en demandaient pas tant avec ce “Dissecting the leech” !
Parce que, bon, on ne va pas se mentir, mais s’il y en avait parmi nous qui pensaient que le quatuor allait se retrouver en panne d’inspiration entre ces deux albums vont très vite revoir leur copie !
J’t’en foutrais oui ! Dix nouveaux titres, cinquante minutes de furie totale qui passent à vitesse grand V, le groupe ne se contente pas de réciter ses gammes, loin de là, mais se permettent même le luxe de nous offrir autant de petites bombes à haut potentiel dévastateur !

Et ils ne nous épargnent rien !
Du titre de trois-quatre minutes qui déboite sévère (“Do it again”, “Another day”, “The haunting past”, “Apocalypse of hope”) ou plus plombés qui donne envie de secouer les cervicales (“Millenial dystopia”, “Dissecting the leech”), voire du titre long de cinq-six minutes au mid tempo assassin (“I don’t care”, “The past”) ou au thrash impitoyable (“Under the Sun”, “Revolt”), on s’en prend plein les oreilles de la première à la dernière seconde.

Rajoutons à ça du refrain imparable, des parties instrumentales très intéressantes qui passent comme une lettre à la poste, une section rythmique aux petits oignons (que dire de cette basse qui claque méchamment ?), des accélérations à nous coller au fond du siège, sans parler de cette omniprésente sensation de puissance magnifiée par une production qui fait honneur tant au chant qu’aux intruments…
Non, Wreck-Defy, une fois de plus, ne nous épargne rien…
Le chant est purement démentiel, Greg Wagner passe du timbre rageur à l'aigu avec une facilité qui frôle l’insolence.

Et en prime, on a droit à quelques invités de marque comme les guitaristes Chris Poland (ex-Megadeth, ex-Damn The Machine), Nikolay Atanasov (Agent Steel, Day40, Prophecy, Rezet), Michael Gilbert (Flotsam And Jetsam), Steve Smyth (From Hell, One Machine, ex-DragonLord, ex-Forbidden, ex-Vicious Rumors, ex-Nevermore), chacun pour un titre. On a aussi le batteur Derrick Kroll (Eyam, Expired Utopia, ex-Alphakill, ex-Evil Survives, ex-Gutter Creek…) et les chanteurs Genevieve Rodda (Temtris), Amanda "The Wench" Kiernan (The Order Of Chaos, ex-Into Eternity) et Stu Block (Into Eternity, The Midgard Project, ex-Iced Earth) qui épaulent brillamment Greg Wagner.

Bref, un album de pur thrash metal, mélant old school et sonorités plus modernes, pour un résultat final très réussi !
Un des albums de thrash metal de ce début d’année.

Tracklist :

  1. Under the Sun (6:10)
  2. Do It Again (3:32)
  3. Millennial Dystopia (4:13)
  4. Revolt (5:41)
  5. Dissecting the Leech (4:20)
  6. Another Day (4:29)
  7. I Don’t Care (6:31)
  8. The Haunting Past (4:31)
  9. The Path (5:59)
  10. Apocalypse of Hope (4:20)

Amazon Apple BandCamp Deezer Facebook Spotify Tidal YouTube
Chronique “Powers that be
Chronique “The World enslaved

Maahes – Nechacha

Maahes – Nechacha

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8,5/10

J’ai beau être plus fan de death que de black, là, je viens de me prendre une claque en découvrant le nouvel opus du groupe Allemand Maahes qui a pour nom « Nechacha ».
Effectivement, leur black metal à la fois mélodique et symphonique, s’inscrit, je trouve, dans la veine d’un Cradle Of Filth ou d’un Dimmu Borgir, tout en ayant leur empreinte à eux.

Ce qui m’a frappé, au fur et à mesure que je m’aventurais dans cette galette, c’est leur sens inné de la mélodie qui accroche, de la composition qu’on retient de suite, même si elle est nourrie d’un tas d’orchestrations. Car oui, en plus de cela, leurs arrangements sont fignolés et mis en place de façon intelligente. Ils sont parfois magnifiques et je n’exagère pas le trait. Chapeau les gars !
Propulsée par des rythmiques puissantes, leur musique tisse des airs accrocheurs (“The Resurrection”), parfois rendus mélancoliques par le biais d’un piano qui égrène ses notes fragiles (“Keeper of Secrets”). Certains solos de guitare sont agréables (“Morbid Love”), les ambiances théâtrales bien posées (“The Crown and the Sceptre”), les chœurs parfois lyriques et prenants, entre deux growls bien fielleux de goule, comme à la toute fin de « The Crown and the Sceptre ».

Ils emploient même de l’’acoustique sur « Obsidian », composition à l’atmosphère légère et planante qui repose l’oreille et l’âme, même si on sent, en arrière-plan, comme quelque chose d’anxiogène.
On a même le droit à des percussions sur le titre bonus assez typé oriental « Patron Saint of Pharaohs ».

Pas de doute, non seulement, ils cassent les codes du old black metal, mais en plus, ils se payent le luxe d’être vraiment inspirés artistiquement parlant.
En ce qui me concerne, un album qui compte.
Après, il y en a qui diront que c’est du déjà entendu ; certes, mais c’est inspiré et bien foutu.

Tracklist :

  1. Magic Slave (4:57)
  2. The Resurrection (5:42)
  3. Lord of the Underworld (4:19)
  4. Morbid Live (6:23)
  5. Cult of the Sun (4:17)
  6. The Crown and the Sceptre (5:15)
  7. Keeper of Secrets (5:28)
  8. Obsidian (3:54)
  9. Patron Saint of Pharaohs (4:20)
  10. Medusa (6:08)

Amazon Apple BandCamp Deezer Facebook
Site web Instagram SoundCloud Spotify Tidal YouTube

Phantoms Of Future – Forever Dark

Phantoms Of Future – Forever Dark

Note de la SoilChroniqueuse (Aur’Hell) : 9,5/10

Alors ce groupe, je dois avouer que je ne le connaissais pas. C’est Chris (MetalFreak) qui a fait découvrir à l’équipe ce petit bijou via le clip de “Werewolf”, sorti mi-novembre, et qui m’a donné envie d’en écouter plus.
J’ai écumé tout ce qu’a fait le groupe depuis “Cruel Times”, et je dois dire que je suis conquise.
C’est un groupe allemand qui existe depuis les années 80 qui s’est constamment réinventé, en ayant toujours eu l’audace de mélanger les genres. On peut les rapprocher des Sisters Of Mercy, Paradise Lost ou Tiamat, mais pas que. Après des débuts très punk, new wave, ils sont aujourd’hui dans un style rock gothique, rock sombre, teinté d’électronique, mais pas que.
Leur dernier album “/Inside/Outside” sorti en 2000 n’avait pas rencontré le succès des albums précédents. On sentait un certain essoufflement du groupe, en partie causé par les multiples changements de line up.
Mais les Teutons de Dortmund n’ont pas dit leur dernier mot ! Plus de 20 ans après, ils reviennent avec une proposition plus maîtrisée et très soignée. Il faut croire qu’ils avaient encore des choses à explorer, pour le bonheur de nos petites oreilles.
Le style a évolué, la voix si particulière de Sir Hannes Smith est plus mûre, mais le jeu et l’extravagance dont ils ont su faire preuve par le passé, sont toujours là, intactes.
Ils nous offrent treize morceaux aux styles variés, c’est rythmé, on ne s’ennuie pas et on est chopé du début à la fin !
Ce que j’aime surtout c’est qu’aucun titre n’est là où on l’attend. Ils jouent avec les styles, se moquent des convenances et c’est vraiment très réussi.

L’album est une sorte de théâtre en trois actes :

Acte 1 - Calme (avant la tempête?)
On démarre avec “Werewolf”, une sorte de Petit Chaperon version gothique. En même temps, est ce que les contes de Perrault ne sont pas un peu tous sombres et gothiques ? Allez ce n’est pas le sujet. Revenons à nos moutons !
Le titre est sublime et installe une belle atmosphère, glauque et poétique à la fois. Le refrain est doux et entêtant, comme pour mieux nous amadouer. Et ça marche! On se laisse croquer volontiers !

Avec “Spirit Of Love”, on revient un peu vers la lumière (mais pas trop quand même),avec un son post punk moderne (mais pas que), assez péchu.
On ralentit le rythme et retourne dans l’obscurité avec “Phantom Rider” et le très introspectif “Think About”. C’est mélancolique, on sent une transformation vers quelque chose, mais quoi ? tout est possible avec eux !

Acte 2 - Sexy Drama
Les titres “Devil Inside” et “Forever Dark” sont puissants et dramatiques à souhait. On se prélasse dans des tréfonds obscurs.
Changement radical de style avec “Forbidden Fruits” et “Stocking Girl”, plus sensuels, voire carrément sexuels. Le clip de “Stocking Girl”, sorti en 2023, montre un bal masqué olé olé (ou ohé ohé pour ceux qui auront la ref), très rythmé, parfait pour le dance floor.
On reste dans la même thématique avec “Prisoner” (“I’m a prisoner of sex…”) avec des sons très punk atténués par des passages … à l’accordéon. Bah oui il fallait oser, et franchement c’est pas mal du tout !
Un titre tout en nuances, avec des montées en tension et des relâchements. J’adore !

Ça y est c'est le drame, le vrai, avec “I Don’t Believe You”, sorte de ballade triste sur fond de trahison. Ça s’annonce mal !

Acte 3 : Espoir, bonsoir
Ah non, pas le temps de se lamenter, que l’espoir renaît déjà avec “Underground Surfer”. Un titre pop acidulé, électro-goth, assez fun. On a ici une autre idée du romantisme…
“Time for love” avec “Bloody Tears” et l’espoir d’un monde meilleur.
L’album se termine de la plus belle des façons avec “Feel The Rain”, assez proche de “Werewolf” dans sa sonorité, mais beaucoup plus lumineux. Magnifique.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour cet album que je place directement dans les meilleurs que j’ai écoutés cette année. Il s’écoute, se réécoute, et est toujours aussi savoureux.
C’est vivant, théâtral et va chercher un large spectre d’émotions.
Les vidéos que j’ai pu regarder montrent des concerts spectaculaires, j’espère vraiment que cet album s’accompagnera de quelques lives.
J’irai les applaudir avec plaisir.
Allez, file écouter l’album maintenant !

Tracklist :

Werewolf - 4’17
Spirit Of Love - 3’41
Phantom Rider - 3’21
Think About - 3’50
Devil Inside - 4’24
Forever Dark - 3’05
Forbidden Fruits - 3’08
Stocking Girl - 4’23
Prisoner - 3’09
I Don’t Believe You - 3’36
Underground Surfer - 3’27
Bloody Tears - 4’37
Feel The Rain - 3’19


Facebook Deezer Open Spotify Instagram

The Rods – Wild dogs unchained

The Rods – Wild dogs unchained

Note du SoilChroniqueur (Alain The Red) : 8/10

The Rods est un groupe de heavy metal originaire de Cortland, dans l’État de New York (États-Unis). Formé vers 1980 (certaines sources indiquent 1979) par David “Rock” Feinstein (guitare et chant), Steven Starmer (basse et chant) et Carl Canedy (batterie et chant), le trio impose rapidement sa marque.
Souvent comparés à un « Motörhead Américain » pour leur formation en power trio, leur simplicité et leur énergie brute, ils n’ont jamais connu un énorme succès grand public, mais ont su s’imposer dans les cercles du metal underground.
Pour les amateurs de metal old-school des années 80, leur discographie regorge de pépites trop souvent sous-estimées.

Après plusieurs années de silence, ils sont revenus sur le devant de la scène, comme le prouve ce dernier brûlot.
Le cerbère a toujours la rage et n’a pas dit son dernier mot.
Des morceaux comme « Make me a Believer » ou « Wild Dogs Unchained » donnent une furieuse envie de headbanguer.

Tracklist :

Eyes of a Dreamer (5:04)
Rock and Roll Forever (5:13)
Mirror Mirror (5:10)
Tears for the Innocent (6:22)
Wild Dogs Unchained (4:14)
Time to Rock (5:09)
Run Run Run (4:10)
World on Fire (6:48)
Make Me a Believer (4:52)
Hurricane (5:32)


Amazon Apple BandCamp Deezer Facebook Site web
Myspace ReverbNation SoundCloud Spotify Tidal YouTube
Chronique “Wild dogs
Chronique “Let them eat metal
Chronique “Heavier than Thou
Chronique “Brotherhood of metal
Chronique “Rattle the cage
Chronique “Live at Rose Hall

My Darkest Hate – Rust and Bones

My Darkest Hate – Rust and Bones

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8/10

 

Fans de death qui vous agrippe le cervelet du premier coup, voici My Darkest Hate.
Arrivés sur la scène en 1998, ils ont sorti leurs quatre premiers albums entre 2001 et 2006. Ensuite, arrive « Anger Temple » en 2016 et puis… une décennie plus tard, ils réapparaissent avec « Rust and Bones », un nouveau méfait tout beau tout frais. Le genre de groupe avec une carrière en « pointillés », le seul membre original étant le guitariste Jörg M. Knittel, pour le reste du line up, il y a eu, vous vous en doutez, beaucoup de mouvements.

D’emblée ce qui frappe, c’est leur son genre « du gros rouge qui tache », à commencer par la voix de Claudio Enzler, un peu dans la veine d’un bûcheron très en colère. Et puis leur musique n’est pas faite pour les « midinettes ». « Rust », le morceau qui débute ce bal, se prend en pleine tête, compact, genre poutre de bois brut ; de plus son refrain heavy, basé sur trois-quatre accords simples, te fouille les tripes de suite sans plus te lâcher.

Riff thrashy à la sauce Legion Of The Damned quand déboule « Vengeance My Brother », morceau lui aussi possédant un refrain taillé dans le même bois que sur le titre précédent. Bref, il y a un côté heavy dans leur metal mort, tel ce « Deceiver », composition simple, guerrière… Mais pas que !
Prenez « Sinister Warfare », au tempo lent, distillant une ambiance mortifère, porté par un riffing serpentin et répétitif s’engouffrant ensuite dans du metal mort pur old shool avant de muter en mode « thrashy ». Ils varient le menu. Pour la petite histoire, on trouve en guest dans ce titre, un certain Dave Ingram de Benediction !

Blast beat et growl acide pour » Flammenland » » à grands coups de rythmiques sous tension. Martèlement de blast beat à l’écoute de « When the Abyss Opens », voire une vraie couleur death mélodique sur la composition de fin, à savoir « Our Legion, Our Pride ».
Il est clair, que ce ne sont pas de supers techniciens, ce qui n’est d’ailleurs pas leur propos. Seulement voilà : tout est bien en place, carré, réfléchi.
Comme quoi nul besoin d’en faire des tonnes pour marquer l’auditeur. Leur metal mort est d’une redoutable efficacité, malgré ses décharges « de gros sel » !

Bref, les amateurs d’un death à la Obituary devraient y trouver leur gamelle, avec un très léger soupçon dans l’état d’esprit de certains titres, d’un Debauchery.
Vous mordez l’esprit.
Perso, j’adore ce genre de démarche !

 

Tracklist :

Rust (3:17)
Vengeance My Brother (4:21)
Deceiver (3:07)
Sinister Warfare (3:50)
He Who Never Sleeps (4:22)
Flammenland (3:40)
King of Slaves (3:28)
From Ruins I Rise (4:12)
When the Abyss Opens (3:09)
Our Legion, Our Pride (4:47)

 
Amazon  Apple  Deezer  Facebook
Instagram  Open Spotify  Tidal