Aaah, la Floride !
En plus de nous avoir amené la série Miami Vice dans les années 80, elle nous a aussi accouché de formations de frappadingues du death metal comme Morbid Angel, Massacre, Monstrosity, et évidemment Death ou Deicide… même Angelcorpse, Malevolent Creation ou Cannibal Corpse s’étaient enfuis de leurs villes natales pour la rejoindre !
Et surtout, cet état ensoleillé aura été le bastion, du death metal US avec une sacrée tripotée d’albums devenus légendaires du genre.
Un peu plus de trente ans plus tard, en 2019, voilà un groupe qui émerge avec des membres issus de formations comme Bestialis, Gnosis, Lvcifervs, Nuclear Christ…
Tu te dis que devant un CV pareil, on n’allait pas avoir droit à de la dentelle : je t’en foutrais, on nage en plein death metal bien evil, bien teinté de black, et qui jure essentiellement par le Morbid Angel d’« Altars of madness ».
Chant vicieux d’outre-tombe assuré par le nouveau venu (depuis 2022) Gene Palubicki (Demonized, Malefic Throne, Perdition Temple, ex-Angelcorpse, ex-Apocalypse Command, ex-Blasphemic Cruelty, ex-Impiety, ex-Anal Blast) proche de celui du David Vincent de 1989, ambiances malsaines des guitares que ne renierait pas la paire Brunelle / Azaghtoth, riffs vicieux et particulièrement rapides, rythmiques thrashisantes parfois intenses et technique sans faille, Hexorcist a bien lu le petit manuel de l’Ange Morbide illustré tant les huit titres de ce « Crucificial Imprecations » nous ramène directement en 1989.
Oui, pour ce deuxième album après un « Evil Reaping Death » qu’Invictus Productions a la bonne idée de ressortir le même jour que celui-ci, Hexorcist nous colle une mandale de death metal purement evil et torturé, sulfureux et vénéneux à souhait, et méchamment occulte.
Bref, un must pour les adorateurs de Morbid Angel ou Angelcorpse.
Seulement cinq ans d’existence et déjà une solide réputation dans le milieu du metal extrême Polonais.
Le quatuor Hexenaltar, s’il sort aujourd’hui son premier full length, a déjà derrière lui deux EP, « Tormented possession » et « Bestial damnation », ainsi qu’un split (« Sadistic Tormentors of the Apocalypse ») avec Bastard Christ et Warfare Noise, tous sortis en 2022.
Bon, quelque part, ils ont l’art du recyclage puisque les quatre titres présents sur le split sont les quatre de l’EP « Bestial damnation » et ceux de l’EP « Tormented possession » sont présents sur ce premier album.
Bref, dix titres dont une intro instrumentale inquiétante, cinq nouveaux titres, quatre anciens, le tout pour 27 minutes de chaos sonore aussi intense que malsain !
C’est que ça ne rigole pas, chez Hexenaltar : sur une base black / thrash metal résolument old school, les quatre gaillards de Varsovie nous assènent des titres dévastateurs au possible qui défient les lois de la vitesse et de l’outrance musicale.
Clairement, ça va vite… très vite !
Eux qui se réclament des premiers Mercyless, Possessed, Sodom, Sarcófago, Kreator et des Polonais de Magnus, on sent qu’ils ont tout compris en matière de black / thrash metal.
On ne va pas se mentir, Hexenaltar ne brille pas par son originalité ni par sa capacité à varier de temps en temps le propos : non, les neuf titres sont relativement homogènes et nous collent baffe sur baffe, avec un sens de la noirceur absolument phénoménal, renforcé par un chant haineux et grave sous légère réverb’ histoire de renforcer le côté ‘evil’ de l’ensemble.
On a droit à quelques solos de guitares histoire de donner un semblant de clarté à ce magma de ténèbres opaques mais les titres, d’une moyenne d’à peine deux minutes, se montrent impitoyablement dévastateurs !
Évidemment, ce genre d’album n’est destiné qu’aux oreilles averties : les adorateurs du genre vont y aller de leurs headbangings effrénés là où les oreilles plus sensibles vont s’enfuir en courant. Mais pour ces derniers, Hexenaltar s’en contrefout, pas de compromis, pas de quartier, pas de pitié et encore moins de remords.
Du bon vieux black / thrash metal old school et intense comme il se doit !
Un jour de soleil bien trop écrasant, la copine fraîchement rencontrée d’un pote de longue date m’a qualifiée de Peinture – Nature.
« En chantier, je m’appelle teuse », que je lui réponds.
Mon incompréhension, depuis renseignée sur ce commentaire que j’ai senti peu flatteur dans sa bouche trop maquillée, est depuis devenue une vanne privée entendue qui, bien au-delà de l’effet escompté, me valorise dans mes choix de vie culturelle et sociale.
C’est dans ce contexte, que je m’identifie pleinement à l’album de Loathfinder.
Brut comme j’aime, sans concessions aucunes, pour quoi faire finalement, transcendant le doom autant que le black.
Bref, une splendeur de l’art moderne !
Avec des paroles poétiques, autant que la râpe en métal de ma grand-mère, celle-là même qui m’a emporté quelques morceaux subtils de doigts, l’ambiance forestière et minérale de la galette te suce la moelle de la vie pour te redonner le goût de l’essentiel, de l’authentique comme dirait l’autre.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Tu n’as pas besoin de te donner un genre d’expert en musicalité surfant sur des termes réducteurs pour verser entièrement dans leur univers décadent. Il te suffit de laisser remonter ce que tu as de plus bestial, de plus sombre, de plus primaire. La beauté du brut de décoffrage.
Brûlons les fanfreluches, les faux-semblants, les masques et les déguisements pour laisser enfin éclater le doom de la vérité sale, puissante et magnifique.
Un retour à une nature enfouie, humide et granuleuse comme la Terre l’a conçue et non comme l’humanité l’a transformée.
Les huit titres font germer un besoin incontrôlable de hurler son existence avec toute la passion dont chaque être est investi.
C’est ça qui est émouvant et naturellement jouissif !
Après tu peux aussi passer complètement à côté et retourner écouter Aya Nakamura…mais je ne sais pas trop pourquoi tu lis nos chroniques en fait.
Le BDSM peut-être, l’ignorance sans doute.
Dans tous les cas ce sera long et douloureux, comme on aime chez Soil Chronicles !
Tracklist :
1. Grey Pilgrimage (9:45)
2. Difference (4:06)
3. Peel It Off Me (6:57)
4. Dead Dogs (4:45)
5. Above the Water (4:53)
6. Flies Know First (5:21)
7. Broken Branches and Torn Roots (7:10)
Ce n’est pas la première fois, et pas la dernière j’espère, que l’excellent label Polonais Godz ov War Productions nous propose des splits qui permettent de mettre en lumière une paire de groupes desquels on n’aurait peut être pas entendu parler autrement ! On ne va pas se mentir : qui dit Godz ov War Productions dit une sacrée plongée musicale dans les ténèbres les plus opaques et les plus brutales. Que voulez-vous, on ne se refait pas ! Encore ce mois-ci (nous sommes en février au moment où j’écris ces lignes), je me fendais d’une chronique un rien décalée d’un split (>> ici <<), proposé par ce même label, entre Barbaric Horde et Goatsmegma, deux groupe de black / death metal pour le moins violents et putrides… aujourd’hui, c’est des Brésiliens de Trance Of The Undead et des Chiliens de Chaos Perversion dont il s’agit !
Autant dire qu’ici, ça ne rigole pas ! Deux formations occultes d’un black / death metal tellement brutal qu’il confine au war metal ! Deux titres chacun, pour presqu’une demi heure de musique. Et là, ça ne fait pas dans la demi mesure : ces gars là, on sent que les religions, il s’en paluchent à s’en fissurer les poignets (pas pratique pour jouer des instruments ensuite, cela dit !) et on sent clairement une fascination vis à vis de la mort, des ténèbres, de la souffrance et de l’horreur ! Tout ce qu’il y a de plus réjouissants, quelque part…
Donc à ma gauche, on a le one-man-band d’un certain Diego “Trance Of The Undead” qui s’occupe, par définition, de tout, qui nous vient directement de Viamão (région de Porto Alegre), et qui a déjà sorti la bagatelle de trois EP, une demo, et trois splits (les deux premiers avec Abominablood, puis Messe Mortuaire) et une compilation, le tout depuis 2019. Autant dire que le gaillard se veut prolifique, d’autant plus qu’il a quatre autres projets solo aux doux noms de Clavis Inferni (black metal), Cursed Excruciation (black / death metal), Lunar Kingdom (raw black metal / ambiant) et Saturnian Gate (electro dark / ambiant) avec lesquels il est tout aussi prolifique. Autant dire qu’il passe son temps en studio, c’t’homme là !
Et musicalement ? Avec Trance Of The Undead, c’est du black / death metal tout ce qu’il y a de plus cru, mené sur des tempos extrêmement rapide, aux riffs répétitifs au point d’en devenir hypnotiques, surtout lorsque le titre dépasse les neuf minutes comme “Retribution for the dead (astral punishment)”. Un chant caverneux à souhait, un rien en retrait et sous une légère reverb’ : ah ça, le côté evil, il le maîtrise bien ! Et avec en prime quelques sons de glas histoire de rendre l’ensemble encore plus occulte et sombre, on saisit de suite le genre… Toujours est-il que le rendu est d’une précision… euh… démoniaque ! Tout est d’une violence maitrisée, d’une laideur fascinante : un tel magma de ténèbres opaques ne peut que confiner à quelque chose de fascinant. Bref, on a envie de se plonger dans le reste de la discographie du gaillard.
https://www.youtube.com/watch?v=VlLVbanoz6A
A ma droite, Chaos Perversion, qui nous vient du Sud du Chili, dans une ville du nom d’Osorno. Là on n’arrive pas trop à savoir si c’est un one-man-band. Toujours est-il qu’il est présenté comme tel avec le guitariste / bassiste Rudy “Flauros U.” F. A Báez (Barbarikult, Svadhisthana, ex-Black Chaos Perversion, ex-Abhorior) qui s’”est adjoint ici des services d’un certain Alex Sick Insulter au chant et de Juan Cancino (Altered Perception, Árbol Muerto, Devilish, ex-Tumulus) à la batterie.
Comme Trance Of The Undead, on nage dans les eaux saumâtres d’un black / death metal bien dégoulinant de sang et autres liquides corporels douteux, avec un chant plus vicieux (alternant le criard et le growl le plus profond), des riffs plus clairs parfois en mode trémolo, des variations de rythmes plus présentes – n’hésitant pas à aller jusque dans le doom le plus étouffant de façon furtive – et une batterie en mode mitrailleuse Gatling plus omniprésente ! Les deux titres ici sont deux petites tueries qui ne nous épargnent rien : entre blasts intenses et malsains et passages oppressants à la lenteur écrasantes dans le même titre, Chaos Perversion montre deux facettes musicales diamétralement opposées mais tout aussi extrêmes ! Un projet qui porte bien son nom tant sa musique est aussi perverse que chaotique !
En clair (si j’ose dire), deux groupes sur lesquels tout amateur de metal extrême devrait se pencher. Ca ne révolutionne rien, mais ça défoule grandement.
Tracklist :
Trance Of The Undead – Retribution for the Dead (Astral Punishment) (9:06)
Trance Of The Undead – Grave Sacrament MMXXIV (6:13)
Chaos Perversion – Entangled by the Roots of Death (4:36)