Trance Of The Undead / Chaos Perversion –Trance of Perversion (split)

Trance Of The Undead / Chaos Perversion –Trance of Perversion (split)

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

Ce n’est pas la première fois, et pas la dernière j’espère, que l’excellent label Polonais Godz ov War Productions nous propose des splits qui permettent de mettre en lumière une paire de groupes desquels on n’aurait peut être pas entendu parler autrement !
On ne va pas se mentir : qui dit Godz ov War Productions dit une sacrée plongée musicale dans les ténèbres les plus opaques et les plus brutales.
Que voulez-vous, on ne se refait pas !
Encore ce mois-ci (nous sommes en février au moment où j’écris ces lignes), je me fendais d’une chronique un rien décalée d’un split (>> ici <<), proposé par ce même label, entre Barbaric Horde et Goatsmegma, deux groupe de black / death metal pour le moins violents et putrides… aujourd’hui, c’est des Brésiliens de Trance Of The Undead et des Chiliens de Chaos Perversion dont il s’agit !

Autant dire qu’ici, ça ne rigole pas !
Deux formations occultes d’un black / death metal tellement brutal qu’il confine au war metal ! Deux titres chacun, pour presqu’une demi heure de musique.
Et là, ça ne fait pas dans la demi mesure : ces gars là, on sent que les religions, il s’en paluchent à s’en fissurer les poignets (pas pratique pour jouer des instruments ensuite, cela dit !) et on sent clairement une fascination vis à vis de la mort, des ténèbres, de la souffrance et de l’horreur !
Tout ce qu’il y a de plus réjouissants, quelque part…

Donc à ma gauche, on a le one-man-band d’un certain Diego “Trance Of The Undead” qui s’occupe, par définition, de tout, qui nous vient directement de Viamão (région de Porto Alegre), et qui a déjà sorti la bagatelle de trois EP, une demo, et trois splits (les deux premiers avec Abominablood, puis Messe Mortuaire) et une compilation, le tout depuis 2019.
Autant dire que le gaillard se veut prolifique, d’autant plus qu’il a quatre autres projets solo aux doux noms de Clavis Inferni (black metal), Cursed Excruciation (black / death metal), Lunar Kingdom (raw black metal / ambiant) et Saturnian Gate (electro dark / ambiant) avec lesquels il est tout aussi prolifique.
Autant dire qu’il passe son temps en studio, c’t’homme là !

Et musicalement ? Avec Trance Of The Undead, c’est du black / death metal tout ce qu’il y a de plus cru, mené sur des tempos extrêmement rapide, aux riffs répétitifs au point d’en devenir hypnotiques, surtout lorsque le titre dépasse les neuf minutes comme “Retribution for the dead (astral punishment)”.
Un chant caverneux à souhait, un rien en retrait et sous une légère reverb’ : ah ça, le côté evil, il le maîtrise bien ! Et avec en prime quelques sons de glas histoire de rendre l’ensemble encore plus occulte et sombre, on saisit de suite le genre…
Toujours est-il que le rendu est d’une précision… euh… démoniaque !
Tout est d’une violence maitrisée, d’une laideur fascinante : un tel magma de ténèbres opaques ne peut que confiner à quelque chose de fascinant.
Bref, on a envie de se plonger dans le reste de la discographie du gaillard.

A ma droite, Chaos Perversion, qui nous vient du Sud du Chili, dans une ville du nom d’Osorno.
Là on n’arrive pas trop à savoir si c’est un one-man-band. Toujours est-il qu’il est présenté comme tel avec le guitariste / bassiste Rudy “Flauros U.” F. A Báez (Barbarikult, Svadhisthana, ex-Black Chaos Perversion, ex-Abhorior) qui s’”est adjoint ici des services d’un certain Alex Sick Insulter au chant et de Juan Cancino (Altered Perception, Árbol Muerto, Devilish, ex-Tumulus) à la batterie.

Comme Trance Of The Undead, on nage dans les eaux saumâtres d’un black / death metal bien dégoulinant de sang et autres liquides corporels douteux, avec un chant plus vicieux (alternant le criard et le growl le plus profond), des riffs plus clairs parfois en mode trémolo, des variations de rythmes plus présentes – n’hésitant pas à aller jusque dans le doom le plus étouffant de façon furtive – et une batterie en mode mitrailleuse Gatling plus omniprésente !
Les deux titres ici sont deux petites tueries qui ne nous épargnent rien : entre blasts intenses et malsains et passages oppressants à la lenteur écrasantes dans le même titre, Chaos Perversion montre deux facettes musicales diamétralement opposées mais tout aussi extrêmes !
Un projet qui porte bien son nom tant sa musique est aussi perverse que chaotique !

En clair (si j’ose dire), deux groupes sur lesquels tout amateur de metal extrême devrait se pencher.
Ca ne révolutionne rien, mais ça défoule grandement.

Tracklist :

  1. Trance Of The Undead – Retribution for the Dead (Astral Punishment) (9:06)
  2. Trance Of The Undead – Grave Sacrament MMXXIV (6:13)
  3. Chaos Perversion – Entangled by the Roots of Death (4:36)
  4. Chaos Perversion – Archontic Sublimation (8:49)

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Barbaric Horde / Goatsmegma – Impurity Manifesto (split)

Barbaric Horde / Goatsmegma – Impurity Manifesto (split)

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 7,5/10

  • Ouahhh, ils en ont des noms bizarres, ces deux groupes...
  • Ah oui, surtout Barbaric Horde !
  • Et Goatsmegma ?
  • Goatsmegma aussi !
  • Et musicalement, ça tabasse méchamment !
  • Ah oui, surtout Barbaric Horde !
  • Et Goatsmegma ?
  • Goatsmegma aussi !
  • Ils jouent du black / death metal ?
  • Ah oui, surtout Barbaric Horde !
  • Et Goatsmegma ?
  • Goatsmegma aussi !
  • Ils jouent chacun quatre titres ?
  • Ah oui, surtout Barbaric Horde !
  • Et Goatsmegma ?
  • Goatsmegma aussi !
  • Et les titres sont vachement courts !
  • Ah oui, surtout ceux de Barbaric Horde !
  • Et ceux de Goatsmegma ?
  • Ceux de Goatsmegma aussi !
  • J’adore, c’est haineux, c’est jusqu’au-boutiste, ça joue hyper vite…
  • Ah oui, surtout Barbaric Horde !
  • Et Goatsmegma ?
  • Goatsmegma aussi !
  • J’adore ce chant d’outre tombe, c’est hyper malsain !
  • Ah oui, surtout Barbaric Horde !
  • Et Goatsmegma ?
  • Goatsmegma aussi !
  • Mais pourquoi dès que je dis un truc, tu réponds “surtout Barbaric Horde” et “Goatsmegma aussi” ?
  • Parce que Barbaric Horde, je les ai signés !
  • Et Goatsmegma ?
  • Goatsmegma aussi !

Tracklist :

  1. Barbaric Horde – Impurity Crowned (2:23)
  2. Barbaric Horde – Shrine of Crushed Bones (4:00)
  3. Barbaric Horde – Primitive Destruction (3:03)
  4. Barbaric Horde – Cut Throat Ritual (2:51)
  5. Goatsmegma – Extreme Goat Fisting (2:24)
  6. Goatsmegma – Burning the Traitor (3:41)
  7. Goatsmegma – Slicing the Throat of the Holy Child (3:26)
  8. Goatsmegma – Goat Metal Propaganda (3:25)

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Chronique GoatsmegmaGoat separatist Movement
Chronique Barbaric HordeAxe of superior Savagery
Chronique Barbaric HordeBarbaric Hammer Fist

Scrüda – Extreme Speed Violence

Scrüda – Extreme Speed Violence

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 7,5/10

Complètement dingue !
On l’avait déjà remarqué l’an dernier avec leur “album” de dix titres qui durait 18 minutes chrono, les Polonais de Scrüda ne font pas dans la dentelle !
Ils mettent le mode full speed pour ne pas le lâcher, c’est comme ça…

Et là, un an moins un jour plus tard, ils remettent ça, en mode EP, avec six titres pour à peine huit petites minutes.
Et attention, ça passe très vite, huit minutes, surtout quand c’est mené sur un tempo pareil.
Et là, le trio de Gdańsk semble vouloir pousser le vice jusqu’à son paroxysme : musique ultra violente, morceaux qui défient les lois de la logique et surtout de la vitesse, hurlements, growls, batterie démoniaque…
Tout y passe, ils ne nous épargnent rien !

C’est avec cette démarche jusqu’au-boutiste que Scrüda nous assène violemment ces six bombes à fragmentations à très haut potentiel destructeur à la précision incroyable !
Et nous on râle encore, pas contents, parce que là, pour le coup, huit minutes, c’est définitivement trop court quand c’est aussi bon !!!

Tracklist :

  1. Extreme Speed Violence (1:33)
  2. Like a Dog (1:24)
  3. Chaos (1:35)
  4. It's About You (1:03)
  5. Shameless (1:54)
  6. Pain (1:12)

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Chronique “Fury among ruins

Wstręt – Enlightened Misanthropy

Wstręt – Enlightened Misanthropy

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

Si on devait décerner une palme pour récompenser le concentré de haine de ce début d’année, c’est incontestablement au duo Polonais de Wstręt qu’on le donnerait.
Un EP, le deuxième après celui de deux titres, « Subhuman Eschatology », sorti en août dernier, seulement cinq titres dont une intro, le tout vomi en 19 minutes chrono et puis c’est tout !

C’est tout ?
Attends, je te raconte !
Wstręt, c’est un duo de deux personnalités qui se font connaitre par pseudonymes : une guitariste qui joue de la basse (ou l’inverse) qui se fait appeler Voiceless Tongue et un batteur qui vocifère au doux surnom d'Odivm.
Inutile de chercher à en savoir plus, on perdrait notre temps : les deux gaillards comptent mettre en avant leur musique dans laquelle ils prônent la misanthropie, les ténèbres, l’affirmation de soi et l’éveil.
Beau programme !

Et là, tout n’est que noirceur…
Des riffs vénéneux sortant d’instruments sous-accordés, des tempos rapides, un chant outre-tombesque à souhait, le tout au service d’un black / death metal rapeux qui confine au war metal !
Un riff principal et ils te le répètent à l’envi non sans vociférer quelques lyrics bien haineux quitte à nous les cracher à la gueule.

Certaines musiques se doivent de rester underground, disait l’autre : celle de Wstręt restera ancré dans les tréfonds du genre tant rien ne peut percer cet amas de ténèbres opaques d’une puissance rare !
Tout est calculé, millimétré et orchestré de façon à nous pousser dans nos derniers retranchements.
Rarement une musique aussi malsaisante ne se sera montré aussi malsaine.
Et ne pas dire que l’intro ambiante et mystérieuse ne nous a pas prévenus d’entrée : ce faux calme apparent n’était que pour que les premiers riffs nous sautent à la gorge sans la moindre pitié ni le plus petit remord.
Et ça reste dans cette violence du début à la fin, avec une intensité redoutable et un côté dévastateur des plus affirmé.
Et nous, pauvres masochistes, on en redemande, parce qu’on sait que, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ça ne laissera surement pas indifférent !

Et ce, ne serait-ce que parce qu’une telle addition de laideurs ne peuvent qu’aboutir à quelque chose qui frôle la beauté absolue…

Tracklist :

  1. Intro (Instrumental) (0:55)
  2. Enlightened Misanthropy (3:31)
  3. The Noble Light (5:29)
  4. Ancient Hatred (4:35)
  5. Inexorable Terror (5:11)

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Angrrsth – Złudnia

Angrrsth – Złudnia

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

Même si le groupe existe depuis 2018 et en est à son deuxième album, c’est seulement en 2022 que j’ai entendu pour la première fois les Polonais d’Angrrsth, lors du split “W czeluść” avec leurs compatriotes de Czort.
En deux titres, j’en avais assez pris dans les oreilles (et la figure, soyons honnêtes) pour que le quatuor de Toruń retienne particulièrement mon attention.
Et la séance de rattrapage a été quasiment immediate : de suite, je me suis englouti l’EP “Znikąd” (2018) et l’album “Donikąd” (2021), appréciant leur black metal direct, cru, mâtiné de death metal et alternant les passages ultra brutaux avec d’autres plus heavy mais non moins oppressant !

Et là, l’air de rien, arrive leur deuxième full length “Złudnia” en continuant leur bonne habitude de nous déverser un black metal aussi roots que vénéneux !
Ici, tout n’est que noirceur, brutalité, ténèbres et occultisme de tous les instants.
Angrrsth développe tout au long de ces sept nouveaux titres, souvent longs (d’une moyenne de six minutes), une atmosphère des plus malsaines et chaque composition fait l’effet d’un concentré de haine à l’atmosphère morbide !
En clair, pour oreilles averties…

Angrrsth axe sa musique principalement sur des riffs rapides et sur le chant, varié, oscillant entre le criard et le guttural, avec quelques passages clairs utilisés avec parcimonie.
Mais ne pas croire que cet album est un catalogue de blast furieux homogène.
Loin de là : les Polonais sont aussi capable de nous server des passages au mid tempo assassin (“Prog”, notamment) qui ne sont que prétexte à la fois à nous oppresser vicieusement et sadiquement le thorax et nous achever avec des accélérations à nous mettre les cervicales au sol.

Angrrsth arrive à combiner puissance et rapidité avec une facilité qui frôle l’insolence : Angrrsth ne s’interdit rien, et surtout pas son droit à faire ce qu’ils veulent, en cassant certains codes de la vague Scandinave des mid nineties de laquelle ils semblent se revendiquer !

Si on considère que, dans le black metal, tout ce qui est malsain est forcement bon, Angrrsth est purement excellent !

Tracklist :

  1. Kolejna pętla (4:25)
  2. Mane, Tekel, Fares (5:12)
  3. Próg (6:05)
  4. Złudnia (6:23)
  5. Amor Fati (6:03)
  6. Solve et Coagula (5:37)
  7. Widziałem go (6:53)

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Chronique “Czort / Angrrsth – W czeluść” (split)