Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10
L’Italie ! Ses gondoles à Venise, ses musées à Florence… Et son thrash made in Turin.
Fort d’un EP éponyme paru en 2024, les voici qui déboulent avec leur premier album « longue durée » ayant pour nom « Scream All My Hate ». De qui je parle ? Du groupe Damnation !
Au début, j’avoue avoir eu un peu de mal à les mettre dans une case au niveau des influences, choisissant cependant celle de la Bay Area.
Et puis à partir de certains titres, j’ai même pu les comparer à un groupe très célèbre, mais ne brûlons pas les étapes.
Commençons par le commencement.
Le sujet qui les préoccupe le plus semble être la guerre, ce qui est d’actualité malheureusement.
Quant à la musique, au menu, que du bon. Riffs accrocheurs, tempos mid tempos enlevés, voix éraillée passée au papier de verre, solos de guitare qui grondent et explosent avec fluidité et vélocité (“Scream All My Hate”), avec parfois un refrain presque rock (“Bloody Eyes”) ; on y trouve aussi des chœurs, des riffs qui virevoltent et se greffent sur de bonnes rythmiques.
C’est classique et bien « foutu », pas de doute. J’apprécie particulièrement leurs riffing qui fait mouche de suite, et la façon qu’ils ont de construire leurs titres pour ne pas en faire des compositions linéaires.
Et puis arrive « Damned » et jusqu’à « Destroy the War Machine », avant dernier morceau de leur galette, leur thrash met alors l’accent sur des rythmiques beaucoup plus heavy, même si les riffs sont toujours présents (« War »).
L’excellent « Master, The Priest and the Death » déboule même dans son intro en mode hard rock.
Et là, à tort ou à raison, je n’ai pu m’empêcher de penser à… Metallica et son dernier album « 72 Seasons » !
Sauf que, et je ne veux en rien déclencher la polémique, je trouve qu’on y trouve (oui, je sais, j’ai répété deux fois le même mot, mais cela me plaît bien)… une petite flamme beaucoup plus présente que chez leurs « grands frères », ce genre d’énergie qui fait toute la différence.
Du coup, j’ai beaucoup apprécié des titres comme « The Master, The Priest and the Death », « Mr. Mayhem » ou bien encore « Destroy the War Machine » pour leur côté frontal au rendu parfois hypnotique comme sur « War ». Pas mal du tout.
Et ils terminent leur set avec un retour au riffing qui tue pour « Dead Again » qui clôt cet album.
Alors que vous dire en conclusion ?
Que ce « Scream All My Hate » tient ses promesses, le tout boosté par cette énergie qu’on attend de cette musique.
Un album entraînant et plus qu’honnête.
Le thrash old school n’évolue pas, reste accroché à ses codes, car c’est ce qu’on attend de lui, mais il peut prendre plusieurs teintes musicales ; en voici un exemple ici.
Bien aimé.
Tracklist :
Under the Cross (1:21)
Scream All My Hate (3:34)
Bloody Eyes (5:23)
Damned (3:36)
War (6:06)
The Master, The Priest and the Death (4:35)
Mr. Mayhem (3:53)
Kill by the Dawn (4:48)
Destroy the War Machine (4:43)
Dead Again (3:53)
Dans le médical, on appelle ça un prématuré !
Dans le metal, on appelle ça de la productivité !
On ne l’aura pas attendue longtemps, la suite des aventures des Espagnols de Peace After Pain. « The essence of insanity » était sorti fin avril 2024 et, pas plus de sept mois plus tard, ils accouchent du petit nouveau.
Au rayon des nouveautés, le groupe joue désormais avec un seul guitariste, l’Italien Marco “Mark” Lai (Alkoholizer, Morning Detonation, Necromessiah, ex-Ancient Rune) au background qui… ne regarde que lui, et force est de constater que le groupe y a gagné en virulence.
Toujours ancré dans un crossover / thrash metal particulièrement old school, Peace After Pain se montre particulièrement vindicatif tout au long des dix titres qui totalisent 28 minutes seulement !
Par rapport au premier album, l’album dure 20 secondes de moins (si si, j’ai compté !!!) pour un titre en plus… et ça, si on compte l’intro instrumentale aux sonorités nippones traditionnelles comme une composition à part entière.
Niveau chant, il y a plus de rage, on croirait presque entendre Andreas « Gerre » Geremia lors de la plus grande époque de Tankard (comprendre, « Chemical invasion » et « The morning after »).
Ici, on reste dans cette tradition D.R.I. meets Municipal Waste avec de gros côtés Anthrax ou Tankard.
Ca riffe sévère, on a du solo qui tue, du chant bien rageur et de la rythmique épileptique.
Et on ne demande rien de plus !
Tout ce qu’on peut constater, ce sont les progrès significatifs, tant dans la composition et l’interprétation que dans la production.
Du coup, on va vouloir la suite, si la dynamique de création continue sur la même lancée, pour juin 2025.
A défaut d’en prendre le pari, je prends quand même rendez-vous, on ne sait jamais…
Tracklist :
Totsuzenshi (instrumental) (2:25)
Minds in a Trap (2:09)
The Face of Death (3:09)
Break Your Will (2:53)
Out of the Game (3:18)
Consume and Die (1:38)
FCK PAP (3:05)
The Deadly Rave (2:58)
Hangover ov Poseidon (2:23)
U.Y.F.B. (4:11)
Décidément, Barcelone se devient tout doucement la capitale ibérique en matière de groupes de thrash metal ! Je viens à peine de finir la chronique du deuxième album de Terminal Violence (>> ici <<) qu’on me propose celui de Peace After Pain, provenant également de la deuxième plus grande ville d’Espagne.
Entre Nuckin’ Futs, ReDimoni, Exessus, Radity, Illusion voire Crisix ou Fuck Off pas très loin, il y a de quoi faire.
Ici, on a droit à un groupe qui officie dans un crossover / thrash metal des plus crus. Ce quatuor formé en 2017 nous aura sorti deux EP, “Peace after pain” (2018) et “Outta my sight” (2021) puis une démo “Apocalypse later” (2022), tous comportant trois titres, avant que ce “The essence of insanity” ne voit le jour en avril dernier chez Punishment 18 Records.
Que dire ?
Qu’on se prend neuf titres bien thrash à l’essence punk bien présente ?
C’est le principe même du crossover / thrash metal : ça ne laisse pas beaucoup de place à l’innovation, mais on s’en fout, du moment que ça tabasse !
Et ça tabasse !
L’esprit old-D.R.I., old-Suicidal Tendencies, avec quelques réminiscences Anthrax de la période des mid eighties, et un petit côté fun à rapprocher des premiers Nuclear Assault pas piqués des vers, ça nous va !
Les rythmes sont soutenus et les rares passages en mid tempo ne sont que prétextes à nous recoller une accélération des familles derrière !
Bref, rien de neuf tant sous le soleil catalan que sous celui des crossover / thrashers, mais Peace After Pain met assez de conviction dans ses compositions pour se voir affubler d’une crédibilité qu’il va falloir désormais confirmer !
Depuis ?
Le guitariste Viktor (Asphyxion, Machete Law, Guineu de l’Estepa) est parti, laissant Marco “Mark” Lai (Alkoholizer, Morning Detonation, Necromessiah, ex-Ancient Rune) seul six-cordiste.
Et en plus, ils ont sorti un nouvel album, « The deadly rave », six mois plus tard, toujours chez Punishment 18 Records.
L’est pas belle, la vie des thrashers ?
Tracklist :
Pre-Apocalypse (1:08)
Depend on No One (2:34)
No Way to Back Down (4:24)
Can’t Change (3:17)
Gobernadores del odio (3:41)
Reveal Your Fears (3:03)
Times Are Insane (2:55)
Peace After Pain (3:30)
Outta My Sight (3:57)
Salut les gens !
Aujourd’hui, on va donner dans le crossover / thrash metal du groupe canadien Supermodel Taxidermy.
Après pas mal d’EP, voici leur premier « vrai » album qui a pour nom « At What Cost ».
Un power trio qui déménage, bourré de cette énergie propre à ce style musical.
Comme influences, ils parlent de D.R.I. et d’Iron Reagan. Je me permettrai d’en rajouter un troisième en la personne de… Suicidal Tendencies dans la période de ses « early days ».
Effectivement, des titres comme « Blood Painted Dash » ou « Subliminal » en sont la preuve, ce dernier étant d’ailleurs une reprise de la bande à Mike Muir : leur thrash est boosté par un effluve punk / hardcore old school assez évidente.
D’ailleurs, au contraire de certains de leurs cousins qui alignent au sein d’un même titre toute une kyrielle de plans de guitare différents comme Municipal Waste, eux, adoptent une construction plus classique, à grands coups de riffs répétitifs et d’un couplet accrocheur.
Cela donne des compositions comme « The Hanging Tree » qui vous rentrent dans le cervelet direct. Comme tout power trio qui se respecte, leur musique est énergique, puissante sans fioriture et quand ils commencent en intro en plaçant quelques notes de piano comme pour « Death Dealer », ça mute vite en punk/rock perverti par un thrash hyper speed.
Après, dans la gamme « à fond la caisse », « Exorcist For Beer » est pas mal non plus ; il vous fera entamer un pogo sauvage dans votre salle à manger » du genre, je vais tout détruire.
Bref, rien de neuf sous le soleil, mais j’ai bien aimé leur petit côté old school, leur riffing entraînant et la dose d’énergie salvatrice qu’ils donnent au travers de leur démarche musicale.
Pas original, mais efficace à deux cent pour cent.
Tracklist :
1. Wake Up (1:55)
2. Exorcist for Beer (3:21)
3. Clinics (3:20)
4. Lipstick (2:54)
5. Blood Painted Dash (3:16)
6. Gage (1:48)
7. Kevlar (3:10)
8. The Hanging Tree (3:16)
9. Subliminal (reprise Suicidal Tendencies) (3:12)
10. Death Dealer (3:37)
La vache !
Ils n’auront pas mis longtemps avant de nous sortir un sacré album, les Toscans d’Emberstar.
Tout fraîchement signés chez les excellents Punishment 18 Records qui ont eu le nez creux en ressortant cette petite pépite sortie initialement en autoproduction le 07 octobre 2023.
Formé en 2017, le quartet nous propose un premier album de pur thrash metal hautement technique qui peut nous faire penser aux albums de Toxik, Forbidden ou Agent Steel.
Pendant plus de trois quarts d’heure, on se prend neuf titres vénéneux, emmenés tambour battant, avec son lot de breaks et de changements de rythmes, le tout avec une intensité remarquable.
Mais ne pas croire que le groupe se cantonne au seul style “techno thrash”, loin de là : tout au long de l’album fourmillent des influences à chercher certes dans le thrash metal le plus old school mais aussi dans la NWOBHM et le speed metal de Papa.
Le chant haut perché de Jacopo Terzaroli n’est pas sans nous rappeler un compromis entre John Cyriis (Agent Steel) et Alan Tecchio (Hades, ex-Watchtower) et le riffing se veut souvent saccadé et propose des cavalcades pour le moins intéressantes.
Et c’est que ça s’enchaîne, peu de temps morts : le groupe se permet même le luxe de quelques incursions dans le death metal de par la présence de quelques growls disséminés par-ci par là.
Clairement, “Dialogue with the outside” se veut être un album d’une grande richesse parfaitement execute par des musiciens dont certains ont déjà un beau background dans le milieu comme le bassiste Leonardo Bellavista (Burial, Vexovoid, ex-Violent Sun, ex-Helcaraxe, ex-Coexistence, ex-Drunken Corpse, ex-CodeFour, ex-Erase, ex-Iron Viper, ex-Stasis Field) et le chanteur Jacopo Terzaroli (ex-March of Chronos, ex-Wrathike).
Chaque titre apporte sa petite touche en plus par rapport aux autres qui pousse à l’écouter encore et encore pour bien s’imprégner de tous les petits details qu’on a pu louper lors des écoutes précédentes.
Riche et passionnant : une belle réussite !
Tracklist :
1. Hexarch (6:05)
2. There Is More than One of Everything (5:03)
3. Queen Anne’s Revenge (4:33)
4. In Plain Hostility (4:40)
5. The R-Ex Experiment (5:14)
6. F.Y.F.F.I. (5:59)
7. Coincidence of the Opposites (5:06)
8. Drugs Give, Drugs Take It Away (4:50)
9. Impious Factoria (4:55)