On ne va pas se mentir : quand j’ai lu sur l’accroche de l’album “quand la rage se fait dentelle, entre Hole, Pantera et Dead Can Dance”, j’en ai eu la curiosité qui a fait un sérieux bond en avant !
Se retrouver grâce (ou à cause) d’un seul groupe tiraillé entre le groove metal un rien brutal de la bande à Phil Anselmo combiné à la beauté quasi absolue d’un Dead Can Dance pour lequel je n’ai de cesse de crier mon admiration, avec en prime un bon fond de grunge, ça avait de quoi m’intéresser particulièrement.
Et c’est vrai qu’en cinq compositions, je me retrouve quelque peu fasciné, voire transcendé par ce que j’entends.
Bon, le côté Dead Can Dance, je le trouve encore impalpable, mais on sent que le quatuor cherche à travailler de ce côté là : quelque part, vouloir s’attaquer à l’univers de Lisa Gerrard / Brendan Perry, c’est on ne peut plus couillu !
Mais on ressent cette volonté de recherche des atmosphères du duo Australo-Britannique, même si j’y ressens un côté plus proche de This Mortal Coil lors des passages les plus atmosphériques.
Mais là où Shetan devient bluffant, c’est d’avoir pu y combiner des passages d’une lourdeur typiquement grunge à la brutalité du groove metal, avec le chant qui va avec.
Rien que dans le premier titre, Amélie Lenoir passe du chant clair à un growl profond avec une facilité déconcertante. C’est comme si Tool et Alice In Chains se retrouvaient dans une soirée échangiste avec Pantera…
Un mélange des genres qui prouve une réelle ouverture d’esprit au service d’une musique plus riche que la première écoute ne laisse transparaître.
Shetan aimerait jouer avec les contrastes ?
On ne peut qu’en être convaincu : appeler son premier EP “Énantiodromie” n’en est qu’une preuve supplémentaire. Pour avoir fait un (petit) peu de Grec dans ma scolarité, j’aime parfois disséquer les mots (en m’aidant de la toile pour mes recherches) : la combinaison d’“Enantios” (contraire) et de “dromos” (course) donnant “courir en sens contraire”.
Oui, Shetan fait glisser ses influences dans sa musique tel un ruban de Möbius (métaphore de l’énantiodromie) pour finir par les faire briser l’une contre l’autre au moyen de cinq chapitres bien distincts.
Tout y est précis, calculé, réfléchi : un logo dans lequel un cœur traversé d’un « t » en croix symbolisant, de leur propre aveu, “le symbole d’une féminité souveraine qui refuse les compromis, cet emblème signe l’acte de naissance d’une artiste pour qui la rage se fait dentelle”, ainsi que l’artwork representant encore une fois le contraste entre la douceur du personage principal de dos et son reflet agressif qu’on voit de face. Image en noir et blanc sur laquelle seuls le cœur et la pomme sont en rouge. Encore des symboles lourds de sens…
La féminité encore une fois représentée par le “She” de “Shetan”… Jeu de mots à multiples facettes, vraiment bien trouvé.
Et que dire de cette reprise de Lana Del Rey (“Pretty when you cry”) ? Sombre comme il se doit, aux atmosphères délicieusement éthérées, comme pour mieux contraster avec la densité d’un “War freaks” final tout en lourdeur et en ambiances tortures.
Comment une chose et son contraire peuvent être considérées comme une seule et même chose ?
Ecoute ce premier EP de Shetan, tu auras déjà un début de réponse !
Tracklist :
1. Shut Up Bitch (4:50)
2. Look Inside (5:34)
3. Samodiva (feat. Emilie D.) (4:36)
4. Pretty When You Cry (reprise Lana Del Rey) (4:22)
5. War Freaks (3:28)
Là, j’avoue, si je n’ai pas écouté cet album de nombreuses dizaines de fois depuis que le label me l’a envoyé…
Dès le premier titre, je me retrouve fasciné, va savoir pourquoi !
Moi, le thrasher invétéré, qui aime se secouer la crinière sur des riffs rapides et agressifs… Putain, je vieillis ou quoi ?
Non, rien à voir ! Depuis quand l’amour du bon rock est une question d’âge ?
Quoique, pour le coup…
J’aime me replonger dans le passé, et The Wooden Pearls me ramène dans les années 90, du temps où le grunge, le rock indépendent voir l’alternatif innondaient généreusement la bande FM
Oui, j’avoue, j’avais une grosse tendresse pour The Breeders, The Darling Buds, Transvision Vamp ou, plus près de chez nous, les Black Maria ou autres Niagara dans sa période la plus ‘dure’, voire les Nada Surf et PJ Harvey, deux références assumées par le trio Palois.
Mais pas que : l’album regorge de toute une foultitude de sonorités passant du proto rick à la Patti Smith : niveau rock alternatif en France, on se regale déjà bien avec les Chambériens de Newt voire les Grenoblois de Faith In Agony, mais The Wooden Pearls nous colle une baffe encore plus forte.
Oui, dès “Docile”, on se retrouve transportés par un retour en pleine déflagration grunge, avec des textes intéressants une guitare tranchante et un chant sous légère réverb’.
Energique et catchy, le rock ici proposé est un pur régal avec d’entrée quatre titres à l’énergie communicative : “Docile”, les plus rock garage “A step away from the crowd” et “Devil inside I” (rien à voir avec INXS) et le plus grungy “Little Miss Perfect” s’enchaînent sans temps morts.
Titres courts d’à peine deux minutes et demies de moyenne, c’est catchy, efficace et ça va directement à l’essentiel.
Et pan, histoire de casser la dynamique, on se prend un “Brokenhearted” au phrasé rapisant et à l’ambiance plus trip hop avec un chant qui se rapproche de la regrettée Dolores O’Riordan (The Cranberries) dans sa deuxième partie.
Puis vient “Carpe Diem” comme pour faire revenir au galop un naturel chassé au titre précédent.
Encore une fois, les textes sont excellents et le titre se veut accrocheur. On adhère.
Et ce ne sont pas “Devil inside II” et le plus noisy “Détermine-moi” (encore une fois avec des textes qu’on a envie de suivre de près) ne vont pas casser la dynamique.
“Va, je ne te hais point”, sorte de monologue téléphonique accompagné d’une ligne de basse impalpable, introduit un lancinant et ambiant “Acouphènes” qui s’avère passionnant et criant de sincérité.
Du grand art.
Et pour finir, deux titres à nouveau catchy, “Nothing left of me” et le très The Bangles “Surf report”.
En douze titres (dont un interlude parlé), The Wooden Pearls nous offre un album qui s’avère être un pur moment de rock nous ramenant trente années en arrière avec une sincérité touchante.
Authentique, qu’on vous dit !
Tracklist :
1. Docile (3:19)
2. A Step Away From The Crowd (2:40)
3. Devil Inside I (2:03)
4. Little Miss Perfect (2:42)
5. Brokenhearted (4:02)
6. Carpe Diem (4:43)
7. Devil Inside II (3:42)
8. Détermine Moi (4:15)
9. Va, je ne te hais point (0:28)
10. Acouphènes (2:50)
11. Nothing Left Of Me (3:19)
12. Surf Report (3:12)
Une chose est sure, c’est que chez les Montpelliérains d’Heresy, on aime prendre son temps.
Trois albums en 17 ans d’existence, six années entre le premier (“Powered by anger” en 2013) et le deuxième (“The dark shore” en 2019), puis sept pour voir arriver cet “Ordinary decent life” : il y a comme une certaine constance dans l’attente.
Niveau constance, on l’a aussi quand on parle de la qualité du heavy / thrash metal du quatuor Occitan.
Parce que, là, pardon, une nouvelle fois, c’est du high level.
Neuf nouveaux titres, 50 minutes de musique : la part belle est laissée aux plages instrumentales.
Eux qui situent leur thrash metal old school quelque part entre Metallica et Megadeth – ce n’est pas moi qui le dis, c’est la bio –, force est de constater qu’ils ne sont pas loin de ne pas avoir tort.
Car, clairement, ici, un groupe Français qui porte aussi haut l’étendard du thrash metal façon Bay Area de la moitié des années 80, avec une production moderne signée une nouvelle fois Bruno Varea (Acod, Blut Aus Nord, Worselder, Blazing War Machine, Dagoba…) qui ramène immédiatement à l’époque du Metallica du temps de l’irremplaçable Cliff Burton.
Parce que si on pense que parler de thrash metal revient à accumuler les riffs saccadés en défiant les lois de la vitesse, on va vite se tromper en parlant de la musique d’Heresy.
Non, on a certes droit à tout ce qui caractérise le thrash metal, mais avec des tempos qui oscillent entre le mid et le speed, avec de longues parties mélodiques.
D’ailleurs, bon nombres des neuf titres de cet album débutent par une intro instrumentale calme, à la façon des Testament de la première heure (“Dancing shadows on burning grounds”, “Straight to the wall”, “Locked inside your head”, “Concrete road”, “86 days without Sun”, “Between the lines”, “Stray dogs”) soit quand même sept titres sur neuf.
Mais ces intros ne sont là que pour mieux nous asséner un bon coup de thrash metal derrière la nuque.
C’est ainsi qu’on se prend certes quelques titres plus heavy à la rage contenue (“Caveat emperor”, “Between the lines”) ou un low tempo mystérieux particulièrement lourd (“Concrete road”, “Stray dogs” qui n’hésite pas à retourner vers des moments furieux) voire flirtant avec la power balade (“86 days without Sun”).
Pour le reste, on retrouve tout ce qui caractérise le thrash metal : nette, précise, mélodique, titres axés sur les guitares mais sans rentrer dans la brutalité, au service de compositions fouillées et particulièrement bien travaillées. Et là, pour le coup, on se dit que ça valait le coup d’attendre sept ans pour ce résultat.
Heresy nous offre un troisième album d’une grande maturité qui ne peut que ravir les fans du genre.
Décidément, le thrash metal Héxagonal, à l’instar notamment d’un Syr Daria, se porte à merveille et n’a plus rien à envier aux précurseurs de la Bay Area.
Cocorico !
Tracklist :
1. Dancing Shadows on Burning Grounds (5:31)
2. Straight to the Wall (5:43)
3. Caveat Emptor (5:06)
4. Locked Inside Your Head (5:42)
5. Concrete Road (5:44)
6. .86 Days without Sun (6:28)
7. Innersight (5:32)
8. Between the Lines (5:25)
9. Stray Dogs (5:41)
C’est en 2020, lorsque le quatuor Fat Dead Shit se sépare, que nait The Discord. En forme trio sans le chanteur originel, le groupe se reforme presque dans la foulée. En 2022 sort l’EP “An ocean of Fears”, qui lui ouvre quelques portes bien sympathiques, notamment de nombreux concerts et festivals comme le Hellfest en 2022. Et en 2026 sort enfin ce second EP “A massive illusion”.
Ce qui interpelle d’entrée, c’est la puissance et la rage affichées sur ces six nouveaux titres. The Discord semble avoir clairement l’intention d’en découdre, tant au niveau musical qu’au niveau des textes, plus vindicatifs et dénonciateurs que par le passé. Musicalement, on est dans un bon compromis entre hardcore et metal, avec de petites touches impalpables de rock ‘n’ roll dans l’ensemble, voire une petite incursion dans le metalcore (“Already in prison”).
https://www.youtube.com/watch?v=lYJU8By-2Xg
Les riffs sont monstrueux, puissants, The Discord veut en découdre d’entrée avec la brutalité comme seul leitmotiv. Le batteur frappe ses fûts comme si sa vie en dépendait et le bassite / chanteur hurle ses lyrics à s’en dégueuler les cordes vocales sur le plancher, principalement en mode “hurleur”, le chant clair n’étant utilisé qu’en de rares occasions.
En six titres, le trio nous colle 23 minutes non stop de mandales sévèrement appliquées, au point qu’on va en avoir les joues qui vont piquer pendant quelques temps. Bref, ça avoine tellement bien qu’on n’a qu’un seul reproche à faire à cette sortie : elle est trop courte !
Note de la SoilChroniqueuse (GothicMelody) : 7,5/10
Faith In Faces est un groupe Français qui sort son premier EP intitulé "The Sound of the Herd". Heureusement que le label a donné quelques informations, car il n’y en a pas encore beaucoup sur internet. Le bonus avec ce label, c’est qu’on peut obtenir la version physique, ce qui est plutôt rare ces derniers temps. Entrons dans le vif du sujet : l’EP démarre avec une intro « Under », qui nous plonge dans un univers un peu anxiogène. Ça pourrait faire un bon générique de série ou de film. C’est intéressant et ça permet de mettre un peu de suspense pour passer à la suite. C’est une belle entrée en matière. On attaque les choses sérieuses avec « Drowning Into You ». On retrouve des influences de metalcore avec une batterie bien puissante, un son plus lourd, et de nu metal avec ce côté plus léger et électro. Il y a quelques influences de culture de rue /hip-hop. Le chant oscille entre rap et chant clair, c’est intéressant comme mélange et ici, ça fonctionne bien. Il y a des changements de rythme, c’est bien fait.
https://www.youtube.com/watch?v=g0Mp1gKmp0Y
« Let Me Out » a une atmosphère un peu plus légère, même si la base metalcore est toujours présente. Les chœurs apportent une touche intéressante et encore plus mélodique à la chanson. J’aime vraiment les changements de rythme qui donnent de jolis contrastes à l’ensemble. Le refrain reste bien en tête. Un autre morceau que j’ai apprécié. « Guiding Light » démarre avec une mélodie au clavier, puis le rap arrive. La ligne mélodique est intéressante et bien plaisante à l’oreille. On monte en crescendo dans l’intensité, avant de redescendre un peu pour mieux terminer le morceau. C’est très mélodique, avec du contraste et de l’émotion. Un titre très intéressant.
https://www.youtube.com/watch?v=HQT5gyhGP0k
On termine l’écoute de l’EP avec « Hope » avec Arthemys, Folliage. C’est un titre très mélodique, qui est un peu moins lourd que les autres. Les différents chants apportent un vrai plus au morceau. La batterie est toujours bien présente et il y a un côté presque symphonique, le tout bien rythmé, ce qui en fait un titre agréable à écouter.
Pour un premier EP, "The Sound of the Herd" est bien fait. Pas de problème pour entendre tous les instruments (voix comprises), ce qui est toujours appréciable. L’EP est globalement cohérent : même si les morceaux ont chacun leur identité musicale, on sent une trame musicale se dessiner. C’est un EP intéressant qui donne envie de suivre le groupe pour voir ce qu’il nous réserve pour la suite. C’est un début prometteur. Foncez écouter "The Sound of the Herd" si vous aimez le metal alternatif, le nu metal, le metalcore nouvelle version, le metal avec de jolies mélodies ou simplement si vous voulez découvrir un nouveau groupe.