Malefic Throne – The conquering darkness

Malefic Throne – The conquering darkness

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10

 

Alors celui-là, il était espéré.
D’autant plus que leur premier EP éponyme de 2022 avait déjà commence à mettre tout le monde d’accord ! Bon sang, les titres étaient déjà époustouflants, sans parler de cette reprise de « Nuclear winter » (Sodom)…
The conquering darkness”, premier full length du trio Floridien Malefic Throne, confirme ce qu’on a pu penser de leur enregistrement d’il y a trois ans : c’est que ça sait taquiner du manche, de la baguette et du chant en crypté, dans ce groupe.
Tu penses vouloir leur donner une quelconque leçon de death metal ? Tu vas voir avec quelle force ils vont te coller un coup de Trafalgar dans la lunette arrière, les trois vilains garçons.
Tu penses, quand tu as le batteur John Longstreth (Dim Mak, Hate Eternal, Krokmitën, Neurectomy, Origin, ex-Malicious Intent, ex-Possession, ex-Crator, ex-Gorguts, ex-Skinless, ex-The Red Chord, ex-Unmerciful, ex-Angelcorpse), le guitariste Gene Palubicki (Demonized, Hexorcist, Perdition Temple, ex-Angelcorpse, ex-Apocalypse Command, ex-Blasphemic Cruelty, ex-Impiety, ex-Anal Blast) et pas moins que monsieur Steve Tucker (Arise from Worms, Morbid Angel, ex-Merciless Onslaught, ex-Warfather, ex-Ceremony, ex-Nader Sadek, ex-UnderCurrent) à la basse et au chant, tu peux de suite imaginer que ce que tu vas entendre va être un sommet de technique et de brutalité.

Et on ne s’y trompe pas : pendant huit titres et trois quarts d’heure, c’est une veritable déflagration sonore que tu te prends entre les deux oreilles ! Ah ça, ils te paraissent loin, les “Altars of madness”, “Exterminate”, “Legion”, “Retribution” ou autres sommets du death metal US de la grande époque !

The conquering darkness”, c’est tout le chaos d’une musique glauque, technique et menée sur des tempos qui défient les lois de la vitesse, avec une capacité à te coller de l’ambiance morbide au simple moyen d’une décélération oppressante et d’un chant des plus caverneux.
Oui, d’entrée, la bande à Tucker a décidé de nous coller leur propre “Altars of madness” avec une virulence dévastatrice : chaque titre passe à vitesse grand V sans que quiconque ne soit en capacité de pousser un bâillement d’ennui.
J’t’en foutrais oui, ça défile tellement vite que tu arrives à la fin de l’album au bout de 45 minutes sans que tu ne vois le temps passer, tout en sentant que tu te prends pleine face un pur moment de brutalité exceptionnel (bon sang, « Born of plague », un truc de dingues…) qui ne peut t’empêcher de pousser un soupir de satisfaction à la fin de l’album !

Et difficile de sortir un titre par rapport aux autres.
D’aucun reprocheront un côté trop homogène à l’ensemble ? Qu’ils le réécoutent : cet album fourmille d’une multitude de petits détails qui nécessitent plusieurs écoutes pour en extraire le nectar !

Et le pire, c’est que dans ce magma de violence maitrisée, on ne peut s’empêcher de penser qu’on tient là certainement un des albums de death metal les plus aboutis et ambitieux depuis belle lurette !
Autant en profiter un maximum…

 

Tracklist :

Blasphémait Desecration (06:17)
The Voice of My Ghost (06:21)
Athirst for Dissonance (5:13)
Born of Plague (4:52)
Divine Tragedy (4:21)
Carnage of the Forgotten (5:15)
When Our Shadows Align (5:22)
Forged of Stone (8:16)

 
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Forgotten Tomb – Nightfloating

Forgotten Tomb – Nightfloating

Note de la SoilChroniqueuse (Musta) : 7,5/10

 

Forgotten Tomb est un groupe de black metal italien fondé en 1999 par Herr Morbid.
Initialement un one man band, Forgotten Tomb comptera de nouveaux membres à partir de 2004 lors de la sortie de Love’s Burial Ground. Les deux premiers albums, Songs To Leave et Springtime Depression sont des chefs-d’œuvre de la scène Depressive Black Metal.
Le groupe propose de nombreux albums et évolue progressivement vers du black metal plus accessible avec des influences doom et goth. L’ensemble de la discographie des Italiens est très convaincante et cohérente, mis à part, peut-être, We Owe You Nothing, paru en 2017.

Quatre ans après leur dernier opus Nihilistic Estrangement plutôt sympa, le quatuor en provenance d’Émilie-Romagne revient en force avec Nightfloating le 12 juillet 2024. Mais que vaut ce nouveau disque ?
Tout d’abord, les Italiens semblent revenir aux racines avec ce nouvel opus. En effet, Nightfloating se veut plus agressif, plus bestial que Hurt Yourself And The Ones You Love sorti en 2015, et We Owe You Nothing en 2017. Certains morceaux tels que « Nightfloating » ou « A Chill That You Can’t Taint » rappellent beaucoup l’époque Songs To Leave ou Springtime Depression. Toutefois, Nightfloading reste plus accessible et moins sépulcral/macabre que les premiers albums du groupe.
Les passages et riffs très mélodiques donnent un côté presque black atmosphérique par moments. Chaque instrument est mis en valeur, effectivement, on peut distinguer sans problème les guitares, la basse, la batterie etc tout est en parfaite harmonie. Le chant de Herr Morbid est certes moins chaotique qu’auparavant mais il n’en reste pas moins poignant ou touchant. Avec NightfloadingForgotten Tomb revient à ses racines tout en apportant une touche de nouveauté. Cet album est la fusion parfaite entre les premiers et derniers albums du quatuor. L’interlude « Drifting » sort complètement des sentiers battus. En effet, ce type d’atmosphère presque dungeon synth est très peu habituel au sein de cette formation musicale. Il s’agit sûrement du titre le plus surprenant (dans le bon sens du terme) de cet album. Trois minutes trente neuf d’apaisement dont l’écoute est vivement recommandée avant de dormir : bonne nuit garantie.

Pour conclure, Nightfloating est un album tout à fait convaincant et intéressant. Ce dernier est un parfait crossover entre les opus Songs To Leave et Hurt Yourself And The Ones You Love.
Forgotten Tomb prouve que l’on peut toujours compter sur eux pour se régaler musicalement. Nightfloating n’est objectivement pas le meilleur projet des Italiens, mais il est loin d’être mauvais. Il n’est pas l’album de l’année mais il s’écoute avec plaisir et n’est pas redondant.

Je félicite Forgotten Tomb car je n’en attendais pas grand chose.

 

Tracklist :

1. Nightfloating 5:39
2. A Chill That You Can’t Taint 7:12
3. This Sickness Whitered My Heart 6:04
4. Unsafe Space 6:30
5. Drifting 10:38
6. A Despicable Gift 10:38

 

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Chronique “Hurt yourself and the ones you love
Chronique “We owe you nothing
Chronique “Nihilistic estrangement

Pestilence – Spheres.

Pestilence – Spheres.

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 7,5/10

Il me faut bien l’avouer : des quatre premiers Pestilence, ce “Spheres” est celui pour lequel j’ai eu le plus de mal ! Encore aujourd’hui, trente années après sa sortie, je me demande si je ne dois pas me prendre quelques Doliprane une fois réécouté.
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : cet album n’est pas mauvais, loin de là, mais il se disperse dans tellement d’influences et de breaks qui nous prennent à contre-pied, qu’on a parfois tendance à s’y perdre.
Et pourtant, les titres sont relativement courts – 33 minutes pour onze compositions – mais il y a un tel condensé de riffs, de breaks et d’influences diverses (pas mal de Jazz) qu’il peut s’avérer indigeste pour qui n’est pas fan de l’exercice !
Est-ce la raison pour laquelle Pestilence a jeté l’éponge un an après la sortie de “Spheres”, pensant qu’ils ont été au bout de leur démarche, pour renaître en 2008 sur des bases moins complexes ?
A chacun de juger !

Toujours est-il que cet album fait partie des albums à la fois les plus complexes et les plus sous-estimés du genre.
La réécoute de cet album, aujourd’hui, est à la fois une (re)découverte et une curiosité : il est vrai qu’à sa sortie, je l’avais mis de côté après deux écoutes et ne lui ai jamais redonné sa chance.
Et pourtant, il est moins jusqu’au-boutiste que des “Control and Resistance” (Watchtower) ou “Elements” (Atheist) en matière de puzzle musical mais se montre malgré tout, encore de nos jours, difficile d’accès.

A la croisée de Death, Voivod, Rush et Cynic, ce “Spheres” est à la fois d’une richesse monstrueuse et d’une prise de tête assumée.

Il est juste dommage qu’il n’ait pas trouvé son public à l’époque.
Et aujourd’hui ?

Tracklist :

1. Mind Reflections (3:21)
2. Multiple Beings (4:05)
3. The Level of Perception (3:49)
4. Aurian Eyes (instrumental) (1:32)
5. Soul Search (3:18)
6. Personal Energy (4:08)
7. Voices from Within (instrumental) (1:12)
8. Spheres (3:28)
9. Changing Perspectives (3:23)
10. Phileas (instrumental) (1:16)
11. Demise of Time (3:40)

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Pestilence – Testimony of the Ancients

Pestilence – Testimony of the Ancients

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10

 

On ne va en refaire des caisses : “Testimony of the Ancients” a déjà fait l’objet d’une réédition vinyle en 2021 et notre Arno en avait brièvement parlé >> ici <<.
Avec cet album, Pestilence continuait d’explorer les méandres d’un Death Metal moins Thrash mais beaucoup plus technique, et agrémentait ses propos d’introductions instrumentales entre chaque titre.
Plus ambitieux, beaucoup plus riche, ce troisième album de Pestilence est d’une complexité telle qu’il faut un nombre conséquent d’écoutes successives pour en discerner toutes les petites nuances qui fourmillent de la première à la dernière seconde.

Martin Van Drunen parti, c’est Patrick Mameli qui prend le micro et s’en sort plutôt très bien ! Mais il lui a fallu abandonner la basse et c’est l’ex-Cynic et futur Atheist Tony Choy qui s’y est collé ! Et tant qu’à faire, pour les ambiances plus éthérées, quoi de mieux que Kent Smith, celui-là même qui a collaboré avec Coroner (“Mental Vortex”, “Grin”), Loudblast (“Disincarnate”, “Sublime Dementia”), No Return (“Contamination Rises”) ou Obituary (“Cause of Death”) pour des parties de claviers parfois inquiétantes ?

Un album de grande classe qui, depuis 32 ans maintenant, fait partie des références du genre, tant il est passionnant de bout en bout.
Et quel final avec “Stigmatized” !!!!

Un must !

 

Tracklist :

 

1. The Secrecies of Horror (4:55)
2. Bitterness (instrumental) (0:30)
3. Twisted Truth (4:02)
4. Darkening (instrumental) (0:30)
5. Lost Souls (3:40)
6. Blood (instrumental) (0:28)
7. Land of Tears (4:46)
8. Free Us from Temptation (instrumental) (0:31)
9. Prophetic Revelations (5:21)
10. Impure (instrumental) (0:59)
11. Testimony (3:51)
12. Soulless (instrumental) (0:32)
13. Presence of the Dead (5:50)
14. Mindwarp (instrumental) (0:24)
15. Stigmatized (5:22)
16. In Sorrow (instrumental) (1:11)

 

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Pestilence – Consuming Impulse

Pestilence – Consuming Impulse

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8,5/10

 

S’il est une chose dont je suis nostalgique de l’époque, c’est qu’on n’attendait pas trop longtemps entre deux albums d’un groupe qu’on aimait : à peine treize mois après la claque “Malleus Maleficarum”, Pestilence remettait le couvert avec ce “Consuming Impulse” qui reste pour de nombreux fans le meilleur album du groupe.
Et, malgré tout l’amour que je porte à l’album précédent, je suis proche de dire qu’ils ne sont pas loin de ne pas avoir tort.
Seul petit bémol que je mettrais, c’est que je ne retrouve pas le côté malsain du prédécesseur.
Par contre, “Consuming Impulse” a intensifié son propos : titres à la fois plus directs et plus techniques, production plus puissante. Plus de puissance, plus de breaks, plus de brutalité… plus de tout !

On prend les mêmes et on recommence ?
Presque : le guitariste Randy Meinhard est parti former Sacrosanct, accompagné du batteur Marco Foddis resté dans Pestilence, et c’est Patrick Uterwijk qui reprend le poste !
Le groupe passera également de Roadrunner à Roadracer Records et ce n’est pas moins que l’incontournable Harris Johns qui se charge de la production ! “Pleasure to Kill”, “A Shedding of Skin”, “Killing Technology”, les Sodom, Tankard, Vendetta, Exumer, Deathrow de l’époque ou le “RIP” de Coroner… C’est lui !

1989 était décidément une année faste pour le Death Metal : “Severed Survival” (Autopsy), “World Downfall” (Terrorizer), “Symphonies of Sickness” (Carcass), “Slowly We Rot” (Obituary), “Altars of Madness” (Morbid Angel), “Piece of Time” (Atheist), “Realm of Chaos” (Bolt Thrower), “Beneath the Remains” (Sepultura) : autant dire une concurrence des plus rudes pour une formation qui ne venait pas des USA ou d’Angleterre !
Si la musique de Pestilence reste très rapide et technique, le Death Metal prend plus de place par rapport au Thrash / Death Metal initial et, encore une fois, les dix titres s’ingurgitent immédiatement pour ne plus nous quitter !
Le growl de Martin Van Drunen s’est intensifié pour devenir plus profond et proche de celui qu’on lui connait aujourd’hui : il a l’art de vomir ses lyrics avec une telle conviction qu’on ressent une sensation oppressante (particulièrement flagrant sur “Echoes of Death”) malgré des riffs rapides et saccadés.

Bref, clairement, ce deuxième album “Consuming Impulse” a définitivement installé Pestilence dans la cour des grands.

 

Tracklist :

1. Dehydrated (3:08)
2. The Process of Suffocation (2:40)
3. Suspended Animation (3:27)
4. The Trauma (3:19)
5. Chronic Infection (3:54)
6. Out of the Body (4:38)
7. Echoes of Death (4:14)
8. Deify Thy Master (4:52)
9. Proliferous Souls (instrumental) (2:07)
10. Reduced to Ashes (4:53)

 

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