Difficile de les oublier, eux !
Il y a à peine plus d’un an, il ne leur a pas fallu longtemps pour me séduire : un EP de trois titres, à peine douze minutes, et je me suis retrouvé convaincu !
Le speed metal de cette jeune formation Danoise, existant seulement depuis 2023, était tellement mordant, que j’en avais les oreilles totalement lacérées.
Le quatuor a beau être tout jeune, ils ont bien compris l’attitude et la sauvagerie toute en urgence des groupes de speed metal des mid eighties.
Et c’est là que tu vois que Listenable Records a eu le nez creux : l’EP à peine sorti, ils les ont signés en vue de la sortie d’un premier album à l’orée de cet été 2026.
Neuf nouveaux titres, 35 minutes d’une furie qui fleure bon tout ce qui se situe entre le « Kill ‘em all » de Metallica et l’« Endless pain » de Kreator en passant par des « Malicious intent » (Razor) en passant par le « Show no mercy » de Slayer et plus récemment un certain « 666 goats carry my chariot » de Bütcher.
Ça donne une idée du gros bordel organisé que nous propose Speedslut !
En plus, ils poussent le vice à composer leur propre « Hit the lights » avec un « Dark night riders » bien old school ou se permettent de nous replonger dans de vieux souvenirs avec des titres comme « Whores of speed » et son riff introductif qui n’aurait pas dépareillé sur l’album « Endless pain » de Kreator, voire un côté Motörheadien avec l’intro à la basse d’« Into the grave ».
Les trois titres de l’EP « Ferocity of steel » étaient tout sauf un hasard : Speedslut fait preuve d’une précision redoutable dans son speed metal et y met tellement de conviction que les amateurs de vitesse vont adhérer de suite ! Et même lorsque le quatuor ralentit un rien le tempo (« Stench of Evil »), ils arrivent à se montrer implacables, et surtout se servent de l’occasion pour nous asséner une bonne speederie des familles juste après !
Quelle insolence !
Bref, Speedslut a privilégié la vitesse à la technique, ce qui fait que les 35 minutes de cet album passent comme une lettre à la poste tant la fluidité de l’ensemble est remarquable !
Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8,5/10
Et voici « Washington State Charm », le quatrième album des Autrichiens de Monument Of Misanthropy, ce groupe qui a la base, en 2010, était le projet solo du chanteur Georg Wilfinger (ex-Miasma). Depuis, ils ont « accouché » de trois albums studio, d’un EP et d’une démo.
Pas mal pour un projet !
Ce nouvel opus est un album conceptuel qui retrace l’histoire d’un tueur en série : Ted Bundy !
De son enfance à son grand final sur la chaise électrique. Bref, joie et bonheur. C’est dingue comme le brutal death aime tremper son inspiration dans tout ce qui a trait à la psyché des psychopathes.
Cela dit, vu l’agressivité du genre, cela colle comme un gant à ces monstres.
Musicalement parlant, ok, c’est violent, voire ultra méchant dans la pure tradition du brutal death comme sur « The 1974 PNW Spree » ou bien encore « The Hacksaw Blade ».
L’agressivité est poussée à son paroxysme avec en sus un jeu qui démontre parfois une technicité certaine dans le jeu des guitares (“The 1974 PNW Spree”).
Et puis ça bastonne sévère telle une pluie d’orage. Et même quand ils se calment, c’est pour vous asséner des passages lourds et étouffants. Cela va très vite, en un clin d’œil parfois, car dans la tradition du genre, les plans divers et variés se succèdent et se télescopent souvent (Suwannee Hog Shed).
Mais il n’y a pas que cela. Ils se servent à foison des breakdowns du deathcore, tel des coups de boutoir (“Washington State Charm”, “Neath Tacoma Asphalt”, “Strapped to the Throne (Burn, Bundy, Burn)”.
Cela rend leur musique plus « ricaine » et plus organique.
De plus, ils savent poser une vraie atmosphère tragique sur leurs titres, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre de death, car il y a, au milieu de cette rage, une vraie musicalité.
Enfin, les deux growls en présence, l’un caverneux, l’autre acide, échangent parfois une sorte de dialogue (« Chi Omega Blood Rage »).
Du coup, on a l’impression d’assister à la scène d’un film.
Tout cela fait que cet album se démarque des codes du genre, ce qui confère à cet album un gros plus indéniable.
On ne se contente pas de bastonner sévère, on y introduit une vie, celle d’un certain Ted à la triste mémoire.
Si vous êtes adepte de ce genre de metal, je vous conseille d’y glisser une oreille, voire les deux !
Tracklist :
Obviously We Gotta Start Somewhere… (Intro) (0:17)
Déjà le troisième album des Suédois d’Eternal Evil qui pointe dans les bacs en cette fin de printemps en à peine sept ans d’existence !
Voyons ce que les thrashers scandinaves nous ont concocté pour ce millésime 2026.
L’album s’ouvre avec un prélude qui sera vraisemblablement utilisé les soirs de grand-messe dans les salles obscures. Plutôt classique, et n’amenant pas grand-chose !
On entre véritablement dans le vif du sujet avec « Blackened Sphere » et ce titre me fait dire qu’Eternal Evil semble avoir lissé son jeu et l’ambiance générale passant d’un blackened thrash sur les premiers opus à un thrash polissé, qui touchera probablement un public différent de celui des premières heures. Je ne dis pas que cela ne vaut rien mais que le style s’est dépareillé de son côté black et sonne nettement moins raw, pour ne pas dire plus du tout sur ce morceau !
Malgré la rapidité d’exécution qui nous secoue d’emblée, « A Soul to Cope » me confirme que le groupe semble avoir pris le virage d’une approche plus commerciale dans la composition de leurs morceaux et surtout leur production !
« Forever Feared » avec ses passages mélodiques va dans le sens du constat effectué supra. Alors, oui, le rendu est propre mais probablement trop à mon goût. J’ai juste l’impression qu’il a été écrit justement pour qu’il sonne « propre » et non comme s’il sortait des tripes de chacun sans arrangement !
Morceau phare de ce nouvel opus, « Eyes of Wrath » te fouette le visage avec une fois encore une rapidité d’exécution qui te met le souffle court et qui te laisse en sueur au terme des trois minutes quinze qu’il contient !
Le côté saoulant de mon point de vue réside dans l’illustration composée via l’IA sur la vidéo, chacun se fera son idée.
Il faut attendre le sixième titre pour percevoir une once de black dans le riff d’intro sans que cela n’aille plus loin dans le registre. Le reste du morceau reste dans la lignée de ce que les Suédois ont tracé depuis près de vingt minutes maintenant, à savoir quelque chose de bien exécuté et de fluide dans nos esgourdes.
Si l’on fait abstraction des quelques chuchotements entendus au milieu, « Stain of Roses » est un morceau instrumental qui montre pour ceux qui n’en étaient pas convaincu toute la maitrise qu’ont chacun des membres du groupes derrière leur instrument.
Après une longue intro de qualité qui fait monter la température crescendo, « Mountain Gaze » se lance à 100 à l’heure à la faveur d’un riff extrêmement rapide et sublime. De mon point de vue, un des morceaux les plus captivants de cette galette avec des changements de rythmes audacieux et bien amenés et une composition chiadée.
Il y a clairement des intonations hetfieldiennes dans la voix d’Adrian, ce qui se confirme sur « I Know, The Fire Burns Indide », titre le plus long du haut de ses presque six minutes et qui vient clore cet album.
Au terme des près de quarante minutes d’écoute, force est de constater qu’Eternal Evil a fait évoluer son blackened thrash qui le caractérisait jusqu’ici en un thrash plus « mainstream », dénué de black qui ravira à n’en pas douter les amateurs de thrash moderne mais qui laisseront ceux adeptes d’un style plus rugueux sur leur faim !
Quelle carrière : après 22 ans passées dans Crystal Viper avec neuf albums à la clé, un album enregistré avec Blazon Stone en 2021, un EP avec Börn Again en 2010, des apparaitions à foison sur de nombreux albums (Fifth Angel, Lonewolf, Manilla Road, Vader, Witch Cross…), des prestations live avec Jack Starr ou Metalucifer et toujours active avec Moon Chamber, on peut dire que l’activité professionnelle de la multi instrumentiste Polonaise Marta Gabriel est plus que respectable.
Deuxième projet solo après Marta Gabriel, Leatherwitch nous fait (re)découvrir l’amour indéfectible de l’artiste pour le bon vieil heavy metal, celui des Judas Priest, Helloween, Running Wild ou plus récemment Enforcer ou Skull Fist dans sa forme la plus énergique, celle qui flirte avec le speed metal.
En huit titres, la Belle nous gratifie de tout ce que le heavy metal, celui de la deuxième moitié des années 80, a pu nous offrir de plus urgent et authentique, sans fioritures.
C’est sans surprises qu’on se retrouve avec notre lot de titres véloces qui confinent au speed metal : que ce soit « Heroes and the dice » avec son intro qui rappelle celle de « Close my eyes forever » (Lita Ford / Ozzy Osbourne) et son refrain très Running Wild, « Beast inside », « Living in the fast lane », « Two tons of steel » ou les plus heavy comme l’énergique « Bound by the night », « Silver Stallions » et le final « In the middle of the night », voire la power ballade « The New Beginning », Marta « Leatherwitch » Gabriel nous colle notre dose de metal en fusion à haut potentiel incandescent.
Et en prime, un peu partout dans l’album, on se prend des solos de guitares bien prenants signés Giuseppe Taormina (Sirrush, Tiyris, ex-Crystal Viper, ex-Xenos A.D.) et Tomohiro « Ginoir » Hagi (Sabbat, Spellbound, Metalucifer) histoire d’enrichir encore plus l’album.
Produit et masterisé par Bart Gabriel, époux de Marta dans la vie, et mixé par Olof Wikstrand (Enforcer), l’album ne souffre d’aucune faiblesse et risque bien de s’inscrire dans la durée.
En prime, selon qu’on s’offre la version CD ou le pendant vinyle de l’album, on a droit à une reprise d’Helloween (« Ride the sky ») ou de Manowar (« Black wind, fire and steel »).
N’ayant pas reçu la version avec celle de Manowar, un mot sur celle d’Helloween qui se veut musclée à souhait, le bémol étant cette intro massacrée au clavier Bontempi qu’on préférera aisément se réécouter sur « Walls of Jericho ».
En revanche, le titre, lui, repris fidèlement à la sauce Marta Gabriel, est purement époustoufflant.
Bref, un vibrant hommage à la scène metal d’il y a presque quarante ans, tout ce qu’il y a de plus authentique.
Les fans apprécieront, les nostalgiques adoreront !
Tracklist :
1. Heroes and the Dice (5:09)
2. Beast Inside (3:59)
3. Bound by the Night (4:11)
4. Silver Stallions (4:31)
5. Living in the Fast Lane (4:13)
6. The New Beginning (7:42)
7. Two Tons of Steel (3:42)
8. In the Middle of the Night (3:07)
9. Walls Of Jericho / Ride The Sky (reprise Helloween) (bonus CD) (6:35)
9. Black Wind, Fire and Steel (reprise Manowar) (bonus Vinyle) (3:50)
Salut ! Aujourd’hui, je voudrais vous présenter un bel objet. Il s’agit de l’album « Shadow Sun » du groupe Locus Noir, qui à la base ne devait être qu’un projet solo. Effectivement, le principal auteur-compositeur et chanteur du groupe, n’est autre que Ben DMN, leader du groupe Suisse de Death Wave, Sybreed. Quant à cet opus, on rentre dans la gamme d’un gothic metal teinté de dark.
C’est du « velours » musical porté par un clavier aux lignes qui donne de la douceur, de la profondeur à leur musique et une guitare aux rythmiques puissantes juste ce qu’il faut. Là-dessus, ils aiment les tempos tranquilles, métronomiques, même si pas mal de titres comme « Shadow Sun », sont plutôt enjoués. Pas de solos de guitare (c’est bien dommage d’ailleurs.), excepté sur « Death, That Elusive Mistress » où la six cordes exécute des riffs porteurs et une chouette envolée « solistique ».
https://www.youtube.com/watch?v=KUdYByk5k4k
Tout tient dans des atmosphères ciselées, teintées de mélancolie, habillées par la voix claire de Ben, qui n’est pas sans rappeler celle de Peter Steele (Type O Negative) dans l’émotion qu’elle dégage. Parfois, un gosier féminin vient le rejoindre comme sur « Cemetery Youth ». D’ailleurs au niveau des influences, il est, outre Type O Negative, impossible de ne pas penser également à Paradise Lost au détour de certains titres comme pour « Reburial », aussi bien pour l’ambiance pleine de spleen que pour les mélodies employées. Et oui, la force de ce groupe consiste aussi et beaucoup, dans l’inspiration et dans les harmonies employées. En un mot comme en deux, les airs que l’on y entend sont… beaux ! Du solennel « Hollow » en passant par le refrain de « A Dismal Romance » qui utilise les mêmes harmoniques que celles usitées dans un vieil In Flames, rien à jeter, juste à se laisser porter par la tristesse rêveuse qui se dégage de cet opus. Vraiment, je le recommande à ceux qui aiment ce genre de musique.