Salut ! Aujourd’hui, je voudrais vous présenter un bel objet. Il s’agit de l’album « Shadow Sun » du groupe Locus Noir, qui à la base ne devait être qu’un projet solo. Effectivement, le principal auteur-compositeur et chanteur du groupe, n’est autre que Ben DMN, leader du groupe Suisse de Death Wave, Sybreed. Quant à cet opus, on rentre dans la gamme d’un gothic metal teinté de dark.
C’est du « velours » musical porté par un clavier aux lignes qui donne de la douceur, de la profondeur à leur musique et une guitare aux rythmiques puissantes juste ce qu’il faut. Là-dessus, ils aiment les tempos tranquilles, métronomiques, même si pas mal de titres comme « Shadow Sun », sont plutôt enjoués. Pas de solos de guitare (c’est bien dommage d’ailleurs.), excepté sur « Death, That Elusive Mistress » où la six cordes exécute des riffs porteurs et une chouette envolée « solistique ».
https://www.youtube.com/watch?v=KUdYByk5k4k
Tout tient dans des atmosphères ciselées, teintées de mélancolie, habillées par la voix claire de Ben, qui n’est pas sans rappeler celle de Peter Steele (Type O Negative) dans l’émotion qu’elle dégage. Parfois, un gosier féminin vient le rejoindre comme sur « Cemetery Youth ». D’ailleurs au niveau des influences, il est, outre Type O Negative, impossible de ne pas penser également à Paradise Lost au détour de certains titres comme pour « Reburial », aussi bien pour l’ambiance pleine de spleen que pour les mélodies employées. Et oui, la force de ce groupe consiste aussi et beaucoup, dans l’inspiration et dans les harmonies employées. En un mot comme en deux, les airs que l’on y entend sont… beaux ! Du solennel « Hollow » en passant par le refrain de « A Dismal Romance » qui utilise les mêmes harmoniques que celles usitées dans un vieil In Flames, rien à jeter, juste à se laisser porter par la tristesse rêveuse qui se dégage de cet opus. Vraiment, je le recommande à ceux qui aiment ce genre de musique.
Une seule intention avérée : vous défoncer les tympans. Le genre ? Du thrash old school matinée d’un peu de crossover porté par un mixage moderne qui rend leur musique vraiment « uppercut ». Leur pays d’origine ? L’Angleterre. Leur nom ? Struck A Nerve… et du nerf, ils en ont.
À l’écoute de leur premier album éponyme, on se prend en pleine face, « une musique à casser la nuque » qui déboîte l’occiput ! On pense de suite à des influences telles que Enforced ou Sodom. Moshparts, agressivité, grosses rythmiques heavy, riffing accrocheur sont au menu. « Noctural Terror », le titre d’ouverture, démarre speed, à fond la caisse, droit dans le mur, avec la voix entre hardcore et colère, un petit riff qui va et vient et te prend la tête au bon sens du terme, les solos qui éclaboussent directs, la section rythmique poussée au rouge. Et c’est comme cela tout au long de cette galette. En découdre !
Rythmiques en béton armé, coté frontal en avant toute, la composition d’après, « Struck a Nerve », t’amène dans un thrash classique dans lequel tu tombes dedans de suite. « Inside the Torture Fortress » commence lentement, puissamment, toute rage dehors, nanti d’un fun chaloupé, puis part en mid tempo pour finir par exploser en mode speed.
https://www.youtube.com/watch?v=5oOVRxBMSJg
En parlant de speed, « Moon Sniper » est lancé dans la zone rouge ainsi que « The Knife Scrapes the Bone » qui te percute comme une déflagration sonique. Agressif, les nerfs à vif, avec un sens inné de l’accroche, à grands coups de refrains simples et directs (“Last Eyes See All”), ces types ont décidé, des leur premier album, de placer la barre haute.
https://www.youtube.com/watch?v=FlLUsOBmh_Q
Aucune originalité dans leur propos, le thrash se suffisant à lui-même, par contre leur metal est d’emblée, porté par un souffle, le genre de truc qui te fait dire, quand tu le découvres : « Yes, ça le fait ! ». Pour une première, c’est bien fait. Reste à voir ce qu’ils vont pondre pour le prochain album, car là, de suite, c’est déjà conséquent. À suivre de très près.
Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10
Ce 28 novembre ressort, remixé et augmenté, un album que tout « chineur » de death old school, se doit de posséder, car il jette, à nu, certaines bases du style.
Il s’agit de « Hallucinating Anxiety » du groupe Norvégien Cadaver, formé en 1988 à Fredrikstad par Anders Odden (guitares/chant) et Ole Bjerkebakke (batterie/chant).
Bon, musicalement parlant, c’est primal. Cependant, si on se replace dans le contexte de l’époque, à savoir 1990, ils sont assez novateurs, voire même à part. Je dirais pour ma part que cet album est une sorte d’essence non distillée de ce qui compose le metal mort.
Un bon vieux son sale, cru, immergé dans un groove clinique, primaire avec un peu de grind aux entournures via des groupes comme Napalm Death, voire un peu de Morbid Angel ou encore, dans certains passages Bolt Thrower.
De plus, on trouve de-ci de-là, un peu de thrash, mais en mode agressif et brut de coffre. Au niveau de la construction de leurs compositions, au sein d’un même titre, on trouve toute une kyrielle de plans qui se succèdent.
Prenez « Corrosive Delirium » et son coté hypnotique, « Hallucinating Anxiety » qui oscille entre blast beat et mid tempos, avec son riffing vicieux, venimeux et serpentin, et des rhythmiques parfois en mode heavy sombre.
On pense à Bolt Thrower sur « Abnormal Deformity », entre thrash primaire et riffing plombé. « Maelstrom » est parfois soufflé par des déflagrations grind, alors que « Erosive Fester » est un matraquage en règle.
Le groove malsain de « Hypertrophyan » côtoie le côté flippant de « Bodily Trauma », avec son aspect particulier qui rappelle Voivod, mais en plus agressif.
Grâce à cette réédition, pas incontournable, mais, qui replacée dans le contexte de l’époque, s’avère comme étant plus qu’une curiosité, on replonge dans cette époque où le death se vendait encore sous le manteau.
Tracklist :
March of the Collapse (Intro I) (0:26)
Twisted Collapse (2:14)
Corrosive Delirium (2:53)
Abnormal Deformity (3:15)
Erosive Fester (2:38)
Cannibalistic Dissection (2:44)
Hypertrophyan (3:24)
Petrified Faces (2:36)
Mental Abhorrence (2:31)
Tuba Libre (Intro II) (1:04)
Ignominious Eczema (4:34)
Innominate (3:27)
Hallucinating Anxiety (3:38)
Maelstrom (3:28)
Bodily Trauma (4:08)
March of the Twisted (Outro) (0:57)
Ce 31 octobre sort le nouveau-né du groupe Allemand de black/death metal Thron qui a pour nom « Vurias », faisant suite à « Dust » paru en 2023.
Alors sans ambages, rentrons de suite dans le vif du sujet.
Dès « The Serpent’s Path », ce qui frappe de suite dans cet album, c’est leur sens de la mélodie ; mélange de celles dispensées par l’état d’esprit d’un black metal aux lignes froides et légèrement horrifiques avec des harmonies recherchées empreintes d’une certaine beauté dramatique.
Le chant plus death que black, donne le « la » d’un metal qui porte en lui un certain relief et bénéficie d’un bon mixage. Blast beat et densité de la batterie (“Astral Materia”) sont au rendez-vous.
De plus, ils aiment à varier le menu, voire carrément surprendre l’auditeur en allant se promener vers d’autres rivages musicaux.
Ils pigmentant leurs compositions d’influences heavy metal avec de belles parties de solos de guitare (“Hubris’ Crown”).
Lent et solennel sur « A Paradox », avant une montée en puissance, le tout baignant dans une ambiance inquiétante mais entrainante.
Un peu de progressif quand arrive « Ungemach (Stilles Ende) », compositions avec une intro acoustique, ménageant des instants atmosphériques, avec clavier, on se croirait presque sur un vieux disque de prog. Beaucoup aimé ce titre qui brise vraiment les frontières du black/death.
Et c’en n’est pas fini.
C’est avec surprise que je découvre un clin d’œil électro et… du saxo sur « The Hunter and the Prey” ! Ils ne doutent de rien, mais « ça le fait » comme dirait l’autre. Cela dit, malgré leurs « incartades », leur propos reste du côté de l’extrême, via la beauté sombre et l’agressivité du metal noir, même quand ils côtoient des passages soniques fignolés (“Griefbearer”).
Au final, une galette que j’ai bien appréciée, qui « voyage » loin et qui a l’intelligence d’un mixage multi facettes réussi.
Du bon boulot.
Tracklist :
The Serpent’s Path (5:42)
Astral Materia (4:29)
Hubris’ Crown (4:01)
A Paradox (4:27)
Ungemach (Stilles Ende) (9:04)
One Truth, One Light (4:08)
Griefbearer (4:42)
The Hunter and the Prey (4:50)
The Metamorph’s Curse (5:36)
On y retourne ! Trois ans et demi après l’excellent “Digital race”, les Catalans de Redshark sont de retour avec un “Sudden impact” grâce auquel, s’ils confirment tout le bien qu’on a pu en penser avec l’album précédent, ils risquent fort de se faire un sacré nom dans le paysage heavy / speed metal international !
Il faut dire qu’ils avaient frappé très fort avec “Digital race” : un tel concentré de furie sur un album qui ne franchissait qu’avec parcimonie les frontières bien banalisées du thrash metal, il y a bien des formations qui n”y arrivent pas et confondent vitesse et précipitation. Ici, que nenni ! Déjà, Redshark confirme qu’on peut venir de Catalogne et sonner très Américain : ça, les fans de Savage Grace, Agent Steel, du premier Anthrax (“Fistful of metal”, pour ceux qui l’ont pris dans la tronche un jour de janvier 1984) ou des deux premiers albums d’Exciter auront compris mon propos.
On ne va pas se mentir, Redshark, pour ce “Sudden impact”, a pris les mêmes ingrédients et les a bonifiés pour nous distiller dix nouveaux titres qui sont autant de petites bombes à fragmentation à haut pouvoir dévastateur ! Bon, dans l’intervalle, ils auront réussi à user le batteur du précédent album, Mark Striker, remplacé une première fois par Eric “Killer Lethal” Martinez (Kilmara, ex-Street Lethal) qui ne sera resté qu’un an, puis par Alan Llano Garcia (Høbo) qui semble avoir une qualité de frappe pour le moins bien soutenue. C’est qu’il faut les tenir, les rythmes endiablés de chez Redshark !
D’ailleurs, le groupe le dit lui-même : « Cet album est tout en puissance, vitesse et intensité. Pas de remplissage, juste du heavy metal pur du premier au dernier morceau. Certains morceaux sont bruts et percutants, d’autres proposent des mélodies épiques, mais tout s’articule pour former un son solide et compact. Nous voulions qu’il soit comme un coup de poing, mais avec juste ce qu’il faut de mélodie pour vous donner envie d’en redemander. C’est la suite logique de “Digital Race”, mais avec plus de profondeur et d’identité. Si vous aimiez déjà Redshark, préparez-vous à passer au niveau supérieur. Et si c’est votre premier contact, nous espérons que ce disque vous captivera et vous tiendra en haleine. » On ne saurait dire mieux à l’écoute de cette pépite.
En plus, quand on apprend que l’album a été enregistré et produit par Jaume Perna « Jack Dark », et mixé et masterisé par Javi « Bastard » Felez aux Moontower Studios, on sent que le groupe a voulu se donner les moyens de ses ambitions. L’artwork a été cette fois réalisé par Stanislav Atanasov (Terravore, Löanshark, Crimson Storm…) à la place de José Antonio Vives qui s’était pourtant occupé des deux EP et de l’album précédent et force est de constater que le requin rouge, mascotte du groupe, a été fidèlement reproduit.
Et en plus, avec quelques invités comme Yamila Martins (Wicked Leather), Michel Regueiro (The Evil Dead, Wicked Leather), Eric Moya (Deldrac, Ekate), Guille Hungover (Inverted Cross), Oliver Cabrera et Lögan Heads (Alcoholizer, Crimson Storm, Löanshark) pour quelques chœurs bien sentis histoire de donner encore plus de profondeur aux compositions, on sent que le quintet Espagnol s’est montré ambitieux. Car tout est excellent sur cet album, les riffs, les couplets et refrains, les solis, la rythmique, le son… Difficile de trouver quelque chose à redire.