Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Enthroned prend son temps pour peaufiner ses albums. Soucieux de nous sortir un nouvel opus proche de la perfection, le trio à l’origine Belge et désormais International a mis six longues années à nous offrir un successeur au monstrueux “Cold black Sun” (2019), confirmant une nouvelle fois que le groupe est incapable de composer un mauvais album !
A la première écoute, on a la sensation qu’Enthroned sort là son album le plus féroce et le malsain à ce jour. Personnellement, je trouvais qu’il était difficile de détrôner le deuxième album de Funeral Mist "Salvation" (2003) dans le genre malaisant, l’écoute de cet “Ashspawn” me fait revoir ma copie ! La bio décrit parfaitement le ressenti que j’ai pu avoir à la première écoute de ce catalogue de destruction : “Avec la sortie de leur douzième album, “Ashspawn”, Enthroned ouvre un nouveau chapitre dans leurs trente années de règne sur le black metal rituel. Fruit de six années de création minutieuse, l'album se présente à la fois comme une autopsie et une résurrection : une descente aux enfers spirituels suivie de la sublimation d'une renaissance. Composé en étroite collaboration avec l'auteur occulte Gilles de Laval, "Ashspawn" canalise des pratiques occultes, des calculs métaphysiques et des cartographies ésotériques pour créer une œuvre qui est autant une invocation rituelle que de la musique. C'est l'aboutissement de la vision intransigeante d'Enthroned : une arme de transformation forgée dans le feu et les ténèbres”. Difficile de faire plus éloquent !
Aussi intenses qu’oppressants, ces neuf nouveaux titres jouent sur les contrastes avec une accumulation d’alternances entre passages sombres et oppressants (pour ne pas dire cérémoniels) et d’autres en blast-beat d’une intensité et férocité remarquables, le tout magnifié par le chant de Nornagest, toujours aussi guttural et sorti tout droit des Enfers. Rajoutons à ça un soin particuliers sur les ambiances, aussi solennelles que d’une noirceur absolue, avec un côté rituel occulte qui s’adresse surtout à un auditoriat averti !
“Ashspawn” n’est pas une oeuvre facile à apprivoiser, plusieurs écoutes sont nécessaires pour en extraire toute la richesse. Sur une base old school et particulièrement crue, Enthroned rajoute toute une foultitude d’éléments à la fois d’une lourdeur étouffante et d’une intensité effroyable. Désormais, il est difficile de croire que c’est la même entité qui sort cet “Ashspawn” et qui a un jour enfanté du déjà dévastateur “Prophecies of Pagan fire”.
Intense, rituel, occulte, ultime, oppressant, mais surtout… grandiose !
Neuf minutes, pas plus ! En attendant un hypothétique futur et neuvième album, les frappadingues Finlandais de Rotten Sound nous collent en plein dans les gencives un EP de huit titres qui s’avère être plus rapide à écouter qu’à chroniquer ! Encore une fois, on se prend une bourrasque d’ultra violence entre crust et grindcore qui mettra à mal tous les système nerveux de la planète : même le plus féroce des pittbulls va en faire une crise d’épilepsie ou de tétanie.
Comme d’habitude, Rotten Sound nous colle des titres qui dure autour de la minute et qui défoncent tout sur leur passage. Les auditeurs les plus ravagés vont démolir leur salon, les concerts vont se transformer en champ de bataille et les non initiés vont s’entredévorer les oreilles.
En clair, rien de neuf sous le soleil de Vaasa (quand il y en a), Rotten Sound continue sa dévastation déci-belliqueuse pour le plus grand plaisir des plus acharnés des fans de grindcore ! What else ?
Tracklist :
Recycle (1:09) Ride of the Future (0:45) Gone (0:50) Polarized (1:00) Brave New World (1:21) Empty Shells (1:05) Idealist (1:35) Mass Extinction (1:58)
Danheim est un projet composé d’idées et d’histoires inspirées du côté obscur de l’époque Viking, de la mythologie Nordique, du folklore Danois ancien et d’une imagination débordante du musicien.
Je vais découvrir cela. Tout un programme.
La mise en bouche est particulière, je me dis : chouette, on entre dans l’univers de Danheim par le chant des oiseaux, génial et original.
Je suis au taquet pour la suite, je suis transportée dans une forêt enchanteresse. Les rythmes musicaux débutent, je suis en plein dedans, la flûte accentue mon envie de poursuivre. Le tamtam également.
« Agermark » s’achève ce n’est que l’intro, pas de parole que de la musique, pas grave, je me lance dans l’écoute complète.
« Brenhin Llwyd » est plus intéressant, la voix sombre accompagnée d’instrument, appelle le soldat qui est en moi.
« Haukadalur » bon ben ! je me retrouve au bord de l’eau, le chant est plus pénétrant, pour le coup l’appel à la guerre se fait ressentir davantage. C’est le morceau que je préfère, il est envoûtant et donne réellement l’envie de se déhancher façon « déesse des forêts » ne me demandez pas pourquoi.
« Heljar Skuggar » est très surprenant pour le coup, on m’a perdu.
La musique est très électro, ce qui est certainement lié à l’expérience du producteur dans ce domaine. J’ai dû mal à comprendre ce que vient faire ce rythme dans l’album.
Je suis complètement déroutée.
Bon, on va pas se mentir, je découvre l’artiste, la totalité des titres ne sont en grande partie que musique… déception pour moi, je m’attendais à autre chose.
Malgré cela, l’écoute n’est pas désagréable, au contraire, on est bercé par chaque titre, on entre ou pas dans l’univers de Reidar !
On ne peut que constater la multitude d’instruments dont use Reidar sur cet opus.
J’allais dire pourquoi pas utiliser certains titres pour des musiques de film, ben en fait, c’est déjà fait, nous pouvons en retrouver dans plusieurs saisons de la série télévisée « Vikings ».
5/10 car je suis mitigée, ce pourquoi une note basse, mais qui ne juge en rien le travail fourni.
Ce n’est juste pas mon délire.
Je vous laisse découvrir, la sortie est prévue pour le 31 octobre 20225.
Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10
Septième album des Finlandais de Hooded Menace, voici « Lachrymose Monuments of Obscuration » qui sort le 03 octobre. Leur genre ? Du doom / death metal que je découvre avec vous, ne connaissant pas cette formation qui existe pourtant depuis 2007 et qui a souvent changé, il me semble, de bassiste et de batteur.
Dès « Pale Masquerade », on est pris dans un metal en mode mid tempo avec de belles envolées de guitares, un clavier qui donne de la profondeur au tout, une rythmique métronomique qui porte de jolies mélodies un peu mélancoliques pendant que le growl death éructe sa colère. Je découvre ensuite, « Portrait without a Face » qui commence doucement puis accélère pour ensuite ralentir le tempo et accueillir un violoncelle qui tire sa larme. Je trouve qu’ils font preuve d’une certaine habileté au niveau des harmonies employées donnant à leur monde sonique un aspect mélodramatique. Quand arrive « Daughters of Lingering Pain », je plonge la tête la première dans le genre d’ambiance qu’affectionne Paradise Lost. Un doom lent, mais plein de brillance dans le jeu de la guitare et des arrangements. En un mot comme en deux, c’est travaillé. Mélodie prenante, beaucoup de musicalité avec un petit côté prog et une accélération qui vous avale via une atmosphère plus funèbre. Très bon titre.
Diversité des riffs pour « Lugubrious Dance », on pénètre alors dans quelque chose d’inquiétant au détour de cette composition. On y entend aussi des riffs progressifs sur fond thrashy ou heavy et des brisures de tempos nombreuses entre doom et passages plus boostés. C’est vintage et la basse y a une certaine importance. Ils s’approprient un morceau de Duran Duran, « Save a Prayer », qu’ils mettent à leur sauce un peu dans la veine, une fois de plus, de Paradise Lost. Quant à « Into Haunted Oblivio » qui avoisine les dix minutes, il y a de nouveau un coté prog dans leur musique, ne serait-ce que par la diversité des rivages musicaux que l’on foule entre lourdeur, brillance, vivacité, stress. Et puis une belle mélodie vous happe. C’est comme une terre de contraste.
Alors au final, une « chouette » découverte, faites par des musiciens qui maitrisent bien leur sujet et qui sont inspirés. Ici, leur doom death n’emprunte pas la voie de la lourdeur et de la linéarité qui pèse sur les épaules, mais plutôt un chemin varié aux multiples sensibilités. Bien aimé.
Voilà plus d’une quinzaine d’années que Der Weg Einer Freiheit fait valoir ses arguments sur la scène black et j’avoue ne jamais vraiment m’être penché sur leur cas jusqu’à présent… Mea culpa, mais il faudrait plusieurs vies pour écumer tout ce que la scène metal, au sens large, nous livre ! Alors, à l’occasion du 6ème album studio des Teutons, je décide (enfin) de franchir le Rubicon… Ou le Rhin plutôt, voire le Main, pour découvrir ceux que nombre de mes connaissances présentent comme un put1 de bon groupe clairement sous-estimé et qui mérite une reconnaissance digne de leur immense talent… Rien que ça !
« Innern », qui dans la langue de Goethe signifie intérieur, propose six morceaux pour un peu plus de quarante-trois minutes d’écoute, ce qui, si l’on retire l’intermède musical de deux minutes que constitue « Finistère III », donne une moyenne légèrement supérieure à huit minutes par titre, de quoi laisser libre court à l’inspiration et à la créativité pour assombrir les sillons de ce nouvel album.
« Finistère III », puisque je l’évoque, troisième du nom car il est le titre d’un précédent opus du groupe sorti en 2017 et que l’on retrouve également dans sa deuxième déclinaison sur l’album « Noktvrn » paru en 2019, se veut un intermède musical à l’ambiance quelque peu dépressive ; le piano au tempo lent baigne l’auditeur dans un bouillon de tristesse et de désarroi profond et ne laisse entrevoir aucune issue positive, enfin, s’il y en avait une, je suis passé à côté sans m’en apercevoir.
Les cinq autres titres nous offrent des compositions riches, affutées et bien mises en valeur grâce à une production de (deutsche) qualité, signe d’un travail peaufiné et abouti et fruit de l’évolution du groupe qui a gagné en maturité si l’on en croit les déclarations de son leader Kamprat. Il faut prendre le temps de s’arrêter sur les textes pour ressentir pleinement l’ambiance qui se dégage de ce nouvel opus ; à l’exception de l’usage de l’Anglais sur « Forlorn », ils sont interprétés dans leur langue natale, qui, il faut le reconnaitre, alliée au côté guttural, s’avère un antidote efficace à l’hymne à la joie. Les textes sont poignants et visitent la part obscure qui sommeille en chacun d’entre nous : la souffrance, la solitude, le silence, le désespoir, les tourments de nos âmes impures qui se sont éloignées du chemin, de la lumière, mais avec parfois une forme d’espoir, de renouveau, qu’« Eos », le premier titre dévoilé deux mois avant la sortie de l’album, laisse apparaitre à travers la voix de Kamprat tout droit sortie des entrailles de la terre, tel un jaillissement salvateur.
Sur le plan musical, chacun ira de son constat et de son expertise ou de l’approche qu’il a du black ! Avant-gardiste diront les uns, post black argueront les autres, là où certains verront quelques touches atmosphériques voire progressives ! Me concernant, « Innern » constitue une sorte d’osmose naturelle et parfaite entre un black metal dans tout ce qu’il a de plus implacable, qui te secoue la carcasse, s’en empare et la tourmente avec violence, et un post black subtil favorisant des moments plus introspectifs qui pourraient te laisser entrevoir un répit dans les moments de souffrance mais dont l’ambiance perpétuellement sombre te laisse finalement prisonnier de tes angoisses, le trop peu d’espoir entrevu ne réussissant pas à s’imposer et te faire sortir la tête du seau. « Marter » comme « Eos » débutent calmement, montant en puissance progressivement pour exploser tel un cri du cœur que l’on a trop longtemps contenu, dont l’intensité n’a d’égal que la profondeur dans laquelle il a pris toute sa force et sa rage. Sur la deuxième partie d’« Eos », la mélodie, qui semble s’inspirer ou revisiter l’emblématique « Sarabande » d’Haendel, est tout bonnement sublime conférant un côté épique à l’ensemble. « Fragment » reste sur un tempo lent apportant une ambiance planante accentuée par la voix claire qui t’embarque durant la moitié du titre dans une spirale qui pourrait paraitre positive avant que la machine ne s’emballe et ne balaie toute forme naissante d’espoir. « Forlorn », morceau qui vient clore l’album, figure un peu dans ce registre avec également une première partie calme et plutôt atmosphérique précédant un regain d’intensité musicale avant de retomber dans un final en apesanteur, à la fois bouleversant et favorisant l’introspection, imageant à merveille le titre de cette galette, que les amateurs de groupes comme Haraki For The Sky ou encore Wolves In the Throne Room apprécieront à sa juste valeur !
Après l’écoute de cet album, je comprends mieux les recommandations de mon ami Jean « Der Lehrer » qui avait interviewé le groupe lors de l’un de ses derniers passages dans la capitale des Gaules et qui les appréciait particulièrement. De là-haut, nul doute que tu dois te délecter de cette nouvelle sortie et qu’elle aurait été un indéniable sujet de conversation lors d’une de nos rencontres, discussion que nous aurons un jour, je l’espère ! En attendant, jetez donc une oreille sur ce bijoux venu d’outre-Rhin, vous m’en direz des nouvelles !