Desecresy – The Secret of Death

Desecresy – The Secret of Death

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10

Neuvième album du groupe Desecresy, voici « The Secret of Death ».
Et là, on rentre dans un univers à part.
Aux manettes, un certain Tommi Grönqvist qui, jadis accompagné de Jarno Nurmi, en est à sa cinquième galette entièrement créée par lui.
Né en 2009, ce groupe pratique un Death Metal finlandais, imprégné d’éléments doom.
En un mot comme en deux, on se retrouve immergé dans un autre monde.
Prenez « Gorge of the Dead » : on y découvre un growl ultra caverneux et lointain qui susurre plus qu’il ne chante, presque grind parfois pour son côté « liquide ».
Guitares accordées bas, riffs répétitifs simples embués d’une aura de fin du monde, le tout en mode death doom. Et d’un seul coup, ça gicle, boosté par une pluie de blast beats avec l’appui d’une grosse basse et d’un mixage ultra sourd.
Cela donne une atmosphère oppressante et tu cherches ton oxygène.

Une mélopée à la mélancolie désespérée habite « It Appears in a Dream ».
Une guitare à l’électricité grasse et écorchée distille une impression de danger immédiat sur « By the Slowing Vortex of Time ». Coups de boutoir et toujours cette basse énorme et ce growl liquide habillent « Crypthymn » pendant que se déroule lentement un riffing lent et accrocheur.
Une mélodie glacée et anxiogène hante « Rotting Ghouls » et « Vanishing Existence » est porté par un électro malsain comme dans la bande-son d’un film des années 80.
C’est oppressant, entre death doom atmosphérique et dark funèbre.

En fait, vous qui entrez dans ce monde sonique, vous allez vous retrouver dans un monde à part, underground, où les ambiances ont l’air d’avoir été enregistrées dans une cave profonde où la lumière ne doit jamais percer.
Les petits riffs hypnotiques piquent de leur acidité un death suffocant, même quand la batterie s’énerve.

Tu écoutes cela tout en lisant un livre de Lovecraft et je pense que… tu pars en mode angoisse !
Une expérience, un état d’esprit comme souvent la musique extrême peut en donner.

Tracklist :

  1. Gorge of the Dead (6:05)
  2. It Appears in a Dream (5:13)
  3. By the Slowing Vortex of Time (4:56)
  4. Crypthymn (4:29)
  5. Ancient Timbre of Demise (4:51)
  6. Rotting Ghouls (5:51)
  7. Summoned with Necrolunar Telepathy (4:28)
  8. Vanishing Existence (6:53)

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Abuser – Blood Marks

Abuser – Blood Marks

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 7,5/10

En général, tout chroniqueur qui se respecte, lorsqu’il met en route le son d’un album, lit la bio. Et là, on a droit à une phrase qui interpelle plus que les autres : “« Blood Marks » propose dix titres de thrash metal rapide, furieux et agressif, fortement influencé par des pointures du genre telles que Morbid Saint, Demolition Hammer, Sadus, Dark Angel et Kreator. L’album offre une combinaison impitoyable de vitesse, de riffs acérés et d’une violence brute, inscrivant fermement Abuser dans la tradition du thrash sans compromis”. Dis voir, la bio, tu sais que tu m’intéresses ? Parce que, j’veux pas dire, mais là, d’entrée, je me mets de suite à me rappeler de belles sensations que des “Spectrum of death” (1990), “Epidemic of violence” (1992), “Swallowed in black” (1990), “Darkness descends” (1986) ou “Pleasure to kill” (1986) m’ont collé en leur temps et rien que la perspective d’avoir entre les oreilles un album qui se réclame de ces albums cultes (voire référentiels du genre) me met la rate au court-bouillon !

Un peu mon n’veu que je vais me coller cette baston annoncée entre les oreilles. Et on ne s’y trompe pas : les Polonais d’Abuser, formé en 2018, sort avec “Blood marks” son premier album après seulement une demo de quatre titres en 2019 sobrement intitulée… “Demo 2019” et dont deux titres, “Abuser” et “Painbringer” sont sur cet album !

On ne va pas faire dans la paraphrase mais le principal est décrit dans la bio. Si parfois celles-ci sont pleines de belles phrases accrocheuses pour masquer un manque flagrant d’imagination et de talent, ici, il n’y a pas mensonge sur la merchandise. Alors OK, comme beaucoup de groupes de thrash metal old school, Abuser ne se démarque pas par son originalité, mais bien par la rage, la conviction et sa capacité à composer des titres d’une agressivité remarquable, le tout avec une technique qui vaut le coup d’oreille. En même temps, tous les membres font ou ont fait partie de formations à haute teneur thrash metal (Hexenaltar, Pandemic Outbreak, Leprozorium, Nexus, ex-Raging Death…), on comprend que ces mecs n’ont pas besoin d’une quelconque leçon d’agressivité.

Parce que de l’agressivité, il y en a tellement tout au long des dix titres (pour seulement 36 minutes) que ça en dégueule de tous les côtés. Et vu la longueur des titres (même pas quatre minutes de moyenne), c’est dire si non seulement ça va très vite, mais qu’en plus ça se cantonne à l’essentiel sans en rajouter. Rajoutez à ça un chant à la Mille Petrozza sous amphétamines et un jeu de guitares ébouriffant – avec des soli dévastateurs –, on comprend qu’on a ici un album de pur thrash metal, sans le moindre compromis, ni la moindre envie de composer autre chose que des petites bombes à fragmentations à haut potentiel destructeur !

Et nous, thrashers nostalgiques, on adhère ! Une des claques de ce printemps…

Tracklist :

  1. Cry of the Innocent (4:38)
  2. Suspended in Torture (3:48)
  3. Blood Marks (3:38)
  4. Painbringer (2:49)
  5. Fin de Siècle (5:04)
  6. Monument of Atrocity (2:50)
  7. Struggling for Reality (2:13)
  8. Lethal Obsession (2:49)
  9. Abuser (4:41)
  10. Witnessing Madness (3:39)

 

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Ural – Anthropic Genetic Involution

Ural – Anthropic Genetic Involution

Note du SoilChroniqueur (Fast Freddy) : 7/10

Deux ans et demi après « Psychoverse », leur dernier méfait discographique, les thrashers turinois d’Ural remplissent de nouveau les bacs avec un quatrième album intitulé « Anthropic Genetic Involution », distribué par Xtreem Music, label que le combo a rejoint depuis 2023.
Après plus d’une quinzaine d’années d’existence, est-ce que les loups transalpins ont perdu de leur rage et de leur énergie qui jusqu’ici transpiraient de leurs galettes ? La réponse dans les lignes qui suivent !

L’artwork de la pochette, pour commencer, reste en tout cas fidèle à ce que le groupe a l’habitude de nous servir avec un loup dans la lignée de celui figurant sur la pochette de « Psychoverse », à la fois futuriste et dégageant une férocité évidente.
Musicalement parlant, ça démarre fort avec « Extreme Paranoïa », comment pouvait-il en être autrement avec un titre pareil me direz-vous ? Du thrash à tombeaux ouverts avec des riffs incisifs, des changements de rythmes maitrisés, la voix toujours si caractéristique d’Andrea et un solo en deux parties à la fois tranchant et limpide… La poussière retombe après un peu plus de trois minutes, un bon coup de savate matinal pour dissiper les brumes de la nuit !

« Break the Fall », morceau le plus long de l’album, en dessous des cinq minutes tout même, prend le relais avec quelques inspirations qui pourraient provenir du hardcore notamment sur les breaks proposés ; ça part un peu dans tous les sens sur le plan de la composition et cela peut en désarçonner plus d’un !
Bien que « God of Lies » soit amené sur un rythme plus lent, il n’en demeure pas moins un titre intéressant et efficace avec là-encore, un solo qui vient te fouetter le visage et te sortir d’un certain confort que le tempo ralenti t’aurait laisser entrevoir.
De mon point de vue, les solis sont un des points forts de cet albums amenant à chaque fois une plus-value sur chacun des titres, ceux jalonnant « Wrong Children » ne dérogent pas à ce constat. En revanche, pour ce qui est des compositions, elles sont un peu trop barrées à mon goût ; certes, cela caractérise le style crossover mais au final, cela déstructure un peu trop le rendu final. « Flat Black » a fini de m’achever dans ce registre, je vous laisse apprécier cette performance qui ne laissera personne indifférent, j’en suis persuadé ! Il y a forcément un délire derrière ce titre que je ne connais pas mais il est du genre surprenant de chez surprenant lorsque l’on ne connait pas l’envers du décor !

« Rat in a Cage » vient en quelque sorte remettre l’église au milieu du village avec un thrash rapide et dévastateur que le break plus lent à mi-parcours ne vient pas perturber. Le riff principal est du style addictif et l’ensemble déborde d’énergie et d’agressivité, probablement le titre qui a le plus retenu mon attention sur cet opus !
« Terror Eyes » aussi botte des culs, le morceau fait l’effet d’un rouleau compresseur traçant sa route sans que rien ne puisse résister à sa progression. Toutefois, le break final donne une impression d’inachevé en se coupant brutalement.
Quant à « … to Change Your Vision », morceau à l’ambiance plutôt fat, due au tempo lent et plombé, il fait office d’un outro de presque trois minutes.

Je reste un peu sur ma faim avec ce nouvel Opus d’Ural tant « Psychoverse » m’avait conquis ; il me faudra probablement plusieurs autres écoutes pour apprécier cet album à sa juste valeur.
Cependant, je constate que la meute Turinoise possède toujours la rage en elle et reste en capacité de nous mordre à chaque instant, qu’on se le dise !

Tracklist :

01. Extreme Paranoïa (3:17)
02. Break the Fall (4:43)
03. God of Lies (3:31)
04. Wrong Children (4:05)
05. Open Scars (3:58)
06. Rat in a Cage (3:00)
07. Flat Black (J.J. Jonhson) (3:27)
08. Terror Eyes (4:16)
09. … to Change Your Vision (2:50)

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Paganizer – As mankind rots

Paganizer – As mankind rots

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

Décidément, ce qui me rend admiratif chez Rogga Johansson, ce n’est pas tant le nombre de groupes dans lesquels il joue, mais la fréquence à laquelle il sort des albums avec ces différentes formations (plus d’une quarantaine quand même !).
Rien qu’en 2025, il a été sur “Idioms of gore” (Bone Gnawer), “Eternally enthroned” (Furnace), “Disturbing the cenotaph” (House By The Cemetary), “Those of the morbid” (Leper Colony), l’EP ‘Mermaid in a Manhole” (Massacre), “Unending rotting circle” (Putrevore), “As Gods devour” (Ribspreader), “Dreaming the otherwhere” (Rogga Johansson), “Miscreant World” (Those Who Brings The Torture) et, en espérant n’en avoir oublié aucun, “Atomic rites” (War Magic).
Ce gars-là, il doit avoir son lit de camp personnel dans tous les studios qu’il fréquente…

Pour Paganizer, voilà le quatorzième album d’une discographie qui grandit à peu près tous les deux ans : cet “As mankind rots” arrive quinze mois après un “Flesh requiem” avec la ferme intention de perpétuer le bon vieux death metal, celui des premiers Entombed, Unleashed ou Grave de la première heure.
Ce qu’il y a de pratique, quand on est chroniqueur, c’est que rien ne ressemble plus à un album de death metal old school qu’un autre album de death metal old school et, bien souvent, chroniquer un album de Paganizer, à l’instar de la majorité des formations dans lesquelles Rogga Johansson gratte et chante, revient quasiment à faire un copier coller de celle de l’album précédent.

Toujours est-il que Paganizer est aussi totalement infoutu de composer un mauvais album : on sait à l’avance à quoi d’attendre ! Du death metal (what else ?), un chant caverneux (of course !), des instruments accordés très bas, une alternance de passages (très) rapides avec d’autres plus étouffants, une rythmique en mode tachycardie, des titres relativement courts (d’une moyenne de trois minutes) et une efficacité qu’on ne peut remettre en cause !

Bref, un album de Paganizer.
On sait d’avance que le prochain album, potentiellement prévu pour fin 2027 si la logique est respectée, aura ces mêmes caractéristiques et on sait aussi qu’on a déjà prévu non seulement de l’écouter, mais aussi de l’adorer.
En clair, encore une leçon de death metal de la part d’un artiste – et de ce groupe, au line up inchangé depuis dix ans, c’est dire si ça aide en cohésion – qui n’a plus rien à prouver dans son genre de prédilection !

On prend déjà rendez-vous fin d’année prochaine ?

 

Tracklist :

  1. As Mankind Rots (3:15)
  2. Devoured (3:51)
  3. Aftermath Bleeder (3:14)
  4. Only Maggots (3:48)
  5. Put on Your Gasmask (2:46)
  6. Hollow (3:23)
  7. A Testament to Madness (4:32)
  8. Afterworld (3:53)
  9. The Rotting End (3:16)
  10. One Way to the Grave (3:39)
  11. Vanans Makt (3:38)

 

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Mortal Scepter – Ethereal dominance

Mortal Scepter – Ethereal dominance

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8/10

 

Dès les premières notes, on se dit qu’on pénètre dans un metal d’un niveau certain.
Et cette impression n’est en rien fugace, bien au contraire.
Après une longue intro pleine de riffs, « Ethereal Dominance » démarre sur les chapeaux de roues, via un thrash varié, linéaire et rentre dedans.

De qui je parle ? Et bien du groupe français Mortal Scepter qui signe là son nouveau méfait ayant pour nom « Ethereal Dominance ».
Il vous faut savoir que leur précédent et premier album « Where Light Suffocates » datait de 2019, du coup force est de constater qu’ils prennent leur temps pour écrire leurs compositions. En tous les cas, le résultat est à l’avenant.
On se prend en pleine face une sorte de thrash old school mâtiné parfois d’une légère couleur blackened , à commencer par le chant, ou bien empruntant un peu de death de-ci de-là. Au niveau de l’impact sonique, c’est un thrash, dont certaines racines sentent l’école allemande, ces mecs devant aimer des combos comme Destruction.
Au détour de « Sense Ablation », ou bien « Omegacide Deadrays », titre très nerveux nanti de bons solos de guitare, cela se sent.

Outre leur aspect frontal, ils savent aussi apporter de la mélodie dans leur propos, comme le varié et plutôt épique « Sense Ablation ».
Et puis touche finale, non seulement, ils ne sont jamais linéaires, mais en plus font preuve d’une certaine technicité qui n’en fait pas des tonnes, mais qui parfois n’est pas loin du prog comme pour « Omegacide Deadrays ».
Super tableau que je vous peins là, mais perso j’ai flashé.
On résume ? Des riffs en veux-tu en voilà, une teinte metal extrême aux entournures, des compositions solides le tout monté sur un thrash inspiré et énergique, voire excité sur les bords.
Avant de clore cette chronique, Il y a un titre que j’aime particulièrement, c’est « Redshifting to Death » qui avec ses changements de tempos vous propulse hors des starting block.

J’espère que les Dunkerquois de Mortal Scepter ont un avenir devant eux, car ils le méritent amplement, du moins, c’est mon humble avis.

 

Tracklist :

Ethereal Dominance (6:02)
Redshifting to Death (3:49)
Blindsight (4:50)
Omegacide Deadrays (4:03)
Submit to the Crave (4:30)
Reverse Paradigm (4:42)
Sense Ablation (4:22)
Into the Wolves Den (10:10)

 
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