Attention : puissance ! South Of Hell, on les connait depuis pas mal de temps, en Rhône-Alpes. Il faut dire que même s’ils n’ont sorti qu’une demo (“Hellfernum”) en 2006 et un premier album (“Rising of hate”) en 2015 avant cet “Hellfernùm » en 2026, leurs concerts réguliers toujours très intenses et le fait d’avoir des membres de formations diverses dans la région (Caïnan Dawn, Evohé, Malmort…) aident à maintenir l’attention.
Aujourd’hui, après onze années d’attente, on se prend ce nouvel album pleine face ! Ce n’est rien de le dire. On savait déjà, pour les avoir vus plusieurs fois en concerts, qu’ils n’étaient pas là pour enfiler des perles et qu’on avait intérêt à se préparer psychologiquement avant pour se prendre un tel déluge de décibels, mais là, sur album, on retrouve cette sensation de brutalité et de puissance. Et ça ne tarde pas : dès la première seconde de « Discdere », on sent le groupe vouloir en découdre d’entrée. Pas d’intro, ça part de suite, comme une balle ! Et ça va vite : tempo effréné, riffs assassin, chant vénéneux, section rythmique en pleine crise d’épilepsie… Les trois premiers titres imposent d’entrée leur loi pour bien nous faire comprendre que South Of Hell est là pour faire très mal ! Il faudra attendre l’intro de « Darkness of soul » pour avoir une intro acoustique qui permet de reprendre son souffle. Mais ce sera de courte durée : tu penses bien que tu ne chasses pas le naturel comme ça sans qu’il revienne au galop. Mais le tempo restera un petit moment sur un mid etouffant, oppressant, limite sadique, avant qu’une accélération à nous faire ramasser nos cervicales sur le plancher ne vienne achever les derniers survivants. Mais ne pas croire que les réjouissances s’arrêtent ici : et puis quoi encore ? On se prend un court interlude à l’ambiance poisseuse, qui n’est que prétexte à recommencer le tabassage en rêgle de façon millimétrée : « Voice of war » se présente avec un mid tempo dévastateur comme savaient nous les asséner les regrettés Bolt Thrower (référence à laquelle on pense régulièrement comme lors de passages à la lourdeur abyssale comme le final de “Decadent brutality”).
Et le travail de sape continuera, alternant blasts intenses et mid tempo oppressants, au service d’un death metal old school dans lequel South Of Hell n’hésite pas à incorporer quelques impalpables touches de black metal par ci, ou de grosses doses de thrash par là. Mais le gros morceau reste le titre éponyme, huit minutes de sauvagerie maitrisée alternant passages (très) rapides et lourdeur étouffante et un côté plus épique renforcé par ce passage atmosphérique en milieu de morceau. Du grand art ! Et pour finir, deux bastos intenses comme le genre sait en générer régulièrement.
Bref, South Of Hell est de retour, en force, avec un album des plus féroces, jouant sur des contrastes bien définis. On adhère… Hep hep, le prochain album, avant 2037 s’il vous plait ! Après une telle claque, on attend déjà la suite…
Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10
Initialement fondé en tant que groupe de reprises, voici Bloodfield, combo Italien ayant pondu en 2016 leur premier album « Sinners or Liars ». Quelques années plus tard, ils nous proposent leur nouveau méfait sorti en 2025 qui a pour nom « Homunculus Sapiens ».
Leur truc ? Du thrash ! Du bon gros thrash, bien « uppercut » influencé par la Bay Area avec un peu de Slayer ou de Testament en lui comme au détour de « Solitude Part 1 », le titre d’ouverture. D’originalité, aucune, mais ils sont terriblement efficaces. Comme ils le chantent, « c’est mon combat, c’est ma vie » et ça se sent. Nombreux changements des tempos au sein d’un même titre pour que la machine ne s’essouffle pas; une kyrielle de solos qui mitraillent, émaillant leur propos avec parfois un petit pont léger avant que n’explose de nouveau leur « musique à casser la nuque » (“Feast for the Fleas”).
Une effluve un peu Metallica trempe des titres comme « Just Life That », morceau légèrement anxiogène qui avance comme un char d’assaut fou. Petits riffs « sautillants », nombreux passages instrumentaux avec, en fin de morceau, un coté heavy à la Exodus sur « Ultimate Redemption ». Il règne une certaine ambiance pesante et dramatique quand déboule « Murder and Funeral », titre rapide qui fait partie de mes préférés. Au détour de « Juggernaut » ou de « Burning Down », on se rend compte qu’ils aiment beaucoup les rythmiques hachées, jouées en à-coups comme des soubresauts soniques. J’ai aussi beaucoup apprécié le refrain court et particulier que l’on trouve sur « Solitude Part 2 ».
Alors en final, qu’en dire ? Un album solide joué par des passionnés du genre, certains titres un peu plus dispensables côtoyant d’autres vraiment inspirés, mais toujours traversés par de l’énergie haute tension. Old school de la tête aux pieds, un album honnête porté par l’aile bienveillante de Great Dane Records. Sympa !
Il n’y a pas à dire le contraire, le metal « très extrême » Français se porte bien. Après le death multi facettes de Warkunt, le black indus vecteur de folie de Woest , je me retrouve face à la déflagration sonore de Death From Above et de son deuxième album « Reckoning Of the damned ». Porté par l’aile de Great Dane Records, on y trouve une musique au mixage équilibré qui met en valeur chaque instrument. En fait, ils mélangent deux styles : à ma gauche un death brutal technique et vraiment agressif qui peut faire penser à des gens comme Misery Index et par extension à Dying Fetus ; à ma droite une bonne louche de thrash sauvage voire un zeste de groove . Souvent, c’est le metal mort qui prend le pas avec le thrash en soutien, parfois, c’est « la musique à casser la nuque » qui remporte la mise comme sur « Dread fear terminate ». Après, chaque titre est construit de manière à ce qu’on soit sur un grand huit lancé à pleine vitesse, car comme le veut le genre, pas de linéarité, mais un paysage sans cesse changeant.
Quelques exemples. Prenez le titre d’ouverture « Apex predators ». Sans aucune concession, ça te rentre dans les gencives, violemment, pendant qu’un growl colérique éructe sa haine. Ça oscille entre tempo speed et moments plus posés (enfin, si on peut dire). Ensuite, « God of terror » surfe sur une certaine dextérité, avec toujours cette propension à rentrer dans la zone rouge au niveau tempo, puis l’instant d’après ralentir le rythme comme un bulldozer écrasant tout sur son passage. En plus, je trouve qu’il y a quelque chose de hardcore dans leur agressivité.
Groove plombé, riffs acrobatiques, cela « fritte » à mort sur « Prelude to retribution », combat sans merci entre death et thrash méchant. On sent vraiment le côté technique sur « Abomination reborn », quant à « Echoes of sacrifice », c’est speed, mécanique et aiguisé comme une scie électrique. Après, il est certain qu’ils n’offrent pas quelque chose de fondamentalement novateur, mais ils savent bien équilibrer les deux genres. Pour amateurs de sensations fortes et de ceux qui aiment un jeu « acrobatique » et maîtrisé. En un mot comme en deux : ça tue ! Leur musique ne fait pas semblant et explose honorablement les murs du quotidien. Ça fait du bien.
C’est en les voyant pour la deuxième fois sur scène, que j’ai eu envie de faire une chronique sur le dernier-né de Warkunt, à savoir « Cyclonic Abyss », sorti sept ans après leur premier méfait "Of Ruins and Agony". Outre le jeu savamment tissé des deux guitaristes, la prestation scénique épileptique du chanteur au growl viril, j’ai été particulièrement impressionné par le duo basse/batterie.
Officiant dans un death qui emprunte aussi bien à la Floride qu’à la Suède, leur metal mort est nourri au old school tout en ayant quelques velléités plus modernes ("A New March of Death"). Ce groupe est en fait plutôt multi facettes.
Prenez « Surfacing Cyclonic Abyss », le titre d’ouverture ; on y trouve de la brutalité, un peu de mélodie, une odeur vieille école, mais aussi du plus actuel, et il y a ce petit gimmick musical entraperçu en intro et en fin de titre qui vous « retient » le cervelet. Agressif, technique, changeants, tout en soubresauts, sous tension, inquiétant (“A New March of Death”), leur metal peut s’avérer être porté par une pincée de groove, pendant que les deux guitares jouent parfois indépendamment leur partition (“Hammering Darkness”). Jouant sur les contrastes comme sur « Vipers », titre qui donne l’impression de montagnes russes soniques, leur musique extrême s’avère dense, varié, tout en étant équilibré car millimétré avec la précision d’une coupure au scalpel (“The Monster I Become”).
Bref, c’est avec plaisir que je me suis dégusté cette galette qui ne dure qu’une demi-heure, mais qui est un concentré de « bonne musique ». Voir un groupe sur scène est une chose, il y a l’ambiance et on est pris dedans ; puis, une fois dans l’intimité de son « chez-soi » on est déçus, ou du moins on accroche moins quand on écoute un de ses albums. Et bien ici, ce ne fut pas le cas.
Franchement, ces types ont de l’avenir s’ils continuent sur cette lancée. Un groupe à suivre de très près, qu’on se le dise dans les chaumières de France et de Navarre !
Salut !
Et voici « Viva Exploitation » du ‘groupe’ Allemand Hybris, Un EP qui dure un quart d’heure pour cinq titres bourrés de riffs répétitifs et vicieux.
Aux manettes, une seule personne : Johan de Jager qui nous balance direct dans les gencives, une musique extrême directe et sans concession coincée entre grindcore et death brutal.
On se retrouve fin des 80, début des 90. Dès « Dictocracy », ça rentre dans le lard sans crier gare, avec un impact façonné dans l’acier d’un hardcore/punk, porté par des tempos death n’roll qui alternent avec des blasts beat furieux.
C’est rapide, basique (“Human Plague”), avec un growl death au timbre écorché. On pense fortement, même si des formations comme Terrorizer ne sont pas loin, à Napalm Death tout au long de cette galette à feu et à sang, surtout au détour de titres comme « Depopulate » aux breaks bien vus ou bien encore « Hybris ».
Sur ce titre, d’ailleurs, agressif comme il le faut, ponctué de passages musicaux variés, se posent parfois un plan thrashy, des accords « grinçants », et des ambiances franchement anxiogènes.
« Pollution Vortex » termine ce concentré de colère noire, par des tempos où le metal mort se vautre avec des pulsations thrashy et hardcore, le tout enveloppé de brutalité.
Ça sent le old school, le primal.
Musique de contestation, comme un grain de sable dans la machine mal huilée de nos institutions. Quand je vois ce qui se passe actuellement de par le vaste monde, je trouve que cette galette a de quoi nourrir plus d’une désillusion.
Court, mais d’une grande efficacité pour qui aime ce genre de musique aux riffing accrocheurs. Ça fait du bien.
Beaucoup aimé.
À quand un album longue durée ?