Anthrax – Cursum Perficio

Anthrax – Cursum Perficio

!!! Un album, deux avis !!!

Note de la SoilChroniqueuse (CanThrash) : 8/10

Dix ans.
Dix ans depuis « For All Kings »
On peut dire qu’on a vu beaucoup de choses passer entre-temps.
Pourtant, Anthrax est toujours présent. Leur nouvel album, « Cursum Perficio », sort après une période spéciale pour le groupe.

Parce que ce disque n’est pas seulement le fruit du désir de sortir un nouvel album ou de repartir en tournée. Il vient après une période de doute, une longue pause et même la question de savoir si Anthrax allait vraiment rejouer sur scène et enregistrer un nouvel album.
Et au final, je pense que cela se ressent dans « Cursum Perficio ».

L’album a quelque chose d’assez particulier. Il ressemble à une renaissance.
Et ça commence avec « Persistance of Memory ».
Une introduction instrumentale courte et assez théâtrale. Elle marche très bien pour ouvrir l’album. On peut presque l’imaginer résonner dans une salle juste avant que le groupe arrive sur scène.
C’est comme si Anthrax venait juste nous dire: « Salut ! On est de retour ! »

L’album se poursuit avec « The Long Goodbye ».
Le morceau décrit la situation difficile de voir quelqu’un qu’on aime perdre peu à peu ses souvenirs, ses repères et une partie de sa personnalité. Cette personne reste pourtant là, présente physiquement.
« The Long Goodbye » prend encore plus de sens quand on sait qu’elle est aussi liée au père de Scott Ian, décédé après avoir souffert de cette maladie.
Je trouve donc assez intéressant que ce soit l’un des premiers « vrais » morceaux de l’album. On passe d’une introduction presque cérémonielle à quelque chose de beaucoup plus humain et personnel.
Musicalement, j’aime beaucoup le morceau. Les guitares et la batterie occupent vraiment beaucoup d’espace et donnent au morceau une belle intensité.

Ensuite vient « It’s For The Kids »
Et là, on change un peu d’ambiance !
Le morceau est dédié aux fans d’Anthrax et on le ressent dans l’émotion du titre. Après cinquante-cinq ans de carrière, le groupe peut voir le chemin parcouru. Il remarque aussi que son public est toujours là.
Mais ce n’est pas une nostalgie triste !
C’est plutôt une façon de fêter cette relation entre le groupe et ceux qui le suivent, parfois depuis le début.
J’aime beaucoup les guitares sur ce titre. Le morceau a aussi ce côté très direct et très efficace qui nous rappelle les premières années du groupe.
On retrouve une partie de l’ADN du vieil Anthrax. Pourtant, on n’a pas l’impression d’écouter une simple copie de ce qu’ils faisaient à leurs débuts et c’est justement ça qui me plaît !

Avec « Everybody’s Got A Plan », le groupe poursuit cette réflexion sur la vie, le temps et les choix que l’on fait.
Tout le monde a un plan.
Quand on est plus jeune, on imagine facilement ce que sera notre vie. On se fixe des buts, des objectifs. On pense savoir où l’on va.
Puis la réalité intervient.
Certains projets voient le jour, d’autres pas. Parfois, la situation nous force juste à changer de chemin.

Mais c’est avec « The Edge Of Perfection » que l’album me touche vraiment.
C’est mon morceau préféré.
Le titre parle de cette recherche de la perfection, même si on sait que la perfection totale est impossible à atteindre.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut cesser d’essayer.
Et surtout, la perfection mentionnée ici ne concerne pas la réussite matérielle. Elle ne concerne pas non plus le désir constant de posséder plus.
Elle est bien plus simple. La santé, le bonheur, l’amour, la famille.
Pour ma part, je partage tout à fait ce point de vue.
Au bout du compte, qu’y a t’il de plus important que d’être en bonne santé, d’être heureux et d’avoir des gens qu’on aime autour de soi ?
Pourtant, même avec tout cela, on essaie toujours de faire mieux.
On veut progresser, atteindre quelque chose qui nous paraît encore un peu plus loin.
Parfois, on veut atteindre la perfection. On sait pourtant qu’elle restera sans doute hors de portée.
Je pense que c’est justement ce qui rend le morceau intéressant.
Il a un côté assez mélancolique. Mais il y a aussi en lui quelque chose de très positif.
Au fond, essayer de faire mieux n’est pas forcément une mauvaise chose. Il suffit de ne pas oublier ce qui compte vraiment.
D’ailleurs, c’est aussi un des morceaux préférés de Scott Ian. Cela ne me surprend pas vraiment !

« Cursum Perficio ».
Une expression latine qui veut dire quelque chose comme « Je finis mon voyage »
Il est difficile de trouver un titre plus approprié pour cet album.
Après quarante-cinq années de carrière, Anthrax fait ici une sorte de bilan. Le groupe évoque les bons moments, les périodes plus compliquées, les changements, les concerts, les albums et tout ce qui l’a construit.
Le groupe avait fini le disque à l’automne d’avant. Ensuite, il a pris le temps de réfléchir au bon moment pour le sortir. Certains doutaient. Ils avaient l’impression que l’album ne correspondait peut-être pas encore à ce qu’ils voulaient faire.
Et il a fallu attendre, prendre du recul, trouver le bon moment.
Ce qui est assez amusant. Le disque parle justement de doute, de la volonté de faire mieux, de la recherche de la perfection et de cette difficulté à savoir quand quelque chose est vraiment terminé.
Finalement, « Cursum Perficio » arrive quand le groupe pense que c’est le bon moment.
Comme une renaissance.

« T.O.M.B. », pour « Target On My Back », arrive ensuite et relance l’énergie.
Et celui-là je l’aime beaucoup.
Après plusieurs morceaux plus personnels, ça fait du bien de retrouver un Anthrax plus direct et énergique. Cela nous rappelle qu’avant d’être un album sur la vie et le temps qui passe, « Cursum Perficio » reste quand même un album de Thrash Metal !
Et finalement, c’est probablement ce que je retiendrai de cet album.
Ce n’est pas simplement un nouvel album d’Anthrax après dix ans d’attente.
C’est un disque qui parle du temps qui s’écoule, des expériences qui nous construisent et de ce que l’on choisit de faire de tout ça.
« Cursum Perficio » parle de la difficulté à accepter certaines choses, de l’envie de progresser, de l’importance de ceux qui nous entourent et de cette recherche permanente de ce qui pourrait ressembler au bonheur.

Et surtout, c’est un album qui parle de voyage, un long voyage. Celui d’Anthrax, évidemment, mais aussi celui de chacun d’entre nous.
Et malgré son titre qui pourrait presque faire penser à une fin, je ne ressens absolument pas « Cursum Perficio » comme un album d’adieu.
Je le ressens plutôt comme un album de retrouvailles.
Anthrax fait le point, apprécie le chemin parcouru, mais ne semble absolument pas décidé à poser les instruments.

Et franchement, après dix ans d’attente, ça fait sacrément plaisir de les retrouver !

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Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8/10

 

Au départ, je ne savais pas trop.
J’avais même un a priori quant à cet album. Voilà dix ans qu’Anthrax n’a rien sorti depuis « For All Kings », alors comment appréhender ce « Cursum Perficio » ?
Se dire que ce qui a été n’est plus ?
Après plusieurs écoutes, voilà ce que j’en pense.

Déjà, ils semblent avoir panaché le style de leurs débuts avec ce qu’ils ont fait de plus moderne par la suite. En fait, énergie, thrash et mélodies font bon ménage.
Ensuite, j’aime bien le mix qui met en valeur leur propos et, enfin, pas mal de titres proposés accrochent honorablement l’oreille.
« The Long Goodbye » fait plaisir à entendre, tout en mélodie et mid-tempo. « It’s for the Kids » est assez sombre ; du moins, il est vecteur d’une aura un peu anxiogène. Au niveau de sa construction, on y trouve plusieurs tempos, comme bons nombres des compositions de cette galette, ce qui fait que leur musique n’est pas linéaire.

Un petit riff que l’on retient de suite habille « Everybody’s Got a Plan », morceau qui alterne entre côté positif et aspect plus sombre. Une certaine mélancolie habille « The Edge of Perfection », excellent titre avec ses solos bruts de coffre. La batterie métronomique de « Infectious » donne envie d’headbanger ; c’est simple et heavy comme une danse de guerre.
Suite d’accords accrocheurs, densité énergique pour « NYC 93 ». Et quand déboule « Cursum Perficio », je le trouve particulièrement réussi, suivi de «. T.O.M.B. », avec son rythme en à-coups, « very metal », où on retrouve leur griffe bien à eux. Obsédant ! En fait, plus l’album avance et plus la mayonnaise prend. Quant à « My Victory », il est bien mené et son refrain se retient avec plaisir.

Alors, en ce qui me concerne, un bon album, honnête et vivant… malgré mes a priori !
Je pense que la bande à Scott Ian est encore animée par la passion de ce qu’ils font.
J’ai trouvé aussi le chant, parfois critiqué sur d’autres albums, réussi et épousant comme un gant leur musique.

Cette année aura été marquée par les pères du thrash comme Exodus ou Testament, et Anthrax ne démérite pas, du moins c’est mon ressenti.
Bien aimé.

Tracklist :

1. Persistence of Memory (Instrumental) (1:07)
2. The Long Goodbye (5:34)
3. It’s for the Kids (4:20)
4. Everybody’s Got a Plan (4:36)
5. The Edge of Perfection (6:46)
6. Infectious (5:16)
7. NYC 93 (4:48)
8. Cursum Perficio (6:08)
9. T.O.M.B. (4:31)
10. Watch It Go (5:43)
11. My Victory (4:54)

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The Narrator – Phosphor

The Narrator – Phosphor

Note de la SoilChroniqueuse (GothicMelody) : 7,5/10

Après Lore, sorti en 2024, The Narrator sort un nouvel album intitulé Phosphor. N’ayant que l’album en version digitale, pas de dossier de presse ni l’album physique avec un livret, je vais donc uniquement parler de mon ressenti sur l’écoute de l’opus.

Dès le premier titre éponyme « phosphor », le ton est donné : ça bourrine bien, mais avec des passages mélodiques et un refrain catchy. On reconnaît le son du groupe, mais le tout semble d’un niveau supérieur par rapport à l’album précédent. Ici, on est dans du metalcore moderne qui allie son agressif et mélodique avec bien évidemment une touche de ce son moderne. Le chant saturé de Fabian et le chant clair de Rob s’alternent bien et c’est très agréable. Ça démarre fort et ce n’est pas pour me déplaire.

« Aurora », j’adore l’énergie et la ligne mélodique de cette chanson. C’est bien fait ; le refrain reste en tête et le tout est fort agréable à écouter. C’est mon coup de cœur de l’album.
« Modern Age Blasphemy » est un autre titre qui allie ce côté puissant, lourd, mêlé à un refrain catchy et des nuances pour donner du relief au morceau.

Le duo avec Avralize sur « Stasis » est bien efficace. Mélodique, énergique avec cette lourdeur spécifique du metalcore. Un titre bien sympathique.
« Pills From The Start » avec son refrain catchy et ses passages bien bourrins, qui donnent envie d’headbanguer est un titre que j’ai adoré.

« Agnosia » avec son côté bien lourd sur certains passages, en concert, ça doit bien être énorme pour les pogos et le headbangue.
« Two Lives » : Le début est plus atmosphérique et puis on retrouve le refrain un peu plus énergique. Un titre un peu plus mélodique, mais on retrouve la puissance et le chant saturé à la fin.
« Dissection » est un titre bien bourrin avec toujours cette touche plus mélodique par moments. Un titre bien efficace. Les cervicales pourraient prendre cher sur cette chanson en concert.
« Iron Grip » est intéressant comme morceau. Il y a de bons riffs de gratte et la batterie toujours bien puissante, le tout avec les deux types de chant qui donnent davantage de contraste à l’ensemble. C’est très efficace.

« 9010 » : j’aime la batterie bien rentre-dedans, les riffs bien posés et la ligne mélodique qui vient donner un peu de nuances dans toute cette puissance.

Phosphor est un album qui confirme la ligne directrice prise par le groupe, mais le niveau monte d’un cran. Ça cogne fort du début à la fin, avec des riffs bien percutants et agressifs, c’est bourrin, mais pas trop, car l’ensemble reste mélodique. C’est bien produit et réalisé. Les refrains sont catchy et restent en tête. Le seul petit bémol pour moi, c’est que l’ensemble est assez prévisible, car c’est globalement construit sur le même moule. Le point intéressant, c’est que l’album semble avoir été pensé pour le live, et donc ça peut rendre vachement bien sur scène. J’espère avoir justement l’occasion de les revoir en concert, car ils sont vraiment top sur scène.
Un album que je recommande pour les fans de metalcore moderne et pour ceux qui veulent du bourrin pas trop bourrin avec des refrains qui restent en tête et de jolies lignes mélodiques.

 

Tracklist :

01. Phosphor (2:18)
02. Aurora (03.20)
03. Modern Age Blasphemy (02.51)
04. Stasis (avec Avralize) (03.43)
05. Pills From The Start (03.11)
06. Agnosia (04.19)
07. Two Lives (03.23)
08. Dissection (02.34)
09. Iron Grip (03.26)
10. 9010 (03.56)

 

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Dimmu Borgir – Grand Serpent Rising

Dimmu Borgir – Grand Serpent Rising

Note du SoilChroniqueur (Alain The Red) : 8,5/10

Il aura fallu huit ans pour que Dimmu Borgir signe son grand retour.
Avec « Grand Serpent Rising », Dimmu Borgir fait peau neuve sans renier son héritage.
Plus mordant qu’« Eonian », moins surchargé qu’« Abrahadabra », le disque synthétise trente ans de black metal symphonique dans une œuvre monumentale où noirceur, majesté et puissance avancent main dans la main.

Une démonstration de force qui rappelle pourquoi les Norvégiens restent les maîtres du genre.
L’un des points marquants du disque est le retour de textes chantés en norvégien sur « Ulvgjeld & Blodsodel » et « Slik Minnes en Alkymist », une première depuis de nombreuses années, renouant ainsi avec les racines les plus sombres du groupe.

Un album qui ne s’écoute pas en une fois.
Mon coup de cœur : « As seen in the unseen », cela n’engage que moi.

Tracklist :

1. Tridentium (3:55)
2. Ascent (5:21)
3. As Seen in the Unseen (6:59)
4. The Qryptfarer (4:30)
5. Ulvgjeld & blodsodel (5:42)
6. Repository of Divine Transmutation (6:33)
7. Slik minnes en alkymist (5:38)
8. Phantom of the Nemesis (5:07)
9. The Exonerated (5:57)
10. Recognizant (5:51)
11. At the Precipice of Convergence (4:16)
12. Shadows of a Thousand Perceptions (5:29)
13. Gjǫll (Instrumental) (4:00)

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Chronique “Forces of the Northern Night” (live)
Chronique “Eonian”
Chronique « Puritanical Euphoric Misanthropia » (reissue)
Chronique “Inspiratio Profanus”

 

Sepultura – The Cloud of Unknowing

Sepultura – The Cloud of Unknowing

Note de la SoilChroniqueuse (GothicMelody) : 7/10

Sepultura sort « The Cloud of Unknowing« , un EP de quatre titres pour clore quarante ans d’existence. Un groupe mythique, avec ses changements de line-up qui ont créé des divisions parmi les fans, mais dans tous les cas, qui fait partie des figures emblématiques de la scène metal.
Que l’on soit fan ou non, on a forcément vu le groupe au moins une fois en allant à des festivals ; pour ma part, c’était lors de l’Epic Metal Fest en 2015 et d’un Graspop en 2017. Comme je cherchais à découvrir le plus de groupes possible dans des styles de metal un peu plus bourrins, c’était un groupe qui m’avait interpellée, et savoir que je ne les reverrai plus, comme pour tous les autres groupes que j’appréciais et qui ont arrêté, ça fait un petit quelque chose. Surtout que, comme je ne connaissais pas le groupe plus que cela et que la plupart de mes potes metalleux de l’époque n’étaient pas vraiment dans cette même recherche de style, je n’avais pas cherché à m’approcher de la scène pour prendre des photos, et c’est bien dommage, car je le regrette un peu maintenant.
Mais trêve de bavardage avec cette séquence « nostalgie », place à la chronique de cet EP.

Ça démarre très fort avec le titre « All Souls Rising ». Une entrée en matière bien puissante, au rythme soutenu de la batterie et aux riffs de guitare rapides. Le chant saturé est agréable. Les passages plus mélodiques apportent une autre dimension au morceau et permettent d’éviter qu’il ne soit trop bourrin. Un titre vraiment sympathique qui donne envie de bouger les cervicales. J’ai bien apprécié.

Changement d’ambiance avec « Beyond the Dream ». Ici, c’est un début tout doux, avec un chant clair ; on est limite dans une balade, puis le rythme devient un peu plus rapide. Il y a ce côté un peu lourd de la batterie et de la guitare, par moments, qui apporte une profondeur et un contraste intéressants. Ça change et ça montre le potentiel du groupe à aller dans différents registres. Ici, on est davantage dans l’émotion que dans la force.
« Sacred Books » est un titre plus énergique, mais bien mélodique. J’adore les riffs de guitare bien pêchus et rapides. C’est bien fait et efficace comme morceau.
« The Place » termine l’opus. Le titre démarre par un moment instrumental, puis le chant clair, puis saturé arrive. Ici, l’ambiance est plus atmosphérique.
Par moments, c’est un peu heavy, un peu prog, un peu death selon les passages. Les changements de rythme font que l’on ne s’ennuie pas en écoutant ce titre.

« The Cloud of Unknowing » est un bon EP, qui montre l’étendue des talents du groupe.
Le problème, c’est que cet EP n’a pas vraiment d’unité ; c’est un peu une expérimentation et il y a un goût de trop peu. Le groupe s’arrête sur quatre bons morceaux, et c’est mieux que rien, mais c’est un peu frustrant.
L’EP satisfera les fans du groupe. Les amateurs de thrash, de metal mélodique, mais également de death devront aimer.
Pour ma part, je reste un peu sur ma faim, et, comme c’est la fin du groupe, le mot qui revient, c’est vraiment celui-ci : « frustrant ».
Du potentiel, des expérimentations et pouf, quatre titres et c’est fini, tout comme cette chronique.

 

Tracklist :

01. All Souls Rising (03:35)
02. Beyond the Dream (04:04)
03. Sacred Books (02:52)
04. The Place (05:58)

 

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The Hellacopters – Cream of The Crap Vol.3

The Hellacopters – Cream of The Crap Vol.3

Note de la SoilChroniqueuse (Aur’Hell) : 9/10

Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit rappel pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore les énergumènes : formé en Suède en 1994, The Hellacopters est l’un des fers de lance du high energy rock’n’roll.
Un mélange explosif de garage rock, hard rock et glam, largement inspiré des années 70, avec une réputation scénique… disons, difficile à ignorer.
Une carrière solide, une discographie marquante et une influence indéniable sur toute une scène.

D’ailleurs, les fidèles du webzine le savent déjà : Olivier No Limit et Ti Rickou ont déjà largement défriché le terrain en chroniquant plusieurs albums du groupe. Autant dire qu’on ne part pas de zéro.
Compilation de morceaux rares, faces B, reprises et titres issus d’éditions limitées aujourd’hui introuvables, ce Volume 3 s’inscrit dans la continuité directe des opus sortis en 2002 et 2004.
Plus de vingt ans d’attente donc, mais une attente récompensée.

Comme l’expliquait Robert “Robban” Eriksson, ce troisième volume était dans les têtes depuis longtemps. Le groupe a pris son temps… et ça valait clairement le coup. À mes oreilles, c’est même le plus riche des trois.
Le tout a été remasterisé pour offrir un son plus clair et plus moderne, sans perdre ce grain vintage qui fait tout le sel du groupe. Résultat : un plongeon immédiat dans les 70’s, avec pattes d’eph, moustaches et amplis qui chauffent.

J’écris ces lignes le jour du marathon de Stockholm, venue soutenir un ami qui semble avoir une passion toute particulière pour la souffrance.
Pendant qu’il aligne les kilomètres, j’enchaîne les écoutes.
Verdict : malgré ses 24 titres, cette compilation se boit comme du petit lait. C’est fluide, accrocheur et terriblement efficace. Mieux : je suis persuadée que c’est la BO parfaite pour finir un marathon. Le petit coup de boost idéal quand il ne reste plus que la volonté.
Pour l’anecdote, j’ai découvert The Hellacopters grâce à mon mec. Révélation immédiate en poussant la porte du Geronimo’s FGT à Gamla Stan : ambiance 70’s, vinyles qui tournent… et souvent ceux du groupe. (Pause office de tourisme : si vous venez à Stockholm, n’hésitez pas à vous rendre au 5 Stora Nygatan – dépaysement et rencontre avec des gens en or garantis)
Autant dire que le groupe a rejoint ma playlist naturellement : le genre de son qui redonne la banane quand t’as pas la frite.

Côté raretés, on retrouve tout ce qui fait leur ADN : du garage rock nerveux, du punch, du groove rétro, et cette capacité à rester bruts sans jamais être brouillons. Certains morceaux claquent en quelques secondes, d’autres prennent un peu plus leur temps, mais tous respirent cette énergie sincère qu’on leur connaît.

« Long Gone Losers » (1998) : ouverture parfaite, garage rock nerveux, clavier bien placé. Machine à remonter le temps.
« Oh Yeah Allright! » (1998) : court, rapide, punk dans l’âme. Une claque express.
« Disappointment Blues » (1998) : plus posé, avec une belle coloration blues.
« Ferrytale » (1998) : brut de décoffrage, totalement vintage.
« Sent en Lördagkväll » (1979), reprise de Nationateatern, représente une source d’inspiration locale importante pour le groupe. À noter qu’il s’agit du seul titre chanté en suédois, un fait suffisamment rare pour être souligné, The Hellacopters privilégiant habituellement l’anglais. Avec ce choix, ils rappellent que leurs influences ne se limitent pas aux États-Unis, mais puisent aussi profondément dans la scène nordique. Ce qui est intéressant, c’est le contraste entre le fond et la forme : le texte, assez engagé, conserve toute sa gravité, tandis que la reprise adopte une approche musicale plus légère, presque fun. Là où la version originale, plus parlée, laisse poindre une certaine mélancolie, les Hellacopters optent pour une énergie plus directe. On y retrouve même par moments un petit parfum de Ebba Grön période Thåström. Et franchement, c’est une très belle surprise.
« Freeway To Hell » (1998) : riffs accrocheurs et groove 70’s irrésistible.
« Doggone Your Bad-Luck Soul » (1999) : montée en puissance folle, solo incandescent. Dregen en grande forme.
Les reprises occupent évidemment une place importante, et c’est là que le groupe confirme tout son savoir-faire. Que ce soit des influences directes ou des choix plus inattendus, ils parviennent à rester fidèles tout en injectant leur propre ADN. Certaines sont presque jouées telles quelles, comme un hommage respectueux, notamment pour les groupes qui les ont directement inspirés. D’autres sont légèrement accélérées, durcies, électrisées — bref, passées à la sauce Hellacopters.
On passe ainsi de la soul retravaillée en bombe rock nerveuse à des classiques du punk ou du hard rock revisités avec une énergie brute. Et ça fonctionne parce que ce n’est jamais gratuit : on sent une véritable affection pour les morceaux d’origine. Mention spéciale à “I Get A Sensation” et “I’m Eighteen”, particulièrement réussies dans cet exercice d’équilibre entre respect et appropriation.
The Nomads – « Pack Of Lies » : respect total.
Bob Seger – « Her Strut » : version plus brute.
The Temptations – « Little Miss Sweetness » : soul transformée en bombe rock.
MC5 – « American Ruse » : énergie punk assumée.
Alice Cooper – « I’m Eighteen » : fidèle, avec une touche psyché. J’avais un peu oublié qu’à ses débuts, Alice Cooper flirtait avec des sonorités très psychédéliques, dans la veine des Doors. Une redécouverte vraiment agréable — merci les Hellacopters de remettre ces pépites en lumière.
Motörhead – « Speedfreak » : le morceau original est déjà lancé à pleine vitesse, mais ici, on dépasse carrément la vitesse de la lumière. Véritable séance de cardio pour Robban derrière les fûts — le vrai speedfreak, c’est lui ! J’adore cette version, même si la voix rauque de Lemmy me manque un peu… Le mélange des deux aurait été absolument parfait.
The Ramones, The Damned, Radio Birdman… : influences revendiquées et parfaitement digérées.
On remarque d’ailleurs que les reprises les plus fidèles concernent souvent les groupes qui les ont directement influencés : plus qu’une reprise, un véritable hommage.
On sent sur l’ensemble de la compilation un groupe qui se fait plaisir, qui fouille dans ses archives avec gourmandise. Résultat : un album dense mais cohérent, généreux sans être indigeste.
Derrière, le travail est sérieux : sélection par Robban, transfert des bandes par Henke Jonsson, remastering signé Magnus Lindberg. Rien n’est laissé au hasard, et ça s’entend.
Cette compilation est une vraie réussite. Elle ravira les fans de longue date et constitue une excellente porte d’entrée pour les autres.
The Hellacopters prouvent encore une fois qu’ils maîtrisent leur sujet sur le bout des doigts. Et surtout, qu’ils jouent avec une passion qui ne triche pas. À ce niveau-là, on comprend facilement pourquoi leur musique donne envie de bouger, de rouler des kilomètres… ou de courir un marathon.
D’ailleurs, au moment où je termine ces lignes, la course touche à sa fin. 2h10 pour le vainqueur.
Franchement ? Je suis prête à parier qu’il y avait du Hellacopters dans ses oreilles.

Bra jobbat, killar ! That’s seriously good crap !
Franchement… vous êtes sûrs d’avoir tout sorti des tiroirs ? Il ne vous reste pas des petites pépites planquées quelque part ?

Tracklist :

  1. Long Gone Losers (2:44)
  2. Pack Of Lies (reprise The Nomads) (2:45)
  3. Her Strut (reprise Bob Seger) (3:32)
  4. Little Miss Sweetness (reprise The Temptations) (3:04)
  5. Oh Yeah Allright ! (1:36)
  6. I Get A Sensation (reprise Adam West) (3:01)
  7. Disappointment Blues (4:32)
  8. American Ruse (reprise MC5) (2:27)
  9. Ferrytale (1998 version) (3:20)
  10. Whole Lot Of Shakin’ In My Heart (Since I Met You) (reprise Smokey Robinson) (2:52)
  11. I’m Eighteen (reprise Alice Cooper) (3:21)
  12. Sent En Lördagkväll (reprise Nationalteatern) (3:33)
  13. Workin’ For MCA (reprise Lynyrd Skynyrd) (4:15)
  14. Bony Moronie (reprise Larry Williams) (2:57)
  15. A Man And A Half (reprise Wilson Pickett) (3:06)
  16. 455 SD (reprise Radio Birdman) (2:39)
  17. Freeway To Hell (2:49)
  18. Get Ready (reprise Smokey Robinson) (2:30)
  19. Doggone Your Badluck Soul (6:55)
  20. Stab Your Back (reprise The Damned) (0:57)
  21. Heaven (reprise Scott Morgan) (3:56)
  22. What’d Ya Do ? (reprise The Ramones) (2:17)
  23. Speedfreak (reprise Motörhead) (3:20)
  24. Ungrounded Confusion (reprise The Flaming Sideburns) (2:47)

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