Purée, après plus de quarante ans de carrière et la bagatelle de seize albums en comptant ce “Krushers of the World”, Kreator arrive encore à nous surprendre. Et pourtant, le groupe toujours emmené par Miland “Mille” Petrozza et Jürgen “Ventor” Reil, derniers membres originels du groupe, aurait pu se contenter de nous coller un “Pleasure to kill”-bis ou un clone de “Coma of souls”, deux de leurs plus gros succès, sans que personne ne crie au scandale, mais non ! Avec ce nouvel album et un line up inchangé par rapport à “Hate über alles” (2022), Kreator propose quelque chose de plus varié et de plus sombre depuis bien longtemps. On ne va pas se mentir, le quatuor d’Essen ne nous sortira plus des orgies de decibels comme on a pu les entendre entre “Endless pain” (1985) et “Extreme aggression” (1989). Il faut dire que, depuis, ils ont souvent cherché à varier le propos, voire à innover et la qualité (ou le public) n’a pas toujours été au rendez-vous. Les pourtant corrects “Renewal” (1992), “Outcast” (1997) ou “Endorama” (1999) sont honorables à défaut d’être géniaux mais Kreator a eu le mérite d’essayer de sortir de ce à quoi on voulait qu’ils se cantonment !
Mais rien de tout ça, Petrozza and co font ce qu’ils aiment et surtout ce qu’ils veulent ! Avec ce nouvel album, on sent le groupe chercher une approche plus cinématographique de sa musique, influencée ici par les films d’horreur Italiens et, si l’urgence est toujours omniprésente, on sent que le quatuor cherche à nous proposer quelque chose plus calculé que spontané. Mais qu’importe : Kreator est toujours cette machine à riffer de façon on ne peut plus vénéneuse et à nous apporter notre lot de titres particulièrement plombés au milieu de tempos rapides et parfois intenses !
En clair, n’allons pas croire que Mille et Ventor, à bientôt soixante balais, vont calmer leurs propos, loin de là. Toujours ce bon vieux thrash metal en mode Deutsche Qualität tout ce qu’il y a de plus traditionnel, mais agrémenté quelques rémininscences impalpables de death mélo typiquement Göteborg par ci (“Seven serpents”), un rien metalcore par là (“Satanic anarchy”), ou faisant presque sonner un “Tränenpalast” comme de l'Arch Enemy, titre sur lequel la délicieuse Britta Görtz (Chaos Rising, Hiraes, ex-Cripper, ex-Critical Mess) vient pousser quelques gueulantes que ne renierait pas Angela Gossow herself ! Et puis ? Si tu cherches à chasser le naturel, il reviendra vite fait au riff galopant : c’est ainsi que “Barbarians”, “Blood of our blood” et “Combatants” nous rappellent les meilleures heures de Kreator, titres qui auraient pu avoir leur place sur une éventuelle reissue des albums composés entre 1986 et 1990 sans que quiconque ne trouve à redire quoi que ce soit.
C’est ensuite que revient un retour à la dynamique des premiers titres de cet album que se présente un “Psychotic imperator”, un des deux titres qui dépasse de peu la barre des cinq minutes, une composition plus mélodique sur lequel les deux guitaristes se font plaisir. Et vient un “Deathscream” qui nous colle des accélérations dantesques avec un côté un peu plus death metal qu’à l’accoutumée pour Kreator, pour une intensité dévastatrice et du riff bien saignant. Et que dire de “Loyal to the grave”, titre qui clôt divinement l’album avec quelque chose de plus épique, orchestral et tout en puissance, qui pourrait presque faire office d’hymne pour le groupe ?
Définitivement, Kreator arrive à nous surprendre sans pour autant se renier. Difficile de comparer ce “Krushers of the World” avec ce que le quatuor a proposé par le passé mais reste identifiable dès le premier riff et surtout dès la première gueulante du chanteur.
Inutile de crier à la trahison, Kreator aime se renouveler tout en restant fidèle à lui-même. Une belle évolution, sans être une revolution. Et en ça, une nouvelle fois : bravo !
La vie d’un responsable de webzine n’est pas toujours de tout repos !
Par exemple, l’autre jour, j’ai demandé, un à un, à l’ensemble de ma team si, éventuellement, un d’entre eux était volontaire pour chroniquer le dernier album en date de Soulfly, “Chama”.
Les réponses ne se sont pas faites attendre : on passera sur les quelques uns qui n’ont jamais vu/lu/ghosté le message, d’autres qui avaient piscine ou aqua poney, certains prétextaient qu’ils avaient déjà une dizaine d’albums à chroniquer pour avant-hier… il y en a même un qui s’est mis à pleurer en me demandant “Mais pourquoi moi ? J’ai rien fait…”.
Forcément, devant un tel succès, je m’en suis chargé personnellement !
Il faut dire que les deux derniers albums en date, “Ritual” (2018) et “Totem” (2022), m’avaient laissé de bons souvenirs tant ils se sont montrés percutants.
Là, franchement, ma team a eu le nez creux et n’a pas vraiment voulu décrire objectivement ce nouvel et treizième album de Soulfly.
Et là, pour le coup, et ça me fait assez mal de le dire, la plus grande qualité de cet album est… sa longueur ! Que 32 minutes !
Et clairement, il n’y aurait pas eu besoin d’un titre de plus s’il avait été du même acabit que certains ici présents.
Déjà, ça commence de façon poussive avec un “Indigenous inquisition” renfermant certes de bonnes sonorités tribales mais qui semble ne pas trop savoir où aller.
S’ensuit “Storm the gates” qui renvoie à ce que Soulfly fait depuis ses débuts, mais avec tout ce qu’il y a non seulement de plus prévisible mais on a beau chercher une quelconque saveur…. Ben y a pas !
On repositive un peu lors d’un “Nihilist” qui titillé quelque peu la curiosité de par la présence de Todd Jones (Nails) au chant.
Pour la faire courte, les titres “Black hole scum”, “Chama” et “Always was, always will be…” ne font pas non plus avancer le schmilblick : les sempiternels riffs accordés très bas et le chant caractéristique de Cavalera ne suffisent pas à sauver la platitude de ces compositions.
En revanche, il y a bien quelques titres qui sauvent l’ensemble : “No pain = no power” avec les chants combinés de Gabe Franco (Unto Other) et Ben Cook (No Warning) ainsi que les guitares de Dino Cazares (Fear Factory, Asesino), “Ghenna” avec les guitares acérées de Michael Amott (Arch Enemy) ou “Favela / Dystopia” se montrent particulièrement mordants et dignes des albums précédents.
Mais on ne va pas se mentir, cela fait trop peu pour sauver l’album ! Soulfly nous a habitués à beaucoup mieux.
Pour ma part, je retourne écouter “Prophecy”, “Dark ages”, “Ritual” et “Totem”.
Quant à ce “Chama”, je vais aller l’offrir à Ti-Rickou, uniquement parce que qui aime bien chatie bien, et j’aime beaucoup Ti-Rickou !!!
Tracklist :
Indigenous Inquisition (2:01)
Storm the Gates (2:41)
Nihilist (2:46)
No Pain = No Power (3:57)
Ghenna (1:55)
Black Hole Scum (4:30)
Favela/Dystopia (3:18)
Always Was, Always Will Be… (3:27)
Soulfly XIII (Instrumental) (3:43)
Chama (4:09)
Note de la SoilChroniqueuse (GothicMelody) : 7,5/10
Blackbriar est de retour avec un album intitulé « A Thousand little Deaths« . Après plus d’une décennie de carrière, le groupe a développé un univers bien à lui de metal gothique dans une ambiance victorienne où l’amour, la mort et les choses sombres de la vie ont une grande place. Certes, le groupe utilise quelques éléments du metal symphonique dans ses chansons, mais il se rapproche beaucoup plus d’un groupe comme Theatre of Tragedy (pionnier du metal gothique) que d’un groupe comme Ad Infinitum (metal symphonique), par exemple. Au niveau des thèmes, c’est purement gothique, musicalement, il est vrai que la nuance et la frontière entre les styles peuvent être faibles, mais elles sont bien là.
Après cette petite mise au point, il est temps d’entrer dans le vif du sujet : l’opus comporte dix titres. Le premier morceau « Bluebeard’s Chamber » nous plonge directement dans l’ambiance du groupe. La voix cristalline de Zora contraste avec la musique plus lourde et sombre. J’ai apprécié les changements de rythme, et il y a aussi de la nuance dans le chant, c’est bien dosé, et la structure du morceau et le refrain restent bien en tête.
« The Hermit and the Lover » est aussi un titre qui reste bien en tête, avec son refrain qui est bien marqué. Il y a des éléments de metal sympho qui rendent vraiment bien et qui donnent un côté encore plus mélodique au morceau, tout en ayant des riffs de guitares plus heavy et une batterie bien présente.
J’ai bien aimé le titre « My Lonely Crusade » qui a un côté un peu plus heavy par moments, et les couplets sont un peu plus rythmés et marqués. Il y a un contraste avec le refrain qui est un peu plus aérien, mais le titre est globalement bien entraînant et intéressant à écouter.
« Floriography » est un single choisi pour représenter l’album. Il a une ambiance sombre à souhait qui contraste avec la voix aérienne et envoutante de Zora. C’est un titre qui est un peu plus lent, mais qui montre bien l’univers du groupe. C’est bien mélodique, avec une ambiance un peu films d’horreur tout en étant à l’époque victorienne, enfin c’est la sensation que j’ai eue en écoutant le titre.
Un titre que j’ai eu facilement en tête et que j’ai apprécié est « The Catastrophe That Is Us ». Le début où le clavier entoure comme un écrin la voix de Zora, puis le reste des instruments qui font de même, c’est vraiment magnifique et bien pensé. Il y a de jolis contrastes avec un passage plus intense et l’on retrouve ensuite ce côté plus mélodique et aérien jusqu’à la fin du morceau.
« Harpy » conclut l’album. C’est un titre dans la même veine que le reste de l’album, mais je l’ai trouvé un peu moins intéressant que les autres. Il a une atmosphère intéressante et musicalement ça passe bien, mais j’ai un peu moins accroché à certains passages.
« A Thousand little Deaths » est un album qui est bien fait. Il y a de très bons titres, certains restent facilement en tête et l’ensemble est agréable à écouter. Ce que je trouve dommage avec ce genre de metal, c’est que les morceaux restent un peu tous dans la même veine, alors qu’il ne suffirait de pas grand-chose pour qu’ils aient chacun une vraie atmosphère précise tout en ayant une cohérence entre eux. Cette petite différence pourrait aussi permettre de donner un petit quelque chose en plus à l’album, et il pourrait se démarquer davantage des autres albums et encore plus des concurrents, même si le groupe a son style un peu à part. Hormis ce détail, qui est mon avis personnel, Blackbriar nous délivre un album de qualité.
Il plaira aux fans du groupe, aux amateurs de metal gothique, mélodique, symphonique avec un penchant pour les thèmes sombres, et pour les curieux qui veulent découvrir le groupe, je recommande cet album.
Tracklist :
Bluebeard’s Chamber (04:48)
The Hermit and the Lover (04:35)
The Fossilized Widow (04:05)
My Lonely Crusade (03:41)
Floriography (04:08)
The Catastrophe That Is Us (03:51)
A Last Sigh of Bliss (03:47)
Green Light Across the Bay (04:29)
I Buried Us (04:13)
Harpy (04:34)
Ce matin en passant devant une boulangerie, je me suis fait la réflexion qu’à défaut de trouver un croissant digne de ce nom, j’écouterai bien le dernier single de Vader.
Au moins, là j’en ai pour mon appétit…finalement, non.
Les trois titres sucrés et gras de la plateforme consacrée ne suffisent pas à me rassasier les oreilles tant leur qualité est élevée.
Et Merde ! Je m’attendais à quoi au juste ? Vader, quoi !
Bien burné, propre et crade à la fois avec ce petit glissement de fin de portée significatif de leur jeu.
Ce glissement qui leur à d’ailleurs valut quelques déboires dans le passé de leur folle jeunesse… mais ça c’est un autre abîme.
Qu’est-tu veux que j’en pense à part ben comme toujours, c’est impeccable même s’ils sont plusieurs ?
J’adooore découvrir de nouveaux groupes et on est d’accord que les vieux qui roulent, même pas en chaise roulante, n’ont plus rien à prouver.
Mais bon, c’est agréable de se laisser tomber dans le confort d’un fauteuil défoncé qui sent le cuir rance et le tabac.
Il est élimé, mais on le connaît et on aime sa fiabilité réconfortante. Vader c’est pareil. Y a plus frais, plus jeune, plus propre et certainement moins ambigu, mais putain que c’est bon !
En Pologne, il y a des trucs bien si on cherche.
Non, pas le climat, non, pas la politique surtout et non, pas l’ouverture d’esprit qui va avec l’exemple précédent, mais la musique…Vader ou Behemoth !
J’ai vraiment besoin d’expliquer ? Je pense pas.
Un shot d’alcool de patate, plus connu sous le nom de Vodka, et hop j’attends l’album.
Nasdrovia ! Oui, ça vaaaa, je sais que c’est du Russe !
Les polonais trinquent aussi comme ça.
Tracklist :
Genocide Designed (3:36)
Rampage (2:01)
Unbending (Mystic Festival Anthem 2025) (3:39)
Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8,5/10
Parmi la galaxie des groupes qui émaillent le ciel du monde metal, il y en a deux, qui dans mon cœur, sont à part, de par leur classe. Dark Tranquility et Paradise Lost.
Cela tombe bien, car ces derniers viennent de sortir un nouvel album nommé « Ascension », et il est top.
D’abord, on y retrouve la griffe de leurs albums des 90es mélangée avec ce qu’ils font depuis quelques années.
Et cela, fait du bien.
Sacrés contrastes entre les parties doom où surgi le growl death et les passages mélodiques. Ces derniers sont teintés de mélancolie et d’une certaine solennité au détour de certains titres comme « Lay a Wreath Upon the World », un doom à « leur sauce », entre dark et gothic metal où tu te dis « ces mecs sont bons » !
Outre les variétés d’expression du gosier de Nick Holmes (“A Life Unknown”), ils savent jouer à merveille des contrastes qui font monter la pression en posant sur leurs compositions un voile tragique empreint de gravité (“Salvation”).
J’aime aussi le jeu de la guitare solo, qui égrène parfois de son sceau omniprésent, ses gammes comme autant d’effluves sonores. En un mot comme en deux, elle s’amuse de temps à autre à s’exprimer sans s’arrêter.
Il y a certains titres qui font penser à Type O Negative (“A Life Unknown”, “Diluvium”) et puis cette composition nommée « Silence Like the Grave » qui sort du lot, car elle commence en acoustique pour ensuite « enfler » et prendre du relief ; en riant, je me suis dit « on dirait les Pink Floyd du doom goth ! » .
Enfin, pour compléter le tableau, il y a la puissance de leur musique.
Franchement, des morceaux très metal/heavy comme « Sirens », ou le début de « Serpent on the Cross » font du bien à entendre, car au niveau impact, ça donne !
Alors ok, Paradise Lost fait… du Paradise Lost.
Mais ils sont toujours inspirés et savent poser sur leur musique des atmosphères qui leur sont propres.
Et puis, petite aparté, j’aime quand la voix de Nick mute en mode « agressif ».
Un excellent album qui tient ses promesses.
Merci les gars !
Tracklist :
Serpent on the Cross (6:12)
Tyrants Serenade (4:20)
Salvation (7:07)
Silence like the Grave (4:46)
Lay a Wreath upon the World (4:51)
Diluvium (5:47)
Savage Days (3:54)
Sirens (4:46)
Deceivers (3:37)
The Precipice (5:42)