Waxen – Die Macht von Hassen

Waxen – Die Macht von Hassen

Note du SoilChroniqueur (Fast Freddy) : 6,5/10

Homme aux multiples projets, qui a trainé ses guêtres dans un nombre incalculable de groupes et probablement aux multiples personnalités également, Toby Knapp est Waxen à lui tout seul ! Nul besoin d’être mal accompagné, Toby se charge de tout et navigue seul dans les méandres du Black Metal depuis bientôt une vingtaine d’années ; il nous concocte là un sixième opus tout droit sorti de ses méninges probablement tourmentées, si l’on en juge à l’ambiance on ne peut plus sombre, complexe et triturée qui se dégage de la trentaine de minutes des cinq titres de Die Macht von Hassen, qu’il te faut éviter d’écouter les soirs de grande déprime !

Titre éponyme de l’album, le premier morceau est un condensé de tout ce qu’on retrouve dans le Black Metal un tantinet old school : un tempo rapide assuré par un martèlement incessant de caisse claire, des riffs assez simples répétés à l’envi, une construction musicale parfois désarçonnante pour ne pas dire surprenante, le tout saupoudré d’une voix railleuse et criarde dont la mélodie (si si) est parfois accompagnée par une guitare qui donne dans les aigus, conférant à l’ensemble une ambiance malsaine, voire dérangeante !
« God of All Endings » poursuit dans ce registre avec un rythme plus rapide enclenché dès une dizaine de secondes de guitare au son clair. Là encore, la voix qui semble plus en arrière-plan n’en est pas moins interpellante, celle d’un écorché vif te vomissant au visage toute la haine qui est la sienne, avec une hargne qui ne te donne en aucun cas une quelconque envie de répondre.

« Those Reviled » offre une construction musicale des plus déstructurées avec une large part instrumentale pendant la moitié du morceau et surtout ponctuée par plusieurs soli plutôt clairs et sonnant Metal plutôt que Black, laissant donc transparaitre des influences multiples que l’on retrouve également dans « Your Kingdom Will Bleed », avec notamment quelques riffs thrashisant en fin de morceau ! Pour le restant, rien de neuf par rapport aux morceaux précédents, tentative d’accaparation permanente de ton âme à travers un Black qui ne laisse ni le temps pour respirer, ni pour voir arriver le déluge de riffs et de voix entremêlés qui essaient de tourmenter ton esprit pour mieux le posséder ! A noter que la basse semble absente des compositions ou alors très (trop) lointaine pour que l’on en perçoive toute la portée… Peut-être est-ce dû au style voulu, ou à une production aux moyens comptés !

Au final, un album dont les compositions sont plutôt riches, si l’on se dit qu’elles ont germé dans la tête d’un seul homme, tant pour leur création que leur interprétation, avec des changements de tempo variés parfois surprenants, et tout ce qui fait que le Black old school imprègne pleinement chaque titre de ce sixième opus, qui mérite qu’on lui accorde une oreille !

Tracklist :

01. Die Macht von Hassen (06:39)
02. God of All Endings (04:12)
03. Those Reviled (05:35)
04. Your Kingdom Will Bleed (07:51)
05. Holocaust Lights (06:10)

Deezer
Myspace
Bandcamp

Spotify

Pantheon – Empire in ruin

Pantheon – Empire in ruin

Note du Soil Chroniqueur (Fast Freddy) : 7,5/10

Des groupes nommés Pantheon, ce n’est pas ce qui manque ! On en trouve en Californie, en Oregon, au Texas, en Arizona mais celui dont il est question ici nous vient du fin fond de l’Arkansas du côté de Little Rock ! Après Age of Wolves un tout premier album sorti en 2020, voici nos quatre américains de retour avec une deuxième galette qui, s’ils sont fidèles à eux-mêmes, devrait nous défriser les moustaches ! Voyons donc sans plus tarder !

Le premier titre du LP, « Head on a Stick », annonce la couleur ! Après l’audio d’une scène qui s’apparente à un meurtre, le morceau démarre avec un riff façon marteau-piqueur suivi d’un cri de terreur pour ne jamais fléchir si ce n’est légèrement ralentir à deux reprises à la faveur d’un break bien amené pour finir, vous l’aurez compris, par mettre une tête au bout d’un pieu ! Tout un programme qui va tourner autour de la mort sous toutes ses formes mais surtout de celle qui fout le miquettes !

https://youtu.be/D7Qo8Scs1yY

« Man-Infestation », après une intro aux riffs clairs, sonne plus Death (oui c’est possible) en particulier au moment du refrain ! Là aussi un break intéressant suivi d’un solo assez court puis un autre break plus loin complète la composition de ce titre qui donne un panel conséquent de Metal à l’ensemble, le tout avec une puissance certaine !
Les deux titres suivants restent sur un tempo lourd et puissant assuré par un duo basse-batterie solide de chez solide et avec un chant qui ne l’est pas moins, tantôt Death, tantôt Black, parfaitement en phase pour évoquer des sujets aussi romantiques et fleur bleue que la décomposition cadavérique ou encore la noirceur des profondeurs des ténèbres !
Un riff plutôt martial démarre « Slit the Throat » avant que la voix tout en growl donne l’ambiance -qui ne tranche pas avec le titre bien au contraire -, comme évoquant le dernier souffle d’une victime et le gargouillis du sang sortant de sa gorge fraichement tranchée ! Arkansas profond vous dis-je !

Le tempo un peu plus lent de « Venomous Mortality » nous ferait presque souffler un peu avec un riff mélodique intéressant et de bonne facture, qui donne une allure de parenthèse enchantée si je puis dire au vu du thème abordé, qui tourne encore et toujours autour de la mort ! Ceux qui n’en ont pas profité replongent donc sans halte dans l’ambiance dans laquelle l’album nous a bercée depuis le début avec « Eviscerate Desecrate Cremate » et « Death in the Air » avant que le dernier morceau ne finisse sur une note blasphématoire dans les paroles, sur un tempo et une mélodie Death presque Melo avec une voix qui n’est pas sans rappeler celle de Johan Hegg des Vikings d’Amon Amarth !

Pas de faux pas dans cet album puissant et lourd à souhait, tant dans les compositions rendues massives à tel point qu’un LP dans la poche t’empêcherait de remonter à la surface du lac dans lequel tu serais tombé que dans la manière crue d’aborder des sujets tous plus sombres et morbides les uns que les autres ! Des touches de Thrash (pas beaucoup) et de Black mais l’ensemble sonne clairement Death, un Death bien fagoté se basant sur des riffs et des mélodies prenantes, un tempo d’enfer à coups de basse-batterie, cette dernière non avare de double-pédales et un chant varié qui ne souffre d’aucune légèreté !

N’hésitez pas à y jeter une oreille, pas sûr qu’elle vous revienne en état !

Tracklist :

01. Head on a Stick 04:59
02. Man-Infestation 04:41
03. Penetration of Maggots 04:20
04. Absence of Light 04:56
05. Slit the Throat 03:46
06. Venomous Mortality 03:15
07. Eviscerate Desecrate Cremate 05:44
08. Death is in the Air 04:31
09. Blood the Bible Bleeds 05:20

Facebook
Bandcamp
Youtube

Antrisch – Expedition II : die Passage

Antrisch – Expedition II : die Passage

Note du SoilChroniqueur (Ymir) : 8.5/10

Les allemands nous délivrent leur premier méfait, après un EP sorti en 2021. Ce premier album est d’un cru excellent.

Une ambiance sombre et dérangeante dans les grands glaciers du Nord, voilà ce que vous propose Antrisch. La pochette est sans équivoque, un capitaine au premier plan visiblement coincé dans la glace, derrière lui son navire où d’autres hommes, probablement son équipage, s’affairent. L’artwork nous donne le ton.

L’album débute sur une intro avant de faire déferler toute l’angoisse, le désespoir et la panique d’une nature plus forte que l’homme, d’une impuissance totale contre ces éléments naturels.

L’essence de tout l’album tient en ces quelques lignes. Le tout est très bien maîtrisé, le chant est clair, empreint d’émotions que le vocaliste sait nous faire véhiculer au travers de sa voix, accompagné parfois de riffs lancinants renforçant un sentiment d’impuissance comme sur le titre « Whanrationnen ». L’ambiance des séries telles que « Terror », ou les inspirations Lovecraftiennes sont au rendez-vous.

La teneur de cet opus ne sera pas joyeuse, la mort sera votre compagnon de voyage, et les engelures vos meilleures amies pour un tourment sans fin dans les contrées glacées. Le chant en allemand renforce cet aura de mysticisme autour de ces banquises abritant sûrement quelques monolithes maléfiques…

Un album d’une grande qualité qui sait faire voyager l’auditeur tout au long de ce périple tortueux, comme un pèlerinage dans la douleur… « Ultima Ratio », vous fera pousser des hurlements en chœur avec notre ami Maurice.

Une outro qui se veut fidèle au thème choisi avec des coordonnées qui ne sont pas sans rappeler le fameux bip correspondant à celles situées proche de l’Antarctique où Lovecraft avait relaté que le grand ancien Cthulhu dormait.

Un album qui n’est pas sans rappeler de formidables formations dont la plus évidente est The Great Old Ones, mais aussi Xasthur, où même Blut Aus Nord sur certains passages presque hallucinés, sans en devenir une pâle copie.

Tracklist :

1 Festgefroren – Packeisfalle
2 Wahnrationen – Saturnusparusie
3 In Perpetuum – Ewiger Schlaf im ewigen Eis
4 Vltima Ratio – Antropophager Frühling
5 Exodus | Tundrataumel – Croziers Bürde
6 68° 15′ N 98° 45′ W – 68° 54′ N 98° 56′ W

Facebook
Bandcamp
Instagram
Spotify
Deezer
Applemusic
Youtube

Inverted Saint – Book of Apocalypse

Inverted Saint – Book of Apocalypse

Note du SoilChroniqueur (Seblack) : 8/10

Premier album pour ce quintet allemand formé en 2021 et officiant dans un Black Metal aux très forts relents Thrash. De l’artwork à la musique, Inverted Saint s’inscrit assez clairement dans un esprit assez old school. Ça va vite, ça tape dur, ça parle de fin du monde, il ne s’agit donc pas de traîner en route. Du coup, tous les morceaux sont rondement menés et tournent autour de trois minutes, en mode tabassage.
Mention spéciale à Jan Berberich dont les soli bien thrashy apportent à la musique cette nervosité et ce coté malsain. Le son parvient à trouver un bon équilibre entre coté old-school et modernité.

Alors certes, ce Book of Apocalypse ne réinvente pas la poudre, et ce n’est certainement pas son intention d’ailleurs, mais reconnaissons qu’Inverted Saint sait la faire parler.
Du premier morceau “Inversion” au dernier “ Become a God”, le groupe ne desserre jamais son étreinte, avec des rythmiques nerveuses et un chant écorché bien malsain.
Si on devait relever un bémol, ce serait peut-être le coté un petit peu linéaire de tout ce déchainement de fureur ; mais l’album tenant en trente petites minutes, cette impression reste assez modérée.

Mené tambour battant, Book of Apocalypse dispose donc de bons arguments pour plaire aux amateurs de Black-Thrash old school. Ressortez vos bracelets à clous !

Tracklist :

1. Inversion (01:10)
2. Incarnation of Truth (02:37)
3. Gift of Corruption (03:44)
4. Servants of the Flame (03:55)
5. Between Adam and Eve (03:10)
6. Everything Turns Torn (03:27)
7. Crush on Fanatism (03:13)
8. Sign of Arrival (03:15)
9. Deliver Us to Evil (03:27)
10. Become a God (03:00)

Bandcamp
Deezer
Facebook
Site Officiel
Instagram
Youtube

Midnight Betrothed – Death… My Faithful Bride

Midnight Betrothed – Death… My Faithful Bride

Note du SoilChroniqueur (Seblack) : 7,5/10

Tiens, un autre one man band australien. Celui-ci, c’est Midnight Betrothed, orchestré par The Seer, qui officie (ou officiait?) déjà dans divers projets (Lament in Winter’s Night, Vrörsaath …). Death…My Faithful Bride constitue son deuxième album, toujours chez Northern Silence Productions. Pour les infos, ce sera tout, car mis à part la page Bandcamp, de l’album, The Seer cultive un épais mystère, oui cela fleure bon l’underground.
Tout comme son prédécesseur, cet album risque de ne pas laisser indifférent les quelques individus qui porteront une oreille dessus. Quelques-uns risquent de se gausser à l’écoute de ce Black très Dark au romantisme suranné et au son disons… un peu lointain.

Tout commence par une mélodie de piano avec le titre éponyme. Classique comme introduction. Ce qui l’est moins, c’est l’effondrement du son qui va suivre. D’habitude les introductions au piano servent à préparer l’arrivée de la grosse cavalerie ; eh bien là, c’est plutôt l’inverse, comme si le sol s’ouvrait sous vos pieds et que vous vous retrouviez dans une tombe. Pour y entendre quelque chose, il m’a fallu parfois monter un peu le volume de cette musique enrobée de piano et de claviers, parfois un peu kitsch, il faut bien le dire. On y retrouve une guitare un peu lointaine, une batterie sèche comme un coup de trique et un chant vraiment très raw.
Pour un peu, on a presque l’impression d’un voyage dans le temps, dans les années 90, où beaucoup de groupes s’essayaient, avec plus ou moins de succès, à créer ces atmosphères de cimetière, à la fois lugubres, gothiques, vampiriques et romantiques.
Death…My Faithful Bride ne manque pourtant pas de charme. Les mélodies mélancoliques de « The Shadow of your Memory » ou de « Tabula Rasa » s’avèrent plutôt prenantes. Dans ces paysages bien sombres « A Rainy Day in the Middle of February » dépareille par un côté plus enjoué bien que teinté de nostalgie.

Alors, il est bien certain que ce second effort ne s’adresse pas à toutes les oreilles. Toutefois, passé le premier effet de surprise, j’ai trouvé que la musique de Midnight Betrothed possédait un certain cachet. Un album loin d’être déplaisant.

Tracklist :

1. Death…My Faithful Bride (1:32)
2. The Shadow of your Memory (When you Held Your Hand in Mine). (06:41)
3. A Rainy Day in the Middle of February (06:49)
4. Tabula Rasa (06:29)
5. Julianne (08:44)
6. My Flesh…In Humble Servitude (06:20).

Bandcamp