Note du SoilChroniqueur (Erikillmister) : 6/10
Décidément, rien n’est jamais simple avec Jeff Waters !
Alors qu’on croyait depuis une petite dizaine d’années le line-up d’Annihilator un brin stabilisé avec notamment l’arrivée au chant de Dave Padden, voilà que le guitariste nous fait le coup du « on efface tout et on recommence », en dépit du très bon accueil qu’avait reçu « feast » précédent enregistrement du groupe canadien. C’est donc aidé du seul Mike Harshaw (drums) que Jeff Waters, pris d’une soudaine crise de mégalomanie, s’est attelé à la conception de « suicide society », assurant, l’écriture, la production, les parties de guitares…et celles de basse…Excusez du peu !
Jeff Waters au chant ?
Ça nous ramène malheureusement vers la noire époque de « refresh the demon » et « remains » les pires albums de la conséquente discographie d’Annihilator. Bon, on n’en est quand même pas à ce point avec « suicide society », l’emblématique Waters ayant, dit-on, pris quelques cours de chant (d’ailleurs les parties vocales sont mêmes plutôt bien assurées), mais à tout vouloir faire soit même, on commet invariablement des erreurs. Ce qui frappe d’emblée l’auditeur, c’est le manque flagrant de ligne directionnelle dans la construction musicale des morceaux. Certes ce qui fait l’originalité d’Annihilator est présent, mais cette fois on à plutôt l’impression que le manque d’inspiration de Jeff Waters fait que ça part un peu dans tout les sens.
« The one you serve »et « death scent » sont de grosses allusions à Megadeth (tiens un groupe également dirigé par un despote), alors que la section rythmique de « my revenge » et « break enter » lorgneraient plutôt du coté des premiers Metallica. Comme de coutume, Annihilator ajoute également quelques bribes de prog tentant de faire sonner « narcotic avenue »et « creepin’ again » un peu (mais alors vraiment un peu …) comme Dream theater, « suicide society » étant pour sa part un poil plus nerveuse. Heureusement « snap » relève un peu le niveau de l’ensemble, du fait de son intro avec son faisceau de chœurs symphoniques (on pourrait presque entendre Asia !)
Sa ligne de basse entêtante, et son riff ravageur. Quel dommage que toutes les compositions de « suicide society » ne soient pas allées dans cette direction ! La touche finale de cet opus sera faite à l’ancienne sous la forme d’une power ballad insipide, pâle copie de ce qu’a pu faire Metallica, Testament ou bien encore Megadeth, se contentant d’accumuler les clichés maintes fois vus et revus.
Un gros cran en dessous de son prédécesseur « Feast », « suicide society »ce n’est cependant pas nullissime, mais seulement médiocre. Quand on connaît le talent de Jeff Waters, on est en droit de dire qu’il ne s’est pas trop foulé. C’est malheureusement une constante chez le musicien canadien, nous ayant habitué à faire le yoyo, la carrière d’Annihilator étant autant jalonnée de pépites (« Alice in hell », never neverland ») que de gruau infâme (Remains »)
Tracklist :
1. Suicide Society (3:50)
2. My Revenge (5:06)
3. Snap (4:54)
4. Creepin’ Again (4:16)
5. Narcotic Avenue (5:19)
6. The One You Serve (5:45)
7. Break, Enter (5:47)
8. Death Scent (5:11)
9. Every Minute (5:00)
Site officiel : http://www.annihilatormetal.com/
Myspace : https://myspace.com/annihilatorofficial
Facebook : https://www.facebook.com/Annihilator-9614139730/timeline/








