A la vue de l’artwork, on se demande si ce nouvel et 23e album des vétérans anglais de Wishbone Ash, avec quand même cinquante années de carrière, n’allaient pas évoluer entre un croisement du “Blazon stone” de Running Wild et du “Lionheart” de Saxon…
Et je suis bien placé pour le savoir : 50 ans, ça se fête !
Nos septuagénaires sont toujours particulièrement créatif et ce “Coat of arms” mettra d’accord tous les fans du groupe : la recette Wishbone Ash semble toujours être parfaite. Les guitares nous enchantent toujours autant malgré l’arrivée d’un petit nouveau “d’à peine 40 ans” en 2017 en la personne de Mark Abrahams remplaçant magistralement un Muddy Manninen pourtant présent depuis 2004.
Et la complicité avec le vétéran Andy Powell ne tarde pas à se faire entendre : les jeu des guitares doubles est absolument excellent, permettant au groupe de se fendre de superbes envolées sur bon nombre de titres.
Le groupe oscille entre tout ce que le rock peut nous offrir, allant du hard rock bien lourd et énergique (We stand as one”) au juste bon rock (“Coat of arms”, Drive”, “Too coll for AC”, le plus nerveux “Back in the day”, When the love is shared”) en passant par des envolées plus folk (“Empty man”, le lent “Déjà-vu (consider me now)” ) ou aux ballades bien sucrées (“Floreana”, “It’s only you I see” et son final formidable sur lequel les guitaristes s’en donnent à cœur joie), et pour finir tout tranquillement avec un calme « Personal Halloween ».
“Coat of arms” se veut être un parfait album pour tout amateur de bon vieux hard rock, et surtout pour tout fan de Wishbone Ash qui montre qu’ils en ont encore suffisamment sous la semelle pour nous surprendre encore une fois.
Et vivement la tournée au printemps prochain pour montrer que, sur scène, ils tiennent la dragée encore haute face au formations plus récentes !
Tracklist :
01 – We Stand As One (4:16)
02 – Coat Of Arms (7:55)
03 – Empty Man (5:17)
04 – Floreana (5:14)
05 – Drive (4:55)
06 – It’s Only You I See (7:35)
07 – Too Cool For AC (4:51)
08 – Back In The Day (4:46)
09 – Deja Vu (Consider me now) (4:07)
10 – When The Love Is Shared (4:21)
11 – Personal Halloween (5:38)
12 – Latitude (Instrumental) (2:30) (LP bonus track)
Définition du « coup de cœur » : fascination pour une situation ou une personne.
Origine de l’expression « coup de cœur » : « Le coup de cœur marque une attirance forte et soudaine pour quelque chose ou quelqu’un. Basé sur l’organe des sentiments, le cœur s’agite ainsi face à ce qui nous rend heureux. L’expression n’est pas forcément liée à l’amour. »
Le chroniqueur, même s’il n’est pas un musicien chevronné qui monte sur scène, a quand même un avis et a encore le droit de le donner (n’est-ce pas Olaf ?). Aussi quand on m’a demandé, dans une conversation entre autres passionnés, de résumer en trois mots ce premier album (après un EP) des Lillois de Black River Sons, j’ai dit “Coup de cœur”. Ecouter cet album, c’est un pur régal, un véritable plébiscite pour tout adorateur de bon rock. Des Nordistes qui font dans le rock sudiste, un concept bien sympathique.
On nage dans les eaux d’influences diverses comme Blackberry Smoke, Lynyrd Skynyrd, Govt Mule, The Black Crowes, le Whitesnake d’avant “1987” avec quelques petites touches d’AC/DC ou de ZZTop. Clairement, avec Natchez, Poste 942 et Black River Sons, le rock sudiste made in France a de beaux jours devant lui.
Ça hume bon l’huile moteur, la sueur sous la chemise à carreaux, la clope et le whisky, l’ambiance torride d’un bar du Texas rempli de chevelus et barbus poissants de transpiration à côté d’un billard avec quelques pin up sorties tout droit d’un dessin animé de Tex Avery. La musique de Black River Sons est un véritable hommage à tous ces groupes cités plus haut, la véritable illustration d’un (hard) rock tout en moiteur à l’ambiance torride.
Les guitaristes s’en donnent à cœur joie avec des passages musicaux ouvrant la porte à de furieuses improvisations en live, un chant typé rock sudiste qui nous fait ressentir les émotions qu’il veut, une section rythmique toute en finesse. Et surtout, surtout, des refrains à tomber par terre ! Black River Sons a trouvé la recette pour faire chavirer de bonheur jusqu’au plus difficile des rockers : ce n’était pas facile mais ils y sont parvenus !
Oui, ce “Poison stuff” est un putain de coup de cœur par un putain de groupe qui nous fait vivre, le temps de dix titres, un putain de moment de rock ‘n’ roll ! Le Nord ne nous avait plus sorti un tel monument de rock depuis un certain “Live” de Stocks !
Bravo Messieurs !
Tracklist :
1. Spill your Guts (4:35)
2. Born Again (5:13)
3. Poison Stuff (5:59)
4. Loaded Gun (3:48)
5. Charcoal’s Blues (4:16)
6. Can’t Be True (5:00)
7. I Remember (6:06)
8. Messin’ Round (6:44)
9. Way of Life (4:01)
10. Wheels of Fortune (7:15)
On va passer très rapidement sur la brouille qui oppose les deux frangins Robinson, au point que ça a fait capoter les excellent The Black Crowes, mais il faut reconnaitre que le nouveau groupe du Rich, épaulé par deux comparses de son ancien groupe (Marc Ford et Sven Pipien), en est la digne suite.
Il y a un an, The Magpie Salute nous offrait son premier volet de “High water” (qui faisait suite à un album éponyme enregistré en public) et, s’il ne marquait pas les esprits de par son originalité, il le faisait par sa qualité. A peine 14 mois plus tard arrive ce deuxième volet et il n’a pas fallu beaucoup d’écoutes pour qu’il me soit totalement addictif ! C’est bien simple : douze titres, douze pépites.
A la base, les deux volets devaient sortir en une fois, sous la forme d’un double album, mais en lisant une interview, on voit que Rich Robinson admettait qu’après réflexion, ce serait beaucoup à digérer en une fois pour l’auditeur, c’est là qu’est venue l’idée de sortir deux albums distincts en deux ans. Inutile de préciser, dans ces conditions, que le deuxième volet reprend les choses là où le premier les avait laissées. D’où une certaine homogénéité entre les deux albums.
Et quelque part, tant mieux ! The Magpie Salute est un sextet de magiciens : chaque musicien a tout compris au rock et nous le distille avec précision et génie. On nage tour à tour dans les eaux du rock sudiste, du folk, de la country, du (hard) rock, parfois même dans des délires jazzy ou psychédéliques. En clair, The Magpie Salute nous offre un condensé de ce que le rock peut nous offrir de meilleur et pousse même l’insolence à nous le jouer comme si c’était d’une facilité déconcertante.
C’est fluide, ça passe comme une lettre à la poste… et ça nous fait chanter les refrains en choeur.
“High water II” est d’une grande richesse, d’une grande variété : il n’y a pas deux titres qui se ressemblent. On passe tour à tour au folk (“In here”), en passant au pur blues (“Where is this place ?”, “You and I”) ou au rock sudiste (“Mother storm”, “Lost boy”, “A mirror”), au hard rock typé seventies (“Sooner or later”, “Gimme something”, “Doesn’t really matter”, “Leave it all behind”)…
The Magpie Salute nous fait voyager dans divers registres et chaque titre rappellera bon nombre de formations diverses : on tourne autour de Lynyrd Skynyrd, Tom Petty, The Rolling Stones, Lenny Kravitz, Aerosmith et autres… sans jamais les plagier : les musiciens sont suffisamment talentueux pour avoir leur propre identité et l’exploitent au mieux !
Et dire que des bruits de couloir font mention d’une reformation de The Black Crowes avec une tournée à la clé en 2020, on peut craindre une mise entre parenthèse – dans le meilleur des cas – de The Magpie Salute, qui serait une sacrée tuile pour le milieu musical tant cette formation est simplement… magnifique !
Tracklist :
1. Sooner Or Later (3:33)
2. Gimme Something (4:05)
3. Leave It All Behind (3:01)
4. In Here (3:22)
5. You And I (3:47)
6. Mother Storm (4:07)
7. A Mirror (4:13)
8. Lost Boy (4:22)
9. Turn It Around (3:55)
10. Life Is A Landslide (4:12)
11. Doesn’t Really Matter (4:29)
12. Where Is This Place (4:11)
Il n’y a pas à dire, cela fait quand même du bien.
Crazy Lixx est un groupe Suédois de Hard Rock officiant depuis 2002 et avec de très bonnes sorties : Loud Minority en 2007, New Religion en 2010 , Riot Avenue en 2012, le très bon Crazy Lixx en 2014, Ruff Justice en 2017 et voici maintenant le sixième Forever Wild publié en Mai 2019.
Quelle est donc la particularité de ce groupe ?
C’est qu’il vous fera prononcer ceci : « Quel est ce groupe ? Attends, je l’ai déjà entendu, ça va me revenir… »
Car oui, bien que l’on écoute pour la première fois Forever Wild, on a quand même l’impression de l’avoir déjà entendu. Il faut dire qu’avec une introduction aussi grandiloquente, avec des chœurs et un fond de guitares pour monter en pression, on se demande de quelle époque est ce live de Scorpions. Ecoutez donc ensuite « Eagle » avec ses couplets qui vous donneront envie de hurler le refrain, car oui, à l’écoute du chant on se rappelle déjà le refrain que l’on n’a pourtant jamais entendu, c’est quand même fort de la part de Crazy Lixx, non ?
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Si vous recherchez de la nouveauté, du jamais entendu, alors passez clairement votre chemin. En même temps, vous ne serez jamais satisfaits pleinement car ne pourrez pas appuyer sur le bouton « Rejouer ».
Aucune surprise sur ce Crazy Lixx, juste un groupe qui joue à la perfection la musique d’une autre époque. Si vous avez un incendie chez vous, que vos vinyles sont perdus, achetez cet album, vous aurez la même magie. Car ce n’est pas seulement la musique, mais aussi le son qui est identique, pas de surproduction comme, malheureusement, c’est trop souvent le cas actuellement.
Tout comme avant. Mince, en disant cela j’ai l’air d’un vieux con… Enfin bon j’assume.
Il faut avouer qu’il est très dur de résister à un « Break Out » et son punch ou encore les douces mélodies des pseudo-ballades comme « Love Don’t Live Here Anymore » et ce final « Never Die (Forever Wild) » vous recolle une pêche monumentale dès les premières notes.
Attention, ce titre est nouveau , vous ne l’avez jamais entendu.
Impossible j’ai une cassette de ce morceau que j’écoutais en boucle quand j’étais gamin.
Et ben non, c’est tout beau tout neuf.
Et qu’est-ce que c’est bon !
Make Rock Great Again
Tracklist:
1 Wicked
2 Break Out
3 Silent Thunder
4 (She’s Wearing) Yesterday’s Face
5 Eagle
6 Terminal Velocity
7 It’s You
8 Love Don’t Live Here Anymore
9 Weekend Lover
10 Never Die (Forever Wild)
Troisième album full length pour le quatuor d’Harrisburg (USA, Pennsylvanie) après les excellents Something Surnatural (2014) et Welcome to Fat City (2016), visiblement, Crobot est totalement incapable de nous sortir un mauvais album !
J’avais des envies de dire des choses négatives, de sortir ma mauvaise humeur conséquente à la fin d’une saison estivale riche en putains de bons souvenirs, pester sur tout et n’importe quoi… Bref, faire mon chieur ! Et j’ai eu la bonne idée de mettre ce Motherbrain dans le lecteur et bim, je me prends 42 minutes d’un Hard Rock bourré d’énergie (positive qui plus est), de titres explosifs aux refrains entraînants, de riffs plombés et de rythmiques fortes.
Pire que ça, cet album me ramène à un superbe souvenir de 2016, quand le groupe s’était produit au Hellfest sur la scène de la Valley. J’en étais ressorti avec la banane tellement j’avais passé un bon moment : comment peut-on faire la gueule en se remémorant un pareil set ? Et là, le petit nouveau : plus sombre, moins bluesy, plus heavy, un côté stoner plus prononcé, un rien plus funky aussi… et surtout plus accrocheur, c’est dire. J’ai beau écouter et réécouter cet album, me remémorer des souvenirs à la con, penser à quelques trous du cul que j’ai eu la malchance de croiser dans ma vie, rien n’y fait, je reste positif : c’est album non seulement est addictif au possible mais empêche toute pensée négative ! Et ce n’est pas faute d’essayer.
Je pourrais dire que 42 minutes, avec cette qualité là, c’est trop court, mais non, j’en arrive à la même conclusion : en mettre plus pouvait potentiellement détruire la cohésion de l’ensemble. Donc ok, ça va de ce côté-là !
Et pourtant, au niveau des lyrics, on nage dans le sombre : quand ça parle des tourments et des luttes de la vie quotidienne, ça ne pousse pourtant pas à l’optimisme. Certes, mais si on regarde bien, les meilleures chansons ont souvent été celles aux paroles les plus pessimistes… Même là, je n’arrive pas à être négatif. Alors il faut se rendre à l’évidence, nous avons là onze titres bien cartons qui passent comme une lettre à la poste, d’une authenticité remarquable, aux riffs puissants, au chant fabuleux, au service d’un album accrocheur et efficace, donnant la sensation que Jorn a rencontré Alice In Chains.
Que demander de plus ?
Et là, du coup, je suis de bon poil ! J’ai rangé ma mauvaise humeur et j’ai la patate pour les quelques semaines à venir. Putain, ils font chier, les Crobot…
Merci du cadeau…
Tracklist :
1. Burn (3:24)
2. Keep Me Down (3:49)
3. Drown (4:01)
4. Low Life (3:36)
5. Alpha Dawg (3:50)
6. Stoning the Devil (4:33)
7. Gasoline (3:34)
8. Destroyer (3:54)
9. Blackout (3:58)
10. After Life (3:50)
11. The Hive (3:57)