Peut-on dire que ce « A Taste Of Hell » est à Dyslesia ce que « Chinese Democracy » a été à Guns n’Roses ?
Non, car le dépassement de budget studio a dû compter de nombreux zéros de moins (d’autant que le groupe enregistre « à domicile », au Studio Noisefirm, à Ambérieu-en Bugey dans l’Ain, où son chanteur Thierry est ingé-son) ! Et surtout, il n’a pas été précédé d’un teasing, aussi indécent et disproportionné, que celui réalisé en son temps par le « sympathique » Axl Rose !
Il a pourtant fallu patienter 14 bonnes années pour accueillir le successeur de « In Veins, Hearts and Minds » (2008), lui-même séparé par 6 ans de « Years of Secret ». Il faut dire que Dyslesia avait démarré sa carrière sur les chapeaux de roues, avec 3 albums et un DVD entre 1999 et 2004. Le tout, entrecoupé d’une activité live des plus intenses, aux côtés de formations références des années 2000, telles que Vanden Plas, Stratovarius, Symphony X, Rhapsody, Rage, Iron Savior…
Et si prêcher la bonne parole en live, un peu partout en Europe, avait été la méthode de Dyslesia pour creuser son sillon, cela avait également provoqué des dissensions entre ses membres de l’époque. Exit Fabrice Dutour (très actif depuis dans Backroads, Megaphone, IDentity, la série d’albums United Guitars) et son compère batteur François « Boom » Brisk (Megaphone, Virus IV, Vital Breath…), éloignement soudain du milieu du Metal du bassiste Sylvain De Nicola. Si bien que François Loprete, son fondateur, et Thierry Lebourg, son chanteur, se sont longtemps retrouvés seuls avec le projet de relancer la machine à un moment donné.
Au fil des années, ils ont appris à apprécier le guitariste Olivier Coulon, dont le groupe lyonnais Mother & Pearl (Groove Metal) a réalisé tous ses enregistrements studio au fameux Noisefirm, et que Thierry a également suivi en ingé-son live sur plusieurs festivals régionaux (Lions Metal Fest, Leymfest, Rock In Frat…). De discussions sur le matos en échange d’albums, l’idée de composer ensemble l’album du retour de Dyslesia s’est imposée. C’est donc une composition à quatre mains et une plume, dont le résultat nous est proposé, fin 2022, sur l’historique label Brennus.
Pour ne pas retarder plus la réalisation de l’album, le trio n’a pas persisté outre mesure dans la recherche de membres permanents, et a privilégié le choix de musiciens de session de haut niveau et sans risques de plantage. L’excellent et technique Morgan Berthet est donc venu interpréter à la batterie sa vision des 10 titres de l’album. Et sa performance, intense et pleine, est ici largement à la hauteur des formations dans lesquelles on a pu l’apprécier par ailleurs (Myrath, Kadinja, Klone, The Mars Chronicles…).
A la basse, un « voisin » du studio, Guillaume Boudou (déjà vu dans Vital Breath, The Mars Chronicles…), a également rempli l’espace sonore de parties de basse au son typique du jeu aux doigts (très rond, on le croirait presque fretless, bavard dans les notes aiguës), volubiles, mélodiques et galopantes.
Ces deux musiciens ne participeront pas à l’aventure live, ils seront suppléés par deux (très) proches du groupe, qui n’ont pas encore été annoncés officiellement.
Bon, au final, cet album si attendu, que donne-t-il ?!
Avant tout, la longue période à disposition a été optimisée pour affiner et peaufiner chaque titre, on a affaire ici à tout sauf un album bâclé, le soin et la composition appliqués transpirent par les pores de chaque partie instrumentale. Ainsi, Dyslesia 2022 n’est pas dans l’esprit de morceaux live, répétés par un groupe dans la moiteur d’une salle de répète. Il nous livre clairement un album typé projet studio, avec un haut niveau technique, deux guitaristes qui se tirent la bourre avec beaucoup de bravoure instrumentale (les deux sont solistes). Leurs joutes les attirent même parfois carrément dans le Metal Progressif (le titre « Selfish » par exemple), et il faut avouer que cela fonctionne et renouvelle le propos pertinemment. Les souvenirs d’une époque où j’écoutais les Dali’s Dilemma, Dream Theater, Circus Maximus, Angra et Symphony X remontent soudainement !
Pour autant, l’ADN Speed / Power Metal de Dyslesia est bien toujours présent, avec par exemple le titre introductif « On The Way to Your Grave », qui assure la transition entre les époques, avec son refrain fédérateur et ses très jolis soli mélodiques. A ce titre, on peut s’amuser à deviner qui a composé quoi, entre un François Loprete « gardien du temple » et des traditions (même s’il est très sensible à l’actualité guitaristique et métallique), et un Olivier Coulon qui amène la tonalité plus sombre de son groupe principal Mother & Pearl, et quelques gimmicks typiques de son jeu dans M&P, qui se marient très bien à l’univers Dyslesia.
Habitués que nous sommes aux cavalcades Speed Metal et au headbanging arrosé à la bière, cet album s’avère un parti-pris artistique fort, en privilégiant des morceaux ultra-composés et une superposition de musiciens très techniques, à une approche plus spontanée, qui fendrait l’armure et laisserait transparaître plus d’émotion et d’humanité.
Cette remarque s’applique à l’identique au chant de Thierry Lebourg, qui bénéficie d’un traitement très travaillé, assez glacé, avec des voix doublées quasiment en permanence, pour un rendu où la recherche de perfection déshumanise, à mon humble avis, la performance. On n’entend pas un chanteur qui nous raconte une histoire avec émotion, les yeux dans les yeux ; l’impression est difficile à décrire, mais à titre personnel je n’ai pas réussi à « associer » le chant au reste de l’album, comme s’il survolait le mix.
La pochette de l’album ne m’a pas convaincu non plus, pourtant elle représente une belle histoire : proposée par le fils d’Olivier, elle a séduit les membres du groupe qui ont laissé sa chance à la jeunesse. A titre personnel, je trouve ces tons marrons pas très vendeurs, et la composition pas suffisamment lisible. On a coutume de dire qu’un bon tatouage doit être suffisamment accrocheur et lisible pour « percuter » à dix mètres au premier regard, sans que le spectateur n’ait à s’approcher en plissant les yeux et en disant « c’est pas mal, mais c’est quoi… ? » ; à mon sens, c’est un peu le défaut de ce visuel, pas très moderne, en-deçà des possibilités de montage qu’un bon Photoshop peut offrir.
Le challenge et les décisions à prendre étaient périlleux. Refaire du Dyslesia « années 2000 » à l’identique pour brosser les fans historiques dans le sens du poil ? Tout changer et créer à partir d’une page blanche, au risque d’avoir à repartir sous un nouveau nom, si l’écart de style était trop grand ? Dyslesia a donc choisi une voix intermédiaire, en basant la prise de risque sur l’ouverture stylistique instrumentale, en bétonnant ses compos avec un niveau technique élevé et un feeling très « studio » ; mais avec une « proposition » artistique qui aura moins touché votre serviteur sur les aspects vocaux, visuels et émotion (le son global est plutôt sec). Attendons donc de voir et entendre comment ce répertoire sera retranscrit en concerts, le passage au live s’avérant un sacré défi !
Tracklist :
1. On The Way to Your Grave
2. Selfish
3. No God To Pray
4. Voices
5. In The Trench
6. Summer 15
7. Spirit Never Die
8. The Lights Of War
9. Deep Ocean
10. The Ending Light
Un peu de power metal en ces temps si tristement dévastés par la COVID (qui nous annule toutes festivités) est toujours le bienvenu. Le groupe normand Hopes of Freedom est de retour pour un nouvel et troisième album, bien sympa, « Light, Fire & Iron » qui a tout d’un bon disque de power : les mélodies joyeuses, les orchestrations bien que discrètes, les solos, la rapidité, les chœurs et une solide qualité d’ensemble. Un grand bravo pour le travail instrumental et mélodique : très bon et propre, comme les précédents albums d’ailleurs.
Mais pour les oreilles affutées d’un amateur de power comme moi, un (gros) bémol est le chant, qui retire des points pour faire de « Light, Fire & Iron » un très bon album de power.
La voix du chanteur est belle et a beaucoup de potentiel mais son chant est mou, peut-être qu’il faudrait qu’il se lâche plus (même les chœurs d’ailleurs), on le ressent bien dans « Delusion ».
Le chant est également beaucoup trop mis en avant.
Dans le power, une règle d’or : le chant, qui était également le point faible du précédent album « Burning Skyfall », ne doit surtout pas faire preuve de timidité pour faire ressortir toute la puissance du power.
Après les goûts et les couleurs ne se discutent pas !
Mon top 3 (pour le côté instrumental) : « Always on Your Side », « A Tale Of Glory (Part II) », et le long titre éponyme “Light, Fire & Iron”.
En tout, nul doute qu’il y a eu un gros travail derrière cet album.
En leur souhaitant une bonne continuation !
Tracklist :
1. Lost Humanity
2. Dragon Order
3. The Heroes Line
4. Freedom For All
5. Delusion
6. Always on Your Side
7. The Ancient And Silent Force
8. A Tale of Glory (Part I)
9. A Tale of Glory (Part II)
10. Light, Fire & Iron
« Le Normand est toujours en deçà de la vérité ; et le Gascon, toujours au-delà. » Proverbe français
Petite dédicace à notre correcteur, qui est tout sauf un vulgaire blanco (attention en cette période de crise toutefois) et qui a la particularité difficilement avouable d’être normand. On recrute vraiment n’importe qui dans ce webzine… Mais en tout cas, à ma connaissance, le webzine est une sorte de grande fourmilière avec un peu de tout dans notre hexagone « adoré », à savoir de l’ardéchois (devinez qui !), de l’alsacien, du Dauphiné, du breton (je vous jure que si), du burgond, du parisien, du lyonnais et même du suisse et de l’algérien ! Alors, si nous pouvons nous vanter d’être un webzine cosmopolite, il n’en demeure pas moins qu’il y a parfois des gens qui vous tirent un immense sourire tant ils vous font respirer leurs terres natales avec une telle authenticité que vous en avez tous les poils du corps qui se hérissent – et je dis bien TOUS les poils. J’ai donc la barbe et la moustache qui frémissent d’extase lorsque le dernier Boisson Divine, fier représentant du peuple gascon, me tombe entre les phalanges ! Je m’apprête, à défaut de boire du petit lait, à déguster cette boisson divine justement que même le nectar des Dieux de l’Olympe envierait. A noter que mes seules références connues de la Gascogne est le chanteur Castelhemis et son morceau fabuleux « 40 Landes » et Mauresca Fracàs Dub.
Pour ceux et celles qui ignoreraient de qui on cause, Boisson Divine est un groupe de Riscle, en terre gasconne. Alors, si vous ne savez pas où se situe Riscle, c’est normal, c’est assez paumé ! Dans le Gers, avec au sud la commune de Maumusson-Laguian, au nord Maulichères, à l’est il y a la commune d’un certain Jérôme, à savoir Cahuzac-sur-Adour, et à l’ouest Saint-Mont (oui, tu ne le savais pas mais il y a bien un saint qui se nomme Mont). En gros, vous allez sur Maps et vous tapez 43° 39′ 27″ nord, 0° 05′ 09″ ouest. Qui aurait cru que cette commune accoucherait un jour d’un groupe aussi reconnu en France, avec trois albums en comptant ce dernier qui est sorti le 27 mai et qui s’appelle « La Halha » ? J’aime beaucoup cette fierté mise en avant, d’appartenir à une plus petite commune plutôt que de toujours chercher à embellir les choses en se faisant passer pour résident d’une grande ville. Au moins ici, l’origine est assumée et cela me plaît beaucoup. Plus encore, cette volonté de parler des traditions plus concrètes du Gers, comme le rugby, la paysannerie, la bonne bouffe et la bonne boisson, etc. me ravit au plus haut point ! Je disais lors d’une précédente chronique qu’il y avait non pas un folk metal mais plusieurs. Et ici, Boisson Divine nous propose de découvrir tout ce qui tourne autour de la Gascogne ! Alors qu’attendons-nous pour faire une ode à ce traditionalisme ? En tout cas, Boisson Divine, sans écouter leur dernier album, a déjà largement mon vote vu que je suis un grand adorateur des traditions françaises et plus particulièrement régionales.
Sur les albums de Boisson Divine, les artworks sont généralement « faits maison », avec un côté personnel et mettant en avant ce qui les anime comme la nature ou les traditions. Ici, nous avons une sorte de croix avec un visage grimaçant, entourée de flammes et plantée dans une sorte de fosse. Le tout est surplombé d’un halo lumineux, d’un ciel nocturne et je pense que le sol est enneigé, mais je n’en suis pas certain. N’étant pas ancré dans ces traditions gasconnes, je ne saurais dire de quoi l’artwork parle mais voyant que le groupe a fait des photos de promotion devant notamment un monticule de pierre d’où semblait sortir cette fameuse croix, j’y vois un lien. Mais tout cela reste hypothétique ! En revanche, j’ai fait des recherches et « Lo Halha » est un feu que l’on allume le 24 décembre en Aquitaine, je vous cite ce que j’ai trouvé sur un site : « Lo Halha de Nadau à Bazas (33) et en Chalosse (40). La tradition veut que, le soir de Noël, le 24 décembre, à la nuit tombée, on enflamme « lo Halha de Nadau », la gerbe de Noël faite de paille et de feuilles de maïs. Les feux sur les hauteurs de Chalosse tracent un chemin conduisant les Rois Mages au berceau du Christ. Dans chaque maison le maître des lieux, accompagné de sa famille, fait le tour de la propriété tenant en main « lo halha » allumée afin de faire fuir les sorciers et les esprits malins, et de s’assurer de bonnes récoltes. Pour porter bonheur à toute la maisonnée, on dépose dans l’âtre » lo soc de Nadau » (la bûche de Noël) qui devra durer jusqu’au 1er janvier ».
L’artwork en lui-même n’est pas hyper attirant mais j’aime bien cette référence, comme tout ce qui est régional et qui a tendance à se perdre avec la modernité. Toutes ces traditions ancestrales m’ont toujours attiré et c’est donc sans difficulté que je m’attelle à l’écoute du CD.
Je ne passerai pas par quatre paragraphes (enfin, rien n’est moins certain) : la musique est énorme. Mais énorme dans le sens incroyable ! Une vraie bouffée d’oxygène, un folk metal aux accents heavy dans la tradition des années 80 avec parfois quelques petites touches de thrash qui donne un regain de pêche à un ensemble déjà plein d’énergie et de fraîcheur.
Pour autant, le folk un peu festif (pour ne pas dire péjorativement pouêt-pouêt) n’avait de grâce à mes yeux que dans le cas de Finntroll, du premier album de Korpiklaani, éventuellement Troll Bends Fir ou Kalevala, mais cela s’arrêtait là. Non pas que je dénigrais ce style mais j’avais un peu de mal à adhérer à l’aspect joyeux des albums. Mais dans le cas de « La Halha« , je me suis pris une grosse claque ! En fait, l’on peut aisément traduire une forme festive dans la musique de Boisson Divine, et ce depuis le premier album, mais il n’en demeure pas moins que certains sujets sont sérieux, ancrés depuis toujours dans les traditions, souvent empreints de superstition et de croyances spirituelles voire ésotériques, et qu’il y a une vraie part de sérieux dans les albums. Et cela, au-delà de la musique que je vais détailler plus bas, j’y suis très sensible et cet album s’annonce comme l’une de mes révélations de l’année, sans aucun doute.
J’ai été très étonné par la propreté du son de l’album, dont en vérité je ne trouve rien à redire. L’assemblage de plusieurs instruments folkloriques et des instruments saturés a parfois quelques accroches dans le master final sur certains albums, dont même de très connus, mais dans le cas de « La Halha » on a un son net et sans bavure. Les guitares sont bien présentes pour appuyer rythmiquement les autres, ce qui les laisse parfois un peu en retrait, mais comme l’intérêt selon moi de tels albums se situe dans les instruments folkloriques, cela ne me dérange absolument pas. J’ai surtout beaucoup apprécié cette nostalgie des années 80 où le heavy metal était « simple » mais plein d’énergie, qui est retranscrite avec brio dans le travail qui a été fait en studio. Moi qui ne suis pourtant pas fanatique de cette époque, cet album me donnerait presque envie de changer d’avis et d’aller m’écouter quelques Iron Maiden.
En fait, c’est marrant mais plus j’avance dans la chronique, plus je me dis que cet album avait, au préalable, tout pour me déplaire mais c’est l’extrême inverse qui se produit ! La magie de l’été !
C’est donc sur la structure des morceaux et l’ambiance générale du CD que se situe l’un des plus gros points forts pour cet album qui parvient à mélanger la facette festive de leur beau pays qu’est la Gascogne et les traditions ancestrales, plus redoutées dirons-nous. On a de tout dans cet album : la bombance avec une chanson sur le tue-cochon (les végétariens apprécieront), la Novempopulanie qui constituait neuf royaumes en Aquitaine césarienne, la référence à la mer et au port de Bordeaux, bref, il y a absolument de tout et pour tous les goûts, et j’adore mille fois cette symbiose entre musique et histoire.
Le metal est donc tantôt chaleureux et entraînant, tantôt froid et sérieux et cet album est un vrai livre d’Histoire, comme on en a eu au collège et au lycée où les moments sympathiques alternaient avec les grandes batailles. Notons la présence des instruments folkloriques comme l’accordéon, la boha, la vielle à roue, l’ensemble flûte et tambour et d’autres percussions. Je vais être sarcastique mais quand je vois ces amateurs de metal nous bassiner à longueur de journée avec leur Eluveitie, ou leur Korpiklaani alors qu’à quelques kilomètres de chez eux il y a un groupe aussi incroyable que Boisson Divine, j’en viens presque à me décourager de faire de la chronique. Ouvrez donc vos œillères que diable ! Un groupe aussi puissant dans sa musique, que ce soit dans les compositions toutes quasiment parfaites, ou dans sa spiritualité, cela mérite largement que l’on s’y attarde !
L’autre énorme point fort de l’album est le chant. Les textes, j’y reviendrai après, mais le chant en lui-même est génial. Oscillant entre des petites envolées dignes du heavy metal, voir de quelques attraits du power mais sans le côté pompeux et lyrique, j’ai surtout adoré le côté un peu posé, qui tranche avec cette sempiternelle puissance vocale que l’on retrouve dans 99,9% des groupes de metal. J’ai donc vraiment aimé que le chant soit un peu moins agressif. En plus, il faut avoir un vrai talent d’articulation pour raconter ces textes très difficiles phonétiquement. Vraiment un chant, accompagné parfois de chœurs, très agréable et qui, à l’inverse de ce qu’on pourrait penser d’une voix moins grandiloquente, entraîne l’auditeur encore davantage dans les rythmiques dansantes de la musique ! Gros point fort !
Mais alors, ce que j’ai le plus adoré dans l’album c’est bien évidemment les textes ! Écrits en gascon quoi ! Le patois, tout ce que j’aime ! Je ne connais pas tout à fait l’ampleur du gascon encore de nos jours dans la culture française, étant ardéchois et voyant que le patois de là-bas disparaît de plus en plus, j’ose penser que le gascon est devenu une langue suffisamment moins parlée pour que les textes n’en soient que plus exceptionnels. Ce que je veux dire c’est qu’il faut avoir un grand talent pour non seulement écrire tout un album en gascon, mais surtout le faire avec des rimes ! Et là, je ne peux que me prosterner d’admiration pour le membre du groupe qui écrit les textes, tellement je suis ébahi et impressionné. La traduction en français et anglais sur Bandcamp ne pouvait qu’encore plus me réjouir puisque j’adore traduire les textes pour les comprendre. Franchement, rien que pour les textes, je conseillerais aux gens de l’acheter cet album et de délaisser ce putain d’anglicisme qui pullule dans le metal actuel pour aller enfin retrouver un peu de tradition !
En fait, non. Je ne vais, pour conclure, pas encourager les gens à acheter cet album pour seulement les textes. Je vais dire aux gens qui nous lisent et qui aiment découvrir des groupes de regarder par leur lorgnette et d’enfin se rendre compte à quel point la scène française est l’une des meilleures scènes metal. Et que nous avons l’immense chance d’avoir des groupes comme Boisson Divine, qui porte fièrement l’étendard du folk metal français et qui va, je l’espère, envahir de nouvelles contrées avec son metal aux accents gascons qui ravira tous les cœurs. Mon compère chroniqueur Celtikwar ne s’était pas trompé en mettant 9/10 aux deux premiers albums et je le remercie de m’avoir conseillé le dernier bébé de Boisson Divine. Pour ma part, je mets sans complexe « La Halha » dans mon top 3 de l’année 2020 ! Immense découverte pour un immense album !
Tracklist :
1. Lo pèla pòrc 05:02
2. Novempopulania 04:40
3. Suu camin estelat 05:03
4. Xivalièr de Sentralha 05:05
5. Rei de Suèda (Sveriges Kung) 08:51
6. La Sicolana 06:33
7. Abelion 05:45
8. Un darrèr còp 04:05
9. Libertat 03:31
10. Milharis 10:03
11. Lou tard-biengùt 03:21
12. Adishatz (L’Ouzoum cover) 02:16
13. Tau salut de la Patrie 02:55
14. Vive Henry IV! 03:18
15. Gascougne 03:53
S’il y a une qualité qu’on ne peut pas renier chez Jean-Christophe “J.C. Jess” Lefèvre, c’est bien d’être un amoureux incroyable de toute forme de musique entre le Rock n’ roll, le Hard Rock et le Heavy Metal ! Voilà un gaillard que j’ai eu le plaisir de croiser à plusieurs reprises mais la rencontre la plus marquante aura été la première, lorsque j’ai eu le privilège d’accompagner Nightmare (live report ici) à Mulhouse pour son dernier concert avec lui, remplacé par un Matt Asselberghs toujours présent ! C’était en février 2012. Soucieux de vouloir se consacrer à temps plein à son groupe JC Jess, le blond guitariste quittait un Nightmare redevenu très solide et ça a été l’occasion de bons délires avec lui immortalisés ici (second live report ici).
Depuis ?
Le groupe continue son petit bonhomme de chemin, il nous a sorti Broken Bones en 2013, puis enfin ce petit nouveau Not ready to rust, le cinquième d’un discographie de qualité !
Parce que oui, le guitariste-chanteur est un amoureux du rock et du Heavy Metal, et il compte toujours nous le prouver : quatorze titres, soixante-cinq minutes de musique, rien que ça !
Mais ce qui reste remarquable dans ce groupe, c’est cette capacité à sortir des albums riches, variés, avec un véritable talent de composition, qui allie cette science du riff imparable magnifiant des titres toujours accrocheurs. Quand en plus il nous gratifie de soli imparables, on a la totale. JC Jess, c’est tout ça à la fois : en un album de quatorze titres, il arrive à ne pas nous faire de redites, ni de répétitions rébarbatives.
Non, que ce soit lors de titres courts et percutants, ou de titres plus longs s’étirant sur six (“Free Speech is not dead”) voire huit minutes (“If God exists it makes you sick”), on arrive encore à être surpris malgré les quatre albums précédents. Le renouvellement est constant, l’imagination semble être sans bornes : JC Jess ne se fixe aucune limite à son univers musical. Il prend le temps de peaufiner ses albums (cinq ans pour préparer ce petit nouveau, quand même), acquiert toujours plus d’expérience de par ses nombreuses prestations live et le fait de garder un line up stable ou presque – seul le bassiste a changé, Abel “t’as vu ? Je suis partout” Cabrita ayant pris les quatre cordes – permet au groupe de garder sa cohésion !
Que demander de plus ?
https://youtu.be/7vaHiu2Azbg
Alors oui, pendant une heure, on se prend un pied monumental à l’écoute de ce cinquième et incontestablement meilleur album de J.C. Jess : difficile de sortir un titre par rapport à un autre car si l’album est très varié au point de considérer que chacun d’entre eux évolue dans un univers différent, l’homogénéité qui transparait de Not ready to rust est bien dans la qualité proposée. Je m’écoute cet album en boucle depuis plusieurs jours et le plaisir reste le même !
Pire : chaque nouvelle écoute me permet de (re)découvrir un petit détail qui ne m’était pas apparu lors des précédents passage du CD sur ma platine ! Difficile, dans ces conditions, de ne pas hautement conseiller cette petite pépite qui nous pousse à hurler un énorme cocorico de satisfaction tant JC Jess n’a rien à envier aux cadors du genre !
Il conviendrait que le groupe se fasse connaitre un peu plus hors de nos frontières pour bien faire, histoire de récolter un succès qui ne sera que mérité. En tout cas, quand on sait que le groupe donne sa véritable dimension sur scène, ça donne une idée de la qualité de leurs concerts, qui se terminent toujours de la même façon : un tonnerre d’applaudissements !
Oui, Jean-Christophe “J.C. Jess” Lefèvre est un amoureux du Hard Rock et du Heavy Metal, et une chose est sure, ils le lui rendent bien !
Tracklist :
1. Silly little Girl (3:21)
2. Just another Scar (4:35)
3. It’s better to laugh at it (4:03)
4. Fighting Spirit (3:41)
5. Free Speech is not dead (6:00)
6. Ready for the Fight (4:28)
7. Not a Girl for me (3:53)
8. Don’t bury me so fast (5:00)
9. If God exists it makes you sick (8:05)
10. Pulled down (5:12)
11. Everything is rotten (3:57)
12. You pray (4:39)
13. You eat too much (3:56)
14. It’s funny when you get mad (4:35)
Du bon Heavy Metal et du Hard Rock pour faire danser les Pom Pom Girls lors du SuperBall.
Vous ne connaissez sans doute pas Dog Temper, on va y remédier. La formation naît de la réunion de Christophe, chanteur dans Rosie Never Stop et Panama, ainsi que Terry, guitariste dans Wills49 et Alannah.
Autant vous dire qu’avec ces deux fortes têtes, il ne pouvait s’agir que d’un groupe avec un caractère de chien.
Le premier album ‘American Tales’ n’est rien autre qu’un excellent moment du musique : du Heavy Metal qui sent bon les années quatre-vingt.
Autant vous dire que l’on a que du gros son, du « Something » avec un groove d’enfer , du « Seems Like » plus moderne à la voix plus présente qui répond mieux aux saturations des guitares.
Bref on prend dans la gueule dans tous les sens et ce, dès l’ouverture avec un « American Tales » au chant qui sent bon Accept… on ne peut qu’être captivé.
Bien entendu, on ne pouvait en rester là sans parler de « After All », un Mid Tempo tout en puissance où les guitares se veulent des plus tranchantes en parfaite harmonie avec le chant, plus lent mais rempli de puissance.
Les amateurs de bonne musique ne peuvent qu’aimer.
On retiendra aussi « Sad Journey », un rythme accrocheur pour un Hard Rock qui fleure bon le NickelBack de la grande époque.
Bref vous l’aurez compris, Dog Temper n’invente rien, rien de nouveaux à l’horizon que du bon son. Ce ‘American Tales ‘ n’est qu’un bon moment de musique.
Vous aurez peut être l’impression d’avoir déjà entendu quelques chansons, vous demandant même si ce n’est pas des reprises, mais à votre grande surprises non.
Un disque qui était fait pour notre bonheur, simple mais complètement efficace.
Pour un premier opus, la barre est mise très haut.