Note du SoilChroniqueur (Arno) : 8/10
Le Black Metal est fondamentalement lié aux identités nationales. Les Norvégiens ont un style qui leur est propre, de même que les Sud-américains, les Français ou encore les Canadiens par exemple.
Concernant les deux derniers, ils ont beau partager une même langue, leur approche de l’extrême me semble fondamentalement différente, opinion peut-être subjective mais néanmoins fondée sur l’écoute attentive des ténors actuels de chacune de ces deux scènes.
L’album « Les Ténèbres Modernes » de Neige et Noirceur serait-il un pont stylistique entre ces deux supposés opposés ?
En effet, on retrouve dans les dix compositions une noirceur urbaine qui est bien souvent l’apanage des formations françaises. L’esthétique guerrière d’un Ad Hominem, l’épaisseur crasse d’un Arkhon Infaustus sur « Perdition Insanabilis » ou « Orthodoxyn », un je-ne-sais-quoi qui me fait dire que le disque sonne Made in France, ce qui contribue, sans chauvinisme aucun, à son excellence.
J’apprécie particulièrement le mélange d’Ambient, d’Industriel, de Drone et de Black cru, les nombreux samples développant des atmosphères angoissantes particulièrement efficaces.
À cela s’ajoute des guitares intenses, incisives, aux riffs hypnotiques (« Ciel d’Acier », « Si Vis Pacem, Para Bellum », « Des Spectres ») et une voix rauque qui fout une putain de trouille.
Je connais mal le reste de la discographie de Neige et Noirceur mais « Les Ténèbres Modernes » me font une très forte impression : inspiration de haut niveau, personnalité, affirmation de la puissance, fascination perverse pour la dissonance, autant d’éléments qui font de cette sortie une pièce incontournable de l’année en cours.
Tracklist :
01 : Si Vis Pacem, Para Bellum
02 : Battlespirit
03 : Walpurgis 1917
04 : La Saison des Morts
05 : La Mécanique de Lucifer
06 : Post Mortem
07 : Ciel d’Acier
08 : Felgrau
09 : Des Spectres
10 : Adieux