Note du SoilChroniqueur (Hibou Noir) : 7/10
Venus tout droit de Perth (Australie), les baroudeurs de Deadspace arrivent avec un « The Promise of Oblivion » aussi glacial et malsain que l’on n’attend pas d’un pays recouvert Ă près de vingt pour cent de dĂ©sert.
Forts d’une expĂ©rience musicale riche (Aythyr, Sanzu, Centaur, Malignant Monster pour l’ex batteur, Xenobiotic pour l’un des guitaristes, Cloak & Dagger pour l’autre, Earth Rot et Sensory Amusia pour le chanteur), ceux-ci ont su livrer Ă mes oreilles un album Ă la fois touchant et encourageant.
Touchant, parce que Deadspace nous livre un DSBM de bonne facture, bien produit, savamment exĂ©cutĂ©, fruit de la longue expĂ©rience musicale de l’ensemble du line-up et qui « prend aux tripes ». Et encourageant parce que si le groupe australien peine encore Ă se dĂ©tacher de ses influences les plus Ă©videntes et les plus marquĂ©es, notamment Shining dans ses riffs de guitare (le solo Ă la fin de « With Tears of Callous Lust » par exemple, ou encore l’introduction du morceau suivant, « I’ll buy the Rope »), on sent un rĂ©el talent chez ces Ă©corchĂ©s vifs.
Ainsi, un morceau comme « The Clouds Won’t Shade The Pain » (mon coup de cĹ“ur de l’album), quasi atmosphĂ©rique, et ses guitares presque post-rock, tĂ©moignent d’influences plus larges que celles que j’Ă©voquais prĂ©cĂ©demment. Les guitares sont sur cet album la structure rĂ©ellement maĂ®tresse d’une cathĂ©drale de dĂ©sespoir et de douleur qui permettent de porter les hurlements et les plaintes. A ce titre, le meilleur exemple est pour moi le dernier morceau de l’album, « In the Coldness of the Darkest Night ».
Tout le monde l’aura compris, Deadspace fait dans le malsain : ses riffs aigus et rĂ©pĂ©titifs nous entraĂ®nent dans les trĂ©fonds les plus noirs de l’âme humaine (« Pain’s Grey »), auxquels se mĂŞlent habilement des touches de piano qui ajoutent une note de romantique/gothique lĂ©gèrement kitch mais tout Ă fait bien venue (« I’ll Buy The Rope »).
On pourra reprocher au chant d’ĂŞtre par trop monotone sur l’ensemble de l’album, et de ne proposer qu’un type de hurlements, Ă l’inverse, par exemple, d’un Niklas Kvarforth, capable de passer du hurlement au chuchotement, en passant par un chant plus rock. NĂ©anmoins, Chris Gebauer nous offre lĂ une performance très satisfaisante et souvent bouleversante. A noter, la prĂ©sence de chĹ“urs particulièrement rĂ©ussis en soutien de son chant Ă la moitiĂ© de « In the Coldness of the Darkest Night ».
Un CD Ă mettre dans votre platine Ă l’approche de l’automne et de sa pluie grise et glaciale, histoire de rester dans le ton.
Tracklist :
1. The Promise of Oblivion (3’31)
2. With Tears of Callous Lust (3’40)
3. I’ll Buy the Rope (3’40)
4. The Clouds Won’t Shade the Pain (6’07)
5. Oblivion (1’46)
6. Schadenfreude (4’27)
7. Pain’s Grey (3’29)
8. In the Coldness of The Greatest Night (7’40)
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