The Browning – Geist

The Browning – Geist

Note du Soilchroniqueur (Willhelm von Graffenberg) : 8/10

James Bond a son Walther PPK, Harry Callahan avait son Magnum 357, Marty McFly son Colt Peacemaker… Certains apprécieront d’avoir The Browning pour tuer le temps.

Ce quatrième album qu’est Geist ne détonne pas franchement de son prédécesseur de 2016, Isolation… Il est dans le même esprit dirais-je, pas de quoi se mettre en chien de fusil, d’autant quand le groupe nous ressort son arsenal de Metalcore mélangé avec de l’électro à tendance Hardtek. Mieux même, il l’agrémente de nouvelles pièces d’artillerie avec des occasionnels blasts en rafale et une prépondérance du chant clair et même des passages hip hop, rap et trap (oui, oui) qui diversifient à mort les morceaux…

Et pourtant… Je ne sais pas si c’est dû au recul, ou à l’usure de l’Isolation qui a érodé ma platine mais j’ai l’impression que Geist est bien moins un appel aux armes, citoyens… C’est pas vraiment « de la balle ». Je ne sais pas ce qui leur est passé par la tête – à part ladite balle, logique – mais peut-être ont-il trop diversifié pour aboutir à un ensemble de morceaux sans réelle unité d’album, excepté leur son si particulier – vive le son, vive le son ! En bref, cet album n’a pas eu l’effet de percuteur que j’attendais en me saisissant de cette nouvelle galette, malgré quelques morceaux assez originaux qui feront grincer des dents les puristes du « le Metal, c’est comme ça et pas autrement » qui ont besoin d’un peu de détente.

The Browning fera surement un carton plein en atteignant son public déjà fan puisque l’album est calibré à ces fins ; pour ma part il a difficilement touché mon petit cœur d’être sans cible.

A écouter en tirant un coup (de feu).

Tracklist :

1. Sick Minds (3:36)
2. Beyond Stone (4:28)
3. Final Breath (3:37)
4. Everlost (3:13)
5. Optophobia (3:08)
6. Awaken the Omega (4:03)
7. Hellblade (4:06)
8. Carnage (3:04)
9. Geist (3:46)
10. Noctis (3:50)
11. Amnesia (3:08)
12. Skybreaker (4:16)

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Atreyu – In our Wake

Atreyu – In our Wake

Note du Soilchroniqueur (Willhelm von Graffenberg) : 4/10

Tout commence avec un jeune garçon, Bastien, qui, lisant un livre relié cuir – sans moustache – surplombé du sceau de l’Aurine, envoie cette plainte déchirante à son héros et ami imaginaire : « Atreyuuuu ». Par la suite, j’apprendrai qu’un groupe californien s’est attribué ce nom également, groupe dont je ne découvrirai la musique bien après sa formation en 1998, ce grâce à Guitar Hero Warriors of Rock sur PS2 avec le morceau « Ravenous » tiré de Congregation of the Damned de 2009, titre qui apparait vers la fin du jeu tant il est technique. C’est ici qu’intervient leur dernier album In our Wake dans ma narration…

Ceux qui regardent L’histoire sans fin depuis, ayant grandi, se rendent assez vite compte qu’à l’instar d’Alice au Pays des merveilles, on est dans l’apologie de la drogue envers nos jeunes têtes blondes : déjà, whitewasher un petit indien qui va d’abord chevaucher dans les plaines puis perdre son véhicule face à une tortue-colline et l’échanger contre un dragon à tête de chien qui parle puis faire un run contre un escargot GTI pour aboutir face au Grand Méchant Loup qui symbolise le Néant, faut déjà avoir été bien initié aux substances stupéfiantes pour envoyer des délires aussi profonds… Mais voila : après le trip vient la descente comme après l’éclaircie vient la pluie (adage breton). Et je découvre avec stupeur et stupéfaction, de manière stupéfiante également, que la descente a été amorcée gravement et dangereusement avec un album qui n’a strictement rien à voir stylistiquement avec ce que je connaissais mais est tombé bien bas, peut-être plus bas que la marmite qui a servi à préparer cette soupe Royco lyophilisée en chaudrons industriels.

Autant le terme « populaire » peut avoir des vertus louables, autant celui que je vais utiliser pour qualifier l’attitude artistique mercantile et racoleuse de ce groupe est éminemment péjoratif. Comment des musiciens peuvent-ils ne pas en avoir marre ou même se rendre compte qu’ils jouent quasi à chaque piste la même suite d’accords (ces foutus anatoles usés jusqu’à la lie enchainant les degrés I-V-VI-IV), et sans sembler se faire chier ou se remettre en question ??? OK, vous allez me dire : « bah oui, ils sont signés chez Spinefarm, c’est pas pour être arty mais bankable »… mais MERDE, comment peut-on tomber aussi bas ? Il arrive à Spinefarm de proposer de bons trucs, pas formatés, mais même un lendemain de cuite n’est pas aussi sale et malsain, pathétique et/ou pitoyable de rabaissement… Alors vu qu’un morceau sur deux commence par une Arlésienne, genre je t’envoie un putain de riff intéressant pour s’enchainer sur une mièvrerie, je pourrais me dire que le but est d’amener les aficionados de la pop mielleuse des chanteurs Disney vers quelque chose de plus « méchant » mais j’avoue que je me suis tâté à parler de ce skeud tant je n’avais pas envie de faire de la pub à ce(ux) que j’appellerai tout simplement des vendus !

C’est un format skeud (promotionnel), j’ai accepté de le prendre dans la liste des skeuds qu’on reçoit et ceci par curiosité, pour me faire un contre-avis en me disant que le single youtubé n’était qu’un morceau à but de diffusion, donc plus « commercial » que le reste de l’album, alors je me devais d’en parler : n’achetez pas ça, surtout pas, ne cautionnez pas cet état d’esprit de nivellement par le bas pour que les suivants, nos suivants se disent également que « non, ça n’en vaut pas la peine », reprennent enfin un sens critique qui fera fermer la porte à ces vendeurs de soupe par hectolitres ainsi que leurs velléités de le faire, et qu’on arrête de nous prendre pour des cons ! (Si vous préférez une version plus sobre : de « vaches à lait lobotomisées », avec tout le respect que je dois aux vaches pour leurs bienfaits, de préférence bleu pour la cuisson).

Très honnêtement, j’ai adoré tous les passages qui ne sonnaient pas comme convenus pour satisfaire les gouts déjà entendus qu’on veut nous faire bouffer jusqu’à en dégueuler, mais ces derniers reviennent plus vite qu’au galop d’Artax, gâchant perpétuellement l’espoir qu’on sorte enfin de cette mésaventure et qu’on tourne la page vers un dénouement serein… Mais non, le Mal a corrompu le héros tout le long de l’aventure à l’ennui sans fin… Un dernier sursaut n’apparaitra qu’à la clôture de l’album (et rien à battre de spoiler tant il n’y a plus grand-chose à en dire) avec « Superhero », seul morceau qui sonne sincère et authentique malgré cette sale volonté d’y réaffirmer que le coté obscur de péripatéticiennes (avec tout le respect que je leur porte, et je ne parle pas des aficionados d’Aristote – euh, c’est encore autre chose) existe toujours, ne serait-ce que par le gâchis avec des paroles toutes nazes sur une musique qui amenait quelques rayons de lumière.

Puisque rien ne changera jamais, avant de devenir aveugle, sourd et impotent, le temps est venu en effet de se réveiller, de reprendre le contrôle sans laisser sa colère derrière soi ! Fermons le livre et redevenons les héros car cette histoire déjà racontée mille fois n’a que trop duré, ne mérite pas d’être sans fin et son auteur ne mérite pas d’être (re)connu.

A écouter une fois pour être sur, puis jeter dans les Marais de l’Oubli où même le vénérable et bipolaire Morla se refusera de l’écouter.

Tracklist :

1. In our Wake (3:13)
2. House of Gold (3:59)
3. The Time is now (3:20)
4. Nothing will ever change (3:56)
5. Blind, deaf & dumb (3:09)
6. Terrified (4:10)
7. Safety Pin (3:10)
8. Into the Open (3:56)
9. Paper Castle (3:02)
10. No Control (3:39)
11. Anger left behind (3:24)
12. Super Hero (6:25)

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Stone Broken – Ain’t always easy

Stone Broken – Ain’t always easy

Note du Soilchroniqueur (Celtikwar) : 7/10

Une bonne dose de Hard Rock vous tente ? Voici un groupe anglais que l’on nous aurait fait écouter quelque temps avant, on aurait parié qu’il s’agissait du nouveau NickelBack… Mais voici que ce dernier décline, Stone Broken nous rappelle donc cette grande époque.

Un premier album Ain’t always easy qui envoie d’entrée la sauce avec un « Worth fighting for » aux guitares pleines de saturations et la voix mielleuse de Rich Moss nous fixe de suite. Un Hard Rock très grave et riche, rien qu’à entendre un « Follow me » ou encore « Just a Memory », qui joue sur une tonalité grave et des notes très basses, nous balance un groove très énergique et il suffit d’une toute petite montée dans des solos vitaminés pour que l’on en devienne fous.

Écoutez donc la rythmique de « I believe » et dites-nous que vous n’avez pas tapé le pied.

Stone Broken avec beaucoup de simplicité nous balance un Hard Rock qui nous fait beaucoup de bien. Attention cependant, pas d’amalgame : quand on parle de simplicité, c’est quand on écoute l’aisance avec laquelle le groupe nous délivre sa prestation, on a l’impression que c’est simple. La musique est un art et regarder un artiste est toujours bluffant, on pense souvent au visuel ; regardez un peintre à l’œuvre, vous trouverez cela simple et c’est ce qui en fait toute la beauté.

Que serait aussi un album de Hard Rock si on avait pas ces moments de douceurs avec de belles ballades mélodiques comme la très émotive « Home » ou encore la plus puissante « Anyone », il faut dire que la voix mielleuse de Rich passe à merveille pour ce style. Un peu de douceur.

Nous voici donc avec un premier opus de grande qualité. Ce Ain’t always easy nous prouve donc tout le potentiel de Stone Broken. Tous les éléments sont là pour nous faire plaisir… A nous de savoir l’apprécier.

Tracklisting :

01. Worth fighting for
02. Let me see it all
03. Heartbeat away
04. Home
05. Follow me
06. I believe
07. Doesn’t matter
08. Anyone
09. Just a Memory
10. Other Side of me
11. The only Thing I need

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Ihsahn – Ámr

Ihsahn – Ámr

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 3/10

« Thus spake the Nightspirit », « I am the Black Wizard », « Inno a Satana »… Vous vous souvenez de ces morceaux ? Et bien d’autres, qui auront servi, à une époque pas si lointaine que cela, à forger un groupe aussi légendaire que controversé. Emperor, donc. Ah… Lointaine nostalgie d’un groupe qui avait marqué tant les esprits que les novices du genre Black Metal. Non seulement la discographie m’a longtemps inspiré mais j’ai gardé ce petit bijou qu’est le live au Wacken en DVD et une jolie serviette-éponge avec le logo si singulier du groupe. Cette nostalgie m’a pendant un temps assez long permis de ne pas aborder le projet solo d’Ihsahn qui sentait le soufre si je puis dire. Il y avait comme un relent qui me tenait à distance d’une déception manifeste.

Et puis, un beau jour, l’album Ámr m’échut. Oh non, je n’ai pas lutté contre de toutes mes forces car l’adage dit qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis. Eh bien, mesdames et messieurs, c’est officiel : je resterai con encore un petit moment !

Déjà, l’artwork est… sans intérêt. Si symboles il y a, force est de constater qu’ils sont bien dissimulés. On voit (juste pour le plaisir de gratter un peu) un fauteuil noir dans un décor noir, avec un crâne de bouc – ooooooooouh cliché ! Allez, pour essayer de mettre un peu d’humour dans cette Ámrtume : Vive l’Ardèche Libre Bêêêêêêêêêê ! -, une fourrure d’on-ne-sait-quoi et dont on se demande pourquoi elle est là (notre copain du Nord aurait-il froid ou aurait-il fait les soldes sur les Champs Élysées ?) et quelques petites bougies rouges – enfin on présume. Voilà, pif paf pouf, on s’arrête là.

Ámrtume, Ámrindien, Ámr-Michel… (Pour vous montrer à quel point je suis inspiré) Y a même un morceau, seule petite consolation, qui m’a fait rire par son nom : « SÁmr ». Mon écrit se nommera donc : La Chronique-« SÁmr » ! Tadaaaaaaaaaaaa !

Et les morceaux. Je ne vais pas arriver à vous faire un compte-rendu aussi détaillé que d’habitude tellement ils sont mauvais. En fait, pour être sérieux deux minutes, on se demande vraiment qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Les compositions sont totalement déstructurées, on alterne les parties « un peu » [strong]metal[/strong] avec des parties pop, une alternance de chant clair et de chant… bizarre. Non seulement il est impossible pour moi d’adhérer à l’album mais en plus je me demande qu’est-ce qu’Ihsahn est venu faire dans cette gÁmr… Pardon galère. Je ne trouve rien d’intéressant du tout. C’est trop expérimental pour sonner correct.

Il est loin, très très loin le temps où Ihsahn proposait des compositions fabuleuses. Et quand on voit le nom « Ihsahn », on s’attend naturellement à un travail de qualité, comme une valeur sûre ou même une évidence ! C’est ni plus ni moins qu’un désastre…

Je vais arrêter le massacre ici car le but n’est pas non plus d’être méchant (en même temps je doute fort qu’Ihsahn s’intéresse de près ou de loin à ma chronique donc au pire, on s’en fout !) Cet album représente le virage à 180 degrés qui mène directement au ravin de la perdition. Je n’y trouve aucun intérêt, et même le mastering (bon) ne sauve pas le CD. Une chose est sûre : Ámr ne me donnera ni l’envie d’écouter les précédents, ni l’envie de prêter attention aux suivants. Et je souhaite qu’il n’y en ait plus, ainsi peut-être l’auteur de cette gabegie ira faire un métier pour lequel il n’aura pas à bâcler son génie. Donc, pour la première fois de ma courte expérience de chroniqueur, je vous invite ouvertement à ne pas écouter ce CD.

Tracklist :

1. Lend me the Eyes of Millennia
2. Arcana Imperii
3. Sàmr
4. One less Enemy
5. Where you are Lost and I am Belong
6. In Rites of Passage
7. Marble Soul
8. Twin black Angels
9. Wake

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Godsmack – When Legends rise

Godsmack – When Legends rise

Note du SoilChroniqueur (Forlorn) : 7,5/10

Ce qui s’avère être le plus intéressant n’est pas ce que nous avons là en soi, mais plutôt comment nous en sommes arrivé là. Godsmack, dans l’industrie musicale, c’est pas n’importe qui. Groupe créé depuis 23 ans à ce jour. Presque tous leurs albums se sont faufilés pour plus ou moins de temps en numéro 1 des ventes aux USA. Quand on parle de métal traditionnel, le nom de Godsmack finit toujours par être cité et c’est rarement en mal et, franchement, c’est pas pour rien.

Godsmack c’est imposé aujourd’hui comme une des références du métal new wave au même titre que Metallica est une référence du Thrash Metal. Et d’un point de vue plus personnel, Godsmack est le groupe avec lequel j’ai découvert le Metal, le premier morceau de Metal que j’ai écouté dans ma vie était « I stand alone » de l’album Faceless et c’est en parti grâce à eux (ou à cause d’eux, ça dépend du point de vu) que je suis devenu moi même musicien de profession.
J’ai donc un affect personnel particulier envers ce groupe. Je sais que vous ne vous passionnez pas forcément quand je raconte ma vie mais c’est important pour contextualiser la suite de cette chronique. Comprenez bien que je devrai nuancer mes propos en faisant bien la distinction entre ce que j’ai ressenti en tant que fan hardcore de la première première heure de Godsmack et ce qu’il en est d’un point de vue un peu plus « objectif ».

Mais avant toute chose, une fois n’est pas coutume, je vais me permettre le luxe de faire une petite rétrospective de leur discographie. Car, comme je l’ai dit plus haut, ce qui est intéressant n’est pas cet album mais… comment on en est arrivé là ? Car comme dirait quelqu’un que je respecte beaucoup mais que je ne citerai pas parce que je sais pas comment ça s’écrit* : « même si il est très intéressant d’observer les étoiles tomber, il l’est bien plus encore d’essayer de comprendre pourquoi elles tombent. »

*(je déconne : c’est une citation de Karim Debbache ; si un jour je ne sais pas par quelle satanerie tu tombes sur cette chronique, sache que je suis fan de ce que tu fais.)

Passons sur les débuts du groupe et commençons avec leur 1er album, Godsmack, un album éponyme donc, sorti en 1996 sous le nom All Wounds up, puis rebaptisé Godsmack lors de sa réédition en 1999. Dès le début, le groupe pose un métal très lourd. La prod très saturée n’est pas toujours au rendez-vous mais contribue au charme de leurs débuts. Très agressif et saccadé, cet album sent les débuts. Il y a là toute la touche expérimentale qui fait le charme d’un groupe qui se cherche.
Néanmoins il n’y aura pas besoin d’attendre plus longtemps pour voir trois des motifs qui reviendront dans toute leur discographie. Premièrement, ça groove à tout les niveaux, c’est de la musique qui bouge et qui donne envie de bouger. Deuxièmement, l’amour sans retenue de Tony Rombola pour la Wha présente dans quasiment tous les soli de tous les albums. Et troisièmement, il est à noter que Sully Erna est un adepte et pratiquant de la religion Wicca, dixent par exemple les titres vaudous présent dans cet album et, plus tard, avec des titres comme « Voodoo too », « Spiral », etc. Une religion qui inspirera grandement Sully Erna tout au long de sa carrière et donnera notamment cette touche ésotérique qui plane au dessus de la musique de Godsmack.

Novembre 2000 sort Awake et, concrètement, c’est l’évolution naturelle de leur premier album. Plus propre, plus cohérent, le style s’affine et s’assume. Un album très sombre dans sa production, toujours aussi saturée. Les gimmicks/motifs du groupe sont au rendez-vous. Nous avons droit au premier morceau instrumental du groupe, « Vampire », ce qui est généralement une preuve de prise de confiance. Une évolution certaine et marquée : essai transformé, comme on dit.

2003, Faceless, on rigole plus. Carton total et absolu ! Le groupe perd en saturation pour gagner en groove, en propreté et en ésotérisme. Pour beaucoup le « meilleur album du groupe », je ne suis pas d’accord mais, clairement, c’est l’album qui laissera une marque indélébile dans le tournant de la carrière de Godsmack. À noter que leurs morceau « Straight out of line » et « I stand alone » feront parti de la BO du jeu vidéo Prince of Persia : the Warrior within, ce qui contribuera grandement à la popularité du groupe et à faire découvrir le groupe en dehors des USA. « I stand alone » était par ailleurs un morceau composé l’année précédente pour la BO du film Le roi Scorpion, très mauvais film s’il en est mais qui, lui aussi, contribuera à faire découvrir le groupe. En dehors de ça, cet album est une réussite à tout les niveaux : plus posé, comme quand un groupe n’a plus besoin de se cacher derrière une agressivité et a suffisamment confiance en son talent pour proposer une musique plus mature et plus efficace.

En 2004 vient se greffer un petit EP acoustique sous le charmant nom de The other Side, reprenant des titres de leurs précédentes productions en acoustique, avec évidemment des morceaux inédits. Pour ma part, je trouve que les versions acoustiques des morceaux « Keep away », « Awake » (renommé « asleep ») et surtout « Spiral » dépassent de loin les versions originales. Une touche de fraîcheur plus que bienvenue dans leur discographie

Paradoxalement, c’est l’album disque d’or IV sorti en 2006 qui pour moi est la tache noire de la discographie de ce groupe. Un pas en arrière dans l’évolution du groupe, la production reste équivalente à celle de Faceless mais la musique jongle entre une agressivité qui fait suite à Awake, mais beaucoup trop tard. Et si la « touche » ésotérique reste agréable, la formule s’est essoufflée, les morceaux sont moins inspirés. Loin d’être un mauvais album, il n’arrive pas à égaler le précédent qualitativement parlant. Mais reste à porter à leur crédit les deux excellents morceaux « Temptation » et « Voodoo too ». Même les meilleurs ont leur passage à vide et je resterai inflexible sur le fait que c’est sans conteste en présence de IV que nous avons le passage à vide de Godsmack.

Retournement de situation : 2010, The Oracle… PUTAIN QUE CET ALBUM EST BON !!! Le meilleur album du groupe selon moi : plus groovy, plus chaleureux que Faceless, la production est sans le moindre défaut. La musique respire une maturité sereine tellement plus légère, profonde et sincère que l’album précédent. Un album qui, au jour où j’écris ces lignes, ne sera jamais égalé (désolé, spoiler). Ce n’est pas un album qu’on décrit avec des mots donc le seul conseil que j’ai pour vous, c’est d’aller écouter cet album. Les titres « Devil’s Swing », « Shadow of a Soul » et mon préféré entre tous, « Love, Hate, Sex, Pain », la quatrième piste de cet album que je pourrais écouter en boucle à tout jamais ! Probablement l’un des meilleurs morceau composé par le groupe, bien que trop méconnu dans leur discographie à mon sens.

2014 : 1000HP. Ça sent la bière et la moto. Porté par l’excellent titre « Something different », un morceau plus rock que les autres mais qui est tellement entraînant, l’album n’atteindra pas la qualité de The Oracle ou d’un Faceless mais reste une écoute très agréable, bien supérieure à celle de leur quatrième album. Et s’il est peut-être moins inspiré, il ne sonnera pas pour autant comme un échec ou un retour en arrière… simplement un album un peu plus détente, un peu plus facile pour le groupe qui en est quand même à son sixième album (sans compter l’EP). Très clairement le groupe n’a plus rien à prouver à personne. Ils sont lancés dans une course inarrêtable au succès et rien ne pourrait les dévider de leur route. À part eux-mêmes…

Et c’est dans la surprise générale qu’en 2018 arrive When Legends rise, un album teasé peu de temps avant sa sortie par les titres « Bulletproof » et « When Legends rise ». À contre courant de tout ce qui aurait pu être prédit, le groupe entame un virage à 180 degrés. Eux qui avaient réussis à imposer leur touche personnelle inégalable et inimitable, ils décident de sortir un album qui tire sur le Rock commercial. Beaucoup plus « positif » que leurs productions précédentes… mais ce n’est pas tout à fait vrai : l’idée de cet album est de faire du « comme tout le monde mais à notre sauce ». Pour ma part, j’ai été extrêmement surpris. À la première écoute de leur single « Bulletproof », je suis tombé de ma chaise en me disant : « ça y est Godsmack est mort… Ils ont mélangé mon groupe préféré avec un ersatz de Nickelback pour adolescents… » Ce qu’il faut savoir sur moi, c’est que, généralement, quand je chronique un album, je l’écoute une ou deux fois, je me fais mon opinion et j’attaque. Je n’ai pas besoin d’écouter trente fois un album pour savoir ce qu’il vaut. Mais dans ce cas présent, tout aura été plus compliqué. Pour être honnête, j’ai du écouter l’album une bonne vingtaine de fois, et ce n’est pas un euphémisme, avant de trouver les mots justes. Cet album est bon. C’est très surprenant mais c’est un bon album. Une fois passées les 5-6 premières écoutes et mon ressenti à chaud de puriste hardcore, j’ai accepté de lui laisser sa chance. Alors, certes, cet album à des défauts, il est loin d’égaler The Oracle ou Faceless, mais il vaut bien son 1000HP.

Dans un live sur je-ne-sais-plus quelle plateforme de stream, Sully Erna disait : « si nous continuons à faire ce que nous faisons, le groupe ne sera pas capable d’évoluer. Nous continuerons juste à faire ce qu’on sait faire et à produire les mêmes sons et les mêmes morceaux et nous ne voulons pas de ça. Nous savons que ce changement de direction en surprendra plus d’un, mais c’est un choix mûrement réfléchit, une prise de risque et une étape indispensable dans l’évolution de notre carrière ». Bien évidemment, je paraphrase car je n’ai pas retrouvé le live en question et je ne savais pas que j’en ferai la chronique au moment où j’y ai assisté donc je n’ai pas pris de note. Je dois reconnaître que je n’ai rien à reprocher à cette logique. Au contraire, je suis de ceux qui soutiennent la prise de risque et la remise en question.

Alors quid de cet album ? C’est un très bon « premier » album. Il est parfois répétitif comme certaines transitions assez clichés qu’on trouve dans trois voire quatre morceaux de l’album. Et si on veut le prendre en tant que septième album du groupe, il a de quoi décevoir mais, personnellement, j’ai décidé de ne pas le prendre comme tel, plutôt de le prendre comme le premier album du « nouveau Godsmack ». Ils découvrent un style qu’ils n’avaient pas exploré jusque là, avec de nouveaux codes, une nouvelle manière de travailler. Alors, forcément, ils tâtent le terrain, ils avancent doucement. Il y a des choses un peu répétitives, d’autres moins inspirées, d’autres totalement WTF, ce qui est normal : ils expérimentent. Par moments, on ressent la touche Godsmack traditionnelle. Il y a toujours la Wha dans les soli de guitares avec le même son qu’avant, le coté ésotérique à été néanmoins grandement mis de coté en faveur d’un groove plus accessible et moins mélancolique.

C’est l’album qui divise, l’album du renouveau, l’album de la prise de risque. Avec leur expérience, je pense que celui-ci sera la première pierre d’un nouvel édifice et j’attends avec impatience de savoir ce que donnera la suite de leur carrière après cette restructuration massive. Il est très intéressant d’observer les étoiles tomber, il l’est bien plus encore d’essayer de comprendre pourquoi elles tombent… Eh bien, elles tombent volontairement, elles lâchent prise pour mieux se relever sous un nouveau jour. Le roi est mort, vive le roi ; Godsmack est mort, vive Godsmack !

Tracklist :

01. When Legends rise
02. Bulletproof
03. Unforgettable
04. Every Part of Me
05. Take it to the Edge
06. Under your Scars
07. Someday
08. Just one Time
09. Say my Name
10. Let it out
11. Eye of the Storm

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