Cadaveric Crematorium – Zombology

Cadaveric Crematorium – Zombology

Note du SoilChroniqueur (Antirouille) : 8/10

On a rarement entre nos mains un synopsis aussi détaillé. Trois pages pour raconter l’histoire d’un album, avoue que c’est pas banal.
En gros, loin, très loin, dans une autre galaxie, vit une civilisation bien plus avancée que nous, sur une planète avec zéro détritus. Tout est recyclé. Tout ? Non, pas leurs merdes radioactives qui sont comprimées, enfermées dans un conteneur et propulsées loin, loin, loin, jusqu’à… Devine ? Oui, sur Terre. Le conteneur s’est transformé en comète et il ou elle, est venu(e) s’écraser sur Rome, avec son caca tout vert. Quand la glace de la comète s’est mise à fondre, un halo verdâtre s’est répandu et ceux qui l’ont senti sont morts. Fin de l’histoire ? Non, souviens toi, trois pages. Les gus sont revenus à la vie avec une irrésistible envie de manger de la chair humaine, et surtout des cerveaux. Le mal se propagea dans l’Europe, puis le monde, et une poignée de débiles ont créé une secte à partir de tout ça, la Zombologie. Bref, s’en suit une bataille de religions, mais la Zombologie gagne et tous les habitants de la Terre sont morts, tous devenus des zombies. A cause des merdes d’extra terrestres… Je sais pas ce qu’ils bouffent sur cette planète, mais du coup, c’est nous qui en chions le plus.

Cadaveric Crematorium est un groupe italien de Brutal Death / Grindcore qui nous martyrise les tympans depuis 1999, date de sortie de sa première démo. Suivront un EP et quatre albums, dont le dernier, One of Them, est sorti en 2012. On ose imaginer que ce Zombology est plus qu’abouti, en onze ans, il y a de quoi peaufiner chaque détail. C’est Punishment 18 Records qui signe cet album.
Comme à leur habitude, nos italiens font dans la longueur. Alors, onze, quinze ou vingt titres, dans ce registre, ce n’est pas choquant. Là où ça peut coincer pour certains, c’est la durée : on est ici proche de l’heure, à dix minutes près. Mais en même temps, si tu n’aimes pas ce registre, je ne vois pas pourquoi tu serais choqué, vu que tu ne vas pas écouter cet album.

Après avoir lu un synopsis à faire passer les onze saisons de The Walking Dead pour une série comique, et en connaissant la discographie du groupe, on est en mesure d’attendre de ces cinquante minutes un truc bien crade à souhait, le genre à te déboucher les oreilles à grands coups de jets d’acide… Eh bien, non ! En même temps, c’était à prévoir. Leur musique n’a eu de cesse d’évoluer, tantôt axée sur le Gring, tantôt sur le Brutal, tantôt sur le Brutal /Grind, chaque album est une nouvelle expérience. One of Them est pas mal Gore dans l’approche, où le Brutal côtoie le Slam.

Changement de décor pour Zombology puisque le Death Technique fait quelques belles incursions dans ce monde de brutes. Alors, pas de méprise, c’est toujours aussi abject et brutal. Même si le Grind s’est estompé, tu en retrouveras quelques accents, comme dans «Hominun Stupidity » ou dans «Vegan Cannibal World ». Tu trouveras aussi des relents de Crust à qui voudra tendre l’oreille.

Ca joue vite ou très vite, avec quelques breaks tout aussi punitifs que les accélérations qui s’en suivent, mais si Cadaveric Crematorium sait jouer à vive allure, il peut tout ralentir et imprimer un groove implacable, comme sur «Testimony Foundation ».
La voix est toujours aussi odieuse, dans un growl profond, et ne t’attends pas à des « gruik » « gruik » imbuvables, tu auras tout au plus quelques « uik » timides.
Je te parlais de Technique plus haut, en effet, les onze titres seront ponctués de belles lignes de guitares, pas démonstratives à l’écœurement, mais bien présentes. Si c’est pour adoucir un tant soit peu cette avalanche de bestialité, ben…c’est raté. Ça reste du Brutal ne l’oublie pas.
Onze titres ? Me dis-tu à l’oreille, en faisant faussement le premier de la classe qui a tout suivi. Oui, onze, car il y a un interlude « religieux » et une outro sur fond de zombies en pleine bouffe et de dialogue dans la langue natale.

Cadaveric Crematorium sait nous surprendre d’album en album. Voilà un groupe qui sait varier les plaisirs en nous proposant une orientation musicale différente à chaque sortie, mais sans toutefois s’éloigner de la route qu’il a pris depuis son départ. Une route faite de chair humaine, de caca et de zombies.

Tracklist :

1. Plan Ten from the Outer Space (02:57)
2. Alien Composting Putris (03:38)
3. Nebula Noxia (04:28)
4. Cataclysm Caelestia (03:17)
5. Zombology – God Save the Dead (03:05)
6. Freak Tok (03:04)
7. Zombie col cùl de fò (02:38)
8. Vegan Cannibal World (04:14)
9. Infecta et benedicta (04:08)
10. Alzati e cammina (04:46)
11. Hominun Stupidity (03:36)
12. Testimony Foundation (05:59)
13. Outrombology (03:33)

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In.Si.Dia – Di Luce e d’Aria

In.Si.Dia – Di Luce e d’Aria

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8/10

In.Si.Dia, groupe Italien de Thrash, nous propose son nouvel album Di Luce e d’Aria , sorti fin septembre. Né en 1992, ils ont mis fin à l’aventure en 1997, après avoir pondu deux galettes, pour de nouveau renaître de leurs cendres en 2013. En 2017 sort enfin « Denso Deception », suivi de celui dont je veux vous parler.
Voilà ce qu’on peut dire. Ils font dans un Old school mâtiné de modernisme, entre rythmiques puissantes et mélodies, le tout ouvragé avec une technique de bon niveau. Le chant en italien donne à leur musique un cachet qui leur est particulier.
Après une intro ambitieuse, « Dentro il Cerchio » déboule « à fond la caisse », porté par des harmonies accrocheuses, ponctué de nombreux plans instrumentaux. Ils aiment les changements de rythmes comme pour « Welcome to My World » qui est porté, entre autres, par de bons solos.
Je trouve leur Thrash sortant relativement de certains sentiers battus, tout en respectant les codes du genre.

Un exemple pour expliciter ma pensée ? Quand on découvre « Il Nostro Sogno », ce titre porte en lui ce qu’on pourrait appeler du swing ! C’est rare dans le Metal. Parfois, une touche angoissante se pose sur leurs compositions (« Tracce Silenziose »), voire un côté immédiat charriant un sentiment de danger (« Nato nel Vento »). Il y a même ce « Notte Diversa » qui pulse comme s’il avait été écrit par Mass Hysteria, version Thrash.
Les bons titres tels que « Rigenerato », « Nato nel Vento » ou « Il Nostro Sogno » font plaisir à entendre. Voilà en deux mots le tableau.

En conclusion, je dirai deux choses : tout d’abord, leur musique est racée, musclée et de qualité.
Ensuite, je ne sais pas s’ils sont connus de par le vaste monde, mais ils le méritent haut la main. En tous les cas, en ce qui me concerne, j’ai, il faut bien le dire, véritablement flashé sur leur Thrash mélodique !
Alors à vous.

Tracklist :

1. Dentro il Cerchio (7:06)
2. Welcome to My World (4:06)
3. Il Nostro Sogno (4:36)
4. Non Siate Complici (3:52)
5. Salto Nel Buio (5:08)
6. Tracce Silenziose (5:51)
7. Dimmelo Ora (4:26)
8. Rigenerato (4:43)
9. Nato Nel Vento (5:27)
10. Notte Diversa (5:58)

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Evilizers – Solar Quake

Evilizers – Solar Quake

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

Une fois n’est pas coutume, il est de bon ton de rendre hommage à un confrère, chroniqueur pour un autre webzine, ami et surtout pas concurrent, avec qui des échanges réguliers permettent de parfaire des connaissances de groupes émergents qu’on a pu zapper.
C’est ainsi qu’ Olivier « No limit » , qui chronique depuis belle lurette dans l’excellent webzine Metal France, webzine qui laisse transpirer une réelle passion du metal, vient me parler en privé sur Messenger en me conseillant de jeter une oreille attentive sur le deuxième album des Italiens d’ Evilizers (Solar Quake) et qu’il en avait été particulièrement séduit.
Je l’avais déjà reçu du non moins excellent label Punishment 18 Records et j’avoue que la première écoute – ou plutôt premier survol rapide – ne m’avait pas plus emballé que ça !
Et sachant qu’Olivier et moi avons sensiblement, en plus d’avoir un âge assez proche, des gouts identiques, je me suis dit que c’était peut-être ballot de faire l’impasse sur cet album.
Et en effet, grand bien lui en a pris, parce que la première impression a vite disparu pour faire place à quelque chose de largement plus positif.

En effet, la première impression a été de trouver l’ensemble un rien trop poussif !
Il est vrai que mes préférences vont du côté de tout ce qui va vite, voire très vite, et c’est vrai que cet album, dans un premier temps, aurait pu facilement me faire bailler à partir du troisième titre.
Mais en écoutant d’un peu plus près, on se rend compte que cet album est beaucoup plus riche que ce que laisse transparaître une écoute non attentive.
Alors en effet, Evilizers alterne les tempos et j’avoue que la première écoute des titres plus « calmes » m’ont laissé un rien sur ma faim.
Mais nous ne sommes pas non plus dans du doom metal : le quintet Italien se retrouve dans des influences allant de Black Sabbath à Iron Maiden en passant par Judas Priest.

Et bon, le groupe n’est pas manchot concernant le metal : chaque musicien est issu de formations diverses dans des genres différents.
Les deux guitaristes officient dans des groupes de black et / ou death metal et le batteur a fait partie des power metalleux de Legion Warcry.
Ensuite, Evilizers s’appelait Priest Killers jusqu’en 2017 et ne faisait que de la reprise de Judas Priest.
Niveau background, il y a quand même pire.

C’est en 2018 qu’ Evilizers sort son premier full length Center of the Grave et voici enfin le deuxième effort Solar Quake!
Et cet album est en effet très bon, les guitaristes maîtrisent leur sujet.
Comme dit, l’essentiel de l’album est du bon mid tempo bien foutu, avec certes un chanteur un rien perfectible, qu’on aimerait entendre se « lâcher » un peu plus lors des montées dans les aigus, mais rien de rédhibitoire.

Si on a effectivement du heavy metal qui s’énerve un tantinet sur certains titres (« Solar Quake », « Terror Dream », « Disobey the Pain »), flirte avec les frontières du speed metal sur « U.T.B. », « Holy Shit » ou le plus Motörheadien « Ghost » qui ouvre la porte à quelques growls bien méchants ; si le groupe se la joue épique sur l’instrumental tout en ambiances guerrières « Call of Doom » introduisant le lent « Chaos Control », on a bien droit à des titres qui semblent un rien trop calmes pour le genre proposé et j’avoue que je n’accroche que très moyennement sur « Earth die Screaming », « Shivers of the Fate » ou « Time to be Ourselves ».
Malgré tout, si ces trois titres me laissent sur ma faim, ils sont malgré tout partie intégrante d’un album qui joue sur les contrastes et c’est ce qui fait la richesse de ce Solar Quake .

Alors merci Olivier de m’avoir fait revoir ma position sur cet album, mais pas merci parce que, à cause de toi, je vais encore renforcer le conflit ouvert que j’ai avec mon banquier !

Tracklist :

1. Solar Quake (3:52)
2. U.T.B. (3:22)
3. Call of Doom (1:49)
4. Chaos Control (5:30)
5. Earth Die Screaming (4:26)
6. Shiver of the Fate (4:40)
7. Terror Dream (3:21)
8. Disobey the Pain (4:07)
9. Holy Shit (4:59)
10. Time To Be Ourselves (3:23)
11. Ghost (2:28)

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Terravore – Vortex of Perishment

Terravore – Vortex of Perishment

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10

Il faut que je vous avoue un truc : j’ai une petite tendresse pour le label Punishment 18 Records, ne serait-ce que parce que la plupart des groupes de son catalogue sont ma came.
Le thrash metal, principalement dans sa veine la plus old school, est – et c’est ce que je me tue à expliquer à longueur de chronique du genre – ma came ! C’est comme ça et pas autrement : ça fait depuis 1984 que ça dure, ce n’est pas près de se terminer contrairement à ce que des observateurs très perspicaces et surtout très psychologues ont été capable de me sortir lors de mon adolescence. Bref, à chaque Hellfest, je fais une visite au stand du label et ma carte bleue a une sévère tendance à chauffer très fort après mes achats là-bas !

Et dans l’optique d’un prochain festival de cet acabit en juin 2021, il n’y a pas de raison que ma visite traditionnelle soit zappée, d’autant que le label nous a trouvé quelques sorties pas dégueulasses que tout thrasher logique et responsable se doit d’acquérir (Mythoman, tu peux d’ores et déjà passer à la chronique suivante, celle-ci ne te concerne donc pas par voie de conséquence).

Prenez les bulgares de Terravore : l’air de rien, je les avais découverts avec leur premier album de 2017 (Unforeseen Consequences) acheté dans les conditions décrites ci-dessus et son écoute avait accompagné tout un tas de kilomètres lors du trajet retour Clisson – Grenoble !
Il me faut bien l’avouer, je repars rarement d’un festival de ce genre sans avoir acheté une vingtaine de CD que je me dévore sur le trajet du retour et celui-ci avait largement contribué au fait que nombreux ont été ceux que j’ai écoutés après mon arrive en Isère ! Pas de quoi en faire un yaourt, mais ces Bulgares ont prouvé avec cet album que leur musique n’était pas du petit lait !

Bon, entre temps, le groupe a sorti en 2019 un split avec leurs compatriotes thrashers de Many More (Mental amputation) sur lequel ils se fendent d’une bonne reprise de Sadus (“Certain death”, du premier album Illusions de 1988), puis un EP quatre titres (We Came to Destroy), encore avec une reprise de Demolition Hammer (“44 caliber brain surgery” de Tortured Existence en 1990), puis une demo trois titres sobrement intitulée II mais ça, c’est parce qu’il s’agit de leur deuxième. Les plus observateurs noteront que les trois titres “Poltergeist”, “Vespa Crabro” et “Journey to the end of Time” sont présents sur ce nouvel album Vortex of Perishment ! Faut pas gâcher !

Et s’il y a une chose qui est très nette entre l’album de 2017 et celui-ci, ce sont les progrès !
Déjà qu’Unforeseen Consequences n’était pas piqué des vers, celui-là est une véritable baston de neuf titres totalement implacables. Même le court instrumental “Rupture” est empli d’une furie sous-jacente qui ne demande qu’à exploser. Les guitares sont monstrueuses : le fait que le groupe soit passé en mode “deux gratteux” avec l’arrivée de Boiko Nikolaev entre les deux albums y est pour quelque chose ! Le son de Terravore y a clairement gagné en brutalité.

Et puis, il faut le reconnaitre, tourner avec des pointures comme KreatorSuicidal Angels ou Chronosphere, quand on a déjà des influences à chercher chez Demolition HammerSlayerSepultura ou même Coroner, ça aide à composer des titres qui allient agressivité et technique !

Et en plus, avec ce chant qui donne l’impression d’un Mille Petrozza survolté s’acoquinant avec Paul Martin Missy (Protector), les titres sont empreints d’une rage assez remarquable : et les chœurs qui appuient le chant sur les refrains sont juste impitoyables.
Et du coup, chaque titre est un véritable petit brûlot que tout thrasher accompagnera d’un féroce headbanging au milieu de sa salle à manger… Je voudrais bien être une petite souris pour assister au spectacle, juste pour rire !

Toujours est-il que le quatuor de Varna balance son poison hyper violent à grands coups de riffs dévastateurs, évidemment saccadés, avec un soin particulier apportés aux solos et aux effets.
Tout ici est fait pour que l’auditeur se prenne un maximum de décibels sur des rythmiques pas excessivement speed mais la maîtrise instrumentale des musiciens est telle qu’il sera tenu en haleine pendant 47 minutes chrono !
Que les titres durent deux, quatre, cinq, six voire huit minutes, ils sont attaqués avec la même férocité et envie d’en découdre.

Bref, une belle tuerie à s’envoyer non stop dans les oreilles…

Tracklist :

1. Poltergeist (6:28)
2. Vespa Crabro (5:17)
3. Carnal Beast (6:22)
4. Rupture (instrumental) (1:43)
5. Decapitating Lead (5:23)
6. Army of Rancors (2:56)
7. Fatal Desire (6:21)
8. Nuclear Dawn (4:49)
9. Journey to the End of Time (8:34)

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Wreck-Defy – Powers that Be

Wreck-Defy – Powers that Be

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9,5/10

Quatre années d’existence et déjà le troisième album pour les Canadiens de Wreck-Defy après les déjà excellents Fragments of Anger (2017) et Remnants of Pain (2019).
Autant dire que ça ne chôme pas en Ontario.

Wreck-Defy, c’est quand même certes le guitariste Matt Hanchuck, mais les plus connus Aaron Randall (ex-Speeed, ex-Randall Frost Project, ex-Annihilator) au chant, le bassiste Greg Christian (Hand of Fire, Trauma, Trinity Fallen, ex-Legacy, ex-HavocHate, ex-Meshiaak, ex-Testament de 1987 à 1996 puis de 2004 à 2014) et le batteur Alex Marquez (Create a Kill, Excessive Bleeding, Pessimist, Solstice, Murder Suicide, ex-Wreckage, ex-Cephalic Carnage, ex-Demolition Hammer, ex-Dethroned, ex-Hellwitch, ex-Hypgnostic, ex-Malevolent Creation, ex-Resurrection, ex-The Mortuary Society, ex-Thrash or Die, ex-Sargon, ex-Brutality, ex-Antagonized, ex-Divine Empire, ex-Anger) : il était évident qu’une telle somme de talents au background imposant, ça ne pouvait que donner quelque chose d’explosif.

C’est clair, ce n’est surement pas à eux qu’on va donner des leçons de thrash metal !
En dix titres et 52 minutes de thrash metal, old school et pur jus, on se prend un max de décibels entre les deux oreilles : Wreck-Defy ne fait pas dans la dentelle, n’est pas là pour tergiverser, et ça se ressent !
Déjà, ce qui marque, c’est un gros son.
Ensuite, le groupe n’exclut pas d’incorporer des éléments modernes dans son thrash old school !

Et le travail de sape ne tarde pas : une intro qui donne le ton et les riffs ultra agressifs déboulent sans crier gare. “Beyond H8” se la joue méchamment thrash, saccadé, avec un chant à la Schmier et un refrain non dénué de mélodie, le tout dans une intensité incroyable.
C’est bien simple, ça part de partout.
Sorte d’Annihilator sous amphetamines (pléonasme ?), Wreck-Defy aurait du avoir un autre nom avec l’à-peu-près Neck-Destroyed tant sa musique est un pousse-au-headbang dangereux pour toute cervicale humaine.
Et tu crois que les Canadiens ont mis toute leur énergie dans ce premier titre ?
Je t’en foutrais : si le plus long “Powers that be” se la joue plus heavy et mid tempo, il continue de se dégager de la musique de Wreck-Defy une sorte de rage contenue qui ne demande qu’à exploser.
Pendant plus de sept minutes, le groupe nous colle une leçon de thrash metal, sur un tempo enlevé sans franchir les frontière du speed, qui peut rappeler dans son approche un certain “Deliver us to Evil” sur le premier album d’Exodus avec sa rythmique lancinante et ses soli impeccables avant de faire péter les watts dans sa toute dernière partie.

On pourrait détailler chaque titre un à un tant cet album est d’une grande richesse : Powers that be est varié, alternant les mid tempo ravageurs (le malsain “Scumlord”, “ et les brûlots implacablement speed (“Skin”, “Space Urchin”, “Freedomless Speech”, le grandiose “Goodbye to Misery” et son riff principal entêtant, le sautillant “I am the Wolf”), souvent avec des refrains imparables (celui de “Drowning in Darkness” est monstrueux, sans faire offense aux autres qui sont également facilement mémorisables et addictifs), et des changements de rythmes souvent inattendus.
Et pour finir, quoi de mieux qu’un titre acoustique, court et faisant office de calme avant une prochaine tempête en guise de futur album ?

Bref, une monstrueuse baffe, pleine de maturité, qui risque bien de faire office d’outsider pour la palme du meilleur album thrash metal de l’année.

Et puis, pour les adorateurs du vinyle, on me dit dans l’oreillette qu’on va en avoir une version 12” qui va sortir chez Doc Gator Records le 27 novembre.
L’est pas belle, la vie chez les thrashers ?

Tracklist :

1. Beyond H8 (4:29)
2. Powers That Be (7:14)
3. Skin (4:41)
4. Drowning in Darkness (6:08)
5. Space Urchin (4:13)
6. Scumlord (6:17)
7. Freedomless Speech (5:53)
8. Goodbye to Misery (5:10)
9. I Am the Wolf (6:58)
10. On the Other Side (1:03)

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