Que font le bassiste qui chante Ryan Waste et le guitariste Nick Poulos quand il ne sont pas pris par Municipal Waste ni par Volture, leurs deux autres groupes ?
Ils jouent pour un autre ! Bonne réponse !
Entre le crossover / thrash metal du premier et le heavy metal du second, il fallait bien trouver un compromis : c’est ce que Bat leur propose.
Adjoints des services du batteur Chris Charge (Ultimate Disaster) qui a remplacé Felix Griffin (Condemned Unit, ex-M.O.D., ex-D.R.I., ex-Blunt Force Trauma…) en 2019, le groupe de la chauve-souris revient avec ce second full length “Under the crooked claw” huit ans après l’énervé “Wings of chains” malgré un EP “Axestasy” en 2019.
Et Bat n’a pas change son propos malgré toutes ces années : toujours axée sur un heavy / speed metal punkisant, le trio perpétue son amour du metal old school fortement influencé par Motörhead – desquels ils avaient repris “Speedfreak” en single en 2014 – et toute cette vague de la NWOBHM qui avait accéléré le tempo dans la première moitié des eighties.
Alors bien sur, ça ne casse pas trois neurones à un connard, mais là où Bat blesse, c’est avec sa capacité à nous distiller treize titres relativement courts qui vont directement à l’essentiel !
On ne va pas pas crier au génie, le trio ne brille vraiment pas par son originalité mais tous les fans de la bande du regretté Lemmy, ainsi que ceux des Warfare, Venom, Razor ou Whiplash vont y aller de leur secouage de tête tout azimut.
Parce que, on ne va pas se mentir, Bat ne fait pas dans la prétention : les trois gaillards se font plaisir en nous collant une musique sans compromis, qui ne s’embarrasse pas de superflu avec l’unique but de passer du bon temps.
« Kotomaa » premier titre de l’album, nous met directement en condition. En à peine 42 minutes et 12 titres, je peux te dire que ça déménage. « Rankarumpu », dernier album de Korpiklaani, est un concentré de bonne humeur. Riche en sons, guitares, accordéon, violon et dit comme ça, on peut se poser la question de la nature de cet album : Metal, pas Metal ?
Ça reste un Folk puissance 10 et crois moi, tu vas taper du pied, voir sauter comme un furieux. En même temps, n’oublie pas que tu te trouves en Finlande ! Korpiklaani, ça réchauffe !
Un nouveau membre Olli Vänskä (ex- Turista ) rejoint le clan avec son violon, et quelle idée de génie, tant cela s’intègre parfaitement à la formation.
La combinaison violon et accordéon est à tomber et donne une impression de tourbillon sans fin.
On retrouve dans cet album toute la magie des paysages nordiques, des mythes anciens et la complicité du groupe.
Il faudra attendre le dernier titre pour te reposer de toute cette énergie débordante, avec une ballade empreinte de mélancolie. Une mélodie et un refrain frissonnant.
Tous les ingrédients sont réunis, la vitesse de l’accordéon, un violon endiablé, une batterie puissante, et la voix rocailleuse de Jonne Järvelä par dessus, font de ce douzième album une bombe de joyeusetés.
A posséder de toute urgence !
Tracklist :
1 Kotomaa (3:10)
2 Tapa sen kun kerkeet (2:26)
3 Aita (3:47)
4 Saunaan (3:18)
5 Mettään (4:19)
6 Kalmisto (4:22)
7 Rankarumpu (2:43)
8 No perkele (3:58)
9 Viikatelintu (3:22)
10 Nouse (3:23)
11 Oraakkelit (3:12)
12 Harhainen höyhen (5:16)
Dernier album ? Avant-dernier ? Al Jourgensen aspire à de nouveaux horizons. Le seizième opus de Ministry, ne peut pas laisser un souvenir impérissable après 40 ans de carrière. Évidemment l’écoute est agréable, on parle quand même d’un groupe précurseur dans le Metal industriel mais je trouve que malgré ça, on ressent un certain essoufflement, voire une certaine rengaine. « HOPIUMFORTHEMASSES » démarre sur les chapeaux de roues avec le titre « BDE », échauffe tes cervicales, ça va être le chaos !! De l’écho, des messages vocaux, des machines, une multitude de sons qui cognent.
On enchaîne avec « Goddham White Trash », le titre qui a ma préférence, c’est accrocheur, comme un bon slogan, et avec Ministry on a l’habitude de cet esprit sarcastique et d’auto dérision. Cependant, rien de novateur, c’est du pur Ministry.
Pour avoir un peu de relief à cet album, « New Religion » offre une palette de sons industriels plus percutante, plus thrash à la Slayer.
L’album se poursuit avec des titres aux ingrédients mixtes, du groove, du blues, des chœurs, parfois même des sonorités empruntées aux chants religieux. Toutes ces nuances font penser que l’état d’esprit de cet album est plus enjoué et, pour le coup, moins percutant.
Que dire de « Ricky’s Hand » qui clôture l’album ? Un esprit année 80, on a cette impression de Depeche Mode revisité sauce Ministry, digne des boîtes de nuit. Même si le morceau reste envoûtant, bien mené, c’est carrément surprenant, cette connotation New Wave.
Al Jourgensen aurait-il perdu de sa verve ?
Avec un titre comme « HOPIUMFORTHEMASSES » emprunté à une célèbre phrase de Karl Marx ont pouvait s’attendre à plus de ferveur et de poings sur la table.
Ce seizième album reste un bon moment d’écoute, néanmoins on reste sur sa faim et on a hâte que Ministry clôture sa carrière par l’excellence.
Tracklist :
1. B.D.E. (4:28)
2. Goddamn White Trash (feat. Pepper Keenan) (4:44)
3. Just Stop Oil (4:00)
4. Aryan Embarrassment (feat. Jello Biafra) (5:59)
5. TV Song 1/6 Edition (3:19)
6. New Religion (5:06)
7. It’s Not Pretty (5:06)
8. Cult of Suffering (feat. Eugene Hütz) (6:13)
9. Ricky’s Hand (3:42)
L’année 2024 s’annonce riche en bonnes sorties musicales et plus particulièrement en death metal. Effectivement, le premier semestre n’est même pas fini qu’un certain nombre de groupes issus de ce sous-genre nous ont régalé musicalement parlant. On peut citer Deicide, Party Canon et Skeletal Remains, mais la liste est, bien sûr, non exhaustive. Depuis le début de l’année, Gatecreeper, un groupe en provenance d’Arizona aux États-Unis, met le paquet sur sa page Instagram pour mettre en exergue la sortie de son nouvel opus Dark Superstition qui est sorti le 17 mai dernier. Ils sponsorisent leur clip vidéo The Black Curtain, et il faut le dire, les trois chansons servant de teasing sont plus que convaincantes. Le line-up composé de cinq membres est assez stable puisque trois d’entre eux sont actifs depuis la création du groupe en 2013. Force est de constater que les Arizoniens ont déjà conquis la communauté metal avec leurs deux premiers opus et différents EP/split. Qu’en est-il pour Dark Superstition ?
https://youtu.be/-wlPEoBmFGE
Gatecreeper nous en met plein les oreilles dès le démarrage de l’album avec le premier morceau intitulé « Dead Star ». En effet, le ton est donné, le groupe veut marquer les esprits et nous le fait ressentir dès les premières notes, les premiers riffs et le chant poignant de Chase Mason. Arrêtons nous par ailleurs sur la voix de Chase : elle se veut stridente, percutante et apporte une puissance époustouflante à chaque chanson. Dark Superstition nous étreint par l’émotion tant il déborde de mélancolie, de rage et de puissance. C’en est presque indescriptible, il est assez rare de ressentir cela pour un album de death metal classique. « The Black Curtain » est probablement le morceau le plus percutant le plus intense décrivant parfaitement les émotions expliquées plus haut. Bien qu’étant une immense fan de death old school, rares sont les morceaux de death qui me procurent un tel sentiment. L’atmosphère de cet album me rappelle certaines chansons cultes tels que Left Hand Path du mythique groupe suédois Entombed et Life Another Shape Of Sorrow de Dismember. De plus, Dark Superstition a une aura presque doom death de par ses riffs lourds, certains passages plus lents rappelant des groupes comme October Tide, Paradise Lost voire les premiers albums de Katatonia. Le chant guttural mêlé à une instru très puissante apportent une touche désespérante voire destructrice/chaotique.
https://youtu.be/jtYRHkssqDo
Ce nouvel opus se démarque très clairement des projets précédents du groupe notamment de l’EP An Unexpected Reality sorti trois ans plus tôt. Ce dernier se voulait plutôt death/grind, beaucoup plus énervé avec des passages rappelant pas mal Napalm Death, bien que le dernier son nous laisse entrevoir ce que va être Dark Superstition. Ce nouvel opus met en lumière le talent incontestable du groupe, la solidité de ce dernier et surtout sa capacité à explorer le death metal sans rester dans sa zone de confort. Gatecreeper frôle la perfection, le seul reproche que l’on peut faire concerne la gamme instrumentale qui est un peu redondante même si ce n’est pas très dérangeant. Toutes les chansons sont excellentes et l’album s’écoute rapidement, moins de 40 minutes environ, il passe tellement vite. On peut le réécouter plusieurs fois de suite sans se lasser. Par ailleurs, la pochette choisie par Gatecreeper est sublime : elle correspond parfaitement à l’univers du groupe, une pochette colorée, percutante mais plutôt minimaliste.
Pour finir, ce nouvel album ne vous laissera pas de marbre : son atmosphère, sa puissance et sa sincérité vous toucheront dès le départ. Il s’agit probablement du meilleur projet de Gatecreeper et il est pour le moment mon album favori de l’année 2024. Trente-quatre ans après le mythique Dark Recollections de Carnage, Gatecreeper marquera les esprits en réalisant le majestueux Dark Superstition. Ce chef d’œuvre met en lumière un point essentiel : le death metal a encore de beaux jours devant lui !
Tracklist :
1. Dead Star 3:41 2. Oblivion 3:11 3. The Black Curtain 3:18 4. Masterpiece Of Chaos 3:24 5. Superstitious Vision 3:52 6. A Chilling Aura 3:54 7. Caught In The Treads 3:35 8. Flesh Habit 3:51 9. Mistaken For Dead 2:41 10. Tears Fall From The Sky 5:51
Salut les gens ! Sortez les enfants de la pièce, nous allons parler du dernier né d’Aborted, à savoir « Vault Of Horrors ».
Pour cette galette sulfureuse, la bande à Sven a eu la riche idée de s’inspirer, de titre en titre, de films d’horreur. Par exemple, « Death Cult » a été créé en pensant à « Massacre à la tronçonneuse ». Mais ce n’est pas tout, car ils ont invité un chanteur différent pour chaque composition. Jason Evans d’Ingested pousse la voix sur « Insect Politics », Hal Microutsicos d’Engulf s’exprime sur « The Golgothan, etc… D’ailleurs, j’ai mis la liste en début de chronique.
Et musicalement cela donne quoi ? Et bien un bon album qui cartonne le « pois chiche » comme aurait pu dire Tonton Zegut. Le coté horrifique, on le sent bien dans des titres comme « Dreadbringer », mais pas que.
Dans cette galette, leur death est dense, brutal, bien sûr, mais aussi porteur, parfois, d’une certaine musicalité presque mélodramatique ce qui est le cas pour « Dreadbringer », mais aussi « Hell Bound ». Une sorte de majesté dédiée au brutal qui donne un relief particulier à leur metal.
On y découvre aussi des traits un peu thrashy qui peuvent alterner avec de l’ultra violence (“Brotherhood Of Sleep”). On peut également passer de pointes hardcore tranchées comme des lames de rasoir avec un groove « concassé » (“Death Cult”).
Bref, une certaine variété marque de son sceau cet album. Personnellement, mes deux titres préférés sont « Insect Politics », ultra rapide, hypnotique au riff thrashy répétitif avec un passage à la Slipknot et « Malevolent Haze » avec son coté malsain, suffocant entre technicité qui virevolte et passages lourds.
De plus, la diversité des chants, même s’ils ont tendance à se ressembler (le style oblige.), donne un plus pour nourrir la bête.
Prenez « The Golgothan », les mots qui se débitent à la vitesse d’une mitraillette dans une joute verbale supersonique force le respect pour la prouesse artistique que cela inclut.
Bref, un album qui arrive là où on ne l’attendait pas, cohérent, maîtrisé malgré sa violence nuancée d’un tas d’éléments différents. Bien plus que pour fan de brutal death, mais aussi pour amateur de metal mort tout court.
Une réussite !
Tracklist :
1. Dreadbringer (5:30)
2. Condemned to Rot (2:56)
3. Brotherhood of Sleep (3:55)
4. Death Cult (3:40)
5. Hellbound (4:47)
6. Insect Politics (1:44)
7. The Golgothan (4:19)
8. The Shape of Hate (4:17)
9. Naturom Demonto (4:03)
10. Malevolent Haze (4:53)