Il m’aura fallu du temps pour chroniquer cet album. En effet, après l’avoir récupéré pour cette chronique, j’avoue que ce n’était pas simple de retranscrire l’ambiance et l’atmosphère de cet album, et même du groupe en général. Mais après m’être fait la main sur d’autres sorties, il est enfin temps de me pencher sur ce projet et de vous offrir une analyse que j’espère à la hauteur. J’espère également qu’elle vous donnera envie de découvrir cette formation unique.
Les premiers mots qui me viennent à l’esprit en écoutant « Memoria Viva » sont recherché, complex, perché, construit et surtout original. Le projet parallèle de Martín Méndez, le bassiste d’Opeth, se distingue immédiatement par son audace et sa capacité à explorer des territoires sonores inédits. Loin de se contenter des schémas traditionnels du metal progressif, White Stones propose ici un univers à la fois sombre et envoûtant, rempli de nuances, de transitions surprenantes et d’une production léchée.
Avec « Memoria Viva », leur troisième album, White Stones confirme sa capacité à évoluer tout en conservant une base solide d’identité sonore. Si les deux premiers albums montraient déjà une nette maîtrise de l’instrumentation et une approche réfléchie de la composition, ce nouvel opus va encore plus loin dans l’exploration de nouvelles textures musicales. L’album s’ouvre sur une atmosphère caverneuse, presque rituelle, et dès les premières notes, on est plongé dans un décor pesant. La basse de Méndez, grave et hypnotique, instaure une tension palpable, tandis que les guitares se dévoilent progressivement, souvent avec des harmonies inquiétantes.
Les influences jazz et psychédéliques se mêlent subtilement au metal, particulièrement dans des morceaux comme « Zamba de Orun », où un passage de basse fretless, accompagné d’une flûte traversière, nous transporte dans une ambiance tribale inattendue. Ce type de contraste, où des moments presque méditatifs succèdent à des explosions de distorsion et de chant guttural, est l’une des grandes forces de l’album. Chaque morceau semble raconter une histoire propre, mais sans jamais perdre de vue l’unité globale de l’œuvre.
La complexité et la richesse de « Memoria Viva » ne se limitent pas à sa diversité musicale, mais aussi à l’agencement des morceaux. On trouve des passages instrumentaux courts mais intenses comme « Somos », une transition purement bassistique, qui permet de respirer avant de plonger dans des compositions plus denses comme « Grito al silencio ». Ce dernier est particulièrement marquant, alternant entre moments de silence et explosions rythmiques, toujours guidé par une basse omniprésente et une batterie maîtrisée. Les variations de style et les ruptures dans la dynamique font de ce morceau un des plus captivants de l’album.
Un autre élément marquant est l’approche plus heavy metal de certains titres comme « Vencedores Vencidos », où la voix saturée d’Eloi Boucherie prend une tournure différente, laissant de côté les growls gutturaux au profit d’une approche plus rocailleuse. Cela montre la volonté du groupe de ne pas se restreindre à un seul spectre vocal, tout en restant fidèle à une technique instrumentale irréprochable.
L’album se clôt avec « Yemayá », un morceau instrumental où la flûte revient, cette fois dans un registre plus apaisant, presque mystique. Une belle manière de conclure cette œuvre riche et complexe, en douceur après l’intensité des morceaux précédents.
« Memoria Viva » est le troisième album de White Stones et il ne déçoit pas. En mêlant metal progressif, influences jazz, éléments tribaux et ambiances psychédéliques, le groupe parvient à créer un univers unique où chaque morceau est une invitation à explorer de nouveaux horizons. Grâce à une production impeccable et un équilibre parfait entre technique et émotion, cet album s’impose comme une œuvre majeure de la scène metal progressive actuelle.
Premier solo de la muse d’EpicA, « Vermillion » est une collaboration bicéphale entre la magnifique Simone Simons avec le multi instrumentiste hollandais Ayreon. Alors forcément, si on aime EpicA, c’est mieux car bien que différent et plus personnel, le duo nous propose 10 titres de metal symphonique, tirant sur l’électro, dont les morceaux les plus véloces rappellent forcément un des fers de lance du style depuis plus de 20 ans.
Typiquement, « Cradle to the Grave » avec Alissia White Guss d’Arch Enemy, pourrait avoir été écrit et grogné par Mark Jansen, tête pensante d’EpicA. Tout comme « The Core » titre particulièrement efficace qui aurait sa place dans une set list des Bataves. « The weight of my world » plus mid-tempo me rappelle Sons of the Seasons, side project d’Oliver Palotai, clavier chez Kamelot, et accessoirement compagnon de Simone dans la vie. « Vermillion » étant une teinte rouge, tirant vers le rouge sang, normal de trouver un morceau tel que le martial « R.E.D. » qui navigue vers l’industriel avec son refrain mammouth. Une belle surprise.
L’album propose une alternance de morceaux péchus, voire agressifs et d’autres plus solennels dans lesquels la soprano nous prouve – si besoin en était encore – toute l’étendue de sa palette vocale. Du prenant « in Love we rust », au planant « Dystopia », très Nightwish et pourvu d’un magnifique solo de fin en passant par « Fight or Flight », sorte de power ballade, soutenue par un violoncelle d’Apocalyptica, l’ensemble est cohérent même si on aurait préféré un peu moins de symphonie et davantage de metal… mais ça, c’est la formule EpicA .
Finalement, cet album solo est plutôt réussi et comblera les fans de la belle et les amateurs de metal symphonique en général.
Tracklist:
Aeterna 6:02
In Love We Rust 4:46
Cradle To The Grave (feat. Alyssa White Gluz) 3:59
On ne présente plus Alcest, présent sur la scène depuis plus de vingt ans. Leur dernier opus, « Les chants de l’Aurore », le septième pour être précis, nous emmène voyager dans leur monde comme ils savent si bien faire.
Tout en finesse avec des envolées black metal, j’avoue avoir été surpris, les compositions sont toujours finement élaborées.
L’album est moins sombre que ses prédécesseurs et tout aussi envoûtant.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, je les invite à écouter ce petit joyau.
Ce premier album de Octoploid est une véritable surprise. Dès les premières notes, on est frappé par la diversité et l’originalité du groupe, qui mêle habilement le rock des années 70/80 avec le heavy et le death metal d’aujourd’hui. Le résultat est un cocktail musical étonnant, où les sonorités vintage se marient à des éléments plus modernes pour créer une atmosphère singulière et immersive. https://www.youtube.com/watch?v=b28tz6kKXyQ
Le groupe démontre une maîtrise impressionnante des styles, passant d’un chant growl caverneux à des passages chantés en clair, souvent avec des voix qui rappellent l’acoustique d’une église. Ce mélange se retrouve dès le premier morceau, The Dawns In Nothingness, qui débute sur une introduction orchestrale digne d’Ennio Morricone, avant de plonger dans un heavy metal puissant où les riffs de guitare reprennent la ligne mélodique de l’introduction. Le mixage volontairement old school renforce cette impression de voyage dans le temps, avec des claviers, basses et guitares qui évoquent une époque révolue, tout en s’intégrant parfaitement à l’ensemble. L’album ne se contente pas de répéter les mêmes recettes. Chaque morceau apporte une nouvelle dimension à cet univers éclectique. Par exemple, Coast Of The Drowned Sailors explore des riffs de guitare mélodiques et complexes, où l’absence d’accords simples donne une profondeur supplémentaire à la composition. Le morceau aurait cependant gagné à un meilleur traitement du chant growl, qui manque un peu de relief, même si l’approche brute des instruments semble être un choix délibéré.
Le morceau Human Amoral illustre bien cette dualité entre puissance et mélodie. Avec ses chœurs imposants et sa mélodie guerrière, il parvient à captiver l’auditeur malgré un mixage qui ne met pas toujours en valeur les éléments les plus intéressants, notamment les passages instrumentaux inspirés de Pink Floyd. La structure rythmique de l’album est d’ailleurs souvent similaire, ce qui peut donner une impression de répétition, même si les variations instrumentales suffisent à maintenir l’intérêt. Les morceaux comme Shattered Wings et Beyond The Aeons continuent d’explorer ces ambiances contrastées. Shattered Wings se distingue par son riff lourd et lent, accompagné d’un chant growl lointain, tandis que Beyond The Aeons propose un début plus doux et lumineux, avant de revenir à une structure plus classique. Les claviers vintage, omniprésents, ajoutent une touche majestueuse à l’ensemble, offrant un contraste intéressant avec les passages plus lourds et sombres de l’album. En résumé, cet album est une œuvre dense et riche, où chaque écoute révèle de nouveaux détails. Le groupe parvient à fusionner des influences disparates en une entité cohérente, tout en conservant une identité propre. Malgré quelques défauts de mixage, l’ensemble est captivant, original, et mérite d’être découvert par les amateurs de musique qui n’ont pas peur des mélanges audacieux.
Tracklist :
The Dawns In Nothingness
Coast Of The Drowned Sailors feat. Tomi Koivusaari
Que font le bassiste qui chante Ryan Waste et le guitariste Nick Poulos quand il ne sont pas pris par Municipal Waste ni par Volture, leurs deux autres groupes ?
Ils jouent pour un autre ! Bonne réponse !
Entre le crossover / thrash metal du premier et le heavy metal du second, il fallait bien trouver un compromis : c’est ce que Bat leur propose.
Adjoints des services du batteur Chris Charge (Ultimate Disaster) qui a remplacé Felix Griffin (Condemned Unit, ex-M.O.D., ex-D.R.I., ex-Blunt Force Trauma…) en 2019, le groupe de la chauve-souris revient avec ce second full length “Under the crooked claw” huit ans après l’énervé “Wings of chains” malgré un EP “Axestasy” en 2019.
Et Bat n’a pas change son propos malgré toutes ces années : toujours axée sur un heavy / speed metal punkisant, le trio perpétue son amour du metal old school fortement influencé par Motörhead – desquels ils avaient repris “Speedfreak” en single en 2014 – et toute cette vague de la NWOBHM qui avait accéléré le tempo dans la première moitié des eighties.
Alors bien sur, ça ne casse pas trois neurones à un connard, mais là où Bat blesse, c’est avec sa capacité à nous distiller treize titres relativement courts qui vont directement à l’essentiel !
On ne va pas pas crier au génie, le trio ne brille vraiment pas par son originalité mais tous les fans de la bande du regretté Lemmy, ainsi que ceux des Warfare, Venom, Razor ou Whiplash vont y aller de leur secouage de tête tout azimut.
Parce que, on ne va pas se mentir, Bat ne fait pas dans la prétention : les trois gaillards se font plaisir en nous collant une musique sans compromis, qui ne s’embarrasse pas de superflu avec l’unique but de passer du bon temps.