Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10
Et hop !
Le groupe allemand Destruction nous propose une nouvelle galette !
Du coup, quand un dinosaure du genre s’emballe d’un nouveau méfait, les avis peuvent être contrastés.
En découvrant ce “Birth Of Malice”, seizième du nom, certains diront : « Destruction fait du… Destruction, donc pas de surprises à avoir ».
Après, c’est bien exécuté, avec des musiciens de haut niveau, un mixage qui assure et une rage que les années n’ont pas trop émoussée.
D’autres affirmeront que c’était mieux avant, et ils n’auront pas tort, en considérant que ce qui a été, ne peut plus être. Cela dit, être toujours présent après toutes ces années et dans cette forme, il faut quand même le faire.
En ce qui me concerne, au-delà des avis cités plus haut et dans lesquels je me retrouve, cet album s’il ne crée pas la surprise, est efficace.
Cavalcade de solos (“Destruction”), les deux guitaristes étant plutôt époustouflants, le tout porté par une section rythmique rentre dedans et la voix de Schmier inimitable et coléreuse.
Petits riffs typiques qui accrochent comme sur « No Kings – No Masters », un de mes titres préférés. Compositions rapides et fielleuses qui enfoncent le mur du quotidien (“God of Gore”).
Et puis d’autres morceaux comme « A.N.G.S.T. », au tempo lent franchement taillé dans du heavy metal.
Refrains mélodiques et accrocheurs comme sur « Evil Never Sleeps » et cerise sur le gâteau une reprise survitaminée d’une composition d’Accept « Fast As a Shark ».
C’est bien fait avec cette efficacité allemande que l’on connaît.
Pour certains, un album qu’ils s’écouteront en boucle et pour d’autres un « oui pas mal » et qui finira peut être aux oubliettes.
Perso, une galette honnête, solide qui ne crée pas la surprise, mais qui fait dire : « Destruction fait de la destruction ! ».
Et, au-delà de l’écriture, ce qui me scotche, c’est que malgré les ans, ces « vieux » groupes ne perdent rien de leur rage primale.
Alors un bon moment !
Tracklist :
Birth of Malice (1:00)
Destruction (5:22)
Cyber Warfare (4:24)
No Kings – No Masters (4:10)
Scumbag Human Race (4:16)
God of Gore (4:10)
A.N.G.S.T. (5:09)
Dealer of Death (4:55)
Evil Never Sleeps (4:28)
Chains of Sorrow (4:12)
Greed (4:59)
Fast as a Shark (reprise Accept) (3:28)
Presque 5 ans ont passé depuis l’excellent « Weapons of tomorrow ». C’est dire si on l’espérait ce nouvel album – le septième – des californiens de Warbringer ! Déjà 20 ans que la bande de John Kevill (chant) nous agresse les oreilles avec son thrash moderne et puissant, à tel point qu’en se promenant sur la toile, ils sont déjà qualifiés de vétérans par certains médias spécialisés !
De cette expérience, Kevill et Cruz (Carlos, batteur et principal compositeur du groupe) sont désormais capables de nous proposer un thrash puissant, faisant la part belle aux pierres angulaires du genre (Strike from the Sky, the Jackhammer). Ils nous proposent aussi, depuis « Woe to the Vanquished » en 2017, des morceaux progressifs plus longs et plus intéressants avec des ambiances prenantes comme « Cage of Air » ou « Through a Glass, Darkly ». C’est d’ailleurs là que je les attendais, car depuis « Firepower kills », ils excellent dans l’exercice avec des pépites telles que « Heart of Darkness », « King of Fools » ou l’épique « Defiance of Hate ». Et d’entrée, je ne suis pas déçu car dès l’énorme titre d’ouverture « The sword and the cross » tout est là : une intro lourde, un riff hargneux, la voix possédée de Kevill, un refrain percutant et un break de feu pile au milieu du morceau (3mn), suivi d’une belle montée avant une paire de soli impeccable. Un régal !
Si derrière, le premier single de l’opus « A better world » nous rappelle pourquoi on aime Warbringer à la base avec ce thrash old school en mode bulldozer, brutal et efficace, version Testament (tout comme « Strike from the Sky » avec ce cri façon Petrozza), « Neuromancer » nous ramène dans la catégorie thrash progressif avec cette délicieuse intro à la basse et un riffing bien lourd, soutenu par la double pédale.
L’occasion de mettre en avant la qualité de la section rythmique Cruz / Bryant, qui donne tant de volume et de puissance à cet album. Mais revenons-en à « Neuromancer », dans lequel on notera l’accélération du pont avec encore une terrible paire de soli digne des grandes heures de Kreator.
On continue sur des perles plus progressives avec « Through a glass, darkly » et la première intro au son clair qui fait du bien après 20 mn de déferlante sonore. C’est un morceau très heavy, qui me rappelle un peu « In my darkest hour » de Megadeth avec un pré-refrain très solennel et un refrain au son clair mais avec la voix d’outre-tombe de Kevill qui fout les poils. C’est une belle réussite (et le solo, on en parle du solo !?!?).
Je terminerai avec les deux tueries qui concluent ce qui sera certainement le meilleur album de thrash de l’année. « The last of my kind » est une nouvelle fois épique avec un riff principal puissant et accrocheur. Le pont mid tempo est bien construit. Il y a des soli et une fin de morceau, presque maidenienne, qui termine l’opus sur une note céleste. Mais c’est bien entendu « Cage of Air », qu’il va falloir écouter et réécouter pour savourer toute la créativité du duo Cruz/Kevill. Ce dernier m’a d’ailleurs confié pendant notre interview*, que c’est le premier morceau qu’ils ont écrit pour « Wrath and Ruin ». Le refrain est mortel et l’accélération du pont me rappelle le mythique « Symbolic » de Death. C’est la régalade absolue pour les amateurs de thrash, avant de terminer sur une magnifique mélodie à la guitare sèche. Quant à la conclusion, elle est grandiose. « Cage of Air » est un morceau absolument génial !
Vous l’aurez compris, Warbringer continue de nous envoyer son thrash moderne, inspiré et bien produit et a trouvé la balance entre poutrage en règle et morceaux mid tempo intelligemment écrits. Pour ma part, un des albums de l’année, c’est certain !
: interview bientôt disponible sur votre webzine favori
Titres Phares : « Cage of Air », « The sword and the cross » et « Neuromancer ».
Alors, vue la pochette méga flippante et un poil malsaine, je n’aurais pas connu Subway To Sally, jamais je ne me le serais mis en écoute. J’aurais eu trop peur de me retrouver avec du gros black ou death metal qui tâche. Mais là, c’est quand même le quinzième album de ce groupe allemand donc je sais que leur came à eux, c’est le folk metal chanté en allemand.
Pour la petite histoire, leur album précédent avait été annoncé comme celui qui mettrait fin à leur carrière mais, contre toute attente, voilà les Subway To Sally de retour.
Et ce « Post Mortem » nous prouve qu’ils sont bel et bien là. Normalement, je devrais me sentir très loin de ma zone de confort de par le style et la langue mais là, j’adore. Que ce soient les morceaux, l’ambiance, la voix ou les refrains, cet album me donne la pêche et me donne envie de faire la fête avec une pinte de boisson houblonnée.
Je suis content qu’ils n’aient finalement pas raccrochés les médiators, les baguettes et les micros car c’est un groupe à part mais qui me manquera quand il arrêtera pour de vrai. En plus, un groupe qui chante en allemand et que j’aime, c’est assez rare pour être signalé !
Ce « Post Mortem » est un album à avoir dans sa collection. 4 pics pour eux.
“Humanoid” est le dix-septième album studio du groupe allemand de heavy metal Accept, sorti le 26 avril 2024.
Pour ce dix-septième album, la célèbre formation teutonne nous offre l’un des meilleurs albums de sa carrière.
« Humanoid » est d’une redoutable modernité, d’une incroyable efficacité et fait montre d’une grande sensibilité. Le chant est parfait, les guitares à l’unisson et l’ensemble est d’une solidité à toute épreuve. Du très grand Accept !
Ce qui frappe à l’écoute de “Humanoid”, c’est son dynamisme. Accept est en forme et signe des morceaux heavy comme « Diving Into Sun », « Humanoid », « The Reckoning » et « Unbreakable ».
Les refrains avec chœurs sont efficaces dans un esprit métal teutonique. Mark Tornillo assure avec sa voix rocailleuse.
Personnellement, j’ai eu du mal à me passer d’Udo Dirkschneider comme chanteur d’Accept mais j’avoue que Mark Tornillo reprend bien le flambeau, surtout sur ce dernier album.
Accept continue et ce, pour notre plus grand plaisir.
Tracklist :
1. Diving into Sin (4:00)
2. Humanoid (4:35)
3. Frankenstein (4:14)
4. Man Up (5:08)
5. The Reckoning (4:34)
6. Nobody Gets Out Alive (4:06)
7. Ravages of Time (4:15)
8. Unbreakable (4:52)
9. Mind Games (4:05)
10. Straight Up Jack (3:27)
11. Southside of Hell (4:56)
Samael faisant partie de la scène metal depuis 1987, nul doute que personne n’ignore qui ils sont ; je ferai donc vite pour ce qui est des présentations. Après des débuts dans un black quasi originel, la formation helvète a acquis ses lettres de noblesse avec, entre autres, un « Ceremony of Opposites » qui a fait grand bruit en son temps. Seulement voilà, les quatre comparses n’étant pas du genre à s’assoir sur leurs lauriers, ils ont, au grand dam des fans de la première heure, fait évoluer leur registre musical qui s’apparente désormais à du metal industriel et électronique. Ayant été fan du groupe au début des nineties, autant dire que le choc fut brutal et que, pour ma part, je ne suis pas passé de « Baphomet’s Throne » à « Moonskin » en un claquement de doigts ! Il m’a fallu un peu de temps mais, comme disait le poète, avec le temps va, tout s’en va et j’ai continué à les suivre avec une approche différente.
Bref, tout ça, vous le savez déjà, alors quoi de neuf du côté du Valais en ce début d’année ?
Nos Suisses reviennent dans les bacs en proposant l’entièreté de leur album « Passage », enregistré en live à Cracovie, à l’occasion du dernier concert européen de la tournée qui avait marqué le vingt-cinquième anniversaire de sa sortie… Album qui a marqué à l’époque leur tournant musical !
Alors, Samael n’ayant pas sorti d’album depuis « Hegemony » en 2017, on aurait espéré un nouvel album, il faudra attendre et se contenter, si je puis dire, de cet opus live, qui, soit dit au passage (elle était facile celle-là), n’est pas qu’une pale copie live de la version studio.
En effet, on sent que la salle au complet est en osmose avec le show proposé ce soir-là ! L’intensité qui se dégage dans l’interprétation parfaite et boostée à grand renfort d’énergie est palpable à chaque instant.
Comme toujours, Samael ne laisse rien au hasard ; perfection musicale recherchée tout en faisant participer le public, donnant une réelle seconde vie à chacun des titres.
Bien que le black de la première heure ne soit plus à l’ordre du jour, il règne toujours une atmosphère sombre voire oppressante parfois, pour laquelle la voix si caractéristique de Vorph n’est pas étrangère, tout comme la lourdeur des tempos, Xy semblant être déchainé derrière son clavier et l’orchestration dont il assure la tenue. Alternance d’allures, martiale comme sur « Jupiterian Vibe » et plus rapide, voire déchainée comme sur « The Ones Who Cames Before » durant lequel Vorph exhorte le public à participer, toujours exécutées avec conviction et détermination. « Moonskin » apporte une forme de répit après une succession de titres massifs et puissants.
La production est de très belle facture pour un album live, permettant d’apprécier chaque morceau de la meilleure des manières tout en ressentant l’ambiance de la salle.
Alors même si cette sortie n’est pas une vraie nouveauté en soi, c’est un live millimétré, envoyé avec la précision d’une horloge, forcément suisse, et une force intacte, que Samael nous propose en ce début d’année. De quoi passer quarante-cinq minutes avec du gros son dans les esgourdes pour échapper à l’atmosphère moribonde du moment !
Tracklist :
1. Passage 1:03
2. Rain 4:01
3. Shinning Kingdom 3:32
4. Angel’s Decay 4:00
5. My Saviour 4:07
6. Jupiterian Vibe 3:38
7. The Ones Who Cames Before 3:57
8. Liquid Soul Dimension 4:04
9. Moonskin 4:29
10. Born Under Saturn 4:25
11. Chosen Race 4:17
12. A Man in Your Head 4:17