Que du plaisir de réécouter du Marty Friedman. Même si j’ai pris quelques distances avec sa discographie, cet album m’a apaisé comme un baume pour l’âme. La production est impeccable, chaque note et chaque arrangement trouvent leur place naturellement.
L’album débute en douceur avec « Illumination », où la virtuosité de la guitare s’entrelace magnifiquement avec un clavier subtil. Le tempo lent et la mélodie douce créent une atmosphère presque paradisiaque, teintée de mélancolie.
Cette ambiance se prolonge à travers les morceaux suivants, enrichis par l’ajout de violons qui évoquent une influence classique raffinée.
Des compositions comme « Song for an Eternal Child » et « Triumph » illustrent parfaitement la fusion de la guitare, du piano et du violon. Elles alternent entre passages puissants et moments plus minimalistes, toujours orchestrés avec finesse. Cette capacité à mêler harmonieusement des éléments mélodiques et orchestraux rappelle l’approche de groupes tels que Dream Theater et Devin Townsend.
L’album explore également des sonorités rock-metal avec des titres comme « Thrill City », qui nous transportent dans une ambiance des années 90 avec ses solos de guitare et une conclusion intrigante où les instruments semblent diverger, offrant une fin brutale mais captivante.
« Dead of Winter » introduit le chant, apportant une dimension différente avec une ballade rock simple mais efficace. « A Prayer » et « Acapella » offrent des moments méditatifs et introspectifs, où la pureté des mélodies et des voix crée une atmosphère quasi sacrée.
Les compositions plus sombres comme « Tearful Confession » évoquent des thèmes dramatiques et poignants, rappelant les bandes sonores de films ou de séries comme Saint Seiya. Cette pièce se distingue par sa beauté mélancolique et son intensité émotionnelle.
Malheureusement, la dernière piste, « 2 Rebeldes (Dead of Winter) (Spanish Version) », déçoit avec un chant en espagnol qui ne semble pas s’harmoniser avec la musique, concluant l’album sur une note moins satisfaisante.
En résumé, cet album de Friedman est une véritable exploration musicale, mêlant avec talent douceur, mélancolie et virtuosité pure.
Avec une production soignée et des compositions captivantes, il séduira les fans tout en apaisant les âmes en quête de nouvelles découvertes musicales.
Tracklist :
01. Illumination
02. Song for an Eternal Child
03. Triumph (Official Version)
04. Thrill City
05. Deep End
06. Dead of Winter
07. Mirage
08. A Prayer
09. Acapella
10. Tearful Confession
11. Icicles
12. 2 Rebeldes (Dead of Winter) (Spanish Version)
Si on nous demandait de faire un petit tour en DeLorean pour aller revisiter la deuxième moitié des eighties, le nouvel album “Feel the heat” des Anglais de Nitrate pourrait bien se retrouver dans l’autoradio, tant ces onze nouveaux titres fleurent bon le hard FM des Night Ranger, Journey, Bon Jovi ou autres Def Leppard voire Sammy Hagar de cette grande époque, celle où les “Raised on radio”, “Man in motion”, “Slippery when wet”, “Hysteria”, “V.O.A.”, “Agent provocateur”, “Wings of heaven” ou “Too hot to sleep” mettaient en émoi jusqu’au plus endurci des hard rockers.
Parce que Nitrate, c’est cet AOR directement issu de cet époque, avec ces nappes de claviers aussi omniprésentes que caractéristiques, ce chant des plus brûlants, ces riffs accrocheurs, ces solos aux petits oignons et surtout, ce talent de composition qui permet de nous coller des chansons des plus addictives.
Oui, Nitrate nous envoie son quatrième album “Feel the heat” (si ça, ce n’est pas une référence d’un méga hit de Jean Beauvoir) après “Real World” (2018), “Open wide” (2019) et “Renegade” (2021), avec onze titres qui n’auraient pas fait tâche sur la bande originale d’un film pour adolescents des années 80 ou sur la bande son de la série Miami Vice.
Et si la recette du genre reste toujours sensiblement la même, il faut reconnaitre à Nitrate d’avoir tout compris en ce qui concerne le hard FM d’il y a 35 ans.
Qu’on ne se leurre pas, chaque titre est un tube potentiel : au risqué de radoter un brin, il est fort à parier que cet album, fut-il sorti à cette époque, ferait très certainement partie des grosses ventes du genre tant il regorge de tout ce qui a fait le succès de cette musique.
Les guitaristes sont démentiels, le chant est un pur régal : que demander de plus ?
Même la (traditionnelle) ballade “One kiss (to save my heart)” avec la délicieuse Issa Oversveen passe comme une lettre à la poste et pourrait avoir sa place sur “Bad animals” de Heart.
Et, très franchement, si on me demandait quel est mon titre à écouter en priorité sur ce “Feel the heat”, je serais totalement incapable de répondre !
Magnifique !
Tracklist :
1. Feel the Heat (4:33)
2. All the Right Moves (3:54)
3. Wild in the City (4:49)
4. Needs a Little Love (4:17)
5. One Kiss (To Save My Heart) (featuring Issa) (4:44)
6. Live Fast, Die Young (5:16)
7. Haven’t Got Time For Heartache (3:45)
8. Satellite (4:37)
9. Strike Like a Hurricane (3:49)
10. Big Time (4:21)
11. Stay (4:23)
Que dire sur D.G.M. ?
Tout d’abord, j’ai découvert ces Italiens lors du Metalgresifest à Saint Vincent de Mercuze. Même la chaleur étouffante de la salle ne m’a pas empêché de rester devant leur concert. En effet, c’est le type de heavy prog que j’apprécie, même si mes goûts ont évolué dans le prog, on revient toujours aux origines.
C’est simple, si tu ne les connais pas et que tu aimes le prog dans le style de Dream Theater, Seventh Wonder, Kamelot, Symphony X, ou encore Vanden Plas, tu dois écouter cet album, et même les autres. D.G.M. nous propose ici son 11ème album en 26 ans d’activité.
Bref, parlons de « Life« , leur dernier opus, sorti en novembre 2023, trois ans après leur dernier album.
Le premier morceau, « Unravel The Sorrow », entre en scène avec une mélodie en majeur au clavier accompagnée d’une nappe d’accord avant d’attaquer un riff très heavy à l’ancienne, rappelant les belles heures du heavy metal. Ensuite, la chanson envoie un riff de guitare efficace dans la veine de Seventh Wonder, avant de poser un chant sur un fond de basse et une nappe de clavier très aérienne. Le chant clair est magnifique avec des envolées dans les aigus. Le refrain, très riche, est assez standard mais nous plonge dans l’ambiance. Clairement, si tu es amateur de heavy progressif, on s’y retrouve.
Le second morceau, « To The Cure », est un peu plus bourrin et énergique, se rapprochant des riffs de Symphony X, notamment avec l’entrée de guitare très virtuose et le riff très efficace et puissant. On a davantage de double pédale sur ce dernier, avec un clavier qui accompagne très bien les harmonies. Le chant est plus rythmé et plus grave dans l’interprétation. Le refrain démontre la maîtrise du guitariste avec une ligne complexe et virtuose sans prendre le dessus sur les autres musiciens. Quelques changements de rythmique batterie parsèment le morceau. On remarque tout de suite sur ce titre les inspirations de Nevermore de Symphony X. Le solo de guitare est bien amené, avec une non surcomplexité, suivi ensuite par un solo de clavier, puis un magnifique twin clavier/guitare à faire pâlir X Japan, dans la veine de ce qu’on pourrait écouter chez Dream Theater.
Passons à la suite de cet album qui semble prometteur.
Les deux morceaux suivants sont dans la même veine. « The Calling » reprend la même tonalité mais commence sur un tempo plus lent et amène sur les couplets une ambiance plus posée, où le chant et la basse/batterie sont plus mis en valeur. « Second Chance » reprend un tempo plus rapide et la même énergie que les morceaux précédents.
Concernant le morceau « Find Your Way », le cinquième de l’album, on note une teinte plus hard rock/heavy à l’ancienne dans l’approche, ce qui n’est pas pour me déplaire. On pourrait même voir un côté HardFM sur le refrain. Cela donne un bon vent de fraîcheur au milieu de l’album composé de dix morceaux.
Mais après ce bol rafraîchissant, le groupe repart avec « Dominate », mon morceau préféré de l’album. Technique, ce dernier propose des éléments plus durs dans l’approche et dans la composition. On sent que le groupe a cherché à changer légèrement d’ambiance tout en gardant un refrain très aérien.
Le morceau suivant, « Eve », qui est instrumental, continue sur cette lancée en ajoutant plus de groove. Il commence par une superbe guitare amenant un riff très mélodique mais criant, suivi par une batterie et une basse appuyant ce dernier. Sur la seconde partie du morceau, c’est le clavier qui prend le relais sur le lead, accompagné par des accords de guitare s’inspirant du jazz tout en gardant un son rock. Pour moi, c’est un très bon morceau instrumental.
En ce qui concerne les morceaux 8 et 9, le groupe reprend malheureusement un peu trop les mêmes gimmicks et le même ton, même si « Leave All Behind » est plus intéressant. Même si ces morceaux sont excellents et un plaisir à écouter, on aurait souhaité que le groupe sorte un peu des sentiers battus sur ces derniers pour éviter une redite.
Enfin, l’album se termine par le morceau « Neuromancer », le morceau un peu plus recherché sur l’écriture, et permet de conclure cet opus. Concernant la production, on est sur une très bonne qualité de mixage/master dans les standards du style. Pour ce point, rien à redire.
En conclusion, « Life » est un excellent album de D.G.M., offrant une expérience musicale solide pour les amateurs de heavy metal progressif. Malgré la complexité qui vient avec le statut de groupe bien établi dans le genre (c’est tout de même leur 11ème album), on regrettera le manque d’audace dans la volonté de se démarquer davantage et d’explorer de nouvelles pistes, que ce soit au niveau de la complexité de la composition ou de l’aspect musical.
Une exploration plus audacieuse aurait pu apporter une dimension supplémentaire à cet opus déjà formidable.
Tracklist :
1. Unravel The Sorrow
2. To The Core
3. The Calling
4. Second Chance
5. Find Your Way
6. Dominate
7. Eve
8. Journey To Nowhere
9. Leave All Behind
10. Neuromancer
Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5 /10
Lynch Mob est de retour avec un nouvel album qui a pour nom « Babylon » .
Cette fois-ci, il s’accompagne du batteur Jimmy D’Anda (ex-Bulletboys), du bassiste de Tantric Jaron Gulino et du chanteur Gabriel Colón. Le moins, que l’on puisse dire, c’est que le guitariste, nous offre une fois de plus, une offrande de qualité, malgré toutes ses années de route.
Effectivement, c’est toujours un plaisir de plonger dans son univers musical aux codes connus et reconnus, mais empreint d’un savoir-faire certain.
Tout au long de cet album, et pour écrire ma chronique, je me suis servi de références cultes afin d’agrémenter mon propos, histoire de faire « chanter mes mots » même si parfois, à dessein, les influences citées sont un peu exagérées !
Je me lance.
Prenez le titre d’ouverture, « Erase », d’emblée on se retrouve face à un bon titre nanti d’un refrain accrocheur et d’un solo aux « petits oignons ». « Time After Time » et « I’m Ready » respirent sur leur couplet une couleur de note à la Van Halen, alors que leur refrain a des allures à la Guns n’ Roses.
Riffing classique et hard rock énergique pour « Caught Up », alors que « How You Fall » nous fait revenir fin des 70’ début des 80’ avec un feeling assez proche d’un Deep Purple de ces années-là. Très bon titre. D’ailleurs sur le solo de « Fire Master » j’ai eu l’impression de voyager entre Blackmore et Satriani !
J’aime particulièrement « Million Miles Away » avec ses reflets à la The Cult dans le riffing et « Let It Go » porté par un groove percuté et ses accords éternels, composition qui accroche de suite le cervelet.
Quant au titre phare « Babylon », il est plus heavy que hard rock, enveloppé dans des harmoniques un peu arabisantes et un solo de première main !
Bref, au final, un album de hard rock sans surprise, mais frappé de la main d’un maître en la matière. Personnellement, un voyage auditif agréable et sympathique qui je pense ravira les fans.
Tracklist :
01 Erase (5:26)
02 Time After Time (4:59)
03 Caught Up (4:38)
04 I’m Ready (4:07)
05 How You Fall (4:51)
06 Million Miles Away (4:59)
07 Let it Go (4:02)
08 Fire Master (4:53)
09 The Synner (4:04)
10 Babylon (8:05)
Toute jeune formation brésilienne apparue en 2020, Icon of Sin semble vouloir ne pas perdre de temps ! Après un premier album éponyme sorti en 2021, qui les a clairement fait figurer au rang des groupes proposant un heavy inspiré des plus grands dans le domaine et convaincant, nos cinq lascars reviennent déjà avec « Legends », un opus d’une dizaine de titres pour, à n’en pas douter, un voyage au cœur du heavy dans tout ce qu’il a de meilleur !
A peine le riff d’entrée de « Cimmerian » lancé, la magie opère ! Welcome back to the eighties, l’époque où le heavy a connu son apogée avec des groupes d’anthologie qui, pour les meilleurs, passent à travers les âges en tenant toujours le haut du pavé !
Une section rythmique aussi solide qu’efficace, des soli distillés avec feeling et avec juste ce qu’il faut pour s’inscrire pleinement dans le style de heavy metal voulu, des mélodies accrocheuses et la voix de Raphael en harmonie totale, telle est la recette qui fait d’Icon of Sin un groupe de qualité !
Il est clair que les influences évidentes des monstres que sont Iron Maiden, Dio, Saxon ou encore Queenryche planent au-dessus d’Icon of Sin, mais essentiellement en guise de bonne étoile, car force est de constater qu’en termes d’inspiration, les Brésiliens sont au rendez-vous, proposant des compositions riches, variées et du plus bel effet ! Honnêtement, des titres comme l’excellent « The Scarlet Gospels », le surprenant « In the Mouth of Madness” ou encore le très bon ‘Hearth of the Wolf” auraient largement eu leur place au sein des groupes prestigieux sus-nommés que personne n’aurait rien trouvé à redire !
Les compositions transpirent le professionnalisme et il n’y a aucun faux pas durant les cinquante-cinq minutes qui nous bercent dans un heavy de très grande qualité sur tous les plans. Quel régal à chaque instant ! Chacun des musiciens bonifie par son jeu précis et juste (point trop n’en faut) les différents morceaux, sans en rajouter… Et lorsque qu’ils s’octroient une embardée, à l’instar du très bon solo de basse sur « Wheels of Vengeance », cela reste parfaitement en cible et ne déborde du cadre !
Même si cela peut paraître paradoxal, le heavy certes classique proposé par Icon of Sin sonne toutefois plutôt moderne, la production y étant probablement pour quelque chose, mais pas que ! Le fait de rester dans l’esprit du heavy classique ne les a pas enfermés et coincés dans les stéréotypes du genre, leur créativité jouant sur toutes les ficelles pour que leur musique ne soit pas un copier-coller sans saveur, « Terror Games », qui s’avère quasiment être une balade métallique, en atteste !
« Black Sails and Dark Water » vient clore l’album de manière magistrale, sans oublier au passage de nous rappeler au bon souvenir d’un certain « Rime of the Ancient Mariner » de qui vous savez !
Quelques mots sur la performance de Raphael dont la voix rappelle sans surprise celle de Bruce Dickinson dans tout ce qu’elle a de plus caractéristique et de majestueux ! Elle est immanquablement ce qui contribue grandement à forger l’âme et à la marque du groupe !
C’est un deuxième album somptueux que nous distille Icon of Sin avec « Legends » qui, espérons-le pour eux, contribuera à donner à leur carrière un destin digne de ceux qui leur ont montré la voie ! Well done, guys, et selon l’expression consacrée, merci pour ce moment !
Tracklist :
01. Cimmerian 05:57
02. Night Force 05:28
03. The Scarlet Gospels 07:51
04. In the Mouth of Madness 03:58
05. Hearth of the Wolf 04:40
06. Bare Knuckle 05:01
07. Wheels of Vengeance 04:32
08. Clouds Over Gotham Pt.2 – The Arkham Night 05:21
09. Terror Games 04:18
10. Black Sails and Dark Waters 07:08