Hyperia – The Serpent’s Cycle

Hyperia – The Serpent’s Cycle

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10

Le thrash peut prendre plusieurs visages (eh oui, n’en déplaise à ses détracteurs), se marier à d’autres genres. Le groupe Hyperia de Vancouver en est un vivant exemple.
Né en 2018, il nous propose son troisième opus, qui a pour nom « The Serpent’s Cycle ».
En ce qui me concerne, je m’attendais à du thrash old school, mais que nenni : dès les premières notes de « Ego Trip », j’ai presque eu l’impression de me retrouver dans le monde de Children Of Bodom pour le rendu mélodique de leur musique, la voix de goule passée au papier de verre de Marlee Ryley, l’agressivité acide de leur metal.
Et puis quand arrive « Automatic Thrash Machine », on se retrouve à surfer sur les vagues d’un thrash… bien thrash.
Après, il y a pas mal de facettes musicales sur lesquelles s’appuie cette formation. Prenez le morceau « Trapped in Time » ; je trouve qu’il a de faux airs d’un Helloween.

Et puis, il y a autre chose qui se dessine tout au long de cette galette dans le jeu des guitares et des harmonies que ces dernières empruntent : on est souvent dans des gammes néoclassiques.
Du coup, au sein d’un même titre comme par exemple « Psychosomatic », on a le droit à un mélange musical qui allie rage thrash, voix « ultra son » passant souvent en mode growl fielleux plutôt death et passages musicaux influencés par « la grande musique ».
Et pour ne pas lasser l’auditeur, on varie les ingrédients selon les morceaux. Après, il y a une autre constante chez eux, ce sont les tempos le plus souvent en mode « speed metal mélodique ».

Bref, je pense que vous commencez à entrevoir le tableau proposé par ces Canadiens.
Le mélange est savamment cuisiné.
Après, il vous faudra aimer les textures vocales coléreuses, aimant particulièrement monter dans « l’aigu », ainsi que les excursions néoclassiques.
Par contre, il y a une chose de palpable du début à la fin, l’agressivité nerveuse et mélodique de leur monde musical.
Bonne écoute !

Tracklist :

1. Ego Trip (4:41)
2. Automatic Thrash Machine (4:02)
3. Prophet of Deceit (4:16)
4. Psychosomatic (4:29)
5. The Serpent’s Cycle (5:04)
6. Trapped in Time (3:58)
7. Spirit Bandit (4:04)
8. Eye for an Eye (4:47)
9. Binge & Surge (3:44)
10. Deathbringer (5:31)
11. Crazy on You (reprise Heart) (5:03)

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Bewitcher – Deep Cuts & Shallow Graves

Bewitcher – Deep Cuts & Shallow Graves

Note du Soil Chroniqueur (Fast Freddy) : 8,5/10

 

Voilà maintenant une dizaine d’années que Bewitcher, trio américain de Portland – Oregon, sévit dans un black speed metal puissant et blasphématoire à souhait ! Après plusieurs demos qui ont marqué leurs débuts de carrière, ils ont enregistré trois albums qui constituent le cœur de leur discographie. Bewitcher revient à travers une compilation reprenant seize des plus illustres morceaux qu’ils ont composés au fil du temps, auxquels ils ont ajouté un cover de Mötley Crüe, pour pas moins d’une heure et cinq minutes à glisser dans nos oreilles !

La compilation s’ouvre avec « Manifesting Darkness », un single sorti cette année pour l’occasion et qui te plonge de suite au cœur du sujet ! Du speed à tombeau ouvert sur lequel le chant amène sa dose de black pour un mariage de circonstance qui a de quoi ravir les convives avec l’énergie qu’il contient dans des sonorités convaincantes. Aux rangs des témoins, on trouve l’authenticité d’un rock n’roll sévèrement burné, la simplicité des compositions qui ne s’embarrassent pas d’arrangements superficiels, ici tu auras tout du producteur au consommateur, et au diable les intermédiaires !
On note que pas moins de neufs titres sont issus de leur premier album sorti en 2016, dont les emblématiques « Speed ‘till You Bleed », « Black Speed Delirium » ou encore « Harlot of Hell » dont l’écoute nous replongent quelques années en arrière, en faisant toujours autant plaisir à nos conduits auditifs. Certains de ces morceaux figuraient déjà sur les demos du groupe, l’histoire jugera de leur intemporalité le jour venu !

Franchement, chaque titre se boit comme du petit lait ! Naaaaan, j’déconne, comme une grosse pinte que tu dégustes un jour de festival estival en plein cagnard, après avoir usé tes semelles comme un mongol dans le moshpit !
Malgré tous les titres qu’elle contient, cette compilation aurait largement pu déborder davantage, des morceaux comme « Hexenkrieg » ou « Too Fast for the Flames », ou d’autres du dernier album « Cursed by thy Kingdom » sorti en 2021 et dont aucune reprise ne figure ici, y auraient eu toute leur place !
Certains diront que Bewitcher s’était déjà fendu d’une compilation en 2015 avec douze morceaux qui sont repris ici, ce à quoi je leur répondrais que cela pourrait en effet être rébarbatif, mais pas dans le cas d’un speed-black de derrière les fagots comme c’est le cas ici ! Franchement, c’est de l’énergie en barre qui est livrée ici, de celle qui te bottera le cul les matins où tu n’auras pas envie de te lever ! Alors, dis-toi bien que des galettes de Bewitcher, il n’y en a jamais assez, ok !

Un petit mot sur la reprise de Mötley Crüe, « Bastard », qui ne figurera pas au registre des reprises d’opérette, boostant la version originale et la rendant plus agressive à travers le chant, pouvait il en être autrement ?… Vous avez deux heures !

Les amateurs de son old school en matière de speedblackthrash et même heavy sauront trouver dans cette compilation de Bewitcher, qui au passage ne se fout pas de la gueule du monde en proposant dix-sept titres, une galette qui les comblera ! Pour les autres, c’est une excellente occasion de découvrir un groupe qui joue cash, sans filet ni artifice, la musique qui coule dans ses veines !

 

Tracklist :

1. Manifesting Darkness 5:00
2. Our Lady of Speed 3:50
3. Bastard (reprise Mötley Crüe) 3:05
4. Speed ‘till You Bleed 2:28
5. Midnight Hunters 3:41
6. Rome is on Fire 3:38
7. Wild Blasphemy 4:10
8. Rebellion at the Gates of Heaven 4:32
9. Black Speed Delirium 4:32
10. Trial of Swords 3:31
11. Bewitcher 4:21
12. Sin Is in Her Blood 3:23
13. In the Night 5:06
14. Harlot of Hell 3:34
15. Hot Nights, Red Lights 2:51
16. In the Sign of the Goat 5:31
17. Hedgerider 3:29

 

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S.U.P. – Octa

S.U.P. – Octa

Note du Soilchroniqueur (Hostlost) : 9.75/10 (10 c’est pour Hegemony héhéhé)

Revenons, si vous le voulez bien, à l’époque de l’effervescence du Death Metal, à la toute fin des années 80, afin de comprendre le parcours des nordistes de S.U.P.
Les lillois de Loudblast, référence en matière de Metal extrême français, ont mis un gros coup de projecteur sur le Noôôrd avec leur premier album « Sensorial Treatment » et au début des 90’, des jeunes metalheads ont emboité le pas du « grand frère » avec des formations comme DagonScrotumNocturnal FearsSepulchralKrhomadeathInfestDisgust … Des consonances peu engageantes pour les non-initiés.

Etsicroxe, non loin de là, change de nom en Supuration et commence lui aussi à se faire un nom dans l’underground. Quelques années plus tard, le groupe de Wallers souhaite diversifier ses compositions en modifiant sa direction musicale, tout en gardant ses racines Death Metal. Les solides barrières de ce dernier ont été pulvérisées avec du chant clair sur «1308.JP.08 », titre figurant sur la compilation  Obsurum per Obscurius, et offre de nouveaux horizons et perspectives plus avant-gardistes. The Cube, premier album français à sortir un CD en Digipack sur le label Reincarnate Records sort fin février 1993. Pari suicidaire pour certains puristes (quelle hérésie de mélanger du chant non growlé à du Death Metal !), génie précurseur pour d’autres. La sortie suivante, l’EP Still in the sphere, se verra gratifier d’une surprenante reprise de Tears For Fears, « Shout ». « Agnus Dei » de Mylène Farmer est également passé récemment à la moulinette, c’est dire si le groupe ne s’impose aucune limite et bousculera les codes à cette époque ; lorsqu’on évolue dans la sphère du métal de la mort, c’est foutrement osé.

Résidant sur Lille à cette époque, j’ai eu la chance de les voir grossir et d’assister très souvent à leurs concerts dans des clubs minuscules ou dans des plus grandes salles, comme lors de leur première partie des Tambours du Bronx ou des anglais de Carcass. J’attendais impatiemment une suite à mon album de chevet, mais ce que je ne savais pas, c’est qu’il allait falloir attendre une décennie avant d’être récompensé…

Quelle surprise de voir les quatre musiciens, dans un nouveau projet appelé Spherical Unit Provided (S.U.P), s’éloigner complètement de là où l’on les attendait ! Une fois de plus, ils prenaient plaisir à brouiller les pistes, mais hélas pour moi, la rupture était amorcée. Encore aujourd’hui, je n’arrive toujours pas à apprécier Anomaly, hormis les morceaux « Pain injection », « The Work » ou « Ocean Of Faces ». Disons que le Deathster que je suis ne jurait que par DeathGorefest ou Paradise Lost et je voulais continuer à adorer ce que les créateurs du cube de cristal avaient encore à proposer. C’est qu’il fallait être sacrément ouvert d’esprit, ce que je n’étais pas à l’époque … et guère beaucoup plus maintenant.
Le second album, Room Seven m’a fait replonger dans leur univers si particulier, mais surtout, j’avais trouvé la clé pour ouvrir cette fameuse porte de la chambre n°7 pour ne plus jamais en ressortir. Chaque nouvel album, depuis lors, est synonyme d’excellence, et toujours en avance avec son temps. Réécoutez-les et vous verrez qu’ils n’ont pas pris une ride …

Depuis le départ, la tête pensante et principal compositeur Ludovic Loez, passionné de S.F et de gore, nous raconte ses histoires bien tordues et assemble la musique de S.U.P selon ses humeurs et envies. De manière épicée, avec une prépondérance de riffs massifs et de growls caverneux (l’un des meilleurs du circuit !), qui auraient naturellement pu figurer sur un album de Supuration (Hegemony), ou donnant une saveur plus douce et moins agressive typée Gothic/Cold-wave avec une majorité de chant clair (Coucou Imago). Le mélange fonctionne parfaitement et quel que soit le dosage, la magie opère toujours ! Ne manque qu’un peu plus de reconnaissance pour ce groupe considéré comme culte par beaucoup de connaisseurs, tout en restant confidentiel pour une large majorité de metalleux. Tout ce cheminement nous amène aujourd’hui à la huitième offrande : Octa.

Lorsque Migou, connaissant mon amour inconsidéré pour ce groupe du Valenciennois, depuis plus de 30 ans, a voulu me confier la chronique du dernier joyau en date, j’ai de suite botté en touche. Le petit dernier a quelques mois derrière lui et pas mal de webzines ont déjà donné leur avis dessus. Soit dit en passant, je ne pense pas qu’un seul d’entre eux ait été mitigé ou négatif. À quoi bon une nouvelle chronique ? Plusieurs raisons m’ont fait revoir mon refus, la principale étant QU’IL EST TOUJOURS BON DE RAPPELER A QUI VEUT L’ENTENDRE DE NE PAS PASSER A  CÔTE DE LEUR DISCOGRAPHIE EXEMPLAIRE !

Rentrons dans le vif du sujet. Tout d’abord l’objet, car ce que l’on voit en premier c’est l’artwork. Matthieu Carton s’est une nouvelle fois occupé du visuel d’Octa. Je n’aimais pas le précédent, trop 3D, rappelant ceux de leurs débuts crées par Laurent Bessault (graphiste et également ancien bassiste du groupe) mais cette fois-ci, la pochette lumineuse est vraiment réussie avec ces différentes teintes de jaune ensoleillé. Les nouveautés sur le merchandising du groupe bigCartel n’en sont que plus alléchantes !

Quant au concept de l’histoire et pour faire court, cela se déroule dans une prison moderne, où des détenus sont enfermés par huit et, une fois leurs boites crâniennes vidées, sont reliés les uns aux autres par la machine Octa. Chaque cerveau contient les souvenirs d’un autre, un rêve ou un cauchemar. Dès les premières notes du titre d’ouverture « Pseudopodic Phantasm », on a cette impression d’une personne qui lutte pour ne pas se faire emmener de force par ces deux formes vêtues de blanc vers quelque chose qui la terrifie d’avance. Peine perdue de résister. Tout comme les auditeurs qui seront pris par le tourbillon de cette mélodie entêtante. Clarity the enemy in my view. On reconnait de suite la griffe made in Wallers. Les quelques notes de l’intro de « Not Icarus », et que l’on retrouvera durant le morceau pour lui donner une coloration très Dark-wave, semblent tout droit sorties du cerveau de Jimmy Somerville, le chant haut perché et l’atmosphère enjouée en moins. « Atramentous Sea » avec sa rythmique dissonante me rappelle aussitôt l’esprit de Room 7.

Derrière ses fûts, Thierry se fait plaisir avec ses pieds, avant de se calmer sur le plus Doomy « The lights of Eden » pour mieux repartir sur la dynamique « Queen Quintessence », certainement le titre que je préfère de l’album. There’s no way out of here. Aucun moyen de sortir, j’essaie de m’enfuir prisonnier de mon corps …. Sur « Open eye », l’ensemble sonne très martial, pour mon plus grand plaisir. Un morceau qu’il serait bien de voir prendre vie sur scène, tant il est taillé pour le live. Les Flash in my eyes qui seraient accompagnés de grosses lumières blanches à s’en décoller la rétine ; et que dire de ce final qui procure une irrésistible envie de secouer la tête jusqu’à la faire toucher ses omoplates ? From so far away … No angel … I must never awake. La frontière entre les deux entités S.U.P et Supuration est infime sur l’avant dernier titre, « Hebdomath ». Paradoxalement, sur les dernières secondes, on a l’impression de sortir de ce cauchemar éveillé et de pouvoir enfin respirer à pleins poumons. Comme si cette torture allait se terminer façon happy end. Haunted by echoes of memory, Octa holds the only key to unlock truth. « Torment » te fera vite changer d’avis. Quelle chape de plomb, mes aïeux ! C’en est fini d’imaginer une quelconque libération. Ne souhaiter qu’une mort rapide. Avant d’entrevoir la fameuse lumière blanche au bout du tunnel, il va falloir passer par la case souffrance ultime. Torture … My tongue torn out … unable to scream. Les samples horrifiques qui terminent Octa sont terriblement effrayants et foutent les poils à la verticale ! Je ne peux m’empêcher d’imaginer ce cauchemar arriver à son terme de la même manière que pour l’histoire de One de qui vous savez …

Une fois les 47 mn écoulées je n’ai eu qu’une seule envie : réappuyer sur play encore et encore. Depuis sa sortie, il m’est tout simplement impossible d’écouter les nombreuses autres nouveautés, tant Octa accapare pratiquement tout mon temps consacré à la musique et cela, sans ressentir la moindre once de lassitude. Même que les moutons que je croise sur les routes du Limousin pour me rendre à mon travail reconnaissent certaines mélodies, c’est dire ! Ah si, j’écoute autre chose tout de même qu’Octa … Leurs reprises sublimes « Love You To Death » de Type O Negative, de Depeche Mode – « Never Let Me Down Again » – et de The Cure – « Lullaby » – qui ne figurent pas sur mon disque de l’année. Tous les éléments (mélodique, froid, martial, hypnotique, dansant, …) qui caractérisent leur univers sont présents. Ces 8 joyaux hétérogènes forment un ensemble difficilement dissociable et l’enchaînement des titres, qui a été habilement travaillé, arrive à créer une réelle montée en puissance dopée par une production massive où chaque instrument est sublimé. Les onze longues années entre Hegemony et son successeur m’avaient fait adorer Dissymmetry plus que de raison. Le précédent est un très bon cru, excellent même, cependant Octa le dépasse de la tête. Nous savons déjà qu’un prochain album serait en train de mûrir tranquillement. J’ai le temps les amis deuch’nord car j’ai la curieuse impression que votre dernière offrande n’a pas encore révélé tout ce qu’elle avait à m’offrir !

Pour les gars du fond collés au radiateur, qui n’auraient pas encore posé les deux oreilles sur ce nouveau bijou de noirceur : FONCEZ !!!

 

NB : Thierry Berger est mon cogneur préféré depuis The Cube. Alors que, comme il le précise dans le livre de Jérémie Grima « Trace écrite », il ne se sent pas batteur dans l’âme. Pas la peine d’en faire des tonnes, des patterns des plus compliqués pour épater ceux qui sont incapables de les reproduire. Je vous invite à admirer sa frappe de bûcheron si ce n’est pas déjà fait sur la vidéo disponible ci-dessous :

 

Tracklist :

1. Pseudopodic Phantasm (6:26)
2. Not Icarus (4:44)
3. Atramentous Sea (4:13)
4. The Lights of Eden (8:24)
5. Queen Quintessence (5:29)
6. Open Eye (6:10)
7. Hebdomath (5:55)
8. Torment

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Omission – Disciples of ravens vengeance

Omission – Disciples of ravens vengeance

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

 

Bon, encore une fois, c’est de thrash metal old school dont on va parler.
Les Madrilènes d’Omission ne sont plus tout à fait des inconnus car les gaillards ont fêté l’an dernier leurs vingt ans de carrière, jalonnée par une quantité respectable d’albums (sept en comptant celui-là), cinq splits, trois demos et trois compilation.
De quoi sérieusement entamer le budget des fans.
Mais quand on aime, l’adage ne dit-il pas qu’on ne compte pas ?

Disciples of ravens vengeance” est donc le septième méfait du trio dont seul le chanteur / guitariste Miguel Hernanz “Patillas” Sebares est d’origine. Le bassiste Diego Pizarro (Roar, The Ghoul, ex-Wastëland Riders, ex-Visions) et le batteur Angel Ventosinos Garcia ont intégré Omission seulement cette année.
Au programme ? Un thrash metal des plus purs, des plus crus, old school comme il se doit, fortement imprégné d’influences black metal.

Et ça ne rigole pas !
Omission ne semble pas être un adorateur du mid tempo et aime défier les lois de la vitesse.
Sur les neuf titres, on a bien une intro un rien horrifique pour amateur de série Z (“Rabid aggression”), un “Slow and crooked”  qui commence de façon plus heavy avant que le naturel ne revienne au galop, un long instrumental de plus de onze minutes qui débute en acoustique avant de passer à une speederie bien raffinée pour finir dans un thrash plus mid tempo et qui prouve toute la qualité créatrice du trio (“It’s better to burn out”) et enfin une outro instrumentale acoustique histoire de clore de façon éthérée cet album.
Les cinq autres titres ? Furie, rapidité, agressivité !
En clair, du bon vieux black / thrash metal qui vient taquiner les oreilles des fans des vieux Sodom, Destruction, Kreator ou Sarcófago. Même “Roulette”, reprise de… euh… Bruce Springsteen, donne dans l’extrême.

Bref, ceux qui ont envie de se prendre une gentille tabassée sans prise de tête, c’est vers Omission qu’ils peuvent se tourner.

 

Tracklist :

1. Rabid Aggression (1:01)
2. Hatred Circles (3:23)
3. Shrouded Alive (2:39)
4. Roulette (reprise Bruce Springsteen) (3:32)
5. Slow and Crooked (5:37)
6. Burn the Cross (3:07)
7. Conspiracy from Murks (3:40)
8. It’s Better to Burn Out (11:29)
9. …Than to Fade Away (2:04)

 

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Great Master – Montecristo

Great Master – Montecristo

Note du Soil Chroniqueur (Fast Freddy) : 9/10

 

Après avoir attendu une quinzaine d’années avant de sortir un premier album, les Italiens de Great Master en ont ensuite enchainé quatre autres ! Il faut dire que le groupe a vu son line up renouvelé à plusieurs reprises, Jahn Carlini étant le seul rescapé depuis leur création en 1993 ! A part Denis, le batteur arrivé l’année dernière, Great Master est plutôt stable depuis cinq ans maintenant. Ils reviennent sur le devant de la scène à l’occasion de la sortie de leur sixième opus intitulé « Montecristo » comprenant treize titres pour près d’une heure d’écoute au total !

L’album débute avec « Le Pharaon », une courte intro calme et épique, du nom du navire sur lequel Edmond Dantès, qui, je ne vous apprends rien, se fit appeler Comte de Monte-Cristo, navigua pour rejoindre Marseille avant de se voir enfermé dans les geôles du château d’If peu après son arrivée ! Le décor est planté !
Le récit relatant ce chef d’œuvre du XIXème siècle, version Great Master, peut donc commencer ! Au fil des morceaux, on y retrouvera bien évidemment tous les chapitres de la vie d’Edmond Dantès… La navigation, la trahison et la fourberie de ses pseudos amis le faisant arrêter durant son repas de fiançailles, sa détention, l’évasion, la recherche du trésor de Monte-Cristo, la vengeance, etc…
Il faut dire que ce roman semblait être écrit pour devenir un opus de power metal ! En tout cas, l’interprétation qu’en fait Great Master est on ne peut plus immersive et épique à souhait, plongeant l’auditeur au cœur des tumultes de cette intrigue, de l’archipel du Frioul à celui au large de la Toscane !

Le chant de Stephano est un régal à entendre, parfait pour ce registre, d’une clarté remarquable et laissant libre court à quelques envolées de circonstance ! Les chœurs qui l’accompagnent sont également de toute beauté, quant à la partie musicale, rythmée en conséquence et ajustée d’autant, elle confère cette ambiance d’odyssée, de dramaturgie remplie de rebondissements qui jalonne le roman ! Chaque musicien est à sa place, ne distillant ses notes, ses riffs, sa touche que dans un esprit de cohérence générale sans chercher à se mettre en avant… De groupe à orchestre, il n’y a qu’un pas !
L’album se dévore sans problème en une seule écoute, chaque morceau se succédant logiquement, mais il est surtout compliqué d’en sortir, tant on est happé par ce récital somptueux ! De mon point de vue, c’est ainsi qu’il faut l’apprécier, aucun morceau ne sortant du lot, tous contribuant à faire de cette galette un coup complet, presque insécable !

« Nest of Stone » marque le désespoir d’un amour brisé durant la période de captivité à travers une balade en tous points superbe, là où l’excellent « My Name » incarne l’espoir d’un avenir possible suite à l’évasion et la préparation de la vengeance ! Chacun pourra retrouver les différentes étapes du roman au fur et à mesure que l’album s’enchaine !
Le voyage nous mène immanquablement jusqu’à « Montecristo », île bien nommée le beau matin d’un cinq octobre, comte bien nommé pour finir cet album dantesque, au cours duquel le questionnement sur le droit de se faire soi-même justice en se substituant à celle divine se lit dans les paroles !

L’artwork est bien évidemment, lui aussi, inspiré de la couverture originale du roman d’Alexandre Dumas, semblant représenter Edmond Dantès regardant le château d’If depuis l’île de Tiboulen après son évasion.
La production est limpide rendant cet opus tout bonnement magistral !

C’est un voyage incroyablement épique que nous offre Great Master à travers cet opus somptueux qui nous narre fidèlement les aventures du comte de Monte-Cristo ! Album captivant qui mérite qu’on lui accorde plus qu’une oreille et qui prouve une nouvelle fois que la scène transalpine regorge de pépites !
Grazie Mille Ragazzi !!

 

Tracklist :

1. Le Pharaon 1:02
2. Back Home 5:49
3. The Left Hand Joke 4:26
4. here the Shame Lives 5:14
5. I Am the Master 3:29
6. Your Fall Will Come 4:23
7. Nest of Stone 4:24
8. My Name 5:05
9. Man from the East 4:50
10. The Weak Point 4:36
11. Final Revenge 4:37
12. On October 5th (Wait and Hope) 6:51
13. Montecristo 4:19

 

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