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Alkymia – The Principle of all Things

Le 19 mars 2019 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Adrien : chant
  • Seb : guitare
  • Jordan : guitare
  • Yanis : basse
  • Antonin : batterie

Style:

Deathcore

Date de sortie:

8 Novembre 2018

Label:

M&O Music

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 7.5/10

“L’alchimie est à mi-chemin entre la poésie et les mathématiques, entre le monde du symbole et celui du nombre.” (Marie-Madeleine Davy)

C’est quand-même quelque chose, ce Metalcore. Il déferle telle une vague dévastatrice sur le paysage un peu désertique du Metal comme un cataclysme annonciateur d’un renouveau planétaire. Ce phénomène musical de plus en plus répandu m’a toujours interloqué : pourquoi ? Parce que comme tous les styles de metal ayant eu leur apogée, il y a sans doute une explication à cette mode très plausible mais qui, pour le moment, m’échappe totalement. Non pas que je n’apprécie pas ce style, bien au contraire ! Mais simplement, il y a un flou total sur son origine. Jusqu’à présent, l’on pouvait tous les relier de près ou de loin entre eux ; or celui-ci semble avoir « tapé l’incruste » comme ça, sans raison spéciale, juste en cherchant à se trouver un morceau de branche vide sur l’immense arbre généalogique de la musique metal. Et puis, souvent, il est tentant de faire des liens entre un style et des sujets de prédilection. Là, ce sont de multiples thématiques qui s’entremêlent pour un style. Bref, nous pourrions sans vergogne qualifier le Metalcore d’OVNI. Et il me semble même qu’en France, ce style écrase inlassablement la concurrence tant les nouveaux groupes poussent comme des champignons : s’incrustant partout où il y a à boire.

Et en termes de territoire infesté, on pourrait citer Lyon. Et parmi toutes ces mycosités nouvelles se situe le groupe Alkymia, fraichement sorti du terroir fin 2017 et qui propose à travers ce premier EP intitulé The Principle of all Things un genre musical qu’ils veulent novateur, au nom étrange : « Blackened Deathcore« . J’avoue que ce mélange me parait assez improbable tant les deux styles, Black Metal et Deathcore, sont aussi antithétiques que le blanc et le noir. En tout cas, pour prétendre avoir crée « un style très singulier »; il faut de l’audace et surtout être vraiment sûr de soi. Mais après tout, pourquoi pas ! Un groupe qui a la volonté de défier les barrières trop souvent fermées du Metal ne peut qu’aiguiser ma curiosité ! Alors, il est temps de se plonger dans les méandres obscurs du quintette de Lugdunum.

Mais avant d’analyser la musique, j’aimerais faire (comme toujours) un petit aparté sur la pochette du CD. Résolument efficace sans être d’une extrême élaboration, elle a le mérite de présenter les costumes qui sont proposés par les musiciens sur scène. Une manière, donc, d’introduire le groupe et les musiciens plus que le contenu musical ce qui est une initiative intéressante. Nous avons de fait les cinq musiciens représentés par une image graphique en arrière-plan du logo. Sans être originale, j’ai beaucoup de plaisir à voir cette pochette : elle me rappelle tous ces groupes qui débutent dans la production et qui proposent une image assez simple mais bien représentative de la formation. Toujours est-il qu’on devine tout de suite qu’il y aura de la noirceur dans ce CD. Cela rejoint également l’esprit épars du Metalcore qui touche beaucoup d’horizons différents. Voilà ! En résumé, simple mais efficace, une bonne entrée en matière.

L’EP se compose de six morceaux que je vais tenter d’analyser un à un. Mais la première chose que je peux dire après une primo écoute est qu’il y a une grande césure au sein même du CD. Je suis parti en me disant que je découvrirai un genre nouveau, une innovation sonore ; en fait, il n’en est rien… Du moins pas tout l’album. Si les deux premiers morceaux sont effectivement assez marqués par une influence Black Metal et donnent le sentiment qu’il y a de la nouveauté dans l’air, les autres ne sont résolument « que » deathcore. Vous allez comprendre mon propos.

A écouter le premier morceau, « The Principle of all Things », dès le premier riff l’empreinte black metal est flagrante. Ledit riff sonne en effet très démoniaque et, associé au chant (juste quasiment parfait), me fait penser à des albums comme ceux de Temple of Baal. Puis viennent des parties plus marquées rythmiquement par une empreinte -core mais toujours en gardant des touches black. J’ai immédiatement adoré alors que je ne suis pas trop Metalcore. D’autant que si le morceau débute par une introduction très planante, la fin est du même acabit. On ne sent pas passer les cinq minutes du morceau (le plus long de l’EP en plus). On peut bel et bien de genre novateur avec « The Principle of all Things » et je suis agréablement surpris !
« Prisoner », deuxième dans la liste, continue à perpétuer ce son si fluide et si nouveau avec toutefois une légère imprégnation plus metalcore déjà. Il faudra attendre le milieu du morceau pour trouver ce que je cherchais précédemment. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il y avait des riffs assez groovy, voire même un peu orientaux sur les bords. C’est vraiment une belle surprise en tout cas. L’ensemble des deux premiers morceaux dépasse en tout cas toutes mes espérances !

Et puis, c’est là que le bât blesse. Dès le troisième morceau, « The Witch », il y a un changement non pas radical mais du moins progressif jusqu’au dernier de l’album. La composition est plus tournée vers un Deathcore brut avec de moins en moins d’apport black metal qui faisait cette originalité qui me plaisait beaucoup. « The Witch » continue d’employer des passages comme cela mais de moins en moins proéminents, jusqu’à les faire disparaitre… Pourquoi ce soudain revirement de composition ? Je ne sais pas. Ou plutôt si, j’ai ma petite idée mais je la garde en tête pour plus tard. Toujours est-il que le troisième morceau ne fera pas mouche auprès de moi : trop -core, surtout à la fin, même si je salue bien bas le chant final qui montre une grande maitrise vocale.

Le quatrième morceau, « Breathe », qui fait l’objet d’un clip qui permettra de détailler la mise en scène du groupe, plonge de plus en plus vers ce fameux Deathcore qui me parle mille fois moins. Je pense que c’est même le morceau qui me plait le moins de tous parce que, non content d’annihiler toute trace de Black Metal, on passe maintenant à un morceau plus groovy que les autres, avec du chant clair qui sonne complètement hors sujet par rapport au reste. Non pas qu’il soit dégueulasse, ce morceau : au contraire, il est très bien composé, les riffs sont travaillés voir même assez impressionnants par leur technique mais, simplement, je trouve que « Breathe » est juste hors sujet sur toute la ligne. Si on le compare au reste de l’EP, les derniers morceaux compris, il est hors sujet. De plus, je vais malheureusement enfoncer le clou mais je ne vois pas en quoi la mise en scène du clip (qui n’est pas celle des concerts, attention !) est si rare que cela. Je reprends la description du groupe sur Facebook qui dit « Nous apportons aussi un show scénique peu commun, mêlant un aspect théâtral à notre live, incorporant des costumes de scène, des lumières et un décor travaillé »… Bon, les gars, je ne veux pas vous vexer mais des groupes qui mettent des capuches pour masquer les visages et qui utilisent des jeux de lumière et des décors, je peux vous en citer quelques-uns… Attention à ne pas en faire trop dans votre description quand-même quoi.

Passons au cinquième morceau, alias ‘My ending World’. Toujours même constat, et ce basculement vers du Deathcore pur, avec toutefois quelques incorporations plus Death Metal qui pour le coup me plaisent bien. En fait, ce morceau-ci me conforte dans une idée dominante depuis le troisième : Alkymia se cherche, c’est une évidence. A force de mélanger des influences différentes, c’est le piège classique que de vouloir en faire pour tous les goûts de chacun, à commencer par les musiciens eux-mêmes. Et, manifestement, il y a dû avoir une volonté de satisfaire tout le monde. Mais je peux me tromper, hein ! En tout cas, je suis plutôt content de « My ending World » qui amène des riffs death metal et des passages un peu « Gojira » que j’aime bien ! Bonne pioche !
Bon finalement je me suis trompé, le morceau le plus long c’est le dernier, « Carmine Wings » ! Mille excuses… Mais il confirmera ce revirement constaté plus haut avec une composition deathcore sans faux-col. Pas de place à l’innovation pour le coup, que du Deathcore. Avec un petit bémol pour la fin cependant.

Difficile de passer à côté des nombreux points positifs de ce CD et, parmi eux, on trouve le mixage et le mastering. Valeur sûre puisqu’il s’agit de SuntZu Records que j’avais préalablement encensé sur la chronique de Rise et qui achève de me conforter dans l’idée que je me fais de leur travail, très positive. Cela donne à l’EP une qualité indéniable en terme de son ; c’est le gros point positif de l’EP. De même que la maitrise des instruments de chaque musicien qui a de la qualité à revendre et parvient à mettre une patte solide à chaque chanson !
Mention spéciale au chant qui m’a tout simplement bluffé sur toute la ligne. Un chanteur qui n’en fait pas trop et qui ne cherche à faire mille variations moins bien maitrisées mais qui reste sur ce qu’il sait faire, cela apporte cette touche de cohérence qui manque à l’ensemble ! Heureusement que les multiples influences des musiciens n’ont pas contaminé par leur manque d’équilibre le chanteur qui garde la même voix tout du long (bon, à part le chant clair mais c’est la fameuse entorse au règlement qui confirme la loi).

Tout cela pour dire qu’il s’agit d’un premier opus particulièrement intéressant. Il ne s’agit finalement que d’un premier opus, quoi, avec tous ses défauts mais qui font légion pour beaucoup de groupes qui débutent, à savoir une base de composition pas tout à fait trouvée et qui mériterait une certaine épuration et surtout un compromis définitif entre chaque influence. Mais, chose peu commune, ce CD fourmille de qualités qui rassurent et qui font que vous ne serez certainement pas déçus ! Il y a énormément de talent chez nos Lyonnais et il est aisé d’excuser les erreurs commises tant la majorité des morceaux est plaisante à faire cracher dans vos enceintes ! Un CD qui annonce un avenir potentiellement radieux si les défauts sont gommés si une certaine… alchimie est trouvée.

Tracklist :

1. The Principle of all Things
2. Prisoner
3. The Witch
4. Breathe
5. My ending World
6. Carmine Wings

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