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The ARRS

Le 6 mars 2017 posté par Metalfreak

Interviewer : Willhelm von Graffenberg
Interviewés : The ARRS
Photos : Sunickann

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Le groupe parisien référentiel, qui va bientôt s’arrêter, a accepté de répondre à nos questions dans une ambiance franchement détendue à quelques heures de leur prestation au Gisors Metal Fest, une de leurs dernières dates avant une retraite annoncée pour octobre.

Commençons par la question que tout le monde se pose : pourquoi arrêter ?
Nico/Pierre/Mickael (en chœur) *biiiiip*
Nicolas [Laurent – chant] : Pour l’instant, on n’a pas de réponse à donner plus que ça, on essaye de ne pas y penser tout de suite mais c’est davantage des raisons personnelles.

Pas une question d’usure donc…
Aucune usure, la passion est toujours là, c’est pour ça qu’on a annoncé en avance. C’est des raisons personnelles qui font que c’est pas évident de gérer deux activités en même temps, vu qu’on est très à fond dans The ARRS. On préfère (se) dire qu’on arrête plutôt que de revenir après. C’est aussi un moyen de se libérer l’esprit pour des trucs plus personnels.

• Vous arrêtez totalement la musique ou vous continuez à vous consacrer à d’autres projets musicaux, d’autres groupes ?
Certains vont continuer, d’autres vont arrêter… On en parlera peut-être plus tard mais on ne veut rien afficher pour le moment, dire qu’on va arrêter… On essaye d’avancer, de faire la fête, pas de questions qui fâchent.

Comment décririez-vous votre musique en vos mots, sortis de l’étiquette metalcore dans laquelle vous êtes classés ?
Du cross over : on a toujours pris à droite, à gauche nos influences et c’est vrai que je ne pense pas qu’on puisse dire que The ARRS soit du Metalcore. C’est du Metal, du Heavy, du Death… un peu comme Lofofora : un mix de pas mal de choses. On est étiquetés période metalcore parce qu’on était dans les premiers à chanter en français et personne savait trop quoi dire, du coup on a fait une fusion des deux styles vu que c’est très urbain sur scène et très metal dans le texte. C’est un cross over de metal plus qu’autre chose : on a le cul entre dix chaises.
Pierre [Acedo – guitariste] : Très influencés par les groupes dans années 90, dans le Thrash.
Nico : On est très Metal 90 dans le sang.

The ARRS est un acronyme pour « The Alien’s Right Respect Sect » : d’où vous est venue l’idée de ce nom et que signifie-t-il vraiment ?
Un joint de weed… C’est véridique. Surement une étoile filante, on avait trop d’herbe dans les yeux, on a raconté ça à un pote de Birmingham au lycée et ça l’a fait marrer, il nous a sorti « faut s’appeler la Secte des Aliens machin »… « Vas-y, trouve nous un nom qui ressemble à un truc anglais ». Et ça nous a fait rire donc on l’a gardé. Et on a vite pris l’acronyme ! [Rires] On a voulu changer de nom en 2005 mais on l’a gardé parce qu’on s’est dit que c’était un groupe de potes de lycée et qu’on ne pouvait pas s’amuser à essuyer ça.

Votre premier album vous a valu les faveurs en 2005 du Furyfest (futur Hellfest, où vous jouerez également en 2007 et en 2013 et 2016 sur une mainstage) qui vous avait repéré avant sa parution en temps que valeur montante du Metal
Nico : C’est juste notre démo Condition Humaine qui a fait qu’on a pu jouer là-bas. C’est ça qui est un peu fou dans l’histoire.

Prendre part ou être à l’affiche d’un gros festival aide-t-il à asseoir une notoriété ou est-ce qu’il faut perpétuellement se battre pour la conserver ?
Nico : Faut jouer… Tout le temps jouer… Sortir des albums, se renouveler… Jouer au Hellfest, tout ça… Peut-être que les programmateurs, ça les rassure. Pour le public, c’est important d’avoir toujours des gros points d’appui comme ça. Si t’y es pas, t’es un peu moins crédible aux yeux de tout le monde.
Pierre : Ce qui est cool, c’est que tu touches d’autres gens aussi, c’est ça qui est top dans les premières parties sur les festivals, d’être sur cette affiche… Ce festival est… cool !

C’est quand même bon de se dire « on a atteint ce statut là »…
Nico : Oui surtout qu’on voulait juste jouer dans des rades pour boire de la bière gratos.

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C’est un gros rade, quoi…
Ouais, et puis on se dit qu’on a toujours été dans cette optique là, se dire qu’on a toujours fait ça pour la passion, pour la fête et que ça s’amplifie. Chaque date, c’est une nouvelle victoire pour nous donc y a rien de négatif.
Pierre : Mais on met la même énergie que ce soit au Hellfest ou ce soir à Gisors, ou demain dans un petit club…

En 2010, après la sortie de Héros/Assassin en mai 2009, vous enregistrez un live au Trabendo, en format DVD, gratuit pour les fans. C’est une façon de fidéliser votre public ou une sorte de remerciement pour leur soutien ?
Nico : C’est surtout avoir un beau souvenir pour nous, parce qu’on a eu l’occasion de travailler avec des amis qui ont un gros niveau en prod’, et c’était pour laisser un souvenir. Et le faire payé, ça ne nous est pas venu à l’esprit. On a mis Héros/Assassin en paiement en ligne, donc tu payes ou pas pour soutenir le groupe. On a fait ça pour faire plaisir, pour SE faire plaisir, avoir des belles images. C’est vrai que ça a bien pris à l’époque, on était les premiers à faire ça, on est ravis. Le support tue et j’ai rarement vu un DVD aussi bien chiadé depuis.
Pierre : C’était une super salle… C’était blindé… C’était Paname !

C’est un truc mémorable, un peu comme le Hellfest : faire ce genre d’évènements pour le souvenir ?
Nico : C’est surtout qu’à l’époque, nos potes étaient opés de le faire pour rien, donc c’était un peu une conjonction d’un tas de trucs : ils sont devenus professionnels, nous aussi dans la musique, on a voulu matcher. On remercie Berzerker/Romain Lagadec qui a monté le DVD, plein de potes de l’époque qui ont rendu ça possible, qui faisaient parti du crew. C’est vraiment un taff entre potes pour un souvenir de potes.

Qui compose ou composait dans The ARRS ? Quels sont vos groupes d’influence ou de référence ?
Nico : Primal Age, par exemple ! En 1995, on écoutait à fond ça… Tous les gros US 90’… Pantera, Machine Head… Toute la compagnie thrash…
Pierre : Drowning, KickbackSick of it all, Biohazard, la scène new-yorkaise… assez urbain.
Nico : Au niveau de la compo, Pierre est là depuis le début, il apporte toujours un peu sa touche The ARRS. Au fil des années, on a changé trois fois de guitariste, Paskual [Mathieu Arnal] qui était aussi guitariste historique, ensuite Stéfo [Stephane Martin] sur deux albums. Aujourd’hui, Mike avec qui on prépare trois nouveaux titres qu’il a assaisonnés à sa sauce mais qui risquent de bien racailler. On a les instrus, je vais faire les voix ce mois-ci et on va offrir les titres mois par mois avec un clip, sans label, en cadeau. C’est surtout pour qu’il puisse jouer des compos à lui, c’est un peu la moindre des choses.
[Philippe Cavaciuti, bassiste du groupe, vient de s’installer à coté de moi et me vanne : « c’est des vraies questions, ça ? », voyant le résultat désastreux de mon imprimante qui s’est mise en mode sanscrit alien, nécessitant que je déchiffre chacune des questions à la loupe avant de les poser.]

Qui écrit ou écrivait les textes pour The ARRS ? Pourquoi ce choix de la langue française, peu courant pour un groupe d’envergure internationale ? Qu’est-ce qui vous inspire dans l’écriture de vos paroles ?
Nico : Parce que je suis pas anglais et que je comprends ce que je dis en français. Par contre, au niveau des groupes en chant français, j’en écoute pas beaucoup, c’est pas un truc qui me touche plus que ça. Au début, on cherchait plus à avoir des sonorités que comprendre comme dans Lofofora. Après, ça a évolué au fil du temps, on nous a dit qu’il fallait plus assumer, que c’était mieux, donc d’album en album ça s’est éclairci au niveau du mix de la voix, même si ça reste assez hargneux. Mais je n’ai pas d’influence en chanteur français. Au niveau des textes, oui…
Pierre : A part Julio Iglesias !… [Rires] Le chant en français, c’est ce qui fait la touche et le caractère du groupe.
Nico : Tu vois, ce soir je vais faire un featuring avec Primal Age. J’ai du mal à apprendre le texte : je le comprends mais c’est plus facile en français, je suis plus franchouillard dans le texte, c’est plus comme ça que j’exprime mon exutoire.
Pierre : Ça fait chieeeer, bâtard ! Motherfucker ?
Nico : Un peu trop fun, le « motherfucker »…

Quel message voulez-vous faire passer via vos paroles ?
Pierre : LE message universel…
Nico : Vraiment aucun message : c’est que des histoires. Au début c’était très intrinsèque aux histoires de ma vie ; pour les autres, ils ont jamais mis le nez dans mes paroles, faut dire… Depuis Soleil noir, c’est plus devenu des fictions, des histoires par rapport à ce qu’on pouvait voir comme films, comme séries, se faire comme littérature. Ça se ressent plus comme « tu peux tourner un clip pour chaque chanson en suivant la trame ». Le seul message qu’on a eu, c’était : « on encule ces fils de pute d’intégristes, de politiques et autres », sinon y a rien de noir sur blanc. Partons sur un message d’amour : The ARRS, ça reste un message d’amour et de haine. On se « laisse pas marcher dessus », on ne mettra pas la première à droite mais on en tendra pas plus la joue.

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En 2012, après un changement de line up avec le départ de Jérôme et Mathieu, remplacés par Stéphane et Philippe, l’album qui s’ensuit, Soleil noir, porte bien son nom puisqu’il est bien plus sombre que les précédents. Comment expliquez-vous ce virage vers la noirceur ?
Nico : Dans l’instru, Stéfo et Phil étaient plus porté Death/Deathcore dans l’ambiance, et les paroles sont plus de la fiction. On tombe plus dans du cliché metal « metal ». Leurs influences ont rendu ça plus théâtral.
Pierre : C’était pas fait exprès, c’est venu comme ça, c’est l’aventure humaine. Les compositions viennent souvent des guitares, mais j’ai envie de dire tout le monde compose.
Nico : Sauf le bassiste ! C’était pour le réveiller…
Pierre : Oui, même le bassiste ! Toki aussi a des idées sur les structures, c’est un truc d’ensemble.

Sous un autre axe, comment se passe/passait le processus de composition ?
Nico : On joue au jeu « Kisuski » ? Le premier qui a joui lance le premier riff.
Pierre : Il a un petit peu changé au fil du temps…
[Mike : le Kisuski ???]

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Les règles ont changé au fil du temps ? Bienvenu dans le groupe…
Pierre : Moi je sais Kisuski mais je tairai son nom… [Ton mielleux] Tu me passes un peu de bière, Philippe ? [Rires]
Nico : Non… mais ça part d’une initiative des guitaristes avant tout. Après, on fait de la programmation depuis Stéfo depuis la maison, on fout des batteries et ça s’arrange avec Toki.
Pierre : Au tout début, c’est limite si on composait pas en studio de répét’…
Nico : C’est limite si on composait pas avec une guitare acoustique… « Passion » a été composée sur son lit avec une guitare classique. C’est vrai en plus !
Pierre : Ouais, mais elle est cool cette chanson.

Rétrospectivement, quels ont été les moments forts de votre carrière ?
Pierre : La première fois où on a eu notre camion à nous ! On est tous partis ensemble, c’était un super moment, on se disait « ça y est, on y est, on a notre camtar, notre matos à l’arrière, on part, c’est l’aventure ». Ça pour moi, c’est un putain de souvenir. Y a aussi des super salles qu’on a faites.
Nico : L’Olympia, le Hellfest…
Pierre : Le Bataclan, l’Elysée-Montmartre, les Hellfests, une tournée avec Suicidal Tendencies qui nous a beaucoup appris… Y en a plein, une tripotée.
Nico : [Montrant Phil] Un jour on a dit qu’on voulait pas de lui parce qu’il avait un prénom de merde…
Phil : Hé, vous pouvez me laisser tranquille, là ? [Rires]. Je suis arrivé, je me pose sur le canap’ et ça y est…

Et les moments douloureux de votre carrière ?
Nico : L’arrivée de Philippe, quand on a dû lui dire oui alors qu’il a un prénom de merde… [Rires]
Pierre : Le changement de line up en 2010…
Nico : Ça a été dur, on a pensé arrêter, c’était tendu…
Pierre : D’avoir deux personnes comme ça qui se barrent, ça change tout : tu perds tout tes repères, c’est limite si tu recommences à zéro… Ça n’en a été que positif par la suite.

Depuis 1998, vous avez sorti 5 albums et tourné dans de nombreux endroits. Quel bilan feriez-vous de The ARRS ? Avez-vous atteint les objectifs que vous vous fixiez au départ ?
Nico : Depuis le premier café-concert, oui ! Au Boxer Café à Paris, on était ravis ; chaque date depuis on est aussi content.

Pierre : Ah, le premier concert, c’était à Saint Maur au Bosquet Fleuri…
Nico : Ouais enfin on jouait pour aller jouer sur Paris. Quand t’es banlieusard, la capitale, c’est cool. On a joué Boxer Café, c’était perdu dans les Halles…
Pierre : Devant trente personnes…
Nico : Y avait toujours du monde quand on jouait… Enfin du monde dans des endroits tout petits, hein.
Pierre : C’est vrai qu’on pourrait faire un truc genre : « De la cave au Hellfest »…
Nico : « Au grenier »…

The ARRS, de la cave au grenier : la biographie non officielle…
Pierre : Oui, ça nous fait toujours autant tripper de jouer dans des petits endroits aussi. On a joué au Brin de Zinc.
Nico : C’était énorme. A Chambéry, devait y avoir 100-150 personnes…
Pierre : Ultra blindé, tout petit mais ça sonnait dans tous les sens, y avait de la sueur sur les murs et ça, on aime bien aussi.

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Y a pas que les grandes scènes, même les petits clubs ça vous branche aussi ?
Nico : On n’a pas la proximité ; les crash barriers, c’est un truc qui nous insupporte. Le Hellfest c’est cool, parce que tu fais un peu comme Pantera quand tu regardes les vidéos de Vulgar [Videos] mais c’est vrai que t’as pas le truc d’attraper les mecs par les veuch’s, leur foutre le micro, leur casser les dents… Pas le même délire.
Pierre : On vient aussi de cette scène là, de la scène hardcore, c’est notre truc la proximité avec le public, et Nico va chercher les gens…

Avec tant d’années de carrière, on se fait pas mal de potes : vous gardez des contacts avec les membres de Mass Hysteria ou Dagoba, voire même Gojira, certainement déçus à l’heure actuelle de ne pas avoir raflé de Grammy Award ?
Nico : Ouais, Dagoba ou d’anciens membres de Dagoba vu que ça a pas mal changé. Gojira, quand on les croise, on se reconnait ; c’est pas des amis mais c’est des gens qu’on respecte énormément.
Pierre : Et puis ils demandent toujours des nouvelles, « comment ça se passe pour vous ? », c’est plutôt cool. Ils sont sollicités. Les Mass, on les connait bien on a fait plein de dates avec eux, pareil pour les Lofo, les mecs du Bal des Enragés, Stéphane Buriez… Les mecs de la scène française…

Mickael [Desvergnes – guitariste] : C’est pas un peu frustrant d’arriver après la bataille ? La fin de The ARRS était-elle déjà annoncée lors de votre arrivée en remplacement de Stéphane ?
Non, parce qu’à la base je suis un pote du groupe, je le connais en temps que public mais aussi parce qu’avec mon ancien groupe on a partagé la scène, et puis j’ai toujours aimé ce qu’ils faisaient : c’était mon groupe français préféré… J’ai pas honte de le dire…
Phil : C’était quoi la question ? Kisuski ?
Mickael : Même si ça aura été que pour six mois, ça aura été un bon kiff…

C’était annoncé donc, ce CDD ?
Nico : Oui.
Phil : Ça va, tu regrettes pas d’avoir fait le Hellfest, l’Elysée-Montmartre ? Le Hellfest à 20h30…
Nico : En première partie de Cavalera. Y a 20 ans, on était devant la salle à pas avoir de ticket et 20 ans après on jouait avec eux…
Vincent [« Toki » Bertuit – batteur, qui est revenu en loge] : Et les gens nous appelaient pour avoir des invit’s !
Pierre : avec l’album Roots
Nico : Ça, c’était un très bon souvenir : on l’avait vu à Nulle Part Ailleurs, on avait filé vite fait en RER jusqu’à la salle et c’était plein…

Vous avez gravi de nombreux échelons depuis … Et la douleur est la même (2005) jusqu’à Khronos (2015) : comment arrive-t-on, en temps que groupe français, à être distribué/produit par Warner quand majorité de groupes en sont réduits à faire appel à des contributeurs en crowdfunding ?
Pierre : Pareil, au Kisuski !
Nico : C’est le label Verycords, anciennement XIII Bis. A l’époque XIII Bis, on était chez Active Entertainment qui était un jeune label, qui avait pas mal de contacts, qui nous avait pris en groupe phare à développer. Ensuite, on a été chez Season of Mist, par le coté plus sombre que prenait le groupe sur Héros/Assassin et ils ont signé. Season of Mist et XIII Bis se tirent la bourre sur les groupe extrêmes, et quand Medhi est parti et a fondé Verycords, il a vu qu’on avait plus de label à l’époque, on avait payé l’enregistrement avec nos moyens. Du coup, on a placardé le Hellfest dans tous les sens, on a fait une com’ DIY. On s’est contactés, il nous a signés pour un album qui s’est fait dans l’urgence totale, sorti dans une arrachitude complète. On a pas eu la com’ qu’on aurait dû avoir sur Soleil noir, mais il a re-signé pour Khronos direct. Et si on splittait pas à la rentrée, il aurait signé un troisième album. On a beaucoup de chance, et ils sont distribués par Warner. On est passés de PIAS, à Season, à Warner.

Vous êtes considérés comme une des références du genre en France : qu’auriez-vous à dire aux « petits jeunes » qui se lancent, que pouvez-vous leur conseiller ?
Nico : Arrêtez ! Abandonnez ! [Rires]
Pierre : Changez de prénom ! [Rires]
Nico : Prenez un autre nom que le notre.
Vincent : Avant tout, c’est de ne pas être pressé. Y a rien qui se débloque au bout d’un an ou deux. Faut persévérer, avoir de quoi vraiment démarcher, avoir une maquette.
Nico : Que les vidéos Youtube, ça vaut pas la qualité d’un live…
Vincent : Quand les gens me demandent : « Comment vous avez fait ? », je leur dis que la première chose, c’est de durer. Rien n’arrive au bout de 2-3-4-5 ans, c’est peu de temps pour pouvoir sortir, se faire connaitre.
Nico : Deftones, ils ont marché sur Around the Fur, ça faisait neuf ans qu’ils existaient.
Vincent : Je pense que la méthode n’a pas changé, c’est les moyens de communication, qui ont changé. Pour enregistrer un album, tu peux le faire chez toi : t’es jeune, tu fais ça avec un ordi. Quand on a commencé, fallait aller dans un studio d’enregistrement, y avait pas de ProTools, c’était pas la même chose. Pareil pour la promo, on la faisait nous-mêmes, fallait aller faire des photocopies de flyers…
Nico : Les couper au massicot… Dealer du shit pour pouvoir les payer… [Rires]
Vincent : Dans les exemples que je donne aux jeunes, je me souviendrai toujours que, quand on allait aux concerts au Zénith, aller voir des Metallica, des groupes comme ça, à chaque fois, y avait l’Esprit du Clan qui était là : ils venaient à 20 avec des banderoles de l’Esprit du Clan, ils passaient du son à eux à fond dans des ghettoblasters et ils faisaient de la promo comme ça. Ils distribuaient des flyers. T’avais vingt gars en Lacoste devant le Zénith qui jouaient du Metal, c’était complètement incongru… Quand je les ai vus faire ça, à l’époque, c’était ce qu’il fallait faire. Faut jouer, faut durer, faut être motivé, perdre de l’argent au début, accepter de jouer pour moins cher que ce que ça te coute en péage et en essence. Si y a de la qualité, ça finira par payer… Faut persévérer.

Merci messieurs et bon concert, et profitez bien de Gisors ce soir.

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