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Satyricon, Tuska Open Air 2010

Le 21 octobre 2010 posté par Gwenn

Voici la retranscription de la petite interview réalisée lors du Tuska Open Air 2010 à Helsinki. Je me permets de vous donner deux extraits de la vidéo, qui malheureusement n’est pas possible de diffuser, entièrement à cause de la mauvaise qualité de son. En effet, réaliser une interview des deux membres du groupe Satyricon n’est pas aisé, coincés entre deux scènes hurlantes et un monde pas croyable autour de la table. Malgré ces conditions un peu ardues, et sous un soleil d’or irradiant, Satyr et Frost ont répondu à mes questions avec professionnalisme et générosité. Sachant qu’il est déjà assez impressionnant, quand on apprécie un groupe pour toute sa carrière et ses évolutions, de croiser le regard de ses fondateurs, mais avoir ces deux paires d’yeux « un peu » envoûtants en face de soi est encore pire. Cela va sans dire, j’aurai aimé évoquer des thèmes plus précis, plus spirituels sur la musique de Satyricon, et ainsi pouvoir répondre à certains de mes questionnements encore intacts. J’espère pouvoir approfondir ce travail en y consacrant le temps qu’il faut.

Sans en savoir plus cependant sur l’avenir de Satyricon, j’ai tout de même le pressentiment que quelque chose de complètement nouveau se réfléchit. Comme l’évoque Sigurd Wongraven, il a été indispensable pour le groupe de s’accorder cette phase de pause, ce après leur tournée « Finale In Black ». Le travail acharné, le perfectionnisme, demandent un immense engagement qui implique une entière dévotion au groupe. Dans un premier temps, il a été confirmé lors du concert de la veille, qu’un autre show se prépare, les corbeaux nous donnent encore un RV funèbre. La Finlande a toujours été un pays très apprécié par le groupe, un public répondant activement aux attaques noires et sonores, et l’ambiance particulière du Tuska Open Air pour encadrer la magie. C’est dans l’attente fébrile de nouveauté que je m’accorde à écrire le premier chapitre d’un travail qui débute, en faveur des fans, ou simplement de personnes ne connaissant pas encore le groupe ou même le black metal en général.

Également, l’interview de Gildas le Pape est disponible!

–    Vous avez choisi de faire un seul show cet été, et ce choix s’est porté sur la Finlande, pourquoi le Tuska ?

Frost :… En Finlande nous avons un très bon public, mais d’abord,  ce show est un peu spécial pour nous, dans le sens ou nous sommes en plein break avec de base, beaucoup de travail derrière nous comme avec l’album The Age of Nero, et on a pris un peu de distance par rapport à tout ça….. Préparer ce show, ce n’est pas du tout le même travail par rapport aux préparatifs d’une tournée, par exemple….. Il n’y a que très peu de concerts de Satyricon pour le moment, mais c’est tout un autre travail…

–    Vous avez décidé de jouer 5 morceaux de l’ancienne période, et 5 de la nouvelle, comment orientez vous vos choix de setlist et l’ordre des morceaux? Par exemple en France, je n’ai jamais eu l’occasion de voir ‘Repined Bastard Nation‘ des le départ…

Satyr : On essaye d’orienter le choix de nos titres de manière particulière pour chaque concert. Ceci pour notre propre plaisir et pour nos auditeurs. En général, on choisit 65% d’anciens morceaux, et le reste provenant alors des derniers albums. Enfin, par exemple concernant « Filthgrinder » de l’album « Rebel Extravaganza », on a eu toute une période où on le jouait sur scène à chaque fois. Au bout d’un moment ça me semblait personnellement trop redondant, je n’ai plus eu envie de la jouer. Mais en préparant le concert d’hier, je me suis dit que ça faisait quand même un bon moment que ce morceau n’était pas apparu en live. Au final on a tous eu beaucoup de plaisir à interpréter à nouveau ce morceau. C’est pour ça que nos setlists dépendent entièrement de notre feeling du moment, et c’est comme ça qu’elles se construisent.

–    J’ai entendu que ça serait avec plaisir que vous feriez un autre show au Hellfest, mais uniquement si l’organisation vous laisse jouer de nuit, c’est vrai ?

Satyr : Oui, je pense que le Hellfest est un très bon festival, et Satyricon est l’un des groupes qui a attiré le plus de monde dans l’après-midi, nous avons un bon public, pas mal de gens écoutent Satyricon en France, on y a joué dans de nombreuses villes mais je pense que nous sommes un groupe qui joue avec des effets lumineux créés pour être rendus plutôt la nuit.

–    Je me souviens bien du gigantesque show au Wacken 2004, un concert qui vous a particulièrement marqués ?

Frost : On ne peut pas vraiment mettre en valeur une préférence. Chaque concert a sa propre unicité, son propre feeling. Parfois un concert dégage quelque chose de plus fort… quelque chose de plus spécifique, mais vraiment, chaque concert est une expérience propre.

–    Tu parlais de ta contribution à Satyricon, dans une interview… tu disais que Satyr est l’unique compositeur, que tu ne réalises que la partie batterie, comment ça s’organise réellement ?

Frost: Le travail de créativité se fait naturellement (…), chacun prend sa place et assume son travail jusqu’au bout, c’est ainsi que l’échange se fait (…).

–    Vous semblez porter une attention toute particulière à votre look, votre apparence sur scène et en image, notamment par les changements, et ce nouveau style épuré, sombre, un moyen de rendre le Black-metal plus classique, plus classe ?

Satyr : Chaque groupe possède son propre style, il est important d’être clair dans son image, son design, la photo, la mise en scène, et le black metal est un bon exemple à ce niveau dans le monde de la musique. …..  Ce n’est pas simplement une histoire de musique, mais faire attention à tous les petits détails, et tous les aspects de ce qui nous définit… je pense que ce n’est pas une particularité de Satyricon, c’est indispensable pour chaque formation dans ce style de musique. Cependant, on tente quand même de se démarquer, et d’être les plus professionnels, mais du coup c’est très compliqué d’en parler.

–    Votre carrière est comme un livre ou une œuvre d’art, avec un début, et une fin, le tout suivant un ordre très cohérent. J’aimerais savoir quelle est la réelle signification du morceau  ‘Den Siste‘ ?

Satyr : Je vois ce que tu essayes de dire… Il n’y a pas de réelle signification dans le morceau ‘Den Siste’. Je pense que Satyricon a écrit un nouveau chapitre, et maintenant passera à autre chose. Mais ça n’a rien à voir avec le sens de « Den Siste », c’est là toute la différence. Pour ça, l’année 2010 marque un tournant, comme en quelque sorte, sortir du petit monde d’écriture, de tournée, dans lequel nous étions. Nous avions besoin d’une sorte d’espace mental, afin de penser de manière claire. Il y a toujours une seule manière de rejoindre la prochaine marche. Et enfin, tu peux rester créatif, mais si tu veux vraiment faire quelque chose d’extraordinaire, enfin… si tu travailles très dur, durant des années, comme nous l’avons fait, ça porte ses fruits. Il faut cependant passer du temps à autres choses, c’est comme ça qu’on avance de manière plus précise, plus efficace.

–    Je ne pourrais croire que vous n’avez pas d’intérêts autres que la musique… Il y a-t-il des choses qui vous passionnent, vous inspirent, en dehors de la musique ?

Satyr : La musique est notre vie, ce n’est pas vraiment un intérêt, mais bien sûr qu’en dehors de ça, que nous sommes intéressés par d’autres choses.  Il est bien évidemment indispensable de passer du temps à d’autres intérêts, ce surtout lorsqu’on est autant impliqué dans des projets musicaux…

–    Comment trouves tu le temps pour travailler dans autant de formations ? Un groupe comme Gehenna doit demander pas mal de travail…

Frost : Mais non… Tu dois te rappeler que je suis musicien à part entière, je n’ai que deux groupes, et Satyricon est le premier. Il n’y a qu’un seul album de Gehenna…Je ne me dédie jamais entièrement à un seul groupe et encore moins, uniquement dans le processus Satyricon. Je passe du temps à créer aussi ailleurs, même en dehors du travail que je fournis pour Satyricon, je peux tout à fait le faire et c’est tout naturel.

–    Travailles-tu encore sur des Sides Projets, des choses comme  Storm, ou le superbe Wongraven ?

Satyr : En quelque sorte… Storm c’était très particulier, j’ai été toutefois invité à participer à beaucoup de projets musicaux, et cela depuis de nombreuses années. Il m’arrive de travailler sur d »autres choses de manière occasionnelle, mais je n’ai rien de très précis pour le moment. Si , des choses complètement en dehors de la musique, qui n’ont rien à voir et ce n’est pas un mal.

–    Tu nous as fait un truc bizarre, en entrant sur scène hier soir, on ne voyait plus que le blanc de tes yeux avant que les premières notes retentissent, quelle en est la signification, la teneur ?

Frost : Ce n’est pas un effet visuel volontaire, c’est une réelle émotion, très forte, que je ressens à chaque début de concert. J’essaye de réunir toutes ces émotions et de les concentrer, en quelques sortes. J’essaye aussi de me préparer physiquement, et mentalement avant chaque concert. Je n’ai pas envie, dans ces moments là, d’être distrait, car ce sont vraiment des émotions très fortes. Ça ne se communique pas forcément, mais c’est comme ça que je l’exprime. Prendre tout ça, et me concentrer de manière posée.

Un grand merci, encore une fois, à Satyr et Frost pour cet échange.

Le site officiel mentionne l’écriture d’un nouvel album, et la réédition de la totalité de la discographie sous un nouvel art work… (pas pour me déplaire *trépigne*) 🙂  www.satyricon.no
Deux shows également à Moscou et à St Petersburg, respectivement le 12 et le 13 Décembre 2010!

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