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Abrahma

Le 19 août 2015 posté par Bloodybarbie

Interview : Bloodybarbie

A l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Reflections In The Bowels Of A Bird » (http://www.soilchronicles.fr/chroniques/abrahma-reflections-in-the-bowels-of-a-bird) et leur concert en première partie d’Egypt au Glazart le 02/06/2015 (http://www.soilchronicles.fr/reports/egypt-abrahma-tombstones-au-glazart-paris-le-02062015), nous avons le plaisir d’interviewer Abrahma, un excellent groupe français de Stoner/Heavy Rock Psyché qu’on a récemment découvert.

Line-up: Seb à la guitare et au chant, Nicolas à la guitare, Benjamin à la Batterie et Guillaume à la basse.


Pouvez-vous nous raconter l’histoire de la formation du groupe ?

Seb : J’avais formé un autre groupe, au début, avec Pierre, un pote à moi. On ne jouait pas exactement le même style qu’aujourd’hui. Ensuite, Benjamin nous a rejoints. On voyait que ça évoluait et on a commencé à affirmer notre style. On a d’ailleurs sorti deux albums. Ensuite, on a voulu changer de direction musicale et aller vers quelque chose de plus heavy et de plus psychédélique. Guillaume nous a rejoint à cette période là. Quelques temps après, notre ancien guitariste, ne partageait plus le même délire musical et depuis nos chemins ce sont séparés. Nico a pris sa place et du coup on a décidé de changer de nom. On s’est renommé Abrahma.

Nico : On a eu la chance d’être très vite signés par Small Stone Records. Cela s’est fait en deux semaines.

Seb : Au début, on voulait cibler cinq labels impossibles dont Small Stone Records faisait parti. On était persuadé qu’il ne nous prendrait pas. Pour moi c’était symbolique car c’est un label dont j’achète les CD depuis que j’ai 12 ans. C’est le premier à nous avoir répondu en nous disant que notre album les intéressait mais qu’ils n’étaient pas convaincus par le son. Ils voulaient qu’on le refasse faire par leur équipe à savoir Eric Hoegemeyer pour le mixage et Chris Goosman pour le mastering. Scott (le patron de Small Stone Records) souhaitait un son plus organique. Le résultat du nouveau mix satisfaisant tout le monde, nous avons fini par signer avec eux. Quant au nouvel album, nous avons terminé son enregistrement en Juillet 2014. Ensuite il y a eu quelques soucis techniques car le label a pris l’eau au sens propre du terme à cause des inondations à Detroit. On a donc eu un gros retard et on a dû trouver un autre financement pour le mixage… Mais enfin, l’album est là !

 

 

Et vous deviez vous déplacer aux USA pour travailler avec Scott ?

Seb : Tout s’est fait par internet, on n’a encore jamais rencontré Scott.

 

J’ai vu que Benjamin et Guillaume ont le même nom de famille, y a-t-il un lien de parenté entre vous ?

Benjamin: oui on est frère !

Seb: Guillaume, Benjamin et moi nous connaissons depuis l’adolescence, on avait un groupe de Death Metal pour s’amuser. Et c’est Benjamin qui nous a ensuite présenté Nicolas, bien plus tard.

 

D’où vient le choix du nom de votre groupe, Abrahma?

Seb: A la base on cherchait à changer de nom vu que le style n’est pas le même que l’ancien groupe. C’est Guillaume qui l’a proposé.

Guillaume: On cherchait un nom à consonance spirituelle, mystique. On a eu l’idée, tout à fait par hasard, de mixer Abraham qui est le prophète commun des trois principales religions monothéistes et Brahma qui est un dieu du panthéon hindouiste. Ça donne Abrahma.

Benjamin : … qui ne veut rien dire en fait (rire) !

Guillaume : Ou ça veut dire que nous sommes les nouveaux prophètes (rire) au-dessus de toutes les religions.

Nico : En fait, le concept d’Abrahma existe vraiment, on l’a appris grâce à une chronique du premier album, le gars avait fait ses recherches. Il y avait apparemment un obscur théologien du XIXème siècle qui pensait que le prophète Abraham était simplement la version hébraïque du Brahma hindou, que ce n’était qu’une seule et même figure. Il a appelé cette figure Abrahma.

Benjamin : Et comme dans notre musique il y a quelque chose de spirituel, ésotérique et mystique, notamment les paroles, le nom collait plutôt bien.

 

Qu’est-ce qui t’as attiré dans le Heavy Rock/Stoner ?

Seb : On ne s’affirme pas comme étant un groupe de Stoner, en tout cas pas au sens Desert Rock. En fait on écoute tous des choses variées, je pense que notre musique est différente du Stoner, plutôt orientée vers le gros Rock psychédélique.

Guillaume : Je pense que Heavy Rock correspondrait le mieux. A aucun moment on s’est dit qu’on allait enregistrer un album de Stoner !

Seb: A aucun moment on s’est dit qu’on allait enregistrer quoi que ce soit (rires). Il y a des inspirations Doom, Rock 70 en général, Grunge. On a évolué dans ce qu’on écoutait quand on était ado comme le Rock alternatif des 90’s ou le Grunge. On écoute vraiment de tout. Je suis un grand fan de Monster Magnet, Paradise Lost, Type O Negative. J’écoutais Mayhem aussi, même si ça ne s’entend pas trop dans nos compositions. C’est vrai qu’on se pose pas trop la question du genre de musique qu’on va faire, Stoner ou pas. Généralement un membre amène son idée, on jamme ensemble et on construit les morceaux. C’est très rare que quelqu’un arrive avec un morceau complet et même quand ça arrive, on le retravaille ensemble, chacun apporte sa touche et on s’amuse dessus. C’est un vrai travail de groupe. C’est ce qui me plaît le plus dans Abrahma et j’aimerais que ça ne change pas. Ce n’est pas le groupe d’un compositeur !

 

Vous faites souvent des répètes ?

Seb : Non, on répète surtout juste avant les concerts.

Guillaume : Lorsqu’on compose, on va se voir tous les jours pendant deux semaines par exemple, après on va rien faire pendant un mois…

Benjamin : En fait pour cet album, pendant une année on n’a fait que maquetter. On a enregistré rapidement une vingtaine de morceaux, un en bloc à chaque fois. Quelques mois plus tard on a tout réécouté et repris, fait le tri.

Nico: On savait qu’on n’allait pas non plus avoir le temps d’enregistrer 15 gros morceaux, donc il fallait bien choisir.

Seb :L’idée était que l’album devait être enregistré en dix jours.

 

Et comment avez-vous enregistré, en live ou par instrument ?

Seb : On enregistre tout en live.

Benjamin : On joue tous les quatre d’abord, puis on rajoute à la fin quelques guitares, des synthés, les harmoniques et la voix. Les voix sont surtout composées après l’enregistrement. Seb intègre le chant lors de l’enregistrement.

Seb : C’est quelque chose que je changerais au prochain album, car c’est stressant de débarquer et d’enregistrer directement.

Nico : C’est vrai qu’on s’occupe des mélodies vraiment à la fin, c’est pour ça que beaucoup perçoivent notre musique comme de la musique instrumentale, voire comme une B.O de film.

 

Seb, tu es donc l’auteur des textes ?

Seb : Oui c’est ça. De toute façon les paroles et les lignes vocales changent lors de l’enregistrement afin de mieux les adapter.

 

De quoi parle votre album ?

Seb : De pas mal de choses ésotériques et spirituelles, il parle des choses de la vie, des frustrations, notamment les Omens. La trilogie des Omens c’est le résumé de l’album, même si le titre est “Reflections in the Bowels of a Bird”. Je suis vraiment dans le trip théologie, spiritualité…

Je voulais écrire des textes sur la manière dont les gens peuvent se bousiller la vie en essayant de prévoir l’avenir. Alors j’ai évoqué la pratique de l’haruspicine, c’est à dire la lecture de l’avenir dans les entrailles d’animaux, souvent des oiseaux. On se rend compte que c’est une pratique commune à toutes les civilisations (en Inde, en Chine, en Grèce antique…). Les gens ont toujours été obsédés par la prédiction de l’avenir, même s’ils sont impuissants à le contrôler, voilà l’idée de l’album, d’où le titre.

 

Et donc, que peut-on prédire de cet artwork ?

Seb : Beaucoup de succès ! La pochette est très psychédélique, elle part un peu dans tous les sens. Elle a été faite par Jalón de Aquiles, d’ailleurs je vous invite à voir son site, c’est un artiste brillant. Il a vite compris ce qu’on voulait et nous a dessiné ça.

Benjamin : Il a créé le visuel en écoutant notre musique. Il a un côté un peu sombre, un autre plus coloré. On en est tous très satisfaits.

Nico : Pour moi c’est juste une perruche qui pleure avec un œuf au plat et l’étoile noire de Star Wars…

 

Qu’en est-il de la collaboration avec Ed-Mundel (de Monster Magnet) qui a joué un solo dans “A Shephered’s Grief” ?

Seb : Ca c’est plutôt mon trip. En fait je suis un grand fan de Monster Magnet et surtout d’ Ed Mundell. Il fait parti de mes guitaristes préférés, ceux qui m’ont fait entrer dans le monde de la guitare. C’est lui qui m’a fait découvrir le jeu avec différentes pédales d’effet…En fait j’avais envie d’essayer de collaborer avec lui dès le premier album, je n’y croyais pas du tout. Je l’ai contacté par facebook.

Il se trouve qu’au moment où je suis parti en vacances à Los Angeles, j’ai reçu un message me disant qu’il serait ravi de participer à notre projet. Il me demandait comment on pouvait s’organiser (ça faisait deux mois que j’attendais sa réponse, on n’y croyait plus). C’était malheureusement compliqué de se voir vu que je ne restais que 5 jours mais ça ne l’a pas empêché de nous envoyer son solo.

Benjamin : Il a joué des solos sur le premier et sur le 2ème album.

Seb : On lui a donc envoyé « A Shepherd’s Grief » et on lui a demandé de faire un truc dessus. On n’a pas eu le temps d’en faire plus, pour cet album il aurait aimé faire des synthés mais il a quand même enregistré le solo de gratte. On a un bon feeling avec lui donc on espère encore collaborer ensemble à l’avenir.

Guillaume : Le mec est vraiment cool, super simple et adorable.

 

Comment fut votre expérience en festival, vu que vous avez eu le privilège de jouer dans des grands festivals comme le Roadburn et le Desertfest ?

Seb : Le Roadburn c’était assez fou en fait, c’est un festival qu’on a toujours voulu faire depuis longtemps, comme beaucoup de groupes.

Guillaume : Le Roadburn c’est un peu la Mecque de ce genre de style : le rock lourd et psychédélique, c’est un rêve pour tout groupe de ce genre de jouer là-bas. C’est aussi cool de jouer au Desertfest mais le Roadburn a une sorte d’aura particulière qui nous correspond mieux, plus expérimentale…

Seb : Même si j’adore le Desertfest, ça reste un festival plus Stoner. Le Roadburn est beaucoup plus éclectique. Le jour où on a joué il y avait Anathema, Bongzilla…

Guillaume : Il y avait aussi des groupes de black…

Seb : Dans la même journée, il y a un défilé de styles plus variés, ce festival est assez ouvert. Et puis le public vient vraiment découvrir de nouveaux groupes. Quand on a terminé le concert, on a rencontré des gens au merch qui ne nous connaissaient pas du tout et qui sont venus pour nous découvrir. Dans ce sens-là, le Roadburn c’est le festival idéal.

 

Comment avez-vous trouvé une place au festival ?

Seb : En fait j’ai directement contacté Walter, le grand patron du Roadburn, et ça faisait pas mal de temps qu’on était en contact. On allait partir en tournée avec Lo-pan et Lo-pan devait jouer au Roadburn. Il nous a donc proposé d’en profiter et nous a trouvé un slot. Au début personne dans le groupe ne me croyait quand j’ai dit qu’on allait y jouer, et finalement voilà, ça s’est fait !

Nico : C’était vraiment cool, une de nos meilleures expériences !

Guillaume : les scènes sont superbes et très bien équipées, le son est très bon, tout se passe toujours très bien. Il y a 4 salles différentes.

Seb : A la fin il y a l’afterburner, c’est un jour de plus que les fans demandent et pour lequel ils prennent un billet. C’est vraiment pour ceux qui en veulent encore, à qui trois jours ne suffisent pas.

 

J’imagine que votre merch a été vidé (rire) ?

Seb et Nico : C’était pas mal oui ! Il restait plus grand chose pour le reste de la tournée…

 

Et cette tournée avec Lo-pan ?

Seb : C’était vraiment cool, elle nous a permis de roder nos nouveaux morceaux sur scène. C’était un peu le but de cette tournée. Elle nous a aussi permis de recueillir de bonnes critiques et quelques nouveaux fans.

 

Vous les connaissiez avant ?

Seb : On est tous les deux sur le même label.

Nico : On ne les avait jamais rencontrés. En fait c’était leur première tournée européenne. On a joué dans de belles salles et la tournée s’est bien passée. On a eu de bonnes et longues journées de route.

Seb : D’ailleurs on remercie Chris Draghi de Doctor Cyclops, même s’il ne comprend pas le français. Il nous a bien dépanné, en particulier pour la route de Vitoria en Espagne jusqu’à Nice. L’Espagne c’est vraiment sympa, les conditions d’accueil sont toujours mortelles. Le public est connaisseur. Il y a même un bunker à Barcelone qui fait venir pas mal de groupes comme Elder. Même à Majorque qui est un petit bled, il y a des concerts de Rock.

 

Quelle date vous a le plus marqués ?

Tout le monde : Clairement le Roadburn. On en profite aussi pour remercier Fred Quota, le batteur remplaçant de Benjamin quand il ne peut pas jouer, qui y était avec nous.

 

Quels sont les instruments que vous utilisez ?

Seb : On utilise surtout des Gibson. Moi c’est la Flying V et la SG. J’aime bien une marque qui s’appelle Saint Blues et qu’on entend plus sur le premier album. Mais je reste sur la SG surtout, et la Flying V qui est très agréable en live, c’est léger, ça se joue bien. Ce n’est pas une gratte sur laquelle je pensais jouer à la base, je l’ai eu vraiment par hasard et elle me va bien.

Nico : moi je joue en live sur une Gibson SG. C’est pas ouf niveau son mais c’est léger, ça me pète pas le dos. Et puis si je l’explose en tournée, j’aurais moins de regret que si ça avait été une des belles Les Paul que j’utilise en studio.

Benjamin : Batterie Yamaha et Istanbul pour les cymbales (on est endorsé).

Nico : Et on est aussi endorsé par Orange Amps, donc on joue avec des amplis Orange même si ça jure un peu avec les bouchons d’oreilles rose et vert de Seb.

Seb : Pour ce qui est capillaire, Nico n’utilise rien vu qu’il n’a pas de cheveux. Moi j’utilise Petrolane.

Guillaume : Moi c’est le savon de Marseille.

 

Et votre vidéo clip, a-t-il été réalisé avec de vrais loups ?

Seb : On a tout organisé avec le real Mathieu Baillargeon en mode DIY. On a eu beaucoup de chance! J’ai par exemple trouvé la maison du début de tournage pas loin de la forêt où l’on voulait tourner. Les gens du « Repaire d’Asgeir » nous ont gracieusement prêté leur gîte et on a rencontré des dresseuses de Chiens loups Tchequoslovaques (15% de chien) qui nous ont gentiment proposés leurs chiens et leurs services. Le reste s’est fait entre Rouen et Evreux avec des allumettes et des crottes de nez.

 

Je vous souhaite une bonne continuation et une très belle carrière !

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1 Commentaire sur “Abrahma”

  1. 1
    Egypt + Abrahma + Tombstones au Glazart (Paris) le 02/06/2015 | Soil Chronicles

    […] Si vous voulez en savoir plus sur le groupe, voici leur interview réalisée quelques heures avant leur passage sur scène : http://www.soilchronicles.fr/interviews/abrahma […]

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