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Caustic Vomit – Festering Odes to Deformity

Le 8 avril 2019 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


  • M. : Basse
  • L. : Batterie
  • R. : Guitare
  • S. : Chant/Guitare

Style:

Doom/Death Metal

Date de sortie:

30 decembre 2018

Label:

Autoproduction

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 5/10 

“On voudrait parfois être cannibale, moins pour le plaisir de dévorer tel ou tel que pour celui de le vomir.” (Roland Topor)

Je voulais mettre une célèbre réplique du film La Cité de la Peur mais je me suis résigné… Pour une démo, et donc une première expérience en chronique pour le groupe, je me devais d’être sérieux. Pourtant qu’est-ce que j’ai eu envie de rire après l’écoute de la démo Festering Odes to Deformity ! Non pas que le contenu soit horrible mais non seulement le style ne prête pas à sourire, mais en plus… c’est une démo. Dans tout ce qu’il y a de plus débutant.

Caustic Vomit est un groupe venant de la sainte Russie et nous n’avons que très peu d’informations sous la dent. Ils sont quatre, ils sont beaux et quand on voit qu’ils posent fièrement à côté d’une croix en bois dans une petite chapelle de bord de route, on se dit qu’ils ne vont pas faire dans le comique ces loubards-là ! Et bim, Voici que sort en cette fin d’année 2018 leur première démo intitulée Festering Odes to Deformity (Odes dévastatrices à la difformité, merci Google !) Quasimodo, es-tu là ???

Qui dit première démo dit mastering maison avec beaucoup de déchets. Ce n’est pas commun dans tous les cas de figure certes, mais ici, précisément, ça l’est : le son est embrouillé, parfois difficile à écouter. On pourrait lui reprocher d’être trop concentré, pas assez aéré… Il me fait un peu penser à un enregistrement dans un local de répétition plus qu’un vrai travail studio. Je n’ai en soi rien à reprocher au groupe car probablement que la démarche est normale, ou tout du moins voulue, mais je ne pense pas qu’elle convienne à un public lambda… Si on détaille un peu plus, grosso modo on n’entend que les guitares, la batterie est noyée par le son des cymbales et la caisse claire est tout simplement inaudible tant elle est mal réglée pour du Doom Death Metal, et la basse est, elle aussi, noyée dans la masse. Franchement, on ne dirait pas une répétition géante enregistrée avec un portable, sans déconner ?! Et alors, la perle du soir… le chant ! Nous y reviendrons dans le détaillé de chaque morceau mais ça vaut son pesant de cacahuètes.

Bon, vous me direz que je suis méchant, grotesque même, de me moquer d’un groupe qui envoie une démo gentiment pour avoir une belle chronique. C’est un peu vrai, je le confesse… Car il y a bien évidemment des éléments bien réussis et l’introduction, teintée de guitares saturées et d’effets ambiants est une merveille du genre. Elle est courte mais très bien ! C’est même le point fort de la démo.

Le premier morceau est d’une lenteur terrible, oppressante.
Et de fait, on est bien dans du Doom Metal avec des apports death.
Je tire mon chapeau à la batterie de maintenir un tempo aussi lent de manière précise parce que, ça n’a l’air de rien comme performance, mais il faut le faire.
Le riff est construit sur des accords simples mais il a le mérite d’être bien efficace. Puis, la basse apparait seule pour amener un passage un poil plus rapide.
Et d’un coup c’est l’explosion ! On arrive sur des tempos beaucoup plus rapides, pas un long instant car ce n’est pas le style prédominant de la démo mais, pendant ce laps de temps, les corps se déchainent !
C’est cru, violent, et il y a toujours cette espèce de lenteur oppressante jamais très loin pour nous engourdir le cerveau jusqu’à nous transformer en zombie !
Mais bon, comme chaque groupe de Death « à la mode », il fallait un solo… Eh oui, il ne se passe pas un album sans que j’entende un solo dans du Death Metal. Solo que je trouve inutile, qui ne colle pas avec le reste d’ailleurs.
Le comble de l’inutile est atteint en un rien de temps… Le morceau se finira comme il a commencé, lent et avec une petite variation mélodique sympa. Le plus dur dans le style doom étant de finir, c’est une très bonne fin…
Mais alors, le chant…
Mon Dieu le chant ! Je n’ai jamais entendu un truc aussi immonde !
Il est déroutant, grave à l’extrême comme un relent, je ne pourrai pas dire si je l’aime à l’instant où j’écoute le premier morceau mais, plus tard, je me ferai ma conviction et elle sera implacable.
En tout cas, la technique vocale est spéciale mais pas géniale pour les cordes vocales et la gorge.
Pour l’expérimenter devant ma fille de deux ans pour lui faire peur, je vous garantis qu’elle est rédhibitoire pour le système guttural ! (Ce serait une bonne technique pour le faire taire, ce chanteur, tiens : l’encourager à continuer ainsi ! Non, je blague…)

Pour ce qui est du deuxième morceau on dirait du Carpathian Forest !
Limite dansant, c’est rigolo !
Puis de nouveau un passage lent s’initie.
Décidément, le chant a le mérite d’être original mais ne me revient pas.
Soit c’est une innovation, soit c’est du Grind et tout s’explique sur la base vocale et l’inarticulation des paroles, soit encore… c’est juste du chant mauvais.
Et à la fin de l’écoute, je ne saurai encore pas de quoi il en retourne… On dirait par moment que le chant accompagne la basse au détriment de la batterie tellement la voix est grave ! Mais pour ce qui est des riffs, ils sont efficaces sans être innovants.
Lourds mais entrainants dans leur lenteur.
J’aime bien l’un des riffs qui est un peu plus saccadé au milieu du morceau mais les autres ne me laisseront pas un souvenir impérissable.
De nouveau, il y aura un solo, un peu plus à propos que le précédent pour le coup.
Mais là encore, je ne comprends pas l’utilité de mettre des solos sur du doom aussi lent quoi… Pour se la raconter ? Mystère et boule de gomme !
La fin du morceau fait plus brutale.

Bon… Ce qu’il en ressort de ces deux premiers morceaux, c’est qu’il y a un potentiel à exploiter qui est indéniable.
Je ne l’ai pas précisé en haut mais les morceaux sont très longs et bizarrement on ne les sent pas passer, ce qui est un excellent point parce que j’ai toujours cette appréhension à l’idée d’écouter des longues chansons, qui peuvent liquéfier le cerveau à la longue… mais dans ce cas précis, aucunement ! Donc c’est très bien.
Mais il y a plusieurs choses qui m’échappent : pourquoi ce chant déjà ? Pourquoi faire de pauvres relents de glotte dans un micro où les paroles sont incompréhensibles ?
Pourquoi, ensuite, proposer une démo qui fait office d’enregistrement pris lors d’une répétition du groupe dans leur local ? Je veux bien entendre que les groupes n’ont pas tous les moyens de sortir une galette sensationnelle, mais enfin quand-même ! La production ici est sale. Là encore, le sale peut plaire dans certaines circonstances… mais ici, c’est sale de chez sale, et ça ne plaira qu’à quelques initiés, une poignée seulement…

Le troisième morceau ne sera que la confirmation que le chant n’est qu’un relent du fond de la gorge plus qu’un vrai chant. Donc, à jeter à la poubelle.
Le riff principal est lourd, bien death metal old school, le tempo en moins. Si l’on se réfère à certains morceaux de Cannibal Corpse par exemple, le tempo est correct. Il y a, vers la moitié du morceau, un passage mélodique intéressant avec les deux guitares qui s’y mettent ensemble et qui s’accordent bien entre elles. Une bonne surprise !
Le solo (encore) est court, et inutile (encore). Mais ce que j’ai trouvé encore plus déroutant, c’est le passage plus black, voir punk qui fait suite au solo : on est d’accord que le groupe propose du Doom Death Metal, n’est-ce-pas ?
Alors, pourquoi mettre ce passage ? Bon sang, mais quelle erreur !
Et c’est vers une fin progressive sur un solo que se termine la démo… et je me sens soulagé.

La pochette est celle du format K7 de l’époque, cette démo étant sortie sous ce format et en digital uniquement avec ce fond noir et ce contour blanc. Le logo du groupe en gros plan et le nom des morceaux. Tout est simple, sans sophistication. Pas de grand intérêt quoi.

J’ai zieuté les paroles et elles sont plutôt pas mal. Écrites en anglais et bien écrites en tout cas, avec quelques images sympathiques, des thèmes autour de la mort qui sont dignes d’intérêt. Dommage que l’ersatz de chant qui accompagne les paroles les rende inaudibles au possible… La prochaine fois, autant faire du yaourt : ce sera pareil.

Bon, ben, voilà… J’ai fait ma B.A. en écrivant une chronique sur cette démo. Mémorable dans beaucoup de parcelles.
D’une part, parce qu’il y a un réel potentiel derrière ce quatuor russe qui compose Caustic Vomit, que le Doom Death est un style prenant qui a un vrai pouvoir de lavage de cerveau, de liquéfaction des moments joyeux pour laisser place à la mélancolie et à la démarche zombiesque.Et en soi, le groupe réussit bien son ambition de lenteur et de lourdinguerie ! La musique est bien composée en soi.
Mais la production est complètement à revoir… Il faudra quand même passer par la case studio un jour, les gars, sinon vous ne ferez pas long feu dans le milieu.
Et, pitié… virez le chanteur ! Ou apprenez lui le chant, faites quelque chose ! J’irai même plus loin, c’est un total manque de respect pour ceux qui vous écoutent que de mettre en frontman quelqu’un qui ne sait tout simplement pas growler !

En une phrase : la route est encore très très longue et vu toutes les embûches qu’il y a à contourner, pas sûr que je sois en mesure de conseiller cette démo. Passez votre chemin en attendant un deuxième opus.

Tracklist :

1. Intro/Immured in devouring Rot (11:13)
2. Churning Bowel Tunnels (09:13)
3. Once coffined Malformities (10:03)

Bandcamp

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