Dream Theater – A Dramatic Turn Of Events

Dream Theater – A Dramatic Turn Of Events

Note du Soilchroniqueur (MetalPsychoKiller) : 9 / 10

« Un coup de gueule qui par extension rejette le dogme stéréotypé du « c’était mieux avant », slogan emblématique du blaireau lambda ! »

S’essayer à chroniquer un release d’un groupe comme Dream Theater, référence mondiale en matière de Prog n’en déplaise aux prétentieux et donneurs de leçon cachés derrière leur clavier de taiseux, est un exercice plus que périlleux à l’antithèse de la sinécure. Forcément votre simili prose sera lue et relue, et chaque mot sera décortiqué par d’une part des cohortes de fans qui ne vous pardonneront aucune remarque pouvant être jugée négative. Ou de l’autre au contraire par des haineux qui vous bruleront sans procès sur le bucher de vos vanités à afficher que vous êtes un aficionado historique du combo, quand dans le même temps leurs préjugés dogmatiques les enferrent viscéralement et implacablement dans le dénigrement et la condamnation. Si vous suivez mon raisonnement, vous comprendrez donc aisément que votre vieux reviewer a pris tout son temps et son loisir, à savoir près d’un trimestre, pour vous délivrer son ressenti strictement personnel. Pondre une chronique après deux ou trois écoutes discrètes, histoire de coller à l’actualité et faire de la connexion, n’entre pas dans les obligations des membres du team de Soil ce dont je me félicite pour une dualité d’effets tenant à la fois dans le véritable « Spirit Of Metal » d’un côté. Et de l’autre dans des anaphores littéraires ou Montaigne aurait « dit tête bien faite vaut mieux que tête bien pleine » et à laquelle Edouard Herriot aurait rétorqué que « la culture est ce qui reste quand tout a été oublié »…

Car lorsqu’il s’agit de chroniquer une sortie majeure, l’assimilation et le recul dans le temps paraissent d’être deux éléments prépondérants quant à savoir si celle-ci laissera son sillon de manière éphémère ou plus constante. Et notre théâtre du rêve nous en propose à nouveau, en s’accolant à l’exercice périlleux du funambule errant humoristiquement en roue libre. Depuis sa genèse en 1985 le combo New Yorkais a vu certes maints remaniements de line up, mais le départ du légendaire batteur/compositeur et membre fondateur Mchael Portnoy marque toute à la fois la fin du ère…Et un nouveau commencement, dans la continuité. L’heureux élu pour tenter une succession à sa majesté Mike (dont la contribution entre autres avec Avenged Sevenfold accoucha d’un excellent petit Nightmare) fut l’ex Annihilator, Mike Mangini. Autant vous le dire d’emblée, sa prestation s’avérera sans failles quoi que la batterie ne soit pas poussée sur le devant de la scène audio, mais avec viscéralement de perceptibles différences de jeu tels les parcimonies des contretemps et roulements assénés. Tous les amateurs ou professionnels œuvrant derrière des futs vous rétorqueront que seules une ou deux demi douzaine de batteurs sur la planète pourraient rendre des ouvrages de l’excellence du sieur Portnoy. Donc n’épiloguons point la dessus, faisons avec et pour clore ce second paragraphe, disons juste ceci : « A Dramatic Turn Of Events » pourra paraître fade, simpliste, voir bâclé ou vite enfanté, lors de premières écoutes ! Il n’empêche que celui-ci s’ancrera ensuite au fur et à mesure des découvertes de ses subtilités et magies inexorablement dans vos neurones marqués au fer rouge par des mélodies saisissantes.

N’entrons pas dans le titre par titre forcément exhaustif en qualités et défauts intrinsèques, mais penchons nous plutôt sur deux catégories distinctes dans le premier exercice de la dissertation : le Mauvais, et le bon. Dénigrer ou encenser est aisé sans motiver l’un ou l’autre de ces (ses) penchants, alors mon ressenti va vous être délivré brut de décoffrage et noir sur blanc. Dans la rubrique négative se trouveront ainsi par exemple les influences du combo qui quoi que ne datant pas d’aujourd’hui se révèlent ici encore plus présentes que toute au long de la discographie présentée jusqu’à lors. Muse, les Floyd, Opeth, Yes, le rituel est parfois plus que sous jacent, en réel filigrane comme en attestent les lignes de piano très présentes à l’exemple d’un « Lost Not Forgotten » sonnant véritablement comme l’égérie (killing joke !) britannique. Parallèlement les lignes de claviers auront peut-être par moments une fâcheuse tendance à aller se complaire dans la mièvrerie au risque de se voir labéliser illico sucreries mercantiles par les antis DT. Ces derniers mettront en outre en avant une prestation vocale de James Labrie manquant de poigne, trafiquée ou sirupeuse tel sur un « Far From Heaven », simili ballade véritablement évitable. Mais dans le même temps par ailleurs les lignes de chant seront fichtrement efficaces et empreinte de profondeur à l’exemple d’un régal de « This Is Life ». Le seul ingrédient devant faire unanimité et ne souffrant donc par la même aucune contestation restera le sous dosage au mixage de la jusqu’alors omniprésente batterie. Enregistré au Cove City Sound Studios, le guitariste John Petrucci s’est collé aux manettes ce qui n’était pas arrivé depuis « Six Degrees Of Inner Turbulence » si mes souvenirs ne me trahissent pas. Et le résultat est un manque de puissance flagrant ne résultant pas du remplacement par Mangini…

Pour le reste, zappons le discutable (qui me gonfle !) et venons-en aux louanges (que je préfère !) et sur lesquelles je serai volubile. Dream Theater n’a rien perdu de sa magnificence à nous asséner ses compositions surdimensionnées ou les tiroirs débordent de richesses et finesses et subtilités en tous genres, c’est un fait incontestable. Les deux highlights de cet opus, à mon sens le conquérant «Bridges In The Sky» et l’épique dévastateur « Outcry », en seront les fers de lance indéniable attestant que le combo se porte à merveille et possède toujours sa capacité à maitriser des structures musicales faisant mouche. Comment ne pas se laisser imprégner de la magie de ses ponts dans le ciel tout en braillant à tue tête en callant ses cordes vocales sur le chant de Labrie, c’est à se demander… Pareil pour l’intro ultra développée et les délires de « Outcry » et sa progression de haute tenue faisant monter le palpitant en cadence avant un break évanescent et décoiffant de profondeur. Parallèlement s’extasier devant des soli de très haute tenue ne sera pas faire preuve de mansuétude ni indolence tant ceux assénés dans des « Lost Not Forgotten » ou « « Breaking All Illusions » tapent fort ! Sans oublier le duel démoniaque de quasi anthologie s’étalant de manière sublime au deux tiers du précité « Outcry ». Entre petites surprises par ci comme l’intro de « Bridges In The Sky » ou l’on s’attend à voir surgir des moines boudhistes, et petite reculades par là avec dans le même titre l’arrivée de chœurs quasiment…grégoriens ; DT affiche toujours son talent de recherche et création. « A Dramatic Turn Of Events » sonnera peut être plus accrocheur par une facette « Pop » plus marquée que ses devanciers…Mais au final, le combo ne reste pas dans ses plates bandes et tend à se renouveler…

Sans révolution mais en pleine évolution, sans rupture totale mais sans immobilisme, sans Portnoy mais sans honte ; le groupe affiche une nouvelle direction musicale,- ou plutôt une déviance quant à son cheminement passé-, qui va encore faire couler beaucoup d’encre. Pléthores de chroniqueurs possédant la science infuse devant l’éternel, quoique n’ayant jamais pondu quoi que ce soit de « culte », vont se sentir obligés ou se faire un plaisir de s’essayer à vilipender ce nouveau Line Up de DT. Dans la profusion en tous genres de webzines parsemant la toile, égratigner une pointure de la scène Metal peut se faire si la démarche du reviewer est sincère, argumentée, et non sujette à cautions. Maintenant, descendre un opus (de près d’une heure vingt minutes…) en deux coups de cuillères à pots après autant d’écoutes, histoire d’être le premier site à mettre en ligne sa review et se voir crédité de multiples connexions est une démarche…Lamentable ! Où sont l’assimilation auditive et le recul nécessaires ? Un coup de gueule qui par extension rejette le dogme stéréotypé du « c’était mieux avant », slogan emblématique du blaireau lambda !. Cet opus est intrinsèquement mais parcimonieusement différent certes, mais techniquement et voluptueusement haut de gamme. « Far From Heaven » mis à part, les cinq du théâtre assurent et on redemande. Et si certains mauvais coucheurs les descendent en flamme, cela n’empêchera en aucun cas Dream Theater de rester « La » référence ès Prog d’une part. Et de l’autre « A Dramatic Turn Of Events » de se vendre comme des petits pains à l’exemple d’un « Heritage »…d’Opeth ! Ceci dit, l’artwork Cover ne m’éclate pas outre mesure…

 

Site Officiel : http://www.dreamtheater.net/
Myspace : http://www.myspace.com/dreamtheater
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Synthetic Waterfall – inside the Different

Synthetic Waterfall – inside the Different

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 7,5/10

 

Pour un premier EP (après une première démo), Synthetic Waterfall a fait les choses en grand. Jugez plutôt. Ce n’est pas une pochette en carton qui nous accueille, mais un boîtier cristal, avec un livret bien foutu qui évolue chronologiquement au fil des pages. Et si l’artwork (le dos de la boite et la face du CD en fait) n’est pas trop mon style de dessin, les jeux d’images qui se forment quand on ouvre le boîtier ou lorsqu’on enlève ou met le CD sont des plus appréciables.

Synthetic Waterfall évolue dans un Death Progressif aux guitares acérées auquel s’ajoutent des passages éthérés. Les influences telles qu’Opeth ou des groupes de Postcore, pour certains passages calmes se ressentent très vite. Mais le groupe a un jeu assez différent qui le démarque très vite. Synthetic Waterfall ajoute également des claviers qui donnent au style aussi bien un côté purement Prog (le début de « Yesteday’s a Closed Door Behind ») qu’électro (« Inside the Different ») tout en y ajoutant une ambiance particulière, parfois mélancolique (« Evil Enough »). Un petit côté Death Melo fait aussi son apparition ainsi que des soli des plus Heavy Yesteday’s a Closed Door Behind » entre autres).

Les morceaux font dans les 6-7 minutes et les plans sont nombreux et variés. Le groupe joue la plupart du temps sur cette alternance entre passages calmes et saturés, de voix claire, proche dans son style de Swallow the Sun, sans en atteindre l’excellence (en même temps c’est difficile d’avoir le niveau de Mikko Kotamäki) et de growls graves dans le genre de Mickaël Akerfeldt, puissants et granuleux parfaitement bien adaptés au style.

Les compositions devraient plaire à pas mal d’amateurs du style, et pas que parce qu’Opeth a désormais choisi des voies assez différentes. Le groupe a bien su manier la complexité du Progressif, à travers des compos à tiroirs et des influences diverses, tout en offrant à l’auditeur de quoi s’accrocher pour ne pas perdre le train en marche, et pas que par les moments calmes. En effet, les riffs inspirés, tranchants et mélodiques (« Ghost Existence » par exemple) donnent aux morceaux une efficacité énorme si bien qu’on se plonge rapidement dans l’univers de Synthetic Waterfall.

En fait, il ne manque au groupe que peu de choses pour atteindre l’excellence. Tout d’abord, les intros, bien que toutes différentes et reconnaissables, sont construites de manière similaire : passage calme, moment saturé, on croit que le morceau démarre et re-passage calme. Heureusement, le reste des morceaux est beaucoup plus varié, et plus subtil aussi.
Les passages calmes représentent le second défaut de cette démo. Non pas que ceux-ci soient désagréables, mais ils manquent parfois de relief comme sur « Inside the Different ». Ce n’est pas dû à la voix, qui même si elle n’atteint pas l’excellence du finlandais, elle reste vraiment bonne, affichant une mélancolie s’intégrant aussi bien dans les moments planants que dans ceux plus agressifs. Non, c’est plus dû à un défaut d’écriture. C’est quelque chose d’étonnant, surtout quand on pense aux passages électriques vraiment inspirés, et puis à certains passages éthérés qui nous promettent de belles choses (« Consumption », le milieu de « Ghost Existence » et sa référence directe à Opeth, « Evil Enough » et sa superbe intro qui me fait mentir sur mes précédentes paroles). Mais d’autres auraient mérité plus d’attention.

Néanmoins, ces défauts n’empêcheront pas « Inside the Different » d’être de bon augure. Si les quelques défauts sont gommés pour le premier album, Synthetic Waterfall se révèlera vraiment prometteur.

 

MySpace : www.myspace.com/syntheticwaterfall

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Opeth – Heritage

Opeth – Heritage

Note du Soilchroniqueur (MetalPsychoKiller) : 9 / 10

 

Du Death/Prog au Prog…Rock.

Opeth est une entité majestueuse et unique, indéniablement. En plus de vingt années d’existence et moitié moins d’albums au compteur, le combo du Mikael Akerfeldt ayant succédé au membre fondateur David Isberg a dès sa genèse su se démarquer de la masse et se tracer une voie royale. Un cheminement sans à coups ou révolutions, une juste évolution dans une mutation du plaisir aboutissant au bout de deux décennies à cet « Heritage » dont pléthores de combos prétendront dans un proche avenir en être légataires, légitimes,… Ou plus modestement, inspirés. Dire que cette sortie des suédois était attendue et surveillée par toute la planète Metal comme l’arrière train rebondi d’une bimbo cloitrée dans un monastère au milieu de moines vérolés tiendra donc du doux euphémisme. En cette triste rentrée économique et politique d’un an de disgrâce 2011 où les déboires en tous genres écrasent la masse des mondialistes lambdas, heureux qui comme Roadrunner Records peut se targuer de nous offrir presque concomitamment à cette offrande scandinave, les nouveaux Machine Head, Dream Theater ou autres Megadeth !

Et dès le visuel d’un artwork cover nous remémorant le style des seventies et ses Led Zeppelin, Jethro Tull et autres Moody Blues, l’attention est captée et la curiosité plus encore titillée. Là où l’on serait attendu à se retrouver devant le somptueux Yggdrasil de la mythologie scandinave ayant engendré les Niflheim, Midgard et Asgard, se trouve représenté…un pommier ! Fruit de discorde, fruit défendu, peu importera. La vox populi, dans un paysage naturel serein et enchanteur de quiétude, en parait toute curieuse et particulièrement intéressée par les pommes représentant les têtes des membres du combo. Et ce en dépit des cranes jonchant le sol au pied d’un arbre magnifient certes, mais masquant des racines en feu et bouillonnantes. Vestiges d’une naissance dans les méandres d’un Death Metal originel en fusion ou pas, tout à chacun aura le loisir d’en définir les symboliques réelles à l’instar du château (ville ? ) en feu en arrière plan et de l’astre de vie et de lumière rayonnant.

Musicalement, car c’est avant tout ce qui nous intéresse, l’évolution d’Opeth se poursuit…inexorablement. Du Death au Metal mélancolique, nos troublions en arrivent quasiment dorénavant à un Rock Prog empreint de l’old school des seventies mâtiné de psychédélisme parcimonieux. Acide et corrosif néanmoins, cet « Heritage » délove viscéralement cette transhumance au travers de maelström émotionnel qui plaira aux mélomanes admiratifs, mais sera source de polémiques quant à leurs opposés sarcastiques. L’immobilisme et la stagnation dans les carcans sclérosés des stylistiques Metal n’ont jamais été de mise pour Opeth qui avec cette nouvelle œuvre ajoute –encore une fois- une pierre sublime à son œuvre/édifice magistral. A rompre avec son label génétique établi, cette offrande du sieur Akerfeldt désarçonnera certainement une multitude des fans historiques par cette nouvelle orientation musicale en l’étiquetant comme opus à part dans la discographie du combo.

Plus calme, plus apaisé, moins violent, cet album se dévoilera plus dans une veine à la « Damnation » de 2003 (d’ailleurs déjà produit par Steven Wilson), que dans le sillon du divin « Blackwater Park ». Notez d’ailleurs en exemple unique que le chant du sieur Mikael s’affichera ici uniquement en clair et à l’antithèse de celui dévoyé au Bloodbath parallèle du Martin Axenrot. Exploration musicale, inattendu, surprenant, l’ « Opeth traditionnel » n’est présent que rarement par intermittence dans un opus sidérant par la richesse des compositions proposées ou subtilités et ressacs habituels d’intensité se partagent la scène. « Heritage » offre une dimension parallèle et nouvelle ou le mélotron se réaccorde à chaque track délivrée tel un kaléidoscope incandescent de diversité. Faisons fi du titre par titre tant les magies opposées d’un « Slither » ou d’un « I Feel The Dark » n’argueront pas des mêmes alchimies quoiqu’affichant au final un même résultat d’agrément. Opeth donne dans le sublime, et les deux fresques de plus de huit minutes seront à mon sens de purs highlights. Le « Folklore » est de mise, certes ; mais que dire de cette faramineuse « Famine » à l’entame « roots », au piano floydien, au chant sensitif suave et chaud, avant l’arrivée insidieuse d’une guitare lançant les hostilités… On en frissonne d’extase, tout simplement ! Et cela jusqu’à l’évanescent « Marrow Of The Earth » de clôture dans la lignée de l’éponyme d’intro à l’album nous signifiant que la boucle est fermée.

Dream Theater s’énerve, Opeth s’apaise…On vit une drôle d’époque …Formidable !

Nota Bene : Le claviste Pier Wiberg a depuis lors été remplacé par Joakim Svalberg.

 

 

Site Officiel : http://www.opeth.com/home/
Myspace : http://www.myspace.com/opeth
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Greylevel – Hypostatic Union

Greylevel – Hypostatic Union

Note du Soilchroniqueur (Metalpsychokiller) : 8/10

Décidément le label d’outre Atlantique ProgRock Records du Sieur Shawn Gordon nous régale actuellement avec ses dernières parutions donnant à l’éventail de releases 2011 proposé une aura d’année exceptionnelle en matière de Rock/metal Progressif. Sans tomber dans une énumération assommante qui forcément s’avérerait en outre sujette à caution et exhaustive, contentons nous de citer par exemple deux sucreries qui nous auront cajolé les conduits auditifs durant les six derniers mois. Deux petits bijoux aussi diversifiés qu’appréciables qu’ont été le « Melotronical » du duo Factory Of Dreams et les excellentissimes « Traces », -indélébiles-, de Nine Stones Close. Dans un monde où tout n’est plus que course à la surenchère et la rentabilité, un combo arrivant dans notre planète musicale et se targuant de vouloir exister doit dorénavant afficher pléthores de qualités incontournables telle l’unicité, le talent, la maturité… Faire partie du catalogue d’artistes de ProgRock est un gage de ce potentiel et des capacités à entrer dans une véritable marque de fabrique synonyme de haut de gamme.

Greylevel, groupe canadien de Vancouver en Colombie britannique, fut fondé par le guitariste compositeur multi instrumentiste Derek Barber sous la forme initiale d’un trio. Les deux autres membres de cette genèse n’étant autre que son épouse Esther et un autre adepte des six cordes, Richard Shukin. Une offrande sympathique et sans prétention fut même élaborée et parue en 2006 sous la sobre appellation d’ « Opus One » qui ne déclencha pas de buzz incontrôlable et fut seulement remarquée des aficionados de nouveautés Prog. Un quinquennat plus tard avant la chute de notre nain de jardin national, le combo revient donc, fort d’une nouvelle assise rythmique composée des frères Tyler et Davis Friesen. Ces derniers paraissant bien décidés à enclencher le Karcher pour nettoyer de leur osmose basse/batterie utérine les petits manques de l’album proposé avant leur arrivée. Et autant vous le dire d’emblée, de ce coté là la mission sera réussie tant le carénage musical est consistant et sans faille. Une véritable rampe de lancement pour le talent et la mise en orbite des structures musicales élaborées par le sieur Barber, véritable génie de la composition.

En huit titres emplis de nostalgie et d’esthétisme auditif, Greylevel réussira la conquête de son auditoire sans coups férir. Tout le panel du Rock progressif sera passé en revue, maitrisé de main de maitres et concocté dans une alchimie finement dosée ou tous les détails ciselés se dévoileront sur des compositions à tiroirs ne perdant jamais leurs justesses de mélodicités. Claviers, piano, lignes vocales claires et convaincantes, refrains accrocheurs, guitares acoustiques, soli et lignes de lead insidieuses parfois tirant vers le Heavy, les canadiens séduisent et captivent. Le jeu perpétuel des compositions du maitre Barber capte, et surtout retient, perpétuellement votre attention en proposant aussi bien des structures purement Prog, que des tracks en ressac d’intensité, ou d’autres quasiment aériennes ou lancinantes. Aucune consonance Metal ici, mais plutôt le chainon manquant entre le Rock Prog des Porcupine Tree et le planant des aïeux flamands roses. Avouez qu’il y a pire comme référencement

Entre quiétude et beauté des mélodies et harmonies, -à l’exemple du duo entre arpèges et lignes organiques évanescentes sur Achromatize-, Greylevel enfonce le clou jusqu’à la garde tant les moments de bravoure sont légions. Une intro symphonique épique sur « Pale Blue Dot », des battements de cœur amenant un « Memory Remains » s’ancrant irrémédiablement en vous, un « Already Yet » aux guitares Heavy avant une rupture de structure… Tout n’est qu’enchevêtrement de richesses de compositions et subtilités d’orchestration, avec toujours en fil conducteur le grain vocal hautement appréciable et très émotionnel de Derek. Les highlights de cet opus auront cependant pour nom les deux fresques de plus de onze et treize minutes que sont le titre éponyme à l’album et le Achromatize précité. Deux brulots haut de gamme purement jouissifs dans lesquels s’affichent tous les ingrédients donnant ses lettres de noblesse au Rock Prog que l’on aime. Cette seconde réalisation se terminera sur le « Signals » de clôture ou vous aurez le loisir et le plaisir d’un duo entre les deux époux, Esther et Derek, et l’on serait presque totalement acquis à la cause des canadiens… Si nous avait été dispensé l’instrumental à l’intérêt plus que relatif, « Buried In Time », seul bémol dans une tracklist flirtant continuellement avec l’excellence !

Site Officiel : http://www.greylevel.com/

Nine Stones Close – Traces

Nine Stones Close – Traces

Note du Soilchroniqueur (MetalPsychoKiller) : 09 / 1O

En cette période précédant la sortie du nouvel opus de la référence mondiale en matière de Metal Progressif, les illustres inconnus de Dream Theater, vous entretenir d’un album sorti maintenant depuis plus d’un trimestre pourrait tenir de la gageure. Quand les amateurs de ce sous style de notre planète musicale sont focalisés sur la nouvelle réalisation à venir de leurs idoles, s’essayer à leur expliciter qu’il peut exister autre chose loin de l’éclat, la notoriété et la luxure… parait vouer à l’échec. Une croisade sans templiers, une quête sans Graal, un Don Quichotte sans moulins ! Mais il n’empêche que souvent, le passionné et découvreur de richesses et talents insoupçonnés ne peut garder le silence quant à sa trouvaille incroyable. L’envie de montrer et vanter sa somptueuse « pépite » est la plus forte, et ce, quels que soient les risques ou l’inflexibilité de la « Vox Populi » quant à laisser un illustre inconnu se permettre de contester l’ordre établi.

Hors, ce « Traces » est de la caste des œuvres intemporelles, des bijoux empreints de magnificence resplendissants – malgré un écrin de discrétion ayant entouré son apparition -, un opus d’une qualité et d’une rareté ne méritant pas de s’égarer à travers les nasses de la multitude et du manque de puissance de marketing promotionnel. Car en seulement cinq titres, mais néanmoins quarante cinq minutes, « Nine Stones Close » nous époustoufle viscéralement et nous sidère de manière incommensurable. Derrière le multi instrumentiste compositeur de génie Adrian Jones, le combo assène un album de haute tenue, sans failles, surgi de presque nulle part, et qui, sans se targuer de prétendre postuler à la caste des albums « dits » cultes, n’en demeurera cependant guère éloigné. Le meilleur du Prog d’hier et d’aujourd’hui, tout simplement.

Entre un tonitruant instrumental d’ouverture « Reality Check », et la somptueuse vigoureuse et épique fresque de clôture « Thicker Than Water », le voyage auditif sera un pur régal. Ou quand la nostalgie, l’introspection, la sensitivité ne restituent leurs profondeurs qu’au travers d’une musicalité structurelle mettant en exergue un ressenti s’ancrant inexorablement aux racines de votre émotivité. « Do I regret », « How we grow », « What Happened To Us », « I’m Falling To Piece », les « Nine Stones Close » offrent une dimension parallèle que l’on gratifierait d’un label de « ménestrels du Rock Progressif ». Des structures à tiroir délivrées en couches et ressacs, entre ombres et lumières, entre quiétude et énergie et mettant en convulsion permanente votre émotivité. L’alchimie haut de gamme concoctée entre lignes organiques évanescentes ou plus incisives, dégoulinés et envolées des six cordes, rythmiques se montrant caressantes ou plus expressives; l’ensemble continuellement rehaussé par une prestation vocale à la subjectivité contagieuse parfaite tend vers la perfection.

Inévitablement, certains d’entre vous vont souhaiter pouvoir plus aisément catégoriser ce second album après St-Lo en souhaitant qu’on leur fournisse un panel d’influences référent à des groupes connus. Si personnellement je ne goute point à ce genre d’usage, -préférant les combos possédant de réelles unicités à des régurgitations même en partie digérées-, des parallèles avec les Porcupine Tree, Marillion et Camel ne seront pas infondés, voir même plutôt judicieux. Certains djeuns moins métaleux pourraient aussi y trouver du Coldplay, du Muse ou encore du Soundgarden, soit. Ils n’empêcheront cependant pas à mon sénile cerveau de ressortir de ses tiroirs tout le meilleur des Pink Floyd. « Is There Anybody Out There ? », « Hey You », ‘Confortably Numb », la crème de la mélodicité de nos vieux flamands roses seventies ressurgit imparablement…

Au final, le pourquoi du comment à chroniquer un opus passé malheureusement presque inaperçu près de six mois après sa sortie a du s’imposer à votre déduction. Ne vous mettez point à l’avance Martel en tête à savoir si « The Wall » of « Dream Theater » sera splendide ou décrépi. Plongez dans la twilight de « Nine Stones Close », vous en ressortirez subjugués , conquis, et fans absolus ! « Traces » sera dans mon tiercé gagnant des sorties Prog de cette année 2O11, et à ce titre là, je ne pouvais que le reviewer ! Louez ma grandeur à vous faire partager mon enchantement (killing joke), et remerciez moi en faisant en sorte de découvrir ces « Traces »… Elles seront pour vous indélébiles.

Site internet : http://www.ninestonesclose.com/