Nouvelle entité issue du label français Debemur Morti, Ershetu a été initié par le parolier Void et le compositeur Sacr. L’objectif artistique de ce nouveau projet quelque peu mystérieux est d’explorer les différentes conceptions culturelles de ce qui obsède l’homme depuis qu’il est homme : la mort. Le mot « ershetu » désigne d’ailleurs un des enfers de la civilisation mésopotamienne. Ce premier album album intitulé « Xibalta » centre son propos sur la culture maya et se dote de musiciens de renom, en la personne deVindsval (Blut Aus Nord) et de Lars Nedland(Borknagar, Solefald). Le premier s’est occupé de l’ensemble de l’instrumentation (guitares, basse, batterie), le second du chant. Le résultat est un album de six titres qui s’inspire pour une partie du Popol Vuh, principale source de connaissances sur les mythologies mayas. L’album s’ouvre sur « Enter the Palace of Masks », qui nous plonge dans une atmosphère cérémonielle suggérant bien l’univers culturel dans lequel l’auditeur va être plongé, notamment grâce aux percussions. Avec « From Corn to Dust », commence véritablement le cœur de cet album : la voix de Lars Nedland, des lignes de cordes très grave et un son de flûte obsédant nous plongent dans une atmosphère lourde et tragique à la fois, qu’illustre à merveille le clip réalisé par Dehn Sora. Dans la progression du titre, une voix grave et saturée vient noircir un peu plus encore l’ensemble, ainsi que des lignes de violons qui lui donnent un cachet que l’ont pourrait qualifier de cinématographique. C’est d’ailleurs, peut-être, une des principales caractéristique de ce premier opus, que de donner l’impression d’écouter une sombre Bande Originale de film avec des motifs musicaux qui reviennent dans les différents morceaux et qui, du coup, donnent un sentiment d’unité à l’ensemble. Pour autant si on retrouve ces principes de composition au travers des quatre autres morceaux, cela se fait sous des formes variées, ce qui fait toute la richesse de cet album qui s’avère il faut bien le dire assez passionnant et immersif.
https://youtu.be/9F-Tlq4JmtM
Du côté de l’instrumentation, Ershetu parvient à un remarquable équilibre, avec un black metal puissant rehaussé de sonorités renvoyant à l’univers maya. Les percussions, les flûtes donnent un réel cachet à « Xibalta » sans pour autant couvrir tout le reste. Le choix de Lars Nedland pour le chant est plus que pertinent et celui-ci habite véritablement chacun des morceaux. Quand on connait un peu son travail dans Borknagar ou Solefald, qui d’autre mieux que lui pouvait amener cette profondeur spirituelle ? L’usage des cordes (violons, contrebasse) pourrait paraître curieux dans un premier temps, car ne renvoyant pas forcément à la culture maya, mais dans les faits, elles s’intègrent assez naturellement et renforcent plus encore le coté cinématographique de l’œuvre, notamment dans les moments les plus tragiques. Bien que n’ayant pas eu accès aux textes, les paroles semblent refléter également cette culture maya, que ce soit « Cult of the Snake God » (renvoyant probablement au dieu de la résurrection Kukulkan, équivalent maya du dieu aztèque Quetzalcoalt) ou dans « Tunkuluchu » (référence aux hiboux considérés comme les annonciateurs de la mort).
Premier volet d’une série consacrée à la mort dans les civilisations disparues, « Xibalta » s’avère être un album conceptuel à la fois novateur, équilibré et captivant. Servi par son et un mix remarquables de puissance et d’équilibre, c’est probablement un des disques les plus recommandables de cette fin d’année pour les amateurs de black metal suffisamment curieux et appréciant des ambiances sortant de l’ordinaire. On se languit déjà de la suite.
Tracklist :
01. Enter The Palace Of Masks 02. From Corn To Dust 03. The Place Of Fright 04. Cult Of The Snake God 05. Hollow Earth 06. Tunkuluchú
Un nouvel album de Blut Aus Nord est toujours un événement en soi. Alors oui, la discographie désormais fort longue du groupe pourrait laisser croire qu’un jour ou l’autre, l’inspiration viendra à manquer au groupe. Mais il semble que non, car disque après disque, Vindsval parvient à surprendre ses auditeurs, les prenant souvent à contre-pied, comme un monstre aux multiples visages prêt à surgir là où on ne l’attend pas.
Bon, pour le coup, ce second volet de la trilogie « Disharmonium », consacré à l’univers de Lovecraft, n’est peut-être pas le plus surprenant de l’entité, la présentation de l’album par le label Debemur Morti Productions suggérant d’ailleurs que pour « Disharmonium : Nahab », Blut Aus Nord retourne, presque par contrainte, aux mondes étranges et cauchemardesques de H.P. Lovecraft.
Il est vrai que le premier volet « Undreamable Abysses » sonnait de manière très singulière et poussait très très loin l’enchevêtrement de lignes disharmoniques avec un rendu psychédélique extrême et très inhabituel. Ce second volet intitulé Nahab me semble peut-être plus convenu, mais son pouvoir d’évocation est tout aussi redoutable que ses prédécesseurs. Dès le morceau d’ouverture, on est plongé dans des ténèbres abyssales et dans une ambiance aussi écrasante qu’oppressante. Il en découle une musique un petit peu moins complexe dans sa forme et ses structures, mais toujours aussi immersive, et peut-être plus encore, du fait de son efficacité.
Car c’est bien là une des grandes forces du groupe que d’adapter sa manière de composer selon le propos qui va être le sien ; et ici Nahab donne la pleine mesure à la lourdeur colossale et inquiétante des abysses lovecraftiennes.
Entre lignes de guitares sous accordées, dissonances millimétrées, motifs mélodiques hypnotiques et grondements inquiétants, tous les ingrédients sont rassemblés pour un voyage intranquille dans les profondeurs océaniques. Peu de répit dans cette œuvre que l’on pourrait volontiers qualifier de cinématographique, tant elle est capable de faire surgir des images et des sensations d’étouffement, d’enfermement, d’affliction, de transe macabre.
Comme l’ensemble des dernières œuvres de Blut Aus Nord, ce deuxième volet lovecraftien brille également par son extrême cohérence.
Cohérence avec l’univers de l’écrivain américain dont il est la parfaite bande son. Cohérence aussi du disque qui surgit à nous comme un bloc monstrueux d’où émergent pourtant milles détails tapis dans l’obscurité des fonds marins. L’écosystème de « Disharmonium : Nahab » est celui d’une profonde fosse sous marine peuplée de créatures étranges, inconnues et nourries par les peurs ancestrales des hommes. De ces ténèbres émergent aussi quelques pâles lueurs à l’image des créatures ornant l’artwork de Maciej Kamuda, de ces voix féminines envoûtantes ou de quelques lignes mélodiques plus aériennes sur « Nameless Rites ».
Sans l’ombre d’un doute, Blut Aus Nord a donné naissance avec « Disharmonium : Nahab » à un véritable monstre musical tout à la fois très suggestif et immersif pour l’auditeur. Un album pas comme les autres, la bande sonore d’un cauchemar aux confins de cet océan sans fond qu’est l’âme humaine.
Tracklist :
01. Hideous Dream Opus #1 (01:02)
02. Mental Paralysis (04:21)
03. The Endless Multitude (06:28)
04. Hideous Dream Opus #2 (01:19)
05. The Crowning Horror (03:34)
06. Queen Of The Dead Dimension (05:33)
07. The Black Vortex (04:50)
08. Nameless Rites (04:55)
09. Hideous Dream Opus #3 (01:13)
10. The Ultimate Void Of Chaos (05:06)
11. Forgotten Aeon (05:37)
Avec le précédent album « Hallucinogen » sorti en 2019, Blut Aus Nord avait quelque peu surpris son monde en proposant un album aux contours psychédéliques et presque accessible, pour qui est habitué aux déflagrations parfois très austères de l’entité française de black pas comme les autres. Incontestablement « Hallucinogen » a eu ses détracteurs, mais tout aussi incontestablement cet album a trouvé un public bien plus large qui s’est arraché les multiples rééditions vinyles proposées par le label Debemur Morti Productions.
Du coup ce nouvel opus de Blut Aus Nord était très attendu, que ce soit par la frange un peu refroidie par « Hallucinogen », ou par celle de ses nouveaux adeptes. Vindsval et ses sbires allaient-ils se conforter dans cette veine psychédélique, ou aller totalement ailleurs ? Eh bien, un peu les deux, en fait.
Ouvrant une trilogie consacrée à l’univers de l’écrivain de science fiction H.P Lovecraft, Blut Aus Nord livre avec « Disharmonium : Undreamable Abysses » un album qui est à la fois dans une certaine continuité du précédent, tout en étant totalement différent.
La meilleures illustration de la musique proposée dans cet album est probablement son artwork, une fois de plus conçu par le très talentueux graphiste Dehn Sora.
Du chapitre « Hallucinogen », Blut Aus Nord a conservé le côté psychédélique. Mais là où « Disharmonium : Undreamable Abysses » est très différent, c’est par la démultiplication de ces ambiances hallucinées qui confinent à une folie cauchemardesque à la limite du tangible.
A l’image de l’artwork, évoqué plus haut, on a ici un enchevêtrement de lignes de guitares, d’effets, qui donnent vie à une sorte de créature musicale aussi effrayante que fascinante. Les voix étranges et lointaines qui l’habitent ne font que renforcer cette impression. Même la batterie semble irréelle. Sur toute la longueur de cet opus, on est comme déchiré entre ascension et écrasement, entre envie irrépressible de voir ce qui nous attend plus loin et la tentation de faire demi tour avant d’être attrapé et avalé par cette créature sonore.
Bien évidemment, la curiosité l’emporte vite sur tout le reste et, à l’issue de ce disque, on se dit que ce n’est pas nous qui attendions Blut Aus Nord, mais bel et bien lui qui nous attendait, prêt à nous saisir dans sa musique tentaculaire, à nous distiller ce venin vecteur d’hallucinations, nous ballottant dans un univers irrésistiblement terrifiant. Un sentiment finalement assez similaire à celui que l’on peut ressentir à la lecture de la littérature d’H.P. Lovecraft et qui montre bien toute l’habileté de Vindsval pour se réapproprier l’œuvre d’un écrivain devenu un des « marronniers » de la musique metal, pour le meilleur, ou parfois le pire. Aborder Lovecraft n’était pas sans danger, cela aurait pu paraître un peu banal même, mais Blut Aus Nord évite l’écueil du « déjà vu » en mêlant intiment l’univers de l’écrivain et le sien.
Alors, pas sûr que tout ceux qui avaient été séduits par le Blut Aus Nord version « Hallucinogen » n’y retrouvent totalement leur compte, mais « Disharmonium : Undreamable Abysses » est probablement un des albums où le groupe français repousse le plus les limites de la musique avec pour qualité, l’accès à un univers d’une richesse peu commune, et pour défaut un ensemble assez difficile d’accès pour l’auditeur non préparé. Un album étonnant et fascinant, qui ne peut laisser indifférent.
Tracklist :
01. Chants Of The Deep Ones (07:40)
02. Tales Of The Old Dreamer (06:29)
03. Into The Woods (06:44)
04. Neptune’s Eye (05:57)
05. That Cannot Be Dreamed (06:51)
06. Keziah Mason (06:17)
07. The Apotheosis Of The Unnamable (06:16)
Taubrą est une entité principalement Suisse. Le nom du groupe est tiré du vieil allemand et fait référence à la magie et à la sorcellerie. La création de ce quatuor a été initiée par Berg, plus connu pour son implication avec Aara. Pour l’occasion le compositeur s’est entouré de trois musiciens au CV solidement charpenté pour ce que l’on pourrait voir comme un retour aux sources au black metal occulte et orthodoxe. On retrouve ainsi un autre membre d’Aara à la batterie, un membre de Malphas à la basse et au chant R qui est actif dans les formations norvégiennes Dooms Vain et Ilhalung.
Tout comme pour les albums d’Aara, c’est sous les auspices du label français Debemur Morti Productions que sort ce premier album intitulé « Therizo », un nom en résonance avec le fait de récolter ce que l’on sème mais utilisé ici dans un sens métaphorique en lien avec la religion.
Musicalement, le groupe puise son esprit dans ce black metal occulte typique tout en s’efforçant d’adjoindre à cette base une dose raisonnable de modernité.
Si l’on excepte l’intro et l’outro qui introduisent et closent cette cérémonie impie, le black metal développé ici est très dense avec un son assez massif et des rythmiques taillées au cordeau. Il s’en dégage des atmosphères maléfiques et écrasantes propres à ce style. Le chant est austère autant que sévère comme on peut l’attendre d’un maître de cérémonie.
https://youtu.be/2cFvAgXeZdo
Alors Taubrą n’est-il qu’un nom de plus dans une chapelle black occulte déjà bien garnie ? En apparence on pourrait répondre par l’affirmative tant le son général de l’album semblera commun aux familiers de ce style. Mais si on creuse un peu plus ce « Therizo », en lui prêtant une oreille attentive, on remarquera que les apports de Berg pour les motifs mélodiques apportent une touche de singularité à cette musique sans pour autant lui faire perdre de son aura maléfique. Placées plutôt en arrière du mix ces lignes de guitares parleront probablement aux amateurs d’Aara sans pour autant que le disque sonne comme une pâle redite. Formulée ainsi la différence peut paraître capillotractée mais elle est essentielle car Taubrą possède son identité propre. Le groupe parvient donc à tirer son épingle du jeu avec des compositions totalement dans l’esprit d’un black metal orthodoxe tout en parvenant à y glisser une touche différente. Emmenées sur un tempo plutôt élevé, les compositions sont aussi traversées par des breaks aux atmosphères plus lourdes et empoisonnées. Le seul petit reproche que l’on pourrait porter à ce premier opus est une légère impression de linéarité. Si on met de coté l’intro et l’outro il n’y a pas vraiment un morceau qui se dégage en particulier. Attention pas, de méprise, tout ici se situe à un niveau élevé, « Therizo » est un album sans temps faible mais peut-être lui manque t-il encore ce point d’orgue qui le ferait basculer vers l’excellence absolue.
https://youtu.be/tsi7oHksZ1k
Avec ce premier album, Taubrą se révèle d’emblée comme une formation de black occulte intéressante. Certes pas de révolution stylistique au programme, ce n’est d’ailleurs pas l’objectif du groupe. En long, en large comme en travers c’est carré, massif et sombre comme du charbon. Toutefois les touches mélodiques distillées par Berg confèrent à « Therizo » se supplément de personnalité qui manque parfois à ce type de projets. A suivre donc.
Tracklist :
1. Intro (01:05) 2. Congregation of the Unholy (06:23) 3. Sigd (04:48) 4. Reek of the Earth (05:29) 5. Dire Necropolis (05:08) 6. Rembrandt of Death (05:27) 7. Vale of the Taubra (06:35) 8. Therizo (05:30) 9. Outro (00:51)
Un peu plus de quatre années après que l’album « Hic Regnant Borbonii Manes » soit sorti, déjà chez Debemur Morti, Sühnopfer est de retour avec ce nouvel opus intitulé « Nous sommes d’hier ». Et quel retour ! A l’image de ce souverain capétien surgissant de sa crypte, et qui orne l’artwork, le one man band signe avec ce quatrième album un come-back fracassant au sein de la scène black metal. Preuve en est donnée dès le morceau d’ouverture, « D.S.F.R », qui donne résolument le ton de ce nouveau chapitre imprégné d’histoire, de religiosité, de légendes et de cette terre du Bourbonnais, fief de la famille royale des Bourbons. « D.S.F.R », disais-je donc, entame de la plus belle des manières les hostilités. S’ouvrant sur quelques lignes de cordes acoustiques, très vite on assiste à un véritable déchaînement musical. Le riffing acéré et rapide se mêle étroitement aux lignes mélodiques, le chant est agressif et la batterie n’en parlons même pas. Mieux encore « D.S.F.R » qui est l’acronyme de « Domine Salvum Fac Regen » (Seigneur sauve le roi) voit se glisser subtilement les notes de ces motets retravaillés par Marc Antoine Charpentier à la fin du XVIIe et qui constituaient de fait l’hymne de la royauté française. Outre la qualité de cette réinterprétation, dans laquelle se glissent des chœurs très travaillés, ce qui force le respect c’est la manière dont Ardraos est parvenu à l’intégrer de manière habile au morceau sans que cela sonne de manière ampoulée ou que cela arrive comme un chien dans un jeu de quilles. Voilà une entame réellement captivante, avec une musique frénétique et aiguisée comme la plus redoutable des lames.
https://youtu.be/pu1311kFJZs
Après une telle entame, on serait en droit de se demander si la suite va être du même niveau. Eh bien elle l’est, l’album « Nous sommes d’hier » ne souffre d’aucun temps mort et d’aucune faiblesse, que ce soit musicalement ou thématiquement. Il y a, disons le, un travail d’orfèvre sur l’instrumentation, la composition et la manière dont sonne le tout. N’ayant pas encore eu accès aux lyrics je me cantonnerai à quelques impressions et aux informations glanées à droite ou à gauche ; mais là aussi il y a un vrai travail de recherche, de réflexion, de création qui contribue à donner tout son sens à « Nous sommes d’hier ». Historiquement, on se situe principalement entre le XVII et le XIXe siècle avec beaucoup de références à l’Auvergne et au Bourbonnais. « Le sermon sur le trépassement » est inspiré du Sermon pour la mort du pêcheur de Jean Baptiste Massillon (évêque de Clermont au début du XVIIIe siècle et prédicateur apprécié de Louis XIV lui même) . « Derniers sacrements » évoque, dans un mélange de rage et de chœurs tragiques, les derniers jours du fils de Louis XVI, mort dans la prison du Temple en 1795. « Céron » nous parle quant à elle, d’une des dernières sorcières du Bourbonnais au XIXe siècle et « Pays d’Allen » est une référence explicite à la devise des Bourbons. Musicalement « Nous sommes d’hier » montre une inclinaison certaine pour la deuxième vague black metal. De part la puissance mélodique, on ne peut s’empêcher de penser à Dissection ou aux premiers Satyricon pour le coté un peu médiéval. Mais plus encore, peut-être, Sühnopfer se veut l’héritier d’une geste black metal à la française avec ce côté très travaillé, très littéraire, baroque et un peu élitiste. Il y a bien sûr le chant en français également, cette manière de réinvestir le patrimoine historique mais aussi musical. Cela dépasse d’ailleurs le simple cadre du black metal, le groupe puisant de belles inspirations dans la musique sacrée, le baroque mais aussi la variété française…Car comment ne pas évoquer la reprise du titre de Michel Polnareff « Le bal des Laze » à la toute fin de l’album. Nous rapportant les pensées d’un roturier condamné à mort pour avoir tué le fiancé de la jeune femme noble qu’il aimait, cette chanson à fois pleine de tristesse, d’amour et de haine est superbement retranscrite avec une superposition de chants clair et saturé. Là encore le travail sur l’instrumentation est remarquable avec des lignes mélodiques de guitares magnifiques qui se glissent en lieu et place des sonorités d’orgue utilisées par Michel Polnareff. Un choix de titre pertinent d’une part et une transposition magistrale d’autre part.
https://youtu.be/sZWmbR1wfLw
Très inspiré, soucieux du moindre détail et probablement très exigeant avec lui-même Sünhopfer offre avec « Nous sommes d’hier » un album qui dépasse de très loin les standards du black metal épique et mélodique. Cette œuvre, pour ne pas dire ce chef d’œuvre, dégage une impression de faste et d’opulence qui lui confère une aura à la fois majestueuse et féroce. Du grand, du très grand blackmetal à la française, au sens le plus noble du terme.
Tracklist:
1. D.S.F.R. (08:05) 2. Nous sommes d’hier (07:07) 3. Sermon sur le trépassement (09:47) 4. Pays d’Allen (09:57) 5. Céron (06:38) 6. Derniers sacrements (08:52) 7. Le bal des Laze (Michel Polnareff cover) (04:52)