Putrevore – Miasmal Monstrosity

Putrevore – Miasmal Monstrosity

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 7,5/10

 

Putrevore, comment dire ? C’est la réunion version death metal du plus gros CV d’Espagne avec le plus gros CV du monde.

Parce que si le nombre d’albums sortis par le chanteur David “Dave Rotten” Sánchez González est encore chiffrable, il faut quand même plusieurs dizaines de mains pour compter sur les doigts ceux du bassiste / guitariste Rogga Johansson. Et en prime, ils ont pris un batteur norvégien Brynjar Hoff Helgetun (CrypticusDominantGods ForsakenJohansson & SpeckmannJust Before DawnKam LeeLikluktMassacreThe Skeletal, ex-The Grotesquery, ex-Axeslasher, ex-Down Among the Dead Men, ex-Megascavenger, ex-Ribspreader, ex-Those Who Bring the Torture, ex-Moordzucht), autant dire que de tels backgrounds dans le metal extrême ne peuvent que donner un bon gloubi-boulga de death metal bien putride.

Quatrième album depuis 2007 (ou 2004 si on considère la période où le groupe s’appelait Deadbreath) après “Morphed from Deadbreath” (2008), “Macabre Kingdom” (2012) et “Tentacles of Horror” (2015), au milieu desquels on retrouve deux splits avec Putrefact (« Funebre Plague Into Darkness”, 2014) et avec Grim Fate (2019), ce “Miasmal Monstrosity” nous redonne un coup de vieux avec ce death metal totalement old school aux instruments évidemment accordés très bas (comment peut-il en être autrement avec Rogga Johansson ?) et au chant particulièrement guttural, à la limite de l’infrabasse !

Bon, là, on nage un peu plus dans le vomi du death metal US, celui des IncantationBaphometAutopsyImmolation voire Mortician avec un tempo bien relevé, du riff implacablement dévastateur pour un rendu (histoire de rester dans le dégueuli) bien brutal.

Cela dit, le père Rogga n’hésite pas à coller quelques petites mélodies lors de passages plus heavy, histoire de mettre un peu de couleur (autre que le rouge hémoglobine et le vert bileux) dans cette somme de dégoulinures purulentes.

Parce que le duo semble se complaire dans les lyrics et les ambiances gore qui décrivent toute l’horreur sanglante que l’être humain est capable de commettre, Putrevore nous assène neuf titres pour à peine plus d’une demi-heure, la bande sonore d’une séance de torture des plus ragoutantes. Et ce, pour le plaisir sadique des fans en mal de voyeurisme putride !

La séance d’équarrissage humain de cet automne…

 

Tracklist :

1. Those Who Dwell Beyond (4:28)
2. Vortex Devourer (3:34)
3. Terrible End of the Conjurer (4:06)
4. Clad in Skin and Rot (3:36)
5. Bloodlust of the Sleepers (3:13)
6. Miasmal Monstrosity (3:36)
7. The Fleshmen Awaits (4:26)
8. With Tentacles Adorned (3:20)
9. Consume All Flesh (3:04)

 

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The Blood Of Christ – Frozen Dreams / The Lonely Flowers of Autumn

The Blood Of Christ – Frozen Dreams / The Lonely Flowers of Autumn

Note du SoilChroniqueur (Arno) : 6/10

Difficile de dire que les Canadiens de The Blood Of Christ ont pris le train en marche puisque leur première démo, « Divine Requiem » remonte à 1994. Cette ancienneté ne fait pas pour autant de la formation un truc culte et incontournable, même dans les années 90, aussi bizarre que cela puisse paraître, il y avait des formations de seconde zone, et encore en disant « seconde », je suis magnanime.

Frozen Dreams / The Lonely Flowers of Autumn regroupe la deuxième et troisième démo de la formation. Est-ce que cela vaut le coup d’investir quelques piécettes dans l’objet ? De mon point de vue non, sauf si l’on est un indécrottable de la période, auquel cas on frôle l’indispensable par l’anecdotique.

https://youtu.be/YhfFGCp5Yug

Bon, depuis le temps, les musiciens ont eu le temps de faire autre chose, avec notamment un ancien membre live d’Incantation, mais aucun papillon merveilleux n’a jamais jailli de ce cocon marécageux. Vraiment un disque pour collectionneurs…

Tracklist :

1. Autumn’s Twilight
2. In the Distance
3. Moonshroud… The Crescent Glow
4. As the Roses Wither
5. The Raven’s Song
6. Winter Tree …a Forest of Tragedy
7. Frozen Dreams
8. Divine Gift
9. Christ Crucified
10. Dawn
11. Bleed For Me

https://myspace.com/truebloodofchrist
https://www.facebook.com/bloodofchristofficial/
https://bloodofchristofficial.bandcamp.com/releases

Grisly – Salting the Earth

Grisly – Salting the Earth

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

Décidément, Rogga Johansson est au death metal ce que Samuel L. Jackson est au cinéma américain : une sorte d’omniprésence ! Le gaillard joue dans à peu près une quarantaine de groupes et a fait partie d’une bonne quinzaine d’autres… et on ne va pas parler de la quelque vingtaine d’albums dans lesquels il fait des apparitions en guest. S’il n’a pas son propre lit de camp floqué à son nom à côté des consoles, c’est à ne rien y comprendre. Un jour, il faudra que je me prenne une petite heure à compter le nombre d’albums sortis sur lesquels il est crédité, ça pourrait faire un bon passe-temps.

Mais quelque part, le barbu vocaliste / guitariste / bassiste aime perpétuer ce bon vieux death metal tel qu’on le connait depuis la sortie d’un certain “Left hand path”. Et ce n’est pas avec Grisly que ça va changer : deuxième album après un “The spectral wars” en 2018 avec le bassiste Dennis Blomberg (Depeseblo, Down Among The Dead Men, Grön Kaviar, ex-Paganizer, ex-Those Who Bring The Torture) et le batteur Henke Lundgren, c’est cette fois-ci entouré du guitariste Håkan Stuvemark (Wombbath, Skineater, Rex Demonus, Reek, PermaDeath, Pale King, Ghoullhouse, Crowwbow Suicide, Consumption, ex-Vicious, ex-In Thy Dreams) et du batteur Nicke Ohlsson que l’infatigable artiste sort ce “Salting the Earth”.

Au programme ? Vous êtes sérieux en me posant cette question ?

Encore une fois un death metal old school, principalement rapide, proposant de courts titres efficaces, sans fioritures, à la rythmique implacable et aux guitares sous accordées. Bien sur, le tout avec le chant caverneux de rigueur. Bref, une fois de plus, Rogga Johansson nous renvoie trente ans en arrière au moyen d’un death metal prévisible mais toujours aussi efficace.

Quelques solis bien sentis, des ambiances dignes des premiers DismemberGrave ou Entombed avec des passages mélodiques plus proches d’Edge Of Sanity ou d’At The Gates. Brutal et mélodique, Grisly joue sur les contrastes pour mieux nous scotcher lors des accélérations et pousse le vice jusqu’à nous balancer quelques petites surprises pour un album de death metal. En effet, il place en milieu d’album un interlude instrumental au piano (“Skymningssonaten”) d’une zénitude absolue qui dénote totalement du reste de l’album.

Et en guise de dessert, là où tous les titres oscillent entre deux et trois minutes, on se prend un dernier morceau de presque cinq, on a droit à un titre calme, éthéré, limite progressif, qui semble très loin de tout accointance avec le death metal. Même le chant, plus posé, se montre plein de subtilités. C’est à ce moment là qu’on s’aperçoit qu’un groupe de death metal, même le plus basique et prévisible, est capable de nous surprendre.

Bref, ça fait le métier et c’est bien là tout ce qu’on demande à ce genre d’album.

Tracklist :

1. By Inferno’s Light (2:56)
2. Dying Like Dogs in Winter (3:38)
3. Mutilator (3:17)
4. Wickedness that Lurks Within (2:55)
5. Skymningssonaten (Instrumental) (1:40)
6. Mexico (Reign of Bullets) (2:27)
7. Last Days in Fear (2:58)
8. Salting the Earth (2:44)
9. Driver (3:16)
10. Souls Last Caress (4:52)

https://xtreemmusic.bandcamp.com/album/ … -the-earth

Requiem – Collapse Into Chaos 

Requiem – Collapse Into Chaos 

Note du SoilChroniqueur (Arno) : 7/10

Le premier travail, lorsque tu veux chroniquer l’album d’un groupe qui s’appelle Requiem, c’est de trouver le bon…
Niveau originalité, on repassera mais allez, la formation suisse existe depuis 2003 et sort avec « Collapse Into Chaos » son septième album, il doit donc receler quelques qualités.

Musicalement, je qualifierais la musique de thrash / death metal : riffs et rythmiques thrashisantes brutales et esprit death dans les vocaux, le son de l’album et l’artwork, assez trompeur d’ailleurs car il laisse imaginer une musique bien plus bourrine qu’elle ne l’est. Clairement, je pensais écouter du brutal death gore, je me suis fait attraper.

Pour tout dire, il y a du No Return chez Requiem mais cela ne sera pas suffisant pour multiplier les écoutes, c’est clairement le genre de musique qui doit gagner à être jouée Live car, sur rondelle, les douze titres finissent par être un peu répétitif.

Au-delà de ce constat, on notera tout de même l’application des musiciens à rendre une copie super propre, même les solos pas forcément utiles sont bien exécutés et il y a un bon batteur qui abat un boulot phénoménal pour faire décoller les morceaux.

Simple, efficace, une valeur sûre dans le style.

Tracklist :

1. Fade into Emptiness (3:32)
2. Collapse into Chaos (3:09)
3. Mind Rape (3:25)
4. Down to Zero (2:52)
5. All Hail the New God (3:48)
6. Only Empty Words Remain (2:00)
7. Progress to Collapse (3:20)
8. Mankind Never Learns (4:12)
9. Ivory Morals (1:37)
10. Out of Sight, Out of Mind (3:09)
11. New World Dystopia (3:39)
12. World Downfall 2020 (Instrumental) (1:55)

https://myspace.com/requiemdeathmetal
https://www.facebook.com/RequiemSwitzerlandOfficial/

Pestilence – Exitivm

Pestilence – Exitivm

Un album : deux avis !!!

 

Note du SoilChroniqueur (M.L.A.M.) : 9/10

Pestilence est une légende du death metal qui a quand même pondu deux œuvres majeures, j’ai nommé : Consuming Impulse et Testimony of the Ancients – j’aurais pu rajouter Spheres à la liste mais l’album ne fut pas compris à l’époque car trop avant-gardiste en son temps pour la grosse majorité des fans de death metal.

Comme tout le monde le sait il y a eu l’arrêt du groupe entre 1994 pour les raisons que l’on connait et le retour à la vie du combo avec le sympathique ressurection macabre qui remonte a 2009.

Le problème majeur qu’a rencontré le groupe c’est que les albums sortis depuis leur retour sont plus ou moins bon – par exemple doctrine ne restera pas dans l’esprit des fans du groupe du en grande partie à cause d’un style trop groovy voir jazzy.

Ce fut la même avec les deux albums suivants : Obsideo et Hadeon . D’ailleurs concernant ce dernier, on se souviendra plus de la tournée 30 ème anniversaire de consuming impulse en 2019 que de la tournée pour promouvoir l’album sorti en 2018 . (Ce n’est pas avec la pandémie qui a bien foutu la merde que le groupe pourra faire cette tournée)

Nous sommes en 2021 et voilà que Patrick Mamelli vient nous proposer le nouvel album du groupe Exitivm mais avec également un line up 100 % remanié et batave cette fois – Joost van der graaf à labasse, Rutger van noordenbur à la guitare) et Michiel van der plicht à la batterie ont donc rejoint le navire en 2019.

Le nouvel album nous offre donc 12 titres et juste après l’intro c’est le très inspiré « Morbvs Propagationem » qui ouvre les hostilités. Musicalement le groupe reste dans l’esprit Testimony of the ancients musicalement parlant avec quand même un côté sphere toujours présent – comme il l’était sur les albums précédents mais cette fois si le groove a été mis au placard pour un retour au 100 % death metal.

D’ailleurs le coté spheres colle parfaitement avec le coté futuriste / apocalyptique de l’album.

Le morceau suivant « Deficvs » est un peu plus lourd mais c’est toujours du très bon – rassurez -vous pas d’erreur de casting cette fois, c’est du pestilence inspiré qui nous est proposé ici.

Sur l’ensemble des 12 morceaux, tous tiennent la route et le groupe a quasi fait un sans faute sur cette nouvelle cuvée en provenance du pays du gouda – cette nouvelle offrande reste à jamais imprégnée d’un esprit cher a Atheist ou Cynic mais en plus brutal et rentre dedans tout de même.

Le groupe a enfin un line-up qui tient la route et espérons que ce dernier ne change pas comme ce fut le cas ces dernières années.
La pochette aussi peut faire sans problème penser a spheres et d’ailleurs on retrouve le symbole qui était apparu la première fois sur testimony en 1991.

Sans faute non plus pour la production excellente qui met bien en valeur la musique plutôt technique et complexe du groupe – j’ai pas dit qu’il évoluait dans le même style qu’Obscura ou NecrophaghistPestilence restant plus accessible musicalement

Bref vous l’aurez compris même si les albums précédents pouvaient vous avoir fait fuir , là pas d’erreur, Patrick Mamelli a retrouvé l’inspiration divine et a sorti le meilleur album du groupe depuis Testimony of the ancients .

 

Note du SoilChroniqueur (Arno) : 9/10

Bon, mon album préféré de Pestilence, c’est « Spheres » (1993). Et si j’aimais quand même beaucoup les dernières sorties, c’est-à-dire depuis 2009 et « Resurrection Macabre« , je restais nostalgique de l’esprit aventureux qu’avait le groupe dans les 90’s. Et, allez savoir si Patrick Mameli a entendu mes prières (voire mes lamentations) mais « Exitivm » est à mon goût la meilleure sortie des Hollandais depuis… « Spheres« .

Le truc assez bizarre est qu’en plus de retrouver les structures et les passages au clavier qui faisaient tout le style de la formation avant les années 2000, je perçois également le groove qui faisait l’ossature du seul et unique album de C-187 : « Collision« . Si jamais vous ne connaissez pas ce projet solo de Mameli, sachez tout de même qu’en dépit de la présence de Tony Choy et Sean Reinert, il s’est fait copieusement chier dessus. Personnellement, je le trouve excellent, là n’est pas le débat…

Mais clairement, malgré la qualité des dernières productions, j’avais tendance à y voir tout de même un death metal assez générique qui ne sortait du lot que par le savoir-faire de ses géniteurs. Alors que là ! Mais putain c’est l’essence même de Pestilence que l’on retrouve au cours de ces douze compositions : le son, le riffing, l’atmosphère, la voix bien sûr, l’excellence des solos, les claviers extra-terrestres, vraiment tout pour renouer avec le seul et unique Pestilence.

Me concernant, l’un des disques de l’année, sans débat possible.

 

Tracklist :

01 – in Omnibvs (intro) 2:45
02 – Morbvs Propagationem 3:20
03 – Deficvs 3:35
04 – Sempiterncs 3:41
05 – Internicionem 3:36
06 – Mortifervm 3:49
07 – Dominatvi Svbmissa 3:08
08 – Pericvivm Extermvm 3:24
09 – Inficiat 3:03
10 – Exitivm 3:09
11 – Immortvos 3:17
12 – Personatvs Mortem (outro) 2:11

 

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