Note de la SoilChroniqueuse (GothicMelody) : 7,5/10
Body Count est de retour avec un nouvel album intitulé « Merciless« .
Le groupe propose toujours des pochettes d’albums avec un style bien à eux, personnellement ce n’est pas ma préférée, mais ce n’est qu’un détail. Le plus important, c’est la musique.
Je connais le groupe depuis des années, mais c’est surtout depuis l’album Manslaughter que j’ai vraiment accroché à leur musique. Jusqu’à présent Bloodlust était mon album préféré et j’attendais avec impatience ce nouvel opus. Comme pour les albums précédents, des invités de marque sont présents et cette fois-ci nous pouvons retrouver Corpsegrinder, Joe Bad, Howard Jones, David Gilmour et Max Cavalera qui viennent ajouter un plus à l’album.
Dès le premier morceau « Interrogation », en guide d’introduction, car il ne dure qu’une minute trente, ça démarre très fort. Du gros son, le rap d’Ice T par-dessus, l’ambiance est donnée. C’est l’heure de la baston et ça va saigner.
Le titre éponyme « Merciless » nous plonge vraiment dans le son du groupe, bien reconnaissable, mélange de rap, de metal, de notes lancinantes dans le fond, une batterie puissante, des riffs de guitares bien menés avec un solo comme on les aime, un rythme soutenu sans vraiment de temps mort. Ice T fidèle à lui-même dans les paroles avec des textes réalistes, un peu cru, et une vision du monde peu joyeuse.
« Purge » représente bien l’atmosphère postapocalyptique voulu par Ice T et ses acolytes. La présence de George permet d’atteindre un degré au-dessus dans la violence du son et dans cet univers sombre. Un titre efficace qui passe vraiment bien.
« Psychopath » avec Joe Bad est, lui aussi, un bon titre avec du mordant. Un bon son métalleux à souhait qui est bien ficelé. C’est très agréable à écouter. Pas de déception majeure dans ce début d’album.
« Live Forever » démarre avec une batterie bien puissante, un début un peu lancinant et qui change quand l’invité Howard Jones arrive. Le contraste entre le refrain plus mélodique, un peu plus léger et les couplets plus trashs avec le rap et les screams est bien fait, c’est rythmé et bien puissant. C’est un titre que j’ai particulièrement aimé.
La reprise de Pink Floyd « Comfortably Numb » est déroutante. Ok David Gilmour et sa guitare, c’est vraiment très beau, mais pour moi, le morceau casse le rythme dans l’album. La chanson n’a plus vraiment grand-chose à voir par rapport à l’original. Autant musicalement qu’au niveau des paroles, c’est une reprise mais refaite à la sauce Body Count sans le côté thrash et bourrin du groupe. Personnellement, je trouve ce titre plat, long et un peu ennuyeux.
Le dernier invité de l’album est Max Cavalera sur le titre « Drug Lords ». Un morceau là encore bien puissant, bourrin qui est assez intéressant à écouter.
Ce nouvel opus est encore une fois un très bon album. Des textes engagés, traitant de sujets loin d’être légers comme la guerre, la violence, les armes et autres problèmes de rues. Niveau musique, c’est toujours bien bourrin. Il y a des lignes mélodiques qui contrastent avec le côté plus « thrash » de la musique. Dans l’ensemble, le groupe montre qu’il est toujours là et qu’il fait de la musique de qualité. C’est bien fait, et certains titres comme « Purge » ou « Live Forever » se démarquent, mais je trouve qu’il manque un petit quelque chose pour que l’album soit vraiment excellent.
La seule vraie prise de risque sur l’album est la reprise de Pink Floyd, « Comfortably numb » qui ne m’a pas convaincue. Je reconnais la qualité de l’opus, mais en tant que fan, je reste un peu sur ma faim.
En tant que fan j’aurai sûrement mis une note plus sévère, mais la chroniqueuse en moi reconnait la qualité de l’opus et a donc monté la note d’un point par rapport à mon avis initial, comme quoi parfois, être fan n’est pas un gage pour mettre d’excellente note à un album.
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Note du SoilChroniqueur (Jaymz) : 8/10
Retour très attendu pour ma part du gang d’Ice-T, tant « Carnivore » m’avait déçu en 2021 après la bombe « Bloodlust » de 2017. Cette fois-ci, les Californiens ont poussé tous les curseurs à fond : plus lourd, plus agressif, plus puissant, ce Merciless est une bonne claque pour les amateurs de rap-metal.
Si on enlève la fameuse reprise de Pink Floyd qui a fait beaucoup parler d’elle lors de sa sortie – perso je trouve cela plutôt réussi et intéressant, notamment par rapport à celle de « Ace of Spades », sans intérêt sur « Carnivore » – l’album propose dix brûlots qui décapent.
Après une minute 30 d’introduction, « Interrogation » le morceau titre met tout le monde d’accord direct : riffs vicieux, ambiance, le flow d’Ice-T toujours aussi incisif à 66 ans et bien entendu, le premier break Slayerien de l’opus qui casse bien la nuque. Des titres comme celui-ci il y en a un paquet : le terrible « Do or Die » avec ses « You’ve got a gun, I’ve got a gun ! You shoot, I shoot back ! », « Fuck what you heard » met un taquet aux partis américains, en nous rappelant qu’Ernie C. reste le président des riffs dans BC, tandis que « World War » nous parle de l’ingérence des Etats-Unis dans les affaires, à la Megadeth.
« Merciless » ne serait pas un album de Body Count sans quelques featurings bien sentis tels que « Purge » avec Corpsegrinder qui pourrait être la BO du prochain « American Nightmare« , enchainé avec « Psycopath » avec le hurleur de Fit for an Autopsy qui fait vraiment psycho pour le coup, effet réussi ! Si le légendaire Max Cavalera sait toujours comment faire groover nos boules (« Drug Lords »), j’attendais beaucoup de la collaboration avec l’un de mes chanteurs préférés, Howard Jones (Light the Torch, ex-Killswitch Engage) sur « Live Forever », le seul point faible d’un album qui va faire mal sur scène en 2025, surtout s’ils envoient « Mic Contract » pour conclure le set, comme il conclut à merveille cet opus.
Qu’on se le dise, que passés 65 ans, Ernie-C & Ice-T en ont encore sous le pied et ne sont pas prêts à partir à la retraite !
Titres Phares : Purge, Drug Lords, Merciless
Tracklist :
Interrogation
Merciless
Purge
Psycopath
Fuck what you Heard
Live Forever
Do or Die
Comfortably Numb
Lying MF
Drug Lords
World War
Mic Contract
Si vous êtes un assidu des chroniques de Soil Chronicles, Sarcator ne vous est pas inconnu puisque leurs deux premiers albums, « Sarcator » en 2020 et « Alkahest » en 2022, ont retenu, à leur sortie, l’attention de Chris « The boss » Metalfreak(Vous trouverez l’expression écrite de la transcription auditive qu’il en a faite à travers deux papiers dont les liens figurent ci-dessous). Sarcator, formation suédoise qui sévit dans un blakened thrash de bonne facture, n’est pas, contrairement à ce que leur maîtrise du style pourrait laisser entrevoir, une formation particulièrement expérimentée, les bougres n’ayant pris leur envol qu’en 2018 ! Seulement voilà, ils semblent brûler les étapes et se sont fait rapidement repérer comme étant prometteurs, leur signature chez Century Media Records en atteste ! Dans ce contexte, ils sortent « Swarming Angels & Flies » qui constitue déjà leur troisième long format et qui vient succéder à deux premiers excellents albums… Alors, continuité dans l’excellence sur le chemin de la consécration, essoufflement ou encore changement de registre ?
On ne va pas laisser le suspens durer plus longtemps car dès le premier titre, Sarcator ne laisse aucun doute s’immiscer : ce sera du thrash à la sauce black ou l’inverse, livré avec une agressivité intacte, sans autre forme de procès et en dominant outrageusement son sujet ! Ceci-dit, arrêter la chronique à ce stade serait la réduire à l’essentiel et ne pas mettre en lumière les particularités et spécificités qui font de cette galette celle qui, si vous la savourez comme nous, mettra la frangipane à des années-lumière ! « Burning Choir » lance les hostilités et montre que le groupe ne trahit pas ses racines musicales. Il nous envoie quatre minute trente de férocité, ravageant tout ce qui se présente sur un tempo à tombeaux ouverts, appuyé par des riffs assassins. Le tout avec une voix éraillée qui se calque à merveille sur cette entrée en matière explosive ! Seule la partie solo semble apporter une once de calme dans ce tourbillon sonore enivrant… Enfin, dans sa première partie uniquement ! Pas le temps de reprendre son souffle que l’excellent « Comet of the end times » retentit ! Démarrage là-aussi droit dans l’pentu avec un côté martial qui produit son effet après le riff d’intro à 100 à l’heure. Morceau puissant au tempo dévastateur qui met les guitares en exergue et qui te maintient en haleine jusqu’au bout !
Et que dire du morceau qui a donné son nom à l’album si ce n’est qu’il est tout simplement énorme ! De l’intro captivante au tempo emballant en passant par les nombreux changements de rythme, de la frénésie des guitares à la folie des fûts, du break génial à 2’37 au solo en cible, sans oublier la voix enragée de Mateo qui fout limite les chocottes, n’ayons pas peur des mots, on n’est pas loin de la pépite dans le registre, qu’on se le dise ! Il y a à la fois un côté brut de fonderie et une certaine forme de sophistication dans les compositions d’une grande richesse, sans pour autant qu’elle n’enlève quoi que ce soit à l’intensité musicale. « Where the Voïd Begins » qui, du haut de ses sept minutes est le titre le plus long de ce LP, débute d’ailleurs par une intro acoustique avec une puissance contenue qui s’installe progressivement à la faveur d’un tempo lent et lourd. Le tout accompagné comme toujours de la voix bien énervée de Mateo et ponctué par un solo aussi efficace que bien amené.
Écouter « The Undercurrent », qui a quelque chose de Necrophobic, revient à baisser son froc et se faire tanner le cul pendant quatre minutes. Une fessée musicale en règle là où « Closure » constitue un titre hors sol au regard du reste de l’album. En effet, c’est tout d’abord un morceau purement instrumental, mais c’est surtout parce qu’il a l’ambiance d’une musique de western teintée d’une once de psychédélisme ! Même s’il est agréable à l’écoute et qu’il se « metallise » quelque peu dans le final, il apparait clairement comme out of the box ! Pas de panique, « Unto Sepulchres », qui vient clôturer l’album, remet l’église au milieu du village pour finir d’émoustiller nos tympans bien mis à mal depuis une bonne quarantaine de minutes !
Ce troisième opus de Sarcator est probablement celui le plus abouti. Il est servi par une production de très bon calibre et pour lequel les membres du groupe semblent afficher une réelle maturité du haut de leurs jeunes âges ! D’où que viennent leurs influences, force est de constater que conjuguées avec leur créativité, elles produisent un résultat tout simplement de toute beauté ! « Swarming Angels & Flies » est le fruit de la fougue intacte d’une jeunesse livrant son inspiration sans filtre. Le tout avec une maîtrise qui n’a rien à envier aux vieux briscards de formations plus expérimentées. Et si c’était ça qu’on appelait le talent ? Un album qui va, à coup sûr, figurer parmi ceux qui marqueront cette nouvelle année ! En orfèvrerie, on appelle ça un bijou !
Blood Incantation est un groupe de death metal originaire des États-Unis et fondé en 2011 par Isaac Faulk (batterie) et Paul Riedl (guitares/chant). Ces derniers sont toujours actifs au sein de cette formation. Blood Incantation a un line up relativement stable puisque le dernier membre à intégrer le groupe, Jeff Barrett est présent depuis 2015. En seulement treize ans de carrière et deux albums, le quatuor s’est forgé une solide réputation dans la scène death metal mondiale. En effet, ils sont devenus des références majeures dans ce sous genre de metal extrême de par leur technicité et leur univers très cosmique. “Absolute Elsewhere” sort cette année, cinq ans après leur dernier opus même si un EP est paru entre-temps. Ce nouvel album va-t-il continuer de séduire les fans du groupe ? C’est la réponse à laquelle nous allons tenter de répondre à travers la chronique à suivre.
Tout d’abord, le nouvel opus a une composition assez spéciale : deux titres “The Stargate” et “The Message” sont répartis sous forme de “Tablet” (I, II et III) qui ressemblent à des chapitres ou parties. Le groupe démarre l’album en introduisant le morceau “The Stargate [Tablet I]” nous plongeant immédiatement dans leur univers cosmique et plein de technicité. Durant toute l’écoute de “Absolute Elsewhere”, l’instru se veut lente, lourde voire pesante. On ressent clairement qu’un des membres joue dans le groupe de death doom Spectral Voice (Jeff Barrett). Bien que n’étant pas une grande fan de Blood Incantation, ce nouvel opus est fort convaincant. Les instruments sont hautement exploités bien plus que le chant. Par ailleurs, le second titre “The Stargate [Tablet II]” ne comporte pas de chant. Les musiciens ont utilisé des instruments classiques tels que des guitares, la basse et une batterie mais également des synthétiseurs, un gong et un mellotron. De plus, tous les artistes ont exploité leur talent musical puisque tous jouent au minimum deux instruments pour l’enregistrement de ce disque. Et le résultat est là : les Étatsuniens nous offrent une démonstration musicale planante, percutante et très spéciale. Je pense que ce type de disque peut beaucoup plaire aux fans de black psychédélique ou ambiant. Les fans de Darkspace, Mesarthim ou Oranssi Pazuzu devraient prendre un immense plaisir à l’écoute de cet album. Blood Incantation nous offre quarante trois minutes d’écoute assez rapide et pas ennuyante.
Toutefois, il manque un petit quelque chose pour rendre “Absolute Elsewhere” grandiose : le son peut paraître par moment un peu plat voire redondant. Je n’arriverai pas à décrire ce qu’il manque à cet album mais cette légère faille est dommageable car le groupe a un sacré potentiel. Il a su l’exploiter à travers son univers et son talent indéniable mais cela ne suffit pas à en faire un album marquant pour l’année 2024. Toutefois, “Absolute Elsewhere” pourrait offrir une expérience live des plus intéressantes.
Pour conclure, le nouvel album de Blood Incantation est convaincant et intéressant. Le quatuor américain a mis les bouchées doubles pour composer un disque planant et créer un univers cosmique à l’image du groupe. Toutefois, malgré une exploitation musicale remarquablement riche, Blood Incantation peut quand même mieux faire. Un album sympathique mais pas fantastique.
L’Islande, ce pays majestueux qui fait rêver plus d’un de par ses aurores boréales légendaires, ses longs hivers sombres et ses célèbres soleils de minuit… Ce pays au nord de l’Europe fascine et c’est dans ce splendide lieu qu’est né en 1995 le groupe dont nous allons parler aujourd’hui : Sólstafir.
Ce rayon de soleil crépusculaire s’est imposé ces dernières décennies via une discographie riche et variée. De ses débuts teintés de black metal ayant pour thématique majeure le paganisme à ses derniers albums beaucoup plus accessibles, dépressifs mais hautement remarquables. En effet, l’année 2011 marque un tournant décisif dans la carrière des Islandais : ils sortent sous le label français Season Of Mist, le sublime opus Svartir Sandar dont le morceau « Fjara » est devenu un cultissime au sein du milieu metal.
Après un tel chef d’œuvre, personne ne s’attendait à ce que Sólstafir produise de nouveau une œuvre musicale aussi belle. Et bien, détrompez-vous, notre cher Aðalbjörn Tryggvason et son équipe était loin d’avoir dit leur dernier mot puisqu’ils réalisent l’incroyable exploit d’aller encore plus loin lorsque l’album Otta voit le jour en 2014. Ces deux opus sont incontestablement les plus marquants et spectaculaires de leur discographie. Depuis, le quatuor a produit d’autres disques qui n’auront pas la même aura bien qu’étant intéressants malgré tout. Le 08 novembre, nos amis du Nord nous dévoilent Hin Helga Kvöl, leur huitième album. Ce dernier pourra-t-il surpasser Svartir Sandar et / ou Otta ? Telle est la question !
En attendant sagement Hin Helga Kvöl, les Islandais révèlent au public trois titres et leur pochette d’album bien entendu. « Hun andar », le titre éponyme « Hin Helga Kvöl », et « Blakkrakki ». Force est de reconnaître que ces chansons sont plus que percutantes. Même si Sólstafir nous a habitué à un son Post-Metal/Rock ces dernières années, ce nouvel opus est par moment un véritable retour à leur début de carrière. En effet, le morceau « Hin Helga Kvöl » rappelle plus que jamais l’époque de l’album Köld de par son ambiance très sombre. De plus, ses accords de guitares bas donnent davantage un aspect sombre, ses blast beat enragés dont on avait pratiquement perdu l’habitude avec eux et le chant bestial de Tryggvason sont mémorables. Malheureusement, cela ne dure que peu de temps avant de revenir à leur univers actuel beaucoup plus post-rock et quel dommage ! Comme dit en introduction de cette chronique, le groupe a connu un énorme succès grâce aux majestueux Svartir Sandar et Otta.
Mais leurs débuts sont tout aussi captivants. Cette aura noire manque tant au Sólstafir actuel et il aurait été tellement sympa de l’exploiter davantage au sein de ce dernier disque. Néanmoins, l’ensemble de l’album est incontestablement bon et loin d’être redondant. En effet, les chansons passent et ne se ressemblent pas. J’ignore si les musiciens de la scène metal se sont donnés le mot pour sortir en 2024 des albums dont la composition n’est jamais égale (du moins, pour un certain nombre de groupes). Pourtant, cela marche et ne semble pas incohérent. Toutefois, Hin Helga Kvöl nous laisse un peu sur notre fin, il y a un certain goût d’inachevé.
Il est très loin d’être mauvais mais on a vraiment une grande frustration lorsque l’album s’achève, quel dommage ! Il aurait été sûrement plus judicieux d’avoir une composition plus monotone car on finit par se perdre et la magie dont Sólstafir nous a habitués n’opère pas cette fois. Par contre, je félicite hautement le groupe car il ne nous déçoit jamais sur la forme : la pochette est plus que belle, elle dégage une aura glaçante à l’image du groupe. Cette dernière rappelle drôlement (selon moi) Masterpiece of Bitterness, le deuxième album du groupe paru en 2005. Que le temps passe vite !
Si seulement ils avaient mis autant le paquet sur le fond… Hin Helga Kvöl nous transporte par moments dans l’univers initial de Sólstafir : une noirceur purement intense et vibrante bien que ce soit de courte durée à mon humble avis. Le constat est dur : décidément, il sera difficile de faire mieux que Otta sorti il y a déjà dix ans.
En espérant que la magie opère toujours lors de leurs prochains concerts en France au mois de novembre car Sólstafir reste exceptionnel sur scène.
Tracklist :
Hún andar (5:28)
Hin helga kvöl (5:42)
Blakkrakki (4:32)
Sálumessa (7:11)
Vor ás (5:45)
Freygátan (4:06)
Grýla (5:06)
Nú mun ljósið deyja (3:47)
Kuml (forspil, sálmur, kveðja) (6:44)
Tribulation est un groupe de gothique metal en provenance d’une terre froide où le son des ténèbres est particulièrement présent : la Suède.
Le groupe a été créé par Johannes Andersson, le chanteur bassiste, et Adam Zaars, le guitariste. Ils sont toujours aux commandes de Tribulation à l’heure actuelle. Dans un premier temps, les Suédois jouent du death metal typiquement influencé par leurs compatriotes Entombed / Grave en y additionnant des sonorités black metal.
En 2009, Tribulation sort son premier album, The Horror, un chef d’oeuvre apprécié et acclamé par un grand nombre de fans de metal extrême. The Horror et les opus suivants leur permettent d’acquérir une belle notoriété et de tourner aux côtés de musiciens prestigieux tels que Watain, Abbath ou Melechesh.
Toutefois, à partir de l’année 2015, le quatuor Stockholmois change complètement de style musical et bascule vers la scène gothic metal. Cela pourrait sembler risqué mais toutefois, le changement est fort réussi. Vingt ans après le lancement du groupe et trois ans après le dernier opus, Tribulation enregistre Sub Rosa In AEternum dont la date de sortie est prévue pour le 1er novembre. Par ailleurs, nos amis du nord ont également réalisé un EP Hamartia l’an dernier et celui-ci laisse entrevoir en partie l’arrivée de l’album que je m’apprête à chroniquer.
En attendant l’écoute intégrale de Sub Rosa, le groupe tease fortement sa fan base puisque quatre morceaux sont déjà présents sur les plateformes de streaming ou en clips sur YouTube. « Saturn Coming Down », « Hungry Waters », « Tainted Sky » et « Murder in Red » font une très belle impression.
En effet, dès l’écoute de ces chansons sans avoir l’album dans son intégralité, j’ai le pressentiment que Sub Rosa risque d’être la sortie de l’année 2024 rien que cela !!! Alors, ne faisons plus perdurer le mystère et analysons l’album !
« The Unrelenting Choir » nous introduit dans ce nouvel album tout en douceur de par son instrumentation lente mais intense et au rythme perçant. Peu à peu, le chant grave presque baryton du leader Johannes Andersson nous plonge de suite dans une aura mélancolique et poignante. Cette première chanson devrait fortement plaire aux fans de doom/death. « Tainted Sky » et « Saturn Coming Down », quant à eux, sont des titres plus énergiques où chant clair et saturé se mélangent à merveille mettant en exergue la première période musicale de Tribulation.
Ces chansons se veulent douces / lentes et agressives à la voix, le refrain frénétique de « Tainted Sky » et le chant enragé du leader Andersson est excellent et d’une efficacité implacable. On peut vraiment féliciter le chanteur du groupe pour le travail remarquable de sa voix qui ne peut nous laisser de marbre tant il varie au cours des différentes chansons proposées.
Le talent vocal est révélé à son paroxysme lors de « Time & the Vivid Or », l’un des titres les plus extrêmes de l’album.
« Hungry Waters » se veut plus teintée de spleen, ultra poignante et dramatique. “ You are the dream you are the nightmare ” (paroles d' »Hungry Waters ») résume merveilleusement bien cette chanson, elle nous plonge dans une sorte de rêve sombre, assez indescriptible. De plus, les choeurs de Joseph Tholl lors des couplets apportent une touche encore plus bouleversante à cette musique bien morose.
Aucun titre ne se ressemble, cela peut même surprendre et pourtant, l’album marche du tonnerre. Il n’en est pas pour autant incohérent. Les instruments varient entre lenteur et rapidité. Le morceau « Murder In Red » nous plonge encore plus dans cette ambiance sombre, mélancolique et froide. Certains titres ont une influence beaucoup plus gothique / dark wave tels que « Poison Pages » probablement la chanson la plus goth de l’album. Sub Rosa montre plus que jamais les différentes influences du groupe de par la diversité des sons proposés.
Toutefois, la première partie de l’album comporte les meilleurs passages, la seconde moitié est un peu plus légère, voilà le petit bémol de Sub Rosa In AEternum même si franchement, on frôle la perfection.
« Sub Rosa In AEternum » est une BOMBE, que dis-je un missile inter galactique en provenance de Stockholm. Amateurs de spleen : vos oreilles seront conquises par la beauté, l’élégance et la voix envoûtante de Johannes Andersson. Pour les fans de Paradise Lost et ou Novembers Doom, ce chant grave et presque névrosé vous transportera dans un voyage doux et brumeux.
Bien sur, les guitares, la basse et la batterie nous proposent également des moments instrumentaux absolument magiques du début à la fin de l’album. Sub Rosa s’écoute sans problème à maintes reprises sans être lassé et je pense qu’il sera écouté avec autant de plaisir même d’ici quelques années. Je félicite fortement le quatuor Suédois pour cet album beau, sincère et jouissif. Je n’ai qu’une envie : voir Tribulation dans leurs contrées froides, dans une jolie salle de concert à Stockholm. Vivement l’annonce de la tournée ! Il sera difficile de classer les titres que je préfère dans cet album mais mention +++ pour : « Hungry Waters », « Drink the Love of God » chanté en anglais puis clôture ce chef d’oeuvre (bonus track de l’album) avec « I Takt Med Otiden » où Monsieur Andersson nous fait l’immense plaisir de chanter en suédois. Ce bonus est la version suédoise de « Drink the Love of God ». Qu’il n’hésite pas à le refaire, le chant en suédois est fort appréciable. Je féliciterai toujours les groupes qui font l’effort de chanter dans leur langue natale surtout quand l’exercice est fort réussi.
« Sub » est un album envoûtant, convainquant et percutant de par sa capacité sans faille à nous plonger dans des passages sombres puis lumineux, lents puis rapides et mêlant sans faille douceur et agressivité.
Depuis le début des années 80, la Suède s’est hissée parmi les pays les plus incroyables en matière de metal : Candlemass, Bathory, Entombed et tant d’autres groupes sont devenues des références majeures de la musique heavy. Tribulation ne cesse de nous surprendre et honore brillamment ses ancêtres.
On peut craindre parfois que la musique metal puisse s’estomper avec le temps. Sub Rosa In Aeternum nous prouve bien le contraire. Le quatuor suédois se montre toujours aussi innovant, intéressant et captivant. Cet album est largement plus accessible que The Horror mais reste aussi poignant et sincère. L’audace de Tribulation est payante : passer du death metal au gothique s’est fait sans encombre. Ils rejoignent leurs copains de scène goth suédoise Miazma et entrent définitivement dans la cour des grands. Il est pour le moment mon album favori de l’année en cours suivi de très près par Gatecreeper.
L’intensité et l’authenticité musicale de Tribulation n’est plus à prouver.
Tracklist :
The Unrelenting Choir 2:51
Tainted Skies 3:50
Saturn Coming Down 5:58
Hungry Waters 5:22
Drink the Love of God 2:58
Murder in Red 4:48
Time & the Vivid Ore 3:54
Reaping Song 4:40
Poison Pages 6:08
I Takt Med Otiden 3:00 (bonus track)