Sobernot – Destroy

Sobernot – Destroy

Note du SoilChroniqueur (Fast Freddy) : 7,5/10

C’était il y a à peine un an, les Chiliens de Sobernot sortaient Destroy, leur deuxième opus (studio) seulement, après quasiment dix ans d’existence, deux albums live et un EP venant également étoffer leur discographie ! Et encore, cet album était initialement destiné à n’être qu’un EP, mais la pandémie leur a permis d’écrire davantage de morceaux, et donc de nous proposer ce LP Thrash, mais clairement aux multiples influences, qui se ressentent tout au long de l’écoute !
Le Chili, tu connais ? Non ? Les condors… Estéban Zia, Tao les cités d’Or ?! Put1 ça y est, t’as la musique dans la tête maintenant hein ? Sorry ! Alors laisse-moi t’en faire découvrir une facette pas aussi connue que la flûte de pan, la pampa et les lamas, mais qui mérite quand même qu’on s’y attarde un peu ! Here we go !

Quelle entrée en matière avec « No Mercy » qui te claque à la gueule telle une mine bondissante sans avertissement préalable ! Riffs accrocheurs tout comme le refrain, vitesse d’exécution et voix agressive, bref, je vous aurais prévenu, mieux vaut ne pas entamer l’écoute avec un café brûlant à la main au risque que ça finisse mal !

« Smoke Masters » vient ensuite et montre clairement un Thrash nettement plus groovy avec un tempo plus lent mais non moins lourd, et surtout la voix de César plus chantée qu’hurlée sur nombre de parties, et qui confère donc au morceau cette ambiance plus coolée aux entournures !
Si tu souhaites savoir ce que cela fait de mourir par cunnilingus, le troisième titre « Death By Cunnilingus » est donc fait pour toi ! Décidément, la pandémie semble avoir eu des conséquences insoupçonnées en Amérique du Sud ! Là encore, c’est une approche certes Thrash mais à la sauce groove, les envolées du bassiste au milieu du morceau renforçant ce sentiment ! Quant aux paroles, “Use my tongue in new positions, Make my lust your new religion…”, tout un programme !
Après « Tyrant Machine » qui reste sur la même veine (oui je sais), « Across The Toxic Dew » débute sur quelques arpèges et un peu d’acoustique histoire de faire une petite pause dans la chaleur ambiante et nous servir le morceau le plus soft du LP, montant légèrement dans les tours à la faveur du refrain et d’un break ! Un peu de ballade métallique que tu pourras faire écouter à ton entourage pour leur dire que oui, les Métalleux sont des barbares sanguinaires, mais qu’entre deux massacres musicaux, s’ils ne composaient pas ce genre de morceaux, ils n’auraient pas le temps de boire des bières !
Plâtré au moment d’écrire cette chronique, j’écoute « I Recommend Amputation » avec une attention particulière, mais au final ne vais pas suivre les recommandations chiliennes sur ce coup-là ! Les nombreuses variations de rythmes jalonnant le morceau, ainsi que le côté tantôt calme puis lourd sur lequel Cesar montre l’étendue de ses capacités vocales, sont un exemple représentatif de ce qu’est le mélange des diverses influences amenées par chacun des membres du groupe !
Il en va de même pour « Servants of The Yellow King » alors que « The Second Coming » nous ramène sur un Thrash plus agressif aux intonations façon Pantera sur les bords, ce qui, soit dit en passant, n’est pas sans nous déplaire !
« Killer Winter », une reprise savamment menée du combo Death-Thrash chilien lui-aussi, Psicosis, il contribue à maintenir l’ambiance agressive sur l’album avant que ce dernier ne se termine sur « Destroy », qui, comme sa signification le laisse transparaitre, n’est pas là pour conter fleurette !

De mon point de vue, plusieurs écoutes me paraissent nécessaires pour apprécier pleinement cet album riche sur le plan musical, instrumental comme vocal, mais également sur le plan des compositions variées et intéressantes ! Il y a un potentiel certain chez Sobernot et la maitrise d’un groove qui ravira les fans de Pantera, à n’en point douter !

Bonne écoute !

Tracklist :

01. No Mercy (04:07)
02. Smoke Masters (Gimme my Money Back) (04:59)
03. Death by Cunnilingus (04:24)
04. Tyrant Machine (04:23)
05. Across The Toxic Dew (04:34)
06. I Recommend Amputation (03:53)
07. Servants of The Yellow King (05:19)
08. The Second Coming (03:34)
09. Killer Winter (reprise Psicosis) (03:12)
10. Destroy (05:11)

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Finality – Technocracy

Finality – Technocracy

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10

Au départ, je n’étais pas très chaud pour faire la chronique de « Technocracy », premier méfait du groupe Finality.
Non que cet album soit mauvais, bien au contraire, mais je m’attendais à découvrir du Thrash pur old school, alors que ce combo officie dans un genre Power/Thrash, à savoir de « la musique à casser la nuque » fortement imprégnée de Heavy Mélodique.

Seulement, voilà, à force d’écoutes, j’ai complétement plongé dans leur monde, jusqu’à être totalement conquis. Il faut dire que les musiciens qui composent cette formation ont de l’expérience, car on y trouve des membres de Battlecross.

Alors, sans plus attendre, voilà un petit résumé de la chose, pour vous expliciter le pourquoi de mon engouement.
Je trouve que le chant peut parfois avoir de faux airs d’Anthrax sur des titres comme « Revelation », de plus ce titre explose au grand jour avec un solo de guitare à la technicité véloce. « Technocracy » est vraiment varié et accrocheur et met en relief la facilité de ce groupe à conjuguer mélodie, maîtrise instrumentale, contrastes et nervosité. « Oblivion » fait preuve d’une belle musicalité, nanti d’un chouette refrain avec une coloration « épique » bien Heavy.
Excitées et positives, s’avèrent les ondes envoyées par « Academia », et on peut même découvrir un peu de Death Mélo sur « Finality », composition bien enlevée. Enfin, du bon riff Thrash propulse honorablement « Delirium ». Ah oui, j’allais oublier : il y a même un soupçon de growl sur « Malevolence ».

Alors bien sûr, ici, on a le droit à un Metal ambitieux qui pourtant n’en fait pas des tonnes, malgré le jeu de ses musiciens. De plus, la musicalité, quelques refrains qui portent, la puissance de tir de leur jeu, font qu’au final, eh bien oui, j’ai craqué.
Pas du gros rouge qui tâche, mais un vin qui a de la robe, de beaux reflets… Et du tonneau !
Alors santé !

Tracklist :

1. Academia (2:57)
2. Finality (5:04)
3. Malevolence (4:18)
4. Delirium (4:32)
5. Technocracy (6:46)
6. Pain (4:06)
7. World Fell Apart (4:31)
8. Predecessor (3:54)
9. Revelation (5:43)
10. Oblivion (6:16)

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Fortunato – From High Above

Fortunato – From High Above

Note du Soilchroniqueur (Celtikwar):8/10

On vous avait bien dit que la scène française était pleine de groupes excellents.
On vous avait prévenus et vous ne nous aviez pas crus.
Bande d’ingrats.

Vous voulez une nouvelle preuve ?

Quoi de mieux, alors, que de parler une nouvelle fois de Fortunato?
En Mai 2023 est sorti ‘From High Above’, le quatrième album du groupe français. On vous avait déjà parlé des opus précédents, le premier ‘Liberty’ en 2012, puis de ‘Restless Fire’ en 2015. S’en suivra une pause dans la formation, il faut dire que Markus Fortunato officie dans de nombreux projets de la scène française (il n’y a pas longtemps on vous parlait de Spirit War). Le troisième album du groupe ‘Insurgency’ sort en 2021 (je vous le conseille vivement si vous n’avez pas encore écouté). On est bien content de voir que le groupe a repris son rythme de croisière et d’avoir assez rapidement une nouvelle publication avec un ‘From High Above’ qui nous redonne une couche de Heavy Mélodique.

Vous voyez qu’on vous l’avait déjà dit, mais vous n’écoutez jamais.
Sauvages que vous êtes.

Fortunato nous emmène dans son univers très doux et chargé en émotions. On n’est pas dans le Heavy Speed à la Lonewolf ou Deafening Silence, (d’ailleurs, allez les écouter aussi), mais dans la douceur et la mélodie. La voix mielleuse de Markus est toujours un régal, je pense que le fait d’être aussi le maître de la basse, lui permet facilement de maitriser le groove et nous voilà pris au piège et impossible d’en sortir, l’album s’écoute en boucle. « Until My Last Breath » est une vraie pépite d’énergie chaude qui nous apaise par sa force tranquille.

Ne m’écoutez plus, écoutez la musique.

Avec ce ‘From High Above’ le groupe frappe une nouvelle fois de façon forte, et nous montre bien qu’il n’y a pas besoin d’aller très loin pour trouver son bonheur. Les amateurs de guitares ne peuvent qu’aimer un titre comme « Arise » qui nous envoie un solo très inspiré pour une partie Heavy très énergique. Fortunato nous montre une fois encore tout son talent. Pas besoin non plus d’en faire des caisses et d’aller chercher dans l’ultra démonstratif, il suffit juste de bien faire ce que l’on sait faire et s’appliquer à exercer son art de la meilleure façon possible.

Je ne m’étalerais pas plus longtemps, la musique parle d’elle-même.

On se tait et on profite.

Et on n’oublie pas d’applaudir à la fin. Un tel niveau se respecte.

Tracklist :

01 – After The War (5:36)
02 – Evil Machine (4:37)
03 – Just What We Have (5:13)
04 – My Sky At Night (4:59)
05 – Until My Last Breath (4:05)
06 – If You Die (4:38)
07 – Arise ! (4:57)
08 – Day After Day (4:44)
09 – Storms Can Come (3:30)
10 – Moment Of Weakness (9:07)

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Chroniques :
Soil Chronique : Fortunato – Restless Fire
Soil Chronique : Fortunato – Insurrection

Interviews :
Soil Chronicles – Interview 2021
Soil Chronicles : Track by Track

Kekal – Eternitarian : The Essential Kekal 1995—2022

Kekal – Eternitarian : The Essential Kekal 1995—2022

Note de la Soilchroniqueuse (Migou) : Inclassable/10

1 Split
2 Démos
3 Membres fondateurs
4 EP
5 Compilations
13 Albums
28 ans d’existence
31 Pistes pour cette dernière compilation, Eternitarian, sortie il y a quelques mois déjà.
Sur quel label ? Aucun
Avec quel line-up ? Aucun

Et…. 10675 secondes de voyage musical !

Ahhhh… Comme Prévert aurait aimé connaître le groupe indonésien, Kekal*, qui nous offre là une belle liste comme le poète les aimait tant. Un groupe ? Enfin.. parlons plutôt d’une entité ! Car Kekal est un ensemble protéiforme, une formation à géométrie variable.

Explication :

Il était une fois Jeff Arwadi (guitare, basse, synthé, batterie, composition, chant, écriture, production…), Azhar Lévi Sianturi (basse, chant, illustration, auteur, compositieur, amateur éclairé de café…) et Léo Setiawan (riffeur averti, expérimentateur sonore, …), trois musiciens avides d’explorer les champs musicaux les plus reculés. Ils n’auront de cesse de vouloir repousser les limites de la musique. Et ça donne quoi ? Ca donne une musique extrême, mêlant Metal, mais pas que ! On va ainsi retrouver, sur Kekal, des influences Jazz-fusionRock ProgDub Trip-Hop, musique expérimentale et électroPsychédéliqueAmbiant,… Un joyeux mélange qui en fera le style unique de Kekal, petit à petit, et ce dès les premières démos en 1995.
Un petit peu plus tard, un certain Didi Priyadi se pointe et remplace Léo Setiawan en live quand ce dernier est absent… Mais Didi, en plus d’être guitariste, se trouve être aussi claviériste et chanteur.

Le problème (si problème il y a), c’est que ces joyeux drilles ont une philosophie : l’anarchisme. Un anarchisme qui prône l’anti-hiérarchie et l’autogouvernance. Ils la défendent à tel point que leur musique se trouve pour la plupart en téléchargement libre (ce qui est le cas de cette compilation), sous licence Creative Commons (bien sûr, pas en 1995, ça n’existait pas à l’époque ! La licence existant à partir de 2002) et en grande partie auto-produite. Dans le Black Metal, on parlerait de Raw, pour Kekal, on va plutôt aborder la notion de DIY.

Succès public et critique, Kekal sera le premier groupe asiatique à tourner en Europe. Leur album 1000 Thoughts Of Violence, sorti en 2003, soit il y a 20 ans, sera (et reste) considéré comme un de leurs musts ! Mais voilà qu’en 2009, c’est la grande révolution. Kekal entre de plain pied dans la philosophie qu’ils défendent depuis quelques années : les membres fondateurs démissionnent. Il n’y a plus de membres officiels. Ooooh… Ils continuent à apporter leur écot à l’oeuvre de Kekal, mais d’autres, au gré de leurs envies, peuvent également amener leur propre touche. Ce qui rend la production complètement hétéroclite, différente d’un album à l’autre, presque divergente. L’album est la pierre angulaire de cette nouvelle ère.
Et c’est pourquoi je ne m’étalerai pas à décrire cette compilation, tant il y aurait de choses à en dire. Une chronique tellement looooongue qui ferait office de livre. Mais un livre, est-ce que cela ne figerait pas les choses dans le marbre ? On va donc s’abstenir et vous encourager à télécharger gratuitement sur leur Bandcamp ou leur site officiel, et vous faire votre propre avis.
Ce qui importe pour Kekal, c’est donc cette philosophie du DIY, sans hiérarchie, mais en cherchant toujours l’expérimentation. Ne jamais se reposer sur ses acquis. Ils vont même parfois jusqu’à enregistrer un album en une prise live improvisée, histoire de garder cette sensation de fraîcheur, de live, de mise en danger.

Eternitarian est une compilation qui présente sur les 31 titres soigneusement choisis – 2h57:55 de musique – le parcours de l’entité Kekal de ses débuts jusqu’à maintenant, titres issus de 16 albums/EP et une piste remixée de la démo : cassette Démo (1995), Beyond The Glimpse of Dreams (1998), Embrace The Dead (1999), The Painful Experience (2001), 1000 Thoughts Of Violence (2003), Acidity (2005), The Habit Of Fire (2007), Audible Minority (2008), (2010), Autonomy (2012), Unsung Division EP (2013), Luka EP (2015), Multilateral (2015), Deeper Underground (2018), Quantum Resolution (2020), Alternate Frequency Reception EP (2021), Envisaged (2022).

Kekal, c’est une expérience vraiment à part. Tout le monde n’entrera pas dans l’univers proposé, le trouvant trop protéiforme. Mais à contrario, d’autres crieront aux génies… Et vive l’anarchie, quand elle se fait Humaniste !

* Mot indonésien qui signifie « Eternité »…

Tracklist :

1. Vox Diaboli (4:30)
2. Characteristicon (5:56)
3. Isolated I (5:49)
4. Born Anew (5:37)
5. Neutrality (4:32)
6. A Dream For A Moment (5:49)
7. Inward Journey (drum mix) (4:17)
8. Speed Of God (4:45)
9. The Ascending Collective (6:14)
10. Dividend In Division (4:47)
11. Artifacts Of Modern Insanity (5:16)
12. Mean Attraction (4:15)
13. Crossroads (alternate mix) – feat. Megurine Luka (5:07)
14. Rare Earth Elements (5:40)
15. Embrace The Dead (5:23)
16. No Master (3:42)
17. Revealment – feat. Voxlucis (3:35)
18. Token Discontentment (5:31)
19. Manipulator Generals (10:47)
20. Tabula Rasa (alternate mix) (5:06)
21. Rotting Youth (3:28)
22. Conditional Destiny (6:15)
23. Spiritual Anarchism (5:54)
24. The Fearless And The Dedicated (7:47)
25. Armageddon (5:14)
26. Narrow Avenue (4:20)
27. In Continuum (5:44)
28. The Painful Experience (7:53)
29. The God Particle (5:53)
30. Escapism (14:39)
31. Open World (sick version) (3:56)

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Antrisch – Expedition II : die Passage

Antrisch – Expedition II : die Passage

Note du SoilChroniqueur (Ymir) : 8.5/10

Les allemands nous délivrent leur premier méfait, après un EP sorti en 2021. Ce premier album est d’un cru excellent.

Une ambiance sombre et dérangeante dans les grands glaciers du Nord, voilà ce que vous propose Antrisch. La pochette est sans équivoque, un capitaine au premier plan visiblement coincé dans la glace, derrière lui son navire où d’autres hommes, probablement son équipage, s’affairent. L’artwork nous donne le ton.

L’album débute sur une intro avant de faire déferler toute l’angoisse, le désespoir et la panique d’une nature plus forte que l’homme, d’une impuissance totale contre ces éléments naturels.

L’essence de tout l’album tient en ces quelques lignes. Le tout est très bien maîtrisé, le chant est clair, empreint d’émotions que le vocaliste sait nous faire véhiculer au travers de sa voix, accompagné parfois de riffs lancinants renforçant un sentiment d’impuissance comme sur le titre « Whanrationnen ». L’ambiance des séries telles que « Terror », ou les inspirations Lovecraftiennes sont au rendez-vous.

La teneur de cet opus ne sera pas joyeuse, la mort sera votre compagnon de voyage, et les engelures vos meilleures amies pour un tourment sans fin dans les contrées glacées. Le chant en allemand renforce cet aura de mysticisme autour de ces banquises abritant sûrement quelques monolithes maléfiques…

Un album d’une grande qualité qui sait faire voyager l’auditeur tout au long de ce périple tortueux, comme un pèlerinage dans la douleur… « Ultima Ratio », vous fera pousser des hurlements en chœur avec notre ami Maurice.

Une outro qui se veut fidèle au thème choisi avec des coordonnées qui ne sont pas sans rappeler le fameux bip correspondant à celles situées proche de l’Antarctique où Lovecraft avait relaté que le grand ancien Cthulhu dormait.

Un album qui n’est pas sans rappeler de formidables formations dont la plus évidente est The Great Old Ones, mais aussi Xasthur, où même Blut Aus Nord sur certains passages presque hallucinés, sans en devenir une pâle copie.

Tracklist :

1 Festgefroren – Packeisfalle
2 Wahnrationen – Saturnusparusie
3 In Perpetuum – Ewiger Schlaf im ewigen Eis
4 Vltima Ratio – Antropophager Frühling
5 Exodus | Tundrataumel – Croziers Bürde
6 68° 15′ N 98° 45′ W – 68° 54′ N 98° 56′ W

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