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Crusher

Le 16 mars 2015 posté par Metalfreak

Interviewer : Metalfreak

 

S’il est des groupes extrêmes en France qui font un plaisir fou de voir se reformer, Crusher est bien de ceux là ! Après Mercyless il y a quelques années, les Alsaciens reviennent sur le devant de la scène.

Crass (Chant) a eu la gentillesse et la disponibilité de se confier sur la situation du groupe, sur sa situation personnelle, par chat, en nous parlant également entre autres de Frayeurs, du Hellfest ou du split en n’omettant rien.

Un grand merci pour sa franchise et son accord d’utiliser quelques clichés signés Lionel Pesqué, Fred Hurst et Chris Kolb.

 

Metalfreak : Salut Crass, merci de prendre un peu de ton temps pour répondre à cette interview par mail.
Crass : Merci de prendre le temps de me poser des questions et à t’intéresser encore à mon groupe (rires)
MFK : Je ne sais pas si tu t’en souviens mais à la fin des années 80, on se retrouvait régulièrement au Cordial Bar pour des parties de babyfoot bien arrosées, Crusher s’appelait encore Frayeurs et vous veniez de sortir « Frayeurs or die », demo que vous avez diffusé en intégralité sur Killing Machine, une émission de Radio Bollwerk : quelle époque, non ?
Crass : Oh que oui je m’en souviens, le Cordial bar était notre maison et nous y passions notre temps quand on était pas en répète ou en concert. Merveilleux souvenirs, superbe époque…
MFK : « Frayeurs or die » était d’ailleurs la première des trois demos du groupe avant « A step forward ? » et « Collective hypnosis ». Penses-tu faire comme Mercyless il y a quelques années et ressortir ces demos sur CD comme ils l’ont fait avec « In memory of Agrazabeth » ?
Crass : Concernant une probable réédition de ses démos, sincèrement je n’en ai absolument pas envie, c’est tellement mauvais… (rires)

MFK : En 1990, toujours sous le nom de Frayeurs, vous avez participé à la compilation « Total virulence » avec la crème de la scène extrême française comme Loudblast ou Death Power, mais également de la scène Mulhousienne avec Mestema, Aleister ou un Merciless encore en devenir.
Comment avez-vous décroché ce deal ?
Crass : Pour Total Virulence, ça été très simple : il n’y avait pas beaucoup de groupes en France dans le style donc le label nous à invité a y participer.


MFK : Es-tu encore en contact avec les membres de ces groupes alsaciens ?
Crass : Oui avec quelques uns : j’ai bossé avec Tom de Mercyless dans le spectacle quelquefois. Mercyless est aujourd’hui un des groupes phares de l’association Lords Factory dont je suis l’un des fondateurs, et que ma compagne gère toute seule comme une grande (rires). Donc tu vois, les vieux restent en contact. « Old school connection still in action » est une des phrases de « Overdone » un de nos nouveaux titres que tu pourras entendre très bientôt.
MFK : Pourquoi avoir changé de nom en 1991 ?
Crass : Parce que Frayeurs était imprononçable dans d’autres langues que la notre et que Crusher, en signant chez Semetery, allait être distribué dans le monde entier donc normal !

MFK : En 1992 sort « Corporal punishment » avec un son beaucoup plus brutal que ce que vous faisiez avec Frayeurs. On sent les influences de l’écurie Earache bien présentes (Bolt Thrower, Napalm Death, Terrorizer…). La découverte de la scène extrême anglaise a-t-elle eu un gros impact sur votre façon de composer, voire pour l’approche des riffs ?
Crass : Nous avons toujours été fans de ce qui venait d’Angleterre : nous venions de la scène Punk / hardcore et des groupes comme Discharge, Doom, Chaos UK, GBH, Extreme Noise Terror, etc faisaient partie de nos groupes préférés. Donc quand les Anglais ont commencé à faire de l’ultra brutal, on était comme des fous (rires).

MFK : En 1993, l’EP « Act II : Undermine » explose tout sur son passage avec un son plus hardcore que l’album. Pourquoi si peu de temps après la sortie de l’album ? Attendre un peu plus et sortir un album plus long aurait-il changé l’histoire de Crusher ?
Crass : Notre deal avec le label spécifiait que nous devions sortir un disque par an, donc nous n’avons pas eu le choix.


MFK : En 1995, vous apparaissez une dernière fois sur la compilation « Brutale génération » avant de splitter : pour quelles raisons vous êtes-vous séparés ?
Crass : Comme tous les groupes, nous étions fatigués et avions besoin de vivre autre chose : nous étions ensemble 24/24h depuis dix ans. Si tu rajoutes à ça mes problèmes de drogues et mon caractère insupportable de l’époque, ma démotivation pour aller en répète et mon envie de me casser de Mulhouse,  tu comprendras aisément que le groupe ne pouvait survivre à ça (rires)
MFK : Qu’en est-il de Boost ? de Fertile Mind ? de Hellsasser ? De Cubensis ?
Crass : Ils ont été de belles aventures et j’ai adoré jouer dans chacun de ces groupes. Mais c’est la vie, tout a une fin (rires).

 


MFK : Crusher renait 20 ans après son split : Pourquoi cette reformation ? Comment as-tu réussi à remotiver les quatre autres membres ?
Crass : Je suis le seul membre d’origine du groupe, mais avec l’accord des anciens : je respecte leur choix de ne pas avoir voulu revenir sur le devant de la scène. Le Crusher 2.0 est aussi puissant et violent que la première version vous verrez (rires).

Il y a un membre d’Absurdity, un de Nazmen, de Badtaste et de Six Grammes Eight à mes cotés, ça te donne une idée de ce qui vous attend.

 

MFK : On parle désormais d’un split avec Mercyless : où en est ce projet ?
Crass : (rires) le projet en est là (il m’envoie la photo)


MFK : Donc tu es comme ça : tu reformes Crusher et pan, direct au Hellfest ! Comment as-tu réussi ce petit exploit ?
Crass : Le Hellfest nous a invité, ça ne se refuse pas. La personne qui m’a téléphoné me demande « Est-ce que ça vous intéresserait de jouer au Hellfest ?« . J’ai failli tomber de ma chaise (rires) « mais BIEN SUUUUUUUUR !!!! » (rires). Un vrai rêve et un honneur…
MFK : Avec le recul, quelles leçons tires-tu de la première vie de Crusher ? Ferais-tu tout de la même manière ? As-tu des regrets ?
Crass : Je referais presque tout pareil,oui. A part ne pas zapper la SACEM, prendre moins de drogue, faire moins chier les mecs avec qui je joue, faire moins de conneries, moins foutre la merde et me battre sans arrêt, écouter un peu plus ceux avec qui je joue et ne plus foncer dans le tas quand j’ai une idée (rires). Peut-être aussi être plus sérieux et pro avec les répètes les dernières années…


MFK : Tu fais office de vétéran de la scène extrême désormais, vous aviez sorti « Corporal punishment » et « Act II : Undermine » à une époque où internet et les mp3 n’existaient pas – du moins de façon publique – : comment vois-tu cette évolution des technologies ?
Crass : Chaque chose à son coté sombre, celle d’internet (qui est le plus beau cadeau que je me suis offert puisque ça répond à toutes mes questions instantanément) est que les groupes ne peuvent plus vivre de la vente de leurs disques et les budgets, labels, se sont effondrés…

Les petits labels rament encore plus qu’avant mais ça a redéveloppé un esprit DIY que j’aime tant et d’où je viens : ça oblige à être plus qu’un musicien et d’être malin et débrouillard. C’est aujourd’hui ce qui fait la différence : les groupes sont à nouveau obligés de s’unir pour tourner et ça je trouve ça chouette.

Pour finir la réponse à ta question, la technologie nous facilite la vie, on peut répéter à distance, booker très rapidement si on nous branche, répondre à des interviews quasi instantanément (rires), retrouver des vieux amis à travers le monde en quelques clics… j’adore ça. Vite et bien sans intermédiaire, tout ce que j’aime….
MFK : Plus généralement, comment vois-tu l’évolution de la scène metal et / ou hardcore vingt ans plus tard ?
Crass : Comme je l’ai déjà dit en interview, je déteste la façon dont le HxC à évolué : le violent dancing me fait chier, l’esprit n’y est plus du tout. Le métal lui par contre à très bien évolué : les groupes sont bien meilleurs dès leurs première démo et certains m’ont beaucoup impressionné comme Chaosis (RIP); Absurdity, Crown, Spit Your Hate, Six Grammes Eight, etc. De bonnes claques dans la gueule à chaque fois avec un vrai esprit derrière, un univers et une vraie unité, parfait quoi.
MFK : Suis-tu toujours la scène alsacienne ?
Crass : Un peu oui. Je reste fan de l’attitude et de la longévité de groupes comme Inhumate que je respecte beaucoup, Absurdity est une des futures révélations de l’Est, les groupes que j’ai cités plus haut aussi. Mais Mercyless sont là depuis toujours et resteront sans aucun doute les patrons (rires).


MFK : Hormis le split avec Mercyless et le Hellfest, quels autres projets as-tu ?
Crass : Ma vie est un éternel projet en cours (rires). Je ne m’arrête jamais. Nous allons maintenant, puisque l’enregistrement et le mix des 4 titres pour le split avec nos amis de Mercyless sont finis, nous concentrer sur les nouvelles compos pour l’album (surement sortie prévue en octobre), sur nos superbes dates qui nous attendent, nous préparer correctement avec notre nouvel arrivant (Erik d’Absurdity) qui fait un boulot d’enfer et remplace « T » qui n’a pu continuer.


MFK : Aurais-tu des conseils à donner à de jeunes groupes qui veulent se lancer ?
Crass : Dans un des nouveaux titres qui figure sur le split, je dis d’entrée « I‘ve more learned from your silences than you give me council » donc je m’abstiendrais. Sinon échangez, soyez malin et ingénieux, partagez. Pour le reste : démerdez-vous ! (rires)
MFK : Lors de mon prochain passage sur Mulhouse, on se reboit une mousse au Cordial entre deux parties de babyfoot ?
Crass : AHAHAHAH ça aurait été avec grand plaisir mais le Cordial n’existe plus malheureusement, en plus j’ habite à Strasbourg et la ville de Mulhouse me file la chiasse (rires).
MFK : Dans ce cas, rendez-vous au carré VIP du Hellfest pour une bonne bière ?
Crass : Avec grand plaisir oui !!!!!!!!!!
MFK : Je te remercie d’avoir joué le jeu et te laisse le mot de la fin
Crass : Merci à toi pour l’interview, Merci à nos partenaires et sponsors, merci à ceux qui croient encore en nous, en moi. A très bientôt sur les routes et festivals !!!!!!!

 

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