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Line-up sur cet Album


Pierre : chant
Ben : guitare (lead)
Tony : guitare
Audrey : basse, chant
Thomas : clavier, violoncelle
Jef : batterie

Style:

Post-Hardcore sombre

Date de sortie:

Avril 2012

Label:

Klonosphère / Season of Mist

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 8,5/10

Il semble que depuis quelques temps, les groupes de Post-Hardcore deviennent de plus en plus nombreux dans la sphère Metal. Le genre remonte, pourtant, mais j’ai l’impression que jusqu’à peu, il restait en marge (peut-être le suffixe « core » qui faisait peur) et que, maintenant, les groupes le pratiquant sont en train d’exploser. Et ce n’est pas pour me déplaire !
Et Memories of a Dead Man, avec ses six ans d’existence, sa démo, son premier album Beyond the Legend et Maze, son EP bourré de guests (près d’un par morceau), s’il ne fait pas partie de la nouvelle scène Postcore, devrait, avec V.I.T.R.I.O.L, prendre une envolée. Comme ce fut le cas pour Beyond, d’ailleurs…

Car V.I.T.R.I.O.L possède tout ce qu’un amateur de sonorités Cult of Luniesques recherche. À commencer par une atmosphère sombre, très sombre. Ce n’est pas pour rien que le genre se nomme Post-Hardcore. Il rappelle, lorsqu’on l’écoute, un univers dévasté, un monde en ruine, le résultat de l’après guerre. Un monde post-apocalyptique.
Et Memories, dans ses dissonances, ses riffs qui plombent, nous envoient toujours vers le bas, sa violence, ses rythmiques brutes, sa voix écorchée, évoque les bâtiments détruits, le ciel grisâtre, les amas de béton encore fumants gisant sur le sol…
Même la voix claire, loin d’être épurée, comme un chuchotement, ne trahit pas cette ambiance.
Pourtant, dans ce paysage malsain, le groupe amène quelques pointes de lumière. Ainsi, des passages ambiants viennent nous rassurer, comme une main tendue alors qu’on croyait que tout espoir s’en était allé.
Et entre cette alternance de désespoir et de clarté, on a aussi de l’entre-deux, ou plutôt les deux en même temps : des passages chaotiques, dans lesquels une une guitare cristalline vient apporter une éclaircie. Le résultat en devient hypnotique comme sur la fin de « Meshi’Ha ». On ne réfléchit plus, on laisse son cerveau se faire lobotomiser. Et on aime ça !
Certains passages plus mélodiques, moins distordus, plus accrocheurs font aussi leur apparition. On pourrait les appeler refrains (« Tomorrow, at Down… », « On the Heights of Despair », « Under the Cross »), car ils en ont toutes les caractéristiques, mais les morceaux ne suivent pourtant pas une construction classique.
Et oui ! Car le préfixe post évoque aussi une déconstruction des morceaux. Le Hardcore classique est trituré, remanié, démonté, remonté, torturé pour donner quelque chose de nouveau.
Exemple, avec « Tomorrow, at Down… » : tout commence par une intro bruitiste, durant laquelle les instruments font leur apparition petit à petit. Le groupe prend son temps de les installer, sur plusieurs minutes, variant les riffs et cassant la rythmique, évitant l’ennui. Et là, c’est l’explosion. La voix arrive, rocailleuse, grave et écorchée à l’extrême. Tout s’accélère, tout devient plus pesant. Et un mid tempo vient faire son apparition, comme une pause. Faux répit, puisque tout repart de plus belle. Ensuite, chose qu’on n’attendait pas, le refrain arrive, le chant Hardcore se fait doubler d’une voix claire, et la musique devient accrocheuse. Les changements sont incessants, parfois difficilement discernables aux premières écoutes. Les surprises sont bien là. Et réelles. Car le groupe aime jouer avec nous. Mais j’en ai déjà assez dit, après j’en dévoilerais trop. Le groupe nous emmène où il veut, il construit, à travers les morceaux de V.I.T.R.I.O.L une sorte d’histoire. Un fil conducteur.

Mais le groupe, loin de se contenter des acquis de ses contemporains, propose aussi son propre univers, sa propre interprétation de la musique.
Si certains passages font penser à d’autres albums de Postcore, Memories possède un sens de la mélodie bien à lui (le chant sur « Under the Cross »), des parties épiques, et affiche une violence plus corsée qu’à l’accoutumée (« Meshi’Ha », « Insomniac Animal », « Diving Bell and Butterfly »). Et la superposition des couches en font une vraie destruction sonore. Le genre de chose qui laisse présager de nombreuses écoutes attentives pour espérer, un jour, peut-être, tout découvrir.
Et puis, cette production, signée Magnus Lindberg, de Cult of Luna (tiens, tiens…) tout en puissance, en clarté, sert absolument le propos, ici. Les compositions prennent une ampleur grandiose.

Memories of a Dead Man, a pondu, là, un excellent album de Post-Hardcore, un album intense à l’univers complété par l’artwork que vous pouvez admirer juste en haut. Les Français se hissent aux côtés de leurs compères Suédois, et nul doute qu’avec cet album, la notoriété devrait encore grandir.

 

Edit : une erreur s’est glissée dans le texte, c’est Étienne Sarthou, batteur d’Aqme qui s’est occupé de l’enregistrement, et Magnus Lindberg, du mastering. Milles excuses à lui et encore bravo pour son travail.

 

Site Officiel : www.memoriesofadeadman.com

MySpace : www.myspace.com/memoriesofadeadman

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