Sepultura – Machine Messiah

Le 17 janvier 2017 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


• Derrick Green : Chant • Andreas Kisser : Guitare • Paulo Tairo Jr. : Basse • Eloy Casagrande : Batterie

Style:

Thrash Death Metal brésilien

Date de sortie:

13 Janvier 2017

Label:

Nuclear Blast Records

Note du Soilchroniqueur (Willhelm von Graffenberg) : 9/10

Accorder du crédit à Max Cavalera qui affirme que « Sepultura sans lui n’a proposé aucun bon album » sera juste chier à la gueule de leur dernier opus Machine Messiah.

Car cet album est très bon et loin de se conforter dans la facilité ou dans le déjà-dit de la part du groupe. Assurément si l’on en reste à la dernière production du groupe et le virage tribal qu’a pris Max avec Roots en 1996, puis en créant Soulfly, cet album de son point de vue pourrait être la pire des merdes. Étant donné que leur querelles de chapelles, justifiées ou non, ne regardent qu’eux (et je suspecte même que ces enfantillages n’aient pour vocation que de créer du buzz pour une sortie d’album), on va allègrement s’en foutre et parler de cette putain de musique, variée que propose ce nouvel album de Sepultura, sans les frangins Cavalera mais avec Derrick Green au chant et Eloy Casagrande à la batterie. Je n’aime pas le timbre de voix de Green, et ce depuis son arrivée comme remplaçant du fondateur du groupe, parti/éjecté dans la fin des 90’s, je n’arrive pas à déterminer pourquoi mais on ne peut pas nier qu’il ait des capacités et des inflexions très intéressantes, que ce soit en voix hurlée, qui fait penser à celle de Burton C. Bell (Fear Factory), ou en voix claire, qui fait penser à celle de Nick Holmes de (Paradise lost). D’ailleurs si on fait dans l’ordre, c’est pour parler de la structure de l’album, déconcertante en un sens, puisque celui-ci commence sur un titre très lourd, homonyme de celui de l’album, long morceau qui se situerait justement dans un style Dark Metal assez proche du Paradise lost époque Requiem…. Admettons… Mais la rupture est faite directement par l’enchainement du morceau le plus court, et le plus hardcore dans l’esprit de l’album, une tarte dans ta gueule de deux minutes, simple, claire, efficace. Jusque là, pourquoi pas…

C’est là que « Phantom Self » entre en jeu et si ce self est en libre service, on en reprendra bien un second, voire un troisième, ad lib. Parce qu’il faut dire que c’est franchement goutu, et c’est aussi là que je vais mettre en avant les talents du batteur, mais aussi du compositeur : commencer un morceau sur de la polyrythmie extrêmement syncopée digne d’un samba-reggae, limite, on s’y attendrait de la part de Sepultura… mais combiner ça avec une mélodie tirée la culture égyptienne (pour le coup, je ne saurais dire vraiment si elle est jouée sur des instruments traditionnels mais ça y ressemble énormément, ou a défaut les violonistes sont très bons), fallait oser. C’est d’ailleurs là que je vais m’arrêter de complimenter ce morceau, tous ces passages métissés m’ayant plu… jusqu’à ce que j’aie l’impression d’entendre le mainriff qui ressemble à du Fear Factory de la (mauvaise) période Obsolete. (Heureusement, ce riff est finalement minoritaire sur le morceau).

 

La polyrythmie et les syncopes sont l’élément principal, qui égare assez souvent au cours de l’album, donnant une impression parfois progressive à nombre de morceaux : difficile de s’accrocher à « Alethea » tant les rythmes semblent complexes quand la métrique est souvent un simple 4/4. Cet album ne fait vraiment pas dans la facilité ou dans la redite, les seuls morceaux rappelant les origines thrash death de Sepultura étant « Silent Violence », « Vandals Nest » ou l’instrumental « Iceberg Dances » avec son insert de surdo et congas et la guitare classique en pont central au milieu de riffs bien saignants, ainsi que les soli d’Andreas Kisser avec sa touche personnelle… mais on ajoute à l’ensemble un orgue Hammond ! Les arrangements complexes et fournis sont ce qui va donner beaucoup de sel à cet album : presque pas de morceau basiquement construit sur le quatuor usuel guitare-guitare-basse-batterie au cours de l’album, des orchestrations venant renforcer le tout sur « Resistant Parasite », ou encore « Sworn Oath », magnifique morceau avec un gros renfort de pizz de cordes quand l’orchestre n’y ajoute pas son élan d’epicness, tirant le groupe à la limite du Death sympho parfois. Le seul morceau que j’aie trouvé un peu faible, hélas pour l’album en fait, c’est « Cyber God » qui clôture un peu faiblement au niveau de la créativité cet album haut en puissance.

Un très bon album, à l’image de la culture brésilienne – métissé – qui ne ravira certainement pas les fans de la première heure – déjà parce que Max et Igor ne sont plus du crew – mais qui fera le bonheur de ceux qui aiment quand un groupe ne se cantonne pas dans la facilité… Une sorte de majeur levé aux allégations du feu-leader Cavalera.

A écouter pendant le carnaval de Rio en demandant à Max de fermer sa gueule pour mieux admirer et écouter le spectacle.

Tracklist:
1. Machine Messiah (5:54)
2. I am the Enemy (2:27)
3. Phantom Self (5:30)
4. Alethea (4:31)
5. Iceberg Dances (4:41)
6. Sworn Oath (6:09)
7. Resistant Parasites (4:58)
8. Silent Violence (3:46)
9. Vandals Nest (2:47)
10. Cyber God (5:22)

Facebook: www.facebook.com/sepultura
Site officiel: http://www.sepultura.com.br/
Spotify: https://play.spotify.com/album/7wXNsjUde8WBwDvxB9oS76
Youtube: https://www.youtube.com/user/sepulturacombr

 

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1 Commentaire sur “Sepultura – Machine Messiah”

  1. pingback pingback:
    Posté: 14th Avr 2017 vers 7 h 29 min
    1
    Kreator + Sepultura + Soilwork + Aborted au Bikini (Toulouse) le 25/02/2017 | Soil Chronicles

    […] Les longues minutes s’écoulent et le vrai show commence avec une entrée en puissance de cette horde brésilienne avec leur nouveau morceau “I am the enemy” de leur dernier album “Machine Messiah” sorti en février 2017 (http://www.soilchronicles.fr/chroniques/sepultura-machine-messiah). […]

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