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Hardcore Anal Hydrogen

Le 1 juin 2018 posté par Metalfreak

Interviewer : Antirouille
Interviewés : Sacha & Martyn

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Antirouille: Raconte-moi l’histoire du groupe.
Etes-vous aidés sur scène ? Par qui ?

Sacha : Hardcore Anal Hydrogen est né en 2009, suite à notre rencontre avec Martyn, qui a débouché assez vite sur notre premier album Fork you. Deux ans de travail plus tard nous sortons Division Zero, sur une thématique plutôt cowboy. Ensuite vient The Talas of Satan qui lui est inspiré/influencé par la musique asiatique, avec une insistance sur la musique indienne traditionnelle. C’est avec cet album que nous avons rejoint le label Apathia Records. Enfin nous voilà avec notre quatrième opus Hypercut, toujours chez eux pour notre plus grande joie.
Depuis le début de HAH, la musique est composée à deux en studio. Il nous faut donc repenser tout le projet pour pouvoir jouer en live ces albums. Nous devons aussi rajouter des musiciens sur scène pour qu’ils nous aident : c’est impossible de tout jouer à deux !
Nous sommes justement en plein le travail de transfert à la scène. Nous n’avons pas encore arrêté le nombre de musiciens qu’il y aura dans notre prochaine formule live, il y a tant à jouer ! La seule certitude que nous avons est la présence de notre bassiste attitré : Jo.
Martyn : Il a raisonVous avez vraiment un nom chelou, « Hardcore Anal », je veux bien… mais pourquoi « Hydrogène » ?
Sacha : L’hydrogène est l’élément chimique de numéro atomique 1, c’est le principal constituant du soleil et de la matière interstellaire.
C’est aussi le carburant des fusées.
Ca représente bien la puissance, le mysticisme et l’absence de limite de Hardcore Anal Hydrogen.
Martyn : Et nous aimons particulièrement l’incohérence, l’impertinence, la loufoquerie (ce que les jeunes appellent le « what the fuck« ).
Le nom du groupe donne le ton.Le style de metal dans lequel vous évoluez ?
Martyn : Difficile de te dire un style en particulier mais il faut bien dire quelque chose pour essayer de se définir. C’est en partie extrême (death, black), on y met des touches hardcore, et de rock’n’roll, du sludge, du grind.
On prend le rock/metal au sens large.
On écrit aussi des morceaux qui n’ont rien à voir avec le metal, la scène metal est tout sauf refermée sur elle-même.Pourquoi ce choix musical ?
Martyn : J’ai toujours aimé le rock, metal puis death metal.
Quand on a créé HAH, je jouais dans Frontal, un groupe de death progressif. Avec Sacha , on a commencé à s’échanger des morceaux il y a quasiment 10 ans pour se faire plaisir.
On cherchait tous les deux le côté énergique du metal qu’on pouvait prendre parfois avec de la dérision. Et puis le metal est une grande cours de jeux, il y a beaucoup de styles et beaucoup de mélanges possibles.

Que pensez-vous du métal en général, vous pensez qu’on a fait le tour ?
Sacha : Personnellement, j’ai vu évoluer cette scène depuis les années 80, même si je ne suis pas du tout un « metalleux ».
J’ai toujours eu un intérêt pour cette scène, gravitant autour, sans jamais vraiment l’intégrer.
Il y a plusieurs caractéristiques intéressantes quand on les compare avec les autres scènes musicales.
Déjà il y a une très grande unité : on s’aide entre metalleux. Beaucoup plus que dans les autres scènes que je connais (le seul milieu comparable que j’ai fréquenté est le skateboard).
Ensuite musicalement, ça s’est grandement élargie, et donc le terme « metal » regroupe aujourd’hui tellement de genres différents qu’il est difficile de dire qu’on en a fait le tour. Après, une grande majorité de groupes ne se contentent que de reproduire des schémas existants, ce qui est bien sur malheureux.

Quelles sont vos influences musicales ?
Sacha : elles sont nombreuses et diverses. Elles vont de Arnold Schönberg à Jean-Louis Costes en passant par le punk, le hip hop, la musique électronique, la musique contemporaine, le rock prog, le jazz, et j’en passe (énormément). Je n’ai aucune limite de style ou de genre. Je recherche l’originalité.
Martyn : Devin Townsend, Strapping Young Lad, Dillinger Escape Plan, Melt Banana, Cardiacs, Slayer, Sleepytime Gorilla Museum.

Qui apporte quoi dans l’écriture de la musique ? Qui compose ?
Sacha : On compose à deux : en général Martyn amène la bière, et moi la pissaladière. Plus sérieusement, on se retrouve en studio pour composer. Nous faisons des résidences au « Studio Phebe’s » qui est un centre de création et de recherche à Monaco. En général nous arrivons chacun avec des embryons de morceaux, que nous développons ensemble. Mais il arrive aussi qu’on compose à deux à partir de rien. Quand nous sommes sur scène, Martyn est à la guitare et je suis au chant.
Mais en studio, nous revêtons les costumes d’une multitude d’instrumentistes.
Martyn : Sacha a tout dit, on compose vraiment à deux, il n’y a pas un qui se charge d’écrire toutes les guitares, un autre tous les synthés etc… On essaye de mettre un point d’honneur sur le consensus : soit on est satisfait tous les deux et on garde, soit on retravaille ou on jette.

Parlez-moi d’HyperCut, en combien de temps l’avez-vous écrit ? Où l’avez-vous enregistré et sous quel label ?
Sacha : On a mis quatre années à produire HyperCut. Cet album est le résultat d’une série de résidences au « Studio Phebe’s ». On gère toute la chaine de production de l’album : on compose, on enregistre et on mixe l’album nous-même. Ça demande donc du temps et de la patience. Le mastering a été fait par Fred au « Studio Henosis ». Et notre label est Apathia Records.

Pourquoi ce titre « HyperCut » ? Et parlez-moi de l’artwork .
Sacha : HyperCut parce que l’album est rempli de « cut ». C’est à dire que les sons sont vraiment coupés au hachoir, du coup ça avait pas mal de sens, en plus du fait que cet album c’est quand même un gros coup de poing dans la gueule.
Concernant l’artwork, c’est Arnaud Roland qui l’a réalisé. Il avait déjà réalisé celui de « The Talas of Satan » (notre troisième album). Contrairement à l’album précèdent, nous lui avons laissé une totale carte blanche, et il nous a pondu cette magnifique scène.

Entrons dans le vif du sujet. Il n’est pas aisé pour tout le monde de déchiffrer votre musique. Coin coin, par exemple, dis m’en plus. Il est question de canard en musique, mais je me demande : j’ai raté quoi d’autre ?
Martyn : Un canard s’est incrusté sur un de nos morceaux, et ça fait « coin coin ». L’idée est partie d’une cacophonie d’oiseaux nichés dans un arbre, ils jouaient une musique qui ressemblait à l’intro. Je ne sais pas comment s’est glissé un canard au milieu de tout ça mais l’idée nous est venu tout naturellement. Mais oui c’est clair.

Paul est désarmant (le titre, pas le gars, je ne le connais pas en plus), pour une personne qui vous découvre par ce morceau où le métal n’est pas présent du tout.
Martyn : Déjà le titre est un clin d’oeil à Mc Cartney.
Ben du coup je le connais.
Martyn : Nous sommes un peu fans des Beatles. Musicalement, nous sommes mal placés pour te dire si ça nous semble désarmant puisque nous n’avons pas de recul. Pour nous ça sonne comme ça devait sonner et on ne l’imagine pas autrement. Les « couplets » sont surf-doo-wop-auto-tuné et les « refrains » sont electro-sludge-apocalyptiques. Ça c’est le résultat d’une exagération des traits de chaque passage, si tu écoutes la démo, c’est bien plus timide et c’est moins le grand écart.

Des titres déboitent bien comme Jean Pierre ou Charme oriental, mais d’autre comme Phillip sont presque illisible et on aurait besoin d’aide. Tu peux me le déchiffrer ?
Sacha : L’idée de « Phillip » est de s’inspirer de la musique minimaliste (ou musique répétitive). C’est un courant musical des années 60 qui vient des USA. Le principe est la répétition de motifs courts, qui évoluent au court du temps. C’est aussi un retour à la tonalité après des décennies de musique atonale induite par Shoënberg. On a donc repris les principes compositionnels de ce courant et on se les ai appropriés. Le morceau s’appelle « Phillip » en hommage à Phillip Glass, compositeur star du genre.

Vous êtes quand même des violents malgré tout, Sprouch par exemple, quelle énergie. Vous vous imposez des limites en général ou vous n’en avez aucune ?
Sacha : Oui, la violence est un leitmotiv de HAH depuis le premier album. C’est d’ailleurs une des seule ligne de conduite du groupe. On ne se donne aucune limite : ni de style, ni de rythme, ni de vitesse, etc. Notre seule limite, c’est notre imagination.
Martyn : C’est intéressant de s’apercevoir qu’il y a une limite de vitesse. Passé un certain tempo, la sensation de vitesse quasi-disparait. Un groupe comme Archspire atteignent ce qui se fait de plus rapide, si tu pousses un peu le tempo, tu finis par plus rien encaisser. Des morceaux comme « Sproutch » on en fait depuis le premier album, c’est un peu un « running gag » sauf que c’est pas forcément un gag.

D’où vous vient ce délire pour la création des noms de vos titres ?
Sacha : Alors les prénoms en général sont des hommages aux compositeurs qui nous ont influencé : comme dit avant « Phillip » est pour Philip Glass, « Paul » pour Paul McCartney, « Murdoc » est en rapport avec le générique de MacGyver qui a inspiré l’intro du morceau.
Ensuite il y a des séries qui se suivent dans chaque album comme « Daube Carotte » qui fait suite à « Bœuf Bourguignon » et « Coq au Vin » ; mais aussi « Sproutch » qui fait suite à « KRR » et « RAH ! » qui sont tous les trois des morceaux courts et énergiques. Il y a aussi la série de phonographies « Automne 1992 » et « Printemps 1982 ». « La roche et le rouleau » est une mauvaise traduction de rock & roll.

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Vous avez un titre préféré ?
Sacha : Je n’ai pas vraiment de titre préféré, mais je suis assez content de ce qu’on a sorti avec « Phillip ». C’était un sacré défi : déjà c’est le morceau le plus long qu’on ait jamais fait (plus de 8 minutes). Ensuite ce n’était pas évident de réussir à placer ce genre musical au milieu d’un album comme HyperCut. Avec le temps je trouve qu’il a beaucoup de sens, mais ça ne semblait pas aussi évident au moment de la composition. Enfin, on a fait un travail de mixage assez dingue dessus, il y a une très grande variété d’instruments : certains issus de la musique classique, et d’autres très rock. Je trouve qu’au final ça sonne assez naturel, ce qui était à la base un pari osé, qu’on n’était pas sûr de réussir.
Martyn : les trois titres que j’aime beaucoup sont « Coin Coin« , « La roche et le rouleau » et « Phillip« . Je trouve que ce sont les plus aboutis et ceux qui fonctionnent le mieux à mon oreille.

En général, comment ressentez-vous cet album ?
Martyn : C’est l’album le plus long et le plus violent que nous ayons sorti et surtout le plus travaillé. On n’a pas voulu faire long pour combler une galette. On est bien content que ça plaise, on a de très bons retours. Maintenant on se débrouille pour jouer tout ça en live, c’est un joyeux bazar.

Vous pensez avoir évolué par rapport à vos précédents albums ? Ou vous vous en moquez ?
Sacha : Oui, on a essayé en tout cas. On a pris en compte les remarques de nos auditeurs et spectateurs, et on a pris plus de temps dans chacune des parties de nos morceaux, on a développé chaque élément en prenant plus le temps. Parce qu’on a remarqué que ça frustrait pas mal de gens qu’on enchaîne trop vite nos idées.
Martyn : Par rapport au tout début ou on ne savait pas du tout ce qu’on allait faire des morceaux, ou peu de gens nous connaissait, je crois qu’on n’a pas changé notre manière d’écrire. On trouve toujours à faire ce qui nous éclate le plus. Évidemment on écoute les retours et on ajuste un peu comme l’a dit Sacha .

Le but de votre musique est-il de nous cramer le cerveau ?
Sacha : Oui
Martyn : Non

Des projets ? D’autres expériences ?
Sacha : Oui, des projets on en a plein. On vient de finir avec Martyn la musique originale du dernier « Trader-Caméraman » de Bapt&Gaël qui vient d’être diffusé sur Canal+. On est aussi en train de préparer le prochain album de Joe La Mouk – il va être sacrément con ! -, on est aussi en train d’enregistrer un album avec les Phebe’s, qui est un groupe de musique d’illustration à tendance 60’s – cette fois ci je serai à la flûte -. Personnellement je suis en pleine composition d’une musique contemporaine pour un ballet de la compagnie Exceedanse. Et bien plus encore !
Martyn : Après la tournée Hardcore Anal Hydrogen + Pryapisme que nous avons faite il y a quelques années, les Pryapisme sont vite devenus des copains.
Dernièrement j’ai fait les arrangements pour des morceaux du prochain album du guitariste, Nils.
Son album est totalement dingue, à surveiller ! Et d’ici l’année prochaine je vais assurer la guitare dans un groupe qui mélange de la musique baroque, électronique et métal, ça va être fun.

Des concerts de prévus ?
Sacha : Pas encore. On est en plein travail pour le live. Comme expliqué au début de cette interview, la musique de HAH est une musique de studio, ça demande donc un gros travail pour le jouer en live.
D’ici la rentré 2018, on devrait être en place.

Le mot de la fin est pour vous.
Sacha : caca
Martyn : il a raison

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