DevilDriver – Beast

Le 2 avril 2011 posté par METALPSYCHOKILLER

Line-up sur cet Album


Dez Fafara : Chant
John Boecklin : Batterie
Mike Spreitzer : Guitare
Jeff Kendrick : Guitare
John Miller : Basse

Style:

Thrash / Death

Date de sortie:

22 Février 2011

Label:

Roadrunner

Note Du Soilchroniqueur (MetalPsychoKiller) : 8,5 / 10

Bientôt dix années d’existence et maintenant autant d’opus au compteur que les cinq doigts d’une main se fermant pour vous asséner des uppercuts à gogo, DevilDriver is back ! Si la constante des albums précédents étaient de s’écarteler maladroitement dans des tracklists flirtant paradoxalement toute à la fois avec l’excellence (souvent) et une certaine platitude navrante (parfois), qu’en est-il de ce « Beast « ? La bête est elle issue d’un pet de nonne vérolée, ressemble t’elle à un chancre mou sur le bonnet d’un dindon de dandy, son gout tient il d’une dominicale poule au pot chère à Henri IV… Ou l’offrande délivrée par la bande à Dez Fafara pourrait elle entrer dans les objets rarissimes et se voir définie comme « culte » ? Autant de questions qui ont au moins l’avantage de ne pas laisser dans l’indifférence notre chétif bulbe encéphalique parmi la profusion perpétuelle de releases actuelles n’opérant sur lui qu’un effet de dégénérescence croissante. La quantité ayant succédé à la qualité, nos cages à miel laissent tout passer mais ne retiennent plus rien…Vdm !!!

Produit par Mark Lewis (All That Remains, Trivium, The Black Dahlia Murder), mixé par Andy Sneap (Megadeth, Exodus), notre Animal a été enregistré au Sonic Ranch studios à Tornillo, Texas, et autant ne pas épiloguer des lustres là-dessus. Coté Production sonore, l’affaire est plus que blindée ; elle est ciselée. Deux exemples types suffiront à vous en assurer indéfectiblement avec d’une part la double pédale détonante du sieur John Boecklin véritable bucheron en furie derrière ses fûts. Et de l’autre les artifices de riffs et soli en tous genres des duettistes guitaristes Mike Spreitzer et Geffrey Kendrick. L’artillerie lourde est donc de sortie et les orgues de Staline des californiens vont cracher le feu et la brutalité dans la continuité de leur éponyme ou du ravageur « The Fury Of Our Maker’s Hand ». Brut de décoffrage sur leur trident d’opus initiaux, les cinq de Santa Barbara paraissent avoir canalisé leur mal de vivre, -quel humour !- et décaisse un style plus affiné ; voir plus éclectique et surtout plus mélodique. Inévitablement, les aficionados historiques du combo vont donc ruer dans les brancards et crier au crime de lèse majesté. L’ombre néo Metal à la Coal Chamber cela ne vous dit rien?

Trèves de killing jokes et assez d’errances, dissertons du bois dur poudré par DevilDriver. Plus de cinquante minutes, douze titres, –quinze pour l’édition limitée à laquelle vous rajouterez « Lost », « Fortune Favors The Brave » et un Putain de « Grindfucked » en Live-, un artwork cover simple et sombre dans la lignée de leur premier offrande… On s’affirme d’emblée dans les standards à l’exergue d’une musicalité dont l’atout numéro un n’a jamais été l’originalité. N’empêche que les idées préconçues sont faites pour voler en éclat car c’est justement plutôt de coté là que viendra la –relative- surprise. Le Modern Thrash craché sur votre fragile faciès sera inexorablement buriné par de multiples embruns corrosifs rehaussés et labélisés non exhaustivement Old School, Extrême, Groove, voir même Hardcore ou Death quasi mélodique ! « Beautiful Mourning » qui arrive à concilier une parenté entre « Machine Head » et s’établir en chainon manquant avec « Are You Dead Yet ? » Des « Children Of … Pantera ». Vous avez du mal à me suivre et comprendre ? Normal, le panel délivré par DevilDriver s’est étoffé !

Car si la paire d’entame « Dead To Rights », « Bring The Fire (To The Floor)» cognera d’entrée dans le frénétique et naviguera en terrain conquis et connu, dès la quadrette suivante le fan pur et dur de nos ricains sera plus surpris. Les intros progressives simili ambiantes des « Hardened » et « Shitlist », voir arabisante pour « Talons Out (Teeth Sharpened)», risquent d’en sidérer plus d’un et donc autant lever le pied après l’entame de « You Make Me Sick ». Lâcher à nouveau les chevaux et permettre à Dez de s’époumoner tel un Corpse Paint éraillé luttant verbalement avec un Deatheux. Suivront une nouvelle atmosphère emphatique pour un corrosif « Coldblooded » et un épileptique « Blur » annonçant un assez fade « Black Game ». Coup de pompe qui sera balayé par le cover « Black Soul Choir » véritable tuerie syncopée matraquant en tous sens qui se révélera viscéralement comme un highlight de la tracklist. Devildriver clôturera sa démonstration plein pot par deux monstres d’énergie et d’efficacité, véritables concentrés pur jus de leur musicalité, la paire « Crowns Of Creation »/ « Lend Myself To The Night »…

Au final, la conclusion à accoler à cette « Beast » sera à mon sens relativement aisée à définir. Le combo d’outre Atlantique n’est plus seulement celui de coups d’éclats intermittents, -ne parlons point de gageure tel un circle Mosh Pit d’anthologie à placarder dans le Guinness-, mais est devenu une entité forçant le respect et la rémission. Fini le temps ou le meilleur côtoyait le purement dispensable au sein d’une même tracklist, notre « brute » est presque sans temps plus faibles. Plus maitrisé, plus travaillé, plus diversifié ; un album entrant sans conteste et de plein pied dans le tiercé gagnant des sorties majeures du trimestre. Seuls les fans ultimes et initiaux risquent de vociférer leurs bémols envers une évolution qui n’est point cependant une révolution. Perso je signe et me plie devant la séduction et la férocité de la Beast… Les cloches des sorcières chassant les mauvais esprits ne vont pas cesser de sonner !!!

Myspace : http://www.myspace.com/devildriver

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