par Wën | Nov 24, 2011 | Live Reports

Non content d’avoir remonté les berges du Rhône et mis à feu et à sang la capitale des gaules, il y a de cela deux ans, revoilà nos vikings d’Amon Amarth prêt à en découdre de nouveau en cette fin d’octobre. Seulement voila : erreur de navigation, échouage en règle ou simplement soif de nouvelles cibles de raids et de nouveaux butins, les envahisseurs venus du nord, en compagnie de leurs comparses coreux de As I Lay Dying, ont jeté cette fois-ci leur dévolu sur St-Etienne. Invités de quasi-dernière minute, les grecs de Septicflesh, finissent de nous convaincre et c’est donc à nous, pour changer, de sortir notre drakkar (rouge, pardi !) du garage et d’aller à leur rencontre, près à déboiter des mâchoires. A va saigner !
Soyons franc, Septicflesh est un groupe que j’adore et chaque album, chaque prestation, chaque split (sic) sont autant d’énormes claques dans ta gueule ! Si si, ami lecteur, dans ta gueule à toi. Tout cela pour dire que l’on peut être amateur et savoir rester objectif, car ce soir, la prestation des flesheux fut bof-bof ! 6 chansons, issues des deux derniers skeuds du groupe, pour une prestation très courte et pas si intense que celles auxquelles j’ai pu assister par le passé. La faute, sans doute, à cette place en ouverture, étonnante certes, mais logique puisque As I Lay Dying furent ajouté à l’affiche bien avant les grecs. Et du coup on assiste à la montée sur scène d’un groupe apparemment peu motivé et qui se contentera du minimum syndical. Pas d’approximation, Septicflesh (et notamment Fotis, le batteur) est toujours aussi incisif dans l’exécution de sa musique, les orchestrations sont bien dosées et le son plutôt bon. Non, le point noir viendra davantage de la désinvolture de Seth, le chanteur (et bassiste), ne gruntant (et pourtant, quel grunt !) que lorsqu’il le jugera nécessaire préférant les ‘are you ready to destroy this place’ et autres ‘motherfucker’ de rigueur. Ok, ça maintient un public sous pression, mais à toutes les chansons, c’est un peu trop. Du coup nous verrons les couplets de ‘Pyramid god’ passés complètement à la trappe, et puis … un refrain de la trempe de ‘Five pointed star’, sans le grunt qui va bien, ça perd tout l’impact du truc. Dommage ! Bref, c’est un Wën déçu qui vous raconte ça, et préfère rester sur les excellentes impressions laissées lors des précédentes tournées du groupe, en tête d’affiche.
Alors là, mes amis coreux vont grincer des dents. Non je ne vais pas descendre As I Lay Dying que, de toute manière, je ne connais trop peu pour un tel exercice. Non en fait, ayant fait le déplacement jusqu’à St-Etienne en touriste (pas de live-report prévu à la base), et bien … euh … nous avons préféré assister au concert, ma douce et moi, depuis ? Le bar, gagné ! Pour notre défense il faisait vraiment chaud devant la scène du Fil, et il nous fallait nous désaltérer urgemment. Donc désolé, je fais l’impasse sur AILD (la setlist est tout de même en bas de page) et on passe immédiatement à AA, les z’Amon z’Amarth !
Amon Amarth en live, c’est un peu comme un énorme steak de renne, doré à la poêle dans son jus : pour peu qu’on aime, on ne peu pas être déçu, c’est bon (puisque c’est gras), relativement bien assaisonné et on en a pour son argent. Les vikings ne lésinent en général pas sur le show. En général, car cette fois-ci, la scène est relativement dépouillée (exit le drakkar de la dernière tournée), place à la musique, alors ! Le groupe investit les planches et balance immédiatement, et sans surprise, ‘War of the gods’ le titre d’ouverture de leur dernier méfait (« Surtur Rising ») enchaîné sans pause par l’énorme ‘Runes to my memory’. Oui mon bon lecteur, ça te pourri bien la gueule comme il faut ! L’ambiance monte vite et Johan Hegg (chant), à priori surpris d’un tel accueil, ne tari pas d’éloges envers son public. Côté spectacle le groupe est fidèle à sa réputation même si les esprits les plus chagrins remarqueront que les hélicoptères-de-cheveux se font plus discrets que par le passé. Et la musique, me demanderez-vous ? La formation fait montre d’un grand professionnalisme, proposant une interprétation sans faille d’une setlist priorisant logiquement les titres des deux derniers opus studio « Surtur Rising » et « Twilight Of The Thunder God » (environ les deux tiers du show, je vous renvoie en bas de page pour vous faire une idée). Le reste ? Du classique ! ‘The poursuit of the vikings’, évidement, prolongée par un pont basse-batterie ou le public s’en donne à cœur joie. ‘Death in fire’, heureusement, toujours un carnage. ‘Asator’, gastronomiquement, car elle envoie du pathé. ‘Ride for vengeance’, étonnement, issue du tout premier album du combo. A côté de cela, n’oublions pas ces baffes moins conventionnelles avec, en tête, ‘Embrace of the endless ocean’, et son intro si mélancolique. J’en frémis à chaque fois.
Que nous reste-t-il ? Le rappel, composé de deux titres seulement, mais quels titres. C’est sous fond d’effets sonores évoquant un océan déchainé, zébré d’éclairs … nous rappelant à tous ou presque cette sombre nuit du Ragnarök, ou dieux et humains décidèrent de se mettre amicalement sur la gueule, que nous déboule en pleine tronche ‘Twilight of the thunder god’ ! Le groupe décide alors d’achever son public avec un ‘Guardians of Asgaard’ des familles, elle aussi rallongée pour faire une dernière fois s’égosiller le public. Une belle performance de ces guerriers venus du froid, qui n’est pas vraiment pour nous surprendre.
Setlist Septicflesh
• The Vampire from Nazareth
• We, the Gods
• Pyramid God
• A Great Mass of Death
• Anubis
• Five-Pointed Star
Setlist As I Lay Dying
• Within Destruction
• The Sound of Truth
• Upside Down Kingdom
• Through Struggle
• An Ocean Between Us
• Anodyne Sea
• Condemned
• Nothing Left
• Confined
• 94 Hours
Setlist Amon Amarth
• War of the Gods
• Runes to My Memory
• Destroyer of the Universe
• Live Without Regrets
• The Pursuit of Vikings
• For Victory or Death
• Varyags of Miklagaard
• Slaves of Fear
• A Beast Am I
• Ride For Vengeance
• Embrace of the Endless Ocean
• Free Will Sacrifice
• Asator
• Death in Fire
• Encore:
• Twilight of the Thunder God
• Guardians of Asgaard
par Wën | Juil 12, 2011 | Live Reports

Après la baffe reçue en 2007 ici même par Kreator, les festivaliers ne s’y tromperont pas et c’est devant un public très compact que débutera le set des rois du thrash ‘à l’allemande’. Dès l’intro instrumentale et un ‘Hordes of chaos’ qui annonce d’emblée la couleur, on se doute vite que le groupe est dans une forme olympique. Une impression qui s’avèrera être exacte, preuve à l’appui avec le ‘Warcurse’ qui s’en suit, également tiré du petit dernier « Hordes Of Chaos » (2009), qui mettra littéralement le feu au poudre. Comme à son habitude Mille Petrozza (chant-guitare) en fait des tonnes, ses discours d’introduction n’ont pas changé en 20 ans, mais le bonhomme sait haranguer une foule comme pas deux, et sans surprise le public répond à ses moindres sollicitations, comme le prouve ce bon gros mosh-pit juste avant ‘Endless pain’. De vue aérienne, comme depuis la console, le rendu s’avère pour le moins chaotique.
On poursuit avec d’autres vieilleries comme ‘Pleasure to kill’ jusqu’à la petite pause que procurera la magnifique intro de ‘Voices of the dead’, agrémentée de quelques notes supplémentaires égrainées ci et là, permettant ainsi au groupe de renouer avec son passé plus récent et l’album « Enemy Of God » en l’occurrence. La version magistrale du titre éponyme, véritable apologie du riff, mettra d’ailleurs tout le monde d’accord. Alors que le jour commence doucement à décliner sur le site de Clisson, un véritable bordel s’empare de la fosse et les slams s’enchainent prouvant que la masse de chevelu(e)s présent(e)s est loin d’être rassasiée.
Cela tombe bien car apparemment, le groupe non plus. Et voilà que le quatuor frappe dans le très lourd avec le court mais intense ‘Phobia’ dont le premier couplet est repris par une bonne partie du public. « Merci beaucoup, France ». Jusqu’à présent le montage est de très bonne facture, présentant des plans intéressants et variés entre les différents membres du groupe même si, logiquement, Mille Petrozza reste le sujet d’étude favoris des cadreurs. Ventor, derrière sa batterie se démène comme un diable et à part une caisse claire un chouilla sur-mixée, le son reste aussi de bonne facture. Fermons là cette parenthèse et laissons le groupe en finir avec les années 2000 avec l’enchainement ‘Reconquering the throne’ / ‘The patriarch’ et bien sûr, le désormais archi-classique, ‘Violent revolution’ et son final en apothéose.
Mille et sa bande ne tarderont pas à conclure les 50 minutes leur étant imparties puisque déjà, « It’s tiiiiime … to riiiiiise … the flaaaaaag … of haaaaate ! » enchaîné sans temps mort avec le très destructeur ‘Tormentor’. Plus grand-chose à dire, Kreator s’en est chargé, et à conclu à sa manière cette journée où se seront défoulés les trois pionniers du thrash allemand (avec Sodom et Destruction).
Setlist :
- Choir of the Damned (intro)
- Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite)
- Warcurse
- Endless Pain
- Pleasure to Kill
- Destroy What Destroys You
- Voices of the Dead
- Enemy of God
- Phobia
- Reconquering the Throne
- The Patriarch (instru)
- Violent Revolution
- Flag of Hate
-
Tormentor
par Wën | Juin 18, 2011 | Chroniques
Note du soilchroniqueur (Wën) : 08/10
Dalriada. Nos lecteurs passionnés de civilisations et de cultures anciennes ne sauront s’y tromper, si ce patronyme leur semble familier c’est qu’il leur évoquera cet antique royaume de Dal Riada qui jadis, s’étirait sur les bords de l’océan Atlantique, des côtes irlandaises au Nord-Ouest de l’actuelle Ecosse. Cependant, nous pourrons ranger notre science, puisque de culture et de consonances irlandaises, il n’en sera que peu question dans cette chronique (nous y reviendrons plus tard) car le Dalriada dont nous allons vous parler ici est … hongrois. Le rapport avec un tel nom ? Il semblerait qu’en vieux hongrois, ‘Dalriada’ (d’ailleurs précédemment nommé ‘Echo Of Dalriada’) signifierait ‘chant de guerre’. Avouez que pour un groupe qui revendique clairement ses origines et qui officie dans le metal-folk épique à tendance guerrière, ce nom prend toute sa signification.
Passées ces considérations, penchons-nous sur cet « Igéret » qui est, mine de rien, déjà le sixième album de cette formation formée en 1998 à Sopron. Et fraichement signé chez AFM records, Dalriada a maintenant toutes les cartes en main pour réussir à exporter sa musique hors des frontières hongroises, car cet opus s’avère être tout simplement une excellente surprise. Comment vous le décrire efficacement ?
D’abord, une remarque préliminaire, mais primordiale : surtout, surtout, ne vous attardez pas sur cet artwork floral qui, ma foi, outre le fait d’être une représentation assez maladroite de l’art pictural hongrois, ne saurait mettre en avant ni ce dernier, ni, encore moins, la musique du combo. Celui-ci tient en effet davantage d’un imaginaire et potentiel ersatz de barbie-core mâtiné d’une touche bien grassouillette de playmobil-thrash-musette que d’une pochette de folk-metal. On se croirait presque dans « Martine Va Sniffer Des Coquelicots ». Bref, une remise au point nécessaire afin de vous inviter à franchir le pas et à jeter une oreille à cette formation, qui en vaut la chandelle.
Mais permettez-moi d’avancer, essayons d’être plus constructif et passons à l’aspect musical. La recette est simple, vous allez le voir, et plutôt efficace :
– Epluchez un gros Korpiklaani pour n’en garder que certaines parties rythmiques, assez enjouées mais pas trop (‘Hajdútánc’, ‘Igéret’, ‘Kinizsi mulatsága’).
– Mélangez-y une belle gousse de Cruachan (le voilà ce petit rapport avec l’Irlande) pour le chant lead féminin accompagné de backing vocals masculins (‘Hozd el, isten’), heavy comme il faut, mais sachant autant tirer partie de belles montées dans les aigus que de lignes plus extrêmes et bienvenues.
– Ajoutez un violon typiquement balkanique, qui saura épicer le tout d’une saveur toute hongroise, bien prononcée (‘Mennyei harang’, ‘Igazi tüz’).
C’est le moment de laisser mijoter le tout à feu doux, et normalement, vous verrez la sauce monter toute seule, imprégnant votre esprit de ses parfums tous particuliers. Car le Dalriada ne saurait se limiter à ces seuls ingrédients, et c’est ça qui est bon ! D’abord qu’on ne s’y attende ou pas on ne pourra qu’être surpris par sa base foncièrement heavy que cela soit au détour de riffs bien burnés, de soli bien présents et plutôt mélodiques (‘Mennyei harang’, ‘A hadak ùtja’) ou tout simplement de parties vocales (surtout masculines) dont les intonations ne laisseront pas indifférent. A noter aussi que deux-trois passages de clavier se permettront de très légères mais intéressantes incartades dans le speed-metal (‘Mennyei harang’, ‘Leszek a csillag’) ou même l’utilisation d’un orgue Hammond (‘Hozd el, isten’).
Ce qu’il y a de bon (aussi) et qui ne pourra laisser de marbre, c’est le travail sur les chœurs (parfois jusqu’à quatre chanteurs, facilement discernables) et les secondes voix (‘Igéret’, ‘Igazi tüz’). Je dois bien me rendre à l’évidence que rarement, je n’aurai entendu un tel résultat et ce même chez des combos reconnus au panthéon du metal à tendance folklorique. A ce propos, avec les restes du gros Korpiklaani de tantôt, raclez bien la coquille et vous pourrez ainsi conserver le Jonne (séparez le du blanc) Järvelä le temps d’un bien sympathique ‘Leszek a hold’. D’ailleurs, vous l’aurez sans doute remarqué, mais la formation a décidé de s’exprimer dans sa langue maternelle afin de conserver une touche d’authenticité. Un choix judicieux tant le chant dans la langue d’Arany convient bien à l’exercice. Et même si nous pourrons y perdre le fil des textes, soyons franc, ce n’est pas pour ceux-ci que l’on écoute spécifiquement du folk-metal !
A ce stade de la chronique, vous vous douterez que Dalriada et cet « Igéret » que personne n’attendait, m’ont vraiment botté le derrière. Je vois peu de points négatifs à mentionner mis à part un léger essoufflement sur la fin, rattrapé de justesse par le duo avec le chanteur de Korpiklaani et peut-être cette introduction traditionnelle un peu longuette. Mis à par ça, c’est du tout bon et je ne peux qu’encourager les amateurs de folk-metal frais et de qualité à y jeter une oreille. En tout cas voici une alternative très intéressante et honnête en comparaison aux Kivimetsan Druidi et consorts, qui eux, n’inventent rien tout en sentant un peu le rance à l’encolure.
En tout cas, Madame, Messieurs, bienvenue dans la cour des grands !
Site officiel : http://www.dalriada.hu
Page myspace : http://www.myspace.com/dalriadaband
par Wën | Juin 4, 2011 | Chrocorico Soil, Chroniques
Note du soilchroniqueur (Wën) : 7,5/10
Malgré son patronyme et les affables cicatrices qu’il ne va indéniablement pas manquer de laisser derrière lui, ce n’est pas de Russie que nous vient Scars On Murmansk, mais bien du sud de la France, de Bayonne, plus exactement. Et de cette cité, outre son jambon, c’est sa devise, « Nunquam polluta » (jamais souillée), que nous retiendrons ici car apparemment, côté musique, les p’tits gars dont je vais vous parler ne sont assurément prêts à aucun compromis !
Avec deux ex-Hypnosis en son sein (Pierre : basse, chant et Cindy : guitare) et deux de leurs confrères de chez Silent Opera (Romain : guitare et Jon : batterie), le groupe, vous allez vous en rendre compte, malgré son unique année d’existence au compteur n’en est pas pour le moins inexpérimenté. Fourmillant d’idées et pressé d’en découdre, c’est donc à point nommé que ce dernier nous invite au voyage vers de sombres contrées désolées via ce « Travelling Through Dark Places », son premier EP.
Et parmi le large choix de destinations inhospitalières que peut habituellement vous proposer la SoilTravel Agency, c’est vers les scènes scandinaves que va nous faire bourlinguer Scars On Murmansk. Car la formule développée ici, sans fioriture aux premiers abords, n’est pas là pour faire dans la dentelle. En effet, la musique du quatuor, appuyée par de petits brûlots comme ‘My death’, nous ramènera d’emblée à la scène death-metal suédoise du début des 90’s par son apport relativement mélodique à ses sonorités old-school.
Mais, heureusement, ce n’est pas tout. Sur un titre comme ‘Buried dreams’ par exemple, en dehors d’une propension à coller des baffes, les bayonnais se plaisent aussi à entretenir le suspense, n’hésitant pas à emprunter des éléments sonores à différents styles, en témoignent ce groove typiquement français ou ces riffs plus brutaux (voire carrément techniques sur ‘Blind’), tranchant dans le vif du sujet comme autant de paires de crocs dans un bon bout de barbaque sanguinolente. Tout en conservant une approche très personnelle, le fait d’élargir ainsi son spectre musical en fait ressurgir d’autres, de spectres, à commencer par ceux d’Hypocrisy (première période) et des autres piliers suédois du genre, tout comme ceux de grosses pointures américaines (Nile, en quelques occasions). En variant intelligemment les registres (growl et scream notamment), le chant aussi, apporte efficacement sa contribution à cet édifice consciencieusement bétonné. Quant aux soli, bien ficelés, ils ne font pas dans le déballage gratuit, mais boostent réellement les morceaux.
Mais, pour ma part, l’élément qui ressort le plus de cet EP et par conséquent de la musique de Scars On Murmansk, concerne cette façon, non pas unique mais néanmoins enrichissante, de mâtiner ses bons riffs death old-school d’accents typiquement black-metal. J’entends par là, ces accords dissonants qui nous débusquent dès l’intro de ‘Through dark places’ et qui, pour ainsi dire, n’auront de cesse de nous poursuivre, de nous hanter, durant les 25 minutes de cet EP et ce jusqu’à l’apothéose de ‘Dark new messiah’. Alliés à la précision chirurgicale du death, ces relents black, contribuent ainsi grandement à développer une atmosphère malsaine voir même viciée par moment.
Aidés par une production rauque et brute, pas exceptionnelle mais idéale (nous ramenant directement aux standards de l’époque), ces éléments, couplés à une alternance de breaks impromptus et de revirements musicaux, feront naître chez l’auditeur une tension palpable, le tenant ainsi en haleine durant les cinq titres que nous propose la formation. Et pour un premier jet, force est de constater que Scars On Murmansk se démerde plutôt bien, nous livrant un premier né élevé aux hormones et déjà plutôt bien torché.
Page Myspace : http://www.myspace.com/scarsonmurmansk
par Wën | Mai 29, 2011 | Live Reports

Compte rendu Septicflesh VS Wën : Acte 2 !
En préambule … Avant d’écrire ce report pour la seconde fois (je vous passerai les détails, j’ai honte), je disais que cela faisait un petit bout de temps que je n’avais pas assisté à un concert digne de ce nom (le dernier devant nous ramener à Helloween, en début d’année). Hors, en grand amateur de la scène grecque des années 90 et par extension de Septicflesh (ou bien est-ce l’inverse ?) je me devais d’être au Marché Gare en ce dimanche pluvieux pour cette date organisée par MyReferencEvents.
Une interview de Christos Antoniou (Septicflesh) et de Sakis (W.E.B) en poche et un demi à la main, nous voila devant la scène flanquée de deux oriflammes à l’effigie du tout récent premier album de Valet Parn. Et c’est un combo tout jeunot, ne devant qu’à peine dépasser la vingtaine, qui va prendre possession des planches. Sa musique, un hybride de metalcore empruntant autant à Arch Enemy et à Edguy qu’à Innactive Messiah, est plutôt bien ficelée, mais en raison d’un chanteur à la ramasse et faux durant la quasi-intégralité de la prestation, les sourcils n’auront de cesse de se froncer parmi l’assistance et il sera bien dur de juger convenablement du potentiel du groupe. Les autres musiciens auront beau se démener, c’est hélas ce que nous retiendrons, couplé à une présence scénique pas folichonne non plus, de cette ouverture de soirée bien mitigée.

Avec W.E.B qui prend le relai, l’ambiance va en revanche s’élever d’un cran. Avec deux albums en poche et quelques tournées européennes à leur actif (notamment en ouverture d’Orphaned Land et de Septicflesh), le show des athéniens est déjà mieux rodé et plus professionnel. Sakis, son guitariste-chanteur de frontman ? en impose déjà plus et n’hésitera pas à mettre la main à la pâte, ponctuant les chansons de ‘merci beaucoup’ et autres ‘ca va ?’ de rigueur, afin de remuer le public qui émergera progressivement de sa torpeur. On perçoit les influences du combo et l’ombre de Rotting Christ viendra plus d’une fois étendre ses longues ailes au dessus de la scène. Cependant, si j’avais un bémol à émettre suite à cette découverte live, celui-ci concernerait les compositions qui ont par moment tendance à se perdre un peu en chemin par l’adjonction de passages plus atmosphériques nuisant à la cohésion de l’ensemble. Sinon, pas grand-chose à redire.


Le Marché Gare commence doucement à se transformer en chaudron, mais on s’en fout, on enchaîne, avec les black-metalleux de Svart Crown. Malgré le buzz qui entoure les niçois depuis la sortie de leur dernier album (« Witnessing The Fall »), j’avouerai être passé à côté du phénomène et ne réellement découvrir le groupe que lors de ce set. Mais mine de rien, en live, ça envoie le pâté bien comme il faut et le public, sous les exhortations du chanteur (« On veut du sang sur les murs, cette fosse sera votre tombeau ! ») ne manquera pas de répondant, commençant à foutre un ‘joyeux’ bordel en contrebas. Sur une scène dépouillée et austère, seulement flanquée d’un énorme backdrop reprenant le sordide logo de la formation, le set qui s’y déroule est, lui, haut en couleur. Les lights et le son sont aux petits oignons permettant pleinement au black-metal plutôt mélodique mais toujours dissonant du groupe, non dénué de quelques relents death-metal, de trouver un point d’ancrage solide avant de nous le foutre dans la gueule, son poing. Rien à redire sur la prestation de ces gars là, Svart Crown est une machine de guerre parfaitement rodée.



Après la sombre couronne garnie d’épines, voici le clou de la soirée, les grecs de Septicflesh ! Suite à la baffe monumentale reçue à Dijon en 2009, j’attendais ce moment avec impatience et avec le grandiose « The Great Mass » réaffirmant son style tout en redéfinissant un genre, Septicflesh ne pouvait pas décevoir … et ne décevra pas. Apparaissant un à un et s’emparant de leurs instruments respectifs, ces gladiateurs des temps modernes ne tarderont pas à mettre le feu à l’arène avec ‘The vampire from Nazareth’, sitôt que les samples d’introduction auront terminés leur office, rapidement enchainé avec l’archi-puissant ‘Communion’, aussi dévastateur que fédérateur. Le son est énorme et permet d’apprécier à leur juste valeur les orchestrations sans pour autant couvrir les parties de guitares plus bourrines. On revient rapidement sur le nouvel album, le temps d’un ‘Great mass of death‘ et mis à part le chant (clair) de Sotiris samplé (le bonhomme étant malheureusement absent des tournées du groupe), toutes les subtilités en sont fidèlement reproduites et force est de constater que ces récentes compositions sont taillées pour le live. Les grecs l’ont bien compris et leur setlist sera essentiellement axée sur leurs deux dernières réalisations avec pas moins de 10 morceaux sur 14 ! Comme nous l’expliquait Christos en interview, le groupe ne renie pas pour autant son passé, preuve à l’appui avec les deux titres suivants issus de l’écrasant « Sumerian Daemons » (2003), ca bucheronne sec, quoique que j’émettrais un bémol pour la version de ‘Virtues of the Beast‘, plus lente qu’à l’accoutumée et manquant un peu de caractère.
Comme de coutume, Siro Anton (chant, basse), s’impose naturellement en maître de cette cérémonie impie, distillant à ses fidèles, de son phrasé unique et par une gestuelle appropriée, ses funestes oraisons. Un peu plus en retrait derrière ses futs, Fotis (batterie) fait néanmoins preuve d’une réelle présence par la qualité et la précision de son jeu : d’un passage en blast beats à un break orchestral, rien ne dépasse, c’est propre et net comme un coup de tondeuse sur un cul de babouin ! Suite à un poignant ‘Ocean of grey’, le groupe reviendra sur des albums plus anciens, notamment « Revolution DNA » (1999) avec ‘DNA’ mais surtout « Esoptron » (1995) avec le titre éponyme. Un grand moment pour les fans de la première heure, précédant l’ultime et épique ‘Persepolis’, a priori très attendu, et son désormais inévitable ‘wall of death’ imposé par le charismatique leader de la formation. Le rappel, court mais intense, sera constitué du désormais classique ‘Anubis’ et d’un ‘Five-pointed star‘, du même acabit, qui clôturera à merveille cet excellent set mais que l’on aurait aimé plus consistant (2-3 morceaux supplémentaires n’auraient pas été de refus). Ceci-dit, Septicflesh a encore botté des culs et ce soir, ce ne sont pas ces fameux babouins qui auront le plus rouge !




Setlist Septicflesh :
01. The vampire from Nazareth
02. Communion
03. The great mass of death
04. Virtues of the Beast
05. Unbeliever
06. Pyramid god
07. Lovecraft’s death
08. Oceans of grey
09. DNA
10. We, the gods
11. Esoptron
12. Persepolis
—
13. Anubis
14. Five-pointed star