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Texte : Lusaimoi

Photos : Metalfreak

Faire venir pour un même soir Nightmare, Agressor et M-Pire of Evil dans une commune de même pas 6000 habitants, c’est pas courant. L’OMC l’a fait, avec sa sixième édition du Forum Fest. Une affiche qui fait envie – surtout qu’elle accueillait aussi l’unique concert d’Argile –, une salle dont j’avais déjà pu voir les capacités volumiques et sonores, et une orga qui fait le tout par passion et par plaisir, tout était réuni pour passer une bonne soirée.
Et pourtant…
En fait, et pourtant rien, on a vraiment passé une bonne soirée, « bonne », c’est même un trop petit adjectif pour la qualifier. Mais commençons par, comme le veut la logique, le commencement.

 

Après une route sous une pluie qui ne voulait pas s’arrêter, on arrive, avec Metalfreak, sur le parking qui semblait pas mal rempli de loin. Ce n’était que de loin, dommage – enfin, c’est plus cool pour trouver une place, ça l’est moins pour une soirée qui méritait d’ameuter –, même si déjà pas mal de monde est présent à l’entrée, et si la salle se remplira plus par la suite.
L’ouverture des portes se fait à 18H30, il est 35-40, environ – on a mis plus de temps que prévu pour arriver, satanée pluie –, et déjà, sur le chemin entre la voiture et l’entrée, on entend une musique nous parvenir. Rien de Metal cependant. On réfléchit, et oui ! C’est vrai que la présence de Attila & les Huns, II, III, IV avait été annoncée quelques jours plus tôt.

Alors en fait, Attila & les Huns, II, III, IV, c’est une fanfare Metal composée de personnes de toutes aussi diverses et variées. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des costumés, des pas costumés, des avec des T-shirts d’Iron Maiden ou Machine Head. Tout ! Mais qu’est-ce qu’une fanfare Metal ? Et bien tout simplement, c’est une fanfare reprenant des titres de Metal.  Attila & les Huns, II, III, IV était présent dans le hall d’entrée, de quoi nous faire patienter et chauffer l’ambiance le temps qu’on montre nos invitations à la billetterie. L’attente est rapide, tout est bien huilé, mais on reste quand même dans l’entrée, pour rejoindre la foule qui s’y est agglutinée. Faut dire que le mélange des genre fonctionne vraiment pas mal. Et malgré l’absence de jeux de lumières et de scène surélevée, c’est avec attention que l’on assiste à l’enchaînement des divers titres. Surtout que les membres prennent un plaisir évident. Ça bougeotte, ça se déplace. Bref, ça passe vraiment bien. Une belle mise en bouche, qui nous a aussi permis de retrouver quelques connaissances, et qui se termine sur « Killing  in the Name », de RATM.

Du coup, on entre dans la salle et là, ce n’est pas une, mais deux scènes qui nous accueillent. Une de chaque côté de la salle. Et ça a une explication très simple. En fait, quand un groupe joue sur une scène, le suivant se prépare sur la seconde. Une organisation qui a des qualités et des défauts. Ce qui est bien, c’est qu’entre les groupes, on n’attend pas. Ce qui l’est moins, c’est qu’entre les groupes, on n’attend pas.
J’explique. Si parfois, le temps d’installation peut être long, surtout quand certains veulent faire monter la pression, ça permet aussi de libérer un peu de place sur la carte mémoire en effaçant les photos ratées, de discuter un peu de ce qu’on vient de – ou de ce qu’on va – voir, de sortir prendre l’air et de faire prendre une petite pause à nos oreilles.
Mais ce choix se justifie par le nombre de groupes présents ce soir-là : neuf, en comptant Atilla. Dont chacun ou presque joue environ une heure. Soit sept heures de musique non-stop.
Néanmoins, c’est ce qu’on peut considérer comme le seul défaut de cette soirée, par ailleurs réussie de bout en bout. Un son tout bonnement génial, qu’on soit en bord de scène ou plus loin dans la salle, des lights cette fois vraiment bonnes, avec un soin particulier apporté à celles de la seconde scène, et une fucking programmation !

Et ça commence par Gut-Scrapers, un groupe de Nîmes, formé en 2008, et qui nous a sorti son premier album il y a six mois (chroniqué ici ). Un groupe jeune, donc, pour du bon vieux Hard Rock des familles. Le genre de truc qui met tout de suite dans l’ambiance, surtout qu’on était pas mal échauffés par Attila. Le set est carré et les gars se font vraiment plaisir. Ça pose, ça joue, ça s’amuse, bref, s’est super cool, quoi !


Ouais, du bon vieux Hard Rock. Un truc parfait pour commencer la soirée. Un genre qui ne changera pas le visage de la musique, mais dont ce n’est de toute façon absolument pas le but. Le but, c’est de nous faire bouger le popotin. Et par des titres à la fois dynamiques et bien mélo, ils y parviennent. Petit à petit, on se met à se détendre et à bouger de la tête. Une musique parfaite pour commencer la soirée, taillée pour le live. Le salle n’est pas encore remplie, mais le public est déjà bien attentif. Il répondra même bien présent lorsque Thierry Pitarch, le chanteur, leur demandera de s’approcher en bord de scène pour le dernier titre.

C’est ainsi que le premier set se finit, on a juste le temps de traverser la salle pour rejoindre l’autre scène, et Gnô démarre.


Alors Gnô, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Un truc présenté comme du Rock Metal Pop. Ce nom ne me disait rien, mais celui de Christophe Godin avait de quoi attirer. Le trio démarre rapidement, et je dois dire que c’est l’un des groupes qui m’a le plus impressionné ce soir. Déjà, le mélange entre les trois genres fonctionne à merveille, ça nous fait une musique complètement barrée, riche, mais pas trop complexe pour les oreilles non plus, grâce notamment aux refrains Pop à la musicalité immédiate. Ça donne un truc détonnant, qui nous emporte dès le premier titre. Je crois que si je n’avais pas eu à prendre des photos, je serais resté planté à les regarder, la bouche pendante.
Godin et son collègue, Gaby Vegh à la basse, sont des putains de showmen, des bêtes de scène, blaguant avec le public – cf. l’intro du très funky « The Doll » –, s’éclatant vraiment sur scène. Et Peter Puke, batterie, bien que sa position soit plus éloignée, n’est pas en reste. Et puis en plus, c’est allié à un jeu absolument fabuleux. Non, mais le gars peut nous pondre des soli de taré comme moi je mange des cacahuètes. Et en plus d’être des trucs de virtuose, ça n’est pas que technique et s’intègre parfaitement au service de la musique. Bref, un truc au groove immédiat, purement jouissif, technique, barré et original. Rien que ça.

Un rapide retour à la première scène pour assister au show de Swodd. Les sudistes et leur Steamcore est le seul groupe que j’ai déjà vu sur scène. J’ai aussi chroniqué leur premier CD (juste là), que j’avais bien aimé, du coup, ça me mettait dans de bonnes conditions pour les revoir. Et ce soir n’aura pas démenti. Malgré le fait que leur bassiste a quitté le groupe quelques semaines plus tôt, et qu’il a donc dû être remplacé par des samples pour cette soirée, les quatre restants investissent bien les planches, d’autant plus que, cette fois, Mr Abate joue debout – il avait dû être blessé la fois précédente. L’expérience des deux gratteux, dans Your Shapeless Beauty, se voit dans leur jeu scénique autant que dans leur doigté, même si quelques couacs lors d’un solo se fait ressentir.


Quant au chanteur, Mr Matt, lui aussi se balade avec aisance sur scène, marquant quelques interactions avec le public, balançant avec la petite blague sa « chanson d’amour »…
Il y a bien sûr moins de folie, ici, que chez leurs prédécesseurs, mais c’est quand même un jeune groupe, qui montre une belle assurance.
C’était difficile de passer entre les impressionnants Gnô et Argile, mais Swodd s’en est plutôt pas mal tiré.

Et Argile, justement, c’est pour eux un soir un peu spécial. Car si le groupe, side-project des membres de Misanthrope – eux-mêmes venus se produire dans l’édition précédente du fest – existe depuis 1997, il ne s’est jamais produit sur scène. À vrai dire, ce soir est même leur unique concert, le premier ET le dernier. Pour le coup, Anthony Scemama est venu compléter le line-up – à la seconde guitare –, avec sa sœur, Olivia – basse –, qui n’en est pas à son coup d’essai, si on en croit ses différentes participations à divers projets.


Argile, c’est d’abord une ambiance. Dès l’intro, « Requiem Aeternitas », une atmosphère, s’instaurant aussi par des lights plus sombres, s’insinue dans toute la salle, passant entre les membres du public pour mieux les emporter. L’arrivée de S.A.S de l’Argilière marque. Son masque et son costume impressionnent, sa présence se pose là, sans qu’il fasse pourtant rien d’extraordinaire. Il se déplace, va d’un coin à l’autre de la scène, prend quelques pauses, et pourtant…
Les autres font preuve d’un jeu de scène plus classique, mais toujours aussi efficace, et contrastant parfaitement bien avec le leader plus posé. Mention spéciale à la nouvelle bassiste, seule non-Misanthrope, dont le jeu charismatique attire les regard.


La musique d’Argile n’est pas aisément assimilable, leur Doom/Death d’avant garde est complexe, et c’est peut-être ce qui a justifié leur absence scénique durant toutes ces années, pourtant, sa mise en live a été réussie.

Après Argile, c’est à un seconde groupe de l’OMC, Syrinx, de fouler les planches du Forum. Le groupe le plus violent de la soirée, puisque, pour avoir chroniqué leurs deux albums (ici et ) , je peux le dire : leur Deathcore envoie savamment le pâté.


Le set démarre sans s’encombrer d’intro, c’est vif, c’est brutal. Pourtant, rapidement, quelque chose cloche. On se rend vite compte que le batteur est absent. Chose qui sera expliquée dès que le groupe prendra la parole, blaguant à ce sujet. Medhi Ghiani s’étant blessé, il n’a pu venir. Malgré cet empêchement, le groupe tenu à être présent, ce qui est tout à leur honneur. Et, comme pour Swodd et sa basse, ce sera des samples qui remplaceront la batterie.
Et c’est un peu ce qui entachera ce set. Si leur prestation est sans faute, j’ai l’impression que ces samples étaient vraiment, vraiment mis en avant. On entendait le reste, mais la batterie, qui martèle vraiment pas mal, prend le pas sur le reste. Du coup, si la musique semble encore plus violente qu’en studio, elle perd ici pas mal de ses subtilités, pourtant bien présentes.


Cet absence aura aussi pour effet de laisser un léger trou dans la scène. Peut-être aurait-il fallu rapprocher les micros pour palier à tout ça.
C’est vraiment dommage, parce que pour le reste, c’était du tout bon. Syrinx, pour peu qu’on aime le style, est vraiment un groupe à connaître – en particulier leur dernier album –, et à revoir, au complet.

C’est à M-Pire of Evil, qu’incombe la tâche de commencer la danse des têtes d’affiche. Et faut dire qu’ils ont placé la barre bien haute. Déjà la foule se fait plus compacte et massive – c’en était même un peu plus difficile pour les photos. Une belle chose qu’ils aient un vrai public pour les accueillir, même si leur déplacement aurait dû ameuter encore plus de monde. Et puis, faut dire aussi que le groupe rassemble deux ex-Venom, dont Mantas, le formateur de ce groupe sacrément culte. Alors la scène ça les connaît. Ils sont faits pour ça et dégagent une énergie phénoménale. La scène est grande, ils ne sont que trois, mais ils se l’accaparent comme personne. La foule prend un sacré pied à les voir et les écouter, et eux le leur rendent bien. Leur plaisir est ultra communicatif. Même en ne connaissant pas leurs titres, on est directement emporté par leur Thrash virulent aux accents tubesques.
Malgré le fait que ce soit le seul groupe étranger, ce soir-là, la communication avec l’assemblée se fait sans aucun soucis.


Malheureusement, vient assez vite le moment d’annoncer le dernier morceau. Et heureusement, celui-ci sera suivi par des rappels, des rappels et des rappels. Tant que je me suis mis à douter d’avoir bien entendu l’annonce du dernier morceau. Mantas, même, demande la permission à l’orga pour un tout dernier. Permission qui lui sera accordée avec plaisir, autant pour l’OMC, qui a quand même fait venir ce groupe dans une si petite ville, que pour le public, conquis.

À peine remis de ce set, on se tourne maintenant vers un Agressor qui porte bien son nom. Après M-Pire of Evil, c’est quand même un autre groupe culte, qui vient fouler les planches du Forum. La première formation française à avoir signé chez un label international. Pas Joe le Clodo, quoi ! Là aussi, le set se passe dans la violence, mais plus posé que celui de M-Pire of Evil et plus ambiancé que celui de Syrinx.


Il commence à se faire tard, pourtant, on ne peut que rester attentif à ce show, à la fois intense, et tout en simplicité. Simplicité et efficacité. Tout est ultra carré, sans pour autant brider la place de l’improvisation scénique, les musiciens sont vraiment bons. Une grosse, grosse mention spéciale aux deux Kevin, les nouveaux membres du groupe – et dont le prénom identique provoquera une confusion marrante lors de leur présentation. Ce batteur et ce guitariste nous livrent une prestation qui nous fait carrément oublier que leur venue dans le groupe date de… seulement dix jours ! Deux solutions, soit ils ont joué en playback, soit ils sont vraiment doués et ont bossé à mort. Personnellement, j’aurais plus tendance à me pencher vers la seconde…
Bref, un set digne du nom du groupe.

Il est 0H30, lorsque Nightmare débute son show. La fatigue commence à se faire sentir, faut dire qu’on s’est pris déjà six heures de musique non-stop. Mais, après les dernières minutes de balances, le groupe monte sur scène et parvient sans peine à nous faire oublier notre fatigue, même s’il nous le fait régulièrement remarquer, nous balançant des vannes à ce sujet.


Les musicos, incroyablement à l’aise avec leurs instruments, le sont aussi tout particulièrement bien avec la scène. L’entente se fait aussi bien entre eux, qu’avec le public qui, même si les rangs se sont un peu éclaircis depuis M-Pire of Evil, reste vraiment réceptif. Et puis, que dire de Jo Amore, dont le timbre de voix, aussi bon que sur CD, aura même impressionné Tony Dolan, qui nous en reparlera après le concert, le comparant à Ronnie James Dio.
Que dire de plus ? Sinon que dix titres, et une bonne petite heure plus tard, le groupe nous annonce sa dernière chanson. C’est sans compter sur l’assemblée, qui, bien que crevée, leur redemandera un bonus. On a d’ailleurs failli avoir en exclu un titre de leur prochain album, mais c’est finalement une reprise, « qui n’a pas été jouée depuis un moment », et que pourtant Nightmare nous joue sans difficulté (« Holy diver » de… Dio).

Il est maintenant 1H30. Le festival avait commencé à 18H30, sept heures d’une vraie sorte d’orgie musicale. On est fatigué et pourtant on reste un bon moment, l’ambiance de fin de concert reste toujours aussi bonne, on retrouve les potes pour causer et on fait des rencontres. Et puis, en plus, quand on se fait inviter pour un after par Demolition Man, on ne refuse pas. L’occasion de bonnes discussions. Un gars vraiment sympa, humble et drôle, malgré, quand même, son statut de légende.


Je ne suis pas du genre à m’épancher dans les remerciements de fin de live reports. Je trouve ça lèche-cul, surtout quand c’est mal amené. Pourtant, là, je ne peux m’empêcher le faire, parce que Chris et l’OMC se sont vraiment décarcassés pour nous offrir une affiche absolument fantastique, à la fois généreuse et qualitative, le tout dans des conditions sonores et lumineuses vraiment géniales. Un truc vraiment pro, pour une association pourtant bénévole. Et si la salle n’était pas vide, ils auraient mérité une audience encore plus forte.
Dommage, vraiment dommage que cette sixième édition du Forum Fest soit aussi la dernière.

 

 

(NdMetalfreak : on notera sur cette photo tout le professionnalisme de Lusaimoi qui, pendant Nightmare, pensait déjà très fort au live report qu’il allait écrire… Bravo Lulu)

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1 Commentaire sur “Forum Fest – 6e édition – Laudun L’ardoise (1er février 2014)”

  1. pingback pingback:
    Posté: 20th Sep 2015 vers 17 h 25 min
    1
    Sylak 2015 – Jour 3 | Soil Chronicles

    […] première prestation d’Argile – side-project d’une bonne partie des membres du groupe – au Forum Fest de Laudun, je peux le dire : ces gars-là assurent sur scène. En particulier SAS de l’Argilière, au […]

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