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Apocalyptica

Le 17 juillet 2015 posté par Bloodybarbie

Intervieweuse : Bloodybarbie

Interviewé : Eicca Toppine

A l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Shadowmaker », nous avons eu l’honneur d’interviewer Eicca Toppine, un des violoncellistes du célèbre groupe de ‘métal’ atypique, Apocalyptica, lors d’une journée promo à Paris.


Chronique de l’album : http://www.soilchronicles.fr/chroniques/apocalyptica-shadowmaker

Pour ce nouvel album, vous avez un seul et unique vocaliste, ce qui n’est pas commun pour vous. Pourquoi ce choix ?

Le problème se posait lorsqu’on avait différents invités lors des tournées, on ne pouvait pas se permettre de les prendre tous avec nous parce que ça coûte cher. Il y a toujours eu un chanteur pour les remplacer tous. Lorsqu’on a fini cette tournée, on a mis du temps pour avoir le budget nécessaire. Et à notre retour, nous avons réfléchi sur le style d’album et de musique qu’on voulait faire. On a commencé par écrire des lignes vocales, ensuite il a fallu qu’on trouve un excellent chanteur pour les assurer toutes et qui accepte de partir en tournée avec nous. C’est génial de travailler avec différents artistes mais c’est très contraignant !

On ne voulait pas non plus gérer les milliers de démos qu’on nous envoyait, donc on a fait appel à une société aux USA qui s’est chargée de nous faire une sélection restreinte et elle nous a suggéré une vingtaine de chanteurs. Parmi ces vingt, on en a sélectionné cinq à qui on a demandé d’enregistrer leur version de « I’m Not Jesus ». Il nous était difficile de juger sur cette base car ils se retrouvaient tous à imiter le chant dans ce morceau, mais on a fini par en retenir trois. Pour trancher définitivement, on leur a demandé de faire une démo sur le refrain de « Hole In My Soul », du nouvel album, pour entendre leur voix à l’état pur sans aucun effet. La performance de Francky Perez était incroyable et unique, notre choix s’est vite porté sur lui.

On s’était déjà croisé puisqu’il jouait dans un autre groupe sur une date commune, on est vraiment chanceux de l’avoir, c’est un excellent chanteur. Généralement ces gens-là ont un planning de dingue et sont réservés longtemps à l’avance, sans compter qu’ils chantent dans plusieurs groupes ou en carrière solo… Pour ce qui est de Francky, il a plusieurs projets et concerts à assurer mais rien de permanent qui le retienne, donc il pourra partir avec nous en tournée.

 

Combien de temps avez-vous mis avant de trouver Le bon chanteur ?

On a pris la décision de sortir cet album juste après le Wagner Reloaded. Francky a rejoint le groupe en juillet dernier, c’était facile ! On s’est rencontré à Toronto pour faire quelques essais.

Quand avez-vous commencé à écrire « Shadowmaker » ?

J’ai commencé à écrire l’album en octobre 2013, après le Wagner Reloaded, puis on a fait une pause pour le sortir. Ensuite on était en tournée promo du WR en Europe pendant un mois et j’ai pris quelques vacances en décembre, ce qui a retardé le processus. J’avais beaucoup d’idées de compositions mais pas le temps. J’ai donc enregistré toutes ces idées, qui d’ailleurs me viennent assez facilement.

 

C’est donc toi qui t’occupes des compositions ?

Pas de tout. Par exemple, il y a deux chansons de Perttu, le reste est écrit par moi. Bien sûr quand je finis de composer, je présente mes morceaux au groupe et on commence à jouer.

J’ai été très productif l’année dernière mais le plus difficile reste les répétitions collectives pour les améliorer. Cette fois, on voulait vraiment faire un enregistrement de groupe, on n’avait pas de contrat et donc on était complètement libre, personne derrière notre dos pour nous dire ce qu’on a à faire. Avant de prendre Franky, on avait une idée claire de la voix, de l’énergie et du style de morceaux qu’on cherchait pour cet album. On savait qui on voulait comme producteur et ingé son. Francky avait très bien saisi tous nos souhaits et nous a même apporter un coup de boost et une motivation en plus. C’était notre source d’inspiration et notre fil conducteur : « Allez, soyez fous, lâchez-vous  » nous répétait-il ! On a même eu un slogan pour cet album « Be Brave » !

 

Est-ce que Francky a écrit quelques textes dans cet album ?

Oui, il y a deux morceaux qui étaient censés être instrumentux mais on a fini par intégrer le chant. Il a écrit une partie de « Dead Man’s Eyes » et a fait des suggestions pour « Hole In My Soul ». C’est complètement différent que d’avoir des guests, être à cinq et composer tous ensemble, c’est un autre mode de vie du groupe qu’on a exploité à fond cette fois-ci. Tout le secret est dans la puissance de ce travail d’équipe en salle de répète et ça influe beaucoup sur notre façon de jouer et de composer. C’est intense et organique !

Avez-vous commencé par la batterie ?

Oui ! Nous sommes allés à Nashville pour l’enregistrer pendant un week-end afin d’être sûr que les arrangements soient parfaits ! Je pense qu’on n’a jamais été aussi bien préparé en studio que pour cet album.

 

Comment composes-tu au violoncelle ?

Je n’ai pas une seule façon de composer. A vrai dire, j’ai changé ma méthode de composition grâce à Max Martin. Maintenant je compose en fredonnant des mélodies, ensuite je les matérialise sur un instrument comme le piano. Certes, je ne suis pas pianiste mais je peux composer au piano, je confirme, c’est assez paradoxal ! J’utilise également la guitare pour l’écriture. Honnêtement, pour composer, le violoncelle est un instrument ennuyeux. Le fait que vous puissiez jouer deux cordes en même temps ne vous permet pas de sortir un refrain correct. Deux notes ne donnent pas naissance à quelque chose de créatif ! A la guitare, vous pouvez avoir quatre ou cinq et au piano autant de notes que vous avez de doigts. Aussi, l’écriture dépend fortement de votre humeur et inspiration du moment. C’est pour ça que je n’utilise pas le violoncelle pour composer. Et enfin, les mélodies se construisent et prennent forme lorsque je les joue au violoncelle.

 

Sais-tu également manier la guitare ?

Oui, je sais en jouer mais à ma façon ! Je ne connais pas toutes les cordes et accords (rire). Je suis également batteur dans un autre groupe.

 

Peux-tu nous en dire plus ?

Oui, on a sorti un album l’année dernière, je ne joue pas aussi bien que Mikko mais je me débrouille bien. Le guitariste de ce groupe se moque toujours de ma façon de composer à l’aide de la guitare car j’en joue comme je joue du violoncelle, en l’accordant de façon à ce qu’elles sonnent à l’identique (rire) : comme de la merde.

 

A quel âge as-tu débuté le violoncelle ?

A 9 ans et c’était déjà très tard !

 

C’est la musique classique qui t’a motivé pour choisir cet instrument ?

Non pas vraiment, j’étais plus intéressé par l’instrument lui-même. Mes deux sœurs jouaient du piano et du violon, je voulais donc également jouer d’un instrument. La musique est quelque chose d’abstrait ! J’ai commencé à m’intéresser aux classiques du Métal à 13 ans en commençant par Metallica ! Avant, je n’avais pas d’argent pour m’acheter des CD donc j’écoutais ce que mes sœurs écoutaient, comme Mickael Jackson. J’étais aussi un grand fan de Hendrix, Billy Idol et Duran Duran. Je continue à écouter ces groupes, ce n’est jamais démodé !

Je suis une mixture de Métal de musique classique ! Je pense que c’est pour cela qu’Apocalyptica continue à exister et est ce qu’il est : des instruments de musique classique qui font du Métal !

 

Penses-tu un jour intégrer une vraie guitare, du piano ou un autre instrument dans Apocalyptica ?

En fait, en écoutant différents types de musique, ça influence ce qu’on joue. Pour « White Light » par exemple, j’ai voulu un instrument catchy et une structure différente qui ne soit pas une copie de ce qu’on a déjà fait. J’ai toujours admiré la musique transe dans l’électro, cette façon de faire quelque chose de simple et hooky. C’est pour ça que j’ai voulu mettre une touche techno dans ce morceau. C’est Mikko qui a programmé la batterie dans « While Light » tel un DJ de transe qui construit sa musique à base de beats et breakdawns ! Il est fou dans ce genre de choses ! J’adore la techno et la transe.
Je pense que c’est intéressant, car vous pouvez créer des musiques que vous n’avez jamais entendues. Je pense que je n’ai jamais écouté un truc semblable à « Hell Rickers » et c’est ça qui est génial : créer quelque chose d’unique en son genre ! Ce n’est pas se forcer à être différent, mais parfois ça arrive naturellement. On n’est pas contre les intrusions musicales !

 

Que représente l’artwork de cet album ?

C’est du lourd ! Ce que j’entends par « Shadowmaker » ce sont les gens qui absorbent l’énergie des autres et leur font de l’ombre. Ce sont des énergies négatives, des conservateurs comme certains politiciens et d’autres gens radicaux. Ils veulent que tout fonctionne comme ils le souhaitent et que tout le monde pensent comme eux. Ils vous imposent votre façon d’être, de vous comporter et sont contre tout, ils sont racistes, homophobes. Ils veulent absolument tout contrôler et décider pour vous. Ce sont les plus grands « Shadowmakers » et plus dangereux ! Les paroles ne sont pas directement politiques mais concernent plutôt la répartition de pouvoir entre les gens comme celles de « House Of Chains ».

La pochette est assez agressive je pense, si vous avez vu la booklet en entier, vous remarquerez ce côté ‘Evil’ au dos du CD,  où nous sommes déguisés et entièrement habillés en noir.

On vit dans un monde où les gens se voilent la face. C’est une corporation, vous ne savez pas qui ils sont vraiment, car on ne sait jamais qui est derrière tous ces politiciens qui nous contrôlent. Ils peuvent nous détruire, détruire une nation complète même ! Comme au Nigeria, ils pompent leur pétrole et détruisent tout ce qu’il y a autour sans contrepartie et tout le monde s’en fout ! Voilà un exemple de « Shadowmakers ». La situation en Syrie, Ukraine ou en Russie… et tous les problèmes actuels dans le monde sont d’autres exemples, même en Finlande mais personne n’est au courant. Ce qu’il s’est passé à Paris, l’histoire de Charlie Hebdo est juste horrible ! Ces gens ont surtout pour but de semer la terreur dans le pays et entre les gens au quotidien.

 

Ressentez-vous ce genre de choses en Finlande ?

Oui car les médias le booste davantage ! On a des élections parlementaires bientôt et bien évidement il y a des gens stupides qui sont contre l’émigration parce qu’ils croient que le pays est en situation critique à cause d’une population de musulmans en Finlande, d’ailleurs on le voit dans les aéroports, ce sont les premiers à se faire contrôler dans tous les sens.

Je pense que le thème de « Shadowmaker » est d’actualité et pour nous il représente notre combat contre ces Shadowmakers.

 

Avez-vous des side-projects ?

Avec Perttu, on va composer un opéra pour l’opéra national finlandais.

 

C’est la première fois que participez à un tel projet ?

Oui, on a pratiquement fini de le composer en son intégralité. On a écrit deux heures d’opéra en cinq semaines, c’était intense et très épuisant. C’est de l’opéra traditionnel, pas de guitare ni de batterie. De l’opéra contemporain très mélodique !

On a les belles mélodies c’est qu’on a essayé de faire pour cet opéra c’est très différent de toutes les compositions qu’on avait l’habitude de faire. Après cela, je vais me mettre sérieusement à composer avec mon autre groupe Sirens and The Vipers dans lequel je suis batteur. On a juste un album et on a besoin d’un deuxième !

 

Comment vois-tu Apocalyptica du début jusqu’à maintenant ?

C’est un voyage incroyablement génial qui poursuit sa route. Le plus impressionnant c’est qu’on continue à composer avec une telle passion. Si je regarde dans le passé, en fait, on a eu beaucoup de moments et de décisions difficiles surtout à cause des désaccords et combats avec les labels qu’il nous a fallu gérer.
Je me dis qu’on a toujours pris les bonnes décisions en suivant notre intuition et notre cœur. La meilleure façon de faire de la musique c’est d’être passionné et de soigner votre travail. Il faut donner un sens à ce que vous faites et seulement ensuite vous pouvez créer quelque chose d’excitant. Si vous êtes excités par ce que vous faites, alors les autres pourront l’être aussi ! Si vous essayez de faire des compromis juste pour plaire aux autres, alors c’est voué à l’échec !

 

Est-ce que le groupe est à temps plein dans la musique ?

Oui ! Je suis musicien à temps plein depuis l’an 2000. J’ai également d’autres projets comme composer pour des pièces de théâtre et Wagner Reloaded, en plus de mes projets avec d’autres groupes. J’essaie d’en faire moins car si je regarde mon calendrier de cette année, c’est fou je n’ai pas le temps de m’ennuyer. On a passé beaucoup de temps dans le mixage, dans les déplacements et on a fait aussi la croisière métal : les 70000 tons of metal en Floride. On a fait le tour de quelques pays pour notre tournée promo comme ici à Paris. Ensuite, nous allons jouer en Australie puis au Mexique. On enchainera avec la tournée américaine puis l’européenne et enfin la tournée d’automne de cinq semaines. Sans oublier les festivals d’été et le tas de concerts à assurer en Finlande. Il faut aussi le temps de s’entrainer et répéter !
C’est le même rythme que l’année dernière, on n’a pas eu le temps de chômer. Les plus longues vacances que j’ai eu c’est cinq jours (rire). C’est difficile de faire des pauses, mon temps de travail est doublé contrairement à ceux des gens normaux !

 

Des anecdotes ?

Énormément ! Difficile de se souvenir !
Je pense que le souvenir le plus fou c’est lorsqu’on a eu la chance d’ouvrir pour Metallica, c’était notre 5ème performance sur scène. C’était absolument dingue !
Il voulait un groupe spécial pour ouvrir pour eux à l’occasion de leur anniversaire et c’est drôle parce qu’ils considèrent Apocalyptica comme une influence pour eux, je me suis senti fou en entendant ça !
Aussi, un des souvenirs marquants ce sont les concerts en Amérique du Sud, tout le monde est complètement bourré, les gens pissent et vomissent partout c’est trop dégueulasse !

 

Qu’aimes-tu faire en plus de la musique ?

L’aviron, les balades dans la forêt car j’ai une maison de vacances en pleine forêt et j’adore couper du bois, c’est relaxant ! J’aime beaucoup le ski aussi et en Finlande on se régale !

 

Le mot de la fin ?

Paris, rendez-vous en novembre au Zenith !

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