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Sael – The sixth extinction

Le 28 septembre 2010 posté par Dada metal

Line-up sur cet Album


Joachim Masson - Guitare
Raphael Henry - Guitare
Vincent Roubière - Batterie
Mathieu Gervreau - Basse
Serge Usson - chant

Style:

Black metal

Date de sortie:

Avril 2010

Label:

Pictonian records
Note du Soilchroniqueur (Dada Metal) : 8,5 / 10

Certaines chroniques sont plus faciles à faire que d’autres. Certaines demandent, au contraire, de fournir davantage d’efforts, de persévérance et d’écoutes attentives. Indéniablement, celle-ci entre dans cette dernière catégorie.

L’attente augmente le plaisir c’est bien connu. Prenons l’exemple de deux jeunes tourtereaux qui se sont rencontrés sur les bancs du lycée. Lui, la moustache naissante et les boutons tout juste éclos. Elle, le sourire métallique et le rire strident. Est-ce qu’ils vont décider de se jeter l’un sur l’autre victimes de leurs pulsions sauvages? Non, ils (elle) vont décider d’attendre, le bon moment, la bonne période, le bon soir. Leur union n’en sera que meilleure. Sauf qu’à force d’attendre, ben…ça gave ! Lui ne pense plus qu’à devenir cultivateur et à semer à tout va. Elle, se réfugie dans des films pour ados en espérant voir enfin le héros enlever son t-shirt. Mains qui tremblent, prise de poids (faut bien compenser), état paranoïaque croissant. Vous connaissez maintenant mon état d’esprit au moment d’entamer cette chronique. En effet, que l’attente fut longue avant de recevoir dans ma boite aux lettres cet album de Sael ! Je ne suis pourtant pas un inconditionnel de leur black-metal atmosphérique, que je connais à vrai dire assez mal. Mais, à la vue des nombreuses éloges que cet album récolte sur d’autres sites (moins bons que Soil Chronicles bien sur !) et dans divers magazines, j’étais impatient de me faire mon propre avis sur la bête.

Alors autant être franc, notre cher service de courrier national, que j’aime tant d’ordinaire, a, osons les mots, franchement merdé. Un mois pour recevoir ma commande c’est pire que du vol ! Le pire étant que mon facteur, sous prozac apparemment, s’est trompé de boite aux lettres. Mon courrier m’a donc été dérobé (sans l’enveloppe, c’est moins intéressant) par un voisin peu scrupuleux. Voisin, qui, bien que protégé de mes attaques par une masse musculaire impressionnante, s’est quand même décidé à me remettre mon précieux bien.

Les français de Sael nous auront également fait attendre. La formation, née en 2002, sort aujourd’hui avec un mix made in Echoes Studio son premier album après une démo et le MCD (prometteur) The Ocean. Nos charentais ont compris que pour faire les choses bien il fallait prendre son temps. Ils nous ont ainsi mitonné un album qui fait preuve d’une rare maturité. Tout commence par un titre d’une agressivité radicale qui meurt lentement pour laisser vivre le riff d’intro du second morceau. La transition est parfaite. Les hostilités sont lancées.

Blasts impitoyables, cris rageurs, l’auditeur entame alors une traversée qui dévoile tous les spectres de la souffrance et de la douleur. Mais ces instants de violence émotionnelle sont ponctués de courtes accalmies avec des ruptures de rythme, des chants clairs (rares et réussis) et des passages très jazzy. Ces notes d’air frais dans ce monde obscur permettent d’accentuer davantage les passages plus bruts qui suivent. La chute n’en est que plus violente. Les longs titres de l’album (oscillants entre 5 et 9 minutes) construisent progressivement une vive tension qui ne demande qu’à éclater. Le morceau The Venom en est le meilleur exemple : une guitare hispanique laisse rapidement la place à une mélodie plaintive (à t’hérisser les poils dis donc! ) puis à un enchaînement de riffs et de tempos dévastateurs. Malgré les nombreux horizons visités, le tout reste très cohérent. Le groupe privilégie la création d’ambiance, sans oublier pour autant le plaisir de l’écoute. Ainsi chaque titre peut tout à fait vivre par lui-même et une écoute intégrale n’est pas obligatoire pour apprécier l’album.

Nous penserons bien sur à Enslaved pour les passages les plus psychés et pour cette science de savoir emprunter avec brio les routes les plus tortueuses. D’autres influences, toutes bien digérées par le groupe, sont également présentes à l’esprit, de Keep Of Kalessin à Taake pour les mélodies démoniaques distillées. Mais loin de ces noms et autres références scandinaves, qui n’engagent que moi et mes oreilles, Sael trouve surtout sa propre identité, qui en fera certainement dans les années à venir l’un des fleurons de la musique extrême française.

C’est donc un bien bel album que nous livrent là les charentais. Album d’une grande technique, raffiné et à l’artwork magnifique. Mon coup de coeur du moment.

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1 Commentaire sur “Sael – The sixth extinction”

  1. pingback pingback:
    Posté: 19th Nov 2010 vers 1 h 48 min
    1
    Annthennath – States of Liberating Departure | Soil Chronicles

    […] de l’excellent dernier album de Sael. Cet album ayant déjà été chroniqué chez Soil ( voir la chro ici ), nous allons donc nous intéresser ce jour à la dernière sortie, le 1er véritable album des […]

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