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Sylak Open Air 2014 – Jour 2

Le 6 septembre 2014 posté par Lusaimoi

Il est environ 11h30, lorsque je suis de retour sur les lieux du festival. Un ciel bleu malgré quelques nuages, une chaleur qui commence déjà à se faire ressentir, on est loin d’imaginer le déluge qui a frappé la région cette nuit et qui a failli condamner le bon déroulement du Sylak. Apparemment, un gros gros travail a été effectué pour que le public ne s’aperçoive de rien. Et c’est réussi.
En sortant de la voiture, les notes que j’entends au loin distillent déjà une ambiance malsaine malgré le cadre et la météo. Une ambiance qui s’intensifie à mesure que je me rapproche. Enfin, j’arrive devant la grande scène – celle de la veille ayant été démontée pendant la nuit – et découvre Sekt.

Malgré le maquillage du frontman un peu evil (plus tard, j’apprendrai qu’il s’est écorché le front avec son micro), Sekt ne se prend pas pour autant vraiment au sérieux, comme le montre le style dans lequel ses membres le définissent. Ça n’empêche pas leur Sludge/Doom de dévoiler des atmosphères rappelant un brin du bon Black crasseux. Devant un public pas encore arrivé à sa fréquentation la plus grande (le metalleux n’est pas matinal), le combo se donne, lui, comme s’il voulait s’ancrer dans les mémoires de chacun des présents. Les cheveux volent, les cordes crissent et grondent. Le tout est porté par un son qui souligne les compos – chose qui, mis à par deux ou trois couacs rapidement réglés, sera toujours le cas lors de ces trois jours. Alors on se dit qu’on a bien fait de se lever tôt.

Voilà un groupe que je connais. Que de nom, certes, mais l’envie de les découvrir me taraudait. Lent et insidieux, le Post-Metal d’Hypnos nous rappelle un peu le temps qu’il aurait dû faire. Les sonorités grondent, laissant s’échapper quantité de sentiments. Tristesse, grisaille, douleur. Rien de joyeux ne pointe à l’horizon. Chose parfaitement retranscrite par les membres du groupe. Peu de contacts avec le public, mais ce n’est pas là l’important. L’important, c’est la musique. Le chanteur crache ses paroles comme s’il voulait vider totalement ses poumons, les instrumentistes se laissent totalement emporter par leurs compositions. Hypnos n’est pas fait pour ceux qui veulent de la violence, du bourrin, ceux qui sont juste venus pour pogoter. Non, et il n’en a rien à faire. Lui, il parle aux rêveurs, aux mélancoliques. Et il leur parle bien. Il aurait peut-être fallu les découvrir d’abord en studio afin de mieux profiter de ce live, mais qu’importe, le groupe aura réussi à remporter mon adhésion.

Comme les puristes de la barbarie s’étaient un peu sentis lésés avec Hypnos, l’orga a pensé à eux en programmant les Brutal Deatheux de Recueil Morbide juste après. Et pfiou ! Ça envoie ! Ça a beau être l’heure de la sieste – ou de la digestion en tout cas – ça n’empêche pas les Franc-Comtois de remuer l’assistance avec des titres bien puissants et surtout… brutaux. Avec des centaines de dates à leur actif, ils maîtrisent les planches et prennent un plaisir évident à nous labourer les oreilles.
Le gros du public n’est pas encore arrivé, mais ceux qui sont là semble déjà bien apprécier ce qu’ils voient et entendent : si les pogos ne sont pas encore légion, les bras levés et les headbangs, eux, confirment cette impression.
Violence, sauvagerie accentuée par les cheveux longs qui volent au vent, mais aussi bonne humeur, malgré une musique sombre, voilà une très bonne entrée en matière pour accueillir le premier gros groupe de la journée : No Return.

 

Pilliers du Thrash/Death français, je ne les ai découverts qu’il y a quelques années. Puis récemment, je les ai revus à Laudun pour un concert qui m’avait fait découvrir un tout nouveau line-up réellement convainquant. Ce set au Sylak n’aura fait que confirmer ce sentiment dans des conditions qui les laissent se déployer entièrement. Lorsque le show démarre Mick, le nouveau chanteur, arrive sur les planches, impérial. Il aura profité de ses nombreuses années d’expérience au sein de Destinity pour développer un jeu de scène redoutable. Et les autres ne sont pas en reste, loin de là, que ce soit les nouveaux venus, les plus anciens ou même le seul membre fondateur restant, Alain, tous nous offrent une prestation réjouissante et furieuse à base de headbangs, de poses, vannes et tout un tas d’autres choses. Mick charriera même Alain sur les raisons qui l’ont poussé à s’entourer de chanteurs, preuve d’un show, certes intense, mais aussi décontracté.

Arrive maintenant le moment de la programmation qui m’attirait le moins. Je m’attendais même à aller voguer ailleurs pendant un moment. Mononc’ Serge, à ce nom, je m’attendais à un truc de musette (Ska et compagnie) et Tryo étant pour moi l’une des pires abominations de ce monde, je pensais donc saigner des oreilles. Mais c’est avec étonnement que j’ai commencé à entendre des membres du public gueuler les paroles des chansons. Une sorte d’intérêt s’est donc ravivé en moi. Et il faut préciser que le bonhomme n’est pas aussi incongru que ça, dans le festival, puisqu’il a enregistré deux albums avec le groupe de Thrash Anonymus.
C’est là qu’un type en chemise à carreaux monte sur scène, s’assoit et commence à jouer. Et bien c’est lui, Mononc’ Serge. Et si ce qu’il fait n’est toujours pas mon style, je dois bien dire que sur scène, le gars m’a bien scotché. Une chaise, une guitare un micro, une bière, c’est tout ce qu’il lui faut pour captiver l’assemblée. Sympathie, énergie et franche rigolade sont au programme des cinquante minutes accordées au Québécois qui nous présente chacune de ses chansons – aussi marrantes que décalées et critiques – par un petit discours nous expliquant les raisons de leur création. Certaines d’entre elles, comme « L’Âge de bière » sont attendues par les festivaliers, qui la réclament inlassablement. C’est en fin de set qu’elle arrive, juste avant un « Destruction » dévastateur qui renoue avec les sphères metalliques.
Une bonne surprise. Et puis, de toute façon, quelqu’un qui n’aime pas les hippies est forcément quelqu’un de bien.

On reprend maintenant gentiment la route des musiques saturées avec les Hard-Rockeurs de Koritni. Comme je l’ai déjà dit avec Sleekstain, le Hard-Rock, c’est pas forcément ce que je préfère. Mais le moment passé en compagnie des Australiens n’aura pas été désagréable pour autant grâce à des musiciens qui avaient vraiment l’air d’aimer être en notre compagnie, sous ce soleil imprévu mais bienvenu. Si Lex Koritni, chanteur et – vous l’aurez deviné – fondateur du groupe, arrive casquette et lunettes vissées sur la tête, ce n’est pas pour se cacher derrière, on ne voit pas ses yeux, mais son jeu est assez expressif pour qu’on oublie ce détail. À cela s’ajoute un cowboy souriant et un chevelu inspiré aux guitares. Ainsi qu’un bassiste que certains auront reconnu et auquel le groupe fera référence en reprenant un certain « Antisocial », dans une version anglaise un peu moins percutante que l’originale.

 

On reste au soleil, mais on change de continent avec Evergreen Terrace. Mélangeant Thrash/Hardcore et Punk Rock, ce groupe, dont le nom est issu des Simpson, c’est le genre que j’aurais écouté quand j’étais au collège-lycée si je les avais connus. Un truc sans prise de tête, pas difficile d’accès, un brin rebellouille, mais pas trop non plus. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il est bien loin ce temps-là.
Pourtant, quelque chose se passe avec les Floridiens alors qu’il montent sur les planches et se mettent à jouer. C’est peut-être leur côté ultra direct, à moins que ce soit leur dynamisme ou simplement la grande efficacité de leurs compos, mais ils m’ont embarqué avec eux pour ne me lâcher qu’à la fin du set. Avec leur tronche de jeune skateurs branchés, ils nous envoient une bonne humeur communicative et je me surprends même à hocher de la tête en rythme.
Voilà cinquante minutes jouées avec conviction et énergie, et qui m’ont rappelé avec nostalgie mes jeunes années. On en oublie le côté adolescent et on se laisse porter.
En CD, je ne sais pas ce que ça donne, mais en live, ça fonctionne vraiment.

On a passé la moitié de la journée depuis un petit moment déjà, le soleil a entamé son déclin, et voilà qu’arrive sur scène l’un des groupes que j’attendais le plus ce soir. Benighted et leur Brutal Death de haute volée. En plus, les Stéphanois ont choisi cette journée pour capter leur prestation afin de l’immortaliser sur un DVD live. Un pari risqué en fest, surtout avec la météo prévue. Pour cette dernière, aucun souci, vu qu’une force, là-haut semble avoir voulu que la fête ait lieu. Pour la prestation, aucun souci non plus, puisque Benighted nous offre un show impressionnant à tous les niveaux.
Je ne sais pas si c’est la pression de l’enregistrement qui leur fait ça, mais les gars donnent comme si leur vie en dépendait. Les prendre en photo devient un vrai exercice, surtout sans pouvoir accéder au pit et avec mon objectif pété (j’accepte toujours les dons). Entre des growls et des gruiks caverneux, Julien chauffe un public qui n’en avait pas besoin. Les deux guitaristes, Gab notamment – Bert, fraîchement arrivé dans le groupe, se montrant un peu plus discret – font bien plus que le job. Pedro (d’Aabsinthe, Poumon et High for a Dive) à la basse et au backing vocals, lui aussi embarqué dans l’aventure il y a peu, semble avoir fait ça toute sa vie.
Et puis, il y a cette chose surprenante chez Benighted, leur musique est très brutale et complexe, mais aussi possède un caractère über immédiat et accrocheur. Je ne les ai vus qu’une fois en live, au Sylak la première année, je ne connais pas leurs albums, et pourtant, j’ai pu apprécier le set comme si je connaissais très bien leurs morceaux.
Le public répond à tout ça en étant furax comme il ne l’avait jamais été auparavant. Les pogos, circle pits, wall of death et autres joyeuseries brutales de plus en plus importantes commencent dès les premières secondes et ne se terminent qu’à la toute fin du set. Un set d’ailleurs pas avare en surprises puisque deux invités viendront se joindre à la fête : Jérôme, chanteur de Recueil Morbide et Candy ex-bassiste du groupe.
La vraie claque de la journée.

Pour Moonspell, on avait eu la mauvaise nouvelle dans l’après-midi : une grève des transports aériens les a coincés au Portugal. C’est vraiment dommage, vu qu’il était l’un des groupes que je voulais le plus voir.

On passe donc directement à Phil Campbell et sa clique. Voilà un nom résonne dans le cœur de bien des gens comme de doux souvenirs. Rien que le fait d’avoir le guitariste d’un groupe de légende impressionne, même moi qui ne connaît que de nom Motörhead. Cover Band, ce All Starr reprend donc les titres de la bande à Lemmy, bien sûr, mais aussi de Led Zep, Sabbath… De quoi faire danser la foule sur des titres ultra-connus.
Pourtant on se rend rapidement compte que passer après Benighted et la bifle que les stéphanois nous ont mise n’est pas chose aisée. Le groupe est carré, pro, on sent les kilomètres au compteur, Campbell fait le job, il le fait bien, tout comme le chanteur, même s’il manquait un brin de dynamisme. Par contre, le seconde guitariste et le bassiste – les deux jeunes de la bande – eux, envoyaient plus le bois.
Musicalement, rien à redire, si on aime le genre, si on ne craint pas les reprises, on aime le groupe de Phil Campbell.
Un live bien plaisant, mais marquant plus par la légende qu’il représentait, que grâce à la prestation générale. On en attendait peut-être trop.

Moonspell ayant été annulé, le All Starr Band aura eu droit à quelques minutes supplémentaires. Tout comme les balances de Gojira. Une bonne quarantaine de minutes, après une courte intervention des intermittents qui n’ont pas fait grève, loin de là, mais qui tenaient quand même à dire un mot sur leur situation de moins en moins facile.

Une fois ce long moment passé à conserver une place assez sympa pour prendre des photos, malgré la foule qui s’amasse et se condense au plus près de la scène, les ingés-son partent enfin pour laisser entrer le plus connu des groupes de Metal français.
Que je ne suis que de loin. C’est d’ailleurs la première fois que je les vois en concert. À vrai dire, c’est même la première fois que je les entends. Dingue, hein ?
Alors ? Et bien… Gojira quoi ! À peine montés, les Bayonnais envoient une de ces ambiances ! Un truc destructeur qui ravage tout. Ce à quoi le public répond en pogotant comme jamais. Même lors du concert de Benighted, où il n’était pourtant déjà bien pas immobile, on en était pas là. Ça remue jusqu’aux bords de la foule, un wall of death gigantesque a lieu dans tout ce chaos, les fans, déjà conquis, ne cessent de lever les mains, si bien qu’obtenir un bon cliché de la fosse en devient réellement difficile.
Pourtant, en y regardant bien, cette prestation n’a rien de si exceptionnel. Attention, quand je dis ça. C’est très bon, le groupe est inspiré, passionné, bouge savamment, ne négligeant aucun coin de la scène, mais ils font au final la même chose que bien d’autres groupes. En fait, le truc, c’est qu’il se dégage de Gojira une sorte d’aura. Une aura accentuée par la musique, écrasante, puissante, et par le jeu de lumière, monumental.
On aura attendu un moment avant de les voir venir et je dois dire que ça valait le coup.
Et comme tout doit avoir une fin, le groupe repart. Et comme Moonspell n’a pas joué, le show de la tête d’affiche est prolongé par un rappel, puis deux. Et s’en va définitivement…
Enfin ça, c’est ce qu’on croit. On commence à discuter, à échanger sur ce dernier concert et les autres, Benighted notamment, on commence à repartir même. C’est alors qu’on entend quelque chose marteler au loin. Ce martèlement devient plus technique et on se rend compte que Mario Duplantier est revenu derrière les fûts. Le reste de la bande se remet en place pour un dernier morceau. Peut-être celui de trop. Un morceau – dont je ne connais pas le titre – lourd et volontairement très répétitif. En début de set, il aurait été assommant, pachidermique, hypnotique. Même rien qu’un peu plus tôt, il aurait eu le même effet. Après bien plus d’une heure, il ne conservait plus que son caractère répétitif.
Un point négatif qui n’enlève néanmoins rien à la prestation du groupe.

Il est minuit et demi lorsque ce dernier live s’achève. Une journée, dix groupes. Des découvertes, des confirmations et une grosse déception, celle de Moonspell. Un temps au beau fixe et toute une palette de groupes allant du sympa, dans le pire des cas, à la véritable claque.
Après un contrôle d’alcoolémie qui nous fait attendre un bon gros quart d’heure à la sortie du fest, on rentre se coucher parce que demain, la troisième journée nous attend.

 

Premier jour / Troisième jour

 

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1 Commentaire sur “Sylak Open Air 2014 – Jour 2”

  1. pingback pingback:
    Posté: 8th Juil 2016 vers 20 h 50 min
    1
    August Burns Red, Norma Jean, Beartooth – Lyon [21.06.16] | Soil Chronicles

    […] Terrasse. Autre groupe de Metalcore américain pour ados, il m’avait fait une bonne impression au Sylak , avec une prestation enjouée et fougueuse, aidée par des refrains Pop immédiats ; je pourrais […]

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