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Line-up sur cet Album


  • Domino: guitares, chant, basse
  • Y: Batterie
  • Baptiste B: guitares

Style:

Sludgy Grunge/Stoner expérimental

Date de sortie:

23 janvier 2012

Label:

Autoproduction

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 9/10

« La vie c’est dingue, non ? La vie c’est fou, quoi. » Cette citation – Redouane Harjane, pour ceux qui ne connaîtraient pas – m’est venue en écoutant ce With Decay… And No Compassion, premier EP de Domino and the Ghosts, et en lisant sa biographie. Amateur de Mozart, Deftones, Nirvana mais aussi de Mickael Jackson, Domino, qui avait précédemment joué dans un groupe typé Neo-Metal, a choisi de construire son propre projet. Expérimenter, rechercher ce que l’on veut créer, se servir de ce que l’on connaît, s’en éloigner pour en faire quelque chose de nouveau. Après de nombreux changements, de line-up, nom, peut-être style aussi, jusqu’à la rencontre des bonnes personnes – celles dont on se dit « c’est lui » lorsqu’on commence à les connaître – Domino and the Ghost naît. Quand on lit la biographie, on se dit qu’une chose différente, qu’un élément, même le plus petit, aurait totalement modifié le visage du groupe. La peur de la prise de risques, de se lancer seul dans l’aventure « sans filet, technique ou autre », le désir de vouloir se rapprocher de tel ou tel groupe, de vouloir « faire du… ». Tout aurait pu donner quelque chose de commun. Mais le commun, ce n’était pas pour Domino.

With Decay… and No Compassion se montre très éloigné de tout ce que j’ai pu citer dans cette introduction. C’est d’un Sludge qu’il se rapproche au premier abord, un Sludge des plus dégoulinants, sombres et inquiétants, avec cette basse sous-sous-sous-accordée qui nous accueille sur « First Days ». Des rythmiques plombantes, qui nous écrasent en nous attirant toujours vers le bas, jusqu’à ce que quelques riffs disséminés apportent un peu de lumière. Là, la voix de Domino vient se poser, loin de ce qu’on peut entendre dans le style. Elle pourrait être d’abord approchée du Grunge, dans son côté éraillé et un peu traînant. Mais la variété des influences joue, là encore. Susurrée, parlée, criée, elle s’efface rapidement de tout rapprochement. Un côté Stoner s’installe ensuite avec un groove, bel et bien présent dans la musique de Domino and the Ghosts, malgré son côté sombre et proche du Doom. Parfois même, des éléments presque joyeux arrivent, comme le début de « The Intruder (Part II) ». Mais rapidement, l’inquiétude reprend le dessus, à peine adoucie par les sonorités cristallines qui s’échappent. Saccades, ruptures, plus on avance, plus le titre devient perturbant jusqu’au final où il se transforme en chaos sonore avec ses nombreuses pistes empilées les unes sur les autres avec parfois ce sentiment de se trouver en compagnie d’un passage d’Indus malsain.

Dissonance et lenteur débutent « X on the Road », le riff semble se chercher, se construire – il y a une certaine idée d’impro, d’urgence, chez Domino – et le morceau débute. La musique démarre pleinement ensuite, alliant toujours groove et inquiétude avec ses sonorités cristallines qui s’en échappent – plus présentes ici, j’ai l’impression –, sans jamais faire preuve de redondance. Peut-être mon morceau préféré. Un break de batterie, instrument qui, lui aussi me semble être plus mis en avant sur ce titre, vient perturber l’ensemble – juste le temps pour moi de souligner le travail de Y, ni ultra technique, ni ultra rapide, mais subtil et qui s’intègre très bien aux compos de Domino – et, sans qu’on ne s’en rende compte, le titre se termine.

Tous les titres de cet EP ont quelque chose en commun, la marque de fabrique du groupe, cette lourdeur de laquelle s’échappe quelques envolées à laquelle l’auditeur peut se raccrocher. With Decay… and No Compassion paraît aussi suivre un chemin. Les morceaux, bien qu’indépendants, sont liés entre eux, par des éléments qui se répondent. C’est aussi le cas de « With Decay », qui clôture cet EP. Ici, c’est la batterie qui me rappelle par instants celle du titre précédent. Mais, là encore, le titre se distingue par certains éléments. Sa tendance à accélérer jusqu’à, enrobé de nombreuses textures instrumentales, l’effluve d’un solo dissonant en arrière plan. Pas du tout mis en avant. Le groupe n’est jamais démonstratif, en rien. Il fait, c’est tout. Il n’est pas là pour prouver quelque chose, il est là pour jouer.

Un premier EP lorgnant du côté de l’expérimental, et le plus fort, c’est que la plupart des titres dépassent à peine les trois minutes. Loin d’un schéma classique, Domino tricote ses morceaux sur un riff qu’il déforme, reforme et torture, sur lequel il ajoute, enlève et replace des éléments pour donner ce son unique. Et tout se tient. Jamais de remplissage ni d’ennui, les titres vont droit au but sans aucun détour ni aucune composition à tiroir.

La production convient parfaitement à l’atmosphère créée. Crade, pleine de boue et de sueur, la production sait pourtant mettre en valeur chaque élément et se montre lisible. Baptiste Bouchard, aussi guitariste ici, a travaillé avec My Own Private Alaska (pour leur album The Red Session) et les Post-Rockeurs d’Agora Fidelio. Une première offrande accouchée avec soin et passion – j’aurais pu ici vous citer quelques passages de la biographie pour éclairer mon propos – et cela se sent jusque dans le packaging. S’il semble un peu fragile et léger au premier abord, il se révèle original et poétique. Le Do it Yourself permet aux groupes de se montrer imaginatifs et éloignés de tout schéma préconstruit. Il fallait le souligner.

Finalement, peut-être le seul défaut de With Decay… and No Compassion est sa durée. Douze minutes, c’est court, mais rassurez-vous, c’est un CD qui demande une implication de l’auditeur et qui peut revenir très souvent dans la chaîne. Après de nombreuses écoutes, il m’est arrivé, en rédigeant cette chronique, de découvrir encore de nouvelles choses.

Et dire que tout ça aurait pu avoir un tout autre visage. « La vie, c’est dingue, non ? »

http://dominoandtheghosts.bandcamp.com/

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2 commentaires sur “Domino & the Ghosts – With Decay… and no compassion”

  1. pingback pingback:
    Posté: 28th Avr 2015 vers 15 h 06 min
    1
    Domino and the Ghosts – Songs for… Glasgow | Soil Chronicles

    […] 2012, With Decay… and no Compassion, s’affichait avec ce paysage urbain nocturne et ces quatre titres qui avaient pour […]

  2. pingback pingback:
    Posté: 17th Mai 2017 vers 19 h 29 min
    2
    Domino & the Ghosts (Grunge/Stoner Expérimental): nouvel EP | Soil Chronicles

    […] sa première trilogie, dont With decay… And no Compassion et Songs for… Glasgow (oui, j’ai loupé I Am the Noise… You’re my Silence, mais il […]

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