FauxX – Anteroom

FauxX – Anteroom

Note de la SoilChroniqueuse (HellFé) : 8,5/10

Né d’une rencontre entre Joachim Blanchet (Hoa Queen) et Jean-Baptiste « Job » Tronel (Tagada Jones), FauxX est un questionnement sonore et introspectif. Musicalement, FauxX est un animal hybride qui puise son essence aux confins du Metal industriel, de la Darksynth et de l’Expérimental. Dans ses propos, FauxX s’interroge sur l’Homme, ses dualités et ses émotions contraires. Dans la foulée de l’EP NH3(il) (2018) et de StatistiC Ego en 2021, le duo partage la scène avec des groupes tel que Shaârghot, Horskh, Front 242 et se produit sur les planches de la Main Stage du Hellfest 2025, FauxX poursuit sa quête de nihilisme musical avec Anteroom. Toujours aussi sombre et froid, le groupe s’affranchit une fois de plus, des tendances et continue de tracer sa voie dans cet alliage entre batterie organique, chimie des claviers et voix déchirée. Bien qu’encore progressif dans la démarche, ce deuxième album propose des compositions plus frontales et directes. Leads synthétiques dégoulinantes, refrains écorchés, ambiances chimiques et poisseuses, les neuf titres d’Anteroom s’additionnent et offrent une bande originale parfaite pour un Gaspard Noé sous LSD. Une cinquantaine de minutes traversée d’un sentiment, celui du point de rupture, ce moment de bascule où tout devient vertige, où la plus petite des tensions se transforme en une apocalypse.
Mise en condition alléchante mais qu’en est-il de ce nouvel opus ?

Alors d’entrée de jeux, tu sais que tu ne te trouves pas au pays des Bisounours ! Le décor est posé avec « Hyperwar ». Tu déambules en terre hostile à l’atmosphère sombre. Comme si, un matin, tu te réveilles, seul, et que tu découvres un monde dévasté. Tu écoutes les bruits environnants, peuplés de machines, le moindre mouvement t’interpelle. Dois-tu courir ou au contraire rester discret ?
« Dig » le second titre ne te réconforte pas dans ton périple. Le chaos est présent tout autour de toi. La voix de Joachim Blanchet accentue cette ambiance oppressante et donne une sensation de non-retour.
« Sun Of Despair », laisse entendre comme un battement de cœur, tu espères, malgré un soleil toujours aussi noir. L’espoir est de courte durée, tant l’atmosphère est lourde et te laisse dans l’insécurité. La lumière est encore bien loin. La batterie de Job ne fait que renforcer la dangerosité de la scène.
« The Revealer » (ft. DiegoKarras), une rythmique alarmante, c’est le chaos, jamais tu ne vas pouvoir t’en sortir. Le duo Blanchet / Janson, donne une puissance énorme à ce titre, dans un décor de souffrances apocalyptiques.

« Burnt Velvet Retinas » dans la même lignée que le titre précédent mais en plus lourd, plus lent, tu t’enlises encore plus loin dans les ténèbres. Le chant semble plus douloureux, les machines et la batterie t’emportent dans un paysage « cyber ».
« Latch On », te donne des sueurs froides, dans un mode noir et oppressant. Une voix caverneuse sortie d’outre tombe. Un mélange de Black Metal en plus industriel.
« Demiurge Data » reste dans la continuité de «Latch On » mais on peut imaginer un changement de décor. Comme un infime espoir. Tout balayer et reconstruire. Une fin légèrement « Alien », on ne sait si la mélodie est empruntée au passé ou si au contraire elle vient du futur.
« Here Comes The War », reprise de New Model Army. Alors je suis moins fan de ce morceau malgré une superbe interprétation et une réelle transformation du titre. Je trouve que cet intermède fait OVNI par rapport à l’ambiance de l’album. Ceci étant dit, il fallait oser ce cover !
On termine sur « Poison Life » qui te replonge dans l’atmosphère industrielle où tu reprends ta longue et lente descente dans le chaos.

En conclusion, un album haut en puissances sonores.
Des morceaux chocs qui laissent des empreintes.
Une ambiance presque cinématographique où tu es l’acteur de ton propre chaos.
Ton seul espoir, c’est que demain au réveil le soleil brille encore.

Tracklist :

  1. Hyperwar (4:54)
  2. Dig (4:58)
  3. Sun Of Despair (6:01)
  4. The Revealer (ft. Diego – Karras) (4:41)
  5. Burnt Velvet Retinas (6:40)
  6. Latch On (4:53)
  7. Demiurge Data (6:10)
  8. Here Comes The War (reprise New Model Army) (4:49)
  9. Poison Life (5:02)

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Ydhessä – Genesis

Ydhessä – Genesis

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10

Des fois, il faut savoir sortir de sa zone de confort tant on nous propose parfois des albums qui sortent de nos habitudes musicales.
C’est sur que, ces dernier steps, je me suis surtout cantonné vers le heavy, le thrash et metal extrême, de préférence old school, mais ce qu’ils considèrent comme étant du neo-pagan folk, j’avoue que ce n’est pas courant dans mes playlists.
En tout cas, pas comme on l’entend en général !

J’avoue que l’univers des Franco-Belges d’Ydhessä, je ne l’ai pas côtoyé si souvent que ça et ce, plus par manque d’opportunités que par désintérêt.
En écoutant la première fois “Genesis”, tout plein de noms m’ont traversé l’esprit : j’ai souvent imaginé Lisa Gerrard ou Loreena McKennit tant le chant de Luna Limage est purement divin.

Mais là, je dois l’avouer, la première écoute s’est transformée en coup de coeur !
C’est en 2023 que Gaëtan Courouble forme le groupe avec d’autres artistes aux univers musicaux différents : si lui vient du folk rock, Luna Limage vient de la World Music, Djaffar Lebdiri du folk Irlandais, Maxime Baltor y apporte ses percussions Orientales là où le batteur Arthur Maione arrive du metal.
Et chacun ici y amène sa patte.
Ce qui est plus bluffant, c’est l’équilibre de cet album, aucun des univers musicaux de chacun ne prenant le pas sur l’autre.

Et le résultat est des plus réussis : Ydhessä nous fait littéralement voyager en Irlande, dans ces vastes contrées à côtoyer Mère Nature.
Sorti une première fois en mai 2024, on ne peut que remercier M&O Music d’avoir signé cette formation pour une ressortie CD en septembre 2025.

Véritable recueil de poésie à la douceur remarquable, “Genesis” nous développe douze beaux chapitres bien distincts où se mêlent émotions, puissance, mysticisme et intimité.
Et on adhère.

Tracklist :

The Call (3:57)
Appaloosa (3:15)
The Whisperer (4:02)
Dying On The Sea (4:09)
Triskelion (5:40)
Luna (5:05)
The Man (3:35)
Solaris (3:08)
Anaë (3:50)
Fate (3:36)
Ydhessä (5:14)
The Farewell (4:36)


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Hellixxir – Beyond the frame

Hellixxir – Beyond the frame

Note du SoilChroniqueur (Alain The Red) : 9/10

 

Hellixxir, le groupe Grenoblois, nous dévoile son dernier album « Beyond the Frame », une suite logique à « The Black Fortress », bien que plus sombre encore.
Le groupe n’a pas fait semblant dans les compositions, ni dans la longueur des morceaux : soixante minutes durant lesquelles s’enchaînent riffs cinglants et solos mélodieux.
La première partie de l’album mise davantage sur les ambiances.
Après « Prelude to the Shrouded Path » (en acoustique), la deuxième partie devient plus black, et la voix d’Alexandre, telle celle d’un possédé, ajoute une dimension supplémentaire à cette noirceur.

Bien que plus discret, le duo basse/batterie n’est pas en reste : un mur de soutènement solide.
Le travail minutieux sur les guitares n’est pas à part non plus.
Vous l’aurez compris, cet album est une pépite ; si vous ne le connaissez pas encore, c’est un tort.

 

Tracklist :

Genesis (0:31)
The Sun Will No Longe Rise (5:57)
An Overview Of The Great Beyond (6:18)
Far Away From My Precious Life (4:39)
Worst Day of Your Life… Best Time Of My Day (5:52)
Birth Of The Goodness (4:10)
Prelude To The Shrouded Path (1:36)
A Gathering For All Wasted Souls (6:49)
Larvatus Prodeo (5:11)
Ad Nauseam (5:44)
Hunting The Hunter (4:51)
Homo Patiens (4:04)
Verses Of The Final Purge (7:11)

 
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Satra – In Tears of her Reign

Satra – In Tears of her Reign

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10

 

Bon, on ne va pas se mentir, le metal symphonique n’est pas, mais alors vraiment pas, ma tasse de thé. Quand en plus, dans la bio sur le site de M&O Music, je lis que c’est pour les fans de Nightwish, Epica et Evanescence, je me dis que je me demande si je vais me l’écouter ! C’est dire à quel point mon côté à la fois thrasher et fan de metal extrême se dit de laisser un autre chroniqueur de ma team chez Soil Chronicles s’en occuper avec la certitude qu’il saura plus que moi apprécier ce deuxième album des Finlandais.

Mais mon changement d’avis est parce que, quelque part coincé dans mes souvenirs, j’avais laissé le soin à notre Marquis Arthur de disséquer le premier album “Sand of time” et, pour être vraiment honnête, ses écrits m’ont poussé à la curiosité. Bref, j’ai mis le CD dans le lecteur !

Une petite intro instrumentale, planante, au piano dominant, titille d’entrée la curiosité. Puis débute “Into the ravenous sea” : riffs, claviers, musique planante mais batterie nerveuse derrière… on sent qu’on va nager dans les eaux non seulement des groupes cités plus haut mais aussi des Within Temptation ou autre After Forever. Et, petit à petit, au fur et à mesure que les titres s’égrènent, la curiosité fait place à l’intéret et je me retrouve à clairement apprécier cet album.

Alors, pour être très franchement honnête, je ne suis pas surpris par ce que j’entends, à savoir neuf titres (dont l’intro) proposant un voyage entre poésie et heroic fantasy, avec son lot de moments épiques, de passage de pure beauté, magnifiés par une chanteuse à la voix cristalline, avec des riffs metal, des solos bien sentis, des parties de claviers qui n’en rajoutent pas, avec de très rares incursions dans quelque chose de plus dur. Et, fin du fin, le groupe arrive même par moments à me mettre les poils des bras au garde-à-vous grâce à quelques passages tout en émotion (“Dance in the mist”, “Before they die”, “Her tears”…). En clair, finalement, j’ai bien fait de ne pas laisser le bébé à un autre chroniqueur, je me serais privé d’un pur moment d’émotion.

Comme quoi, si on part du principe qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je vais finir par me croire d’une intelligence supérieure…

 

Tracklist :

  1. Prelude
  2. Into the Ravenous Sea
  3. Dance in the Mist
  4. Before They Die
  5. Her Tears
  6. Ashen Crown
  7. Fading Reign
  8. Lauloin maailmani uneen
  9. Born from Fire

 

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Chronique “Sand of time

Hateseed – Rising through decay

Hateseed – Rising through decay

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 7,5/10

 

Né en 2023, forts d’une démo en 2024, le quatuor Italien Hateseed nous sort son premier full length chez M&O Music.
Il parait qu’ils font du thrash / groove metal ! Soit !
Je mets le CD dans le lecteur et, premier constat, en effet, les quatre Transalpins nous assènent des riffs gras et épais, d’une lourdeur abyssale, sur un rythme effréné.
Il n’y a pas photo : ça allie bien la furie d’un thrash metal que ne renierait pas Slayer avec la lourdeur du sludge tel qu’on l’entend avec bonheur chez Crowbar et le groove inhérent au Pantera de la période post “Cowboys from Hell”.
En fait, plutôt que de thrash / groove, je parlerais – et bon sang que je déteste les étiquettes, mais bon, puisqu’il faut absolument catégoriser, ainsi soit-il – de thrashin’ sludge metal !

C’est que les gaillards en mettent, de la conviction.
En douze titres, tous d’une longueur entre trois et quatre minutes et demie, le groupe multiplie les titres in-your-face avec une rage à la limite du hardcore : autant dire que les fosses risquent d’être mouvementées lors de leurs prestations live.
En effet, les titres sont taillés pour la scène et leur longueur, évoquée plus tôt, prouve qu’ils ont été taillés pour faire un max de dégâts en concert tant le groupe va directement à l’essentiel, sans en rajouter !

On a droit à notre lot de titres à haut potentiel dévastateur, des “Take this fist”, “Overflowing anger”, “Pain addiction”, “Aych” ou “Suffer” sont de véritables stages de survie pour vos cervicales tant ils démontrent une capacité à nous maintenir sous pression de par leur rapidité et surtout leur intensité tout en conservant cette lourdeur typiquement sludge.
Et attention, ne pas croire que leur efficacité se résumé aux titres plus rentre-dedans… Que nenni : ils nous proposent d’autres titres encore plus heavy, à la limite du doom, qui nous oppressent la cage thoracique à la façon d’un rouleau compresseur qui nous roulerait lentement et vicieusement dessus : il suffit de se prendre par exemple “Say Goodbye” pleine face pour comprendre ce que le mot “suffocant” veut dire.

Et surtout, ce qu’on ressent à l’écoute de ces trois quarts d’heure, c’est une sensation de rage et de colère qui ne disparait jamais : le groupe veut et découdre et tient à le faire savoir.

Bref, furieux !

 

Tracklist :

Strangled (3:34)
Senseless atrocity (3:16)
Take this fist (3:41)
Overflowing anger (3:55)
Say goodbye (4:01)
My living nightmare (3:19)
Pain addiction (4:32)
AYCH (3:02)
Surrender and kneel (3:07)
Suffer (3:56)
Wont be wrong (4:03)
Pain addiction (acoustic) (3:47)
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