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Line-up sur cet Album


  • Macabre Cérémonie :
  • -Aurélien Gavioli : chant, basse
  • -Kévin Germa : guitare
  • -Sébastien Rossi : programmation
  • Eta Carinae :
  • -Gurdil : chant, guitare, basse, programmation
  • -Gael : chant, guitare, basse
  • -Sébastien Rossi : programmation

Style:

Black Metal

Date de sortie:

1er octobre 2014

Label:

Autoproduction

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 7,5/10


Dans le Sud de la France, on ne peut pas dire que les groupes de Black Metal pullulent. Pourtant, la région a engendré pas mal de noms réputés dans le genre, malgré une météo et une atmosphère qui ne prêtent pas forcément aux sentiments les plus noirs. Macabre Cérémonie et Eta Carinae, dont nous allons parler dans ces lignes, viennent d’ailleurs de la même ville que deux des formations françaises du genre parmi les plus connues, même à l’international malgré des paroles en français : je parle du très controversé Peste Noire et de son cousin bien plus contemplatif Alcest. Cette ville, c’est Avignon.
Gage de qualité ?
En l’occurrence, plutôt oui.
Formé en 2011, Macabre Cérémonie, qui présente-là son premier enregistrement, pratique un BM à touches dépressives assez classique dans la forme, avec un riffing hypnotique et des hurlements clamant des paroles qui ne respirent pas la joie de vivre. Mais, avec des durées dépassant allègrement les cinq minutes, les trois titres présentés ici proposent quand même plus que cela. Les structures s’allongent donc – avec la plupart du temps une belle cohérence –, on a presque affaire quelquefois à un groupe lorgnant du côté progressif, avec des plans qui viennent, vont et reviennent.
« Macabre Cérémonie (Utopie Impure) », par exemple, débute avec un style plus lent puis part dans une série d’accélérations nous conduisant à une alternance entre passages plus lourds et d’autres plus rapides (pour faire court). Mais le groupe a aussi l’intelligence d’éviter la simple succession de passages pour donner l’illusion de titres à tiroirs. En effet, si les éléments peuvent se répondre, avec un retour du riff initial à la moitié du morceau, bien souvent, ils se voient modifiés par un détail, comme la boite à rythme (intéressante d’ailleurs), ou sont simplement similaires sans être identiques.
Et si le premier contact laisse entendre quelque chose de classique, plusieurs passages viennent un peu casser cette première idée – bien que cette dernière ne soit pas fausse et reste assumée par les Avignonnais. On a déjà cette fin de « Macabre Cérémonie (Utopie Impure) », après un ralentissement oppressant, en forme de chanson déglinguée – référence à une certaine scène française –, cette transition acoustique rappelant Opeth première époque dans la dernière partie de « Le Fossé ». On a aussi cette pause claire sur « Disparaitre », inquiétante avec ces martellements qui ressemblent (mais je ne sais pas si c’est voulu) à quelque chose situé entre des grincements lugubres et des soupirs de femme.
Malgré ses qualités, on sent que l’on a encore affaire à une première production. On aimerait par exemple que le groupe se lâche un peu plus. Je veux dire, on sent que sur ces trois titres, le désir de maîtrise a été privilégié à celui de la folie. Un défaut légèrement accentué par un son loin d’être horrible, mais qui montre quelques limites. Même si « Le Fossé », avec son départ assez dantesque et cette cassure plus lente contrebalancée par une batterie rapide qui apporte une touche épique viennent contredire le début de ce paragraphe. Tout comme la fin plus simple et directe mais diablement prenante de « Disparaitre » où, après une pause et une transition très Prog, le groupe se donne, se livre complètement, des instrus au chant. Ce dernier, s’il reste convainquant tout du long – déclamant un chant en français aux paroles parfois un peu faciles, mais assez souvent bien troussées –, crache ici ses tripes et nous emporte dans cet océan de haine.

Toutefois, Macabre Cérémonie possède un assez bon sens du riff et de la composition et a plutôt bon goût pour rendre ce défaut minime. Une remarque à prendre comme un désir pour un prochain enregistrement qui exacerberait les atmosphères déployées, nous ferait voir une confirmation et, surtout, serait un putain de CD.

Niveau ambiance, en revanche, Eta Carinae se pose-là. Il faut dire aussi que le groupe, né en 2004, est plus vieux que son prédécesseur. Bientôt 11 ans d’existence, qui auront donné à ses deux membres le temps de la réflexion, même si seule une démo a vu le jour en 2007 et si, à sa sortie, le projet n’avait rien de sérieux. Après une pause, le duo est donc de retour avec ces 5 titres où, dès l’intro et l’apparition des claviers, le ton est donné. Glacial, sinistre. « Léthargie » nous mène dans un monde inhospitalier où le malaise est palpable. On sent le vide, le froid, la solitude. L’une des intros les plus réussies qu’il m’ait été donné d’entendre.
La suite ne dément pas, avec un « Ultimes Tourments » au BM profondément sombre et désespéré, où chaque riff semble sans cesse nous agripper et nous tirer un peu plus dans les profondeurs abyssales, accompagné de cris qui vont jusqu’à presque se briser. Tout est noir, la lumière se fait lointaine et vacillante, rien ne semble pouvoir ni même vouloir nous sortir de cette détresse. Et tout se rompt avec un break de batterie qui emporte le titre ailleurs. C’est presque dommage, tant Eta Carinae aurait pu tenir longtemps rien qu’avec cette première partie, mais, en partant vers quelque chose de moins triste et de plus démoniaque et schizophrène, il surprend comme le montrent ce passage psyché et ce court solo tordu.
« Du Styx au Lethe », l’autre morceau saturé, annonce une composition un brin plus classique. Mais déjà, la boite à rythme, toujours intéressante, apporte un plus. Tout comme sur le plan qui suit le passage ambiant, où elle vient appuyer la tension et amène une mélodie de fin de phrase étonnante.
Ce même riff prend alors petit à petit son ampleur pour nous conduire au final rapide et de plus en plus démentiel, proche du début d’« Ultimes Tourments » dans ses atmosphères, même s’il nous désoriente et nous perd forcément moins, du fait de sa position.

En seulement deux morceaux – car sur cinq titres, deux seulement ne sont pas acoustiques et instrumentaux, avec un « Stase au Bord des Limbes » plus rassurant, malgré tous ses détails qui nous rappellent que l’on est loin de l’innocence – Eta Carinae marque grâce à ses ambiances sincères et prenantes portées par des riffs travaillés. En deux minutes qui ravagent tout sur leur passage et restent gravées au burin dans nos têtes, il parvient à distiller un malaise que même l’« Outro », plus rassurante et chaleureuse avec ses atmosphères hispanisantes, ne parvient pas à effacer. On se rappelle certains groupes de BM moderne voire de Post-Black, et pas les plus petits, on se dit que la France n’est pas la dernière en ce qui concerne le Black Metal et on espère que la suite n’arrivera pas dans sept ans.

En résumé : une ville, un split, deux formations, huit titres, une découverte qui ne demande qu’à confirmer ses promesses et un retour (même si je n’ai pas posé mes oreilles sur Imago Mortis, la démo de 2007) dans les hautes sphères.

Tracklist:
MACABRE CEREMONIE
1. Macabre Cérémonie (Utopie Impure)
2. Le Fossé
3. Disparaître
ETA CARINAE
4. Léthargie
5. Ultimes Tourments
6. Stase au Bord des Limbes
7. Du Styx au Lethe
8. Outro

 

Facebook : Macabre Cérémonie
Facebook : Eta Carinae

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2 commentaires sur “Macabre Cérémonie / Eta Carinae – Split”

  1. 1

    Merci pour cette chronique, ça fait plaisir a lire. Notre parte de l’e.p. est téléchargeable gratuitement sur notre bandcamp! https://etacarinaebm.bandcamp.com/

  2. AvatarSeb MACABRE CEREMONIE
    Posté: 19th Mar 2015 vers 11 h 32 min
    2

    Merci beaucoup effectivement cette chronique nous touche ! Du lourd arrive messieurs dames ! La terre tremble ! Vos crâne se fendront à l’écoute des futurs titres :p

    ENJOY !!! 😈 😈 😈

    https://soundcloud.com/macabreceremonie

    😈 😈 😈

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