Line-up sur cet Album


  • C. : Chant
  • O. :Guitare
  • T. : Basse
  • S. : Batterie

Style:

Experimental but groovy Modern Metal

Date de sortie:

Avril 2013

Label:

Autoproduction

Note du SoilChroniqueur (Lusaimoi) : 8/10


Dans toutes les modes, quelles qu’elles soient, il y a et aura toujours plusieurs catégories d’individus qui participent son façonnement, sa vie, sa mort. On peut déjà séparer ceux qui la créent – mus par un désir de proposer quelque chose de nouveau ou de simplement mélanger leurs différentes influences –, de ceux qui se contentent de la suivre, parfois tout simplement parce qu’ils l’apprécient, parfois juste pour surfer sur le succès, parfois avec talent, parfois non.
Mais on a aussi une troisième catégorie. On a ces gens, ces groupes, qui s’inspirent cette fameuse mode, pour construire quelque chose de bien à eux, leur propre vision de celle-ci.
Et vous l’aurez compris, In the Guise of Men fait plutôt partie de cette dernière catégorie.

Groupe formé en 2003, In the Guise of Men a enregistré son premier EP éponyme en 2005, après avoir foulé de nombreuses fois les planches. Suivent alors d’autres concerts entre 2006 et 2008, puis de moins en moins apparemment – certainement à cause de changements de line-up –, jusqu’à fin 2012, pour une date qui sera suivie de pas mal d’autre en 2013. Un retour plutôt actif, qui se voit concrétisé en avril de cette première année post-fin du monde, par la sortie de leur second EP « Ink », dont le nom fait écho à l’artwork, arrivé dans un digipack qui fait son petit effet quand on le reçoit.
Le groupe ne se rapproche, dans sa biographie, d’aucun style particulier. Et il fait bien en fait, puisque c’est un savant mélange de plein de trucs qu’on retrouve dans leur musique.

En fait, la première chose qui nous vient dans la face (ou dans les oreilles, oui…), dès « Suicide Shop », c’est ce côté très, très syncopé de la musique d’ITGOM. Ce qui nous ramène à l’élément à la mode dont je parlais dans mon intro. On a tous des exemples de groupes en tête de ce style, le Djent, genre inventé ou ,du moins, démocratisé par Periphery.
Mais là où ITGOM fait fort, c’est qu’il rend sa musique particulièrement imprévisible. Déjà dans ses structures, très changeantes, mais aussi au sein même de ses riffs, qui semblent même avoir été composés, puis coupés, et reconstruits à nouveau…
En fait, chaque instrument pourrait avoir son propre paragraphe détaillant son jeu. Mais, un, ce serait pas intéressant à lire, deux, je ne pense pas être capable de le faire, et trois, ça ne servirait pas ITGOM.
Parce que là où les membres groupe surprennent encore, c’est que même s’ils sont dotés d’un fort niveau technique, ils ne cèdent jamais à l’idée de faire de la démonstration pure, à la fois impressionnante et… souvent chiante. Non, ici, malgré ces rythmiques saccadées, malgré les structures tarées qui n’hésitent pas à tronquer un passage commencé (« Suicide Shop »), malgré ces riffs déconstruits, tout cet EP possède… bah tout simplement un groove incroyable !

Parce que tout va absolument bien ensemble, quoi ! Rien de plus, rien de moins. Ça fonctionne à mort. Surtout que c’est doté d’une production monstrueuse, laissant sa place à chaque instrument, et qui n’aurait pas dépareillé chez le label Pelagic, aux côtés d’un The Ocean ou d’un Abraham. Les instruments auraient pu sembler chacun jouer de leur côté, mais, par la magie du songwriting, tous participent à la mélodie de l’ensemble. Et ça, aussi bien dans les couplets que dans les refrains. Car oui, même si les structures se différencient du schéma classique, les refrains sont bien présents. Et même ceux qui y sont réticents ne pourront leur en tenir rigueur tellement ceux-ci sont réussis. Suffit de se mettre celui d’un « Blue Lethe », d’un « Violent Overthrow » ou surtout d’un « Drowner », introduit par un sacré blanc, pour s’en convaincre.

Prometteur, non ? Faut dire que les années de maturation ont dû pas mal aidé le groupe à se forger sa propre identité. On pourrait simplement reprocher à « Ink » un passage un peu moins percutant sur le début de « Violent Overthrow » et quelques très rares hésitations du chant (tellement rares, qu’en fait, je ne pourrais même pas vraiment citer d’exemple probant). Mais on ne le fera pas, puisque, pour « Violent Overthrow », le passage ne dure que 20 secondes et que ce morceau se montre, par la suite extrêmement prenant. Et parce que le chant montre une variété tout bonnement impressionnante.
Déjà, il passe de hurlements, grognements et autres gargarismes, à un registre clair, mais bon, ça tout le monde le fait. Non, le plus impressionnant, c’est qu’au sein même du registre clair, Krys (aussi connu pour officier dans Jarell) invoque un panel vocal vraiment large.
La plupart du temps, il chante avec une petite réverb’ (qui me rappelle Hyperdump), mais il peut aussi bien faire dans le viril poilu (« Violent Overthrow »), qu’aller dans l’émotionnel sur le refrain de « Blue Lethe » ou prendre un phrasé plus rapide sur « Dog to Man Transposition ». Et même, le temps d’un passage sur « Drowner », il lorgne vers certains aspects de Nick Barret de Pendragon
En fait, la voix participe pleinement au groove ressenti lors des écoutes. Elle amplifie les mélodies, lie le tout, sait impressionner sans être dénuée d’émotions, bref, voilà quoi !

Avec des changements de line-up ainsi qu’un long délai entre les sorties de ses deux EP (7 ans quand même), l’histoire d’ITGOM n’est pas si vieille, mais semble déjà parsemée de difficultés. Au final, c’est peut-être ça qui leur a permis de se servir des modes pour créer leur univers musical bien à eux. Parce qu’il vaut certainement mieux une maturation trop longue, que des actes prématurés. Mais espérons que leur prochaine sortie n’attendra pas aussi longtemps.

 

 

Site officiel : www.intheguiseofmen.com/
Facebook : www.facebook.com/InTheGuiseOfMen

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